750 grammes
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EscapadeS

Tables en Wrac'h !!

9 Décembre 2011, 10:42am

Publié par Docadn

Retour sur un petit week-end dans le nord-Finistère fin octobre dernier, où "l'été indien" jouait les prolongations comme partout en France.

 

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Nous sommes au Pays des Abers. Je n'y avais plus foutu les ongles des pieds depuis l'été 2003 !!En dehors de très jolies randos, je n'y avais pas non plus fait des repas inoubliables.


Ma boîte noire (une vulgaire boîte en carton renfermant mes notes de restos) révèle juste le "Trouz Ar Mor" (encore chroniqué par Pudlo il y a peu, devenu depuis Le Carré).

Le souvenir d'un service "vieille France", de nappes trouées, mais de parfaites langoustines !! Pour cette escapade, j'avais pris le soin de noter quelques adresses, en cas de besoin après quelques balades improvisées.


Une arrivée tardive nous oblige à nous sustenter sans réfléchir (et surtout sans grand choix) à la Scuderia de Plouguerneau. Un nom à tirer les larmes, une déco à ouvrir le gaz. Petit plongeon dans les années 90, une seule table occupée, le boss lit son Ouest-France, madame glandouille derrière la caisse, ça sent la grosse soirée...


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Plouguernéenne (11,50 €) & végétarienne (9,80 €)


Vous l'aurez deviné, La Scuderia n'est pas un restaurant népalais !! Les photos ci-dessus attestent de l'absence flagrante de  "Dal Bath" dans les suggestions du soir.

Des pizzas à la pâte très fine, à la garniture honnête. Nos sucres lents avalés, nous rentrons vite nous coucher...

 

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Le lendemain midi, ce fut casse-croûte face à "La Baie des Anges". Une délicieuse baguette bio de chez Michel Izard (Ze boulanger of Lannilis), qui fit office de support à la bonne "terrine poulet-poivron", ainsi qu'à la non moins excellente "terrine de joue de boeuf à la bière" de chez Pierre Kerbrat.   


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Toujours chez Izard, une tartelette noix-CBS démoniaque, quand d'autres pâtisseries furent moins convaincantes au fil du séjour (soulignons un kouign-amann au sommet, ainsi qu'un gâteau fruits rouges - rhubarbe, à la garniture moyenne mais à la pâte brisée remarquable). Au global, un excellent boulanger, des "gâteaux de boulanger" recommandables.


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C'est à Lesneven que nous découvrons la cuisine de Yann Kermarrec. Cette maison centenaire offre une déco classique, une belle cuisine tournée vers le client, une femme de cuisinier qui pète un câble en plein service...


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Mousse de chèvre de Prat-Ar-Coum - confit d'oignon


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Petit gâteau de sardines et saumon relevé au curry et céleri


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Colin poché doucement et mousseline de poireau


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Tarte des Demoiselles Tatin


Pour commencer, j'étais content d'apprendre que Prat-Ar-Coum n'est pas qu'un sanctuaire réservé aux légendaires huîtres éponymes, puisque des chèvres y ont "droit de cité". Une mise en bouche pas mal.

Une entrée à la fraîcheur cinglante. Bel équilibre du gâteau entre les poissons.

Un plat dans l'esprit "pot au feu", mais version croquant pour les légumes. Un juste point d'équilibre avec la surprenante et délicieuse pomme de terre bouillie.

Un dessert diablement bien caramélisé, à l'acidulé juste, à la pomme agréable.

Tout cela pour 24 € !!


Une cuisine tout en douceur, juste, dotée d'une carte des vins étudiée où l'on croisera Delechenau, Rapet, Graillot, Morey-Coffinet, Hugel, etc...


L'adresse dissimule au dos de la bâtisse un snack, ouvert uniquement le midi, qui propose de la fraîcheur végétale et animale entre 2 tranches de pain et des salades...


Au Coq en pâte

Yann & Moeata Kermarrec

34 place du château

29260 Lesneven

tél : 02 98 83 02 94


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Dernière soirée dans la péninsule. Un samedi soir hors-saison.

Nous n'imaginions pas une telle affluence dans L'Aber-Wrac'h et ses environs. Après plusieurs rebonds pour cause de "c'est complet", nous atterrissons à "L'Auberge du Pont".


Jolie bâtisse coincée entre Lannilis et Plouguerneau, avec sa déco maritime fatigante, la carte plastifiée des suggestions, ses serveuses au look de saisonniers en prolongation.


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Retour de la marée (14,50 €)


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Poêlée de coquillages des Abers à la crème d'algues (18 €)


"Le genre d'adresse que l'on doit se refiler à l'apéro après la partie de pétanque au camping".

Le service de la poêlée est suffisamment "spectaculaire" pour faire tourner les têtes et déclencher les envies des nouveaux arrivants, encore indécis sur la carte.

Le retour de la marée est à l'attendu. C'est frais, iodé, varié, bien garni.

La poêlée est surprenante de justesse. Pas un coquillage trop cuit, crème d'algues honnête.  


L'Auberge du Pont fait partie d'un trio composé de  "La Crèperie du Pont" (à 800 m environ) et "L'Auberge de Meneham" à Kerlouan, ravissante longère du  célèbre village de pêcheurs.

 

Un week-end qui nous aura aussi permis de découvrir, sur le chemin du retour à la casa,  le marché aux vins de Milizac.

Une petite manifestation rassemblant une dizaine de vignerons, ainsi qu'une poignée d'artisans (fromagers, éleveur d'ormeaux...).

Un vrai salon de poche qui propose des dégustations comparatives, organisées par les vignerons eux-mêmes, des accords avec les produits du terroir.

Un organisateur dynamique qui souhaite déplacer l'évènement plus près de Brest, pour les prochaines éditions.

