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EscapadeS

Articles avec #degustations

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

25 Février 2017, 22:28pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Notre groupe armoricain de picolos discussion autour du vin s'est retrouvé pour la XIXème fois autour d'une thématique bacchique consacrée au cépage alsaco par excellence : le riesling.

 

 

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

Un groupe plus réduit qu'à l'accoutumée, plus propice à l'échange au-delà des 4 personnes entourant ton assiette.

Nouveau point de ralliement (Vino e Gusto) en plein centre de Rennes, avec une salle au sous-sol très pratique. Cuisine sans magie particulière, mais bien exécutée dans le registre revendiqué (bistrot-produits frais-fait maison-carte des vins ritalo-froggie).

La démographie est un domaine très actif dans notre assemblée. 2 naissances à fêter. Bienvenue à Louise & Manon (pardon si j'ai becté les prénoms de ces 2 nouvelles princesses)

 

 

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

La première bulle propose un nez "très évolué", complexe, racé, pour une bouche vive/tonique, un poil marqué par l'élevage. Un vin "plein", long et dynamique malgré sa prégnante touche boisée. Assemblage de 2003/2004, vieilli sur lattes 78 mois... très joli Champ' que ce V.P (pour Vieillissement Prolongé) d'Egly-Ouriet ***(*)

La seconde bulle présente un nez fermentaire, complété d'un trait de fine oxydation pas désagréable. La bouche confirme ce caractère "oxydatif", très jurassien dans l'esprit. Beaucoup, dont moi, y voient un champ' à l'esprit "nature"... mais pas si vieux !! Moins emballé pour ce Millésime 2005 de chez Francis Boulard **/**(*)

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

Mais nous sommes venus téter de l'alsaco, donc place au riesling.

Un 1er verre qui pétrole comme tout bon riesling qui se respecte (ou pas), un trait solaire/chaud se fait aussi sentir au nez. Les hydrocarbures se confirment en bouche, l'ensemble est dissocié, sans relief, peu agréable en l'état... pas ma came que cet Alsace - Les Grandes Lignes 2014 - Léon Boesch *

Le second vin présente un nez tout simplement superbe, savant mélange de pierre et de fioul grand cru. La bouche confirme la promesse olfactive !! De la mâche, de la longueur, de la complexité, salivant au possible en finale. Excellent Bruderback - Clos des Frères 2014 du Domaine Loew ***/***(*)

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

3ème vin, toujours avec sa touche Total/Esso/BP qui "suinte", un côté "lâche/demi-corps" et le sucre. Matière perlante, aux sr confirmés, qui nous laisse dubitatifs. Un mauvais placement dans la série que cet Alsace Grand Cru - Zinnkoepflé 2012 de chez Agathe Bursin *

Avec le 4ème godet, nous revenons sur du "sec". Un pif de "peu protégé" peu rassurant... mais dont la matière fait oublier instantanément ce "travers". La bouche est ciselée, puissante, au caillou explosif. Le riesling déroule, c'est loooooonnnnng.  Merci M'sieur Ostertag, pour cet exemplaire Riesling 2014 - Vignoble E déjà addictif ***(*)

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

Auteur d'un grand chelem vinique, depuis quelques éditions dans notre groupe de thérapie, je jouais une fois de plus ma réputation de "gus qui fait goûter des trucs zarbis aux autres".

Sur ma bouteille, le nez "peu protégé" fait grimacer pas mal de dégustateurs, je ne m'en prive pas non plus !! Un nez clairement pas sexy, limite inquiétant pour la suite.

Dès les premières "ablutions buccales", la matière annonce une netteté immédiate. C'est très sec, limite cinglant, joueur sur la langue, très épicé (curry) en finale. Pour une fois, je suis plutôt content de mon apport. Un Alsace - Clos Sand 2012 de chez Barmès-Buecher, fidèle à mes attentes ***

Le suivant cache derrière son nez, peu disert, une bouche quasi hypnotique. Matière superbe de précision, à l'équilibre modèle, sur des agrumes délicats, mûrs... jolie claque avec ce Grand Cru Osterberg 2014 de chez Kientzler ***(*)

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

LE NEZ de la session !! Fin et puissant, délicat et massif... sur des notes mellifères & safranées chapeautant cette schizophrénie olfactive surfant avec la magie !! Le perlant n'empêche pas le safran d'envahir et d'hypnotiser la cavité buccale. Les sr sont intégrés, l'abricot danse à chaque gorgée. On regrettera juste la fine pointe d'alcool en finale. Il rate de peu les 4*, mais quel beau vin que ce Sommerberg grand Cru 2011 de chez Albert Boxler ***(*)

On pourrait penser que l'alsaco suivant souffrirait de la comparaison... que nenni !! Le nez louche sur l'Anjou, avec une acidité exacerbée à dégager toutes les narines obstruées. L'ensemble se révèle tendu-tonique, à l'équilibre superbe, à la belle finale évanescente. Encore une très belle expression d'un Riesling - Vieilles Vignes 14 produit par Jean-Louis & Fabienne Mann ***(*)

 

LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling... LPV BzH #19 : voyage au pays du riesling...

Réduction terrible pour ce nouvel échantillon... mais un vin très sec et plein, une fois dans le cornet. Il porte une belle maturité... temporelle ce Grand Cru Schoenenbourg de Riquewihr 2004 de la maison Dopff au moulin, que des amers brouillons font dégringoler en terme de plaisir **(*)

L'abricot et la rhubarbe se répandent au-dessus du 10ème verre de riesling de la journée. L'acidité est conséquente, l'abricot toujours présent... mais le vin s'avère svelte et sans longueur. Déception, en levant la chaussette, de voir le Fronholz 13 d'Ostertag aussi mal briller **

Dernier invité de cette "drinklist", manifestant un ensemble perlant, opulent, au bel ananas tonique. La rondeur ressentie pourrait fatiguer le palais au bout de 3 gorgées, mais non ! Ce n'est pas lourd, mais ça manque un peu d'entrain !!

Un vin qui a fait débat, certains adorant, d'autres, comme moi, plus circonspects... tout en reconnaissant la classe indéniable de ce Clos Saint Urbain (Rangen de Thann) 2009 de la maison Zind-Humbrecht ***

Je passe(rai) sous silence le "rouge pirate" (sur le plat) que mon nez a mis en grenache, quand mon bec a crié "cab' franc" devant le mordant végétal du jus !! Le Châteauneuf-du-Pape 08 de chez Charvin n'avait pas la gourmandise de sa jeunesse !!

Une très belle session, des vins d'un niveau rarement atteint dans nos rendez-vous bacchiques.

L'Alsace et le riesling ont tenu leurs promesses !! La complexité des terroirs transpire dans les crus & jus soumis.

Boxler tient sa réputation, Ostertag vacille mais tient bon, Mann et Kientzler sont (pour moi) les bonnes surprises de la série, quand Loew rafle sans conteste la palme du meilleur rapport qualité prix !!

