750 grammes
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EscapadeS

escapades IØ (Part I)

17 Avril 2012, 06:09am

Publié par Docadn

Une éprouvante semaine de labeur, à cotiser pour une infime partie des confortables retraites des députés et sénateurs, me donne une légitime et furieuse envie de week-end de détente. Les prévisions météo limitent le champ des possibilités d'un cahier des charges comportant une clause irrévocable de randonnée. C'est l'Île d'Oléron qui remporte l'appel d'offres.

 

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Un trajet, tranquille de 03h30, nous mène au Viaduc (gratuit) d'une île que je ne connais absolument pas.

Oléron est, dans mon esprit, une île où la moitié des réalisateurs du cinéma français a tourné les tourments d'une famille de bobo en villégiature au mois d'août (l'autre moitié des réalisateurs ayant préféré tourner sur l'Île de Ré). Il y est souvent question d'un père s'angoissant sur l'état de la mer, son bateau, sa calvitie et d'une maîtresse enceinte qui menace de débarquer. La mère flippe sur le vernissage essentiel de sa galerie à la rentrée tout en faisant de l'œil au meilleur copain du fils, fin prêt à brader son pucelage avant de repiquer sa première.  Quant aux enfants (toujours un frère et une sœur, super bien foutue la génétique chez les bobos), ils découvrent aussi leurs premiers émois sexuels mais avec des prolos, si possible ostréiculteurs ou saisonniers au Bar de la Plage (le fils découvre toujours son homosexualité pendant les vacances d'été)...

Le premier contact avec l'île est tout simplement démoralisant. Des routes (en très bon état) bordées de lotissements et de campings aux sobriquets excitants. Une architecture hétérogène allant du "mouais" à "ils ont pas osé ?!".

Quelques courses au Super U du Grand Village (doté d'une galerie marchande a classer dans la catégorie "ils ont pas osés ?!") avant de déposer nos affaires à St-Georges d'Oléron.


 

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Nous entamons notre périple par le port de La Cotinière (bof), puis le site de Chassiron (pas mal) sur lequel trône un hôtel-galerie commerciale modèle "Pointe du Raz 1987" (que même les bretons ont détruit depuis, tellement c'était indigne).

 

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"L'aventure" optique continue, les ports étant privilégiés dans nos choix de destinations. Nous découvrons à chaque fois, adossées à de sympathiques petits ports, de véritables horreurs architecturales dédiées à "Ste-glace pas bonne" ou "St-beignet trop gras". Une large place est faite à de nombreuses chapelles dédiées à "Notre-Dame-de-la-décongélation du-METRO-je-vous-émascule-le-porte-monnaie-avec-le-sourire". De jolies plages ponctuent cette galerie visuelle comparable à un "freaks de la maçonnerie".


Mes recherches de bons plans pour manger sur le quatuor "G&M, Gros Rouge, Trip Advisor, Mmmm" se sont avérées guère excitantes.

C'est à Domino que nous posons nos séants et nous sustenter le soir venu. Le Grain de Sable est posé en contrebas d'une sympathique plage du nord-ouest de l'île. Non déco subjective d'une salle aux tons clairs. Accueil sur la réserve, poli. Une séquence entrée-plat-dessert à 28 €, avec 3 propositions au choix. La séquence entrée-plat ou plat-dessert est à 23 €.

 

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Cassolette de langoustines, réduction d'échalotes au pineau

Une entrée qui se révèle fade, puis prend du volume au fur et à mesure des bouchées. Ce miracle d'évolution est dû a des grains entiers de poivre et de baies roses dissimulés dans cette entrée, globalement gentille, copieuse en langoustines, à la cuisson limite.

 

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Gigot d'agneau cuit en 07h00, mogettes à la fleur de sel

La plat arrive, provoquant un doute immédiat sur le temps de cuisson annoncé. "L'apprenti légiste en viande d'agneau" que je suis, ne donne pas plus de 03h00 de cuisson à la viande d'ovin proposée. Le doute se confirme en mâchant la bête. Pas le moelleux ni le confit espérés, sur ce plat normalement et naturellement divin. C'est relativement sec, les mogettes sont trop cuites. Seul le jus de mogettes est honorable. La Miss tente une café gourmand. Les bouchées volées sont nulles ou transparentes.

Au global, une cuisine qui manque singulièrement de peps et d'application. Service neutre, carte des vins à la peine, déco oubliée. Ça commence vraiment bien ce week-end à Oléron...

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Florilège de dégustations XXIV

11 Avril 2012, 05:21am

Publié par Docadn

Quand certains réclamaient un florilège par trimestre, Escapades vous livre un vingt-quatrième tome, à peine 5 semaines après le volet XXIII !! Les chaleurs estivales, du printemps à peine entamé, ont sollicité le gosier quasi asséché et le carnet de notes aux nombreuses pages immaculées...

