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EscapadeS

Forêt-Noire en vrac... part I

29 Août 2012, 10:22am

Publié par Docadn

Bonjour,

Après une quinzaine scandinave et son lot de surprises, j'ai enchaîné avec un petit séjour outre-Rhin.

 

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Une destination qui s'est financièrement imposée, presque naturellement. En effet, les recherches d'hébergements sur la toute proche Alsace ont révélé des locations deux fois plus chères (et deux fois plus petites aussi) !!

Notre porte-monnaie, très éprouvé par la quinzaine chez les émirs aux yeux bleus, a hurlé sa joie face à cette substantielle économie.

 

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Il serait malhonnête de ne pas admettre qu'en dehors d'un environnement potentiellement fort plaisant pour randonner, un élément essentiel a parachevé la décision finale : le vin !!

 

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Mais nous en parlerons plus tard...

 

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Revenons donc quelques instants sur cette Forêt-Noire, synonyme forcément très limité pour ma part, de gâteaux et de cliniques.

Que nenni !! Cette région est aussi à l'origine du fameux coucou (trop souvent attribué aux suisses) de la Forêt-Noire.

Invention disputée par un triangle de localités comprenant Schönwald, Triberg et Schonach. Ces deux dernières localités se livrent d'ailleurs une ridicule bataille pour la paternité du plus gros coucou du monde. Triberg a pris une option conséquente dans cette pathétique course au "grand n'importe quoi".

 

 

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(source Via-Images)

 

Le coucou normal est forcément très souvent ringard, souvent très cher, avec des complications mécanismes pointus censés justifier un savoir-faire local.

Tarifs qui pourraient être compréhensibles si les mécanismes n'étaient pas quasiment tous fabriqués en Chine. Reste le (rare) travail d'ébéniste, relativement impressionnant, en dehors de toute considération artistique.

Mais la Forêt-Noire n'est pas que le pays du gâteau chocolaté et des horloges de chasseurs.

 

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Mon imagination, toujours très limitée, se représentait la Forêt-Noire comme une vaste étendue boisée, plane et sombre. J'avais tout bon, sauf pour le côté plat. Cette région arbore un manteau végétal, de résineux et autres espèces, sur des dénivelés plus proches de ceux de l'Auvergne que ceux de la Beauce. 

 

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La seconde région la plus touristique d'Allemagne (après la Bavière) alterne, plaines, coteaux, lacs, montagnes et vallées dans le plus pur esprit alpin qui soit (mais à 1400 m max !).

 

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C'est ici que les fondus de ski nordique viennent user leurs spatules, ou vaincre leur vertige sur les nombreux tremplins olympiques (ou pas).

Il se dit aussi que la première station de ski et le premier remonte-pente d'Europe centrale sont nés ici. 

Quand la neige est absente, place à la marche nordique. Sport dont je ne suis, à l'heure où je martyrise ce clavier, pas encore coutumier...

 

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C'est au rez-de-chaussée jardin de l'immense bâtisse à droite que nous logions (60m2 meublés comme un appartement témoin d'un cadre du parti, période "éclairée" de la RDA).

Point de départ idéal de l'immense réseau balisé qui nous tend les orteils (parce que les bras c'est moins pratique pour marcher !!). La Forêt-Noire compte à elle seule, près de 23 000 kms de sentiers (contre 20 000 pour toute la Norvège !!) . 

 

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A quelques kms de Schönwald, Vogte est un des points de convergence des nombreux sentiers et pistes de fond nordiques émaillant le plateau.

Des itinéraires de 3 à plus de 80 kms, parfaitement balisés, accueillent des centaines de marcheurs, fondeurs et autres ramasseurs de baies. 

 

 

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Pour cette dernière activité, ayant écumé des "gisements" conséquents en Auvergne et en Alsace, je peux vous assurer n'avoir jamais vu une telle profusion de myrtilles et de framboises sauvages.

Des hectares de baies (sans marseillade aucune), épargnés par la faune, vous attendent (début août c'était vraiment pas mal) pour garnir (notamment) vos  yaourts au lait régional

 

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Si la cueillette vous saoule, vous ne mourrez pas de faim pour autant. Presque tous les chemins sont ponctués de gasthaus (certaines ne sont ouvertes que le week-end l'été).

Ces immenses auberges, souvent centenaires, proposent une restauration simple, chaude ou froide, économique, avec un sourire et une chaleur presque dérangeants, lorsqu'on est vacciné à longueur d'année à la fraîche convivialité française...

 

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Unser Fischteller mit geräuchertem Forellenfliet ger. Heilbut Räucherlachs und Lachsforell mit Preseilbeersahne, Brot und Butter (12,90 €)

 

Derrière cet intitulé long comme la moitié d'un roman d'Amélie Nothomb, se cache "les filets de truite de la Forêt-Noire".

Ils sont à la carte de presque tous les restaurants locaux. Ici, je les ai dégustés tièdes, avec une crème relevée (moutarde, typée wasabi) mêlée de baies rouges (airelles ?!).

 

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La Berggasthaus MartinSkappel est l'auberge typique de randonnée. 

 

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(source martinskapelle.de)

 

Le patron a les moustaches et le pantalon folkloriques de rigueur (sapé exactement ainsi le jour de mon passage), sa moitié n'est pas en reste côté tradi.

Ils débordent d'attention pour tous les randonneurs affamés et assoiffés. Les produits délivrés sont frais, locaux et semblent fait minute. 

