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EscapadeS

Xavier m'a hypnotiseR...

31 Mars 2011, 19:30pm

Publié par Docadn

Un peu de liquide dans ce monde du "solide" :


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Le Rocher Des Violettes - Cuvée Touche-Mitaine 08 - Montlouis/Loire


Xavier Weisskopf est à la tête de son domaine "Le Rocher Des Violettes" depuis 2005.

Ce néo-trentenaire exploite 13 ha (dont 9 sur Montlouis).

Il entretient avec soin, des vignes septuagénaires, parfois centenaires... Touche-Mitaine est la parcelle abritant les "vignes ados" du domaine (aussi âgées que lui). Elles bénéficient d'un sol argilo-silicieux.


J'avais "oublié" cette bouteille dans un carton. En faisant le ménage (le carton est la première source de déchets chez le buveur patenté), je retombe sur cette orpheline. 

C'est l'heure de l'apéro, elle est à 12 degrés, prête à boire.

 

Un nez très très bourguignon, beurré, toasté, noisette.

Un boisé "juste", noble et une belle note de fumé qui me ramène à Chassagne-Montrachet (fûts !!).

L'attaque est citronnée, très finement lactée, pure, nette, délicate, racée. C'est ciselé, toujours bourguignon, "chardonnay dans l'âme".

Les amers finaux sont sublimes, l'élevage un poil saillant, mais l'ensemble est d'une précision et d'une finesse hypnotiques...

C'est salivant comme de l'eau de roche, aux effluves fumés à la finale interminable.


Le lendemain, le chenin est enfin là, avec ses notes de cire, de poire cuite, de craie. Le vin s'est délicatement "ligérisé".

L'acidité est toujours dynamique, le bois en retrait. L'ensemble est gras, toujours racé, net, équilibré toujours hypnotique.

Ben voilà, comment dire autrement que j'ai pris une "baffe Chabalesque qui fait même pas mal tellement j'étais scotché" avec cette très très belle bouteille...

Elle a tout : de la race, un versatile bluffant et une finesse magistrale !!!

***(*)/****

 

Xavier Weisskopf

Domaine Le Rocher des Violettes

38, rue du rocher des violettes

37400 AMBOISE

xavier.weisskopf@hotmail.com

http://lerocherdesviolettes.com/

 

PS : Y'en a plus au domaine !!!!

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Le Vin Qui Danse (Paris V ème)

28 Mars 2011, 19:38pm

Publié par Docadn

Dernière soirée dans la capitale. J'ai utilisé pour la première fois les services de La Fourchette.

Une formule "entrée, plat, dessert avec apéritif vigneron du moment offert" est proposée, en promotion, par l'établissement Le Vin Qui Danse.

Réservation confirmée par sms, rappel par mail le jour même. Le tout sans que le resto n'intervienne. Efficace, sérieux.

 

Le soir venu, j'arrive à l'adresse convenue. On retrouve très rapidement ma réservation. Une table m'attend. Je suis seul dans une déco classique (au plafond que l'on dit classé) de ce bistrot qui fait aussi "dans le volume" (un séminaire Société Générale a lieu dans la salle du fond, des salariés de Véolia dîneront en face de ma table perdue).


L'accueil est agréable. J'apprends que la formule réservée n'est pas "une promotion telle que décrite sur le site de La Fourchette".

Le patron avoue pratiquer la formule avec "apéritif offert" systématiquement. Il n'a pas trouvé d'autre moyen de figurer sur La Fourchette. "En faisant une vraie promo pardi !!" ai-je envie de lui balancer. Le procédé est moyen, j'encaisse.

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(quand je vous dis qu'il me faut réellement un nouvel appareil de voyage)


Un feuilleté à la tapenade en guise d'amuse-bouche. Ce dernier est archi-sec.  Le verre de gamay pétillant du domaine Gajet faisant office "d'apéritif du vigneron" pourrait aussi servir de solution fatale pour diabétiques.

C'est trop sucré, lourdaud et pâteux. Les bulles sont sympas, mais à la fin du verre, je serais peu à même d'en redemander...

Le double magnum derrière le feuilleté fait office de carte des vins. Je me lance dans la quête d'un verre de vin blanc pour le repas. Je découvre, dubitatif, la composition de la carte.

C'est relativement pas terros pour un groupe qui dit être une référence dans les alliances mets & vins et la dispense de cours d'oenologie.

Je peine et arrête mon choix (en désespoir de cause) sur une "Cuvée Érotique" 07 de chez Seppi Landmann.


