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EscapadeS

Le 1 à Nantes

18 Juillet 2012, 06:17am

Publié par Docadn

Nous nous sommes échappés une petite heure des "Vignes de Nantes", pour nous sustenter en face, sur l'île de Nantes.  Le 1 a ouvert il y a un peu plus de 4 ans, sous l'impulsion de l'actuel chef de L'Atlantide, Jean-Yves Gueho.

Depuis, Le 1 fait partie d'un groupement composé de La Cigale et L'Atlantide. Un trio récemment passé quatuor, depuis l'acquisition de l'autre resto-concept de la ville : Félix

 

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Déco d'archi très étudiée, plaisante dans l'ensemble, discutable dans le détail. C'est lumineux, à la vue sur La Loire agréable, au mobilier chic (cuir et bois clairs). Une cuisine ouverte superbe, à même de rendre tous les showrooms de cuisinistes élitistes dépressifs. 

Accueil souriant par un personnel majoritairement sapé par le bottier de Francis Lalanne (des tabliers en cuir d'aspect aussi souples qu'une peau d'éléphant). La salle est quasi déserte en ce samedi midi. 

Une carte fournie, une formule pique-nique non disponible en ce jour férié, un service continu entre 12h00 et 23h00, 7 jours sur 7 (service "café" de 09h00 à 12h00). Nous arrêtons rapidement notre choix sur les tapas en "finger food"

 

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Sélection de cochonaille ibérique (jambon Pata Negra, lomo, chorizo)... 11 €

 

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Naan cuit dans notre four indien : à l'ail et coriandre fraîche... 5 €

 

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Boeuf-carottes façon maki... 7 €

 

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Tempura de légumes de saison, condiment pomme-poivron... 6 €

 

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Croustilles de langoustines au basilic, sauce citrus... 8 € (au fond à droite)

Wraps de poulet mariné et légumes... 6 € (au fond à gauche)

 

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Antipasti de moules et calamars à l'aigre doux... 7 €

 

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Café Gourmand... 7 €

 

Tout est fait minute. Les grignotages frits et le naan sont hélas un poil gras, alors que les légumes et les langoustines sont superbement cuits. Pour les autres "fingers", mentions pour le Pata Negra, le boeuf-carottes à l'excellente viande marinée, ainsi que pour les wraps de poulet au "fourrage" superbement équilibré. Un petit regret donc, pour cette forme d'hétérogénéité des mets. 

Les portions sont convenables pour deux (assortiment de 6 tapas pour 32 €). Seul le côté impair de certains grignotages peut provoquer des "conflits d'appétit".

Service aimable de brasserie, ne poussant pas à la conso. Une vieille bourge pète-sec voisine de table d'un certain âge, au caractère bien affirmé, assassinera sans ménagement sa "très fade et sans goût"  "persillade d'anguilles de Loire pêchées par Mr Barraud", en réponse à l'éternelle question de fin de plat : "ça vous a plu ?".

 

Carte des vins relativement intéressante, inégale où Couly-Dutheil côtoie Charvin, Guiberteau, Clos Canarelli ou encore Trimbach...

Sur cette base, les formules (14,80 € le pique-nique ou 16,80 € la formule entrée-plat ou plat-dessert au déjeuner en semaine) sont toujours économiquement plus intéressantes que les suggestions du jour, variant ce jour-là, entre 22 et 27 €.

En conclusion, c'est plutôt pas si mal sur l'échantillonnage goûté. Sachant que les "affamés sans montre" peuvent s'y pointer sans se soucier de l'heure de service.  Ce qui doit faire le  succès certain de cette agréable et dynamique brasserie, largement plus salivante qu'une Taverne de Maître Kanter...

 

Restaurant Le 1 

1 rue Olympe de Gouges

 L'île de Nantes

44000 Nantes

Tél. 02 40 08 28 00

Ouvert 7/7 

www.leun.fr

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Vignes de Nantes...

15 Juillet 2012, 14:47pm

Publié par Docadn

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Double animation autour du Belem, en escale à Nantes.

 

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Triple même devrait-on dire, avec "Le Voyage à Nantes", énorme happening culturel et artistique, avec expos et démos permanentes ou éphémères, jusqu'au 15 août prochain.

 

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Et au milieu, nos vignerons de la Loire-Inférieure campés sur les bords du fleuve, pour cette toute première édition "Les vignerons des vignes de Nantes abordent le Belem".

 

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Une affiche au double sens involontaire. Il semble que le vendredi 13 n'ait pas porté chance à la manifestation en terme d'ensoleillement. En ce samedi de "Fêt'nat", seules 2 "petites" averses ont ponctué la journée. Bien à l'abri sous le barnum, 18 domaines viticoles, un fromager de référence, des maîtres queux et des MOF aux fourneaux, pour le plaisir des yeux et des papilles.

 

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Tout cela donne une légitime soif. Armés de nos verres, nous entamons "la vendange du rang des domaines".

 

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Domaine Luneau-Papin

 

Terre de Pierre 10 (Butte de la Roche) a tout juste 1 mois de mise. Très fruité, au perlant prégnant, gras, un ensemble "fluide", frais, au petit amer en rétro, facilement dominé par la finale épicée. **(*)

Excelsior 07 (Schistes de Goulaine), dernier millésime disponible, sent la banane (levure?!), après 36 mois de cuve et une mise en 2010. Là encore, un fin perlant, un gras plus prononcé, un petit amer quasi identique à Terre de Pierre. **(*)

 

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Bruno et Marie-Françoise Cormerais

 

Un domaine dont je croisais régulièrement le nom, au travers d'une littérature relativement dithyrambique. Prestige 09 me plonge directement en plein Anjou. Je renifle à nouveau : on croirait vraiment du chenin !! La matière est soyeuse, complète, vibrante, très dynamique (pour un 09), avec une tension (3,4 g d'acidité) délectable d'une cuvée ayant partiellement vu le bois. ***/***(*)

Bruno 04 "7 ans", sobriquet correspondant aux 7 années d'élevage. Une cuvée issue d'un terroir mixte de grès, de quartz et de granite. Là encore, le chenin angevin plane sur cette matière assagie, complète, au gras confortable, qui se tend en finale pour libérer un très joli poivre blanc. ***(*)

Découverte heureuse d'un domaine passionnant, d'un brillant vigneron "allumé" par le vin, ses mystères et l'expression des terroirs.

