Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
EscapadeS

Oui Ski du Monde II

12 Octobre 2010, 17:29pm

Publié par Docadn

Quoi de plus normal après le succès planétaire de Oui Ski du Monde (12 retirages, traduit en 84 langues), de vous proposer une suite, sous l'appellation tellement plus originale de "Oui Ski du monde II".

On reprend les mêmes (dégustateurs) et on recommence avec des nouveautés, millésimées ou non, des découvertes. Dégustation de chaque cuvée avec et sans eau.

 

Karuzawa - 12 years Pure Malt (Mercian Corporation) : Un blend composé de 12 ans et  30 ans d'âge (mais la législation impose que le moins âgé soit référencé sur l'étiquette).

Imposante poire au nez, iode et tourbe pour conclure. L'attaque se fait sur la poire et le caillou mouillé. Ensemble ramassé sur la langue, qui se déplie en épices et caillou. Étonnante impression de constater que le breuvage "stationne" sur la langue mais pas sur la palais.

Le rajout d'eau provoque l'apparition de la cannelle et d'un boisé-vanillé appuyé. La minéralité est encore plus prégnante en bouche. Un très joli blend ***(*)

 

Dun Eidann Islay - Caol Ila - 19 years : un véritable nez de clinique mutualiste, mêlant dans le désordre, chloroforme, bonbon anglais, et un boisé marqué. Matière soyeuse, épicée, qui "berlingote" pour une finale terreuse.

L'ajout d'eau dévoile un ensemble sans aspérité, avec un certain gras et un fruité remarquable. Là encore, une certaine minéralité s'impose au final. Un excellent whisky élevé dans des fûts de Chateauneuf du Pape du domaine de La Nerthe ***(*)

 

Knockando 12 years (1995) :bienvenue chez Haribo®!! Confiserie, barbe à papa et fin bois se développent au-dessus du verre. D'emblée, c'est la fraîcheur qui s'impose, avant de laisser la place aux épices et à une poire jaillissante et envahissante. La finale laisse une impression de "sucrailleux" et des notes de cumin.

Les quelques millilitres d'eau livrent une version lactée du single. Un épatant caramel au lait au nez, moins convaincant en bouche. ***

 

ete-2010 0010-copie-1

 

Puis une dégustation comparative entre le Pure Malt White & la cuvée From The Barrel produits par Nikka.

 

La version White démarre par un nez de pharmacie, et pas grand chose d'autre. Comme s'il était cadenassé. L'attaque se révèle fruitée, épicée et finement boisée. Le caillou se cale sur la langue, la finale est fumée. La pointe aqueuse accentue cette impression de fumée, laissant une fine sensation lactée-pralinée. **(*)

 

La version From The Barrel est au premier coup de narine too much (51.4°). C'est fermentaire et lacté. L'attaque est un condensé de caramel mâtiné de cannelle. L'ensemble est brut et droit. La touche d'eau renforce la cannelle, en donnant du ressort au boisé, jusque là peu dominant. La vanille complète le tableau. Les gorgées successives rendent la chose très agréable, alors que mon premier contact (15 jours avant) fut détestable. ***/***(*)

 

Encore une jolie balade dans le monde des whiskeys. Le Karuzawa et Caol Ila m'ont emballé, tout en faisant souffrir les 2 cuvées de Nikka pourtant pas déméritantes.

 

Peu de personnes savent que le Japon élabore du whisky depuis plus d'un siècle. Le grand bond eut lieu dans les années 20, grâce à Masataka Taketsuru. C'est à lui que les distilleries japonaises doivent leur savoir et leur maîtrise. Et si Nikka existe aujourd'hui, c'est aussi largement sa faute.

Phénomène actuel dans les restos et autres bars tendances, le whisky japonais ne doit pas sa réputation à un marketing élaboré, mais tout simplement à sa haute exigence. Les Ecossais n'ont pas rendu les armes pour autant, mais peut-être qu'un "Taketsuru rouquin" devrait aller voir à son tour ce qui se passe au pays du soleil levant...

 

PS : Ceci n'est pas un publi-reportage pour la maison Nikka, juste une petite digression sur une distillerie qui m'a impressionné à la première rencontre, et dont je suis impatient de goûter la cuvée Yoichi.

PS II : Désolé pour les photos introuvables des autres quilles, seule ma quille s'est fait reshooter pour l'article...

Commenter cet article

J-C 13/10/2010 19:05


Quand le pharmaceutique devient clinique mutualiste et quand le nez de bonbon anglais devient Haribo, on se dit que le Doc déconne peut-être ?!
Mais non, les goûts de boisé nous ramènent sur terre.
Le Doc décollait juste !

Atterrissage en vue sur Les Sables mi-novembre ?