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EscapadeS

Articles avec #beaujolais

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

6 Février 2016, 18:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Au lendemain des Pénitentes, nous tentons aussi une première incursion dans le salon estampillé "rock en bouche" (c'est moi qui le surnomme ainsi).

Les Anonymes se veut un salon dédié aux talents de demain, à ceux qui n'ont pas encore, ou n'auront jamais, les moyens financiers ou médiatiques d'accéder aux grands salons voisins...

Une seule condition : être dans la mouvance nature-bio-biody-permaculture et aimer les shampoings pour castors.

Je m'attendais à un peu plus de "dreads-clopes roulées-anneaux écarteurs", mais nos hipsters des Pénitentes sont encore là !!

Si je me suis taillé une solide réputation dans les choix souvent risqués l'éclectisme des vins que je goûte et achète, mon collègue de goulot est beaucoup moins aventureux dans ce domaine. L'exercice qui va suivre va renforcer cette conviction.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

10h15, c'est déjà la cohue dans les salons Curnonsky !! On annonce près de 300 tickets vendus en 15 minutes !!

Nous errons quelques minutes, tentant de repérer quelques noms familiers, puis de nous arrêter au "bar vigneron".

L’entame se fait avec Sébastien Fleuret et son "Refaire le monde" 14, au fin sr plutôt intégré, à la finesse évidente.

"Léon 14" (semi-carbo) glougloute naturellement, sur fond de raisins bien mûrs et épicés.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Un petit tour chez Lilian Bauchet, qui semble enfin "respirer" avec son nouveau domaine, aux dimensions (3,5 ha) plus adaptées.

"Point d'Orgue" 13 se goûte sec, presque austère en l'état, avec une volatile "limite".

"D'une Rive à l'autre" 14 (habitant d'un côté, ses vignes sont sur la rive opposée de la Saône) offre un léger perlant, associé à une typicité toute "beaujoloise".

Pour finir, "Amor Fat" 14 donne dans la grenadine, le juteux enthousiasmant et une finale aux jolis amers.

4 cuvées normalement dispos, mais la dernière était "sur le flanc" selon son géniteur.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Détour par Péchigo (Sylvain Saux, 1,3 ha en rouge, 1,2 en blanc), avec un carignan 13 perlant, mûr, très souple, un mauzac 09 poivré, puissant aux amers limites, puis pour finir, une cuvée 08 à dominante de chardo, juste imbuvable en l'état, malgré la sympathique finale miellée.

Chez Bouju (absent, sûrement débordé à fermer un carton), une "Violette 14" juteuse, à la fine volatile, alors que "Brutal 14" est bien plus net (syrah/gamay 50/50).

Julie Brosselin (ex-Le Petit Domaine) s'est lancée toute seule, comme une grande !! Son grenache 14 a le nez qui déboite chafouin, une bouche oxy, une finale épicée moins sauvage.

Son cinsault 15 respire la carbo et glougloute sans efforts. Son "Rue d'la peste" 15 (carignan/syrah) offre un généreux jus, à la jolie finale.

"Queue de comète" 15 (mourvèdre/cinsault 50/50) est simple, plein, mûr, là encore joliment juteux.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Grosse série chez Pierre Boyat, avec pour démarrer, "Les Cabanes" 15 (très jeunes vignes) d'une netteté modèle, adossée à une évidente gourmandise !!

"Bois de Lune" 14 a une volatile ravageuse, une matière "rock de chez rock", "Noir de Rouge" 14 offre des tannins rugueux, la version "bois" a une volatile encore plus prononcée.

"Les Rennes" 14 (sur granit) est simple, le St-Véran 14 très épicé et plein, le même sur 13 est plus bordeline, quand le 12 (2 ans de barrique) délivre un voltage à ressusciter Cloclo et le King simultanément, le tout sur un fil"rock barré nature débridé".

Partons dans le Jura, avec une salvatrice découverte postée juste à côté de Lilian Bauchet : Didier Grappe.

Le savagnin ouillé 14 "poire comme un ch'nin", c'est net, très gourmand pour "dé-Lignac-iser" l'expression.

Le "Chant Rouge" 11 (chardonnay) balance un curry puissant au nez, quand la matière file bon train, sur l'amande, entre les badingoinces.

La bulle de "Clash" (vin mousseux de qualité selon l'étiquette) malgré un joli crémeux, laisse une impression brouillonne dans son effervescence peu rectiligne (chardo/savagnin).

Un rouge pour finir, mariage improbable de pinot noir-trousseau-chardonnay et poulsard qui glougloute de plaisir.

Julie Balagny est toute rouge, dynamique et ne manie pas la langue de bois !! Quand c'est barré, elle assume et le reconnaît !!

Son Beaujolais 15 est simple et pas mal, le MAV (moulin-à-vent) 15 très perlant, à la matière nette, "Pestiféré" 14 l'est moins que son nom.

Retour au "bar du vigneron", pour une escale chez Joseph Paillé, qui en a fini avec L'Anjou !! Le voilà désormais Roussillonnais depuis septembre 2015 !!

Le Domaine Benastra proposait un Côtes-du-Roussillon 15 (syrah-grenache et ??, j'écris mal bordel), déjà fort aimable, Benastra 15 (syrah-grenache-mourvèdre, tiens c'est lisible là), au métal jaillissant, au jus expressif, puis pour finir la gamme magenta, un 100% grenache à la finesse palpable, sans lourdeur, malgré le côté très mûr du jus.

Un Benastra blanc 15 pour finir (maccabeu-chardo), juste, fin et frais !!

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Pierre Borel bosse sur un jardin de 2 ha à Bourgueil. Il n'en vit pas encore totalement, pourtant le résultat montre qu'il mérite d'y consacrer tout son temps !!

Son Bourgueil 12 (éraflé) a profité d'1 an d'élevage, se goûte comme une jolie carbo, glissant sans peine jusqu'à la glotte toute heureuse de cette vinothérapie de qualité.

La version 11 montre déjà des signes d'évolution, savant mélange de douceur et de rugosité !! De plus, les prix sont abordables (en direct, comptez moins de 10 €).

Chez L'Escarpolette (Yvo Ferreira), on sert en "chaussettes doigts" sur un piédestal en carton !! Un blanc 15 qui muscate (forcément y'en a), frais, aux sr évidents. Brutal 15 (ils sont plusieurs vignerons à éditer une cuvée Brutal, avec la même étiquette), pète de fruits rouges, tout en restant sec et frais. Escarpolette 14 renifle la "carbo évoluée et sucrée", alors que son cinsault 14 respire la plénitude et la générosité d'un jus. Sur la version 13, des arômes de viande grillée occupe une matière à l'impression, là encore, d'évolution rapide.

Soyons honnêtes, si mon collègue de goulot a grimacé quelques fois, j'attendais aussi un pourcentage plus élevé d'effluves inspirés d'écuries normandes !!

Par contre, on ne peut passer sous silence certaines volatiles débridées, voire carrément délirantes, plus ou moins assumées par leurs géniteurs !!

Les Anonymes, un happening moyennement taillé pour les "radicaux-centristes du vin" comme moi, même si de bonnes surprises s'y dissimulent habilement.

Force est de constater que ce salon plaît assurément à un public venu en (grand) nombre, dont une majorité était déjà présente aux Pénitentes !!

Billet écrit sous rhume XXL, pendant que d'autres collègues de goulot me narguaient avec leurs quilles et leurs plats pour la Xème LPViade BzH à Rennes !!

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