Une fort sympathique affaire familiale qui bosse, été comme hiver, au rythme de ses visiteurs. 

 

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Mais, là encore si la nature vous sort par les pores, plongez dans les villes et villages... 

Je vous en parle une prochaine fois...

 

A SUIVRE...

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Où marcher en Norvège...

22 Août 2012, 07:47am

Publié par Docadn

Bonjour,

J'avais, en préambule de cette "saga" consacrée à la Norvège, déjà murmuré les réserves concernant les chemins de randonnées (Cf le point 14). 

En effet, les balades effectuées furent rarement à la hauteur de l'attendu (quand elles ne furent tout simplement annulées par manque de signalisation du point de départ !!).

Une déception issue des carences de tracés pertinents, de balisages réguliers, de l'entretien de chemins taillés à travers une nature potentiellement exceptionnelle. 

 

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J'ai rarement vu un pays (dit développé) "négliger" autant son patrimoine pédestre, riche dit-on, de près de 20 000 kms de sentiers balisés.

La Suisse, 9 fois plus petite, qui ne s'est jamais targuée d'avoir "inventé" la randonnée, entretient avec une rare application près de 60 000 kms de sentiers parfaitement balisés. 

 

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Première balade au-dessus de Kinsarvik, sur le site du Hardanger Fossasti. Une promenade, qui vous permet de découvrir successivement 3 imposantes cascades.

 

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Une mise en jambes effectuée sous la pluie. Une première partie peu agréable, consacrée à éviter les grosses feignasses en bagnoles qui ne veulent pas se garer sur le parking dédié (1 km plus bas), préférant se ranger maladroitement au bord du chemin avec des feignasses plus matinales.

Comptez 01h45 pour apercevoir la dernière cascade, ainsi qu'un bon coup de rein final pour l'atteindre.

Notons qu'avec cette météo, le terrain devient très vite glissant, les racines assez sournoises. Balisage aléatoire, sa fréquentation rend tout de même l'orientation aisée. 

 

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La deuxième balade était censée nous faire découvrir une des plus jolies promenades du pays.

 

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(crédit Studio international)

 

Bienvenue à Stalheim, son parc naturel, son hôtel centenaire (n'hésitez pas à entrer dans ce dernier, puis à gagner le jardin-terrasse pour découvrir sa splendide vue), sa vue immortalisée par David Hockney. Nous sommes à la quête de Brekkedalen. 

 

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Voici l'unique signalisation aperçue de cette balade de 03h00, censée nous faire découvrir une vue unique sur la vallée !!

Pas de direction, pas une seule autre indication. Il semblerait qu'il faille emprunter une route carrossable privée, agrémentée d'une barrière close, gribouillée des tarifs d'accès pour les voitures, bus. Ou peut-être un autre chemin grossièrement aménagé en aval, dont les hautes herbes nous ont fait douter de l'appartenance au réseau des sentiers de randonnée. 

 

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Aussi, nous bifurquons à droite, passons devant la ferme Sivle pour aller à Nåli, "courte" marche de 2,3 kms, casse-pattes, glissante, ombragée, au dénivelé de table de billard.

 

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La rando se termine sur une agréable clairière aménagée (vestiges d'une ancienne ferme en activité jusque dans les années 30), avec vue sur 2 grosses cascades.

 

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Sur le chemin, une anodine roche, baptisée Nalasteinen, servait à l'époque "d'hôtel" aux dépouilles en provenance de Jordalen pour le cimetière d'Oppheim. En effet, en cas de météo peu clémente, ces dernières y séjournaient en attendant une accalmie.

Une randonnée "gentille" de 02h00 AR, un peu usante, souvent effectuée par défaut, quand la mystérieuse Brekkedalen ne se livre pas (nous avions discuté sur le parking avec des néerlandais, en quête aussi de cette dernière, qui ont fini sur le même chemin que nous). 

 

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Direction Solvorn, très joli village avec son petit port permettant de rallier le site de l'église en bois debout la plus remarquable du pays. Une nouvelle balade de 8 kms, en bordure du Lustrafjord, linéaire et plane sur le papier. 

 

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Un petit enfer de 02h30, relativement bien balisé, monstrueusement mal pas entretenu, casse-gueule au possible, au point d'arrivée inexistant (plus de balisage à 200 mètres d'une "plage de rochers", sous-entendu après on nage !?).

La Miss est très énervée, pestant contre la nullité absolue de ce chemin !! Les vues sur le Lustrafjord sont quand même sympas. 

Les très nombreuses fourmis rouges affamées (je dois avoir un cou d'oie farci, pas moins de 2 ont tenté de le dévorer) et leurs mégapoles d'un mètre de haut, le sont moins...

PS : la balade faisait 8 kms aller. Soit 16 kms AR en 02h30 ?! Sur un terrain pareil !? Même poursuivis par des bataillons de fourmis rouges, je doute énormément de la précision du km annoncé...

 

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Une des balades les plus célèbres du pays nous attend, au départ de notre  camping de Briiksdalsbre.

40' de marche tranquille, ponctuée trop souvent de l'exécrable odeur des échappements des voiturettes, remplies de personnes âgées et de grosses feignasses bien valides.

 

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Un site très fréquenté, où la majorité des marcheurs préfèrent suivre la route aménagée pour voiturettes, plutôt que le chemin dédié aux marcheurs.

La montée est facile, plaisante. Une aire de pique-nique déserte permet même de faire une pause agréable face au glacier. 

