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EscapadeS

L'Astéroïde à Lorient... le retour

28 Juin 2012, 08:55am

Publié par Docadn

Voilà un peu plus de 18 mois que je n'avais pas remis le bout de mes chaussures (pas pointues) dans ce "bistrot-bar à vins" lorientais.

J'avais encensé cette cuisine "juste et simple" et sa "carte des vins en construction". L'enthousiasme de la nouveauté peut parfois vous faire écrire des conneries aussi grosses qu'un  tweet de Morano. Une amie (peu coutumière des restos) est le prétexte pour confirmer (ou pas) cet engouement pour un déjeuner déjà lointain...

Arrivés vers 12h45, nous nous pointons sans réservation. La salle est au 3/4 remplie d'une clientèle d'affaires. Peu de cabans et de chaussures à "bouts pas trop pointus". Accueil sobre, poli d'une serveuse aux mensurations d'une thaïlandaise adulte.

Une crème de thon (un peu liquide, mais bonne) accompagne rapidement nos 2 verres de chardonnay anonyme, jeune et boisé (dont l'identité * ne sera révélée que sur la note). Nous optons rapidement pour la formule Plat-dessert à 20,90 €, à cause d'un plat trop rare pour être boudé.

 

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Velouté d'asperges

 

En guise de mise en bouche, très chaud, crémeux, pas mal.

 

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Thon rouge, fenouil, crème aux épices

 

Le retour du thon rouge sur nos tables !! Des années de "culpabilité" enfin balayées !! Une cuisson nickel, un généreux morceau un poil salé, une crème superbement épicée et équilibrée, qui subira nos assauts gourmands jusqu'à la dernière goutte (on a coûté cher en pain sur ce coup-là !!). Excellent plat accompagné d'un fenouil croquant (qui a un peu déstabilisé notre "apprentie du resto"), d'asperges magistrales au goût bluffant de noisette. 

 

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Tarte aux fraises

 

Sur une pâte au goût de "comme à la maison", des fraises mûres, sucrées, à l'acidité inattendue (vu la météo du mois de juin, c'était inespéré !!). La glace n'est pas indispensable pour ce petit dessert juste. Mon amie, en suspension depuis le thon rouge, s'extasie aussi devant cette bonne tartelette.

 

Le souvenir de la cuisine "juste et simple" est totalement écrasé par cette séquence de"bistronomie aboutie" (oui je sais, le terme est galvaudé, mais là on est vraiment en plein dedans !!).

Dire que "c'est encore mieux qu'à ses débuts", est un doux euphémisme !! Est-ce que le cuisinier a enfin trouvé ses marques !? A-t-il été remplacé (on vient de me confirmer que non !) ? En attendant, L'Astéroïde s'assure sans conteste avec ce genre de salves, l'indiscutable palme de "bistrot de la ville" (très largement au-dessus du poussif et surestimé L'Alto) !! La clientèle d'affaires (majoritaire) est toujours au rendez-vous, sa relative vulgarité aussi. Seul regret, celui de n'avoir pu jeter un nouvel oeil sur ce qui était déjà une jolie carte des vins. 

 

EDIT janvier 2013 : le restaurant a changé "d'orientation culinaire". 

Il s'agit toujours d'un bar à vins, mais servant désormais des tapas !!

 

EDIT novembre 2013 : établissement fermé !!

 

L'Astéroïde

3 rue de Liège,

56100 Lorient

Tél. 02.97.84.38.11.

Fermé le dimanche (à priori !)

 

* "Les Galtières" 10 - Bourgogne-  Laleure-Piot (5 € le verre)

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Florilège de dégustations XXV

26 Juin 2012, 10:01am

Publié par Docadn

25 ème "festival de notes de dégustations gribouillées sur mon carnet". Le "debriefing" est parfois digne de la lecture de la Pierre de Rosette, au mieux d'une étude en phraséologie des citations de Johnny Hallyday

 

Chardonnay 07 - Coteaux Bourguignons Blancs (E. Bailly) : impossible de retrouver le cliché résumant le spécimen cité. J'avais noté un nez peu disert, "chablisien", fruité, aux accents de "tendresse" jaillissants. L'attaque vit cette "présomption de tendresse" confirmée. Du berlingot, de l'ananas mûr, un boisé expressif sur un chardo caractéristique. "Simple et court" ai-je noté. **