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Saumon mariné à la nigelle et sésame, copeaux de légumes croquants


Petite entrée (par la taille). Le saumon s'avère très peu gras, bon, déclenchant de jolies bouchées. La nigelle n'apporte pas grand chose pour le coup (souvenir d'un foie gras où la nigelle remplaçait pertinemment le poivre).

Les copeaux de légumes sont trop peu nombreux. Ils semblent surtout avoir été débités il y a une paire d'heures.


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(j'ai honte de poster des clichés pareils !! L'appareil ne va pas tarder à connaître le même sort que Mike Brant)


Pavé de cabillaud rôti, écrasé de pomme de terre-artichauts, Marmelade de pamplemousse



Le pavé semble aussi conséquent que celui croisé au Willi's. C'est en fait la purée, située juste en dessous, qui donne du volume au morceau bien trop cuit.

Cette cuisson poussée (involontairement j'imagine) n'est pour le coup pas trop "déconnante" avec la purée.

Cela donne un côté "parmentier bien nourrissant". Le pamplemousse se place bien dans l'ensemble. C'est moelleux, peu fin, mais pas lourd. 


DSCN5213.JPG(admirez ce flou pas artistique pour pas un rond, le Nikon Coolpix 7600 vient de mettre fin à ses jours)


 Ch'Tiramisu, recette aux spéculoos


Basique, crémeux, sans histoires. 


Notre verre de "muscat sec" a donné dans le pétrole et une aromatique très démonstrative.

La bouche fut fraîche, teintée d'une certaine "minéralité" (caillou humide). Matière dominée par le litchi et tenue par une acidité fort jolie. Finale sur des amers incisifs. **(*)


Moralité : Une cuisine que je qualifierais de "tiède" pour ses repères gustatifs. C'est relativement neutre, sans risque, juste nourrissant. La formule entrée, plat dessert est à 27 € le soir (sélection des plats figurant en rouge sur la carte). Comptez 1 € de moins au déjeuner. N'oublions pas le coup de la fausse promo, pas top, vis à vis du client et de La Fourchette...


Quant à la sélection des vins, rien de très dansant. Un petit tour dans Les Caves du Panthéon* voisines, améliorerait grandement le choix et la qualité d'une carte, au global, très peu captivante à mon humble goût.


* Caves qui ont le bon goût de proposer, notamment, le domaine (trop peu promu, à mon avis) Borie de Maurel. Une Féline 07 a du coup voyagé en TGV le lendemain matin vers la BzH...


Le Vin Qui Danse

 4 rue des Fossés Saint-Jacques

 75005 Paris

01 43 54 80 81 

pantheon@vqd.fr

http://.pantheon.vqd.fr

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Les Frangines (à Paris)...

27 Mars 2011, 09:24am

Publié par Docadn

Bonjour à tous,


Un nouveau séjour à Lutèce, l'occasion renouvelée de goûter à un infime échantillon de la cuisine parisienne ou d'ailleurs.


Les Frangines

(source la Fourchette)


Une adresse chipée sur le carnet d'adresses éclectique et très urbain d' Aude Baron.

Un mercredi soir (très animé après cette belle journée printanière) rue Losserand, sans réservation.

La terrasse est pleine comme un Zodiac débarquant à Lampedusa, la salle aussi.

On doit frôler les 80% d'humidité dans la salle tendancieusement décorée.

Un serveur déterminé, sourire de rigueur, me place à la vitesse d'un Usain Bolt à l'entraînement, à la table 23 (idéale si vous êtes seul).


J'opte aussi rapidement pour une formule entrée + plat à 20 €. Cette table 23 donne le loisir de lire un petit article (placardé sur le mur) où l'on apprend que les frangines en question se nomment Vanessa & Ornella Hubel.


La première était styliste, la seconde pâtissière de formation. Alors que Vanessa se lassait du "monde merveilleux" du stylisme, Ornella aspirait à être sa propre patronne. "Et si on bossait ensemble ?!".

Elles se sont alliées pour ouvrir leur adresse proposant une cuisine familiale et nostalgique, à prix serrés.

Ornella est au piano, tandis que Vanessa assure le service. On dit que la maman veille derrière le comptoir. Ce soir là, pas de madre à signaler.


A peine ai-je fini de lire la "biographie commune", que Vanessa apparaît avec mon entrée :


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      Carpaccio de boeuf à l'huile de truffe, pousses de roquette, copeaux de parmezan


Olfactivement très puissante, elle perturbe les sens des 2 tables alentour. Ma voisine s'inquiète même d'une éventuelle fuite de gaz, puis succombe au parfum prégnant de cette entrée.

