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EscapadeS

On the Rhône (sud) again, again...

25 Janvier 2015, 22:51pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Après une édition nord-sud, place à une thématique méridionale, géographiquement parlant, sur le Rhône.

XIIIème édition du cercle LPV BzH consacrée aux vins nés dans le sud de "l'appellation Rhône".

Nous sommes une bonne dizaine à nous retrouver au sein d'Un Midi Dans les Vignes à Rennes, pour plancher sur ce coin "chaleureux" (en degrés d'alcool contenus dans les bouteilles) de l'appellation .

Le planning familial ayant peu la mainmise sur la régulation des naissances au sein du cercle, un de nos membres actifs (n'y voyez aucune allusion DSKienne) fête, pour commencer la session, la naissance de son petit Raphaël avec :

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Joli cordon de bulles fines, à l'expression finement oxydative, pour un vin très vif, ample, épicé, ramassé comme un rugbyman dans la mêlée, droit et net, à l'amertume dominante au fil des gorgées. ***

Puis nous attaquons le coeur du sujet, dont voici le résumé télégraphique entre 2 bouchées et 3 gorgées.

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry
Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Nez marqué de berlingot, forcément sudiste (vu que la thématique est un poil connue), à l'attaque tout en retenue, discrètement épicée, avec une impression de "fermeture", sur un fil éthéré, à l'amertume un poil "vulgaire". **

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Domaine des Tours - Vin de Pays du Vaucluse 2006 :

"Boisé" élégant, impression de puissance au nez sur une base de fruits jaunes dominants. Matière noble, à l'expression "mycologique" tonitruante, aux amers vibrants, à la finale très élégante. ***/***(*)


Château des Tours - Côtes-du-Rhône 2007 :

Nez complexe, presque hypnotisant, quand la bouche se fait suave, ample à l'outrageante dominance de l'anis jusqu'à la finale. Très joli vin encore une fois de la "Team Reynaud" ***(*)


Domaine de Marcoux - Châteauneuf-du-Pape 2004 :

Nez quasi muet, avec quelques soupirs de poivre blanc. Une fine pointe sucrée en attaque, quand la matière délivre fraîcheur, amplitude et longueur quasi surnaturelles. Une forte impression de crayeux s'installe sur les dernières gorgées. Grand vin !! ***(*)/****

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Côtes-du-Rhône - Domaine de la Roche Buissière - Le Claux 2010 :

Le tant redouté syndrome de "la bouteille qui goûte toujours bien... et qui est daubée ce jour-là" me frappe enfin avec ce premier rouge à la robe trouble et inquiétante, qui "syrahte" (10%) gentiment, à l'acidulé agressif, loin de l'expression splendide croisée lors des 4 ou 5 rencontres précédentes. Je crucifie "mon" vin par un laconique "barré" sans appel, provoquant une échappée dans la médiocrité difficile à remonter. 0


Vacqueyras - Domaine le Sang des Cailloux - Cuvée de Lopy Vieilles Vignes 2010 :

Bois et terre humide signent le nez un poil caramélisé de ce vin aux accents métalliques, à la fraîcheur et aux épices toniques, qui donnent un bel équilibre à l'ensemble. ***


Côtes-du-Rhône Villages - Vieilles Vignes 2007 -Tardieu-Laurent :

Orange sanguine et "boisé à la bordelaise l'italienne" ouvrent la route à une matière exotique (j'ai pensé à un nebbiolo "bien élevé"), au végétal "noble", à l'acidité élevée, à la sucrosité fatigante d'un vin archi-boisé au mobilier trop nombreux pour moi. **


Côtes-du-Rhône - Clos des Cimes - La Clé des Champs 2013 :

Figue intense, syrah ostentatoire, finesse potentielle en générique, quand la bouche offre un côté asséchant rédhibitoire, sur un fil d'amertume "borderline". Expression courte et simpliste. *(*)

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Lirac - Domaine de la Mordorée - Dame Rousse 2009 :