 

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Auxerrois 08 - Grevenmacher-Rosenberg - Grand 1er Cru - Domaines Vinsmoselle - Luxembourg

 

Réduction et carton mouillé flottent au-dessus du verre. Quelques fruits blancs, une pointe chardonnesque, d'improbables crustacés pour clore le générique olfactif. Une entrée en matière tendre, fruitée, massive, courte, légèrement perlante. La poire prégnante ferme la porte de ce vin au global sans aspérités, presque "Suisse dans l'âme" (je parle de la "neutralité politique" de la confédération, pas de son expression viticole !!). *(*)

 

Bourgogne Blanc - Chardonnay 02 - E. Bailly : décidément, mon appareil a refusé d'immortaliser les étiquettes de ce (sûrement) négociant dont j'ai du mal à établir la traçabilité jusqu'à ma cave. Un nez "timide comme un puceau devant une cabine d'essayage dame de Monoprix". Fin boisé, expression "chardo-beurré", pierre humide, fruits blancs, un peu de "methylate" pour finir. Attaque très boisée, amère, à la rétro de pain grillé, aux épices puissants. L'amertume revient faire un rappel. Bof. *(*)

 

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Anticonstitutionnellement - Vin de table avec 4 chaises - Les sabots d'Hélène

 

Une grosse compote de pommes, des effluves nettes de calcaire. Le chenin double tout le monde avec son cortège d'épices. Un très joli nez de poire finit par se stabiliser. Une mise en bouche fluette, relativement lâche, "nature", crayeuse, très fruitée, linéaire (sous-entendue sans relief), qui "poire" et "épice" sympathiquement et pourrait nous faire dire : "pas mal pour un blanc du sud !!". Mais les sabots ont besoin de prendre l'air. L'ensemble prend de l'ampleur, de la mâche. Le tout finit par dégager une matière très volumineuse, moins sphérique, aux amers sympas. A J+3, l'ensemble donne toujours dans la poire et la craie. Le Woody Allen de "tombe les filles et tais-toi" s'est mué en Georges Clooney qui joue au Scrabble et marque 369 points d'un coup. **(*)

 

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Folle Blanche - Gros Plant du Pays Nantais 09 - Pierre Luneau Papin

 

Déjà commenté lors du dernier florilège, cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot (le mystère de cette lubie sera percé, je l'espère, vers 2018 ou 2046 !!) étendu sur une matière grasse, s'arque en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui  s'affine au fil des gorgées. ***

 

Brut chardonnay - Frissons marins - Méthode traditionnelle - Vignerons d'Oléron : Nez de chardonnay, à l'acidité qui dressent les poils du pif. La bulle déroule un fin cordon tranquille. Une substance ronde, au caractère sucré (c'est la version "sec" qui est dégustée), tendre, à la jolie prégnance de poire cuite. Peu complexe, juste désoiffant. **

 

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Chorey-les-Beaune 05 - François Gay & fils

 

Nez "typique" de pinot, ainsi que des notes boisées, solaires, épicées, rafle et de menthol. Une attaque assoupie, finement asséchante, sur la cerise, aux amers saillants, mais au volume globalement plat. A J+1, la cerise domine les débats. Cela reste fluet, plat, inerte. *

 

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Coteaux du Tricastin 09 - Tissu de syrah - Domaine les Alyssas

 

Nez "rhodanien", épicé, mentholé, un poil végétal. Quelques rotations supplémentaires annoncent une syrah prometteuse. La matière est suave, finement épicée, pleine. A J+1, le nez est métallique, l'acidité expressive, à la finale sanguine et gourmande. ***

 

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Rully 1er Cru - Grésigny 08 - Domaine Jacqueson

 

Nez très "chardonnay champenois", sucre candy, craie, fruits blancs et bois. Attaque muette, éthérée, fermée. Matière grasse, aux amers vifs. Peu d'évolution et d'ouverture de l'ensemble au fil de la dégustation. **

 

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Vouvray 95 - Gilles Carème 

 

Verdict sans appel : bouchonné. NN

 

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Terre des Chardons - Discret 09 - Costières de Nîmes