Le carpaccio s'avère basique, le parmesan très consensuel. Une entrée tout en fraîcheur, rehaussée de cette "huile truffée" désarmante. 


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Ravioles de Royan gratinées à la crème de parmesan


C'est la "soirée du parmesan".

Un plat basique garantissant le million de calories.

Je retrouve dans ce dernier, le caractère "régressif" revendiqué par les soeurs Hubel.

C'est bien fait, très nourrissant, avec ce parfum de "comme à la maison". Je les soupçonne de mettre un peu de cette "huile truffée" à la sortie du four...


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Cheesecake & coulis de fruits rouges


Je me suis laissé tenter par un dessert (6.50 €). Il me paraît "trop carré pour être vrai" (Bon, Ornella n'a pas l'air d'être non plus un manche en pâtisserie vu son parcours) .

La pâte est cassante (comme ayant subi une décongélation). L'ensemble est compact, "honnête comme un bon dessert Picard"...


Service "acrobatique, efficace, au sourire démagogique très bien étudié". Rapport qualité-prix correct, esprit et cuisine de bistrot un peu artificiels, carte des vins pathétique. C'est réellement très bruyant, sans parler de cette moiteur désagréable par très beau temps...


PS : Désolé pour la très très grande médiocrité des clichés, "l'appareil à images de voyage" est en fin de vie. Si vous voulez bien m'aider à acquérir un petit X100, je vous en serais reconnaissant...

 

Les Frangines

46, rue Raymond Losserand

75014 Paris

01 43 21 11 80

Pernety 

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Vendredis du Vin # 34: VINstantanés

25 Mars 2011, 16:06pm

Publié par Docadn


vdv-logo"L’idée est d’associer, une fois n’est pas coutume, une seule et unique photographie qui vous tient à coeur à un souvenir ‘vinique’. C’est une sorte de micro-blogging pour gens pressés qui souhaitent être émus en une image et quelques lignes. Cela demande à chacun de puiser dans ses vieilles boîtes à photos et autres souvenirs sensoriels et de composer un poème, une courte histoire, une blague même, qui accompagnera l’image choisie".


Je rentre juste de voyage en ce "VdV visuel", se voulant peu bavard.

Vais-je résister à la "Bétournite aigüe", cette transe d'écriture qui "possède" parfois mes doigts et mon clavier ? 


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Un cliché fait à la sortie du train (de la cave en fait).

Une nostalgie à venir, lorsque viendra le temps de goûter "l'évident nectar" que renferme ce flacon.

Un "met de luxe" acquis pour marquer la première année de reste de la vie de mon filleul Mathieu.

Cette bouteille, j'ai prévu de l'ouvrir et de la boire en sa compagnie (y'a intérêt qu'il aime le vin ce p'tit con, non mais !!), avec l'assistance gourmande de son grand-père.

Son père, c'est pas la peine, il n'aime guère le vin !! Par contre Jean-Paul, son grand-père, il adore le vin.

Aussi, je nous voyais déjà, en ce 19 juin 2019, jour d'une légale majorité, déguster "religieusement" face aux sommets pyrénéens, cette syrah que l'on dit belle, dans ce généreux millésime...

Las, nous ne serons que deux, si tout va bien (y'a intérêt qu'il aime la syrah ce grand con, non mais !!), car Jean-Paul nous a "lâchés" brutalement....


Un cliché maladroit, un peu comme lui. De grandes places vides qu'il nous a laissé.

Nous serons 2, ou plus à le boire.

Je n'en serai peut-être même pas, qu'importe, c'est Mathieu qui décidera en fait (c'est quand même un peu sa bouteille au bout du compte !!).

Y'a pas intérêt qu'il la torche avec sa "Cindy de passage", après avoir fini son pack de 6 devant un Batman des années 2000 !!

Souvenirs à venir, perspective des sourires que ce vin et cette photo s'attacheront, peut-être, à nous donner en pensant à Jean-Paul...

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L'Assiette à Quimper...

20 Mars 2011, 09:24am

Publié par Docadn

Une journée culturelle en Cornouaille, un prétexte supplémentaire pour essayer une autre table.

A proximité de la gare de Quimper (où se concentre une bonne partie des tables et bars de la ville), L'Assiette propose sa devanture fatiguée et son intérieur raccord. Accueil à l'ancienne, "mise en plis soignée et Ouest-France sur le comptoir", souriant. 


