750 grammes
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EscapadeS

Le Café de L'Espérance à Bouliac

19 Octobre 2011, 17:33pm

Publié par Docadn

Un week-end pyrénéen qui s'achève. Sur la confortable (et dispendieuse) autoroute A'lienor du retour, l'idée de déjeuner à proximité de Bordeaux me prend.  

Un coup de fil au "casque bleu de la gastronomie" (il maintient l'ordre par l'observation d'un moratoire gastronomique strict, pédalant sans relâche à travers le Limousin, pour ne pas céder à la tentation calorique), qui me dégote rapidement une table répondant à un cahier des charges strict : "simple, bon, pas cher, à moins de 5 minutes de mon ruban d'asphalte"...

 

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Il est 13h00 en ce lundi de septembre. Je suis à Bouliac, célèbre localité abritant un charmant petit hôtel familial et sa cantine ouvrière Le Saint-James, établissement Relais & Châteaux,  accessoirement table doublement étoilée dirigée par Michel Portos...


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Brillante idée, de la part de ce dernier, que de créer à quelques mètres de la maison mère, un bistrot "à l'ancienne" en lieu et place de l'ancien bar du village : "Le Café de L'Espérance".

Si la volonté était de créer un "bistrot atmosphère années 60-70", chapeau au décorateur !! 

 

C'est sans réservation que je pointe mon palais affamé. Accueil neutre, juste poli. Les 2 salles sont quasi pleines, la terrasse est ouverte, la météo un poil fraîche pour en profiter...


La clientèle est très éclectique. On y croise des cols blancs se dégourdissant les jambes en papillonnant entre le buffet des entrées et celui des desserts, quand les cols bleus profitent pleinement de leur pause, en se faisant servir la formule à 15 €.

J'opte aussi pour cette dernière. Les grosses mâchoires voisines m'ont tellement impressionné, que je n'ai osé sortir mon appareil photo de peur de le voir (et moi avec) broyé par ces dernières.


C'est donc en "mode tout petit" (dans mon caleçon réduit instantanément à la taille 12 ans), que j'ai dégusté une "salade de pâtes" un peu grasse, aux accents orientaux bien étudiés.


Puis, une "poule confite - frites - salade" juste, dans l'esprit bistrot. Une viande très bien confite, louchant presque sur un bon canard, de grosses frites maison un poil sèches.


Pour finir un "assortiment de desserts" comprenant un "riz au lait vanillé" bon (alors que je n'aime pas le riz au lait), un "gâteau au chocolat" dans l'esprit ménager, pas mal,  un "clafoutis aux mûres" pour finir, qui déchira absolument tout !!


Une carte des vins (majoritairement locale) relativement "déséquilibrée", où se côtoient Falfas, Seguin, Lafargue, Clos Floridène, Clos de Los Siete et Mouton-Cadet... Un verre de riesling 10 de Trimbach moyen, pour arroser le tout (facturé quasiment la moitié du prix de la formule).

Un café serré, accompagné d'un très bon cannelé pour finir.


Service surfant entre "très décalé" pour le lieu, voire distant par moments, contrastant avec la franche nature rassurante et unique d'un "Paul Préboist qui ne joue pas"...


En conclusion, un concept réussi, une cuisine directe, bonne, pas chère, idéale pour une pause routière...Un grand merci au "cycliste casqué" pour ce bon plan...


Café de L'Espérance

10 rue de l'espérance

33270 Bouliac

tél : 05 56 20 52 16

Ouvert 7/7

www.cafe-esperance.com

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L'Épicuriste

16 Octobre 2011, 09:10am

Publié par Docadn

Aymeric Kräml & Stéphane Marcuzzi ne sont pas des nouveaux venus dans le PAP (comprendre Paysage des Assiettes Parisiennes).

Après l'expérience "bistrot-bourgeois du quartier latin" avec L'Epigramme, nous retrouvons le duo un peu plus au sud, dans le XVème.

 

Aymeric Kräml a un cv ponctué de quelques poids lourds de la cuisine française. Bardet à Tours, Bocuse à Lyon, Jean-François Piège "époque Crillon",  Coconnas place des Vosges, L'Entredgueu dans le XVIIème à Paris.

Quant à Stéphane Marcuzzi, il baladait sa moustache de directeur du Cap Vernet dans le quartier doré du VIII ème, avant de transformer le salon de thé "La Forêt Noire" en Épigramme.