 

Un nez de syrah évident (95% normalement !!), solaire, capiteux, à l'olive verte intense. La richesse du nez me donne des envies de prolongations. Un côté lacté, acidulé, encore cet ineffable métal. Une attaque "très syrah", fruitée, épicée, assez gourmande, gâchée par une olive verte amère rédhibitoire. Le soir venu, malgré le joli acidulé, l'olive verte flingue le plaisir. *(*)

 

 

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Clos des Boutes - Les Fagnes 09 - Costières-de-Nîmes

 

Des flaveurs très "Rhône" (grenache), violette (syrah !?), bonbec (levure ?!), carbo, de rafle et de bois. Une attaque fraîche, ramassée, astringente, alcooleuse, à l'amertume violente. Un vin trop chaleureux, peu digeste, au plaisir très limité. *

 

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Mâcon-Uchizy - "La Martine" 07 - Bret Brothers

 

Expression olfactive peu diserte. Quelques fruits jaunes, un peu de craie. L'aération provoque le réveil attendu. Alternant un côté (encore) très "chardo champenois", une facette "citrique", un étonnant pétrole. Une danse buccale délivrant un énorme fruit, du gras, une amplitude et un volume impressionnants. La synthèse se fait salivante (calcaire), saline, presque "chablisienne", aux beaux amers, à la rétro poivre blanc remarquable. ***(*)

 

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Hermitage 00 - Les vignerons réunis de La Cave de Tain

 

Boisé "bordelais outrancier", solarité et acidité prégnantes. Quelques effluves de métal et de sang pour finir. Attaque extrêmement boisée, sanguine, à l'acidité mordante. Finale astringente, au goût de bois brûlé très marqué. *

 

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Château Cadet-Piola - St Emilion Grand Cru 96

 

Nez discret, finement végétal. Attaque veloutée mais sans caractère. L'appréciation générale est rapidement dénuée d'intérêt. C'est relativement dilué, sans l'acidité et la complétude attendues à ce niveau. **

 

A SUIVRE...

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Le Clair de La Plume à Grignan

21 Juin 2012, 09:11am

Publié par Docadn

Grignan, un nom qui, au-delà du célèbre château, de sa Marquise, de son très couru "Festival de la correspondance" orne, désormais en compagnie de"les Adhémar", toutes les bouteilles de feu l'appellation "Tricastin" depuis le millésime 2010.

"C'est plus vendeur" nous a-t-on dit !! En attendant, cela a suffi à provoquer l'ire des producteurs des "vins de Pays Comté de Grignan", inquiets de voir leurs vins confondus avec ceux de "l'appellation maudite".

Revenons à Grignan, bourgade bien garnie en chambres d'hôtes et autres Hôtels Collection. Les tables ne manquent pas non plus. Le Clair de la Plume cumule ces deux fonctions, mais pas que... On y trouve aussi un salon de thé, une boutique, un "espace naturel"... Un établissement qui ne "ferme jamais", enchaînant déjeuner puis salon de thé, 365 jours par an.

Peu d'éléments sur "la toile" sur ce complexe (3 lieux de villégiatures répartis dans le village). Un propriétaire du nom de Jean-Luc Valadeau (qui répond régulièrement à sa clientèle, contente ou pas), un chef cuisinier du nom de Didier Brissi (ex-Le Nid d'Aigle à Gourdon et Grand Hôtel les Lecques), un établissement estampillé "gay-friendly". Google ne fut guère mon ami dans mes requêtes. J'ai même, pour tout dire, un peu ramé...

Arrivés trop tard (14h15 pour une fin de service à 14h00), je laisse mon amie à l'oeuvre pour négocier une table et un plat, avec un "sourire à qui on ne dit pas facilement non"...

 

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Une syrah (jeune) nous accompagnera de l'apéritif au dessert.

 

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Pintadeau et légumes du printemps

 

Le plat est arrivé dans le quart d'heure suivant. Une viande moelleuse, à la cuisson de "rôtisseur expert", des légumes en osmose avec les couleurs excitantes et évidentes de fraîcheur. Un jus de viande savamment assaisonné. Une assiette soignée, cinglante, épatante.