Il est midi, la salle, froide et triste, est juste animée par une grande tablée toute émoustillée de "manger au restaurant". 

"Il est possible de prendre juste un dessert ? Non ! Et une entrée et un dessert, c'est possible ?". Brèves de tablée "ésotériques", puisées dans le flux.

Deux habitués entrent, s'installent, passent la commande en moins de 2 minutes, pichet de Côtes du Rhône compris...

Une carte, bizarrement construite, avec 2 menus à 19 € qui cohabitent. Le premier se voulant être le "menu du jour", le second, celui de la carte, immuable.


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Rillettes d'oie sur salade au Roquefort


Présentation très 80's. Portion de routier, avec 2 quenelles de rillettes grasses mais goûtues. Salade déjà assaisonnée, noyée par la vinaigrette, à la corrosivité proche de celle de l'anhydride acétique. Roquefort honnête. J'ai l'impression d'être plongé dans un film avec Pierre Richard et Louis de Funès.


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Brochette Ouessantine


Composée de lieu, d'églefin, saumon et Saint-Jacques, la brochette est "habillée" d'une sauce au beurre blanc dispensable.

Les morceaux sont correctement cuits mais souffrent des accompagnements (terriblement désuets). Du riz neutre, des pommes de terre blafardes et de la mâche flétrie par la chaleur de l'ensemble. Là, j'ai peur que Valery et Anne-Aymone sonnent et s'incrustent à ma table.


En face, la miss avait choisi :


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Le magret de canard au cidre et miel 


La cuisson rosé est très poussée, le miel surdosé. Les frites (maison) sont par contre "une tuerie à la ch'ti" !! Mais L'Assiette est un resto, pas (encore) une friterie !!


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Tarte crumble aux pommes glace vanille


Les rondelles de kiwi pour la couleur, panure et texture transparentes. "Cessez de tirer sur l'ambulance" me rétorqueront certains !!


Au global, c'est une cantine de quartier aux portions très généreuses, propre à contenter les collectionneurs de calories.

"Un routier de luxe" (à 19 € quand les derniers routiers flirtent avec les 11 € café compris) plutôt moyen, qualitativement, dans sa catégorie.


La gène vient peut-être de la caution "Guide Rouge" placardée sur la porte d'entrée.

Il y a déjà quelques années que le Rouge a fait son outing, en affichant ouvertement ses recommandations sur les vitrines de établissements (après des décennies d'interdiction).

Cet outing fut aussi accompagné d'une volonté "d'être dans le ton", dans une sélection plus populaire (limite "champerardienne" pour certains cas) !!


La lecture d'une excellente synthèse sur Atabula, posant la question de l'avenir du "roi des guides", pourrait être aussi illustrée par cette "erreur de casting" typique.

Alors soit, il est facile de tirer sur "le gros" quand d'autres guides (bien moins influents) subissent moins d'inimitiés viscérales.

La Miss en voyant le logo sur la porte, s'est immédiatement exclamée : "Ah, il est dans le guide rouge, ça devrait être pas mal..". Elle fut la plus critique en sortant. 

L'Assiette ne mérite t-elle pas sa place dans le Guide Rouge, ou bien est-ce le Guide Rouge qui ne mérite pas cette adresse dans ses pages ?

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L'Alliance à Lorient...

13 Mars 2011, 14:13pm

Publié par Docadn

A peine sorti de la cave Carnet de Vins, direction une table ouverte depuis maintenant onze mois.

Je suis passé plusieurs fois devant l'établissement (succédant notamment à une librairie ésotérique), l'oeil froid, le rictus moqueur pensant fortement : "tiens, encore un qui va se péter les dents devant l'indifférence des plaisirs de la bouche de la population lorientaise...".

 

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(source l'internaute)

 

J'avais rapidement lu la carte et l'esprit dudit resto, puis étais reparti en me disant : "le temps que je me décide, il y aura une énième boulangerie à sa place...".

Rodolphe Briec a un CV ponctué de grosses machines (Sofitel à Quiberon) et "d'institutions locales" (Moulin des Ducs à Moëlan-sur-Mer, Moulin de Rosmadec à Pont-Aven).

Il est, depuis avril 2010, à la tête de son propre piano avec des ambitions gastronomiques .

Il oeuvre seul en cuisine, assisté d'Amélie Le Teuf au service.

Cette particularité l'oblige à limiter le nombre de couverts pour assurer un "service normal".

Les "15 couverts maxi" des débuts sont passés à 24 entre l'ouverture et aujourd'hui.