 

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Domaine Les Hautes Noëlles

 

Les Granges 10 nous ramène à des fragrances plus typiques. De la poire, un petit côté salin pour ce vin très sec, un peu court, aux agrumes et au caractère tranchants. **/**(*)

Les Coteaux 11 se différencient des Granges par la fermentation malolactique subie. Une matière plus ample, plus grasse, aux accents de berlingot. **(*)/***

Pour finir Hého 11, le rosé (grolleau) sympathique bonbec de fraise. **(*)

 

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Domaine Poiron Dabin

 

Le domaine aux 12 vins qui pousse certains élevages jusqu'à 50 mois !! Château Thébaud 07 est d'une profondeur évidente, très fruité, plein, équilibré, aux amers gourmands. ***(*)

Le Pinot Gris Séduction 09 est aérien, "safrane" agréablement avec des sr* que j'ai misé à 30g, qui s'avèrent être de 20 g supérieurs. ***

Je fais part à Jean-Michel Poiron de cette "curiosité" existant aussi chez les  Frères Couillaud. Je mentionne en passant le petit manseng de la  Collection Privée. Il m'avoue être allé s'inspirer chez ces derniers, puis avoir tout récemment planté à son tour du petit manseng. Verdict dans quelques années...

 

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Domaine de l'Ecu

 

Grosse séquence (improvisée) sur le bout de table consacré au domaine (chaque vigneron avait droit uniquement à 2 cuvées en dégustation). C'est Fred Niger Van Herck qui est aux manettes.  Démarrage par Orthogneiss 10, au pétrole détonnant, à la fine impression de soufre marqué. La matière déroule souplesse et amers soutenus .**/**(*)

J'enchaîne avec Taurus 10, issu de vignes quinquagénaires, cailloux au pied des ceps, micas (issus de la désagrégation du granite) et orthogneiss au bout des racines, 10 mois de cuve, 6 mois de fûts (from  Anne-claude Leflaive). Monstrueuse matière, à l'amplitude et à l'élégance fulgurantes. Un grand vin en gestation, au prix déjà taillé pour le potentiel (25 €). ***(*)

 

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Mais la discussion avançant, Fred me propose de goûter à ses vins perso (apportés pour le repas entre vignerons du soir). Je vois mon verre se remplir successivement d'un excellent Côte-du-Jura 06 de chez Macle, puis d'un Condrieu 09 de Bonserine... Une deuxième salve, dans l'après-midi, verra un riesling 06 Turckeim de chez Zind-Humbrecht, Folio 09 de Coume Del Mas, Prima Donna "La Livinière" 07 de L'Oustal Blanc, puis un St-Joseph 09 de chez Gonon pour conclure. "Le vin ça se partage !!" lancera Fred pour conclure. Merci pour cette générosité !!

 

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Domaine de la Toulaudière

 

Romain Petiteau nous livre à son tour les particularités des terroirs de Vallet. Ses Vieilles Vignes 09 sur gneiss sont perlantes, aux agrumes vifs, pour un ensemble relativement plaisant. **(*)

Goulaine 09 (sur schistes) est plus gras, au fruité moins incisif, peut-être plus rassurant pour les amateurs de compromis. **(*)/***

 

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 Domaine Bonnet-Huteau

 

Dabinières 11 "poire" intensément, puis épice longuement en duo avec des amers pointus en finale. **

L'Héritage 07, est aussi gras, plus dense, au fruité marqué. On retrouve la trame très épicée, vive, mais aussi l'amertume marquée. **

 

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Domaine Jo Landron

 

"L'Astérix du muscadet" maîtrise parfaitement la recette de la potion magique. Fief du Breuil 10 explose de fruit, tout en dévoilant la vertigineuse profondeur d'une matière magistralement élégante, classieuse. ***(*)

Haute Tradition 09 (vieilles vignes élevées en foudre) confirme la haute teneur en fruits des vins     de Jo Landron. La fraîcheur de ce 09 est salvatrice. ***/***(*)

 

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Domaine Landron-Chartier

 

Présent dans le muscadet mais aussi en Coteaux d'Ancenis, voilà les Landron-Chartier père & fils. Un domaine de 25 ha en conversion bio (pour 2013), avec un Gamay 10 finement carbo, plein, juteux, à l'acidité dynamique, très finement asséchant. Un bon glouglou. ***

Malvoisie 11, avec ses 20,6 g de sr* propose d'abord un nez sudiste, puis local. Un perlant étudié, une matière épicée, bien équilibré dans l'ensemble. ***

C'est sur cette note sucrée que je quitte Naoned et cette première édition "bien arrosée" des Vignes de Nantes.

Très bonne ambiance, public curieux, vignerons attachés à expliquer patiemment les caractéristiques des sols cultivés et leurs vins.

L'avantage d'une première édition encore anonyme, de taille humaine, où on peut tenir le crachoir aux vignerons sans se faire expulser sur le côté par d'autres amateurs impatients.

Côté solide, des produits ultra-frais impeccablement préparés, avec mention spéciale pour le fromager-crémier Pascal Beillevaire.

 

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 www.facebook.com/vignes.nantes

 

* sr = sucres résiduels

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Courrier des lecteurs N°3, ou comment Google ne sera jamais vraiment un ami...

7 Juillet 2012, 08:02am

Publié par Docadn

Bonjour ami lecteur,

Si c'est la première fois que tes yeux tombent sur ce site, ne sois pas inquiet. Tu n'es pas seul et tu ne souffres d'aucun mal incurable. Tu as fait une recherche rapide, peut-être improbable, avec des mots clés que ton empressement a jugé bons et pertinents.

Tu viens peut-être de rejoindre la collection des requêtes décalées que Google répertorie patiemment dans son filet géant. Le premier moteur de recherche au monde renvoie comme bon lui semble sur certains sites ou blogs, au prix d'algorithmes aussi obscurs que le budget escort-girl du Vatican, toutes les recherches soumises.