 

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Dernière "marche nature" à Åndalsnes, bourgade jouxtant la très célèbre Trollveggen (plus haute paroi verticale d'Europe, Mecque des Mike Brant équipés amateurs de saut en chute libre).


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A la sortie de la ville (après la station essence, quand on vient du centre-ville), le départ le mieux renseigné du séjour.

Nesaksla semble dans mes cordes. La couleur indique, comme au ski, le niveau de difficulté. Bleu est plus facile que rouge, que noir. 

Une mise en jambe tonique, qui s'accentue très fortement dès les 300 premiers mètres. Puis, c'est un mur qui vient mettre nos cuisses à l'épreuve (moyenne de 42% !!).

Racines, boue, roches humides, tous les éléments prompts à nous décourager. La Miss abandonne aux 3/4 du parcours.

 

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Je poursuis mon chemin, moralement atteint, en me collant au rythme d'un branleur ado visiblement habitué du tracé.

Mon orgueil Ma condition très moyenne ayant ses limites, je le lâche il me sème au bout de 300 mètres.

 

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Je parviens au sommet au bout 01h30, pour découvrir de splendides panoramas, ainsi que 2 fillettes de 8-10 ans gambadant avec leur mère.

Vision qui me fait dire que j'ai largement exagéré le danger évident du parcours (certains passages humides, très étroits, donnant parfois sur le vide, équipés de chaînes sont quand même dissuasifs, en montée comme en descente), ou que je suis face à une mère de famille complètement barrée peu consciente des dangers encourus.

Même la pancarte en norvégien au départ qui semble grossièrement dire : "si tu meurs dans d'atroces souffrances sur ce chemin, ne nous envoie pas ta veuve pour chialer, c'est ton problème, on t'avait averti" ne semble pas anodine. C'est la seule de ce type que j'ai vue lors de mon séjour.


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Le temps de remplir le livre de passage (très bien protégé dans le refuge), de manger 4 barres céréales,  faire mes 4 clichés ratés, marquer de mon urée un territoire qui n'est pas le mien, je redescends prudemment (je hais les descentes).

Je recroise la mère de famille, enfin affolée de la situation dans laquelle elle a embarqué ses gamines.

La descente est pénible pour mes genoux cagneux. Je croise plusieurs groupes demandant, limite les larmes aux yeux pour certains, si le sommet est encore loin.

Je répondais invariablement "Ten minutes". Ayant personnellement failli stopper à 10 minutes du sommet, alors que le "worst was behind me" (sors de ce corps  JCVD !!), je les encourageais vivement à continuer ...

Au-delà d'un parcours difficile, d'une pente moyenne très athlétique, c'est une belle "mini-course" de montagne !! Les quelques 800 mètres de dénivelé sont réellement exigeants. Je le paierai par deux jours de courbatures méritées...

Ces balades furent complétées par des "expéditions urbaines" à Oslo, Bergen, Ålesund, Kristiansund de longueurs variables selon les richesses de la ville...

 

Si toutes les balades avaient été aussi spectaculaires, aussi bien balisées que celle de Nesaksla, je n'aurais pas hésité à faire un billet dithyrambique sans réserve pour les sentiers de randonnée de Norvège.

Hélas, c'est plus souvent le moyen-âge en terme d'infrastructures actives, d'informations fiables et de volonté visible d'engagement pour cette activité...

Je reste forcément influencé par des références élevées comme l'Autriche, la Suisse et désormais l'Allemagne (dont je parlerai prochainement), modèles évidents du genre, dans la promotion et le développement de la randonnée pédestre.

La Norvège, dans ce domaine, a des décennies de retard. A moins que ce ne soit une volonté étudiée, publiquement non avouable...

 

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Cantines norvégiennes...

20 Août 2012, 10:35am

Publié par Docadn

Bonjour,

 

Si la question du couchage fut réglée avant le départ, il restait une inconnue : où manger ?!

La encore, nous fûmes rapidement fixés sur nos capacités financières à découvrir la "gastronomie norvégienne" : ce sera pour une autre fois !

Nous nous sommes donc rapidement familiarisés avec les supérettes et les supermarchés du pays. Contrairement à l'idée reçue et aux traditions nordiques, beaucoup de magasins sont ouverts après 16h00 le samedi (22h00 même pour certains).

Vous pourrez même acheter de quoi vous nourrir le dimanche dans pas mal de Bunnpris, mais pas étancher votre soif, si vous cherchez à acquérir quelques degrés d'alcool ce jour-là (Cf le point 20 de l'article ).

C'est grâce au tout premier dîner chaud que nous avons compris notre "douleur".

 

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C'est à Øvre-Eidfjord que nous avons découvert un résumé de la "cuisine norvégienne". Cette bourgade peu rieuse abrite un superbe "Hardangervidda naturesenter",

 

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complété d'une immense et très récente cafétéria (dont le toit enherbé est savamment entretenu par deux chèvres), en bois blond et (très) grosses pierres.


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C'est grâce à cette cafet' que nous forgerons notre opinion (forcément raccourcie) relativement objective de la "vraie" cuisine norvégienne.

 

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Elg steik (175 Nok soit environ 24 €)

 

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Kjøttkaker (155 Nok soit environ 21 €)

 

Deux plats que l'on nous a présentés comme "emblématique" de la cuisine norvégienne. Nous les  recroiserons souvent, à l'ardoise ou à la carte, dans d'autres établissements. Le Kjøttkaker est le plus commun.