 

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Calendrier de l'Avin 2016 #12

12 Décembre 2016, 06:59am

Publié par Docadn

Ça fait longtemps que t'es torchée
Maintenant
Je t'écoute raconter ta vie
En picolant
Si j'avais su qu'un matin
Tu serais là, couchée, cachée, sans élan
Par l'ombre d'un verre
Que j'ai serré si souvent
Comme un impatient

Tu leur dis que ton métier
C'est pas que du vent
Qu'on ne sait pas ce que tu seras
Dans un an
S'ils savaient que pour toi
Avant de tous les oenologues t'étais pas le plus con
Et que c'est pour ça
Que tu voulais faire un vin
Devenu grand

Les joutes et les lois
Ça t'fait pas peur
C'est l'pinot de Pataille
Fallait juste qu'il s'encanaille
Je vais tout avaler
Si vous touchez
Aux fruits de mes victuailles
Fallait juste qu'il se magne

Bien sûr c'est lui qui l'a porté
Et pourtant
C'est moi qui dégoupille son vin
Lentement
Tout ce qu'il peut dire sur soi
N'est rien à côté du sourire qu'il me rend
L'pinot a des ressorts
Que rien ne détend
C'est mon avent

Les jus sont des rois
Ça m'fait pas peur
C'est le Bourgogne de Pataille
Faudrait pas qu'il se taille
Faudrait tout acheter
Si vous trouvez
le fruit de ses entrailles...*

Calendrier de l'Avin 2016 #12

*Librement adapté d'un chanteur peu doué pour le rallye et les baptêmes en hélicoptère !!

Merci à un autre (furieux) Sylvain de m'avoir fait découvrir ce vigneron via un magnifique Clos du Roy 13 !!

C'était le #12 du Calendrier de l'Avent Avin, à vous Oenos !!

 

Domaine Sylvain Pataille

73 Rue de Mazy,

21160 Marsannay-la-Côte

Téléphone : 03 80 51 17 35

Pour accompagner cette douteuse adaptation, vous pouvez toujours essayer de fredonner le texte, ci-dessus, avec la bande instrumentale ci-dessous !!

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Vins du Monde...

23 Octobre 2016, 16:14pm

Publié par Docadn

Bonjour/bonsoir,

Quand un de mes dealers me propose de voyager à travers le monde sans changer de siège ni de verre, je réponds forcément présent !!

Je ne connais pas de pays plus chauvin que notre Hexagone en matière de vins (à part les Ricains, les Italiens, les Georgiens, etc)... et de manque d'ouverture vers ceux des autres !!

Je n'échappe pas à la règle, ma cave étant constituée à 97,4% de vins français.

Si on peut se cacher derrière une offre plutôt rare de la part des cavistes gaulois (oui, oui, je vous voie entends d'ici pousser des cris d'Oprah Winfrey orfraie, car vous en trouvez plein et partout), ils sont peu nombreux à tenter de proposer une petite sélection extra-territoriale tarifée humainement.

Certains diront que l'Italie a les mêmes travers (je confirme), mais ne nous ressemble-t-elle pas un peu avec son vignoble aussi simple à comprendre qu'une identité d'Euler !?

Vins du Monde...

Ce soir-là, 3 blancs et 7 rouges pour embrasser un panorama couvrant 3 continents et les 2 hémisphères.

Mise en bouche au nez de "boisé bourguignon", très beurré, virant melon de Bourgogne, pour finir sur des notes fumées et de fenouil.

L'attaque est un brin végétale, typée "jeune bourguignon", aux amers prononcés. les gorgées sont fluides, simples, aux accents sudistes. Finale manquant singulièrement de finesse, malgré de jolies notes poivrées finales et un caractère salivant pas déplaisant.

C'est l'Espagne (région de Rueda) qui ouvre la soirée à travers cet Azoe 2012, un 100% verdejo (souvent orthographié verdelho) pas inoubliable. **

Vins du Monde...Vins du Monde...

On nous annonce un ressortissant slovène pour second breuvage.

Un nez "très muscadet", au fruité prononcé, finement anisé, développant au fil de l'aération fruits blancs et notes "berlingotées".

Le fruité se confirme en tronche, mais le perlant, l'amertume et la sensation de 71B banane chimique, adossés à des amers saillants, me laissent très dubitatif sur les qualités profondes de ce pinot gris 2015 de chez Tilia Estate, élaboré à Dobravlje dans la "sous-région" de Vipavska Dolina (on en dénombre 9 pour la viticulture pour le pays). *(*)

 

Le 3ème prétendant annonce, au nez, un fin bois, une dose de carton mouillé, un soupçon de miel pour finir.

La matière offre un fin sr, goûte comme un jus un poil botrytisé, finit sur de grosses notes poivrées, avec pour compagnon une amertume équilibrant avec peine l'ensemble brouillon.

Un sauvignon blanc 2012 chilien, produit par Casas Patronales (dans la Maule Valley) qui me laisse plutôt froid. *(*)

Vins du Monde...Vins du Monde...

Une doublette intéressante va succéder au chilien-chiant.

Nous démarrons par un Valpolicella à la robe plutôt évoluée pour un 2014, au nez finement boisé-fumé (j'associe, ça me fait plus court, sauf quand j'explique comme ici entre parenthèses), à dominante de petits fruits rouges.

L'attaque est massivement menuisière, aux amers poussés, plutôt simple, pleine et étonnamment fraîche. Les amers rentrent dans le rang au fil des gorgées. Un jus somme toute correct au final. **(*)

La version "Ripasso" 14 est d'une autre trempe. Cette variante consiste à laisser pendant 6 mois le Valpolicella sur des lies d'Amarone.

Le nez annonce une toute autre densité. C'est capiteux et bien plus complexe. La bouche offre un nectar très mûr, à la densité promise au nez, évoquant une "grosse syrah du Rhône Nord".

En l'état, c'est bon, gourmand, à la très jolie finale épicée. ***

Vins du Monde...Vins du Monde...

Un nez puissant de cassis, un boisé ostensible, une lourdeur sous-jacente à venir. En bouche, c'est "sucraillon", lourd comme prévu, solaire, à l'amertume dévastatrice, au cassis toujours omniprésent !!

Pas ma came que ce carmenère bio chilien 2013 de la vallée Del Maipo de la maison Armador. *(*)

 

Le suivant propose un nez d'Eurovision "international - Nouveau Monde - Parker et son parquet véritable". C'est une forêt attaquée par des tronçonneuses qui jaillit du verre. La bouche y va de son couplet "El Gringo", avec des notes poussées de torréfaction.

Un jus tannique à la finale épicée, produit par Mas de Victor. Un(e) Rioja - Graciano 2000, très éloigné(e) de mes goûts actuels. *

Vins du Monde...Vins du Monde...

Pour clore notre tour du Monde, direction l'Océanie, avec un premier nez solaire, richement doté d'éléments susceptibles d'être scrutés par dendrochronologie boisé, à la robe encre.

Comme le carmenère cité au-dessus, nous retrouvons un caractère sucrailleux, archi-boisé mais sans échardes. Une shiraz (Selkirk) Australienne 2012 de Bremerton, élaborée par Rebecca Willson *

Avant-dernière escale en Argentine, avec un nez plaisant, droit, évoquant la groseille acidulée. Un jus perlant, limite fermentaire, puissant, au boisé enfin juste, d'obédience nature dans l'expression générale. C'est plutôt vachement gourmand au fil des gorgées, long à apprivoiser.