J'ai ainsi pu apprécier les vins de Claire Naudin, échanger avec cette dernière sur la vendange entière versus l'égrappage sur le pinot. Découverte aussi des puissants 10 du domaine  Saumaize-Michelin, quand La Miss emportait les bulles (consensuelles) de  Chauvet. 

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Les Rhums à nains

6 Décembre 2011, 12:37pm

Publié par Docadn

Espérant sincèrement que ce type de produit ne voie jamais le jour...

C'est vrai, imaginez deux secondes un monde où l'on pourrait acheter du Cognac pour tétraplégiques, du Calvados pour les heureux propriétaires d'une blennorragie, ou encore du Porto pour imberbes !! Juste un énième pathétique jeu de mots, pour narrer la rencontre avec l'une des cuvées de ce domaine rhodanien au succès toujours grandissant.


Guy Jullien distille son talent depuis 1979 à Suzette, sur 23 ha éparpillés entre Côtes-du- Ventoux, Côtes du Rhône et Beaumes de Venise...

Thomas, le fils, semble vouloir assurer la relève, dans un esprit pas moins "naturel" que celle que son père s'est attaché à perpétuer.


C'est à Hédé, sous le grand chapiteau de  Vini Circus, que j'ai eu le bon plaisir de découvrir ce discret domaine.

J'y avais goûté en compagnie d'Alain T (qui est un peu le "DSK limousin de la finance", toujours prêt à optimiser vos liquidités), "La Gérine 10" de toute beauté, "Les Terres Jaunes 10" d'une suavité redoutable et "Clos des Estaillades 10" taillé pour la garde, à la fraîcheur absolue... Le tout à des tarifs frisant l'indécence. 

Un de mes dealers a la bonne idée de proposer, depuis quelques temps, quelques cuvées de ce domaine. L'occasion d'approcher une nouveauté pour mon palais :

 

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Côtes du Rhône - "Les Romanins 10" - Domaine de la Ferme Saint-Martin

 

Un nez de boucherie, qui fleure bon la grenache de pays. L'olive, fugace, semble vouloir indiquer que la syrah ne veut pas faire que de la figuration dans le tableau.

Une attaque immédiatement fraîche, caressante, qui "syrahte" intensément.

Une fine astringence veut jouer les trouble-fête. Elle est vite dépassée par le soyeux, l'équilibre et la gourmandise irrésistibles de ce délicieux breuvage.***

7,50 €, indécent je vous dis !!

Domaine Ferme Saint Martin
Earl Guy JULLIEN 84190 SUZETTE – France
Tél : 0490629640

contact@fermesaintmartin.com

www.fermesaintmartin.com

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Le Princé du remblai...

4 Décembre 2011, 15:34pm

Publié par Docadn

Pendant que notre facteur ligérien aux hauts talons distribue son délicieux calendrier de l'avin, nous continuons notre quête en maintenant une veille technologique informative sur les vins d'ici et d'ailleurs...


Internet et le vin permettent des rencontres proches de l'improbable. Celle-ci a eu lieu en terre chinonaise, chez le chantre du poivron, de la tarte aux pois chiches et du guéridon malawite (position kamasutresque pointue, importée de Picardie, très en vogue dans le canton, selon la rumeur locale que je n'ai évidemment pas vérifiée).

La veille de ma seule édition (glaciale) de La Dive, le généreux Chinbourg et sa moitié nous conviaient autour d'une belle table garnie d'alcooliques d'amateurs notoires.

C'est ce soir-là que j'ai (enfin) fait la connaissance de JC et de sa moitié. Lecteur fidèle de leur blog qui mêle les livres et l'ivresse, j'imaginais le responsable de la partie liquide en sportif aguerri, une sorte de Roger Federer à l'échelle humaine, un hédoniste accompli doublé d'une hygiène de vie exemplaire.


Ce soir-là, j'ai découvert un sportif sur le déclin. Un champion du monde (de sa rue) blessé, rongé par les affres de la déprime d'une inéluctable descente au classement ATP des Deux-Sèvres.

Un homme à genoux, qui ne parle plus qu'en taille américaine pour ne pas sombrer dans une overdose de Xanax, un rasage très négligé (alors que Roger lui,  toujours impeccable !!), une coupe de cheveux à la Hollande (pas le pays, François), un teint blafard à faire passer les héros de Twilight pour des camerounais.


On l'aurait vu rôder autour du Louvre, pendant le Grand Tasting, dealant du soufre sous le manteau.

D'autres racontent l'avoir vu errer au "Salon du livre des enfants d'auteurs sans talent" en quête d'une dédicace de Justine Levy et de Mazarine Pingeot.


Le vin est devenu son refuge, une seconde carrière après avoir remporté 8 fois le grand chelem de Charentes-Poitou (qui je le rappelle est composé de l'Open Jean-Pierre Raffarin,  du tournoi indoor Marie-Ségolène Royal, s'achevant avec les Masters Charles Martel,     remportés cette année par William Fèvre).

Malgré une barbe fatiguée, un physique qui le lâche,  JC se bat.

Le vin, son nouveau combat. Il se bat pour promouvoir des livres pas électroniques, des vins pas plus technologiques.

Pour l'orthographe par contre, il a juste la sale manie de mettre des ki, koi et autres kouilles orthographiques discutables dont raffolent les fans de SMS.

Aussi, connaissant mon aversion naturelle pour le breton (l'autre sobriquet usuellement donné au cab'franc), ce dernier, dans un quart d'heure de sobriété, m'a gentiment offert via La Poste :

 

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Anjou - Princé 07 - La Grange aux Belles

 

Voilà un des rares Anjou à trouver grâce à mes yeux, en rouge !!