 

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L'Épicuriste a ouvert ses portes en novembre 2010. Déco sobre, murs tapissés de bouteilles, salle à la circulation aérée, quand les tables font souvent du coude-à-coude.

Accueil souriant, naturel. Un mardi soir calme sur le boulevard Pasteur.  6 entrées, 10 plats et 6 fromages & desserts au choix dans la formule du soir à 34 €.

 

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Pressé de volaille, foie gras, sauce césar

 

Entrée fraîche, bien exécutée, volaille goûtue,  foie gras un peu doux, sauce raccord.

 

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Pavé de daurade royale sauvage rôtie (+4 €)

 

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Galettes de légumes

 

Un filet à la chair délicate, aux limites de la cuisson (comme trop souvent pour moi), une garniture très citronnée, cohérente avec l'ensemble. 

 

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Crème brûlée au café

 

Dessert exécuté dans les règles attendues de l'art. Café expressif, crème impeccable.

 

Le service n'est pas en reste, avec cette justesse "so rare" que je ne peux passer sous silence.

 

Côté vins, Stéphane Marcuzzi semble cultiver une certaine passion pour la dive bouteille, que seuls le bon sens et la place semblent pouvoir canaliser.

La carte est, comme au Cornichon, d'une exemplarité ténue. On y croise de mémoire, les vins de Mosse ou encore ceux de J. Delobre (La Ferme des 7 Lunes).  

Ce soir là, c'est   l'Anjou 10 (28 €) de Patrick Baudoin qui nous a tenu bonne compagnie.

 

En conclusion, malgré l'involontaire et relative neutralité apparente de ce billet, une jolie table au service agréable. Une cuisine dans le ton, à la carte des vins salivante...

 

L'Épicuriste

41 Bvd Pasteur

75015 Paris

tél : 01 47 34 15 50

fermé le dimanche et le lundi

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Le Cornichon

14 Octobre 2011, 08:53am

Publié par Docadn

J'ai recommencé mes "migrations saisonnières" (très irrégulières) entre mon fief breton et Lutèce.

Paris est laboratoire oeno-gastronomique géant où se côtoient le meilleur, le pathétique, l'unique, avec un turn-over à faire pâlir le MEDEF !!


Un renouvellement qui offre le suprême avantage de nouveautés incessantes. Hélas, ces dernières semblent rarement excitantes. Les réussites passent par le bouche à oreille du "microcosme branché (souvent gourmand) du pavé parisien".

Le Dandy-Masqué est souvent à l'avant-poste de "Ze table to eat" (ce qui sous- entend un réseau efficace). Les nombreux suiveurs et suiveuses s'y retrouvent (souvent frustrés) 24h00 après la diffusion du "billet-scoop".

On ne parle même pas du "spécialiste des travaux" qui crie au génie culinaire juste en matant la sous-couche sur les mûrs...

Ou encore du "centralisateur de dépêches AFP" qui pond (ou recycle) 5 articles par jour en reniflant les assiettes au téléphone, ou dans le meilleur des cas par le passe...


Ne faisant partie d'aucune de ces catégories, n'ayant aucun réseau, je me contente des conseils de gourmands-amateurs, de sites brouillons où l'on doit trier le bon grain de l'ivraie, mais aussi d'une presse pas aussi déconnectée qu'on veut bien nous donner à croire.


Pour notre adresse du jour, c'est à partir de février dernier que l'on a vu fleurir des articles. Un "gentil buzz" sur cet ex-bistrot prénommé "Chez Jules", se transformer en... bistrot rebaptisé "Le Cornichon".


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Franck Bellanger a "débauché" Mathieu Nadja de "L'Ami Jean" (Stéphane Jego), pour animer cette nouvelle table à la situation géographique "excentrée".

Déco récente, avec l'inévitable "inspiration-émission-de-déco-je-mets-du-taupe partout-sur-les-mûrs", sobre, élégantes petites tables en bois d'arbre.

Accueil souriant, "même quand on ne réserve pas".

Nous sommes lundi soir (le 12 septembre dernier), il y a encore un peu de place.

Une séquence entrée-plat-dessert à 34 € (32 au déjeuner), en phase avec mon budget, c'est parti !!


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Pressé de joues de boeuf mijotées, poireaux, carottes et girolles au vinaigre


Une entrée "bien vinaigrée", champignons expressifs, joue joliment pressée. On entre, sans déhanchements inutiles, dans l'esprit "bistrot" attendu.