 

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En ce samedi midi, la salle sombre, contemporaine et mille fois vue est déserte.

Nous héritons de la table la plus lumineuse (elle se situe sous l'intitulé "restaurant" de la première photo, avec vue sur un kebab dépressif et sur l'excellente pâtisserie Gloton).

Les cartes arrivent très rapidement. Je commande un verre d'un obscur riesling 08 dans une carte des vins, relativement "peu curieuse", en dehors d'un sauvignon de Vincent Ricard.

Le choix du menu se décide, pendant que je découvre un riesling opulent, minéral, pas si mal foutu quand le sauvignon de Ricard est très peu causant.


Les entrées arrivent.

 

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Escabèche de dorade en salade mélangée

 

Pas de mise en bouche, un démarrage sur les jantes avec une entrée tout simplement REMARQUABLE !!

J'aurais osé mettre parfaite, si le somptueux  filet de dorade ne souffrait pas les 4,33 secondes de cuisson de trop. Il était, à mon humble avis, un "poil  d'acarien" saisi.

La salade est brute de nature, l'escabèche est une petite tuerie de fraîcheur, de goût et de légèreté. Elle ne plonge pas dans le "collant-sucré", trop souvent croisé dans ce type de préparation.

L'ensemble est équilibré, servi  "chaud délicieux" dessus, "frais vivifiant" dessous avec un "pain mouillé surprise au fond". Un beau végétal qui accompagne le filet délicat. Une très belle entrée.

 

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Le magret de canard aux baies de Séchouan, légumes cuisinés

 

J'avais demandé un magret rosé, j'ai eu chaud. C'est sur le rasoir !! De jolis morceaux tendres, goûtus ,avec un jus "poivré-sucré" (dont je ne suis pas le fan de la première heure) très bien exécuté. Un dosage au laser du miel qui donne le juste écho au poivre. 

Un jus relevé du sang du volatile, très bien assaisonné, addictif !!


Les légumes, en plus d'être beaux à voir, sont la seconde tuerie de ce repas. Ils sont démentiels de croquants, de "terreux" (ces derniers sont caramélisés, et gardent leurs caractères végétaux premiers). J'ai rarement dégusté des légumes aussi bien préparés (j'avoue, sans honte, rechigner à manger plus de la moitié d'entre-eux en temps normal, pour des raisons personnelles frisant le caprice).

La bonne idée de faire revenir, au dernier moment, quelques radis (qui restent crus) dans ce mélange, donnant encore plus de ressort à ce puissant potager dans l'assiette...

 

en face, nous avions :

 

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Le cabillaud mi-confit aux épices douces, poire et endives caramélisés à la cannelle.


3 éléments m'ont fait renoncer à ce plat. La cannelle (que l'on ne ressent guère en fait), les endives (je ne les aime que crues) et la poire, car je ne conçois toujours pas de manger le dessert avec mon poisson.

La sauce type "beurre blanc" est très bonne, le poisson un poil "trop confit", peu de regret pour mon choix pour le coup.

La Miss a trouvé ça très bon car elle aime la cannelle, les endives cuites et la poire (surmontée de betterave) avec le poisson...

 

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Parfait glacé à la poire, croquant d'amande, , chantilly parfumée citron / baies de Chine

 

Juste un prétexte pour pouvoir goûter aux 2 desserts du menu. Là encore, je pars avec un handicap conséquent, avec ma relative indifférence vis à vis des desserts contenant de l'amande (je suis président à vie du CCF : Comité Contre la Frangipane).

La glace est classique, le croquant très bon, mais irrémédiablement marqué par la graine oléagineuse (pour ne pas écrire 2 fois "amande" dans l'article). Les poires sont bonnes. Je ne suis, à l'heure où j'écris ces lignes, toujours pas convaincu par les amandes.

En face, j'ai eu l'élégance fait le sacrifice de laisser mon premier choix :

 

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Flan au chocolat, crumble et coulis de passion/banane

 

J'en ai mangé sans gêne près de la moitié. Le flan est, là encore, un petit génocide de texture et de goût cacaoté aboutis.

Le coulis apporte l'acidité décisive, prompte à empêcher le gras du chocolat de plomber l'ensemble.

Le crumble joue son rôle de "dur" dans cet océan de moelleux. C'est très bon !!

 

Un très bon moment, des beaux produits, un service délicat et attentionné, pour une addition toute aussi exceptionnelle : 19 €.


Oui, vous lisez bien, pas de promo de La Fourchette ou Lastminute, Le menu du Gourmet est à ce prix tous les jours (samedi midi compris).