Sympathique rencontre avec ce malbec 2013 (sans sulfites ajoutés) de Mendoza, produit par la Familia Cecchin. **(*)/***

Vins du Monde...

Un dernier jus sur fond musical des 80's, pour illustrer ce grenache/syrah (85/15) californien, estampillé de la pochette de l'album "Synchronicity" de feu The Police.

Si la gangue de bois est présente, elle est moins envahissante que prévu (pourtant, y'a une boisothérapie de 24 mois en fûts neufs !!). Le nez est agréable, le jus simple et efficace... la musique en harmonie avec ce The Police Synchronicity Red Wine Blend 2013 produit à Mendocino. **(*)

 

Moralité :

Je retiendrai l'expression transfigurée et réussie du Valpoliccella Fidora via sa version Ripasso, mais aussi l'inattendu malbec de la Familia Cecchin, sur lequel je n'aurais pas misé un bouton de pantalon !!

Pour le reste, la "passion boisée" généralisée et son manque de maîtrise ne vont pas me pousser à engranger l'immense majorité de ces jus de castors, dont je ne suis plus amateur depuis des lustres !!

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Jacky Blot à Montlouis/Loire

21 Août 2016, 15:21pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Un article commencé mi-juin, terminé ce jour !!

En préambule de notre soirée GQV*, nous avions planifié une séquence d’œnotourisme chez le plus gros étendard du landerneau viticole tourangeau : Jacky Blot.

Nous sommes arrivés à la bourre au rendez-vous, grâce à l'incroyable sens de l'orientation du local de l'étape, sans parler d'une conduite plus proche d'un Henri Paul que d'un Loeb !!

*Grosses Quéquettes dans les Verres
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Nous rejoignons donc Jacky Blot au Clos Mosny, pour nous coller (avec 01h00 de retard) à un groupe d'une vingtaine de personnes.

Je découvre un Jacky Blot affable, au discours passionné/passionnant, prenant son temps pour détailler avec minutie tout le travail de la vigne au chai...

Un coup d’œil sur les vignes adjacentes, pour se rendre compte du soin apporté à ces dernières.

Sans être un "pro de la chose", ça sent le boulot de dingue... surtout quand on cultive 50 ha sur 2 domaines (Domaine de la Taille aux Loups et Domaine de la Butte à Bourgueil) !!

Mais Jacky Blot, ce n'est pas que la vigne !!

C'est aussi une casquette d'agent, un "groupement de vignerons" d'achats/vente (Bouquet de Loire, c'est lui), 6 à 7 caves/points de vente, un restaurant, un (splendide) caveau de dégustation... une grosse PME avec 19 employés juste pour les vignobles !!

Jacky Blot à Montlouis/Loire
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Retour à Husseau, dans la splendide demeure/showroom du clan Blot.

Verres Riedel pour balayer le panorama des productions des 2 domaines.

Pour entamer une séance, Triple Zéro 14 très "pomme au pif qui vire poire", au gras surprenant, frais, citronné, aux "amers courts", plutôt élégant dans sa constitution globale.

Le Tradition 13 (bulle) montre une mordante acidité, forcément moins de noblesse quand on sait qu'elle est constituée des têtes et queues des jus destinés à la Triple Zéro.

Jacky Blot à Montlouis/Loire

Nous enchaînons avec les "secs 14".

Six cuvées différentes... et c'est Bretonnière 14 - Vouvray* Vin de France (barriques 1/4 neuves, 1/4 un vin, 1/4 deux vins et 1/4 trois vins pendant un an), à l'acidulé tonique évoquant l'ananas, à la droiture modèle, qui retient toute mon attention.

Sur Rémus et Rémus Plus (en 12), avantage à Rémus Plus, plus net, au boisé plus "délicat".

Clos Michet 10 fait dans la mollesse, Bretonnière 09 propose finesse et netteté, alors que le nez annonçait une oxydation pas des plus sexys !!

Jacky Blot dégaine les quilles d'un bac réfrigéré qui semble sans fond.

Dix Arpents 02 brise la "descente des millésimes", présentant une puissance et une astringence pas des plus honteuses non plus, pouvant redonner de l'espoir à ceux qui ont oublié en cave cette cuvée.

Grosse mandale buccale avec Rémus Plus 08, juste splendide, magnifique, fin, élégant...

Dix Arpents 97 se laisse dominer par une pointe d'alcool en finale.

Le Père Blot ne ralentit pas, nous assénant Rémus 95 (1er millésime de cette cuvée), aux effluves d'ananas emballant instantanément les glandes salivaires. Comme Dix Arpents 07, l'alcool domine hélas les débats finaux.

* Cf "l'affaire Blot-Chidaine" pour mémoire -> ICI
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Place aux rouges sur 14, avec Pied de la Butte - Haut de la Butte - Perrières - Mi-Pente.

C'est Perrières 14, loin devant pour moi, qui illumine ma tronche par son étincelante expression calcaire et son équilibre exemplaire.

Le Moustachu d'Husseau nous achève avec 3 "susucres", dont un "liquoreux 03" splendide, à la fraîcheur inouïe, au nez safrané magique, accusant 200 g de résiduels.

Alors que son déjeuner l'attend depuis 01h30, il nous "refait la bouche" avec un Triple Zéro 08.

05h30 et 25 verres après notre arrivée au Clos Mosny, nous quittons un Jacky Blot increvable !!

Si je commence à avoir de la bouteille en terme de visites de vigneron/domaine, je ne m'attendais pas une seconde à ce niveau d'accueil/chaleur/proximité/disponibilité !!

Le chai de dégustation reçoit une centaine de personnes par jour.

J'avoue que, avant de mettre les pieds au domaine, j'étais pétri de l'image "Jacky Blot = Grosse Machine = Marketing à mort = Pro mais Froid".

Après cette séquence, je regrette chaque pensée-cliché qui m'a habité avant d'y aller.

Jacky Blot est un très grand vigneron que j'ai très largement sous-estimé jusqu'à cette visite.

Son approche viti/vini est une des plus "sérieuses" qui m'ait été donné d'observer dans le coin.

Ces cuvées reflètent parfaitement cette rigueur (même si on peut observer des aléas sur les bulles, mais bon tout le monde sait que sur les bulles...).

L'homme est réellement passionnant, passionné, affable, doux, sans ambiguïté avec ses hôtes.

Je reste encore stupéfait de voir le temps passé avec 3 clampins venus de nulle part (y'a bien le local qui ne sait même pas où est son slip, mais bon).

Si je dois en plus marteler que les vins y sont trèèèès bons... mais pas donnés (>20€) par rapport aux prix moyens pratiqués sur les appellations Montlouis-Vouvray-Bourgueil.

Sachant que nos achats à suivre ont été relativement sobres, les mots nous ont manqué pour remercier Jacky Blot à la hauteur de son dévouement !!

Je souhaite sincèrement à tous les amateurs anonymes, comme moi, d'être reçus ainsi par un vigneron qui fait de beaux vins avec de belles vignes, qui en parle merveilleusement, pour justifier sans relâche de leur passion chevillée au coude corps.