 

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Chablis 1er Cru - Monts de Milieu 05 - Barat

 

Une forte réduction ouvre le ban, laissant place à un "grillé-fumé" tenace, assorti de notes de carton mouillé. Pour une fois, je ressens un soufre conséquent et un côté "serré au nez". La matière se montre fraîche, tendre et confirme son soufre outrageant. L'ensemble est sans vibration, linéaire et plat comme une candidate à un casting Élite. *

 

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Folle Blanche - Gros Plant du Pays Nantais 09 - Pierre Luneau Papin

 

Des notes marquées de fruits blancs, quelques effluves crayeuses. Un pétrole intense finit par dominer l'espace aérien du verre, louchant vers un riesling charmeur. L'attaque est vive, pleine, grasse, assez courte, presque furtive. Les gorgées suivantes se font plus longues, déclamant une pointe épicée, une amertume équilibrée. L'ensemble reste "vif comme un 08", avec un soupçon de complexité supplémentaire le lendemain. Une "Folle Blanche" très sérieuse, d'un (gros) domaine dont la production m'épate assez souvent, pour un prix dérisoire (4,50 €). ***/***(*)

 

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Amphibolite Nature - Muscadet 10 - Joseph Landron

 

C'est une poire très mûre qui se glisse dans mes parois nasales, emportant avec elle, une jolie pierre humide et des notes intenses de calcaire. L'attaque est perlante, très fruitée, assez courte, pour une finale sur d'étonnants fruits secs. Des notes miellées s'invitent à J+2, ainsi qu'une fine sucrosité malvenue, prompte à "détendre" l'ensemble. **(*)

 

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Pomponette - Rousé 10 - La Sorga

 

Dernier spécimen en ma possession ( Cf le CR de l'avant-dernière) du "Rousé" de La Sorga. Intenses petits fruits rouges, agrémentés d'une carbo évidente (ça s'explique pas, ça se sent, mais il faudra bien trouver une parallèle pour imager honnêtement cette "carbo touch"). Matière très perlante, au fin sr, très fruitée, se déclinant sur les agrumes. Les amers sont saillants, peu disposés à laisser le fruit jouer tout seul. **

 

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Comme à Cayenne - St-Chinian 07 - Michel & Pompilla Guiraud

 

Nez très métallique, sanguin, rehaussé d'un joli sous-bois et d'une ronce prononcée. A J+2, le nez évoquera une syrah, alors que seuls carignan et grenache sont présents dans cette cuvée (qui tire son nom du travail de "bagnard" qu'a nécessité le défrichage de cette parcelle). Une matière suave, vive, au caractère très "viandé", qui "syrahte". Un fin végétal, de belles épices, de la densité, du fruité, de la "race". Une complexité qui ne cessera de croître pendant les deux jours de dégustation. A 8,40 €, la "dépense" est très largement justifiée. ***/***(*)

 

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Bourgogne - La Combe 08 - Marc Colin & ses fils

 

Nez typé de "chardo-beurré-toasté" version timide, avec quelques notes de pierre humide. Une attaque bourguignonne (chardonnesque), très fruitée, large et ample, fraîche et suave, aux amers nobles, à la finale de curry. A J+1, le nez est toujours discret, la mâche indiscutable, les amers vibrants. De la droiture et de la tension, comme je les aime sur les 08 bourguignons. ***(*)

 

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Brut de Cuve 11 - Beaujolais Nouveau Rosé - I & B Perraud

 

Nez de carbo intense (il faut vraiment que je trouve un glossaire !!), acidulé, au fin végétal, couronné par des discrètes flaveurs de kéfir et de notes fermentaires. Une attaque souple, fruitée, juteuse, relativement courte. Un fin perlant anime de fraîcheur, de gourmandise sous-jacente, la matière très fruitée, à la fine sucrosité, évoquant la groseille en finale. **(*)

 

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Champagne Bt 1er Cru - Henri Chauvet - Cuvée Noire 07

 

Cordon nerveux, bulles nombreuses délivrant des effluves de poire et de craie. Le fin dosage et la craie s'imposent en bouche, pour décliner une matrice ample, toastée, à l'acidité relevée. De jolis amers concluent ce Blanc de Noirs, suffisamment consensuel pour conquérir un électorat de bayrouiste à table. **(*)

 

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Côtes-du-Rhône - Bout d'Zan 10 - Mas de Libian

 

Une réduction forte, accompagnée d'une odeur de plastique brûlé désagréable se manifestent au premier coup de narine. Quelques rotations du verre permettent de faire disparaître ces odeurs peu glamours, pour laisser place à une rafle intense, un caramel plaisant, des épices nombreuses, une touche de menthol, une syrah très expressive (20% seulement). Une entrée en la matière fraîche, immédiatement gourmande, aérienne, joliment équilibrée entre les fruits et les épices, à la mâche conséquente. A J+1, la syrah s'impose au nez, l'équilibre, la gourmandise et le volume sont toujours au rendez-vous. ***/***(*)

 

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Beaujolais Blanc 09 - Domaine de la Chanaise - Dominque Piron

 

Nez sudiste, évoquant le berlingot, l'anis, annonçant une "présomption de mollesse". Présomption vérifiée par une attaque molle, sudiste, pommadée, aux échos d'hydrocarbures étonnants et alcooleux en finale. *

 

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Châteauneuf-du-Pape 08 - Domaine charvin

 

Nez distillant fraîcheur, fraise écrasée, susurrant "gourmandise", "capiteux", "confiserie"... Un nez très envoûtant, mentholé, finement végétal, qui développera une pointe de graphite, un ample cassis, quelques pointes métalliques, ainsi qu'une rafle soutenue le lendemain. 
Une attaque étonnamment "lactée-fruitée-régressive" (ceux qui ont déjà mangé des "Campino fraise" comprendront), suave, épicée, caressante, très volumineuse, droite, équilibrée, sans creux. Un vin complet, très gourmand, bourré de nuances charmeuses sur 
la longue finale. J'ai très rarement bu un Charvin aussi jeune, délivrant autant de plaisir. 

 ***(*)

 

A suivre, l'opus XXV... mais c'est pas pour demain !!

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5 ans !!