Rodolphe Briec propose même une formule déjeuner à 13,90 € pour un plat, un verre de vin et un café gourmand (dont nous avons été gratifiés en prenant juste notre café).

 

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flan au CBS, palet breton, mendiant, congolais, brownie au chocolat

 

Il y a quelques mois, je débutais un article en parlant du "morne paysage gastronomique lorientais". Je savais que j'allais regretter cette formule cinglante un jour ou l'autre, mais pas aussi tôt.

Aussi, avant qu'un autre commerce improbable ne s'installe à la place de ce "petit miracle de goût accompli", merci de saturer rapidement la vingtaine de couverts de L'Alliance, qui mérite vraiment mieux que la seule considération de l'insipide Petit Futé (qui pour le coup a été vraiment futé dans son fourre-tout habituel).

 

Restaurant l'Alliance

20, rue Victor Massé

56100  Lorient

Tél. 02 97 35 00 76

Fermé dimanche et lundi

www.restaurant-lalliance-lorient.com

 

EDIT : Restaurant fermé en 2012, hélas !!

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Carnet de Vins à Lorient...

12 Mars 2011, 18:21pm

Publié par Docadn

Enfin découvert ce week-end, après une discussion lors du dernier LPV BzH. Carnet de Vins a ouvert ses portes le 18 décembre 2010.


Facade--source-dismoiou-.jpeg

(source dimoiou)

 

Julien Boyer, après avoir exercé à La cave de Trinquetaille en Arles, a décidé de revenir aux sources (ou presque) en compagnie de sa moitié Olivia.

L'ex-briochin a donc stoppé sa charette du côté sud de la péninsule armorique, à Lorient, pour passer du statut de vendeur à celui de patron-vendeur.

 

Il aménage encore sa jolie boutique au moment de ma visite. Un interrogatoire "serré", digne des RG, avant de découvrir les propositions disponibles.

Force est de reconnaître que la sélection est déjà pas mal affûtée.

Il s'excuse presque de ne pouvoir proposer plus de références (au bout de 3 mois, on peut comprendre). 


Rapidement, mes yeux sont tombés sur les vins de La Molière (Il a du Poquelin !!), Lapierre, Frick, Thevenet (charly & Jean-Paul), en passant par Les Loges de la Folie, Cosse, Larredya, Fanny Sabre, Miolane, La Sorga, Gahier, ou encore l'intrigant Olivier Rivière qui produit un Rioja nature & sans bois !!

Il se doit de rassurer une certaine clientèle, pas encore convaincue, de 'risquer" une dizaine d'euros dans un vin de table ou de France. Aussi, Château Sainte-Anne et Vieux Télégraphe sont là pour rassurer... 

 

Côté solide, Julien propose tapenades, confits ou encore des terrines et des saucissons de taureau made in Arles... Il organise aussi des soirées accords mets & vins avec des fromagers et des restaurateurs locaux...

 

Carnet de vin III

(source Carnet de Vins)

 

Un caviste proposant les Loges de la Folies, La Molière et Gahier ne peut pas être foncièrement mauvais.

Voilà, c'était mon publi-reportage, totalement désintéressé, de la nouvelle rubrique "aidons les bons petits cavistes qui promeuvent les bons vignerons..."

 

Carnet de Vins

10 Bd Maréchal Joffre

56100

Lorient

tél : 02-97-84-95-07

http://carnetdevins.fr

la page FesseBouquienne

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Un ibère très rigoureux... Saison rouge

10 Mars 2011, 18:35pm

Publié par Docadn

Je vous disais donc, que l'heure des rouges avait sonné .

Je vous épargnerai la métaphore (trop facile) sur la couleur du vin, la touche ibérique de la soirée et le sport national en vigueur outre-pyrénées.

Je préfère un taureau découpé par un boucher délicat, que livré à un danseur anorexique en paillettes, bouclant son macabre numéro en pantin désarticulé sur la corne agacée de notre bovin affolé ...


Revenons à nos ovins...


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La Souteronne 09 - Hervé Souhaut - Domaine Romaneaux Destezet


Le retour du "beaujolais du sud", avec ce gamay solaire, poivré, qui sent le beau végétal.

Attaque suave, très fruitée, sur l'orange sanguine. C'est gourmand, versatile mais un poil bizarre dans sa structure.