 

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source Google

 

Après un  galop d'essai, les requêtes toujours plus nombreuses ont provoqué un second opus du courrier des lecteurs. Me voici dans l'obligation de répondre une nouvelle fois aux dernières questions saugrenues, empêchant sûrement tous nos curieux de connaître enfin le sommeil du juste. 

 

Assortiment avec la couleur figue ?

Demandez les conseils croisés d'un primeur et d'un vendeur de chez Leroy-Merlin, pour vous retrouver avec un sublime assortiment de guêpes et d'enfants léchant votre joli mûr...

 

Bruine açorienne ?

Chez lecteur, vous avez tapé cette requête 12 fois de suite. C'est exactement le nombre de fois que cette bruine frappe quotidiennement chaque île de cet archipel (argument fallacieux et éhonté de ma part, pour faire croire qu'il fait tout le temps pourri là-bas, pensant faire reculer de manière décisive la montée du tourisme dans ce paradis !!).

 

Boulangerie de Châteauneuf-la-Forêt, chez Mr Sauce Cyrille ?

Si d'aventure, un expert local de la pâtisserie, limousin, sportif confirmé, est pris d'une soudaine envie de pérégrination cycliste l'emmenant à plus de 40 kms de chez lui, a un creux, que sa banane permette le logement d'un croissant, je vous ferai un compte rendu détaillé de cette palpitante aventure, avec ou sans Mr Sauce (sachant que Mr Patate et Léon le bourdon seront aussi de l'aventure).

 

Perfusion jus d'orange ?

En plein Tour de France, on peut imaginer toutes sortes de perfusions. Celle au jus d'orange ne semble pas interdite par le règlement...

 

Quille d'autoroute plastique verte ?

Le cône de Lübeck n'arbore pas cette couleur singulière, mais pourquoi pas ! La Fistinière est une chambre d'hôtes ayant une passion certaine pour ce dernier. Aucune garantie d'en trouver un vert, par contre...

 

Comment changer les sphères de Bx ?

Pour la première fois dans l'histoire de cette rubrique, je suis en mesure de répondre réellement à cette question !! Oui, je sais changer les sphères de Bx. j'ai déjà changé celles de ma TZD turbo en 1999. Mais n'ayant jamais évoqué le moindre mot sur ce blog concernant cette voiture, comment êtes-vous arrivé chez moi ?? 

 

Saumon souriant ?

Il y a bien la vache qui rit, le saumon est libre, allez-y !!

 

Dessert isérois ?

Tarte aux noix de Grenoble, le Ruifard de Valbonnais, les Bouffettes de Mens... Wikipédia est largement plus efficace que ce blog !!

 

Jus pour testicules ?

Si vous cuisinez ces derniers, le "Guide de la cuisine sino-québécoise" du célèbre boucher Luka Rocco Magnotta, vous aidera à trouver la sauce idéale pour accompagner votre plat.

 

Flyers teuf canard Picard ?

Vous auriez fait un malheur à Radio Londres pour annoncer que : "c'est la fête du canard chez Picard du 06 au 18 juin sur présentation de votre carte de fidélité, avec 10% de réduction supplémentaire si vous faites coin-coin à la caisse"...

 

Tee shirt sudiste ?

Le marcel, un maillot de blaireau supporter de l'OM, le must étant le tee shirt "jaune poussin" estampillé "un Ricard, sinon rien"... 

 

Chérie, qu'est ce qu'on mange ? Dos de cabillaud au pesto !!

Le mec a dû rechercher une pub tv pour savoir qui commercialisait cette daube préparation. Je le répète, pas de recette ici !! Il est vrai que je mange (trop) souvent du dos de cabillaud au resto, ce qui, dans les algorithmes de Google, doit faire de moi le spécialiste mondial de cette partie du poisson !!

 

Patte de grenouille cuite ?

Je vous conseille vivement de la cuire, c'est bien meilleur !!

 

Sophie Davant en chaleur ?

Sûrement le même gars qui avait déjà tapé "Sophie Davant jambes croisées" (voir le courrier N° 2) !! On n'est pas chez "Les animaux du monde" !!

 

Qu'est ce qu'on peut dire sur un carnet secret ?

L'idéal serait d'y écrire des secrets, par exemple !!

 

Homme en caleçon qui cuit des grillades ?

Il existe des shorts guère plus longs que les caleçons. Cette tenue n'est donc pas inadéquate, pouvant à moyen terme conduire à une variante de jus du boucher de Montréal !!

 

Pizza marocco del arte ?

J'ai trouvé le sobriquet de cette pizza drôlatique, imaginant sans peine l'esprit fainéant d'un cuistot, pétri du 13h00 de Jean-Pierre Pernaut et de galéjades "thierryrolandesques", concoctant une pizza composée de merguez (c'est très connu le marocain mange des merguez tous les jours), de semoule de couscous (ben oui, avec la merguez !!) et de harissa (qui, comme tout le monde le sait, est marocaine comme Marine Le Pen est martiniquaise !!). 

 

Carcasse de veau de lait sous la mère primée ?

Quand vous voyez, de bon matin, ce genre de requête apparaître dans vos statistiques, vous vous frottez les yeux une première fois. Vous relisez lentement. N'étant ni grossiste en viande, ni en quoi que ce soit, je reste curieux à l'idée de voir dans une vitrine réfrigérée des carcasses de veau piquées d'une mention signalant que la mère a eu un prix (vous allez me dire que ça existe pour les chiots, mais ils sont vivants eux !!).

 

Les ananas au-dessus des lumières de Covent Garden ?

C'est moche la drogue !!

 

Fédération royale marocaine de cyclisme à l'allemande ?

Comme la pizza, je n'aurais même pas pu l'inventer celle-là !! Si déjà quelqu'un veut bien m'éclairer sur le "cyclisme à l'allemande" ?!

 

Voilà pour ce 3ème numéro. Je ne vous cache pas que d'autres nombreuses requêtes attendent déjà le prochain courrier des lecteurs.

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Le Gavrinis à Baden...

3 Juillet 2012, 11:51am

Publié par Docadn

Il me semble avoir gardé une certaine nostalgie pour l'école et ses accessoires. Depuis presque 15 ans (98 pour être exact), je garde "précieusement" la très grosse majorité de mes notes de resto (90% environ). Après une décennie de résidence dans une boîte, elles ont migré sur un cahier approprié. Depuis, consciencieusement, une fois par an, comme un élève de CM2, je fixe chaque note dans ce dernier.