Jacky Blot :

Domaine de la Taille aux Loups
8, rue des Aîtres – Husseau
37 270 Montlouis-sur-Loire
Tél: 02 47 45 11 11 - Fa
x : 02 47 45 11 14

latailleauxloups@jackyblot.fr

Domaine de la Butte
La Butte
37 140 Bourgueil
Tél: 02 47 97 81 30 -
Fax : 02 47 97 99 45

labutte@jackyblot.fr

Sinon, il paraît qu'on y mange bien aussi et c'est à lui :

Le Bistrot des Belles Caves

23 Rue du Commerce

37000 Tours

www.lebistrotdesbellescaves.fr

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Vendredis du Vin #86 : le débrief !!

12 Juillet 2016, 20:58pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Tardif et court résumé d'un VdV aux allures de bide éditorial.

La "faute à l'Euro de foot" (c'était repos pourtant), trop de Jean-Baptiste occupés à célébrer leur fête, ou la simple conséquence des entretiens de Julien Duvivier, diffusés entre 02h00 et 03h00 du matin dans le cadre des "Nuits de France Culture", programmés pour tuer dans l’œuf ma thématique ?!!

Vendredis du Vin #86 : le débrief !!

Au petit matin, un peu plus tard pour d'autres, 6 courageux passionnés ont décidé de relever le défi des "vins racinaires".

C'est la WINEista qui dégaina la première, avec "son Gypse", toute nouvelle cuvée de Borie de Maurel (un des mes domaines chouchous, lors de mes vrais premiers pas dans le vin).

Un "chardonnay du sud" qui semble fort se plaire sur les contreforts de la Montagne Noire.

Une "expression de gypse" qu'Audrey, la glouglouista, dégusta avec des tagliatelles safranées à la lotte, tomate rose et basilic !!

Source La WINEista

Source La WINEista

André Fuster est d'abord resté muet devant ce thème... mais contrairement à d'autres, il a franchi le pas grâce à une autre contributrice de ces VdV.

Un simple tweet mentionnant Roque Sestière suffira à emballer le clavier des Vitinéraires sur son enfance et sa préadolescence !!

Des oiseaux, des coups de 12 (pas des volts, des mm), du rouge, puis comme une révélation, LE blanc des Corbières de Roque Sestière.

Des "putains de vins racinaires"!!!!

Vendredis du Vin #86 : le débrief !!

Puis vint le tour de Catherine, tenancière du blog "Une femme des vins".

Elle me dévoile qu'à 24h00 près, nous aurions pu organiser un jeudi réellement racinaire, lunairement parlant !!

Mais ce vendredi est un jour fleur... et c'est une Marguerite 2012 du Domaine de l'Ecu, qui habillera/habitera le billet de Catherine.

Marguerite est une vraie folle-blanche qui hume l’iode, le varech et le citron vert selon notre contributrice.

Un vin déconcertant, mais pas l'orgasme buccal que j’appelais de tous mes vœux dans mon discours d'investiture...

Source "Une femme des vins"

Source "Une femme des vins"

Place au billet de Nicolas du blog "Le serpent à plumes" (avec Maya), qui nous détaille avec talent la "cause racine" de leur grand saut dans Les Causses !!

La Roque de Fabien Jouves résume l'idéal que nos 2 fous du plateau calcaire vont poursuivre avec bonheur et passion !!

Nous allons "droner" de près l'aventure viticole et humaine de ce duo de reptiles plumés, accros au calcaire et aux vins qui s'y épanouissent.

Source "Le serpent à plumes"

Source "Le serpent à plumes"

En éditant ce billet, j'ai oublié "Ze cream of ze cream liégeoise", "l'ébouriffée du pif et du tweet".

La boulette éditoriale qu'un pays entier peut te faire payer très cher et très longtemps !!

Celle qui n'a pas un gramme d'ADN pifesque de naissance avoue n'aimer que "les vins du moment".

Pas ceux "à la mode", ceux de son moment à elle, de la rencontre humaine ou tire-bouchonnesque !!

Elle croit tout aimer... et elle aime tout, mais pas en même temps !!

Dans son "volet racinaire", il y a du « Clair obscur » ou le rosé de la transition et de l'innovation, quand l'élève perd son maître et continue d'avancer...

En passant, La Miss Sand' va sortir un bouquin, que si tu le sais pas, ben c'est que t'as regardé du foot toute ta vie !!

Ça va s'appeler "Jamais en carafe", c'est même préfacé par un mec qui a un accent presque plus ridicule que celui en vigueur outre-Quiévrain !!

Voilà, pour me faire pardonner de la boulette je lui fais cette pub éhontée qui sera, je l'espère, un peu plus porteuse que ce VdV !!

Vendredis du Vin #86 : le débrief !!Vendredis du Vin #86 : le débrief !!

Pour finir, notre Reine du tableur, la Déesse de la mise à jour, l'ambassadrice des VdV à vie, j'ai nommé Very Wine Maïlys Trip !!

Direction la Corse, patrie du vermentino, pour le Patrimonio d'Yves Leccia.

Pour Maïlys, le terroir d'E Croce est le terreau idéal pour ce vin, à la finale saline "racinairement" plus maritime qu'argilo-calcaire !!

Son billet intégral est visible directement en passant votre flèche sur "Very Wine Trip" écrit en gras !!

Source Very Wine Trip

Source Very Wine Trip

Ainsi s'achève ce débrief des VdV #86, à l'épaisseur d'un MMS compressé.

Un bide inversement proportionnel à celui que je cultive depuis quelques mois !!

Merci aux 6 valeureux contributeurs de leur participation pleine d'empathie involontaire.

Place aux vacances, le Zident est crevé, le prochain peut venir choper le sceptre quand il veut...

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Vendredis du Vin #86 : les "vins racinaires"

24 Juin 2016, 07:51am

Publié par Docadn

Bonjour,

Le Zident de cette 86ème édition des VdV souhaite la bienvenue aux contributeurs/lecteurs de ce grand raout mensuel consacré à notre dive passion.... en ce jour de Brexit !!

Avec un "teaser" aussi clair et explicite qu'un débat sur le sens du prequel de Prometheus, votre Zident par intérim a souhaité vous soumettre une réflexion "racinaire" des vins qui vous habitent ou qui vous hantent par leurs typicités !!

Vendredis du Vin #86 : les "vins racinaires"

Nombreux sont ceux qui ont vécu/grandi dans une région viticole !!

Ces chanceux restent souvent attachés aux vins qui ont construit leur amour balbutiant puis farouche pour le vin.

Un "Bordelais biberonné" reste "Bordeaux" dans l'âme... surtout dans sa cave !!

Il en va de même pour le Bourguignon, L'Alsaco, le Ligérien...

Mais la nostalgie suffit-elle pour légitimer le "sens d'un vin" sur son terroir ?!

Nous finissons tous par aimer/préférer un ou deux cépages, souvent emblématiques d'une région, d'un type de vin !!

Personnellement, je suis grenachophile de quasi naissance. J'aurais pu rester scotché à cette stupide exclusivité, comme d'autres ne jurent que par Margaux, si je n'avais eu l'idée saugrenue d'aller voir ce qui se passe ailleurs !!

Vendredis du Vin #86 : les "vins racinaires"

Lors de cette longue "quête", j'ai rapidement catalogué les vins/cépages qui auront toujours du mal à me plaire avaient intérêt à être irréprochables pour me faire frétiller le palais !!