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Sauté de veau fondant aux olives, jus de cuisson et purée à l'huile d'olive


On poursuit notre chemin avec ce veau moelleux, un tout petit peu sec, des légumes fondants, un jus juste, une purée académique.

Les portions sont en-dessous de l'attendu, mais on ne demande pas du rab non plus... 


Le dessert : Le pot de crème et lait vanillé, cake moelleux au citron n'était pas inoubliable (par contre, la photo n'est pas montrable !!).


La carte des vins est assez remarquable. Je n'ai hélas pas pu la parcourir en entier, mais les origines ligériennes du patron sont évidentes. On y croise (de mémoire) Vincent Carême, ou encore les rhodaniens Graillot & Chèze pour ne nommer que ces derniers...


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Cabernet Franc 09 - Le Rocher des Violettes - Xavier Weisskopf(25 €)


Une cuvée dont je n'avais pas encore honoré mon palais. La fraîcheur et l'acidité sur ce millésime sont toujours épatantes. Mon "cépage détesté favori" est tout à fait digeste, mûr et taillé pour la table dans le cas présent.***


Le pain servi (en petite quantité, obligeant les serveurs à pas moins de 5 ravitaillements) est excellent.

Service oscillant entre les "réflexes et service de gastro" et l'irrépressible envie de "vous mettre à l'aise, sans vous taper sur l'épaule et proposer un 421 sur le comptoir".


En conclusion, une bonne cuisine qui ne se prend pas la tête, au juste rapport qualité-prix.

Quelques mots, échangés en fin de repas avec le capitaine du cucurbitaceae, révèlent que la crise (comprendre "l'absence de la clientèle d'affaires") pèse "cruellement" depuis le démarrage.


PS : La table 12 les soirs de grandes chaleurs, vous offre la "juste ventilation" vous évitant ainsi d'avoir l'air de sortir d'un Gymnase Club sans douche...


En attendant, voilà un dîner que je place dans les réussites de mon large palmarès des approximations, dont je me suis fait "le spécialiste" dans la capitale.

D'autres points de vue visibles ici, , là encore.

 

Le Cornichon

34, rue de Gassendi

75014 Paris

tél : 01 43 20 40 19

www.lecornichon.com

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L'Embarcadère...

12 Octobre 2011, 16:42pm

Publié par Docadn

"Je saute par-dessus la Suisse" (que je vous réserve pour les longues soirées de l'hiver à venir), pour vous conter le tout début des mes vacances (et la fin momentanée de ce "cahier de vacances" fleuve).


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Des "pré-vacances" plus exactement, du côté de Nantua, dans l'Ain.

Ah, Nantua !! Son lac, sa sauce, et ses "étonnantes boutiques aux façades années 50" (je viens de finir la lecture du manga, que l'on dit culte, "Quartier lointain", dont  l'adaptation cinématographique a pris pour cadre Nantua). 

Quelques randos de mise en jambes, quelques bulles de Cerdon et de Bugey (cet hiver aussi pour les CR, si j'ai le courage), nous voilà déjà sur le départ pour Interlaken... La veille, nous tentons "la table de la ville".


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Une grande rotonde, lumineuse, qui m'a fait penser à l'établissement de Richard Coutanceau à la Rochelle. Des travaux sont en cours.  L'hôtel est en expansion.

"Accueil vieille France", comme pourrait l'abhorrer le dandy-mangeur-masqué 

Clientèle majoritairement détentrice d'une convention obsèques, au milieu de laquelle surnage quelques suisses-allemands en "chaussettes-sandales" et un gars en gougounes (votre humble scribouilleur). C'est le début des vacances, on y va mollo sur le budget, menu à 22,60 €.


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Mousse d'avocat - poivron - crevette


Une mise en bouche très "beurre & crème fraîche", bien citronnée, à la crevette juste saisie. Un bon guacamole qui, malgré la crème dominante, sait rester frais.


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Crème d'asperges blanches, émulsion de saumon fumé


Une entrée froide très bonne, bien crémeuse, aux délicieuses pousses d'asperges. La crème de saumon est "goûtue". Ensemble pas très sophistiqué, mais là encore, un plat "lacté" qui respire la fraîcheur...


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Omble chevalier de La Voûte au jus d'écrevisse


La peau brille des "mille feux de la matière grasse à peine épongée", pour des filets aux limites acceptables de la cuisson (selon mon échelle, aux dimensions d'un escabeau pour hamster).