2 plats très consistants, aux excellentes pommes de terre (il y a de la patate avec tout, en fait), aux légumes parfaitement cuits. Globalement, c'est du niveau d'une bonne cafet', mais aux tarifs d'un bistrot chic !!

 

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La "fracture du myocarde" nous frôla, quand nous consultâmes la carte des boissons. Un "obscur" Chablis de Jean Deligny était vendu 56 €, quand un sauvignon de Touraine (Sables Blonds) se dégoupillait pour à peine 45 €.

Nous voulions goûter au cidre local (Hardanger cider), mais les 47 € demandés nous ont fait aussi reculer...


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Un (bon) jus de pommes local à 9,50€ les 50 cl fit presque notre bonheur !! 

Aussi, après cette coûteuse expérience (54 € pour 2 plats et 1 jus de pommes), nous avons renoncé à aider la restauration norvégienne jusqu'à notre séjour dans la capitale.

Pas tout à fait, car il nous restait à découvrir la partie sucrée de la gastronomie norvégienne. 

 

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Le norvégien se nourrit de bolle (ou boller) en terme de viennoiserie (1ère photo à gauche). Avec ou sans crème, ils sont tous (très) parfumés à la cardamome. C'est souvent un peu sec, bien bourratif, on en trouve aussi bien dans les stations-services que dans les boulangeries (à des prix très variables). 

Notons un très bon "nøttekake" (petit gâteau aux noisettes sur la photo en haut à droite), parfois disponible dans les boulangeries bios Godt Brød, ainsi qu'un bon "jacob" dans la chic bakeri og konditori  W.B Samson.  A part cela, pas de grande extase sucrée...

 

 

La cuisine étrangère, considérée comme la seule "accessible" pour le voyageur lambda, semble quasiment inexistante en dehors de Bergen et d'Oslo (je ne me suis pas arrêté à Lillehammer). C'est donc à Oslo que nous avons enfin pu manger autre chose que des sandwichs saumon-fromage (j'ai cru que mes doigts sentiraient les gants morts de gynéco toute leur vie !!).


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Oslo regroupe la très grande majorité des immigrés du pays. Il se dit que près de 20 000 pakistanais vivent à Oslo (250 000 habitants), mais aussi des éthiopiens, des érythréens, des péruviens et leur putain de flûte de pan, etc... 

A leur arrivée, chaque communauté a ouvert des restaurants. Cela a très rapidement permis de diviser par 2 le prix moyen d'un repas dans la capitale.

Des populations et leurs échoppes que l'on retrouve principalement dans le quartier morne et très peu valorisé défavorisé de Grønland, qui inquiétera comme d'habitude, les xénophobes refoulés allergiques aux quartiers cosmopolites.

 

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Une des cantines pakistanaises les plus connues de la ville. Le patron ("the man with the hat") est sikh, pose partout en photo, mais n'était pas là ce soir-là.

 

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Une véritable cantine, où tout le monde fait la queue pour passer sa commande, se sert directement dans le frigo pour boire, puis s'installe en attendant que l'homme-orchestre (au top le gars pour gérer 30 clients en même temps, le take-away, plus la caisse !!) vous fasse signe pour récupérer votre commande.

1 Samosa + 1 pakora + 1 lam i curry (agneau) + 1 killing i curry (poulet) + 1 Taj Mahal (67 cl) = 270 Nok, soit 37 € environ.

Tous les plats sont servis avec du riz et un nan. C'est pas si mal, copieux, mais on sent l'adaptation aux palais européens (peu épicé, impression de sauce "allongée-diluée").

 

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La bière à 10 boules, toute fraîche soit-elle, est par contre nulle.

Les pakoras et samosas sont passés au micro-ondes, ça nourrit, ça ressemble à une adresse du "guide du Routard", c'est chaud, pas mal fréquenté par les africains du quartier.

Dans un tout autre registre le Mama Africa (logé dans une déprimante galerie commerciale au-dessus de la gare routière) semblait plus calme, plus "appliqué", mais plus élitiste aussi en terme de tarifs. Pas testé.  

Punjab Tandoori

Grønland 24

Oslo, 

22 17 20 86


Le lendemain, j'ai eu envie de découvrir la cuisine érythréenne. L'adresse visée, s'avère aussi accueillante qu'un tripot clandestin. Pas un regard, pas de menu affiché, pas une odeur de cuisine, pas un seul client qui mange.  

On a l'impression d'entrer dans un rade, où il faut prononcer une phrase mystérieuse du genre  :"j'ai des pistaches décortiquées dans mon soutien-gorge en canne à sucre et j'aime le tapioca sur des canapés en cuir de tapir travailliste", pour qu'une mama vous ouvre une porte dérobée derrière laquelle des érythréens repiquent du riz à la Kalachnikov. 

 

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Aussi, sur le chemin j'avais jeté un coup d'oeil sur une "pizzeria turque", servant des galettes d'un diamètre à faire pâlir des monteurs de pneus.

 

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C'est une "mix shawarma" de près de 17 pouces (43-44 cm de Ø) qui a comblé notre appétit. Le tout arrosé d'un "epel cider" industriel, que j'ai préféré aux 1,5 l de Coca compris dans la formule à 149 Nok (20 €) !!

Bonne pâte, pour une garniture un poil grasse. Mais nous sommes toujours dans le registre du "solide qui tient au bide", pouvant facilement contenter 3 adultes, dont un inquiet pour sa ligne. L'établissement ne sert pas d'alcool. 