J'avais découvert les vins de Marc Houtin aux REVEVIN de St-Jean de Monts, avec un Princé 05 d'anthologie !! Un cab'franc qui avait touché le sommet de mon barème de notation (moins de 5 cab' franc ont obtenu à ce jour le "degré suprême" de 4 *).

Notre Roger du comptoir m'offre l'occasion de sonder cette cuvée, sur le décrié discutable millésime 07.

 

Un nez de fourrure intense, qui s'assagit après quelques rotations. Le fruit passe devant, se retire pour laisser les épices crâner un peu sur le devant de la scène. Pas pour longtemps, car le menthol et des notes animales se disputent désormais les faveurs du nez. Un fin sous-bois clôt la ritournelle olfactive. C'est pas le tout, mais va falloir y goûter...

Une attaque demi-corps, qui propose au palais une matière fluide, relativement fruitée, nette. Les gorgées suivantes dévoilent des notes kirschées, un caractère aérien, un acidulé plaisant, des amers longs, une "carbernisation" lente qui végétalise l'ensemble à l'aération.

Le soir, le vin offre toujours des notes d'épices, un côté viandé, un cabernet enfin en place. Une buvabilité limitée, une extase compromise. C'est le surlendemain que le vin va enfin montrer ce qu'il a dans le calbut'.

48h00 après son décalotage, Le Princé 07 sort enfin de sa carapace. Toujours pas de poivron au nez, mais un jus qui développe enfin l'équilibre, l'amplitude, la droiture attendus. Le charme retrouvé d'un Princé capricieux...***

Un grand merci à toi JC, pour ce cab' franc d'abord tortueux, finalement plus authentique que la faune du remblai des Sables d'Olonnes !!

"L'ivresse des livres et des litres" est consultable sous l'adresse suivante :

www.livr-esse.com

PS : C'était le 300 ème article d'Escapades !!!

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Vendredis du Vin # 41: Les bulles de Mariage

25 Novembre 2011, 10:04am

Publié par Docadn

"Avec des équations à résoudre pas si faciles que cela : un vin festif, symbolisant une occasion unique (donc un peu d’élégance quand même dans le verre !), une envie de faire plaisir au plus grand nombre, amateurs de vin ou pas, en partageant une émotion autour du verre, et quand même, une contrainte budgétaire raisonnable. Le vin des jours heureux en somme, mâtiné d’une pointe de réalisme."


vdv-logo


C'est Stéphanie (Un met dix vins), qui nous colle le thème de ce mois de novembre. Comme disait le grand Pierrot :"Froid de novembre, cache ton membre".

Aussi Sté (allons pour la familiarité) nous demande de la bulle pour fêter, sans se ruiner, des jours heureux.


Alors déjà, c'est quoi des jours heureux ? Hormis la série des 60's avec le rouquin 1er de la classe et le rocker à la banane en plastique, on n'a pas tous les mêmes jours heureux.

Par exemple, le jour de ma circoncision, moment de joie intense pour le bourreau débutant en charge de l'exécution de la sentence (qui m'a fort heureusement très bien tranché le raccord de 22). Très grand jour aussi pour mes parents, de part la haute symbolique de cet acte. Puis enfin, grand soulagement pour les animaux du zoo voisin, menacés de famine, qui se sont repus de mon prépuce pendant 1 mois.

Mais moi dans tout ça ? Ne plus avoir de cache-nez m'expose à des intempéries que tous les cadeaux post-guillotine n'ont pu combler...


Il est des traditions tenaces comme celle de boire des bulles pour les mariages, naissances, réussite aux examens, départ d'une belle-mère, un Jull qui fait du sport, un Alain qui passe du Bristol à L'Ipad...

Le mariage, principalement l'apéro, reste le moment consacré au débouchage spectaculaire du breuvage pétillant tant couru. Aussi, pour ne pas grever les émoluments à venir des avocats en charge de la séparation à l'amiable du couple tout juste uni, Escapades vous propose 3 boissons qui, en ces temps de crise, s'adapteront à merveille au budget serré que la conjoncture nous oblige à tenir, mariage heureux ou pas.


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Cava - Brut Zéro - Castellblanch - Brut nature (5,25 €)

 

Devant cette cascade de "brut", de "nature", et de "zéro", on peut facilement penser à un vin naturiste élaboré par des déesses nues, épilées, parfumées au lait d'ânesse.

Il n'en est rien pour ce Cava présentant une robe aux reflets verts, à la grosse bulle qu'un fin cordon finira par dompter. Une touche de boisé, citron, fin végétal, quelques touches anisées, une tranche de pomme verte. Au-delà de cette corbeille, un pétrole intense, plus grand que l'affiche du dernier J.J Annaud.

L'attaque est böttcherienne, comme un riesling dans un spa, aux amers aériens, à l'acidité relevée. Pas très complexe, mais assez rigolo pour le réserver aux cuviers sur pattes qui squattent en permanence le buffet sans regarder ce qu'ils boivent. **/**(*)

 

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Cava - Gran Reserva - Vina Silvia - Brut Nature - Cuvée (4,98 €)

 

Toujours marrant de retrouver cette phraséologie "nature" pour bien tromper le touriste tricolore de passage.

Je traduis, ou pense comprendre, qu'il n'y a pas de "sucre ajouté". Mais ma méconnaissance de la legislation espagnole ne peut guère me laisser avancer plus d'éléments dans ce domaine.

Une cuvée composée de 20% de Xarel-Lo, 40 % de Macabeo, autant de Paradella. Le tout ayant séjourné 3 ans en fûts.

Le breuvage propose une matière bouillonnante, de fines notes d'agrumes. Il s'assagit pour présenter un profil là encore plus sage, avec de fines bulles.