8 Avril 2012, 09:48am

Publié par Docadn

C'était exactement le 09 avril 2007. Après un essai "décalé" sur ce qu'on appelait à l'époque un webzine (là je fais presque un outing, plus aucune trace ne subsiste sur la toile, fort heureusement !!), je me lance en ce dimanche de printemps dans le "grand bain du blog". Voilà 5 ans que je gribouille les écrans de ma verve de comptoir*...

 

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La toute première photo éditée sur Escapades

 

260 semaines que j'entretiens cet espace aux débuts "chaotiques". Il suffit de lire les premiers articles, à l'orthographe aussi raffinée que celle d'un rapport de Xavière Tibéri. Une naissance auréolée de chances de survie aussi limitée que celle d'une daurade dans une estive pyrénéenne !! 

 

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Un lecteur (au joli palmarès de cycliste-alcoolique, élu "acteur porno rennais de l'année 81" par la terminale G3 du lycée Alban Ceray), pris de pitié, a joué les profs intransigeants.  Il s'est mis en tête de corriger toutes mes "coquilles" (il a eu souvent droit au plateau de fruits de mer entier !). L'orgueil parfois,  l'attention surtout, ont fait le reste.

 

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J'ai retrouvé quelques "fondamentaux du CM2". Malgré cela, les copies parfaites restent rares (j'en fait encore des gratinées !!). Je tiens à te remercier très vivement Alain, pour ces revues salvatrices, sans lesquelles j'aurais sûrement lâché prise, de honte, en plus d'avoir les yeux qui piquent devant ces "hiéroglyphes modernes". Pour ne point occulter cette période de cancre, j'ai renoncé (pour le moment) à corriger toutes les fautes des 2 premières années (il y a du boulot !!). 

 

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(faja Dos Cubres São Jorge aux Açores)


L'espérance de vie d'un blog se situe entre 3 mois et 3 ans paraît-il ?! 5 ans d'existence pourrait s'expliquer soit par un narcissisme 2 ou 3.0 exacerbé,  soit par une "thérapie alternative" aux vertus aussi efficientes que la loi Carrez pour les bénéficiaires du RSA en Sierra Leone. Combien de blogs sont morts depuis, au champ d'honneur !?

Nous avons quelques regrets légitimes, côté liquide, de ne plus lire la plume de Lolo le chinonais, dont le disque dur (je parle de son PC, pas de sa boîte crânienne) semble avoir subi des radiations voisines, peu naturelles, irréversibles... On a craint un moment pour l'historique Chrisoscope, côté solide, dont le rythme 2010-2011 fut (pour de bonnes raisons personnelles) fortement ralenti (elle a été longue la période "tweets de la semaine" )...

 

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Revevin 07 à St-Jean de Monts 

 

En 2007, Escapades comptait les meilleurs mois 5 à 600 lecteurs mensuels, soit 1 250 000 fois moins que Megaupload avant sa fermeture. Vraiment pas de quoi faire trembler l'industrie et la presse du net !! En 2012, Escapades draine entre 2500 et 3000 "vu" par mois (c'est Louise qui m'a fait découvrir cette abréviation désignant les "visiteurs uniques"). Comme je l'ai souvent indiqué dans mes commentaires, à l'attention notamment des grands experts du vin et autres serveuses susceptibles, mon pouvoir de prescription est aussi impressionnant que les intentions de vote pour Jacques Cheminade. Donc pas la peine de vous énerver, je ne coulerai jamais un resto et le METRO qui va souvent avec, un vignoble et son vigneron, un sentier pédestre et son office de tourisme...

 

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(petit déjeuner d'anthologie - Hôtel Régis & Jacque Marcon - Avril 2007 - Une photo, faite avec un vieux compact poussif, piquée depuis par Google, assez souvent pompée sur le net)

 

1827 jours de mise en ligne, 330 articles (1,3 par semaine, pas de quoi spammer mes 12 ou 13 abonnés), dont près de la moitié consacrés à la dive bouteille (pour ceux qui ont l'impression que j'écris majoritairement sur les plaisirs solides, ces derniers n'occupent qu'un tiers du bilan), 1200 commentaires, dont pas loin de 10% au crédit du seul Bionaute, classé dans le top ten des lecteurs-rédacteurs-pinailleurs-chieurs assidus !!

 

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Jull "période anorexique". Soigné depuis de cette terrible maladie, il goûte enfin aux plaisirs de la vie en surfant autour d'un quintal gagné à la force de sa fourchette...

 

Ah si, notons les requêtes qui ont classé comme "grands classiques" le dîner chez Marcon (terrible mise à l'épreuve du système lacrymal à la vision des clichés flous minables, sans parler du texte aux fôtes nombreuses, à la ponctuation expérimentale), Le caveau municipal de Chassagne-Montrachet, Le Bistrot de l'EcaillerLe Verre Volé, etc... Sachant pertinemment que je dois ces visites à un positionnement "fascinant" de la part de Google (alors que je ne fais absolument rien en terme de tags et autres techniques de référencement !!).


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Blessure par jet involontaire de pedra - Ascension du Pico - Açores - Août 2007

 

43848 heures de présence !! C'est bien beau ce nombrilisme nostalgique et virtuellement exacerbé, mais demain, on fait quoi ??

"La même chose mais en mieux", aurais-je envie de vous dire !! Plus de balades (thématique un peu délaissée ces temps derniers), plus de bons vins (avec ou sans "grade"), plus de (beaux) repas !! De plus belles photos, des vidéos plus inspirées, des textes ne souffrant pas la moindre faille stylistique et orthographique, où les expressions "pubis flamboyant" et "vieux chibre mou" pourraient cohabiter sans heurter le public fidèle, connaisseur, forcément intransigeant...