Rapidement, le "cab' franc" a gagné ses galons de "tronche de kebab Turc" dans la mienne !!

J'ai maintes fois dû recracher des piperades fermentées, des jus caricaturaux au possible, m'acharnant à comprendre pourquoi la Loire cultivait avec ténacité ce cépage de prédilection !!

"Le con de base" aurait arrêté de boire la chose au 5ème essai.

Je suis bien plus con Il m'en faut plus pour m'avouer vaincu par un "breton" !!

C'est Sébastien David suivi par La Grange aux Belles qui, les premiers, m'ont convaincu de la belle expression possible de ce dernier !!

Un Soulainois d'un côté, un Saint-Nicolaisien de l'autre... ma cave s'enrichit au gré des rencontres de trop rares "jus mûrs" de cab' franc !!

Pourquoi n'est-il pas aussi répandu ailleurs... que sur le vignoble bordelais ?!

Armé de cette réputation de "cabernophobe patenté", je cherche malgré tout à saisir/comprendre "la symbiose naturelle entre les terroirs et le cépage".

Source Domaine de la Butte

Source Domaine de la Butte

Récemment, j'ai rendu visite à un vigneron tout simplement incroyable (je développerai très prochainement cette journée exceptionnelle) !!

Jacky Blot nous fait goûter, à un moment d'une immense dégustation, un vin rouge en provenance de son second domaine, à Bourgueil (Domaine de la Butte).

Notre moustachu de Montlouis pouvait planter/replanter du cabernet-sauvignon, cépage autorisé sur l'appellation Bourgueil, mais non !!

Il faut le laisser vous conter l'histoire de cette croupe de "Perrières" !!

Quasi identique à celle de Mi-Pente, Perrières est un terroir de calcaire recouvert d'argile.

Alors oui, il y a de l'éraflage, de l'élevage (comme la malolactique) en cuves bois... rien de bien spectaculaire pour "révéler" le visage racinaire d'un vin !!

Et pourtant, une fois en action dans le palais (c'est plus long que d'écrire "une fois dans le cornet", mais je ne suis pas un Gaspard Proust de la prose picologique, dont la moitié du Mondovino s'esbaudit devant un "La rose fanée, voilà quelque chose qui me rend fou dans un vin…"), Perrières 14, c'est le Hellfest de la "craie" !!

Perrières 14, ça suinte le "terroir" !!

J'entends d'ici les pédologues et autres terroirophobes m'insulter sur cette ineptie, mais je vous emmerde le verre bien haut et les sens aussi raides que des majeurs d'honneur !!

Perrières 14, c'est un velours liquide qui danse dans ta cavité buccale, c'est frais, quasi mentholé, une vraie caresse linguale, une ondulation érotico-vinique !!

Le cab' franc est parfaitement mûr, juste corsé, à l'équilibre royal... tu lèches une boite carrière de craie !!

Un cépage à sa place, bien planté, bien exposé, bien ramassé, bien élevé, qui offre un "nectar de pied de vigne" (0,8 ha en vrai, pour les fans de Devos) magistral !!

Le problème, c'est que la cuvée est épuisée au domaine... et que nous avons raflé les 9 dernières sur les caves tourangelles !!

C'était mon vin racinaire des VdV #86, à vous les studios-chais !!

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Soirée Reynaud.... et autres !!

13 Juin 2016, 21:54pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Direction le 3-7, pour assister à ce qu'on appelle dans le jargon picolo une SGC, ou plus communément un "Soirée Grosses Cartouches'" !!

Les ingrédients nécessaires pour cette dernière sont primordiaux !!

Vous prenez un domaine/vigneron/région trèèèèès réputé(e), une obole pour les frais de participation un poil élitiste, un cadre et des hôtes charmants, des amateurs (éclairés ou non) passionnés, vous touillez le tout pour obtenir la soirée qui déforme les calbuts excite les microcosmes bacchiques !!

Emmanuel Reynaud, ça ne cause pas à grand monde quand on s'intéresse au vin uniquement pendant les foires aux vins.

Par contre pour les amateurs, les buveurs d'étiquettes et les fans des vins du Rhône, c'est un nom qui fait tilt sonne comme "Rayas", "Pignan", "Pialade", "Fonsalette" et consorts !!

Crédit Mireille

Crédit Mireille

Une assemblée composée de nombreux membres des "Joyeux Turons", horde ligérienne sévissant régulièrement entre Tours et Amboise !!

Une soirée qui commence par un hommage imprévu, quasi surréaliste vu sa soudaineté, à l'un de ses membres.

Jean-François nous a quittés subitement l'avant-veille !!

Je lui dois d'avoir pu côtoyer pour la 1ère fois quelques passionnés du 3-7 et d'ailleurs, qui sont devenus depuis de sacrés collègues de goulot !! Ciao Jeff, alias Chicoman pour moi, tu manqueras franchement à pas mal d'entre nous !!

Soirée Reynaud.... et autres !!

J'avale, sans notes, un Chablis de Droin (Montmains 13 me souffle t-on dans l'oreillette) plutôt agréable, que j'ai placé en chenin dans un 1er temps, avant d'arbitrer un match entre 2 bulles ligériennes du même millésime.

Si le 1er se détache par sa délicatesse et sa juste nervosité, le second brille par une fort jolie bulle très bien calibrée et sa fraîcheur.

C'est L'Extra Brut 2002 de Jacky Blot qui remporte, pour moi, le match face au Vouvray Brut Réserve 2002 de Foreau (une "RD", pour récemment dégorgé, en 2015).

Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!

Toujours en guise "d'échauffements", nous enchaînons avec un nez de "grillé chardo", fort élevé, à l'attaque ample, au boisé "poussé", un poil demi-corps qui dissimule un Bourgogne 13 d'Arnaud Ente correct.

Le vin suivant s'ouvre au fil des rotations du verre, il pétrole discrètement, offrant un équilibre splendide en bouche, entre acidité maîtrisée et finesse superlative. Petit moment de magie alsacienne que ce Clos Häuserer - Riesling 2008 de chez Zind-Humbrecht situé au pied du Grand Cru Hengst !!

Mais il est l'heure d’entamer notre cycle Reynaud !!

MC'Nico (Master of Carafage) a tout ouvert le matin, a goûté, puis il a attendu patiemment 20h00 pour enfin délivrer les jus dans nos verres !!

  • TOUS LES VINS SONT BUS A L'AVEUGLE !!!!
Soirée Reynaud.... et autres !!

Le bal s'ouvre avec un nez louchant sur la syrah, un fin "trait vert", une bouche qui "fraise à mort", à la matière concentrée, à la finale un peu banale, épicée, voire un poil "tortillante" (comprendre pas super droite). Nico nous a demandé de noter les vins sur 20. Ce sera 13/20 pour cette Pialade - Côtes-du-Rhône 2008.

Le second vin offre une robe plus dense exhalant la fleur d'oranger. L'attaque est fraîche, sur la fraise, avec beaucoup de "mâche", très épicée. La puissance monte au fil des gorgées... jusqu'à devenir "too much" pour ma pomme. Plaisir limité pour ce Domaine des Tours - Vin de Pays de Vaucluse 2010, noté 08/20.