Un 09 qui laisse un sentiment d'extraction ou de mûrissement un poil poussé. **(*)

 

P1000311

 

Les Pierres Chaudes - Pinot noir 09 - Julien Meyer

 

Là encore, des notes végétales marquées, un sucre intense, le trait métallique du pinot", un joli poivre blanc pour finir la revue olfactive.

Le sucre se confirme dès le contact lingual. Un joli fruit qui se décline sur la figue sèche et un solaire marqué. Tendre pinot neuf  !! **/**(*)

 

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Domaine du Possible - Charivari 09 - Côtes du Roussillon Villages

 

Une photo improbable pour ce 100% carignan, au nez magique, mêlant notes anisées, clou de girofle, coton et sang frais. Immédiatement gourmand, soyeux, épicé, doté d'une fraîcheur inouïe. C'est terriblement aérien, et gourmand. Un  vin nature, brut de générosité. ***(*)

 

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G.D Vajra - Dolcetto d'Alba 09

(Florian, c'est le gars derrière la quille, affichant le sourire typique d'après la 8ème bouteille)

 

Un petit tour dans la botte pour ce breuvage aux airs marins très marqués. Un second nez boisé de "vieille futaille", quand le suivant répond finesse, suie et carbo.

La carbo se répand timidement sur la cavité buccale. Encore trop timide. Un coup de carafe plus tard, la fraîcheur se démarque, une certaine austérité aussi.

Les gorgées suivantes se font pesantes, le vin s'alourdit dangereusement... Nous aussi !! **

 

"Les docteurs es-grenache" se disent qu'il serait temps de revenir aux fondamentaux...

 

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Côtes du Rhône - La Pialade 01- S.C.E.A Château Rayas

 

Je survole le nez profond, évanescent, pour goûter une morceau de finesse et de volupté. Il y a de la profondeur, du poivre et une digression agréable sur le noyau.

Une rétro sur la suie, la fumée, une finale finement "kirschée". Les spécialistes ne le trouvent pas au niveau requis. Pour moi, c'est pas mal. ***

 

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Vin de table français - Valinière 01 - Léon Barral


C'est le caneton du 3ème oeuf qui donne le millésime (interdit) de ce vin de table.

Un nez foxé, qui fait rapidement place au menthol, à la garrigue, aux épices et à un joli trait de rafle.

Matière mûre, sur un cassis consensuel, expression poussive et déséquilibrée par la suite. Je vis la même déception qu'avec le Jadis du même millésime.

Comme si cette quille était, elle aussi, sur sa pente descendante. Finissez vos 01  de chez Barral d'urgence (avis superfétatoire, je vous le concède...)  !! **

 

C'est sur cette petite déception que se termine cette très jolie et terrible soirée pour les quilles.

Nos gosiers sont enfin hydratés, nos vessies pleines et nos haleines chargées comme des chouettes repues...

Gracias señores Florian, Nico y Julien. Muchas gracias señora Solen...

(souvenir de 4ème pour l'espagnol)

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Un ibère très rigoureux... Saison blanche

9 Mars 2011, 18:33pm

Publié par Docadn

Quand le sud fait escale en BzH, cela donne une version de Katioucha librement pompée par la reine des bains de siège, Rika Zaraï.

"C'est l'ibère qui frappe à l'autre porte". En fait, il ne frappe pas à la porte, car il a les bras chargés de bouteilles.

Florian Courtois officie à Séville au Soravito Vinos y Tapas.

J'ai fait sa connaissance il y a une dizaine de jours, lors de la 3ème session de  LPV BzH.

 

Il est toujours en vacances, mais c'est un bosseur dans l'âme. Il révise assidûment ses gammes en s'arsouillant , avec goût, à Rennes. Il en revient pour nous faire partager ses trouvailles et ses penchants.

Une soirée caniculaire, imprévue, qui fit de nombreuses victimes. Des notes succinctes pour cause d'évaporation de l'encre du stylo...

 

Vouvray Brut 09 - Vincent Carême

 

Un nez très mûr, sur le citron confit. La matière relaie ce côté bien mûr sur de très jolies bulles très fines. Un fil crayeux pour une expression de poire intense. Bulle agréable de mise en bouche. **(*)

 

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(source caves d'argent)

Mont de Marie - Anathème 08 - T. Forestier

 

Une réduction marquée, une étrange cacahuète qui me rappelle ce maccabeu espagnol de chez Escoda. Des notes d'orgeat pour une matière ample, finement oxydative, très agréable. Un ugni blanc que l'on ne placerait guère dans le sud à l'aveugle. Étonnant et intéressant. **(*)/***

 

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Touraine 06 - Sauvignon n°5 - La Roche Blanche