 

Aker Pizza

Storgata 39

41 28 11 43

 

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Dernière cantine du séjour. Nous comptons nos derniers Nok. Nous devons dîner pour moins de 220 Nok (30 €) !!

Nous tentons l'expérience dans le "meilleur lahoree de la ville" (c'est ce qu'indique la banderolle en front de boutique). Nous sommes donc encore dans une cantine pakistanaise, normalement spécialisée dans la cuisine du Penjab...

 

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2 lassis, un nature et un mangue, pas mal pour commencer. Un kylling malaï tikka grill (à droite), un tandoori grill convenables, au service maladroit pour un total de 208 Nok (28 €). Ouf, le budget est respecté !! 

 

Lahoree Dera Tandoori

Norbygata 56

Oslo

22 67 15 15

 

Comme le titre l'indique, ce sont toutes des cantines. Elles permettent de consacrer un budget plus important aux activités annexes de la ville, toutes payantes (musées, traversées du fjord, bus, etc). 

J'ai bien évidemment le regret de ne pas avoir effleuré "la rare grande cuisine norvégienne", qui semble être aux antipodes des basiques médiocres préparés puis ingurgités au quotidien par la population. 

La Norvège, comme le reste de la Scandinavie, produit depuis une grosse décennie quelques pointures du piano, s'illustrant dans des compétitions références.

Le  dernier Bocuse d'Or d'Europe est d'ailleurs norvégien (suivi par un suédois et un danois pour les accessits d'argent et de bronze!!). 

 Ørjan Johannessen, 26 ans, qui officie dans l'insulaire restaurant  Bekkjarvik Gjestgiveri, se mesurera à l'élite mondiale lors de la finale lyonnaise en 2013.

Une finale déjà remportée 3 fois par la Norvège (1999, 2003, 2009), soit autant que pour le concours Eurovision, c'est dire !!

En attendant de faire partie de ce jury (celui du Bocuse, pas du concours Eurovision) en 2078 pour la 17 ème victoire norvégienne (je sais, c'est moche la drogue !!), je ne peux (hélas) que vous conseiller de vous tourner vers les cantines étrangères en Norvège, à la cuisine plus élaborée, plus légère, plus complexe, moins chère que celle goûtée, aperçue et trop souvent délivrée par les cafet' et restaurants du cru.

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Où dormir en Norvège...

18 Août 2012, 05:25am

Publié par Docadn

Bonjour,

Allons droit au but: je déteste le camping !!

Je ne veux même pas imaginer faire un quelconque effort, pour tenter de comprendre ce concept qui surfe, pour ma logique, aux limites de la stupidité. Traitez-moi de snobinard, de précieux ou de gros con footballeur, j'assume totalement cette aversion.


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Comment a-t-on pu inoculer dans l'esprit des gens qu'il était normal de payer pour dormir sur un bout de pelouse détrempée ou grillée, tout en se contentant d'un confort plus limité que chez l'homo erectus ?!

Comment le travailleur harassé par 11 mois de labeur peut-il s'épanouir, se ressourcer pendant deux semaines en chiant à 14 dans un lieu aussi intime qu'un open space, où les flatulences chargées de Ricard et de Curly remplacent les sonneries de téléphone et les musiques d'attente ?!

Comment peut-on trouver convivial de faire la queue pour se laver à l'eau tiédasse, dans une douche maculée de sable et de mousse, avec en bruit de fond des moustachus rougeauds qui s'engueulent à 2,21 mètres de votre bonde (souvent bouchée) pour un point litigieux à la pétanque ?!

 

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Comment avoir l'air naturel quand, le pq à la main, les claquettes humides et le séant endolori par la lunette cassée, nous croisons nos "voisins de tente" ?!

Aussi, quand j'ai la chance de pouvoir éviter ces densités hongkongaises de toiles et de caravanes, je le fais. Il est aussi vrai qu'avoir travaillé une saison dans un grand camping de L'Hérault, peut expliquer à cette aversion tenace...


Comme je m'en plaignais dans l'article précédent, la Norvège à un défaut majeur pour le touriste n'étant ni CSP+++, ni proxénète, ni héritier bien né : les tarifs.

Les hôtels n'échappent évidemment pas à cette règle. Proposant des nuitées aux tarifs flirtant avec ceux d'un Relais & Châteaux en promotion, ils font paraît-il des efforts l'été. Les tarifs stratosphériques pratiqués le reste de l'année, sont principalement supportés par les hommes d'affaires.

Aussi, il a fallu rapidement trouver une solution raisonnable pour éviter une éventuelle inscription au fichier national de la Banque de France.

Étant farouchement opposé au principe de dormir sous une toile humide (la rare pluie croisée a suffi à me donner raison sur ce point), la hytte s'est avérée être le compromis "acceptable" pour le "dandy discount" qui sommeille en moi.


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Hytte n°3

La hytte (prononcez "Huteu") est un cabanon à la nordique. Intégralement en bois, nous avons testé une "palette" de modèles qui va de la construction en massif jusqu'à la cabane de jardin version Leroy Merlin.

Certaines ont l'eau courante (uniquement froide), toutes ont l'électricité, le chauffage (parfois utile l'été). Composées d'une ou deux pièces, on peut y dormir à deux ou quatre selon la taille choisie (6 max). Elles sont toutes dotées d'un coin cuisine et de l'équipement associé (casseroles, assiettes, couverts, frigo). La couette est fournie, les draps non (un "sac à viande" est suffisant).

Seul hic : la hytte est très souvent située dans un camping. J'ai dû donc me faire violence, surmonter ma phobie campinesque en fréquentant les sanitaires pour m'y laver et m'y soulager. 