3ème échantillon à la robe évoluée, versant sur la cerise et l'acétate au nez. Attaque très épicée, quasi confiturée, typé "vin du Roussillon mal fait", à la sucrosité écœurante. Je crois y voir le pirate prévu, alors que c'est le Château des Tours - Côtes-du-Rhône 2010 qui se cache derrière cette affligeante nullité cuvée, qui héritera d'un 06/20 pour l'occasion.

Dernier vin de cette première tétralogie, offrant une robe jeune, un "trait vert" déjà présent sur la Pialade. L'ensemble s'avère frais, puissant, classieux, juste mûr, aux amers finaux sur le fil. Un très joli vin, au bel équilibre. Je ne reconnais pas la Pialade - Côtes-du-Rhône 2010, dégustée la veille, que je note ce jour-là 16/20.

Petite pause salvatrice et premières remarques. C'est pas gégé pour le moment, sauf pour la dernière quille, au rendez-vous attendu.

Nous repartons pour une série de 4 autres vins de la galaxie Reynaud.

Soirée Reynaud.... et autres !!

5ème rasade offrant un nez mentholé, une bouche puissante, charnue, à l'acidité enfin expressive, très épicée, pour une finale aux "amers rangés" (comprendre que ça dépasse pas et que c'est tant mieux). Agréable, mais en-dessous de Pialade 10, pour ce Pignan - Châteauneuf-du-Pape 2004, noté 15/20.

6ème verre qui offre enfin le "nez rêvé". C'est évanescent, à la limite du "mutisme expressif" (désolé j'ai pas trouvé plus con comme oxymore, mais c'est ainsi que ça s'illustrait).

Ce nez diffus est une splendeur !! La bouche offre la suavité attendue. La fraise est délicate, la finesse de l'astringence est un modèle du genre. On peut lui reprocher quelques bouffées alcooleuses infimes, mais tant pis !! L'équilibre est magistral, la puissance veloutée, la note est de 17/20 pour ce Château-de-Fonsalette - Côtes-du-Rhône 2004 !!!

Le suivant délivre les "fameuses agrumes de Reynaud". C'est discret, peu disert, mais c'est là !! La matière est fraîche, plutôt gourmande, à la sensation de sucrosité élevée pour moi, aux amers dans le rang (Cf Pignan 04). Il est enfin là notre premier Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2004 !! La note : 15/20

Dernier vin de cette seconde tétralogie, au nez un poil "vulgaire" (comprendre peu élégant face aux précédents), à la sucrosité indigne, asséchant, sans grâce. Le pirate à 06/20 était donc le Peyre Rose - Clos des Cistes - Coteaux du Languedoc 2002.

Soirée Reynaud.... et autres !!

Dernier trio rhodanien, qui s'ouvre par un "3ème "trait vert", une sucrosité marquée, une certaine gourmandise gâchée par un côté "trop mûr"... qui vire sur une astringence pas des plus sexys. C'est pas mal, mais je m'emmerde depuis 3 vins (ou plus) !! Une note de 15/20 pour ce Château des Tours - Vacqueyras 2001.

La robe est trouble pour ce 10 ème vin !! Le nez est un poil réduit, la bouche immédiatement gourmande, évitant de justesse le côté confituré. Le vin déroule parfaitement, diffusant son cortège d'épices douces, hypnotisant le palais avec un équilibre d'école, d'une longueur superlative. Grand vin que ce Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2001, noté 17/20.

Ultime ligne droite, avec le "second plus beau nez de la soirée", à la bouche assez charmeuse dans un 1er temps, puis marquée par les épices et la sensation de sucrosité intenses. La finale est une petite catastrophe d'amertume très marquée. Un petit 10/20 pour Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2003.

Une véritable déception que cette dégustation au casting prestigieux. Comme si les vins d'Emmanuel Reynaud ne brillaient que face à d'autres et guère entre eux !!

Beaucoup se sont plaints des côtés alcooleux, confiturés de pas mal des challengers du soir... et on ne peut pas leur donner entièrement tort !!

La hiérarchie n'est pas totalement respectée dans mes appréciations, puisque Fonsalette, Pialade et un seul Rayas obtiennent les 3 plus hautes notes.

On retrouve aussi un Rayas dans le trio de queue... quid du rapport qualité/prix de ce dernier !!

Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!
Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!

Nicolas tente de nous consoler avec une bulle hélas sucraillonne et molle... dire que c'est La Grande Année - Bollinger - Champagne 2005 qui se cache derrière ce quasi demi-sec !!

Le blanc "mou et sudiste" qui suit me fait enfin rencontrer, pour la première fois, une "mauvaise" Coulée de Serrant 05.

Le pic de la déception arrive via un "mythe"... qui s’effondre en 3 gorgées. Rien, pas le moindre battement de cœur supplémentaire pour ce Jean-Louis Chave - Hermitage 2006 (blanc).

J'ai arrêté de noter à partir de là, laissant le Clos du Bourg - Huet - Vouvray 2007, L'Alsace - Gewurztraminer - Sélection grains Nobles 1988 de Hugel, le Clairin Sajou 2013 dans les limbes de ma mémoire embrumée, fatiguée après une éprouvante et spectaculaire journée viticole avec Jacky Blot... que je vous réserve pour le prochain billet !!

Merci encore à Nico et Carine pour votre accueil fantastique, votre générosité et votre gentillesse sans limite !!

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Domaine Antoine Sanzay à Varrains

4 Mars 2016, 09:07am

Publié par Docadn

Bonjour,

Tardive suite et fin d'un week-end saumurois, aux allures de marathon des vins.

Après le retard cumulé chez Sylvain Dittière, nous arrivons chez notre second vigneron à Varrains.

Sanzay, un nom plutôt répandu dans la commune. Il semble que pas mal de visiteurs se trompent en allant frapper chez Céline et Didier Sanzay, quand ils cherchent Antoine !!

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Accueil chaleureux malgré notre retard peu excusable, nous entrons rapidement dans le vif du sujet.

Antoine Sanzay s'est installé "officiellement" en 99, livrant dans un 1er temps ses raisins à la cave coop locale. C'est en 2002 qu'il démarre ses propres vinifications.

A la tête de 11,6 ha (dont 10,30 en cab' franc) sur les appellations Saumur et Saumur-Champigny, en conduite bio depuis 2011, officialisée en 2014, il "creuse son sillon" avec l'ombre du Clos Rougeard pour modèle. Exemple qu'il aspire à effleurer, avec humilité, dans sa quête de l'élaboration de beaux vins.

Si les amateurs rattachent systématiquement Les Poyeux au Clos Rougeard, ce terroir est en fait plus grand qu'on ne le croit... et n'est pas le monopole du domaine tant courtisé de la famille Foucault !!

Les Poyeux s'étale sur une trentaine d'ha... mais peu osent le revendiquer sur l'étiquette !!

Antoine Sanzay en exploite 3,85 ha, sur une double exposition.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Antoine produit, en sus, 1 blanc (Les Salles Martin) et 2 autres cuvées de rouge (Domaine et la Haye Dampierre).

