Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 11:53

Les petits (comme les grands) "restos chinois" ne sont guère ma tasse de thé ! Quand je rôde (dans une ville inconnue ou pas) à la recherche d'une table, toutes les enseignes arborant des dragons en plastique et autres murailles de théâtre me font assurément fuir.

La conjonction de plusieurs facteurs rédhibitoires me pousse à ignorer, sans forcer, toutes ces tables. La déco kitsch clonée (un Monsieur Meuble asiatique existe, c'est sûr !!), le mélange absolu des cuisines (je me projette toujours au local, imaginant un improbable resto proposant ses spécialités de couscous, flamenkuche et de goulash), le rapport qualité-prix largement discutable (même si les tarifs sont dérisoires), la douce musique du micro-ondes rythmant la majorité des plats amoureusement assemblés après décongélation.

Sans parler de l'ambiance musicale assurée par la Mireille Mathieu continentale, le tout, souvent couronné par un service aussi joyeux qu'un Droopy ayant échappé à sa 8ème tentative de suicide. Pour ne pas inscrire dans le marbre ce cortège de clichés, je me fais parfois "violence" et renouvelle exceptionnellement l'expérience. 

 

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Le Mékong offre tous les critères tant aimés. Une déco qui louche vers le balinais (rare, mais pas moins kitsch), un sous-titre indiquant "spécialités cambodgiennes, thaïlandaises et chinoises", la musique barbeliviennesque d'abord rigolote, puis insupportable. La serveuse doit sûrement être la fille du boss, vu son jeune âge. Elle est sobre, pas plus triste que le "standard croisé"

Le menu à 10,50€ n'est pas disponible en ce samedi midi (salle déserte, complétée par 3 autres clients durant le repas), va pour la carte !


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Une entrée à partager. Une feuille de salade dans laquelle on roule la "crevette entubée", on trempe dans une sauce endémique douce, on se brûle doucement le palais. Frits minute, comestibles jusqu'à la pointe. Rien d'extraordinaire, mais bien.


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Une première visite, convaincante, m'avait fait choisir "une plaque chauffante" (appelée planchette ici) de canard vraiment remarquable. 

La prise de risque n'étant pas de mise, nous optons une fois de plus pour les "spécialités du chef".

En haut, une version carnée de la planchette, au boeuf (13 €)

Juste en-dessous, "La Planchette Maison"(13 €), mêlant crevettes, lotte, St-Jacques, calamars et une sauce au basilic épicé. 

Le première planchette propose une viande bien marinée, rappelant la texture "des larmes du tigre". Légumes croquants, sauce réduite, légèrement sucrée, un plat gustativement abouti.


La version maritime est une pure tuerie !! Pas un seul crustacé ne souffre d'excès de cuisson. La lotte, poisson à la cuisson ô' combien délicate, s'en sort honorablement. Le sommet de cette planchette est incarné par les noix de St-Jacques, à la cuisson inouïe !! Un ensemble de haut niveau, relevé, confirmant l'impression de la première visite. 

Les légumes d'accompagnement sont raccords avec la prestation proposée. Le riz est quelconque. 

Ce déjeuner m'a paru plus standard en terme de fluidité de service. La première expérience montrait des longueurs conséquentes, dues au "service à emporter" qui cartonne le soir. Service effacé, amateur, pas désagréable. Les différentes "agences de notation gastronomique" placent, dans l'ensemble, Le Mékong parmi les meilleurs "chinois" de la ville.

Sur le panel testé, je confirme. Reste à savoir ce que valent les autres spécialités. Je révise pour le coup mon "aversion naturelle et exacerbée" pour ces établissements, tout en observant la progression inquiétante des ces "hangars à bouffe"(sortes de routiers sans chauffeurs) peu à même de redorer le "blason des petits chinois, bons et pas chers"...


Restos-2012-0692.jpg


Le Mékong 

13 rue du maréchal Foch

56100 Lorient

02 97 21 59 53

Par Docadn - Publié dans : un p'tit resto
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Commentaires

Qu'est-ce que tu t'emmerdes à tester les tables branchouilles de la capitale ? T'as pas encore compris que les seuls ou presque en France à savoir doser une cuisson de poisson et/ou de crustacé sont Dutournier (bonjour mon Bionaute adoré, que j'ai aimé votre retour !) et ce modeste représentant de la cuisine asiatique ?!
Commentaire n°1 posté par AlainT le 14/01/2012 à 14h44

Laisse-moi me morfondre dans ma crasse médiocrité et mon ignorance absolue... Quand je serai grand et moins con, J'irai chez Dutournier...ou pas.

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 15h10
AlainT vous êtes un sage, et en plus beau et riche manquerait plus que vous soyez intelligent

Bonjour Docadn, comment allez vous?, bien j'espère.
Bon, une fois sacrifié à ces contingences bourgeoises auxquelles vous semblez si attaché:

Je me suis toujours méfiez des chinois mais bon! bien décongelé; no problèmo!
Commentaire n°2 posté par bionaute le 14/01/2012 à 16h42

Bonjour Bionaute,

Je vais bien merci, et vous ?