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Hytte n°5

J'ai rapidement été surpris par la différence notable entre le camping à la française et ceux de Norvège. Nos choix se sont tournés vers de petits campings (moins de 50 emplacements en général) avec une dizaine de Hytter au maximum. Tous ces lieux étaient d'un calme inouï, à faire vaciller mes solides préjugés. Petit tour d'horizon des lieux fréquentés. Tous les prix ont été convertis sur la base de 100 Nok = 13,50 € et sont valables pour 2 personnes.

Les 3 premières photos ont été prises au Camping de Birkelund (près de Geilo). 11 hytter disponibles pouvant accueillir 4 à 6 personnes.

Les + : café fourni, grande terrasse, hytte bien équipée, wifi disponible, calme absolu.

Les - :  un environnement pas très spectaculaire, douche payante (5 Nok les 3 minutes).

Le prix : 49 € la nuitée. 


La 4ème photo correspond à la Hytte louée au B&B Gjestgiveri à Øvre-Eidfjord. Peu de charme pour la hytte elle-même, quand la bâtisse du B&B n'en manque pas.

Les + : douche gratuite, chauffée, propre, eau courante dans la hytte.

Les - : petite hytte assez sombre, route (très) voisine un peu bruyante, pas de wifi.

Le prix : 49 € la nuitée. 

 

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Retour momentané à la "civilisation". Notre 3ème logement se situait dans une des "auberges de jeunesse" de Bergen. Un concert de Springsteen ce soir-là ! Les offres étaient très limitées. Nous étions "chanceux" d'avoir trouvé quelque chose en centre-ville. 

Les + : très bien située dans la ville, chambre spacieuse, wifi, check-in électronique, draps fournis.

Les - : parking payant obligatoire pour la nuit, tarif prohibitif pour une auberge de jeunesse avec wc et douches en commun.

Le prix : 91 € la nuitée pour la chambre, 25 € pour le parking. 

 

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Hytte n°15

 

4ème location au Vang-Camping de Gudvangen. 

Les + : cadre splendide (parois rocheuses superbes, cascades type "voile de la mariée" nombreuses), charmante hytte avec son toit enherbé, coin-cuisine, calme remarquable. 

Les - : douches payantes (5 Nok les 4 minutes), route assez fréquentée et bruyante, détecteur de fumée très sensible, pas de wifi. 

Le prix : 41 €, mais nous avons été "surclassé". Le modèle testé coûtait 54 € la nuitée !!

 

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Hytte n°1

 

5ème location au camping Lyngmo. 7 hytter (modèle "abri de jardin") "les pieds dans le lac"

Les + : bel environnement, camping "aéré", check-in possible dès 14h00, douches gratuites, encore un calme salvateur. 

Les - : le clapot de l'eau du lac qui vous fait croire qu'il pleut toute la nuit, le pq très efficace pour un gommage rectal intégral, des douches aux bondes saturées (bottes recommandées), pas de wifi. 

Le prix : 53 €.

 

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Hytte n°5

 

Nuitée suivante au camping Melkvoll au pied du Briksdalsbreen (spectaculaire et populaire glacier à 45' de marche du camping).

Les + : environnement extraordinaire avec vue sur le glacier, chutes d'eau, torrents, grande hytte, toit enherbé, grande terrasse, paisible, wifi gratuit d'01h00.

Les - : douches payantes (10 Nok les 4 minutes), torrent un poil bruyant la nuit, pas de commerces alentour.

Le prix : 61 €.

 

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Chambre au 6ème étage

 

"Grand lâchage" pour la 6ème location (et pas le choix surtout !!). C'est au Grand Fjord Hotel, que je redeviens le temps d'une nuit un "homo sapiens précieux". Un bel hôtel à 2 kms de Geiranger. 

Les + : Toutes les chambres ont vue sur le fjord classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le petit-déjeuner (compris) est monstrueux, la literie divine, le wifi est celui du camping juste en dessous, la meilleure salle de bains du séjour !!

Les - : c'est vraiment nul d'être "pauvre au pays des émirs aux yeux bleus*" !!

Le prix : 143 €, ben oui ça pique !!

 

Pas d'illustration pour cette 7ème location à Ålesund. Annecy Sommerpensjonat loue pendant l'été les chambres désertées par les étudiants.

Les + : très bien située dans le centre, chambre assez vaste.

Les - : c'est spartiate comme une chambre de cité U, le frigo est commun, les wc-douches (à partager) sont mal éclairés et froids comme une morgue. L'insonorisation des fenêtres vous permet d'apprendre à parler le "norvégien bourré" à 03h00 du mat'. 

Le prix : 59 € la chambre seule, 73 € si on veut se laver et faire caca en paix dans sa chambre. 

 

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Hytte n°10

 

Atlanten Turistsenter est le cliché même de tout ce que je déteste dans les campings.

Les + : la hytte est correcte, les douches crades sont gratuites.

Les - : la seule "barrière douanière" (avec code) qui nous a été donnée de voir en action de tous les campings fréquentés. Un environnement déprimant, des sanitaires délabrés (alors que le site parle de rénovation récente), une vmc très bruyante sur les sanitaires.

Le prix : 53 €.

 

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(source Åndalsnes camping)

 

Cliché piqué sur le site d'Åndalsnes camping pour cause de loupé. Cette ultime hytte trône dans un camping bien plus grand que ceux précédemment fréquentés.