 

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Les desserts


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J'ai demandé (par mail) au Clair de la Plume les intitulés de ces derniers (que j'avais omis de noter) mais n'ai, à ce jour, pas reçu de réponse. Le "sablé-fraises-pistaches" était très bon selon sa tortionnaire. De mon côté, la sobre "poire au sirop" était en fait fourrée d'une subtile et aérienne crème. Le soin et la précision rencontrés, donnent un bel aperçu d'un certain "savoir-faire pâtissier" du lieu. 

Un service "international" (un de nos serveurs était totalement non-francophone) de bon niveau, une superbe cour ombragée, apte à provoquer des envies de prolongations avec le "salon de thé". Une très belle verrière "1900" était en cours de finition lors de mon passage début mai 2012.

Carte des vins heureuse, assez locale, aux coefficients plutôt "doux" sur certaines "grosses cartouches" (Côte-Rôtie de Jasmin à 59 € sur table !!).

La douloureuse "douce-heureuse" : en phase avec le "standing" du lieu et de sa cuisine. Deux formules "plat-dessert" à 28 €, une eau plate à 5,50 €, un St-Jo à 35 €, 2 cafés pour 9 € (là, ils poussent quand même !!). Je me vis donc délesté d'un billet de 100, qui me parut bien léger face au remarquable déjeuner et à la délicieuse langueur d'une amitié qui n'aura jamais de prix (et sans MasterCard, pour les enfants de la pub)...

 

Le Clair de la Plume

2 place du mail

26230 Grignan

tél : 04 75 91 81 30

www.clairplume.com

Ouvert tous les jours de l'année

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Dégustation dominicale...

18 Juin 2012, 15:45pm

Publié par Docadn

Un dimanche midi d'un printemps capricieux. Notre "petit cercle de collègues de goulot" se réunit une fois de plus, autour d'agapes, pour partager des espoirs de plaisirs liquides... Comme de coutume, toutes les bouteilles sont dégustées à l'aveugle... et mes notes gribouillées quelques heures après l'orgie du déjeuner...

 

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Egly-Ouriet - "Les Vignes de Vrigny" - 1er Cru (38 mois de cave, dégorgé en septembre 2011)

 

Magnifique robe vieil or, à la très fine et tranquille bulle. Une expression très vineuse, crayeuse, aux amers relevés, d'un champagne composé exclusivement de vieilles vignes de pinot meunier (sur un terroir argilo-calcaire). Finesse, élégance et bulle aérienne sont un régal de mise en bouche pour les papilles. ***(*)

 

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Bourgogne - Aligoté 10 - Plantation 1902 - De Moor

 

C'est "La Loire qui louche sur la Bourgogne" m'écriai-je. Une matière dense, fruitée, au remarquable équilibre entre tension et mâche. Un aligoté très gourmand, comme savent le faire les De Moor. ***

 

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Les Nourrissons - Vignes centenaires - Anjou 05 - I & S. Bernaudeau

 

une forme de "pureté olfactive" entrouvre le caractère rectiligne et un poil martial de la matière. Les gorgées dévoilent du gras, un "train de sénateur" qui en impose. Un vin profond, posé, à la maîtrise évidente, qui a dérouté "géographiquement" mes collègues. ***(*)

 

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Clos de la Cerisaie - Saumur 08 - Domaine Mélaric

 

Un nez de "Mélaric" !! Densité, mâche et finesse se bousculent dans le palais. On ne présente plus les espoirs, les "grands de demain du vignoble saumurois", aux blancs de grande classe. ***/***(*)

 

Place aux rouges. Je décide de sacrifier le mien pour démarrer. Preuve du peu de confiance que je lui accorde, même après 24h00 de carafage. 