Nous démarrons par les rouges, avec la cuvée Domaine 15 (en cours d'élevage, représentant 7 ha) au nez un poil réduit, au fruité très avenant. La bouche s'avère "serrée", acidulée, fraîche, sur une austérité marquée, à la finale déjà aboutie. A ce stade, la malo est terminée, l'ensemble n'est pas (encore) sulfité.

Une autre portion de la future cuvée Domaine 15 (appellation Saumur-Champigny), au fin sucre palpable, plus complexe que la précédente.

Une dernière salve de cette même future cuvée, au "sucré" toujours marqué, à l'ampleur plus surprenante, à l'étonnante finale d'orange sanguine.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Place à la Haye Dampierre 15 (Saumur-Champigny, en cours d'élevage, vignes de 15 à 50 ans, orientées nord-nord-est), au nez complexe de graphite, "d'écorce verte/rafle", perlante à souhait en bouche. Un "toucher de bouche" au grain très agréable, se déclinant sur des notes de marc de café, à la finale complexe... mais un ensemble un poil fatigant pour moi !!

Les Poyeux 15 (Saumur-Champigny, non soutiré après malo), issu de vieilles vignes de 50 à 60 ans, annonce sucre et épices au nez, quand la bouche décline une astringence poussée sur un profil sablonneux "évident". La finale est moins classieuse que sur Haye Dampierre, presque "sudiste" dans mon ressenti. Sortie prévue en 2017, après 1 an de foudre, puis 1 an de cuve béton.

Le dernier rouge tient ses promesses !! Antoine Sanzay nous sert son futur Les Poyeux 14. SPLENDIDE est le seul "mot-hurlement" qui vient immédiatement percuter mes sens au contact de ce (déjà) divin nectar !! Plénitude, finesse, ciselage de grande école que cette future TRÈS grande bouteille !! Si vous en croisez à sa commercialisation, prenez tout !!

Au tour des blancs, avec la future Les Salles Martin 15 (appellation Saumur) aux effluves puissants de pêche-poire, à la bouche perlante, qui verse dans le "100% pur jus de fruits" à ce stade.

Une autre version de la même cuvée présente un profil plus fermentaire, un boisé appuyé. La matière est plus détendue, pétant la poire, à la jolie amertume finale.

Ultime bouteille, avec Dampierre 14 (pas de malo, même si le doute m'habite sur le nom de cette dernière) transpirant le "boisé-lacté" au nez, pour une bouche offrant finesse et jolie finale menuisière.

Une très jolie séquence vigneronne que cette escapade chez Antoine Sanzay. Le trentenaire est affable, humble et franc. Comme tous les passionnés, le doute se pose en jalon de chacun de ses vins.

Antoine Sanzay semble porter le "syndrome du grand cuisinier" qui, pour atteindre l'évidence, a dû peut être se perdre dans des circonlocutions viticoles pour comprendre et faire le beau et le simple dans ses vins !!

Ses Poyeux 2014 sont la preuve irréfutable qu'il a trouvé son chemin et sa destination...

Domaine Antoine Sanzay

19 Rue des Roches Neuves, 

49400 Varrains

Tél : 02 41 52 90 08

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Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

17 Février 2016, 16:23pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Début janvier 2016, j'étais (déjà) en vadrouille sur les terres ligériennes pour aller à la rencontre de 2 vignerons (choisis par référudum par une bande de picolos composée de Centristes, d'un Angevin dégarni et d'un Breton prenant la même voie).

Notre première étape nous emmène à Montreuil-Bellay, chez Sylvain Dittière.

J'ai fait connaissance avec les vins de ce dernier il y a environ 3 ans, grâce à un de mes talentueux cavistes.

Connaissant mon aversion naturelle pour le breton (l'autre nom du cab' franc), il a su me convaincre très rapidement de la haute qualité de ce dernier !!

Il est temps de découvrir le bonhomme qui se cache derrière les vins.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Déjà, le zozo a zappé notre rencard est à la bourre, il arrive en souriant, s'excusant, nous invitant directement dans les entrailles de la cave.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Sylvain Dittière se présente succinctement.

Lié familialement aux Foucault (feu Charly et toujours Antoine, du Clos Rougeard), il a déjà pas mal roulé sa bosse dans les vignes et au(x) chai(s).

Château Yvonne, Thierry Germain, Gauby, Tempé et forcément les frères Foucault étayent son cv.

Désormais à la tête de 6,5 ha, la première cuvée du Domaine de la Porte St-Jean est sortie en 2010.

Nous démarrons par (la future) La Perlée 2015 (vin de France), issu d'une partie des 2,2 ha de chenin qu'il tâche de remettre en état, après 10 ans sans entretien !!

Ce "brut de fût" (fût de 500 l, d'un vin) respire le fermentaire, verse dans le "jus sucré", déjà très typé chenin, à la salinité évidente, aux étonnants "amers sucrés" (allez-y régalez-vous, c'est cadeau). Une vigne qui a produit 2hl/ha lors de sa première année de "remise en état" !!

2ème barrique, Le Saut Mignon 15 (Vin de France), un sauvignon en cours de malo, au nez très boisé, à la matière nette, respirant une "pureté" et une plénitude immédiates. Pas de "sucre palpable", du gras, une certaine rondeur, des amers un poil flottants, à la finale longuement poivrée.

Fin des blancs, avec La Perlée 14 (2 ans d'élevage prévu), au nez de "bois neuf" dominant, à la réduction marquée, au caractère agile en gueule, assez court, au boisé confirmé, aux amers fins et frais.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Place aux rouges. Nous effectuons des migrations désordonnées d'une barrique à l'autre pour découvrir les différentes cuvées.

Saumur-Champigny, La Porte St-Jean 2015 (en cours d'élevage, 6 semaines de macération, zéro pigeage, zéro remontage) propose un très joli nez, un perlant dont le fruit ne se laisse pas compter. L'ensemble s'avère fin, presque cristallin, hélas gâché par une finale un poil grossière.

Sylvain Dittière est bavard comme moi pas permis !! Il débite ses commentaires comme un Antoine De Caunes parkisonien des cordes vocales. Nous apprenons que les blancs sont sulfités autour de 30 à 40 mg. Pour les rouges c'est de 20 à 25 mg de SO2 au global.

Saumur - Les Cormiers 2015 (élevage fût neuf), issu d'un "terroir jurassique planté de cab' franc de 60 ans", sent le pain grillé, tandis que le jus déploie fraîcheur, netteté, et fruité démoniaques.

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2014 (vin de presse) offre un nez de vernis pas des plus sexys, louchant sur le "naturel peu protégé sur le fil du rasoir". L’expression est par contre plus "directe", immédiate, crayeuse, à la finale un poil sucrailleuse.

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique de 2 vins) signe la fourrure au nez, alors que fraîcheur et élégance sautent au palais. L'ensemble est très mûr, joliment pinoteur par moments !!

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique neuve) signe un nez très mentholé, un toucher de bouche flatteur, une amertume hélas rédhibitoire.

Saumur - Les Cormiers 2013 fait dans l'air marin puissant (iodé à bloc), servi un poil froid, on devine une matière très mûre, un bon soupçon de volatile, une finale crayeuse et une généreuse gourmandise qui louche vers le sureau.

La remontée du temps se poursuit...