Les légumes sont top de fraîcheur, de cuisson et de goût. Le jus d'écrevisse est un "génocide dexterien" !!


La Miss a attendu patiemment (les 30 minutes de rigueur) son unique plat, pioché dans la carte :


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Quenelle de brochet, sauce Nantua (17,60 €)


Très bonne selon la bénéficiaire. La sauce endémique est en effet délicieuse.


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Clafoutis aux abricots, glace amande


Excellent clafoutis aux accents "bretons louchant sur le kouign amman" (un beurre aussi généreux que les crèmes précédentes).

Là encore, la performance vient du côté "sans gras perceptible" de l'ensemble. Abricots frais, mousse exotique bonne, glace amaretto très... amaretto (j'aime pas l'amaretto !!).


Au global, la cuisine de Jean-Charles Guyot fleure bon "le piano à l'ancienne" par ses côtés beurre & crèmes. La prouesse résidant dans le caractère digeste et relativement aérien de la majorité des plats, tout en préservant les goûts et les textures.

Une fausse note de cuisson sur le poisson, des justesses pour le reste. Une carte des vins relativement sage (qui  propose tout de même quelques cuvées de Jean-François Ganevat). 


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L'Etoile 07 - Domaine de Montbourgeau


Un chardo (avec un tout petit peu de savagnin) qui fleure le curry, le silex et la pierre humide. Une attaque fraîche, fruitée. C'est sec, net, très très tradi. **(*)


Un service très inégal où se croisent "le rigolo de service sympa & pro", deux "apprenties blondes hiltoniennes", qui soufflent à chaque passage et s'engueulent assez peu discrètement au milieu de la salle.

Des erreurs sur la note finale, qui se terminent par un appréciable "apéritifs offerts".

Une table à la cuisine plaisante, aux accents rétros, équipé d'un panorama aquatique qui "claque".


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Hôtel-Restaurant L'Embarcadère

Avenue du Lac

01130 Nantua

tél : 04 74 75 22 88

www.hotelembarcadere.com

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Boccondivino...

9 Octobre 2011, 17:30pm

Publié par Docadn

Monica (fille des proprios de la Cascina Vrona) s'était fendue de la sentence suivante : "Alba, c'est pour les touristes, Bra c'est pour les italiens, il faut aller à Bra !!"

 

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Étant touriste mais pas italien, j'ai suivi son conseil.

J'ai découvert une ville au charme certain (c'était en plus le jour du marché), bigarrée, relativement proprette. En déambulant dans les rues, je suis tombé sur un sigle mondialement connu...


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J'avais oublié que le berceau du Slow-Food est à Bra !!

Voilà 2 décennies que ce mouvement piémontais, instigué par Carlo Petrini, distille en douceur ses principes à travers les tables du monde entier.


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Le siège est toujours situé Via Mendicità Istruita, mais pas seulement. Une osteria est là pour illustrer ce mouvement "d'oeno-gastronomes".


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Une porte d'entrée décorée comme un général russe. Pas un guide ne manque à l'appel.


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Un salle simple, agréable, alternative "fraîche" à la cour ensoleillée.


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Cave sous "haute surveillance".


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Une sélection de vins au verre (entre 2,50 et 6,00 €) qui aiguise ma curiosité.  J'opte pour un Barbera d'Alba - Brico Maiolica - Diano d'Alba 09, au joli boisé ciselé, à la "solarité" évidente. Une matière suave, élégante, évidemment jeune, à l'élevage pour le coup aussi classieux qu'au nez.


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Stracotto di vitello in umido (12 €)


"On se croirait à la cantine !!", lâche La Miss en découvrant l'extrême dépouillement et le caractère archi-basique de mon "ragoût de veau".

Je ne peux lui donner tort sur ce point. La viande s'avère ultra moelleuse, quasi confite, goûtue. Le "petit jus tomaté" est très bon, les "patates à la con" sont transparentes.


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Futti di bosco con crema fredda di zabaione (5 €)


Fruits mûrs, savoureux, sabayon dément, biscuit aux amandes (au fond) top achèvent ce triple homicide sucré, parfait. 


Service impeccable, endroit paisible, tarifs doux (entrées entre 7 & 9 €, plats à 12 €, desserts entre 3 & 5 € de mémoire).

Les plats de saison sont signalés sur la carte par le célèbre gastéropode.