 

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Mas de Daumas Gassac - Vin de Pays de l'Hérault 03

 

Un nez "bordelais très travaillé", aigrelet. Un collègue y décèle même une obédience bourguignonne. Une bouche acide, ténue, pas vibrante pour un sou. A la hauteur de l'attendu, hélas... *

 

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Pommard - Epenots 02 1er Cru - Vaudoisey-Creusefond

 

Un pinot dont la finesse désarmante nous envoie directement en Côte de Nuits. Tout faux !! Une finesse stupéfiante, un équilibre "magique", une buvabilité, une complétude de haut niveau. Je m'écrie alors : "pfff, c'est trop fin pour un Pommard !!". encore une belle occasion manquée de la fermer !! Ludo nous conte rapidement la particularité des vins issus de ce climat, de cette partie exploitée par Vaudoisey-Creusefond qui donne cette incroyable et vibrante finesse (et le bel accord sur "le veau aux légumes de printemps"). ***(*)/****

 

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La Terrasse d'Elise - Le Pradel - Vin de Pays de l'Hérault 09

 

Nos narines et cortex font le grand écart entre Bourgogne et Languedoc. Nous voilà face à un 100% cinsault gouleyant au possible. Une gorgée en appelle une nouvelle. Top gourmand !! ***/***(*)

 

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Mas Jullien 09 - IGP Pays d'Hérault

 

Ouvert depuis 24h00, il est un poil pataud. "Gras et riche comme un blanc sudiste !!"... *(*)

 

Pour finir, nous tremperons nos lèvres dans un Rousset-Peyraguet 01, ouvert depuis 24h00 aussi, molasson, aux antipodes des belles impressions laissées lors du Vini Circus 2011

 

Un dimanche météorologiquement agité, largement plus excitant dans les verres et l'assiette...

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Le Carillon à Liessies

15 Juin 2012, 06:24am

Publié par Docadn

Nous sommes au sud du Nord (59), dans l'Avesnois. Liessies abrite, comme de nombreux villages des environs, une église fortifiée, mais aussi un Parc (classé) de l'abbaye (disparue).

 

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Face à l'église, en plein virage, se dresse la bâtisse du Carillon. Avec ses murs en briques de four à pizza, Le Carillon semble être l'institution locale, la "table de sous-préfet" et des "notables" qui, le dimanche venu, sortent la veste croisée (on est, pour certains, pas loin de celle de  Ricardo Tubbs ou Sonny Crockett), plaquent leurs derniers cheveux blancs avec leurs paumes embaumant L' Eau Sauvage, avant d'entrer faire bombance.        

Un intérieur plus "rieur", qui fait presque oublier la "rigueur" de la brique externe. Cela se veut "tradi-chic-bourgeois-rural". Accueil neutre, une seule serveuse (la patronne semble-t-il), une trentaine de couverts à satisfaire, ça sent le service long comme un film de Lelouch...

On nous propose machinalement un apéro. Je demande "un vin blanc sec". "C'est possible" me rétorque-t-on, sans ajouter le moindre indice sur ce dernier. Le verre arrive, je demande son origine "blanc de Touraine !!". C'est félin comme un sauvignon indigne. Aucun grignotage n'accompagne ce dernier.

Notre choix s'arrête sur le menu déjeuner (35 €) composé d'une séquence entrée, plat, fromage et dessert.

 

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velouté d'asperges

 

C'est la saison, tous les restaurateurs en font à toutes les "sauces". Une mise en bouche veloutée, expressive, crémeuse, bonne dans l'ensemble.

 

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Tartare de petits légumes, gambas en chaud-froid et crème légère aux huîtres  


Un impressionnant travail de "détail" (j'ai vu "largement pire" depuis), pour cette entrée très marquée par la coriandre. Fraîcheur et végétal dynamisent les papilles. Très oriental dans l'esprit et le goût. Bien.

 

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Salade d'asperges à l'asperge et arôme de truffe 

 

Pour La Miss, asperges, la suite. Ces dernières sont très bien cuites, très parfumées. Encore une belle expression végétale, portée par une fraîcheur spectaculaire. L'huile de truffe est justement dosée. Un ensemble fort plaisant, un intitulé un peu "grolandais".

 

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Pavé de boeuf rôti et son cappuccino de pomme de terre à la mousse de Maroilles


Un morceau ferme sur les bords, onctueux en son centre. Un jus très salé, une pièce bien saisie, au cappuccino amusant, au Maroilles juste. Un plat académique, sans grande folie, bien exécuté.

 

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Morue épaisse, confit de poivron doux et pousse d'épinard à la fleur de thym

 

Le plat de La Miss. Un pavé "forcément" trop cuit pour moi. A contrario, les piquillos sont impeccables. Plat très bien assaisonné, au caractère méditerranéen perçant, juste.