Je disais donc, "faire meilleur" mais toujours avec une liberté de traitement assumée, que le consensus myopathique du net (dans le vin comme en gastronomie), me pousse viscéralement à cultiver, avec honnêteté et passion, à défaut de mesure.

 

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(grosse) Randonnée VTT - Août 2007


Je retiendrais surtout, au bilan de ces 2 630 880 minutes, les rencontres que ce carnet et d'autres supports m'ont permis de concrétiser. Que  ce soit les Blogvineurs  Pipette Man et  Olif, ou encore le cercle des vikings, mes  "collègues de goulot locaux" que sont Ludo & Nico, mes autres "collègues de goulot moins locaux" que sont Jull & Alain, les vignerons comme F. Boulard, Les PerraudEddy et Mylène Oosterlinck-Bracke, Luca Roagna, les geek-gourmands Chrisos, OanèseMix, Arthur & Co...

 

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Les coulisses d'Escapades


On se croirait aux César®, où il faut "s'excuser de demander pardon d'avoir oublié du monde à remercier"... Donc, désolé de vous avoir omis, mais je vous aime beaucoup aussi depuis 5 ans ou moins (notamment mon plus "fidèle lecteur californien basé à Mountain View" !!).

 

 

 

* j'avais signalé, dès le premier article, que ce serait peut-être le dernier... 

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La Ferrandaise

2 Avril 2012, 11:58am

Publié par Docadn

Une adresse piquée sur le blog du Docteur-mangeur, dont les expérimentations culinaires Rive gauche sont moins ésotériques que les miennes. J'avais noté ce "great for group", au cas où mes pas me guideraient à proximité de ladite adresse, avec ou sans 19 copains loués pour l'occasion.


Nous sommes rue de Vaugirard, côté "Boul'Mich". Une petite façade verte "décorée façon pub", sticker "Gros Rouge, force tranquille sur la porte" (entendu dans la salle pendant le dîner : "quand je vois le sigle du Michelin, je rentre les yeux fermés !!"). Intérieur poutres et pierres, tables aux dimensions de celle du camping-car de Barbie (je n'arrive toujours pas à m'y faire, même si certaines tables à New-York font encore plus fort en terme de dimensions !!). Accueil très souriant, charmant, le tout sans réservation. J'avais presque oublié le plaisir que procure un beau et franc sourire...


La carte arrive rapidement. Les ardoises ne sont pas idéalement placées pour consulter naturellement les propositions du jour. Une formule unique, le soir, à 34 € pour la séquence Entrée-plat-dessert. 30 € pour le duo entrée-plat ou plat-dessert. On semble aussi aimer les suppléments. Je découvre que la modique somme de 10 € est demandée, en sus, pour une côte de veau (que l'on dit généreuse).

Le site indique que les plats sont renouvelés tous les deux mois. Je parcours les suggestions de mars-avril en sirotant, bruyamment et lentement, un verre de Saumur 07 de chez Thierry Chancelle. 

 

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Velouté de chou-fleur, champignons et patates douces

 

Une mise en bouche douce, crémeuse, dominée par les champignons, tapissant agréablement le palais.

 

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Terrine de pied de veau et pintade, crème d'ail aux zestes de citron, julienne d'endives et pommes vertes

 

Une généreuse tranche offrant un moelleux épatant, sans la moindre bouchée asséchante. On pourra juste reprocher la dose palpable de gélatine (et deux petits os). La crème d'ail est très justement relevée, le citron parfaitement dosé, les allumettes en retrait. Une excellente entrée à l'expression consensuelle de bon aloi.

 

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Pavé de cabillaud cuit à l’unilatéral, boulgour et embeurrée de chou au vin blanc, vinaigrette aux péquillos 

 

Un pavé à peine saisi (suffisamment pour moi, sûrement limite pour les fans du poisson "trop cuit"), presque nature, dressé sur une généreuse garniture à l'expression plus transparente. L'ensemble est bon, direct, là encore très copieux.

Repu, je zappe le dessert.


En conclusion, un dîner sans fioritures, sans second degré. Une cuisine basique, sans complexe, franche comme je l'aime. Une carte des vins très pertinente, comptant dans ses rangs le Domaine de la Cadette, qui ne peut être le fruit du hasard...

Merci pour cet efficace tuyau Mix !!

 

La Ferrandaise

8 rue du Vaugirard

75006 Paris

M° : Luxembourg (oui, je sais c'est le RER !!) ou Odéon

Tél : 01 43 26 36 36

fermé samedi midi, dimanche, lundi midi

www.laferrandaise.com

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VdV#44 : Régalades et rigolades en Val de Loire...

30 Mars 2012, 06:55am

Publié par Docadn

C'est  Anne Graindorge qui assure la présidence de cette 44ème édition des Vendredis du Vins. Escapades a fait appel à Aurélien Litron pour tenter de traiter la chose. Ce dernier a vraiment besoin de quelques vacances...

 

NB : Un  jetlag local avait édité la vidéo avec 24h00 d'avance... quand je vous dis qu'il a besoin de vacances !!

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Vins en cours...

23 Mars 2012, 06:35am

Publié par Docadn

En voilà une idéee qu'elle est bonne !! Ceux qui pensent (comme moi) que Paris ne regorge que de soirées événementielles étudiées au cordeau par des hordes de RP hystériques, devraient se refaire un référentiel avec ce genre de "happening", moins onéreux mais pas moins couru...

 

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Ce n'est pas la première édition du genre organisée par "Autour d'un Verre" (qui m'est décidément bien plus sympathique que le "Verre Volé"), la foule présente en témoigne... Quelques notes gribouillées pendant la navigation à vue...