Ambiance sereine de bistrot, où le fond prime sur la forme. Le succès aurait pu "dévisser la tête de la maison mère".

Il n'en est rien, fort heureusement. Les 2 établissements estampillés "Slow-Food" testés cet été, ont largement dominé le podium des meilleurs rapports qualité-prix d'Italie.


Osteria Del Boccondivino

Via Mendicità, 14

Bra, CN

tél : 0172/425674

www.osteriadellarco.it

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Le Piémont version Cantina Comunale...

8 Octobre 2011, 08:40am

Publié par Docadn

La Morra doit une belle part de sa célébrité au panorama exceptionnel qu'elle offre sur le vignoble de Barolo.

 

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Le village n'est pas en reste côté architecture. Ce dernier abrite une "Cantina Comunale", située sur le haut du village, près de l'esplanade.

Une "expo permanente sur les vieux outils de la vigne" occupe 5 minutes les bambins et la mère, quand le père salive sur la belle sélection de crus. La dégustation est payante. J'opte pour un forfait 2 vins pour 3 €, puis 2 vins pour 5 € (pour les Barolo).


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Langhe - Nebbiolo 08 - Alberto Voerzio


un nez très estival, mêlant rafle, sucre, bois, agrémenté de fruits à noyau et d'épices intenses.

L'attaque est d'emblée sucrée, relativement fine, sanguine, toujours boisée. Le déroulé  délivre des épices intenses, imposant la densité importante de la matière. C'est hélas astringent et asséchant au final. *(*)


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Barolo - Vigna Boiolo 06 - Bosco Pierangelo


Très joli nez, finement pinoteur, à la rafle légère. Attaque très suave, extrêmement fine, droite, qui se vautre subitement dans un jus de bois étouffant, à la sécheresse intenable. Quel énorme gâchis !! *(*)/**

 

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Barolo 07 - Leonardo Stroppiana


Nez bourguignon, offrant une matière tout en délicatesse,mais finalement asséchante là aussi. Dommage !! *(*)/**


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Langhe - Nebbiolo 08 - Alessandria Silvio


Rafle et pointe végétale précèdent une matière suave, fraîche, joliment équilibrée, qui tient le fil jusqu'à la glotte et au-delà. Très agréable. ***


Un accueil aussi chaleureux qu'une garde rapprochée après une tentative d'attentat. Un "animateur" au charisme hypnotisant d'une paire de santiags.

J'ai pris un flacon du dernier vin dégusté (13 € de mémoire). Ce coup-ci, la dégustation m'a été facturée.

Un très beau choix de vins relativement prestigieux sur les étagères, un accueil très largement perfectible.


Cantina Comunale Di La Morra

Via Carlo Alberto, 2

12064 La Morra

tél : 0173-509204

www.cantinalamorra.com

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Le Piémont version enoteca...

5 Octobre 2011, 17:21pm

Publié par Docadn

Le moyen le plus simple (et rapide) de rencontrer une majorité de vins sans faire du porte à porte chez les viticulteurs, reste les cantinas et enotecas fleurissant de nombreux villages du vignoble piémontais.

Ces cantinas & enotecas sont soit régionales, soit municipales de par leurs statuts et la sélection proposée.

 

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Nous sommes dans "le choeur" de l'Enoteca Regionale Del Barbaresco. Au-delà de son décor déroutant (elle est installée dans une chapelle), elle propose un choix très conséquent de références. Toutes les dégustations sont payantes dans les enotecas-cantinas. J'opte pour un "quatuor" (12 €, soit 3 € le verre).

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Rattalino - Barbaresco 08 - Quarantetre43


Nez fortement boisé, rafle, une touche de menthol. L'attaque est finement sucrée, suave, ramassée, avec un délié sur le noyau et les épices.

Une acidité appréciable pour un vin au caractère vif, à la longueur imposante, qui s'éteint sur une jolie cerise, faisant presque oublier les phéromones peu attrayantes du départ. **(*)/***


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Angelo Pastura - Barbaresco 07 - Serraboella


Très joli nez, évolué, relativement discret, qui évoque le "sous-bois à l'aube". Une entrée en la matière fraîche, qui "grenache" terriblement.