 

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Pavé de bar rôti, son risotto aux asperges et jus de viande

 

Poisson, là encore trop cuit, face à un grand risotto. Comme précédemment, les asperges sont au top !!

 

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Île flottante


Un dessert vraiment remarquable !! De vrais blancs en neige, bien fermes, un vrai caramel, une bonne crème anglaise, bien vanillée, un dessert corpulent... On peut vraiment déclamer, sans hésiter, en dégustant cette dernière : vade METRO satanas !!


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Fantaisie chocolatée, méli-mélo de fruits secs et griottines

 

Un chocolat classique, un méli-mélo de caramel-fruits secs très bon.

 

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Croustillant au citron, framboises au jus et confiture d'agrumes

 

Fine dentelle très croustillante, fourrage typé "Lemon Curd" de très bon aloi, coulis de fruits rouges justement acidulé. La marmelade est bonne selon les spécialistes (que je ne suis pas !!).

 

Au global, une cuisine soignée, soucieuse des produits et de leurs traitements, versant majoritairement dans la "cuisine bourgeoise rurale". Elle attire son lot de notables, amateurs de classicisme et de tradition. Le Bib gourmand est largement mérité (on flirte même avec le macaron pour certains plats !!). Pour l'originalité, on repassera. La grosse lacune de cet établissement est le flagrant sous-effectif du service (et par ce biais le rythme en cuisine aussi, on imagine !!). Seule en salle, la patronne fait l'accueil, la réception, la serveuse au bar, la sommelière... Cela nous vaudra 03h00 pour un déjeuner... Beaucoup trop long !!

Le Carillon abrite aussi une cave à vins. Un rapide tour en son sein nous laissera aussi sur notre faim (oui je sais, c'est soif mais ça ne rime pas)...

 

Le Carillon

Restaurant - Bar - Cave à vins - Boutique Traiteur

Face à l'église

59740 Liessies

03 27 61 80 21

www.le-carillon.com

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Domaine de Crève coeur à Séguret

10 Juin 2012, 16:22pm

Publié par Docadn

Pablo Hocht est ingénieur de formation. Il a viré sa cuti il y a quelques années, pour repartir sur les bancs de l'école et se faire oenologue. Ce "cocktail" d'enseignante provençale et d'un artiste peintre allemand est parti apprendre, puis "distiller" son savoir-faire en Amérique du Sud, avant de revenir au pied du géant de Provence. Employé au Domaine St-Cosme, il s'occupe le soir venu de son petit domaine de Crève Coeur à Séguret.


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J'ai "connu" Pablo par les errements sur la toile. Il fut un des premiers à référencer mon blog, quand j'en fis de même pour le sien, contant la "naissance d'un domaine".

Après un rendez-vous raté l'an dernier, nous parvenons enfin à faire plus ample connaissance. Une belle fin de journée du mois de mai dernier, nous traversons un des  "plus beaux villages de France", pour nous rendre dans la "cave de poche" de Pablo.

 

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Le rosé du Coucou 11


60% de grenache, 40% de cinsault, un rosé qui diffuse une immédiate fraîcheur , pète de fruits, marque le pas avec une fine sucrosité. Les gorgées suivantes développent de belles épices, un équilibre et une gourmandise remarquables. ***/***(*)

 

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Côtes du Rhône 10

 

100 % grenache, vendange aux 2/ 3 égrappée, 1/3 non éraflée, 6 mois de barriques de 2-3 vins "épice" franchement aussi. Du fruit, un joli soyeux, un côté "entier", finement astringent qui demande, me semble-t-il, encore un peu de patience. **(*)/***

 

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Côte du Rhône Villages - Sablet 10

 

80% de grenache, 20% de mourvèdre, barriques (from Fondrèche), vendange non éraflée. Un jus étonnamment souple, encore un poil astringent, fort épicé, là encore au potentiel évident. ***

 

Une dégustation très animée, notamment par les commentaires pointus du Pr Inge, "oenologue belge autoproclamée", dont voici un large résumé de ses commentaires :

 

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 Le rosé du Coucou 11 : "putain, c'est délicieux ton truc là..."

Côtes du Rhône 10 : "ah !! Il est couillu ton vin Palbo !!"