De la part d'une personne qui ne jure que par la grande gastronomie, je ne sais pas qui de nous deux s'étouffe dans des contingences bourgeoises !?

Quant à votre méfiance asiatique, elle ressemble plus à un hommage à Véronique Courjault qu'à celle de quelqu'un qui aime manger frais...

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 17h01
méfié, j'avais un z en trop!
Commentaire n°3 posté par bionaute le 14/01/2012 à 16h43

S'il n'y avait que le Z !!

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 17h02
plutôt que de la grande gastronomie je me contente de la bonne, encore un effort et je sens que vous y arriverez, vous aussi!
pour le z reconnaissez que je vous tends des perches (du nil)
Commentaire n°4 posté par bionaute le 14/01/2012 à 17h47

Quid de la bonne gastronomie !! Ce qui est cher est bon ? Si c'est votre seul critère de jugement, je vous laisse à vos certitudes qui dénaturent sûrement la propre "valeur" des mets proposés... Comme dans les vins, quels sont les critères qui définissent les grands versus les petits ?? Le goût, mais comme disait le film, "le goût des autres..." Vous sembler apprécier la perche du Nil et les mets décongelés... Je vais tenter de ne pas faire d'effort dans cette direction, objectivement, je pense avoir tout à y gagner...

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 17h55
vous auriez pas été troskiste dans une vie antérieure ou élevé chez lez jèses?
Commentaire n°5 posté par bionaute le 14/01/2012 à 18h08

Votre vénérable âge vous a permis de connaître sûrement des troTskistes vivants, personnellement je n'ai fait que les étudier. Je ne connaissais pas ce volet propre au trotskisme sur la définition de la bonne gastronomie (un mot qui devait certainement valoir, à l'époque, un peloton d'exécution de part son outrancière "valeur bourgeoise et capitaliste" !!). Par contre il faut m'éclairer pour "lez jèses" !? A moins que ce ne soit un "s" et un "uit" qui ont glissé de votre clavier...

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 18h23
la première fois que je suis allé mangé à Roanne, la femme de Jean Troisgros qui était assise à côté de nous au bar, s'est exclamée "Tu sais Jean, ton vin il ne me déplait pas" je crois que c'est ce que j'ai entendu de plus sage en la matière
Commentaire n°6 posté par bionaute le 14/01/2012 à 18h16

Que de sages paroles en effet !! Quelles soient le fruit de la réflexion d'une dame, c'est une évidence aussi... 

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 18h26
et christian millau racontait après la mort de jean troisgros dans un article que ce dernier lors d'une dégustation à l'aveugle avait reconnu 58 crus de Bourgogne sur 60 avec millésimes et vignerons. c'était un remarquable saucier
Commentaire n°7 posté par bionaute le 14/01/2012 à 18h42
Marrante votre anecdote Bionaute...sauf que Christian Millau la racontait déjà quand vous étiez beaucoup plus jeune, et que votre "ami" Dutournier faisait accourir tous les parigots au fin fond du 12ème, pour leur servir, entre autres, du cassoulet ! Christian Millau n'avait à priori pas entendu cette citation au bar lors de son premier repas à Roanne, et l'attribuait de plus à Marie, femme de Jean-Baptiste, en écrivant à peu près ceci : "vois-tu Jean-Baptiste, ton vin, il ne me déplait pas". Je vous accorde toutefois que d'aussi sages paroles peuvent se transmettre à la génération suivante...
Commentaire n°8 posté par AlainT le 14/01/2012 à 20h37

Voilà pourquoi je n'ai pas répondu sur ces items Bionaute, faut pas broder avec AlainT sur G&M !! C'est un expert reconnu auprès des tribunaux des anecdoctes sur le Gault & Millau... Vous pouvez y aller, il a des fiches Bristol sur tout, faut être précis, très précis...

Réponse de Docadn le 14/01/2012 à 22h05
Faut pas exagérer non plus, et pour le coup, je n'ai pas de bristol ! Non, je connais cette phrase depuis longtemps; c'est pour ça que, "placée" comme anecdote par notre ami Bionaute, qui plus est en situant la scène au bar, ça m'a fait sourire.
Précision pour Bionaute : avant que vous ne partiez dans tous les sens pour noyer le poisson (cuisson ?), je précise que je ne doute pas un instant que vous avez bel et bien mangé à Roanne...
Commentaire n°9 posté par AlainT le 14/01/2012 à 23h32
ça devait être sa phrase alainT, c'était en 1975 en février
Commentaire n°10 posté par b le 15/01/2012 à 10h04
et c'était la mère des 2 frères la femme de Jean Baptiste,qui tenait la caisse au bout du bar, et j'ai rarement entendu autant de rigolades que dans la cuisine à côté, et en repartant il avait fallu pousser la r5 dans le col à cause de la neige. à cette époque à la pyramide tous les millésimes de la romanée et des 1er gcc était à 250 francs
Commentaire n°11 posté par bionaute le 15/01/2012 à 12h08

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