Finesse que l'on retrouve en bouche, accompagnée d'un fin sucre. Ce dernier laisse rapidement la place à un joli acidulé, un amer un peu brut qui s'estompera lui aussi au fil des gorgées.

Un ensemble vif, qui vous donnera toute l'énergie nécessaire pour pogotter sur "Les lacs du Connemara" à 05h35, avec les cuviers sur pattes contraints de quitter le buffet pour cause de rupture de stock.

**(*)

 

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Cava - Lavit Brut nature - 2003 - Ségura Viudas (7,48 €)

 

Un Cava millésimé composé de Macabeu, Paradella, élevé en fûts pendant 18 à 30 mois.

Un nez extrêmement toasté, pas désagréable, qui donne au challenger du jour un petit air bourguignon (donc de chardonnay). Une bulle un peu grossière, une attaque "chardonnesque", acidulée, relativement ronde, fraîche, à l'équilibre immédiat. La rondeur s'estompe, l'ensemble prend des airs dynamiques intéressants. Un fin crémeux donne de l'ampleur à un vin vraiment pas mal. A réserver, en primeur, aux fans du vin et de votre union, pas à ceux qui ont décidé de "se la mettre". ***

 

Tous ces vins sont disponibles à moins d'01h30 de Toulouse dans la petite localité de Les, célèbre point de ravitaillement des amateurs de Ricard et de cigarettes à prix cassés. Les bulles sont hébergées au Supermercado Rocard qui cultive un art tout particulier du rayonnage.

Les tarifs sont en phase avec la rigueur martelée, le plaisir plus élevé qu'attendu.

Alors santé, bonheur contact et chaleur...

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Le Verre Volé

20 Novembre 2011, 12:31pm

Publié par Docadn

Diantre que les tables des "places to eat & drink" sont difficiles à obtenir !!

Après 3 ou 4 tentatives (par téléphone, au dernier moment), je décroche enfin une table dans "la Mecque des vins natures de la capitale".

Ardemment soutenu par son premier fan-prescripteur (le"trop chébran  Fooding") depuis son ouverture en 2000, la "cave à manger" s'est dotée, courant 2010, d'une nouvelle déco et d'une vraie cuisinière en la personne de Delphine Zampetti.

Ce soir-là, pas de Delphine visible en cuisine. Seuls Kailey Hoyel (déduction photo-google hasardeuse) et un aide-cuistot (au visage familier) oeuvraient en cuisine.


Il est 20h00, le restau est quasi plein. J'hérite de la pire table (la 1 pour info, vous y mangerez à l'ombre délicieuse des manteaux et des casques qui passent et repassent).

Une cuisine aux dimensions de "dînette de camping-car" ou les plats sont plus souvent assemblés que "cuisinés en live" (le "privilège" de cette fameuse table 1 qui donne directement sur la spectaculaire cuisine-cagibi).

Suggestions à l'ardoise nombreuses, 3 plats du jour (sur une autre ardoise, mais pas lisible de la table 1 évidemment) aux intitulés simples, prônant le produit, son origine, des légumes souvent de saison.

J'opte pour un des plats du jour :

 

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Coucou de Rennes, haricots italiens "oeil noir" & carottes (19 €)

 

Une volaille pas mal, un poil sèche selon les bouchées. Un jus bon, des haricots et des morceaux de carottes (au pedigree sûrement très "nature") croquants.

Bref, c'est juste bon comme de la "cuisine ménagère", simple, très certainement dans l'esprit voulu par le maître des lieux, à l'écoute d'une clientèle fidèle sûrement trop fainéante pour tenter la même chose à la maison (c'est une bille en cuisine qui l'écrit).

En dessert, un assortiment "chèvre-cake-sauce pomme-CBS" (6 €) à la présentation très grossière (sûrement un esprit régressif incompris par mon insensibilité notoire), au fromage dense, au cake sec mais pas dénué de goût, à la sauce passable.

 

Côté vin, j'ai enfin découvert le Beaujolais (10) de Karim Vionnet (4,5 €) au nez très réduit, au métal jaillissant, à la mâche conséquente. Une matière pleine de relief, aux échos métalliques persistants. **(*)/***

Avec le dessert, j'ai opté pour un Anjou 10 de Mosse (5 €) à la volatile presque évidente, quelques notes de pomme blette, un caractère tout angevin. Un vin plein, très poivré, finement anisé, légèrement oxydatif aux jolis amers finaux. **(*)

 

Un accueil soigné, juste, avec le détachement de rigueur pour rester hype.

Une adresse pour manger qui, au-delà de la qualité discutable des mets dégustés, ne me fera pas refaire le trajet rive-gauche <-> rive-droite.


Dans le cas présent, c'est principalement la clientèle qui m'a gonflé !!

Cette dernière est à l'image du lieu. Un laisser-aller savamment étudié, qui donne ce côté "hype, cool chic marketeux" dont raffolent tous les porteurs de lunettes à écailles.

Ça claque la bise en matant la marque du duffle-coat du voisin, ça interpelle "Cédric" ou "Cyril" pour faire croire que l'on connaît le boss, ça veut du "Dard & Ribo" parce qu'on "connaît vachement bien, on en boit depuis longtemps !!"

Les faunes de Bastille, du Marais, d'Oberkampf, bref toutes les factions à chaussures pointues qui veulent en être, se pressent "chez Cyril" pour s'y montrer à table, ou pour emporter la dernière nouveauté nature à 26,50 € "pleine de fraîcheur, de fruits, des vignes labourées au poney Max Havelaar nourri sans ogm", qui sera "la quille à avoir dans le frigo" dans les semaines à venir.  

 

Je reste ébahi par la fascination des bobos pour ces "lieux francs" qu'ils dénaturent trop souvent par leur présence bruyante, hautaine, voire puante.