 

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Aussi, quand je veux me souvenir de la date exacte à laquelle j'ai mis les pieds dans tel ou tel établissement, il me suffit d'ouvrir "l'album souvenir" (à la chronologie maladive d'un collectionneur de timbres spécialisé dans les illustrations de toucan) pour retrouver le jour et l'année du forfait...

 

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Voilà donc 94 mois (soit 8 ans moins 2 mois) que je n'avais pas exhibé ma bedaine dans cet établissement. 2004 correspond à la 1ère année de reprise de l'hôtel-restaurant "Le Gavrinis" par Serge Lignières. Un fils de charcutiers arrivé "tard dans le biz". Une décennie chez Flo, un passage chez Hédiard pour clore l'épopée parisienne.

Je garde le (lointain) souvenir d'une cuisine élégante dans les assiettes, goûteuse au palais. Une salle aux tons doux, naturellement chaude (c'était un vrai mois d'août). 

Une "Box", à 24h00 de la DLC, est le prétexte "obligatoire" de cette virée locale. 

La déco semble être la même 8 ans après. Toujours des bois flottés en guise de lustres, des tonalités encore dans le coup, une température toujours élevée en salle (nous sommes au mois de juin, mais en octobre côté thermomètre !!).

Le forfait nous ouvre droit au "menu du terroir" (29 €) avec une séquence entrée-plat-fromage-dessert. 

 

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Crème de betterave, chantilly aux 4 épices

 

Une de mes ennemies, pour commencer (la betterave). Une mise en bouche astucieuse, jouant sur le duel sucré-épicé. Chantilly savamment corsée. Bien joué !!

 

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Tarte feuilletée de sardines tièdes, spaghettis de courgettes et sauce vierge

 

Présentation un peu "mémère", mais ravissement des pupilles côté couleurs. Encore des légumes détaillés au presse-ail, une sauce vierge parfaite, des filets de sardines iodés, divins de fraîcheur, à la cuisson impeccable. Le croquant gourmand des légumes pour finir. Seule ombre au tableau, le feuilleté trop gras. 

En face, La Miss se régalait d'une "roulade de tête de veau fermier, sauce gribiche, salade maraîchère", exécutée dans les règles de l'art, qui ne fut pas sans rappeler l'excellence de celle dévorée à la Brasserie Georges à Lyon. 

 

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Pavé de merlu de nos côtes poêlé, épinards frais, émulsion de vin du Jura

 

Quelques frémissements à la vue du pavé, dissipés dès la première bouchée : c'est juste cuit (3 secondes de plus et nous passions du "côté obscur"). Le brocolis est top, des pois gourmands à la fraîcheur et au croquant indiscutables, une émulsion sympathique, mais pas d'épinards en vue. Le tout, servi dans une assiette sortant d'un haut fourneau ayant échappé à la vigilance d'ArcelorMittal.

 

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Fine tarte aux fraises du Maneguen, macaron basilic et coulis de fraises

 

Présentation moins "old school" que les autres plats, pour des fruits et un coulis au juste acidulé, un macaron au basilic peu disert, un sablé sans défaut, quasi parfait.

 

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Mâcon-Villages - VV 10 - Nicolas Rousset

 

J'avais croisé ce nom lors de mes errances virtuelles, mais n'avais pas encore approché la moindre quille de ce vigneron. C'est Serge Lignières qui est au service (il a quitté les cuisines il y a 4 ans, laissant Nicolas Even aux manettes). Il a carafé le vin, l'a juste rafraîchi, s'inquiétant tout au long du repas de son évolution. Ce curieux des vins connaît bien sa carte (relativement pertinente, large, aux coefficients aléatoires), l'anime humblement, avec engagement (des vins allemands y figurent, comme un clin d'oeil appuyé à Baden-Baden !!).

Un vin profond, qui s'est effectivement ouvert tout au long du repas, offrant un fruit seyant, de la mâche, une palette complète auréolée d'une très fine pointe oxydative. Il s'est fort bien tenu face aux fromages, judicieusement affinés par  La Fromagerie de Kérouzine, avec notamment une Boulette d'Avesnes "comestible".

 

Une table qui tient son rang, attirant une clientèle (âgée) plus attachée au contenu de l'assiette qu'à sa vue (pas de terrasse avec panorama sur le Golfe du Morbihan), à la cuisine soignée, au service volontaire et souriant.

Deux toques au Gros Jaune, 1 Bib gourmand au Gros Rouge amplement mérités. Pour parodier le Fooding, je dirais que c'est "terroir - poissons et fruits de mer - un peu vin sur vin - feeling stable - à moins de 30 € sans boire" (ça ne veut rien dire, mais c'est ça le "Fooding code" pour dire que c'est bien !!).

 

Hôtel - Restaurant Le Gavrinis

1 rue de l'île Gavrinis

56870 Baden

02 97 57 00 82

fermé samedi midi, dimanche soir et lundi

gavrinis.com

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L'Astéroïde à Lorient... le retour

28 Juin 2012, 08:55am

Publié par Docadn

Voilà un peu plus de 18 mois que je n'avais pas remis le bout de mes chaussures (pas pointues) dans ce "bistrot-bar à vins" lorientais.

J'avais encensé cette cuisine "juste et simple" et sa "carte des vins en construction". L'enthousiasme de la nouveauté peut parfois vous faire écrire des conneries aussi grosses qu'un  tweet de Morano. Une amie (peu coutumière des restos) est le prétexte pour confirmer (ou pas) cet engouement pour un déjeuner déjà lointain...

Arrivés vers 12h45, nous nous pointons sans réservation. La salle est au 3/4 remplie d'une clientèle d'affaires. Peu de cabans et de chaussures à "bouts pas trop pointus". Accueil sobre, poli d'une serveuse aux mensurations d'une thaïlandaise adulte.

Une crème de thon (un peu liquide, mais bonne) accompagne rapidement nos 2 verres de chardonnay anonyme, jeune et boisé (dont l'identité * ne sera révélée que sur la note). Nous optons rapidement pour la formule Plat-dessert à 20,90 €, à cause d'un plat trop rare pour être boudé.