Crème de mûres "old school", lait caillé pour démarrer, quand la bouche s'avère asséchante, aux amers désagréables, au plaisir aussi limité qu'une chanson de Lou Doillon en live. *


Vin de France - Gaec Henri Bonneau et fils - L.09 12-07.05 :

Le plus joli nez de la série des rouges... qui truffe agréablement, aux notes orientales, à l'attaque vive, immédiatement élégante, fraîche, mêlant sans vulgarité noyau de cerise et champignons. Déroulé classieux, presque giboyeux par moments. Très beau vin !! ***(*)/****


Châteauneuf-du-Pape - Domaine Charvin 2008 :

Nez "végétal", typé "vendange entière", plein, puissant, virant "cacao", à l'entame fraîche, sur la fraise écrasée puissante, à la finesse extravertie, mais à l'amertume "décalée". Dommage.

**(*)/***


Côtes-du-Rhône Villages - Domaine Richaud - Ebrescade 2009 :

Joli nez de rafle, plein, puissant, quasi trop !! Puissance qui se confirme en bouche, à l'expression poivrée intense, à ne pas laisser seul sans surveillance. Amertume finale "too much" pour moi... **

Hermitage - Maison Lombard - J&E Montagnon - 2010 (blanc) :

Sur le dessert, nez de poire intense qui vire à l'amande fraîche en bouche. C'est net, bon, peu complexe, mais efficace. Après, pour quasiment 50 balles, on attend un peu plus de "grandeur". ***

Beaumes-de-Venise - Le Paradou 2010 - Jaboulet Ainé :

Nez atone, à l'expression guère plus vivace en bouche, hormis en finale, où les amers labourent le palais avec la finesse d'un tractopelle dans un service de néonatalité. *

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Le tout sur la (toujours) généreuse cuisine de Maïté Ligeron, dont les 2 services de sa "daube provençale - cacao - écorces d'orange" a fait des merveilles sur quelques-uns des plus jolis rouges de la session.

En conclusion, les blancs ,dont j'attendais peu dans ce coin-là, ont "explosé" tous mes pronostics en terme de bonne tenue.

Des rouges qui ont souffert un poil la comparaison pour le coup, dont Bonneau sort, pour moi, largement en tête.

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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C'est des rhums...

18 Janvier 2015, 16:17pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Derrière cet (hilarant) jeu de mots d'élèves ingénieurs en informatique (je suis déjà l'auteur de "Oui ski du monde", et "Oui ski du monde II", tous 2 déposés à l'INPI), se cachent les premiers pas vers un nouveau monde pour moi : le rhum.

Une dégustation organisée par le taulier de L'Ampélographe à Auray.

Si j'ai déjà mixé des "rons", dans un passé très lointain, avec toutes sortes d'additifs pour mieux les vomir 03h00 après, je n'ai pas eu la même "curiosité analytique" envers ces derniers que celle déployée pour les whiskeys .

Tardive séance d'initiation, qui démarre avec les explications détaillées de notre MC (Master of Ceremony, plus communément appelé Michaël, par les soiffardes m'entourant) sur le process de fabrication du rhum.

Crédit www.mimagnier.fr

Crédit www.mimagnier.fr

Je vous la fais courte (et puis j'ai quitté l'école il y a trop longtemps) : tu prends de la canne à sucre, tu attends que la fleur apparaisse (c'est signe que la plante est au top de son taux de glycémie)... et "crack" (en vrai ça doit faire "kkrrr-scroutch-kkrak-rhhhrtrak", mais j'imite très mal la canne à sucre qu'on coupe), tu coupes entre la racine et la fleur.

A ce moment-là, la plante crie la formule suivante : "yo ka koupé pyé an-mwen, yo ka koupé tèt an-mwen, yo ka krazé zo an-mwen pou bwè san an-mwen"...

Ce qui grosso-merdo veut dire : "ils me coupent la tête, ils me coupent les pieds, ils m'écrasent les os pour boire mon sang"...

On sépare donc le jus de la bagasse (paille). On rajoute des levures dans le jus pour démarrer la fermentation alcoolique (transformation des sucres en alcool).

