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EscapadeS

Ici Londres (Escapade à Bombay/Tamise)...

4 Janvier 2009, 17:49pm

Publié par Docadn

Quoi de mieux que passer noël à Londres... Oui, bon je sais d'autres me diront que Rovaniemi c'est encore plus "dans la plaque" quand on veut être au plus près du père noël...
La trop fameuse compagnie low cost était à même de proposer en cette fin d'année moults vols pour quelques piécettes et nous en profitâmes en partant de Dinard direction donc London Stanted...
Un train express plus tard (40 minutes plus exactement), nous débarquons à Liverpool station, direction Earls court pour rejoindre l'hôtel lui aussi puisé dans la jungle des "christmas prices"...
Earls Court, quartier très inégal en terme d'architecture, mais très pratique pour manger et se déplacer, et brassant toutes les origines que Londres peut compter dans le Commonwealth et ailleurs...
24 décembre 2008, it's "9 pm" et nous nous présentons pour le dîner du réveillon devant le N°1 de Kensington High Street :


Je réveillonne dans celui qui est considéré comme le meilleur restaurant indien de la ville : Le Zaika et son cuisinier Sanjay Dwivedi croulent sous les éloges de la presse et a "définitivement" assis sa réputation en décrochant un macaron du guide rouge.
L'établissement occupe une ancienne banque, la salle est très spacieuse mais les tables sont bien évidemment très nombreuses donc très (trop) proches.
La 2ème déception arrive quand l'hôtesse nous informe poliment (tout en s'excusant) que l'établissement ferme exceptionnellement ses portes à 23h00 ce soir pour permettre aux employés de rentrer chez eux...
Eh oui, sachez le,mais Londres temple du capitalisme, n'assure aucun transport en commun (métro, train, bus...) du 24/12 au soir au 26/12 au matin...
Puis vint la 3ème déception par l'éclairage très très très tamisé de la salle... On n'y voit guère mieux que dans un ciné avec des lunettes de soleil !!
Décision est prise de découvrir cette cuisine par la carte et non par un menu faute de temps... Ce sera une entrée et un plat.
Le décompte a démarré, décryptage de la grande carte mêlant anglais et hindi :
j'opte pour un DHUNGAR MACHLI TIKKA  détaillé dans le texte comme:
Tandoori charcoal smoked "Loch Duart" salmon, marinated in mustard, honey & dill,  white lentil Áuttappam’, avocado "raita" .

en image cela donne (avec l'éclairage de rigueur) ceci :


L'ensemble est juste honorable, la crème avocat détonne, le saumon tandoori est un poil trop cuit, le mini kebab au saumon fumé est très correct et les saveurs au global s'expriment bien, épices et graines parfumés déboulent (surtout le clou de girofle) et ne quittent plus le palais qui affiche le chauffage à tous les étages...
Et pour tenter combattre le feu buccal rien de tel qu'un vin austral puisé dans la très très grande carte (et plutôt remarquable en choix notamment coté italien)des vins du Zaika...
Partant sur une syrah australienne, mes "velléités" furent très rapidement calmées par le sommelier qui m'annonça froidement "not available"... Aussi c'est un Delta Vineyard pinot noir 2003 qui eu les honneurs de nos gosiers aussi brûlants qu'un soleil au mois août 2003...
Je fus (enfin) agréablement surpris par la bonne tenue et figure de ce vin face aux plats volcaniques goûtés ce soir là...
en face de mon verre se trouvait un assortiment intéressant opérant sous le code suivant :
ZAIKA PLATTER ou dans la langue de (presque tous les) Monty Pythons :
Platter of smoked salmon kebab, tandoor black spiced "Goosnargh" chicken, duck "sheekh kebab", goat’s cheese & cashew nut samosa". Toujours avec l'éclairage intime du studio Bollywoodien cela donne :


Ben c'est flou, et un peu à l'image de certains éléments de l'assortiment, le samosa au chèvre est délicieux, on y retrouve le saumon mieux cuit que dans mon entrée, le poulet et le canard se dispute un peu le prix du Vésuve dans la catégorie "oui je peux être encore plus hot qu'une poignée de piments oiseaux cul sec"...
Juste le temps à nos palais de se remettre du "feu du rasoir de New Delhi" que nos plats suivants arrivent (faut faire fissa il est déjà 22h00). J'ai opté pour un canard (car ce volatile me semble rare dans cette cuisine selon ma petite expérience) préparé sous le sobriquet suivant :
MURGHABI MUSSALAM alias Masala duck breast :
"Goosnargh" breast of duck, rich black lentil sauce, celeriac and parsnip mash &  crispy "ladies fingers", mushroom naan. 


Malgré le montage, que je devine hautement technique, la présentation n'est guère flatteuse en réalité...
L'ensemble est en effet croustillant, les lentilles dominent largement les saveurs et toujours l'immanquable clou de girofle.Les champignons sont frais et très bons et le canard rôti un poil asséchant... Un plat, un poil casse gueule, et qui me laisse là aussi sur une petite frustration... Les naans commandés sur chacun des plats sont par contre très bons avec une mention pour celui dit au "safran et graines de sésame"... Ce doit être du faux safran vu la quantité présente sur chacun des pains, mais il est d'une force indéniable, celui au fromage est plus classique, celui à l'ail est très sympa...
En face la volcanologue d'un soir avait choisi un volatile de circonstance : la pintade
SARSONWALA TITAR  alias Tandoori guinea-fowl :
Tandoori breast of guinea- fowl marinated in porcini mushroom "masala","upma" polenta, chilli consommé, truffle oil.
La présentation n'étant pas plus flatteuse que précédemment, je n'ai pas jugé utile de l'immortaliser. Mais là aussi une explosion d'épices et une huile de truffe à la puissance timorée...
La course contre la montre se terminant par une insipide et pathétique "eau chaude et ses 3 feuilles de menthe" pour une addition d'un macaron...
Ainsi se termina à 23h00 pétantes ce réveillon oriental, au goût d'inachevé. C'était bon mais pas grand, c'était trop fort et sans mise en garde de la part des serveurs (il est de rigueur dans cette cuisine que l'on vous renseigne sur la puissance de certains plats).
Mais force est de constater qu'au global je nage en plein syndrome du "buveur d'étiquettes" selon la formule suivante :
étoilé = très supérieur à la cuisine lambda sur mon expérience.
Mais je ne connais que des étoilés de la cuisine française.
Les critères sont ils différents (moindres !!) sur les cuisines étrangères ?
Je ne sais pas !! Si un inspecteur ou "un grand gourmet à l'expérience internationale en étoilé du guide du pneu" s'est paumé ici qu'il me réponde...
 Le Zaika tout en étant très supérieur, ne me semble pas du niveau d'un étoilé...
Mais c'est bon, juste bon...
On rentre repu et fatigué pour une bonne nuit de sommeil avant de (re)découvrir le walking London...
A SUIVRE

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docadn 08/01/2009 19:03

Salut Alain,
je suis resté comme toi surpris par la bonne tenue de ce pinot pensant (a tort) qu'il allait se faire démonter par les tornades d'épices des plats goutés ce soir là... Et bien non, du haut de ces 15° (voire plus) et d'une structure conséquente, il a résisté vaillamment à ces déferlantes... Reste à savoir si 2003 à été aussi "frais" là bas que chez nous !!

AlainT 07/01/2009 23:24

Je me suis visiblement plus régalé à te lire que vous à table ! Petite parenthèse pneumatique, la déception est hélas également possible en France...
Quant au choix d'un pinot noir de NZ, comment dire ? Osé ? C.....u ? Etonnant ? Un peu des trois ?..
Alain