 

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Velouté d'asperges

 

En guise de mise en bouche, très chaud, crémeux, pas mal.

 

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Thon rouge, fenouil, crème aux épices

 

Le retour du thon rouge sur nos tables !! Des années de "culpabilité" enfin balayées !! Une cuisson nickel, un généreux morceau un poil salé, une crème superbement épicée et équilibrée, qui subira nos assauts gourmands jusqu'à la dernière goutte (on a coûté cher en pain sur ce coup-là !!). Excellent plat accompagné d'un fenouil croquant (qui a un peu déstabilisé notre "apprentie du resto"), d'asperges magistrales au goût bluffant de noisette. 

 

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Tarte aux fraises

 

Sur une pâte au goût de "comme à la maison", des fraises mûres, sucrées, à l'acidité inattendue (vu la météo du mois de juin, c'était inespéré !!). La glace n'est pas indispensable pour ce petit dessert juste. Mon amie, en suspension depuis le thon rouge, s'extasie aussi devant cette bonne tartelette.

 

Le souvenir de la cuisine "juste et simple" est totalement écrasé par cette séquence de"bistronomie aboutie" (oui je sais, le terme est galvaudé, mais là on est vraiment en plein dedans !!).

Dire que "c'est encore mieux qu'à ses débuts", est un doux euphémisme !! Est-ce que le cuisinier a enfin trouvé ses marques !? A-t-il été remplacé (on vient de me confirmer que non !) ? En attendant, L'Astéroïde s'assure sans conteste avec ce genre de salves, l'indiscutable palme de "bistrot de la ville" (très largement au-dessus du poussif et surestimé L'Alto) !! La clientèle d'affaires (majoritaire) est toujours au rendez-vous, sa relative vulgarité aussi. Seul regret, celui de n'avoir pu jeter un nouvel oeil sur ce qui était déjà une jolie carte des vins. 

 

EDIT janvier 2013 : le restaurant a changé "d'orientation culinaire". 

Il s'agit toujours d'un bar à vins, mais servant désormais des tapas !!

 

EDIT novembre 2013 : établissement fermé !!

 

L'Astéroïde

3 rue de Liège,

56100 Lorient

Tél. 02.97.84.38.11.

Fermé le dimanche (à priori !)

 

* "Les Galtières" 10 - Bourgogne-  Laleure-Piot (5 € le verre)

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Florilège de dégustations XXV

26 Juin 2012, 10:01am

Publié par Docadn

25 ème "festival de notes de dégustations gribouillées sur mon carnet". Le "debriefing" est parfois digne de la lecture de la Pierre de Rosette, au mieux d'une étude en phraséologie des citations de Johnny Hallyday

 

Chardonnay 07 - Coteaux Bourguignons Blancs (E. Bailly) : impossible de retrouver le cliché résumant le spécimen cité. J'avais noté un nez peu disert, "chablisien", fruité, aux accents de "tendresse" jaillissants. L'attaque vit cette "présomption de tendresse" confirmée. Du berlingot, de l'ananas mûr, un boisé expressif sur un chardo caractéristique. "Simple et court" ai-je noté. **

 

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Auxerrois 08 - Grevenmacher-Rosenberg - Grand 1er Cru - Domaines Vinsmoselle - Luxembourg

 

Réduction et carton mouillé flottent au-dessus du verre. Quelques fruits blancs, une pointe chardonnesque, d'improbables crustacés pour clore le générique olfactif. Une entrée en matière tendre, fruitée, massive, courte, légèrement perlante. La poire prégnante ferme la porte de ce vin au global sans aspérités, presque "Suisse dans l'âme" (je parle de la "neutralité politique" de la confédération, pas de son expression viticole !!). *(*)

 

Bourgogne Blanc - Chardonnay 02 - E. Bailly : décidément, mon appareil a refusé d'immortaliser les étiquettes de ce (sûrement) négociant dont j'ai du mal à établir la traçabilité jusqu'à ma cave. Un nez "timide comme un puceau devant une cabine d'essayage dame de Monoprix". Fin boisé, expression "chardo-beurré", pierre humide, fruits blancs, un peu de "methylate" pour finir. Attaque très boisée, amère, à la rétro de pain grillé, aux épices puissants. L'amertume revient faire un rappel. Bof. *(*)

 

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Anticonstitutionnellement - Vin de table avec 4 chaises - Les sabots d'Hélène

 

Une grosse compote de pommes, des effluves nettes de calcaire. Le chenin double tout le monde avec son cortège d'épices. Un très joli nez de poire finit par se stabiliser. Une mise en bouche fluette, relativement lâche, "nature", crayeuse, très fruitée, linéaire (sous-entendue sans relief), qui "poire" et "épice" sympathiquement et pourrait nous faire dire : "pas mal pour un blanc du sud !!". Mais les sabots ont besoin de prendre l'air. L'ensemble prend de l'ampleur, de la mâche. Le tout finit par dégager une matière très volumineuse, moins sphérique, aux amers sympas. A J+3, l'ensemble donne toujours dans la poire et la craie. Le Woody Allen de "tombe les filles et tais-toi" s'est mué en Georges Clooney qui joue au Scrabble et marque 369 points d'un coup. **(*)

 

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Folle Blanche - Gros Plant du Pays Nantais 09 - Pierre Luneau Papin

 

Déjà commenté lors du dernier florilège, cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot (le mystère de cette lubie sera percé, je l'espère, vers 2018 ou 2046 !!) étendu sur une matière grasse, s'arque en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui  s'affine au fil des gorgées. ***

 

Brut chardonnay - Frissons marins - Méthode traditionnelle - Vignerons d'Oléron : Nez de chardonnay, à l'acidité qui dressent les poils du pif. La bulle déroule un fin cordon tranquille. Une substance ronde, au caractère sucré (c'est la version "sec" qui est dégustée), tendre, à la jolie prégnance de poire cuite. Peu complexe, juste désoiffant. **

 

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Chorey-les-Beaune 05 - François Gay & fils

 