Les + : check-in early, calme, environnement à priori agréable (du brouillard lors de notre passage).

Les - : douches payantes (15 Nok les 5 minutes !!), le wifi ne marche pas (aveu même de la proprio), intérieur sombre, les nombreux proprios de caravanes tondant leur pelouse entre deux averses.

Le prix : 51 €.

 

Une constance commune à toutes les hytter, est le ronronnement nocturne conséquent des frigos (boules Quies recommandées pour les sensibles). Une dernière précaution consistant à mettre un masque de nuit, pour ne pas être dérangé par la lueur du jour pointant entre 04 et 05h00 du matin l'été (en Norvège, les rideaux sont rarement plus épais qu'un mannequin Élite). 


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(source comptoir.fr)


Pour finir, 3 nuits au Comfort Hotel d'Oslo à un tarif presque "indécent" pour le pays. 

Les + : très bien situé, chambre propre, grande, bien isolée, boissons chaudes et froides et Imac en libre-service, très bons rideaux occultants, belle vue sur l'opéra au 8ème étage.

Les - : petit-déjeuner achalandé vraiment pas terrible (évitez l'omelette immonde).

Le prix  : 74 € la nuitée (en promo)

 

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(source Best Western)

 

Arrivés très tard le tout premier jour, nous avons aussi séjourné, pour des raisons très pratiques, au Best Western de Gardemoen, à 3 kms de l'aéroport. 

Les + : arrivées tardives assurées (00h30 pour notre part), bonnes prestations générales, petit-déjeuner parfait.

Les - : ça ampute direct le budget.

Le prix : 90 €.

 

Vous l'aurez compris, derrière cette litanie de jugements se cache une réalité indéniable : même en formule dite "économique", le couchage en Norvège pèse assez lourdement dans le budget. De part la grande liberté de stationnement dans le pays, hors agglomérations, nous y avons croisé beaucoup des camions aménagés. 

En conclusion, je n'ai pas soigné mon allergie contre les campings, mais dois avouer que la formule hytte n'est pas désagréable quand le camping qui l'abrite est de taille raisonnable, avec des sanitaires décents.

 

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Il existe aussi des rorbu (surtout du côté des Lofoten) qui sont la version maritime des hytter. J'espère pouvoir vous en parler la prochaine fois que je retourne là-bas...

* sobriquet que l'on colle souvent aux norvégiens, source Oliv'.

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20 généralités (subjectives) sur la Norvège et les norvégiens...

15 Août 2012, 17:08pm

Publié par Docadn

Bonjour à tous,

J'ai eu l'immense plaisir (et chance aussi) de découvrir le sud de la Norvège cet été. Un pays considéré comme un des plus beaux au monde, où l'industrie touristique ne semble pas être le nerf essentiel de la croissance du pays. 

 

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Ne parlant aucunement cette langue ( hybride et très jeune par rapport aux autres langues européennes), j'ai observé comme un ethnologue en tongues fourrées, les moeurs et le fonctionnement estival d'un pays scandinave à la pointe. Aussi, je vous propose 20 généralités mêlant clichés & vérités.

1/ Le norvégien est aussi agréable que le français. Il sourit peu, est plus aimable avec ses congénères qu'avec le "touristus pecnus". Rassurant de voir que l'on n'est pas le seul peuple d'Europe souvent toujours de mauvais poil. 

2/ Le norvégien n'est pas très grand et pas toujours blond. En effet, ce n'est pas un suédois. Mesurant personnellement 2m moins 22, je me suis senti dans la norme avec les mâles locaux (pour la taille, pas pour la blondeur). La norvégienne, toute blonde et esthétiquement séduisante soit-elle, est souvent haute comme trois couilles à plat ventre. La mâle étant majoritairement brun, la femelle blonde, leur progéniture hérite de la teinte capillaire de Rahan, souvent retaillée comme celle des jeunesses hitlériennes.


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3/ Le norvégien se balade en bottes de pluie, même par beau temps. Mode estivale ou véritable coutume ancestrale, le norvégien, comme la norvégienne, aime faire mariner ses pieds dans ces morceaux de caoutchouc aux tarifs prohibitifs.

 

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4/ "Tout coûte au moins 100 Nok". La Norvège ne fait pas partie de la zone euro. Elle édite sa propre monnaie avec des billets de 50 à 1000 Nok et des pièces de 1 à 20 Nok. J'ai lu que la salaire moyen d'un norvégien était d'environ 5000 € (3000 pour le "smic local"). Aussi tout coûte extrêmement cher, donnant un fort sentiment de "pauvreté" pour les touristes ne vivant pas dans un pays ayant 2,5 % de chômage, assorti d'une industrie pétrolière et gazière très florissante. Aussi, pour ne pas s'emmerder avec les pièces "inutiles", beaucoup de tarifs démarrent à 100 Nok (13,50 €). Si vous êtes fumeur, amateur de bière et voulez manger un plat local comptez 100 € par jour/personne (et vous n'avez pas encore dormi pour ce tarif !!).

 

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5/ Le norvégien mange très tôt. Encore plus tôt que l'allemand. Ne vous étonnez pas de trouver porte close dès 20h30 (je parle hors agglomération importante). Le service est souvent continu entre 12h00 et 18h00, puis tarifé différemment entre 18 et 20h00. Mieux vaut se pointer à 19h00 max, pour se voir servir des plats copieusement garnis, à la finesse d'un lanceur de poids en chemisier de satin taille 34. 