 

Pierre humide et pommes cuites au nez. Une densité remarquable alliant volume et élégance aérienne. Très jolis amers de fin de bouche sur des notes de pierres chaudes. ***

 

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Les Fourchades 09 - Vin de France - Ferme de la Sansonnière


Un nez pur, profond, finement anisé. Attaque ample sur la violette, ensemble relativement consensuel, terriblement addictif, à la torchabilité très élevée (la bouteille survivra 10 minutes après son ouverture). ***

 

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Domaine Ganevat - Cuvée Florine 08


On monte encore d'un cran en terme de complexité. Le nez laisse entrevoir des promesses de grande envergure. La matière offre une "lame  affûtée à la japonaise". C'est cinglant, aux amers aériens et taillé pour la gastronomie...***(*)


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Rôle que nous offrons au vin, sur des filets de sole et des légumes troublants de vérité ("élevés" avec amour à Baden)...


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Nous sommes en rupture de blancs, les rouges "torrides" entrent en scène... Caniculaire, je vous dis...

 

A SUIVRE...

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Je ne le tire pas, je ne le pointe pas, je le bois...

2 Mars 2011, 17:52pm

Publié par Docadn

Un domaine découvert au milieu de la décennie précédente.

Guère convaincu par quelques achats, je passais, indifférent, devant les quilles aux noms inspirés, aux nectars moins poétiques.

Puis,  Renaissance 2011, pour redécouvrir un domaine plus intéressant, plus enthousiasmant que mes rencontres passées.

La famille Thibon-Macagno exploite des vignes héritées du père, déjà en bio et respectueux de son terroir.

En 2005, elle décide de rajouter "dynamie" à bio, pour faire un mot comme "biodynamie" par exemple.

Elle embauche pour cette conversion un certain Olif Nestor, solide équidé de trait comtois, pour labourer en douceur leurs rangs.

Les 10 n'étant pas encore disponibles chez mes dealers, j'ai fait le choix de tenter un 09, sur la base de l'efficace torchabilité de Bout d'Zan 09.

 

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Vin de pétanque 09 - "Bon vin de France" - Mas de Libian

 

Un nez très plaisant marqué de carbonique, de métal froid, de notes giboyeuses et de fourrure. La rafle s'extirpe à son tour (la cuvée est entièrement éraflée) de la mêlée, avec une pointe de sureau.

L'attaque est douce, finement sucrée, fraîche, pleine, sur les fruits rouges, la rafle qui, au final,  donne du ressort et des amers un poil saillants.

Les gorgées s'enchaînent sans mal. Le plaisir est là.

Le lendemain, c'est la violette qui pointe sa fleur (25% de syrah pour 75% de grenache noir) avant de laisser place à l'orange sanguine.

La matière a gagné en délicatesse. L'acidité est plus prégnante, les amers discrets, la fraîcheur toujours en place, plus aucune sucrosité marquée.

***

L'avis de la Miss :

"Hummmmm, c'est bon ça, c'est quoi ?"

"C'est cher pour un Vin de France !!"

 

La mention  "Bon Vin de France" (qui pourrait passer pour prétentieuse) est pour la moins vraie.

Je ne sais pas si cette cuvée fut présentée ou non à l'agrément ("La pétanque" fut classée comme Vin de Pays des Coteaux de l'Ardèche sur des millésimes antérieurs), mais je trouve la pirouette jolie...

Quand  Sébastien David s'énerve (à juste titre) sur les critères d'appréciation et la composition des comités de dégustation pour l'agrément en AOP (ex- AOC), Mas de Libian répond malicieusement "Bon Vin de France"...

Un caviste vert & barbu souligne (à juste titre aussi) tout l'intérêt de ces vins "atypiques" recalés aux commissions du "bon goût".

Ne voyez plus le Vin de France ou le Vin de Table comme la vinasse capsulée des années 70.

Aujourd'hui, on n'en a jamais fait d'aussi bons (ne vous inquiétez pas, y'a encore pas mal de daubes dans le lot).

Les pseudos-experts saquent  "les artisans pas dans le rang". Dommage pour l'AOP qu'ils représentent...

"La typicité", comme un dogme aveugle et sourd lancé à la figure de ces faiseurs de bon...

En attendant, le drômois que je suis, sera fidèle comme un ardéchois en 2011, au Mas de Libian...

 

Mas de Libian

 www.masdelibian.com

h.thibon@wanadoo.fr

Quartier Libian

07700 Saint-Marcel d'Ardèche

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