Nez "typique" de pinot, ainsi que des notes boisées, solaires, épicées, rafle et de menthol. Une attaque assoupie, finement asséchante, sur la cerise, aux amers saillants, mais au volume globalement plat. A J+1, la cerise domine les débats. Cela reste fluet, plat, inerte. *

 

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Coteaux du Tricastin 09 - Tissu de syrah - Domaine les Alyssas

 

Nez "rhodanien", épicé, mentholé, un poil végétal. Quelques rotations supplémentaires annoncent une syrah prometteuse. La matière est suave, finement épicée, pleine. A J+1, le nez est métallique, l'acidité expressive, à la finale sanguine et gourmande. ***

 

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Rully 1er Cru - Grésigny 08 - Domaine Jacqueson

 

Nez très "chardonnay champenois", sucre candy, craie, fruits blancs et bois. Attaque muette, éthérée, fermée. Matière grasse, aux amers vifs. Peu d'évolution et d'ouverture de l'ensemble au fil de la dégustation. **

 

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Vouvray 95 - Gilles Carème 

 

Verdict sans appel : bouchonné. NN

 

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Terre des Chardons - Discret 09 - Costières de Nîmes

 

Un nez de syrah évident (95% normalement !!), solaire, capiteux, à l'olive verte intense. La richesse du nez me donne des envies de prolongations. Un côté lacté, acidulé, encore cet ineffable métal. Une attaque "très syrah", fruitée, épicée, assez gourmande, gâchée par une olive verte amère rédhibitoire. Le soir venu, malgré le joli acidulé, l'olive verte flingue le plaisir. *(*)

 

 

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Clos des Boutes - Les Fagnes 09 - Costières-de-Nîmes

 

Des flaveurs très "Rhône" (grenache), violette (syrah !?), bonbec (levure ?!), carbo, de rafle et de bois. Une attaque fraîche, ramassée, astringente, alcooleuse, à l'amertume violente. Un vin trop chaleureux, peu digeste, au plaisir très limité. *

 

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Mâcon-Uchizy - "La Martine" 07 - Bret Brothers

 

Expression olfactive peu diserte. Quelques fruits jaunes, un peu de craie. L'aération provoque le réveil attendu. Alternant un côté (encore) très "chardo champenois", une facette "citrique", un étonnant pétrole. Une danse buccale délivrant un énorme fruit, du gras, une amplitude et un volume impressionnants. La synthèse se fait salivante (calcaire), saline, presque "chablisienne", aux beaux amers, à la rétro poivre blanc remarquable. ***(*)

 

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Hermitage 00 - Les vignerons réunis de La Cave de Tain

 

Boisé "bordelais outrancier", solarité et acidité prégnantes. Quelques effluves de métal et de sang pour finir. Attaque extrêmement boisée, sanguine, à l'acidité mordante. Finale astringente, au goût de bois brûlé très marqué. *

 

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Château Cadet-Piola - St Emilion Grand Cru 96

 

Nez discret, finement végétal. Attaque veloutée mais sans caractère. L'appréciation générale est rapidement dénuée d'intérêt. C'est relativement dilué, sans l'acidité et la complétude attendues à ce niveau. **

 

A SUIVRE...

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Le Clair de La Plume à Grignan

21 Juin 2012, 09:11am

Publié par Docadn

Grignan, un nom qui, au-delà du célèbre château, de sa Marquise, de son très couru "Festival de la correspondance" orne, désormais en compagnie de"les Adhémar", toutes les bouteilles de feu l'appellation "Tricastin" depuis le millésime 2010.

"C'est plus vendeur" nous a-t-on dit !! En attendant, cela a suffi à provoquer l'ire des producteurs des "vins de Pays Comté de Grignan", inquiets de voir leurs vins confondus avec ceux de "l'appellation maudite".

Revenons à Grignan, bourgade bien garnie en chambres d'hôtes et autres Hôtels Collection. Les tables ne manquent pas non plus. Le Clair de la Plume cumule ces deux fonctions, mais pas que... On y trouve aussi un salon de thé, une boutique, un "espace naturel"... Un établissement qui ne "ferme jamais", enchaînant déjeuner puis salon de thé, 365 jours par an.

Peu d'éléments sur "la toile" sur ce complexe (3 lieux de villégiatures répartis dans le village). Un propriétaire du nom de Jean-Luc Valadeau (qui répond régulièrement à sa clientèle, contente ou pas), un chef cuisinier du nom de Didier Brissi (ex-Le Nid d'Aigle à Gourdon et Grand Hôtel les Lecques), un établissement estampillé "gay-friendly". Google ne fut guère mon ami dans mes requêtes. J'ai même, pour tout dire, un peu ramé...

Arrivés trop tard (14h15 pour une fin de service à 14h00), je laisse mon amie à l'oeuvre pour négocier une table et un plat, avec un "sourire à qui on ne dit pas facilement non"...

 

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Une syrah (jeune) nous accompagnera de l'apéritif au dessert.

 

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Pintadeau et légumes du printemps

 

Le plat est arrivé dans le quart d'heure suivant. Une viande moelleuse, à la cuisson de "rôtisseur expert", des légumes en osmose avec les couleurs excitantes et évidentes de fraîcheur. Un jus de viande savamment assaisonné. Une assiette soignée, cinglante, épatante.

 

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Les desserts


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J'ai demandé (par mail) au Clair de la Plume les intitulés de ces derniers (que j'avais omis de noter) mais n'ai, à ce jour, pas reçu de réponse. Le "sablé-fraises-pistaches" était très bon selon sa tortionnaire. De mon côté, la sobre "poire au sirop" était en fait fourrée d'une subtile et aérienne crème. Le soin et la précision rencontrés, donnent un bel aperçu d'un certain "savoir-faire pâtissier" du lieu. 

Un service "international" (un de nos serveurs était totalement non-francophone) de bon niveau, une superbe cour ombragée, apte à provoquer des envies de prolongations avec le "salon de thé". Une très belle verrière "1900" était en cours de finition lors de mon passage début mai 2012.

Carte des vins heureuse, assez locale, aux coefficients plutôt "doux" sur certaines "grosses cartouches" (Côte-Rôtie de Jasmin à 59 € sur table !!).