Côte du Rhône Villages - Sablet 10 : "y'a pas à dire Pablo, j'aime tes vins couillus !!"

 

La déception vint quand on nous annonça qu'en dehors du rosé, plus un seul vin n'était disponible à la vente...

Sur les impressions bues, on ne prendra que peu de risques dans l'avenir, à "réserver" quelques bouteilles, avant que l'export n'engloutisse toute la production. Pablo est en passe d'acquérir les derniers hectares pour offrir, très prochainement, assez de vin aux amateurs curieux du marché intérieur et d'ailleurs...

 

Domaine de Crève Coeur

"Derrière le Château" 

84110 Séguret

pablo.hocht@gmail.com

divin-nectar.over-blog.fr

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Jean-Luc Tartarin

5 Juin 2012, 16:10pm

Publié par Docadn

 

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Étonnante destination que Le Havre, diront certains d'entre vous, pour passer un week-end d'anniversaire ?! Et pourtant... Cette ville (pas si désagréable) reconstruite de toutes pièces (comme St-Nazaire, Lorient, Brest, etc) après la guerre, a réussi l'exploit de classer le quartier de sa renaissance au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le dernier chantier du célèbre architecte Auguste Perret abrite depuis 4 ans l'un des grands chefs les plus discrets de l'hexagone. 

 

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Jean-Luc Tartarin a un cv long comme une file d'attente devant L'Entrecôte. Ce natif de Caen, formé chez Plaisance, Boyer, Gill, récolte sa première étoile, dans son premier resto à Caudebec-en-Caux à tout juste 24 ans !!

Après un passage chez les Partouche dans les années 2000 (et une étoile again !!), Jean-Luc Tartarin renoue avec l'indépendance en 2008. Le Gros Rouge ne l'oublie pas,  lui redonnant "son" étoile en 2009. La "cour des grands" s'ouvre en 2012, avec une seconde étoile. Nous sommes le 26 mai, c'est mon anniversaire !! 

 

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Accueil chic et souriant de la part d'Annabelle Tartarin (splendide dame au charme troublant, lookée années 50, voix rauque renversante). La salle est petite, les tables serrées, la déco actuelle, tendance "taupe et persiennes". A peine les cartes en mains, des "grignotages" nous sont déjà servis. Un sablé au parmesan relativement banal, une bille au Beaufort plaisante, d'excellents churros, un palet glacé "laitue-moutarde" au sucre pétillant régressif,  rigolo, au- delà des goûts justes du duo "laitue-moutarde".

 

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Je me vois confier la carte "invité" (celle où ne figure aucun prix). Aussi, je parcours les 3 menus à l'aveugle, sans influence aucune des tarifs pratiqués. L'un d'entre-eux me paraît très alléchant, cohérent avec mon appétit. Une séquence entrée, poisson, viande, dessert avec un éventuel fromage. J'ai, sans le savoir, choisi le premier menu (le menu dégustation me paraissait "too much" en nombre de plats). Nous voilà donc partis pour "Saveur de mai".

 

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Une batterie de mises en bouche débarque avec par ordre d'apparition, un saumon à l'aneth très "fumé-salé", de bons petits légumes au soja (un vrai boulot de "pervers" quand on voit les dimensions des morceaux de la brunoise), une formidable mousse de tomate verte aux accents évidents de basilic. Hors champ, nous avions aussi une épaisse crème brûlée au foie gras et émulsion à la choucroute. Le concert s'acheva avec du chou vert & petits morceaux de Salers aériens.

 

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Raviole d'herbes sauvages, sardine fraîche, bouillon thaï

 

Une assiette esthétique, aux couleurs appétissantes. Un bouillon délicatement mentholé, une raviole saisie au micromètre, une citronnelle juste, une fine et parfaite sardine qui me renvoie à l'immense ABC d'Abadie. Un ensemble somptueux, aérien, équilibré, goûteux qui ouvre parfaitement l'appétit. A noter que l'on retrouve nos petits légumes d'horloger...