Peut-être que ces individus, aux artifices permanents, tentent de puiser dans le réel toute l'inspiration nécessaire à leur personnage de théâtre ?!

Pourquoi des endroits simples, sans chichis primaires deviennent-ils automatiquement des repères à clowns narcissiques ?

S'agit-t-il d'un concept durable et juteux pour attirer cette caste, souvent friquée, pour mieux les dépouiller en leur proposant des verres à moutarde Casimir en guise de vaisselle, des pâtes alphabet à 21 € et des macarons au Malabar® en dessert ?!

 

Le Verre Volé, qui fut Le précurseur "des cavistes au naturel" à Paris, n'est-il plus qu'un macro-laboratoire pour sociologue opportuniste ?

Sa "révolution culinaire" a-t-elle enfin enraciné cette communauté, souvent nomade, toujours agaçante ?

C'est un copain, devenu vigneron, qui m'a rappelé que nous étions au lycée avec Cyril Bordarier.

Je ne me souviens absolument pas de lui (par contre "le commis" en cuisine me dit quelque chose), lui non plus.

L'histoire d'un ardéchois qui a fait la promotion de la viticulture nature à Paris, qui aujourd'hui discute plus souvent avec des gens bourrés d'artifices.


Pour reprendre une expression chère à Mix, "l'adresse ne vaut pas la traversée de Paris pour s'y sustenter".

Par contre pour le vin, j'en connais qui se taperaient deux fois "Balard-Créteil" avant de choper la bonne ligne pour s'y rendre.


Restaurant Le Verre Volé
67, rue de Lancry
Paris (75010) 
M°: Jacques Bonsergent
Tél: 01 48 03 17 34
leverrevole@wooz.com
La cave :
38 rue Oberkampf
75010 Paris
tél : 01 43 14 99 46

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Kinnari

16 Novembre 2011, 16:23pm

Publié par Docadn

A peine remis de mon expérience "design & poisson à la banane", je tente une nouvelle incursion en cuisine thaïlandaise, version "rive gauche".

Juste l'envie de situer le niveau de Oth Sombath face à la "concurrence", une semaine après ce dîner en demi-teinte.

J'avoue de pas m'être cassé la tête pour trouver un "sparring-partner" classé dans les masters de la FFCTDHN (Fédération Française de Cuisine Thaï de Haut Niveau).


Aussi, c'est le Kinnari qui a hérité de cette tâche assurément ingrate et difficile.

Il est 20H00 pétantes quand je me pointe au 8 rue Malar, située dans le fief doré de Rachida. La salle est vide, l'accueil chaleureux, détendu, me mettant immédiatement à l'aise dans un quartier sûrement trop guindé, pour le rural patenté que je suis.


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Étude de la carte tout en dégustant 2 corolles garnies de dés de poivrons et autres légumes indéterminés. C'est justement épicé, "fort de coriandre", à la pâte un peu grassouillette.


La carte propose un menu à 39 €, toujours estampillé "Printemps du guide Michelin". Bonne idée que d'avoir maintenu cette proposition au-delà du calendrier de cet évènement gastro.


J'opte malgré tout pour la carte, avec un classique, que dis-je, un "incontournable" de la cuisine thaï :


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Salade de crevettes à la thaï (13 €)


Une salade élégamment présentée (présentation à laquelle le cliché ci-dessus ne rend pas du tout hommage), avec la  kitchissime carotte taillée en fleur. Ensemble revigorant, assaisonnement au laser, légumes croquants, citron vert juste dosé, crevettes "droites"


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Les larmes du Tigre (22 €)


Le patron-serveur m'avait au préalable demandé le niveau souhaité en terme "d'épices" pour ce plat.

N'étant pas doté de la même génétique intestinale (et de sa terminaison) que Mr Lung, j'ai quand même demandé la version endémique.

Cette dernière s'avère tout juste supportable, ne massacrant pas totalement la viande proposée. Cette dernière est d'ailleurs assez neutre, juste bien cuite. Les accompagnements frisent l'ordinaire, la carotte est toujours là, ouf !!


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Nems au chocolat (8 €)


Une immédiate ambiance de "friture de fête foraine" submerge mes nasaux. La texture grasse des nems, fourrés à ce qui ressemble très fortement à du Nutella, s'affirme à chaque nouvelle bouchée. La glace à la noix de coco n'est pas bonne. Et pour cause, je hais la noix de coco !!

Un verre de Brouilly, transparent, servi à la température d'un nourrisson de Véronique Courjault et une addition relevée : 50.50 € !!


en conclusion, c'est cher pour le niveau constaté !! Le Spice & Wine fait presque mieux en moins cher...


Le pire dans notre histoire, c'est que l'absolue sympathie du patron me gêne presque dans cette critique, hélas objective.

Oth Sombath ne joue pas dans la même cour, en cuisine comme sur les tarifs. Le Kinnari respecte sûrement "les tarifs locaux", mais pas le niveau requis pour le justifier.

En repartant, je suis passé devant Thoumieux. Je me demande encore ce que j'aurais pu manger là-bas pour 50.50 € ?...

Kinnari

8 rue Malar

75007 Paris

tél : 01 47 05 18 18

M° : La Tour-Maubourg

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Oth Sombath

9 Novembre 2011, 15:59pm

Publié par Docadn

Une adresse qui jouit d'un buzz continu depuis son ouverture en 2008. Je vous invite à lire le (très complet) papier de Chrisos pour tout savoir sur la bio du chef, du resto, ainsi que les différents liens recensés sur l'affaire (à la fin de l'article).

Fabien m'avait aussi cordialement invité à ce dîner "spécial blogueurs". N'étant pas à Paris à la date prévue, j'avais malheureusement dû décliner l'offre.


Un très court séjour à Lutèce, l'envie de voir par moi-même ce qu'il en est.Résa

la veille via La Fourchette. Dîner à 20h00...