On obtient ainsi un "vin de canne" (vesou) au bout de 24 à 48h00 qui titre pas de quoi te démonter la tronche un peu moins qu'une binouze angevine.

Source www.rhumaocmartinique.com

Source www.rhumaocmartinique.com

Et là, zou, direction l'alambic (plus souvent une colonne de distillation), où on va séparer les composés lourds des légers et condenser l'alcool sur un réfrigérant.

A cette étape, notre futur rhum titre 70 à 80°... ce qui est un peu trop Fort-de-France en Martinique (rires, applaudissements, rideau).

L'étape de distillation est cruciale pour le devenir du rhum.

A partir de cette étape, on laisse le pépère se reposer 3 mois avant de le diluer (à l'eau de source ou déminéralisée) pour ramener son titre autour de 40°... et pouvoir l'avaler sans niquer son oesophage !!

Puis on termine le cycle de production par un élevage en foudres ou tonneaux d'origines diverses (le plus souvent du chêne ricain).

Ce process vaut pour les rhums dits agricoles. La majorité des rhums commercialisés étant issus de mélasses (résidus de process de fabrication du sucre), il suivent le même procédé à partir de la fermentation alcoolique.

De plus, tous les fabricants ont le droit de rajouter un nombre conséquent d'intrants, comme du caramel, du sucre, de la vanille, cannelle... ce dont beaucoup ne se privent pas !!

C'est des rhums...C'est des rhums...
C'est des rhums...C'est des rhums...

Sept rhums au programme ce soir, dont 2 agricoles. Tous sont dégustés à l'aveugle.

  • Une jolie robe ambrée pour ce premier breuvage, au nez malté, à l'alcool un poil dominant, mêlant bois et épices. L'attaque est immédiatement puissante, très vanillée, ronde, exhalant des notes marquées de terre humide. C'est pas sucré pour un rond, c'est bon. Il s'agit de Santa Teresa 1796 (titrant 40 volts), rhum de mélasse vénézuélien issu d'une solera (système de vieillissement où l'on remplace par de jeunes rhums les volumes de vieux rhums soutirés) contenant des eaux-de-vie pouvant aller jusqu'à 35 ans. ***
  • Une robe plus sombre que le premier échantillon, aux notes de sucre candy, figue et caramel prononcées. L'amaretto finit par dominer les débats olfactifs. L'attaque est un poil "aqueuse", très caramélisée, moins fine et complexe que son prédécesseur. Une finale sur l'amande amère, simpliste, pour ce "best seller" de mélasse, originaire de Trinidad et Tobago, plus connu sous le sobriquet de Kraken Black Spiced. En fait c'est un "rhum arrangé" à base d'épices... pas ma canne came !! *(*)
  • Toujours cette robe ambrée, au nez fougueux de figue, d'épices intenses et de caramel prononcés, à la complexité plus évidente. Cette dernière se confirme en bouche, où puissance et finesse (ti)punchent harmonieusement sur un fil d'épices savamment dosées. L'ensemble est très salivant, à la longueur modèle. J'ai beaucoup aimé ce Ron Gran Reserva Zacapa, mélasse du Guatemala issue d'une solera de 6 à 23 ans (mêlant des rhums issus successivement de fûts de bourbon, xérès et Pedro Ximinez). ***/***(*)
  • Nous sortons des standards visuels et ambrés croisés jusqu'à maintenant, avec un rhum à la parure très claire, aux reflets verts. Un premier nez simple, très "whisky dans l'esprit" (on a les référentiels que l'on peut), qui "mute" à chaque reniflage, où végétal, malt, cendres de cheminée, menthe se télescopent agréablement. L'attaque est d'une fraîcheur inouïe, très élégante, au végétal fin, à la suavité érotique, aux saveurs intenses de thé, à la finesse superlative. J'ai adoré ce premier Rhum vieux agricole, de Marie-Galante, 3 ans de Père Labat ***(*)
C'est des rhums...C'est des rhums...C'est des rhums...
  • Antépenultième liqueur au nez "classique", éthéré puis enfin "prégnant" mais un poil monocorde. Une expression acidulée plaisante, mais une vanille outrancière vient gâcher la fête. Les jolies saveurs "minérales" de caillou humide peinent à rattraper mon avis très indécis sur la chose. Je ne sais si j'aime ou pas ce Ron Master Reserve 21 anos Zafra mélasse du Panama. **/**(*)