Je pénètre (difficilement) dans la salle (bondée) et me retrouve directement face à la table, étonnamment déserte, de De Moor (si tous les amateurs présents savaient qui ils sont et le niveau de leurs vins !!).

 

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Un "A ligoter 11" immédiatement gourmand, sur la pomme prononcée, à l'ample déroulé fruité, à la finale très épicée. ***/***(*)

Le "Chitry 10" au nez fumé, offre un gras, un fruité, un volume axés sur un berlingot plaisant. ***


 

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Cette délicieuse mise en gueule me permet de glisser sur la droite, pour découvrir "Autour de l'Anne". Décidément, à Chargé on aime l'équidé trop souvent moqué. "Mr Paillet" nous avait déjà gratifié de La Mule, voilà qu'Anne enroule son initiale autour de la queue de cheval du bourricot. Anne Paillet s'est enfin lancée dans le vin. Du négoce qu'elle a bâti avec les raisins de son ami  Christophe Beau

Cinsault 11 pète de fruits, la matière est souple, joueuse sous la langue, gourmande. ***

Grenache 11 propose un fin sucre, un jus plein, moins joueur. **

Syrah 11 présente un nez peu disert, un ensemble plein, sautillant, très gourmand. ***


 

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J'arrache au dernier amateur vorace (mais sympa) quelques gorgées de "La Mule 10" de Grégory Leclerc, resté garder la maison à Chargé. Une Mule vive, acidulée, au volume impressionnant. Y'a du monde sur et sous la bête. ***/***(*)


 

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Direction la Bourgogne, avec les vins de Julien Altaber, à la tête de Sextant. Rencontré lors du dernier  Vini Circus, où il animait le stand de Derain, il est ici avec ses propres vins. Mise en situation avec le "Bourgogne Aligoté 11", très anisé, rond, gras un peu tendre **. Le "Bourgogne 10 blanc" présente aussi cette trame anisée agréable, à la tension attendue ***. Son "Bourgogne 10 rouge" (vignes sur Puligny et St-Aubin) est vif, très frais, au fruité éclatant ***. La version 09 a le petit sucre saillant, mais la plénitude de bon aloi. Étonnante similitude avec les rouges de Derain sur ces 2 dernières quilles...


 

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Après une longue lutte contre tous les autres assoiffés de l'assemblée, je parviens à atteindre la table de Jean-François Nicq et Yoyo (alias Laurence Krief). "Restaké 11" respire un côté très nature, un peu fermentaire. Une ample et fraîche matière, matinée de parfums sudistes, ponctuent ce grenache gris **. "Akoibon 11", un mourvèdre souple, gourmand, épicé **(*). "Tranche 11", un grenache granuleux, plein, aux amers marqués **."La Negra 11" est un carignan qui fleure bon la carbo, au profil très gourmand qui donne envie d'en boire des fontaines ***. Pour finir "Km 31", grenache-carignan à l'acidulé et à la matière sautillantes, très joliment équilibré. ***/***(*)


 

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"Le raisin et l'ange", le domaine de Gilles Azzoni. "Nedjma 10" (en fait, un assemblage 10+11) présente un fruité sudiste, un petit perlant, une matière qui évoque les pommes au four. Des amers aériens, une trame très serrée qui "muscate" puissamment (il y a aussi du viognier, de la roussanne et de la marsanne)**. "Fable 11" (syrah/cab'sauv/grenache) donne dans la fraîcheur et l'aérien, avec là encore une impression "serrée"**. "Hommage à Robert 11" (merlot/grenache) exhale une carbo évidente, se fait plus large que Fable en terme de gourmandise ***

 

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Je termine ce tour de vignobles par Potron Minet. "Macache 11" (maccabeu/grenache) fait dans la poire mûre jusqu'à la finale. Cela reste frais, juste un peu trop tendre pour moi **. "Pari Trouillas 11" (carignan/grenache/syrah) explose de gourmandise, délivrant une fraîcheur jouissive (quand le 10 de l'an dernier était coincé du calbut) ***/***(*)

 

 

Arrivé à 18h00 pétantes, j'en suis ressorti 01h40 plus tard la mine et le palais réjouis. Les Kevin et consorts ont maîtrisé cette sauterie liquide avec brio !! Offrant, par plateaux entiers, de salvatrices tartines garnies, rechargeant les tablées des vignerons de grignotages divers, avec un éternel et franc sourire (malgré les nombreux et peu discrets pique-assiette de rigueur)...

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L'Alto à Lorient

17 Mars 2012, 08:44am

Publié par Docadn

Escapades poursuit sa quête des "déjeuners à moins de 20 euros" dans la capitale du merlu, des églises en béton et de la halle aux poissons la plus excitante du coin (la plus moche aussi en passant)...

Voilà longtemps que j'hésite à franchir la porte de ce restaurant aux arguments un peu attrapes pigeons dans mon esprit légèrement parano. Repris fin 2008 par les deux fils de Jean-Paul et de la regrettée Véronique Abadie, Quentin et Paul ont eu à coeur de relancer cette annexe du Grand Théâtre de la Ville. 

 

http://2.bp.blogspot.com/_k7ezA66BRss/TNQlhbRmooI/AAAAAAAAAAQ/HGkpuNT2mCw/s1600/Grand-theatre-lorient.jpg

(source  commerceslorient.blogspot.fr)

 

Paul le cuisinier a endossé le rôle du serveur. Quentin, l'étudiant en droit, est parti dissimuler sa timidité en cuisine. Papa est "derrière", maman était aussi de la partie au démarrage et après. Une grosse pression d'emblée, quand les parents cautionnent le pari des enfants...