Un squelette ramassé, qui se déplie, s'étire avec une précision métronomique. Là encore, une acidité remarquable, des notes de menthol qui fusent, un ensemble très finement astringent. Il restera pour moi, un des modèles d'équilibre croisés là-bas. ***(*)/****


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Casetta - Barbaresco 04 - Vigna Magallo


Un nez évolué, sur le noyau, "le vieux bois ayant séjourné 3 ans dans l'eau", une pointe solaire, quelques effluves sanguines.

L'attaque, finement sucrée, laisse place à une relative fraîcheur, à une cerise intense. La matière est agréablement granuleuse, dense, mais l'astringence finale gâche un peu le joli défilé. **/**(*)


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Mainordo - Barbaresco 06 - Riserva


Cerise et cannelle flottent au-dessus du verre. L'attaque est à nouveau finement sucrée, fraîche, pleine, à l'astringence quasi immédiate, sur un boisé outrancier. La matière laisse "filer" quelques gorgées sanguines et kirschées, mais c'est vraiment too much !! *


Service de qualité, accueil impeccable. J'ai acheté pour le coup une bouteille d'Angelo Pastura (12 €).

Surprise à l'addition, les verres dégustés ne m'ont pas été facturés (vu que j'ai tout recraché, cela a peut-être joué en ma faveur !?).

Un geste commercial fort appréciable, qui me pousse à vous recommander cette jolie boutique, fraîche (l'été, quand la canicule rôde) et très pro.


ENOTECA REGIONALE DEL BARBARESCO

Via Torino 8/A
Tel. +39 0173 635251 

enoteca@enotecadelbarbaresco.it

www.enotecadelbarbaresco.it

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Le Piémont version Coopé...hâtives

30 Septembre 2011, 10:38am

Publié par Docadn

Ceux qui cherchent un Jean-François du même nom peuvent passer leur chemin. Nous parlons de vin ici, pas de portefeuille ministériel !!


Un sympathique et anonyme membre de LPV, bien renseigné, m'avait conseillé un arrêt à la Cantina Sociale (c'est le sobriquet des coopés là-bas) di Nizza

Cette dernière est fermée le samedi après-midi. Tant pis !!


Sur le chemin du retour, nous croisons une autre Cantina. Celle de Barberi Dei Sei Castelli.

Bâtie dans les années 60, elle a fusionné avec la Cantina di Castelnuovo Calcea e Agliano Fonti à la fin des années 90.

Une architecture digne de "nos coopératives des seventies, légèrement relookée dans les nineties".

L'accueil est inexistant. Nous errons un court instant entre des locaux venant sûrement profiter de la clim', très efficace, du lieu et d'un couple de néerlandais en sandales-chaussettes assoiffé (le couple pas les socks).


Ma grande maîtrise de la langue de Verdi (sûrement apprise dans une vie antérieure, qui se termina par un Alzheimer foudroyant), me permet de faire comprendre aisément aux 2 animatrices mon "irrépressible envie de goûter à toute la production de la maison".


"Bianco, rosso ?". Va pour les blancs. L'animatrice aligne immédiatement 4 verres et sert tous les blancs disponibles.


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Piemonte DOC Cortese 10 "10 & Mezzo" (3.00 €)


Tres "Granny Smith" au nez, la matière s'avère très amère, sur la pomme verte, simpliste et molle. Dur le démarrage. *

 

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Cortese Alto Montferrato DOC 10 (3.20 €)


Un nez caramélisé, pour une jolie poire, très prégnante en bouche, qui prend de l'ampleur et développe des notes épicées. On lui reprochera juste une petite carence de mâche. Pas si mal. **/**(*)


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Piemonte Chardonnay DOC 10 "Gavarra" (4.80 €)


Un joli nez de berlingot qui dissimule un ensemble ample, riche, mais "mou et sudiste". Amers grossiers. *


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Monferrato DOC Bianco 09 (5,30 €)


Un chardonnay aux accents très angevins mêlant miel, cire et une certaine profondeur olfactive. Une très jolie fraîcheur anime d'emblée ce charmant breuvage plein, délié, au boisé encore bien perceptible. ***


Les 4 verres disparaissent. 6 nouveaux contenants les remplacent. Les rouges sont servis aussi à la volée.