  • Le nez le plus "profond" de la série, qui vous fait presque regretter de ne pas être aussi bien équipé qu'un tamanoir. La déception qui suit est grande. La bouche est une véritable pâtisserie-viennoiserie liquide, hélas trop lourde à mon goût. Le Ron Centenario - Seleccion Premium - Sistema Solera 20 anos est une mélasse du Costa-Rica peu adaptée à mon palais. **

  • Dernier candidat, au nez de cannelle, au végétal bondissant, à l'expression vanillée marquée en bouche, à la longueur kilométrique... qui souffre hélas de ma fatigue buccale pour être pleinement apprécié. C'était le second rhum agricole (constance de la présence des notes dites "végétales") de la série, à savoir Rhum Vieux Agricole - Saphir - La Mauny composé de rhums de 8 à 15 ans originaires de La Martinique. **(*)/***
C'est des rhums...

Une initiation intense, très variée, fatigante, difficile à gérer quand, comme moi, on est toujours en mode "mormon" en dégustation (je crache tout ce que je goûte).

Si pour le whisky j'ai trouvé rapidement un mode de dégustation qui me permet d'affronter la maréchaussée sans frémir, j'ai eu du mal à trouver une technique probante et immédiate pour le rhum.

Comme indiqué par notre caviste-guide, 2 options s'offrent à nous :

  • Soit avaler de très fines gorgées.
  • Soit laisser en "stationnement prolongé" de grandes gorgées du liquide, puis recracher...

Une troisième option consistant à avaler une gorgée homéopathique, puis à "s'imprégner" en recrachant les suivantes... technique mise en oeuvre ce soir-là !!

Pour les tarifs, le rhum exige un portefeuille plutôt bien garni, comme beaucoup de spiritueux de QUALITE (vous trouverez aisément des mélasses de merde de vrac à 10 ou 12 €).

Les exemplaires "scannés" ce jour-là s'achètent entre 40 et plus de 140 € !!

Très content d'avoir pu offrir à mes badigoinces cette expérience sucrière, qui ne fera pas la fortune de ma dentiste.

J'y ai juste effleuré la richesse et la diversité d'un monde complexe qui demande, je pense, beaucoup de temps pour percer tous les mystères auréolant ces nectars.

Une dégustation qui permet de mieux cerner la fascination qu'exerce le rhum auprès des passionnés...

Si vous êtes néophyte comme moi, un seul conseil : allez chez votre caviste !!!

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L'Annexe à Vannes

15 Janvier 2015, 22:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Heureux de vous retrouver, pour la 8ème année consécutive, au sein de ce foutoir oeno-gastro-pédestre-mais-pas-trop.

Une année 2015 qui commence comme une gueule de bois trop longue... mais foin de larmoyante prose d'un Ghandi discount du clavier, alimentant le cairn mondial des indignations et des formules archi convenues.

Escapades va continuer à vous saturer les pupilles, entre 2 bouteilles bouchonnées et 3 poissons trop cuits, de photos floues, de textes poussifs agrémentés de vaines tentatives d'humour.

L'Annexe à Vannes

Retour en BzH, après 1 année francilienne, pour découvrir la nouveauté de l'automne 2014 à Vannes.

Source le Télégramme

Source le Télégramme

L'Annexe fut (dans le désordre) une pizzeria, un resto marocain, avant d'être repris en octobre dernier par le duo ci-dessus.

A ma droite, Elise Rollet, ex-Roscanvec (Vannes), Ex-Agapa (Perros-Guirrec) au service.

A ma gauche, David Kiburse, ex-Roscanvec (en tant que second, décrochant une étoile en 2014) au piano.

