Qu'il est loin le dernier florilège !! Retour (éphémère !?) d'une rubrique chère à Jull (et sûrement à d'autres, mais c'est le seul qui s'est roulé dans son urine avinée pour obtenir gain de cause). Donc, pour toi lecteur attentif, mais surtout pour toi, petit quintal de douceur et de raison, voilà enfin le tant attendu florilège XXIII.
N'ayant pas commis de synthèse sous ce vocable depuis le 15/04/10, vous comprendrez aisément que je fasse l'impasse sur moult quilles bues ces vingt trois derniers mois. Aussi, pour ne pas prendre un retard plus grand, voici une sélection des bouteilles sacrifiées depuis le début de cette année 2012.
Quelques clichés absents, bien évidemment, reste les notes... c'est parti !!
Terre Inconnue - Guilhem 07 - Vin de Table
Très joli nez "castel-papal" mêlant notes viandées, rafle, surgreffées d'un boisé démonstratif. Le bois finit par dominer le dessus du verre, c'est déjà too much !! Une attaque amère, une matière immédiatement ronde, confortable, très boisée, très épicée. Les déclinaisons buccales se font sur la cerise et d'autres fruits à noyau. L'alcool domine la fin de bouche. Le lendemain, le nez pinote agréablement, puis vire sudiste à l'aération. La matière est encore plus dense, toujours très épicée, au végétal marqué. J'avais résumé cette bouteille comme l'Inde de mon imaginaire : épicée avec beaucoup trop de monde !! **
Pommard - Vaumuriens 05 - J. Chartron
Nez d'abord "fermé", à la rafle intense dès l'aération. Après quelques minutes, cela reste malgré tout peu disert. On devine un fin boisé, des notes lactées qui laisseront place à la rafle le soir venu. Une attaque délicate, suave, finement astringente, légèrement épicée. Une acidité marquée, qui donne de la vivacité à l'ensemble. Le cortège décline un fruité trop court, un végétal assez désagréable. Finale sur des notes terreuses concluant un ensemble peu complexe, court, mais relativement gourmand... **/**(*)
L'Infidèle 07 - Mas Cal Demoura - Terrasses du Larzac
Nez intense de "boucherie après la fête du mouton", sudiste, profond, très aromatique (merci la syrah !!), auréolé de notes de fumée et de bois. Une mise en bouche douce, ronde, finement boisée, aérienne, qui se fait bousculer par un pulpeux ravageur. C'est droit, net, super gourmand, à l'élevage classieux. Un des mes languedociens favoris ***/***(*)
Conversation - Blanc de Blancs Grand Cru - J.L Vergnon
Un nez qui fleure le glucose et la poire cuite. Une bulle dense à l'oeil. Une première gorgée qui suinte un fin dosage, une amertume saillante. C'est court, crémeux, à la jolie expression de calcaire. Le dosage s'accentue, l'expression se fait neutre... Rapport qualité/prix très discutable. **
Chamane 10 - Roc des Anges - Vin de Pays des Pyrénées Orientales
Une cuvée 100% muscat qui "muscate" justement. Un beau "caillou mouillé après la pluie" couronne ce nez aromatiquement très expressif. Une attaque ronde, avec de la mâche, qui déroule mollement. C'est très trop tendre. Le soir, la matière s'est un peu tendue. De belles épices, des amers stricts. L'ensemble est toujours sec, l'acidité donne enfin le dynamisme attendu, mais cela reste dissocié et gâche largement le plaisir de l'instant. **
Les Rosiers - Jasnières 06 - Domaine de Bellivière
Très jolie robe or qui exhale un sucre évident, un botrytis quasi angevin, l'abricot, un champignon prégnant. Bref, un nez de demi-sec, quand ce dernier sera bien plus net et sec le soir. Une attaque lâche, fluette, diluée, aux fins sr. C'est mou, tendre et perlant. Le soir, l'ensemble prendra un peu d'épaisseur, mais restera tendre. Jolies notes de curry en finale. *(*)
Grand Cru Engelberg - Riesling 07 - domaine Pfister
Les hydrocarbures ouvrent le bal olfactif. Ils s'éclipsent pour laisser place au silex et à un nez tout simplement vertigineux. Mon appendice se prend pour Mike Brant. Il veut plonger et palper directement la "profondeur" du liquide exhalant richesse et notes orientales subtiles. Je passe près de 10 minutes à m'enivrer, sans me lasser, des magnifiques fragrances délivrées. Une attaque pétrolée, fraîche, distillant finesse, acidité millimétrée et puissance. Étonnant déroulé de bouche qui voit la matière se mouvoir lentement, puis accélérer subitement dès le milieu de bouche, creusant le sillon d'un racé longiligne exemplaire. Finale très fruitée faisant écho à la finesse sans faille, une tension excitante, ponctuées d'une salinité sous-jacente. Le lendemain, la rondeur est plus "typique" d'un 07 alsacien. En attendant, un très beau vin dans un millésime discutable. ***/***(*)
Hautes-Côtes de Nuits 08 (blanc) - Manuel Olivier
Joli nez exotique, finement sucré, fruité qui laissera vite la place au boisé. L'attaque est forestière, ample et grasse. Le "développé buccal" est plein, à l'acidité saillante, aux amers marqués. Le lendemain, l'acidité rythme les gorgées. Un vin complet, pas complexe, bien fait. ***
Rully 1er Cru - Les Cloux 05 - Jacqueson
Un "lacté-boisé" signe les premières effluves. Le pinot se fraye péniblement un passage, chalant sur son porte-bagage, une rafle fine et des notes métalliques. Un végétal confirmé en attaque, qui s'efface devant une certaine suavité de la matière opulente. Court plaisir haché par un caramel rédhibitoire. **
Côtes du Forez - La Volcanique 10 - Verdier/Logel
Tabac blond "Fleur du Pays", acier de chez "ArcelorMittal", fin végetal de chez "Gamm Vert", épices intenses de chez "Gérard Vives" s'affichent en 4 sur 3 au-dessus du verre. Une matière immédiatement gourmande s'offre à ma cavité buccale. De forts accents de beaujolais, version Chignard, habitent ce gamay à la granulosité plaisante, juste un poil trop court pour être complet. **(*)/***
Allez, 10 ça suffit !! On tentera de garder le rythme à la demande générale... ou pas !!
Commenter cet article
jull 07/03/2012
AlainT 07/03/2012
AlainT 07/03/2012
jull 08/03/2012
Aaliyah 09/03/2012