 

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6/ Rien n'est gratuit en Norvège. Pas mal de routes, d'édifices religieux (les églises) de parkings, (il y a même un hôtel qui fait payer le sien aux non-résidents pour admirer la plus grande cascade du pays) sont payants. Nous avons assisté à un festival musical gratuit dont le parking, aménagé dans une carrière, était obligatoire et coûtait "symboliquement" 100 Nok (13,50 €)!!

7/ Si vous êtes agoraphobes, fjordophobes, ou sujet à la panique à la perspective de rouler dans des tunnels souterrains ou sous-marins de plusieurs kms de long (de 5 à 24,5 kms, le plus long du monde !!), ce pays très richement doté dans ce domaine n'est pas fait pour vous !!

8/ Le pays est sous surveillance vidéo. Bizarrement, une seule société semble avoir répondu à l'appel d'offre. Cela va du réseau routier au musée national où  "l'on vole facilement du Munch". Je n'oublie pas de préciser qu'il s'agit de Securitas, géant mondial de la sécurité... et suédois. 

9/ La Norvège ne possède pas de marque mondialement connue, comme Légo pour le Danemark, Nokia pour la Finlande ou Ikea pour la Suède. Seule la marque  Napapijri a une certaine notoriété avec son drapeau national, mais elle est italienne. Sinon vous pourrez acheter de  chouettes pulls en contractant un petit revolving de 5 ans à 72% d'intérêts. 


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10/ L'été commence, officiellement, le 01 juillet et se termine le 31 août en Norvège. Aussi, ne soyez pas étonné de voir des mecs torses nus dès que le thermomètre atteint péniblement 18°C. La norvégienne s'affiche très souvent en mini short, dont les coutures finales jouxtent au plus près le buisson pubien.

 

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11/ Comme 99,92 % de la population mondiale, je pensais que la fameuse bacalao était portugaise. Que nenni !! Elle est née à Kristiansund et a fait la fortune de cette dernière. C'est donc ici que l'on a eu l'idée d'ouvrir la morue en deux, de la battre jusqu'à aplatissement, avant de la saler pour le plus grand plaisir des palais lusitaniens. 

12/ Si vous êtes buveur de vin, ne cherchez pas dans les supérettes votre dose quotidienne de raisins fermentés. C'est au  Vinmonopolet que vous trouverez votre "bonheur", dont les tarifs vous pousseront peut-être à faire une pause salutaire pour votre foie et votre budget.

 

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13/ Le norvégien boit de la bière, des litres de café, mange (à n'importe quelle heure) beaucoup de saucisses et de potetsalat, mais se voit gratifié d'un taux d'obésité "visible" qui pourrait parfois l'envoyer en finale de n'importe quelle distance du demi-fond  sans spatules. Le viking n'est plus ce qu'il était...

 

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14/ La Norvège se targue d'avoir inventé la randonnée, en ayant inscrit, depuis des lustres, dans sa constitution le droit de se déplacer librement. On constate qu'elle n'a jamais pensé à développer ce concept. Ci-dessus la meilleure signalétique et le plus riche réseau balisé croisé (un bien grand mot le balisage, consistant à un T rouge peint de manière très très aléatoire sur le parcours). 

15/ Ce pays souvent synonyme de nature et d'écologie, semble avoir renoncé à pas mal de principes depuis la découverte du pétrole. Il a par contre toujours autorisé le camping sauvage partout où cela n'est pas contre-indiqué (c'est à dire peu d'endroits, en phase avec le droit de se déplacer librement exprimé sur le point 14). 

16/ Les radios FM diffusent massivement de la country et un ersatz de hard rock, américain ou local, rigolo au début, très énervant à la longue...

17/ Le pays ayant adhéré, depuis peu, à l'espace Schengen, il a la "chance" de s'ouvrir aux autres cultures (le pays est très très très très peu cosmopolite blond en dehors d'Oslo). Cela a permis l'arrivée sur les esplanades norvégiennes de péruviens déguisés en Géronimo qui nous pètent les esgourdes avec leur putain de flûte de pan !! 

18/ Imprégné de l'image du scandinave respectueux et discipliné, j'ai constaté la même liberté d'application du code de la route que chez nous. Ça double n'importe comment, ça ne respecte pas les limites de vitesse, des français je vous dis !!

19/ Le jeune norvégien se la colle souvent le jeudi ou le vendredi soir, hurle aussi fort que n'importe quel pochtron du monde, mais en viking. Ce n'est pas très beau, mais ça empêche de dormir quand on ne sait pas dire "tu vas fermer ta grande gueule !!" en patois local...

20/ Vous pourrez dormir tranquillement le dimanche soir, puisque la vente d'alcool est interdite ce jour-là (même pas la possibilité d'acheter un cidre à 3,5°, expérience vécue dans le Bunnpris de Kristiansund).

 

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Vous l'aurez compris, ces "clichés-vérités" sur les norvégiens et la Norvège sont un peu le miroir déformant que l'on s'insurge de lire sur nous-mêmes. Mais n'est-il pas le révélateur d'un patrimoine exceptionnel mal valorisé par ses locataires ?! La France, première destination au monde, n'est pas le modèle attendu par ses visiteurs en matière d'accueil et de convivialité. Malgré cela, son leadership reste incontestable, grâce à ses fabuleuses merveilles naturelles et historiques. La Norvège, dotée de joyaux uniques, grandioses, semble jouir du même statut privilégié. 

 

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Prochainement, quelques généralités plus objectives, sur cette perle du nord...

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