La douloureuse "douce-heureuse" : en phase avec le "standing" du lieu et de sa cuisine. Deux formules "plat-dessert" à 28 €, une eau plate à 5,50 €, un St-Jo à 35 €, 2 cafés pour 9 € (là, ils poussent quand même !!). Je me vis donc délesté d'un billet de 100, qui me parut bien léger face au remarquable déjeuner et à la délicieuse langueur d'une amitié qui n'aura jamais de prix (et sans MasterCard, pour les enfants de la pub)...

 

Le Clair de la Plume

2 place du mail

26230 Grignan

tél : 04 75 91 81 30

www.clairplume.com

Ouvert tous les jours de l'année

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Dégustation dominicale...

18 Juin 2012, 15:45pm

Publié par Docadn

Un dimanche midi d'un printemps capricieux. Notre "petit cercle de collègues de goulot" se réunit une fois de plus, autour d'agapes, pour partager des espoirs de plaisirs liquides... Comme de coutume, toutes les bouteilles sont dégustées à l'aveugle... et mes notes gribouillées quelques heures après l'orgie du déjeuner...

 

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Egly-Ouriet - "Les Vignes de Vrigny" - 1er Cru (38 mois de cave, dégorgé en septembre 2011)

 

Magnifique robe vieil or, à la très fine et tranquille bulle. Une expression très vineuse, crayeuse, aux amers relevés, d'un champagne composé exclusivement de vieilles vignes de pinot meunier (sur un terroir argilo-calcaire). Finesse, élégance et bulle aérienne sont un régal de mise en bouche pour les papilles. ***(*)

 

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Bourgogne - Aligoté 10 - Plantation 1902 - De Moor

 

C'est "La Loire qui louche sur la Bourgogne" m'écriai-je. Une matière dense, fruitée, au remarquable équilibre entre tension et mâche. Un aligoté très gourmand, comme savent le faire les De Moor. ***

 

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Les Nourrissons - Vignes centenaires - Anjou 05 - I & S. Bernaudeau

 

une forme de "pureté olfactive" entrouvre le caractère rectiligne et un poil martial de la matière. Les gorgées dévoilent du gras, un "train de sénateur" qui en impose. Un vin profond, posé, à la maîtrise évidente, qui a dérouté "géographiquement" mes collègues. ***(*)

 

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Clos de la Cerisaie - Saumur 08 - Domaine Mélaric

 

Un nez de "Mélaric" !! Densité, mâche et finesse se bousculent dans le palais. On ne présente plus les espoirs, les "grands de demain du vignoble saumurois", aux blancs de grande classe. ***/***(*)

 

Place aux rouges. Je décide de sacrifier le mien pour démarrer. Preuve du peu de confiance que je lui accorde, même après 24h00 de carafage. 

 

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Mas de Daumas Gassac - Vin de Pays de l'Hérault 03

 

Un nez "bordelais très travaillé", aigrelet. Un collègue y décèle même une obédience bourguignonne. Une bouche acide, ténue, pas vibrante pour un sou. A la hauteur de l'attendu, hélas... *

 

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Pommard - Epenots 02 1er Cru - Vaudoisey-Creusefond

 

Un pinot dont la finesse désarmante nous envoie directement en Côte de Nuits. Tout faux !! Une finesse stupéfiante, un équilibre "magique", une buvabilité, une complétude de haut niveau. Je m'écrie alors : "pfff, c'est trop fin pour un Pommard !!". encore une belle occasion manquée de la fermer !! Ludo nous conte rapidement la particularité des vins issus de ce climat, de cette partie exploitée par Vaudoisey-Creusefond qui donne cette incroyable et vibrante finesse (et le bel accord sur "le veau aux légumes de printemps"). ***(*)/****

 

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La Terrasse d'Elise - Le Pradel - Vin de Pays de l'Hérault 09

 

Nos narines et cortex font le grand écart entre Bourgogne et Languedoc. Nous voilà face à un 100% cinsault gouleyant au possible. Une gorgée en appelle une nouvelle. Top gourmand !! ***/***(*)

 

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Mas Jullien 09 - IGP Pays d'Hérault

 

Ouvert depuis 24h00, il est un poil pataud. "Gras et riche comme un blanc sudiste !!"... *(*)

 

Pour finir, nous tremperons nos lèvres dans un Rousset-Peyraguet 01, ouvert depuis 24h00 aussi, molasson, aux antipodes des belles impressions laissées lors du Vini Circus 2011

 

Un dimanche météorologiquement agité, largement plus excitant dans les verres et l'assiette...

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Le Carillon à Liessies

15 Juin 2012, 06:24am

Publié par Docadn

Nous sommes au sud du Nord (59), dans l'Avesnois. Liessies abrite, comme de nombreux villages des environs, une église fortifiée, mais aussi un Parc (classé) de l'abbaye (disparue).

 

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Face à l'église, en plein virage, se dresse la bâtisse du Carillon. Avec ses murs en briques de four à pizza, Le Carillon semble être l'institution locale, la "table de sous-préfet" et des "notables" qui, le dimanche venu, sortent la veste croisée (on est, pour certains, pas loin de celle de  Ricardo Tubbs ou Sonny Crockett), plaquent leurs derniers cheveux blancs avec leurs paumes embaumant L' Eau Sauvage, avant d'entrer faire bombance.        

Un intérieur plus "rieur", qui fait presque oublier la "rigueur" de la brique externe. Cela se veut "tradi-chic-bourgeois-rural". Accueil neutre, une seule serveuse (la patronne semble-t-il), une trentaine de couverts à satisfaire, ça sent le service long comme un film de Lelouch...

On nous propose machinalement un apéro. Je demande "un vin blanc sec". "C'est possible" me rétorque-t-on, sans ajouter le moindre indice sur ce dernier. Le verre arrive, je demande son origine "blanc de Touraine !!". C'est félin comme un sauvignon indigne. Aucun grignotage n'accompagne ce dernier.

Notre choix s'arrête sur le menu déjeuner (35 €) composé d'une séquence entrée, plat, fromage et dessert.

 

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velouté d'asperges

 

C'est la saison, tous les restaurateurs en font à toutes les "sauces". Une mise en bouche veloutée, expressive, crémeuse, bonne dans l'ensemble.