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Grigolino d'Asti DOC 10 (4.00 €)


Nez "très carbo", petits fruits rouges. Aérien sous la langue, toujours fruité, hélas dilué. Finale sur le chewing-gum. *


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Barbera del Monferrato DOC 10 (3.6O €)


Nez d'île flottante et de carbonique. C'est immédiatement amer, perlant et surtout pas terrible. 0


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Barbera d'Asti DOC 09 (3.80 €)


Flaveurs de fruits à noyau (pruneau), "solarité" évidente. Une attaque sur le pruneau, épicée, dense, très ramassée. Finale limite étouffante de richesse. Too much pour mon palais de fiotte sensible. 0


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Barbera d'Asti DOCG 10 "50 anni di Barbera" (4,80 €)


Cuvée unique pour fêter le demi-siècle de l'établissement d'origine. Nez follement fruité, un brin d'olive, ça syrahte !! Attaque finement sucrée, toujours très fruitée, aromatique jusque sous la langue. Belles épices sur la finale, un joli pirate dans une soirée syrah. Très plaisant. ***


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Barbera d'Asti DOC superiore 08 "Le Vignole" (7.60 €)


Caramel, lait et notes brûlées flottent au-dessus du verre. Un premier contact très "élevage ambitieux". Un caractère relativement soyeux se dégage par la suite. Une acidité saillante, une structure épicée en finale. Encore bien "prisonnier" dans sa gangue de bois. **


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Barbera d'Asti DOC superiore 08 "Nizza" (9.00 €)


Non, je n'étais pas bourré, comme pourrait le suggérer à juste titre, le côté "Tour de Pise" de ce dernier cliché !! Le nez me ramène au Barbera del Monferrato DOC 10 (le second rouge de la série). La matière est ramassée, comme fermée, avec une mâche prometteuse et solide. **


Les verres disparaissent aussi rapidement que la première salve des blancs. J'ai pris Cortese 2 Alto Montferrato, 2 Monferrato Bianco et 2 "50 anni di Barbera". Soit 26.60 € le carton de 6 !! D'autres dégustations, dans d'autres cantinas (moins "sociales"), ne m'ont pas permises de retrouver un rapport qualité-prix comparable (l'est-il ?!).


En conclusion, une Cantina Sociale relativement intéressante  pour qui, non doté d'un budget audouzien, veut ramener quelques flacons sympathiques à boire sans complexes.

La dégustation y est gratuite (ce qui n'est pas le cas dans les cantinas communales), la sélection relativement large, l'accueil à améliorer grandement...


Cantina Sociale Barbera Dei Sei Castelli

Regione Salere n° 6
14041 Agliano Terme (At)
Tel. e fax: 0141964004

www.barberaseicastelli.it

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Voilà pourquoi j'ai refusé la demi-pension à la Cascina Vrona...

25 Septembre 2011, 09:00am

Publié par Docadn

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Ce n'est pas pour la vue, splendide, que l'on a refusé de s'asseoir tous les soirs à la table de Piera, Rino, Luisa et Monica.

C'est ce qui va suivre qui nous a fait renoncer.


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"Beignets salés"


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"Crostinis"


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"Beignet de fleurs de courgettes"

 (Monica nous en proposera à plusieurs reprises)


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"Beignets de feuilles de sauge"

(là encore, plusieurs passages de la part de Monica)


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"Aubergines"


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"Vitello tonnato"


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"Pâtes ricotta-basilic"

 (le basilic forme une haie, à quelques mètres de la table, vous donnant envie de brûler votre tablier de jardinier du dimanche par l'opulence et la vigueur des plants visibles).


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"Pâtes à la viande"

(je ne précise plus que pour chaque plat terminé, on nous propose de doubler, voire tripler le service)


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"Lapin & brocolis"


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"Pêches"


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"Flan chocolat-amaretti"


J'ai renoncé, les larmes aux yeux et la panse aux limites de l'explosion, au café et à "la grappa de rigueur pour terminer tout bon repas italien".


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Le tout fut arrosé par un arneis "Trinità 09" de chez Malvira', perlant, simple, rafraîchissant comme un petit vinho verde portugais, ainsi que 2 litres d'eau pétillante.


En dehors du lapin un peu sec, c'est une excellente cuisine traditionnelle qui nous a été proposée.

Le dîner coûte 25 € (hors vins) et vous assure une nuit complète sur le dos.


Une table ouverte aux non-résidents. Une adresse fort sympathique soufflée par le gloube-trotter de La Pipette (testée et approuvée, en compagnie du non moins gourmand Olif). 


Agriturismo Cascina Vrona

Fraz. S. Anna, 6

Monteu Roero (CN)

www.cascinavrona.it

cascinavrona@cascinavrona.it

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Le Piémont version Roagna...