Une "joint-venture" aux aspirations bistrotières prometteuses, vu les parcours, qui a l'honneur d'ouvrir ma saison 2015 à table.

Un mercredi soir de janvier. Il pleut. La salle, à la trentaine de couverts, est vide. La déco dans les tons actuels, plutôt lumineuse, passe-partout.

L'Annexe à Vannes

La Miss a "grouponné" une formule mettant le "Menu Plaisir" à 25 € au lieu de 35 €.

L'accueil est archi souriant... me faisant quasiment passer pour un Droppy sous Prozac (je me défends pas mal en sourire normalement, mais là, je suis battu par K.O).

Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle
Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle
Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle

Mises en bouche / Kasha / St-Jacques-carottes-gingembre-Citronnelle

Agréables mises en bouche sur bases fromagères, dont une sympathique de cervelle de canut.

"La mousse de sarrasin torréfié" ou "kasha" est une surprenante et puissante pré-entrée, très bretonne dans l'esprit.

L'entrée est généreuse, les St-Jacques (un poil chétives) sur le fil en terme de cuisson, impeccablement saisies. Sous l'écume de carottes se cache une purée hyper onctueuse, très "hivernale-je-veux-du-moelleux-qui-tient-chaud-on-est-bien".

St-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-Châtaignes
St-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-Châtaignes

St-Pierre-Epinards-Bouillon noisette - Quasi de veau-Racines-Châtaignes

J'ai opté... pour le veau !! Si, si, ne vous moquez pas, je n'ai pas pris le poisson... pour une fois !!

Bien m'en a pris, car je n'aurais pu passer sous silence les 4,4 secondes de "sur-cuisson" constatée sur les (rares) bouchées volées à La Miss.

Pour le quasi, c'est un sans-faute !! Rosé comme demandé, moelleux et charnu en même temps, avec du goût... pour ceux qui serinent que le veau n'en a pas !!

Les châtaignes font à nouveau écho au volet "hivernal-je-veux-du-moelleux-qui-tient-chaud-on-est-bien" de l'entrée.

On pourra se plaindre de l'inusable tendance des racines et autres végétaux, souvent exotiques, parsemant les assiettes. David Kiburse n'en abuse pas, heureusement...

Crémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité Mojito
Crémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité Mojito

Crémeux citron-Meringue-Kalamansi - Baba-Ananas-Granité Mojito

Un crémeux à ne pas mettre entre tous les palais, vu l'acidité très élevée. Perso j'adore, mais méfiance si vous sortez d'un détartrage !!

Le baba-Mojito est un concept qui tient plutôt la route, malgré un taux de sucre trop élevé pour ma pomme.

Service dynamique, à la banane permanente... c'est qu'elle finirait par m'énerver à sourire tout le temps celle-là, non mais oh !! Ils sont où nos serveurs tristes qui tirent des tronches à faire pleurer des clowns ?!!

Blague à part, ça fait plutôt vraiment du bien de voir un service aussi "éclairé".

Une carte des vins gentille (alimentée par Au Nom du Vin à St-Avé), qui ne fera pas courir nus dans les rues les alcooliques accrocs à la chose, mais aux tarifs humains.

Côté assiette, aucun doute sur la vigilance et le soin apportés aux produits intelligemment mis en oeuvre par David Kiburse et son équipe.

Au global, une jolie cuisine généreuse, plus proche de la définition (éculée) d'une certaine "bistronomie" que celle revendiquée de bistrot...

Un solide rapport qualité/prix*, que l'on peut mettre en perspective sur la formule déjeuner, qui met la séquence entrée-plat-dessert à 19 € !!

Une Annexe qui peut rivaliser sans risques avec quelques jolis voiliers du coin...

A ce tarif, c'est sûrement un des meilleurs plans actuels de la ville

* Sauf sur le café, au tarif un poil trop corsé à mon goût (4€) !!
L'Annexe

18 rue Emile Burgault
56000 Vannes

Tél : 02 97 42 58 85
Fermé dimanche et lundi




 

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