 

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Tartare de petits légumes, gambas en chaud-froid et crème légère aux huîtres  


Un impressionnant travail de "détail" (j'ai vu "largement pire" depuis), pour cette entrée très marquée par la coriandre. Fraîcheur et végétal dynamisent les papilles. Très oriental dans l'esprit et le goût. Bien.

 

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Salade d'asperges à l'asperge et arôme de truffe 

 

Pour La Miss, asperges, la suite. Ces dernières sont très bien cuites, très parfumées. Encore une belle expression végétale, portée par une fraîcheur spectaculaire. L'huile de truffe est justement dosée. Un ensemble fort plaisant, un intitulé un peu "grolandais".

 

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Pavé de boeuf rôti et son cappuccino de pomme de terre à la mousse de Maroilles


Un morceau ferme sur les bords, onctueux en son centre. Un jus très salé, une pièce bien saisie, au cappuccino amusant, au Maroilles juste. Un plat académique, sans grande folie, bien exécuté.

 

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Morue épaisse, confit de poivron doux et pousse d'épinard à la fleur de thym

 

Le plat de La Miss. Un pavé "forcément" trop cuit pour moi. A contrario, les piquillos sont impeccables. Plat très bien assaisonné, au caractère méditerranéen perçant, juste.

 

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Pavé de bar rôti, son risotto aux asperges et jus de viande

 

Poisson, là encore trop cuit, face à un grand risotto. Comme précédemment, les asperges sont au top !!

 

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Île flottante


Un dessert vraiment remarquable !! De vrais blancs en neige, bien fermes, un vrai caramel, une bonne crème anglaise, bien vanillée, un dessert corpulent... On peut vraiment déclamer, sans hésiter, en dégustant cette dernière : vade METRO satanas !!


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Fantaisie chocolatée, méli-mélo de fruits secs et griottines

 

Un chocolat classique, un méli-mélo de caramel-fruits secs très bon.

 

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Croustillant au citron, framboises au jus et confiture d'agrumes

 

Fine dentelle très croustillante, fourrage typé "Lemon Curd" de très bon aloi, coulis de fruits rouges justement acidulé. La marmelade est bonne selon les spécialistes (que je ne suis pas !!).

 

Au global, une cuisine soignée, soucieuse des produits et de leurs traitements, versant majoritairement dans la "cuisine bourgeoise rurale". Elle attire son lot de notables, amateurs de classicisme et de tradition. Le Bib gourmand est largement mérité (on flirte même avec le macaron pour certains plats !!). Pour l'originalité, on repassera. La grosse lacune de cet établissement est le flagrant sous-effectif du service (et par ce biais le rythme en cuisine aussi, on imagine !!). Seule en salle, la patronne fait l'accueil, la réception, la serveuse au bar, la sommelière... Cela nous vaudra 03h00 pour un déjeuner... Beaucoup trop long !!

Le Carillon abrite aussi une cave à vins. Un rapide tour en son sein nous laissera aussi sur notre faim (oui je sais, c'est soif mais ça ne rime pas)...

 

Le Carillon

Restaurant - Bar - Cave à vins - Boutique Traiteur

Face à l'église

59740 Liessies

03 27 61 80 21

www.le-carillon.com

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Domaine de Crève coeur à Séguret

10 Juin 2012, 16:22pm

Publié par Docadn

Pablo Hocht est ingénieur de formation. Il a viré sa cuti il y a quelques années, pour repartir sur les bancs de l'école et se faire oenologue. Ce "cocktail" d'enseignante provençale et d'un artiste peintre allemand est parti apprendre, puis "distiller" son savoir-faire en Amérique du Sud, avant de revenir au pied du géant de Provence. Employé au Domaine St-Cosme, il s'occupe le soir venu de son petit domaine de Crève Coeur à Séguret.


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J'ai "connu" Pablo par les errements sur la toile. Il fut un des premiers à référencer mon blog, quand j'en fis de même pour le sien, contant la "naissance d'un domaine".

Après un rendez-vous raté l'an dernier, nous parvenons enfin à faire plus ample connaissance. Une belle fin de journée du mois de mai dernier, nous traversons un des  "plus beaux villages de France", pour nous rendre dans la "cave de poche" de Pablo.

 

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Le rosé du Coucou 11


60% de grenache, 40% de cinsault, un rosé qui diffuse une immédiate fraîcheur , pète de fruits, marque le pas avec une fine sucrosité. Les gorgées suivantes développent de belles épices, un équilibre et une gourmandise remarquables. ***/***(*)

 

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Côtes du Rhône 10

 

100 % grenache, vendange aux 2/ 3 égrappée, 1/3 non éraflée, 6 mois de barriques de 2-3 vins "épice" franchement aussi. Du fruit, un joli soyeux, un côté "entier", finement astringent qui demande, me semble-t-il, encore un peu de patience. **(*)/***

 

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Côte du Rhône Villages - Sablet 10

 

80% de grenache, 20% de mourvèdre, barriques (from Fondrèche), vendange non éraflée. Un jus étonnamment souple, encore un poil astringent, fort épicé, là encore au potentiel évident. ***

 

Une dégustation très animée, notamment par les commentaires pointus du Pr Inge, "oenologue belge autoproclamée", dont voici un large résumé de ses commentaires :

 

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 Le rosé du Coucou 11 : "putain, c'est délicieux ton truc là..."

Côtes du Rhône 10 : "ah !! Il est couillu ton vin Palbo !!"

Côte du Rhône Villages - Sablet 10 : "y'a pas à dire Pablo, j'aime tes vins couillus !!"

 

La déception vint quand on nous annonça qu'en dehors du rosé, plus un seul vin n'était disponible à la vente...

Sur les impressions bues, on ne prendra que peu de risques dans l'avenir, à "réserver" quelques bouteilles, avant que l'export n'engloutisse toute la production. Pablo est en passe d'acquérir les derniers hectares pour offrir, très prochainement, assez de vin aux amateurs curieux du marché intérieur et d'ailleurs...

 

Domaine de Crève Coeur

"Derrière le Château" 

84110 Séguret

pablo.hocht@gmail.com

divin-nectar.over-blog.fr

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