J'ai, comme beaucoup de personnes, un à priori de rigueur pour les "enfants de". Un sentiment de "facilité" s'inscrit dans le jugement à venir. L'accès à une incontournable médiatisation pour "décoller" est presque mâchée, quasi gratuite, ne nécessitant presque pas d'efforts. Les bataillons de restaurateurs "enfants de personne" devront se plier à une laborieuse (et souvent onéreuse) campagne de com' à la portée incertaine, doublé d'un potentiel talent que l'on ne demande même pas aux "fils et filles de" tellement c'est évident...

Les deux revers de la médaille des progénitures de "stars" sont qu'ils se font souvent descendre en flammes par les ennemis des parents, ou bénéficient d'un consensus mou consistant à ne pas dire du mal car "les parents sont nos amis"... Après, reste des exceptions comme les Bras, Marcon, Pic, Troisgros, titulaires d'un héritage pour les deux premiers, détenteurs d'une histoire pour les deux derniers...

L'obtention du Bib Gourmand en 2011 a donné la légitimité attendue à ce restaurant axé sur la très prisée "cuisine du marché". Les tarifs du déjeuner se sont alignés avec la concurrence. Fort de ce rodage et de cette reconnaissance, je m'attable enfin à la table de L'Alto.

Accueil neutre du serveur, qui saisit 2 cartes et nous place avec la même délicatesse que dans un Buffalo Grill un samedi soir. Vingt-huit secondes plus tard, un autre serveur (moins neutre) dépose les mises en bouche, puis s'évapore sans nous "faire l'article" de ces dernières.

 

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Pour le coup, pas d'intitulés. Je devine une crème de champignons, des rillettes de poisson (maquereau ?!), un sablé salé... J'arrose ces bouchées froides et lampées chaudes à coups de chardonnay de Savoie de chez Dupasquier, mou et pommadé comme un blanc du sud...

 

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Nous optons pour la formule du midi et la séquence entrée, plat, dessert...

 

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Taboulé orientale (j'imagine que le E sous-entend "à l'orientale")

 

Il nous aura fallu patienter pas loin d'une minute après la prise de commande, pour voir débarquer la portion de taboulé oriental(e). Encore sous l'effet anesthésiant du froid ventilé du frigo, la semoule et les légumes peinent à s'exprimer. La température de la salle (chaude) n'aidera en rien cette entrée. C'est fade, trop riche en fruits secs, même pas parfumé comme tout bon taboulé qui se respecte, à l'assaisonnement inexistant (et c'est un "homéopathe de l'assaisonnement" qui l'écrit !!).

 

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Filet de julienne - sauce crustacés

 

Des légumes dont je n'ai pas su deviner l'ADN (aucune "présentation" des plats n'est faite pas les serveurs d'un restaurant catalogué comme "chic" par les guides et référents gastronomiques). Le (petit) filet de julienne est au 3/4 trop cuit. Le dernier (petit) quart dévoile le nacré, la texture et le goût attendus. La sauce est d'une neutralité à faire passer la Suisse pour une Tchétchénie révoltée...

 

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Paris-Brest

 

C'est la seule fulgurance notable de ce déjeuner. Une pâte à chou qui respire la fraîcheur, une crème aérienne, équilibrée, rien à redire...

Parlons du service. Entre les rares sourires mécaniques et calculés (dont le plus large survient au moment de l'addition) et les mines dominantes de Droopy, pas de quoi se mettre en appétit. Faut-il justifier d'un statut particulier (du style "client de la Grande Maison", ou encore "costume-cravate-tickets restaurant", "notables", "élus de la ville") pour bénéficier d'une juste et légitime attention ? Offrir de francs sourires à tous ne coûte pas plus cher !!

Comme pour "L'assiette à Quimper", la mention au gros Rouge est instinctivement très discutable. Celle du Bib Gourmand encore plus désarmante. Ce déjeuner est, de part son niveau, aux antipodes des "critères standards croisés" justifiant la délivrance de cette mention porteuse !! 

 Sur cette base là, des établissements comme L'Astéroïde (tenu par l'ex-sommelier de l'Amphitryon), ou encore L'Alliance (dont je viens d'apprendre la triste mise en vente) méritent amplement une mention dans le Gros Rouge (moi qui m'étais juré de ne pas hurler avec la meute sur les incohérences du Gros Rouge, raté !!).

En conclusion, la salle à l'ambiance lounge (qui sert d'annexe au Bon Coin avec un chouette Vespa couleur motte de beurre à vendre à 700 €), le service froid, la cuisine sans relief perçus ce jour-là, confirment la méfiance naturelle que j'avais avant d'y aller, enfoncant un  peu plus le cliché des "enfants de", aux compétences héréditaires peu évidentes en salle comme en cuisine...

PS : La carte des vins n'est pas si mal !!

 

L'Alto

Place de L'Hôtel de Ville

56100 Lorient

www.lalto.fr

fermé dimanche et lundi

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Merci Madame Abadie...

10 Mars 2012, 06:24am

Publié par Docadn

Je ne suis pas coutumier des hommages funéraires, mais en ce samedi matin un collègue de goulot m'a appris le décès de Madame Abadie. Ça m'a bizarrement un peu touché, sincèrement. Je la savais malade, mais sans plus. Véronique Abadie était la femme de Jean-Paul Abadie, seul restaurateur deux étoiles du Morbihan, à Lorient.