Une entrée assez spectaculaire, une déco qui ne l'est guère moins. C'est équilibré, aéré, alors que les surfaces disponibles ne sont pas celles d'un stade de foot brésilien.

Accueil un peu péteux distant en bas (je suis en plein Movember, donc "physiquement pas rassurant", au dress-code assez éloigné de celui du quartier), largement plus chaleureux à l'étage. Salle lumineuse, banquette confortable, table sobre. Prise de commande rapide, service à première vue fluide, rythmé.


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Nem de légumes


Une mise en bouche aux accents plutôt maghrébins que thaïlandais. Je replonge quasiment dans une pastilla à la marocaine, avec une touche de miel appuyée. Petits légumes croquants qui contrebalancent le moelleux et l'impression sucrée du nem.


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Laab Pla - Tartare de thon aux épices thaïs (19 €)


Là encore je traverse le détroit de Gilbraltar plutôt que de voguer à travers le Golfe de Thaïlande !!

La coriandre débarque en force dès la première bouchée. La proportion, pour qui a été élevé au "kuzbur", n'est pas trop gênante.

Pour les "peu habitués et les non-fans du persil marocain ou chinois", cela risque d'être too much. Le tartare a une texture juste, fraîche, comme attendue. Le visage thaïlandais se dévoile enfin, au fond, avec les légumes croquants.

C'est très justement épicé. Mon camarade de tablée me fait goûter un bout d'une de ses 2 "Saint- Jacques rôties, sauce à la coriandre". Pas très expressives, elles présentent par contre une cuisson impeccable.


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Pla Yan - Daurade Royale aux aromates thaïs grillée en feuille de bananier

(34 €)


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Sympathique mise en scène et technique de cuisson. Un odorama très plaisant. Petite appréhension en observant la chair. La première bouchée confirme le doute. Je ne moufte pas.

Je demande, sans trahir une quelconque orientation, à mon collègue son avis. Le verdict tombe : "trop cuit".

Me sachant horriblement casse-noix sur le sujet, l'avis de mon collègue, "bien moins chiant", sur le même plat est pour le coup objectif.

Gustativement, c'est encore un joli modèle d'équilibre en terme de sucs et d'épices. Le "trop cuit" occulte largement mon appréciation.


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Phad pha - Légumes  sautés (6 €)


En accompagnement de notre daurade. Je n'hésite pas à écrire que ce fut "la fulgurance du repas". Le bol parfait. Légumes top de croquant, de fraîcheur, d'assaisonnement. Un "jus de wok au fond" nickel. Le hic, c'est que j'en ai déjà goûté de semblables ailleurs.


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Bangkok-Tahit - Nems à la banane, glace café, sauce au vin rouge et gingembre (11 €)


Des nems un poils grassouillets, banane bien cuite. La sauce au vin rouge et gingembre est surprenante (et bien relevée). Cela fonctionne pas mal avec la banane. Sorbet au café classique. Un dessert relativement moyen. 


Un service qui a assuré la bonne fluidité observée (malgré un effectif incomplet pour ce service du soir).

On semble viser le macaron. Tout est fait pour y parvenir (voiturier, sommelier, service...). Une "addition originelle" en phase avec le rang visé (cela nous fait la séquence à 70 € par tête de veau, plus une Chateldon à 8 €).

Je veux bien entendre "quartier, foncier, etc...", mais cela me semble un poil élevé par rapport au niveau attendu...


Parlons 2 secondes de la carte des vins. Nous n'y avons pas fait honneur, et pour cause. Au-delà d'une sélection très classique, avec quelques références intéressantes (sûrement étudiées pour se fondre ou mettre en perspective la cuisine de Oth Sombath), on frise le "braquage à main armée" à la vision des coefficients appliqués.

On en est encore aux bons vieux réflexes de "se goinfrer sur la bête". Cette politique rétrograde de "coefficients de vendeurs de matelas" me gonfle profondément, ne rendant service ni aux vins, ni à la cuisine...


Alors oui, je suis partiellement déçu par l'hétérogénéité de la cuisine croisée ce soir-là. Oui, je suis un poil outré par cette carte des vins aux tarifs pour Russes parvenus ou ignorants.

Je retiens tout de même une cuisine équilibrée dans ses saveurs, à la maîtrise variable des cuissons (mes collègues blogueurs ont eu plus de chance sur le même plat).

Ceux qui s'avancent pour une étoile en mars prochain sont très (trop ?) confiants. Autant à Londres, le mac serait sûrement déjà placardé sur la facade, autant ici à Paris, je reste dubitatif sur mon expérience du soir.

Mais je ne suis un "pro de la critique", juste un mangeur lambda qui fait chier son monde pour un dixième de seconde de cuisson en trop sur un poisson.

La vraie bonne nouvelle dans notre affaire, c'est l'addition. Un "tarif La Fourchette" a divisé par 2 la note finale. Ce qui peut me faire conclure, malgré toutes les réserves ci-dessus, que pour 40 €,  j'ai honnêtement diné...


Oth Sombath

184 rue du Faubourg St-Honoré

75008 Paris

tél : 01 42 56 55 55

M° : St-Philippe du Roule

reservation@othsombath.com

www.othsombath.com

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Les Petits Plats...

4 Novembre 2011, 18:10pm

Publié par Docadn

Petite incursion dans les "intestins du XIV ème" à Paris (c'est vrai que c'est loin au fond de l'arrondissement !!).

Un lundi de mi-octobre, un choix restreint, des tables ouvertes souvent complètes.

Une suggestion de Mix, un coup de fil, il reste une table, elle est pour moi.

A nous Les Petits Plats.


Une jolie déco rétro, qui peut faire écho à celle de La Régalade, la fraîcheur et l'agencement en plus.