 

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Cabillaud de ligne étuvé longuement (cuit à basse température à 38°c), poireaux bouchots et curry 

 

Magnifique teinte, très légèrement rosée, du pavé. Le nacré est saillant, la cuisson est époustouflante à mon goût (je pense que beaucoup la trouveraient "limite"). Un pavé parfait, ferme à coeur, à l'effeuillage jouissif. Des légumes (trop rares) à l'unisson. Des moules top, un jus un poil salé. Malgré cela, une très grande réalisation maritime !!

 

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Morceau dans un gigot de pré-salé, huile de tapenade et de citron vert, polenta et légumes verts

 

Toujours cette mise en scène épurée d'un plat déjà salivant. Une tapenade très olfactive, acidulée. Un morceau juste rosé, maîtrisé. La tendreté, le goût, la cuisson d'anthologie d'un morceau de choix !! Des petits pois extras (coupés en deux, le "pervers" a encore frappé !!), un petit jus corsé au diapason, une polenta de compétition. Un plat magistral !!

 

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Plateau de fromages (9 €)

 

Je me laisse convaincre par le plateau de fromages. Là encore, une sélection et un affinage diaboliques. Mentions spéciales pour le Stilton, le Comté 36 mois et la vieille Mimolette.

 

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Tube croustillant au sucre, crème de citron épicée, fraises et sorbet

 

Délicieux croustillant, subtile et aérienne mousse au citron. Duo sorbet et fraises sans faute. Un dessert juste trop petit pour le coup...

 

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Une succession de pains (épeautre, pommes de terre, cacao...) aux caractères disparates. Mention "petite tuerie" pour le pain à la pomme de terre...

 

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Mignardises

 

Je commande un café pour faire glisser les dernières sucreries "avant de prendre la route" (notre hôtel se situe à 5 petites minutes à pied du restaurant). Un petit flan "oeufs-vanille" (très marqué) old school, un streusel très bon, une confiture de poire justement acidulée pour accompagner le divin, le génial, la quintessence, le nirvana du quatre-quart !! 

 

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Cuvée Laïs 10 - Olivier Pithon - Vin de pays des Côtes Catalanes

 

Une forte réduction à l'ouverture. Une matière dense, tendue, jongleuse, qui s'est pliée sans efforts aux différentes textures croisées, avec un pic d'expression sur les fromages notamment.

 

Un service au rythme assez soutenu (parfait pour moi, un peu rapide pour La Miss). Un service "grande maison" avec le guindé de rigueur, un peu coincé côté masculin, plus à l'aise côté féminin (Annabelle Tartarin en tête).

 

Une impression générale extrêmement réjouissante, pour tous les sens, à travers cette très belle expérience. La clarté des plats, la distinction nette des goûts, la précision des cuissons, la technique de haute volée, auréolée d'un immense respect pour les produits d'exception mise en oeuvre. On a parfois accusé Jean-Luc Tartarin de s'être un peu perdu dans sa cuisine (errements qualifiés, de manière vacharde, comme des "tartarinades"). La cuisine proposée ce soir-là était, dans toutes les assiettes, épurée et profonde.

 

Le "choc" est arrivé quand j'ai pris connaissance (le lendemain) du tarif du menu : 47 € (sans les fromages) !! Soit le prix "moyen" d'une formule entrée-plat au déjeuner dans beaucoup d'autres bimacaronnés !!

 

Jean-Luc Tartarin a eu la grande sagesse (en plus d'être toujours présent en cuisine) de maintenir ses prix, malgré l'arrivée de la seconde étoile. Je veux bien croire ceux qui disent que sa formule déjeuner est imbattable en terme de rapport qualité-prix (30 €). Ce soir-là, la majorité des convives avait opté pour le menu dégustation (93 €) comprenant la célèbre "langoustine léchée par la braise de romarin"...

 

Il va de soi que je conseille, sans réserve,  cette "petite table (35 couverts, un seul service) au très grand savoir-faire"Jean-Luc Tartarin et son équipe vous offrent, pour un tarif de base très raisonnable, l'occasion d'effleurer une belle et grande cuisine dans un cadre à peine intimidant. Carte des vins pléthorique, très pertinente, aux coefficients discutables (comme hélas souvent).

 

Jean-Luc Tartarin

73 avenue Foch

76600 Le Havre

tél : 02 35 45 46 20

www.jeanluc-tartarin.com

info@jeanluc-tartarin.com

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