20 Septembre 2011, 11:38am

Publié par Docadn

Avant-dernier jour au coeur du vignoble piémontais.

L'idée me prend d'aller saluer un régional de l'étape, Luca Roagna.

N'ayant aucunement prémédité la visite, je n'ai pas de coordonnées à ma disposition.

Aussi, je consulte rapidement un "annuaire des vignerons" (déniché dans la bibliothèque de la Cascina Vrona).


Je n'avais pas joué à cache-cache depuis au moins 3 décennies !! Je trouve un Roagna, qui s'avère ne pas être celui que je recherche, mais qui m'indique où le trouver.

J'arrive après une route sinueuse devant un domaine. Un sympathique paternel m'accueille, hèle "Luca" dans la maison. Ce dernier apparaît, mais ne ressemble pas du tout à celui croisé à La Dive et à St-Jean-de-Monts. La chance me sourit enfin. Je suis tombé sur un cousin, qui sait réellement où trouver le Luca recherché, bien planqué à Barbaresco.


Un coup de fil plus tard, rendez-vous est pris. Pas de pancarte ostentatoire pour indiquer où se trouve le domaine. Luca me guide "en live" jusqu'à sa très discrète propriété, en lisière du village.


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Nous démarrons par un tour dans les vignes, pour appréhender le travail des sols. Il se résume ainsi :


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Luca Roagna se contente juste de dégager la base des ceps avec ses sandales et d'arracher le (rare) liseron. Pour le reste, il laisse "la flore en free-lance".


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Il nous montre les bienfaits de cette "méthode", en nous détaillant le "tapis naturel" composé de sarments et d'herbes en décomposition.

La fraîcheur sous le tapis est impressionnante, au regard de la température ambiante...

Il nous invite aussi à venir au printemps, quand toutes les fleurs sont de sortie...

Luca nous indique (visuellement) le terroir de Pajé, ses particularités, que nous nous contentions à peine d'imaginer à travers les cuvées croisées.

Il peste encore sur le sort fait à la Vigna Rionda, dont les pieds quadras, quinquas, voire sexagénaires pour certains, ont été arrachés par les "repreneurs-héritiers" de Tommaso Canale...


Il fait chaud, nous nous réfugions dans le chai historique pour nous "désaltérer" et poursuivre nos palabres bacchiques.


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Un dolcetto 10, tout juste mis en bouteille, qui fleure bon la violette et l'olive. il balbutie entre syrah et grenache, pour délivrer une matière suave, très fruitée, totalement gourmande. Un très bon vin de soif. ***


Le Pajé 04 (Barbaresco) est terrien au nez, aérien en bouche de par l'élégance folle que lui confère, probablement en partie, le terroir marno-calcaire de ce cru. ***/***(*)

Incursion dans le Barolo avec La Rocca e La Pira 04, à l'olfaction viandée, à la texture de soie. ***/***(*)

Le père de Luca passe, nous le saluons.


On nous propose à ce moment, une bouteille sans étiquette, que je place rapidement en Barbaresco, mais sans aucune idée du millésime.

Seule certitude pour ce divin breuvage, exhalant le "sous-bois à l'aube", c'est immense !! Une profondeur inouïe, une suavité, un équilibre hors normes pour ce Barbaresco 89, debout et droit, fruit du travail d'orfèvre de Roagna père, qui a bâti et assis la réputation internationale du domaine ****.


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(photo Mireille D, moitié du Dr Chicot)


Nous nous quittons, non sans évoquer l'ambitieux chantier en cours.

Un tout nouveau chai à flan de vignes à Barolo.

Il en parle avec le même enchantement que pour ses vins.

Des chambres d'hôtes, sa maison, celle de son père. Une architecture impressionnante, au regard de l'historique cave abritant près de 150 000 bouteilles (le domaine en produit 50 000/an, il se "donne le luxe" de commercialiser du 2001 actuellement !!).

Qu'il a été bon de revoir le visage et les yeux toujours pleins d'étoiles, d'un vigneron aux vins d'une magie sidérante, face au réalisme déprimant des marchands de jus de chêne voisins...

Encore "Grazie Mille" Luca pour ce très bon moment (et le dolcetto) !!

 

Luca Roagna

Azienda Agricola Paglieri

Loc. Plaglieri, 9

12050 Barbaresco

tél/fax : +39.0173.635109

www.roagna.com

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