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Accueil tout sourire, tapenade de bienvenue, ardoise de rigueur, explications du "principe de la maison", locomotive du succès que rencontre cette table.

Tous les plats sont proposés en 2 formats au choix.

Le plat ou le petit plat (aux dimensions d'une entrée). Entrée et plat se télescopent selon nos envies, notre appétit. 

Un menu "Petits plats" à 35 € est disponible. On pioche sur l'ardoise 4 petits plats, avec une totale liberté de l'ordre de service désiré. Malin, relativement appétissant sur le papier. J'opte pour cette formule avec 2 entrées, 1 plat, 1 dessert.


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Tartare de petits poissons, Vitelottes et jeunes pousses


Une entrée "moelleuse", avec des poissons à l'étonnante texture de "foie de lotte". Une salade à la juste amertume qui réveille les papilles et le plat. 

 

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Cappuccino de girolles et haddock, maïs et cébette


Le cappuccino est versé au dernier moment sur les légumes, croquants pour certains, limites pour d'autres. Un ensemble "très très crémeux", bien parfumé par les girolles. Encore beaucoup de "moelleux et de douceur" en bouche. 


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      Supions farcis aux coquillages, jus de crustacés aux agrumes


Déception quasi instantanée pour cet alléchant intitulé. Dès la première bouchée, la plat offre une mollesse immédiate et une fadeur évidente. Cela manque indéniablement d'agrumes, donc de peps !! Le riz est un "poil de pou" trop cuit. Dommage, car le plat était, dans sa composition, prometteur...


Je boucle la séquence par un "mi-cuit au chocolat grand cru, granité au syrah", bien exécuté. Le granité donne un côté ludique à ce grand classique.


Le tout fut servi de façon très pro, chaleureusement, banane permanente comprise (il y a juste un des serveurs qui m'a "physiquement agacé" avec son "jeans taille 12 ans", qu'il portera sûrement encore dans 10 ans, quand j'ai arrêté de mettre le mien à 12 ans et demi...). 


En conclusion, une relative déception sur le plat et la seconde entrée, un accessit sur le reste. Une cuisine que je qualifierais de "gentille", sans trop de relief, qui me manque dans ces "propositions bistrotières".

Le point fort étant la remarquable sélection des vins : Descombes, Joblot, Baudry, Graillot, La Ferme St-Martin, Bart, Anne Gros, Jeanniard, Rémizières, pour n'en citer que quelques uns, à des tarifs locaux pas toujours tendres...


Les Petits Plats

39 rue des Plantes

75014 Paris

tél : 01 45 42 50 52

M° : Alésia

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VDV#40 : gammes en Beaujolais...

28 Octobre 2011, 06:14am

Publié par Docadn

Ceci est un message du  Président Olif, déclaré vainqueur des dernières primaires du PGJ (Parti du Goulot Joyeux) :

"Cette nouvelle session des Vendredis du vin est un pied de nez anticipatoire et l'occasion de griller les médias traditionnels sur la ligne de départ. Révisez vos gammes et parlez-nous donc du Beaujolais, du bon, du beau, du joli, de celui qui devrait toujours nous enchanter, parce que c'est la plus belle région viticole au monde située entre Mâcon et Lyon. Mais parlez nous en juste avant début novembre, le mois médiatique officiel..." 

 

vdv-logo


A la bonne heure !! Autant la thématique des  VdV#39 m'avait effrayé, autant cette dernière m'enchante, rendant la parole à mon clavier, plus enclin à bavasser sur les courbes des quilles que sur celles des filles...


Le gamay !! Je pourrais vous rendre quasi aveugle, vous alourdir les paupières, vous décrochez la mâchoire en vous assénant des pages et des pages de borborygmes sur ce beau cépage et  les magnifiques breuvages qui peuvent en découler... 

 

Je suis d'accord avec le président ! Le Beaujolais est la "plus belle région viticole du monde"...

Comment ça vous n'avez pas encore mis les pieds dans cette région ?!

Dépêchez-vous donc de découvrir les plus belles collines du monde (juste après celles de ma Drôme chérie), avec ses pentes à vous donner envie de chausser vos skis et tenter un super-G de J.O entre les rangs, avec un meilleur finish que Régine Cavagnoud.

Viendez donc admirer ses "mamelons géologiques" aux courbures érotiques, modèles du genre, ayant inspiré tous les impressionnistes du monde (j'exagère un peu, mais s'ils avaient su, ils auraient venu)...

Pour finir, venez vous "glotter" la cavité buccale avec le mal-aimé. Banni de Bourgogne par Philippe Le Hardi (le mal-nommé surtout, oui) au 14ème siècle, ce cépage traîne encore une image tenace et injuste de pestiféré. Le grand raout de novembre et son cortège de daubes, n'aide en rien à une quelconque reconnaissance. 


Lâchez les "infâmes rayonnages", oubliez les "jus végétaux servis glacés".

Des dizaines et des dizaines de vignerons se tuent à la tâche pour vous offrir des nectars sans commune mesure avec "l'aigre 3ème jeudi de novembre".

Faites l'effort de pousser la porte d'un caviste ou d'un vigneron avisé. Posez-leurs des questions.

Ecoutez-les vous parler de Morgon, Brouilly, Moulin-à-Vent, Chirouble, Régnié, St-Amour, Chénas, Juliénas...

Délectez-vous de leurs saines paroles, avant de vous alanguir les lèvres sur la promesse décrite :


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Morgon 09 -Jean-Paul Thévenet


Une quille découverte lors d'une soirée dégustation chez  Carnet de Vin. Regoûtée tranquillement à la maison, après un joli coup de coeur sur place. 