J'avais déjeuné, il y a près de 2 ans, dans cette belle maison. C'était mon anniversaire, ce fut un des plus beaux repas de ma petite vie d'apprenti-gastronome. Madame Abadie était là. J'avais lu et entendu des critiques peu positives sur son travail de salle. Comme on dit dans ces cas-là, "on est un con", le mieux est de le vérifier par soi-même.

La preuve fut apportée qu'il n'en était rien, bien au contraire. J'ai vu une grande professionnelle à l'oeuvre. La seule à ce jour à m'avoir gratifié d'un petit tabouret pour mon appareil photo, condamné depuis toujours à traîner au sol.

C'est peut-être futile comme attention pour beaucoup, mais pas pour moi. Voilà le premier geste d'une fine observatrice, qui annonçait un spectacle gastronomique de haut vol. Nous avions échangé sur les vins aussi. J'y avais perçu un amour indiscutable, de la curiosité non feinte. Nous avions parlé des 2 Jobard. Je lui ai parlé de Rémi, quand elle m'a parlé de François. Le déjeuner fut magistral. Le service impérial.

 

Pour ce trop bref instant, encore merci Madame Abadie.

 

Le souvenir du déjeuner est lisible ICI.

 

http://www.goutsdouest.fr/goutsdouest/wp-content/uploads/2012/03/Vero-Abadie-Table-et-Saveur1-386x266.jpg

 

Crédit photo Goûts d'Ouest

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Florilège de dégustations XXIII

7 Mars 2012, 18:25pm

Publié par Docadn

Qu'il est loin le dernier florilège !! Retour (éphémère !?) d'une rubrique chère à Jull (et sûrement à d'autres, mais c'est le seul qui s'est roulé dans son urine avinée pour obtenir gain de cause). Donc, pour toi lecteur attentif, mais surtout pour toi, petit quintal de douceur et de raison, voilà enfin le tant attendu florilège XXIII. 

N'ayant pas commis de synthèse sous ce vocable depuis le 15/04/10, vous comprendrez aisément que je fasse l'impasse sur moult quilles bues ces vingt trois derniers mois. Aussi, pour ne pas prendre un retard plus grand, voici une sélection des bouteilles sacrifiées depuis le début de cette année 2012.

Quelques clichés absents, bien évidemment, reste les notes... c'est parti !!

 

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Terre Inconnue - Guilhem 07 - Vin de Table

 

Très joli nez "castel-papal" mêlant notes viandées, rafle, surgreffées d'un boisé démonstratif. Le bois finit par dominer le dessus du verre, c'est déjà too much !! Une attaque amère, une matière immédiatement ronde, confortable, très boisée, très épicée. Les déclinaisons buccales se font sur la cerise et d'autres fruits à noyau. L'alcool domine la fin de bouche. Le lendemain, le nez pinote agréablement, puis vire sudiste à l'aération. La matière est encore plus dense, toujours très épicée, au végétal marqué. J'avais résumé cette bouteille comme l'Inde de mon imaginaire : épicée avec beaucoup trop de monde !! **

 

Pommard - Vaumuriens 05 - J. Chartron

 

Nez d'abord "fermé", à la rafle intense dès l'aération. Après quelques minutes, cela reste malgré tout peu disert. On devine un fin boisé, des notes lactées qui laisseront place à la rafle le soir venu. Une attaque délicate, suave, finement astringente, légèrement épicée. Une acidité marquée, qui donne de la vivacité à l'ensemble. Le cortège décline un fruité trop court, un végétal assez désagréable. Finale sur des notes terreuses concluant un ensemble peu complexe, court, mais relativement gourmand... **/**(*)

 

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L'Infidèle 07 - Mas Cal Demoura - Terrasses du Larzac

 

Nez intense de "boucherie après la fête du mouton", sudiste, profond, très aromatique (merci la syrah !!), auréolé de notes de fumée et de bois. Une mise en bouche douce, ronde, finement boisée, aérienne, qui se fait bousculer par un pulpeux ravageur. C'est droit, net, super gourmand, à l'élevage classieux. Un des mes languedociens favoris ***/***(*)

 

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Conversation - Blanc de Blancs Grand Cru - J.L Vergnon

Un nez qui fleure le glucose et la poire cuite. Une bulle dense à l'oeil. Une première gorgée qui suinte un fin dosage, une amertume saillante. C'est court, crémeux, à la jolie expression de calcaire. Le dosage s'accentue, l'expression se fait neutre... Rapport qualité/prix très discutable. **

 

Chamane 10 - Roc des Anges - Vin de Pays des Pyrénées Orientales

 

Une cuvée 100% muscat qui "muscate" justement. Un beau "caillou mouillé après la pluie" couronne ce nez aromatiquement très expressif. Une attaque ronde, avec de la mâche, qui déroule mollement. C'est très trop tendre. Le soir, la matière s'est un peu tendue. De belles épices, des amers stricts. L'ensemble est toujours sec, l'acidité donne enfin le dynamisme attendu, mais cela reste dissocié et gâche largement le plaisir de l'instant. **

 

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Les Rosiers - Jasnières 06 - Domaine de Bellivière

 

Très jolie robe or qui exhale un sucre évident, un botrytis quasi angevin, l'abricot, un champignon prégnant. Bref, un nez de demi-sec, quand ce dernier sera bien plus net et sec le soir. Une attaque lâche, fluette, diluée, aux fins sr. C'est mou, tendre et perlant. Le soir, l'ensemble prendra un peu d'épaisseur, mais restera tendre. Jolies notes de curry en finale. *(*)

 

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Grand Cru Engelberg - Riesling 07 - domaine Pfister

 