Un nez très "carbo-comme-j'aime-sur-ce-cépage-qui-lui-va-à-ravir", notes ferriques, finement solaire, serré (cherchez pas, c'est juste pour frimer !!).

Une attaque finement sucrée, dense, ramassée, épicée, sanguine. Un ensemble très expressif, avec cette "fine rugosité" qui donne tout le volume, la précision et de  la profondeur au jus. Une finesse évidente, une complexité naturelle...

Un gamay complet, équilibré, fruité, à la sauvagerie étudiée d'un "rebelle éphèbe sortant de l'eau, au corps parfaitement sculpté (tablette de chocolat 85% cacao), à la mèche humide, arborant fièrement une fine cicatrice sur la mandibule"... ***/***(*)


Comment refuser l'idée que le gamay puisse être complexe, gourmand, animal et sensuel ?! Dire que le caviste lorientais commercialisant la chose a reçu des demandes du ch'nord (oui oui, chez Dany Boon) pour en obtenir...

Voilà, c'était long (comme prévu), mais je ne pouvais pas faire moins après avoir séché la session précédente. 

En conclusion, "gamay c'est mon produit de beauté", je t'aime cépage incompris...

 

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(celui qui me trouve une animation aussi "wizzz et ringarde" aura toute mon admiration !!)

 

Jean-Paul Thévenet

Le Clachet

69910 Villié-Morgon

04 74 66 39 93

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Soirée Champagne !!

23 Octobre 2011, 08:55am

Publié par Docadn

Un de mes "dealers du vin" a eu la riche idée d'organiser une soirée dédiée à l'une des plus prestigieuses appellations de l'hexagone : La Champagne.


Michaël Nauleau organise régulièrement des dégustations. Il aime aussi confronter ses choix avec ceux de son plus grand concurrent : La GD (Grande Distribution).


Aussi, en introduction, il nous livre le pedigree de chacune des bulles proposées et les 2 outsiders du soir. Tous seront dégustés à l'aveugle.

Un rapide topo sur les cépages, ainsi que sur la géologie "maritime et sismique" ayant donné naissance à ces terroirs, de la sudiste Côte des Bar au nordiste Massif de Saint-Thierry.


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Lhuillier - Brut


Un nez sucré, sur les agrumes, l'anis et le carton mouillé. Une attaque nette, vive, qui se casse la gueule plus vite qu'un Airbus dans la mer. Les gorgées suivantes sont molles, grasses, à l'amer marqué. La finale sur le citron vert intense laisse une impression générale très très réservée. Qu'il est dur d'ouvrir le bal . (*)


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Laherte Frères - Brut Tradition


Un nez sucré plus fin que son prédécesseur, plus net, un chardo expressif (alors que la cuvée n'en contient que 30%, pour 60% de pinot meunier et 10 de pinot noir), un joli nez de pain chaud. Une attaque dynamique, stylée, évanescente, qui ouvre des perspectives crayeuses, salivantes agréables. Une jolie bulle qui donne une longueur et un volume appréciables, à la finale citronnée, équilibrée. ***


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Nicolas Feuillatte - Cuvée Spéciale 2004


Un nez simpliste, juste carbonique, une pointe réglissée et sucrée. Une bulle envahissante, brouillonne, sucrée, qui se délite sur la pierre humide, tapissant le palais d'un amer quasi rédhibitoire. *


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  G.H Mumm - Brut


Un nez de chou-fleur guère charmeur, de silex, fruité. Une matière "taillée", finement vineuse, ample, très fruitée, à l'amer un peu brut. Consensuel, il plaira sûrement au plus grand nombre. **(*)


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Henriot - Brut Souverain


Nez peu complexe. Attaque fine, un peu tendre. Bulle bien taillée, élégante, délivrant une matière longiligne, relativement consensuelle, manquant un peu de personnalité. **/**(*)


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Laherte Frères - Les 7


Un nez maritime, iodé, salin. Une bulle taillée au laser qui met en scène une substance fine, fruitée, très vive, calcaire, aérienne, équilibrée.

Un vin "anti-Bisounours" qui, de part son acidité et sa classe cinglante, porte à débat. Un champagne atypique contenant  fromenteau, arbanne, pinot noir, blanc et meunier, chardonnay, , Petit Meslier (d'où le nom de cette cuvée, plus communément appelée "Les 7 cépages"). Personnellement, j'adore. ***(*)


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Larmandier - Bernier - Tradition 1er Cru extra-brut


Un nez semblable au 1er Laherte dégusté. Un peu plus de profondeur dans le nez, un caractère plus brioché, très chardonnay (80 %). Une jolie bulle fruitée, nette, gourmande. Toujours plaisant. ***


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Larmandier-Bernier Terre de Vertus


(photo source Larmandier-Bernier)


Là encore, un nez très fin, "détonnantes" flaveurs de rancio et de croûte de pain. Finesse, délicatesse de la bulle, caresse et évanescence de la matière, avec une stupéfiante touche orientale (curry), une belle finale sur l'orange amère. ***/***(*)


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Laherte Frères -  Brut Rosé


Nez discret, peu disert. Une matière vive, un peu brouillonne, moins soignée que les autres cuvées croisées ce soir-là. **


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Le tout agrémenté de quelques grignotages légers. Une dégustation fort intéressante qui dégage 2 écoles parmi les dégustateurs du soir : les adeptes du brut et sa rondeur rassurante d'un côté. Les fans du non ou peu dosé, comme moi, de l'autre.

 

Au global, Laherte et sa cuvée Tradition sort en tête des préférences. C'est largement mérité pour cette cuvée au bon rapport qualité-prix (21 € prix caviste). "L'évidence même" des vins de Larmandier-Bernier, qui me plaisent toujours autant. Les 2 vins de la GD sont en queue de peloton, ce dernier est souvent fermé par Lhuillier.

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