Les hydrocarbures ouvrent le bal olfactif. Ils s'éclipsent pour laisser place au silex et à un nez tout simplement vertigineux. Mon appendice se prend pour Mike Brant. Il veut plonger et palper directement la "profondeur" du liquide exhalant richesse et notes orientales subtiles. Je passe près de 10 minutes à m'enivrer, sans me lasser, des magnifiques fragrances délivrées. Une attaque pétrolée, fraîche, distillant finesse, acidité millimétrée et puissance. Étonnant déroulé de bouche qui voit la matière se mouvoir lentement, puis accélérer subitement dès le milieu de bouche, creusant le sillon d'un racé longiligne exemplaire. Finale très fruitée faisant écho à la finesse sans faille, une tension excitante, ponctuées d'une salinité sous-jacente. Le lendemain, la rondeur est plus "typique" d'un 07 alsacien. En attendant, un très beau vin dans un millésime discutable. ***/***(*)

 

Hautes-Côtes de Nuits 08 (blanc) - Manuel Olivier 

 

Joli nez exotique, finement sucré, fruité qui laissera vite la place au boisé. L'attaque est forestière, ample et grasse. Le "développé buccal" est plein, à l'acidité saillante, aux amers marqués. Le lendemain, l'acidité rythme les gorgées. Un vin complet, pas complexe, bien fait. ***

 

Rully 1er Cru - Les Cloux 05 - Jacqueson

 

Un "lacté-boisé" signe les premières effluves. Le pinot se fraye péniblement un passage,  chalant sur son porte-bagage, une rafle fine et des notes métalliques. Un végétal confirmé en attaque, qui s'efface devant une certaine suavité de la matière opulente. Court plaisir haché par un caramel rédhibitoire. **

 

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Côtes du Forez - La Volcanique 10 - Verdier/Logel

 

Tabac blond "Fleur du Pays", acier de chez "ArcelorMittal", fin végetal de chez "Gamm Vert", épices intenses de chez "Gérard Vives" s'affichent en 4 sur 3 au-dessus du verre. Une matière immédiatement gourmande s'offre à ma cavité buccale. De forts accents de beaujolais, version Chignard, habitent ce gamay à la granulosité plaisante, juste un poil trop court pour être complet. **(*)/***


Allez, 10 ça suffit !! On tentera de garder le rythme à la demande générale... ou pas !!

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Dan Ewen

4 Mars 2012, 17:11pm

Publié par Docadn

J'ai déjà "soupiré" mon attirance peu naturelle pour "les tavernes à  bilig"La Crêperie d'Antan à St-Gildas de Rhuys, ou encore Hent Er Mor ont fait vaciller mes a priori à la con à la légitimité discutable.

Depuis, la crêperie "Au Vieux Quimper" s'est imposée à mes papilles, comme un des sommets de "la gastronomie bretonne du blé noir". Je fais, pour le coup, confiance aux "Crêperies Gourmandes", au cahier des charges suffisamment drastique, pour ne pas y voir figurer les dealers de crêpes au Nutella (adoubés par METRO), postés en embuscade, près des manèges pour enfants.

Vannes compte (à l'heure où j'écris cet article) 2 établissements détenteurs du label "Crêperies Gourmandes". Distants d'une centaine de mètres à peine, "Dan Ewen" et "Balade en Crêpanie" sont logés dans de sympathiques maisons à colombages du quartier de St-Patern. 

C'est Dan Ewen qui est choisie pour ce déjeuner du samedi. Un intérieur "traditionnel", où poutres, pierres et binious stridents vous accueillent. C'est sombre, un peu triste, tout en longueur, relativement grand. Accueil souriant, même quand on n'a pas réservé, rapidement installés, nous attaquons la lecture (dense) du "set de table mode menu moules-frites de bord de mer".

Le choix y est important. Des combinaisons intrigantes, comme "La Malo", mêlant champignons, St-Jacques, curry et ananas... où encore "La Trohennec" proposant le duo éprouvé poire-roquefort, complétée de caramel...

 

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Asturies (7.80 €)

 

Comme son nom ne l'indique pas, cette galette est composée de thon, sauce tomate, oeuf et un peu de verdure.

Le thon émietté est sec, la sauce pas mal, l"oeuf impeccablement cuit. Par contre, la galette est assez quelconque dans son "expression sensitive". Elle a du goût soit, mais manque foncièrement des 2 qualités essentielles qui signent Ze galette : moelleuse à l'intérieur, craquante aux extrémités !!

 

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Crêpe au caramel au beurre salé (4.40 €)

 

Un temps d'attente relativement long (la salle est pleine), avant de découvrir la partie sucrée commandée. Là encore, la pâte est comme celle au blé noir, peu convaincante . Il manque encore cette "bilig touch", à moins que ce ne soit volontaire ?!

Le caramel est indéniablement maison, fait minute. Le beurre exhale encore tous ses parfums, presque orientaux. Le caramel est puissant, équilibré presque miellé avec l'expression dominante du beurre. Sans conteste le meilleur CBS (marque déposée by Leroux) caramel au beurre salé croisé dans un crêperie !! Dommage que la crêpe ne soit pas aussi séduisante...

 

Au global, des bases un peu décevantes, des garnitures de bonne tenue, une musique gonflante au possible qui donne envie d'étrangler, puis de noyer, tous les bagadous et joueurs de bombarde. On est au-dessus de la crêperie lambda, mais un gros amateur se lassera peut-être vite du manque de croquant des bases... On verra ce que "Balade en Crêpanie" nous propose...

 

A suivre...


Dan Ewen

3 place du Général De Gaulle

56000 Vannes

02 97 42 44 34

danewen.fr

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