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2011 évoque le métal froid au nez, tandis que le pruneau, le café et le tabac se disputent la suprématie en bouche. Une sensation demi-corps/aqueuse laisse la finale "flottante".

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2010 dégueule de jus de fraises au pif, une pointe de graphite et les airelles en bouche. Finale glougloutante simple mais efficace.

Saumur - Les Cormiers 2012 (1er millésime de cette cuvée) pète de réduction, mais se rattrape aux branches avec une délicatesse superlative en bouche. C'est fin, frais, au "juste grain qui roule sous la langue", à l'équilibre d'école.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Six Roses 2014 (chenin-sauvignon-cab' franc), un pet' nat (pétillant naturel) qui offre craie et amertume prononcées. Une cuvée qui à la particularité de subir, en sus, une macération de pétales de roses.

Mais ce n'est toujours pas fini, Sylvain Dittière est chaud, il enchaîne...

Le Saut Mignon 14 est too much pour mon palais !! La pointe sucrée ressentie n'arrange rien. Pas ma came !!

La Perlée 2013 a le nez "pharma angevin que je sens partout" très prononcé. Le jus a une niaque terrible, des amers puissants et une fraîcheur salvatrice.

Nous sommes remontés à la surface depuis quelques vins, mais notre vigneron est inarrêtable !!

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Il dégoupille à la chaîne de fort jolies quilles (dont une spectaculaire Jeunes vignes 2014 de Cyril Fhal), nous "empêchant" quasiment de partir (provoquant un retard qui frôlera les 01h30 en arrivant au resto).

Derrière ce trentenaire (monté sur pile à hydrogène), qui peut s’avérer presque agaçant au premier abord, se cache un fou du vin, de la vigne et des hommes qui animent ce milieu !!

On croit d'abord avoir affaire à mon double un "branleur pas très sérieux et un peu grande gueule", mais les vins, le discours et l'approche dont il nous a fait une brillante présentation/démonstration vous fait réviser rapidement ce raccourci facile.

La séquence finale de notre visite a montré l'immense générosité spontanée du bonhomme, le "lâcher prise" naturel dont devraient s'inspirer d'autres vignerons, le tout adossé à des vins qui en 6 millésimes, à peine, s'affirment comme des références saumuroises en devenir !!

Sylvain Dittière
La Porte St-Jean
100 rue Porte St-Jean
49 260 Montreuil-Bellay
Tél : 02 41 40 41 22
sylvain.dittiere@hotmail.fr

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Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

6 Février 2016, 18:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Au lendemain des Pénitentes, nous tentons aussi une première incursion dans le salon estampillé "rock en bouche" (c'est moi qui le surnomme ainsi).

Les Anonymes se veut un salon dédié aux talents de demain, à ceux qui n'ont pas encore, ou n'auront jamais, les moyens financiers ou médiatiques d'accéder aux grands salons voisins...

Une seule condition : être dans la mouvance nature-bio-biody-permaculture et aimer les shampoings pour castors.

Je m'attendais à un peu plus de "dreads-clopes roulées-anneaux écarteurs", mais nos hipsters des Pénitentes sont encore là !!

Si je me suis taillé une solide réputation dans les choix souvent risqués l'éclectisme des vins que je goûte et achète, mon collègue de goulot est beaucoup moins aventureux dans ce domaine. L'exercice qui va suivre va renforcer cette conviction.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

10h15, c'est déjà la cohue dans les salons Curnonsky !! On annonce près de 300 tickets vendus en 15 minutes !!

Nous errons quelques minutes, tentant de repérer quelques noms familiers, puis de nous arrêter au "bar vigneron".

L’entame se fait avec Sébastien Fleuret et son "Refaire le monde" 14, au fin sr plutôt intégré, à la finesse évidente.

"Léon 14" (semi-carbo) glougloute naturellement, sur fond de raisins bien mûrs et épicés.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Un petit tour chez Lilian Bauchet, qui semble enfin "respirer" avec son nouveau domaine, aux dimensions (3,5 ha) plus adaptées.

"Point d'Orgue" 13 se goûte sec, presque austère en l'état, avec une volatile "limite".

"D'une Rive à l'autre" 14 (habitant d'un côté, ses vignes sont sur la rive opposée de la Saône) offre un léger perlant, associé à une typicité toute "beaujoloise".

Pour finir, "Amor Fat" 14 donne dans la grenadine, le juteux enthousiasmant et une finale aux jolis amers.

4 cuvées normalement dispos, mais la dernière était "sur le flanc" selon son géniteur.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Détour par Péchigo (Sylvain Saux, 1,3 ha en rouge, 1,2 en blanc), avec un carignan 13 perlant, mûr, très souple, un mauzac 09 poivré, puissant aux amers limites, puis pour finir, une cuvée 08 à dominante de chardo, juste imbuvable en l'état, malgré la sympathique finale miellée.

Chez Bouju (absent, sûrement débordé à fermer un carton), une "Violette 14" juteuse, à la fine volatile, alors que "Brutal 14" est bien plus net (syrah/gamay 50/50).

Julie Brosselin (ex-Le Petit Domaine) s'est lancée toute seule, comme une grande !! Son grenache 14 a le nez qui déboite chafouin, une bouche oxy, une finale épicée moins sauvage.

Son cinsault 15 respire la carbo et glougloute sans efforts. Son "Rue d'la peste" 15 (carignan/syrah) offre un généreux jus, à la jolie finale.

"Queue de comète" 15 (mourvèdre/cinsault 50/50) est simple, plein, mûr, là encore joliment juteux.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Grosse série chez Pierre Boyat, avec pour démarrer, "Les Cabanes" 15 (très jeunes vignes) d'une netteté modèle, adossée à une évidente gourmandise !!

"Bois de Lune" 14 a une volatile ravageuse, une matière "rock de chez rock", "Noir de Rouge" 14 offre des tannins rugueux, la version "bois" a une volatile encore plus prononcée.

"Les Rennes" 14 (sur granit) est simple, le St-Véran 14 très épicé et plein, le même sur 13 est plus bordeline, quand le 12 (2 ans de barrique) délivre un voltage à ressusciter Cloclo et le King simultanément, le tout sur un fil"rock barré nature débridé".

Partons dans le Jura, avec une salvatrice découverte postée juste à côté de Lilian Bauchet : Didier Grappe.

Le savagnin ouillé 14 "poire comme un ch'nin", c'est net, très gourmand pour "dé-Lignac-iser" l'expression.

Le "Chant Rouge" 11 (chardonnay) balance un curry puissant au nez, quand la matière file bon train, sur l'amande, entre les badingoinces.

La bulle de "Clash" (vin mousseux de qualité selon l'étiquette) malgré un joli crémeux, laisse une impression brouillonne dans son effervescence peu rectiligne (chardo/savagnin).

Un rouge pour finir, mariage improbable de pinot noir-trousseau-chardonnay et poulsard qui glougloute de plaisir.

Julie Balagny est toute rouge, dynamique et ne manie pas la langue de bois !! Quand c'est barré, elle assume et le reconnaît !!

Son Beaujolais 15 est simple et pas mal, le MAV (moulin-à-vent) 15 très perlant, à la matière nette, "Pestiféré" 14 l'est moins que son nom.

Retour au "bar du vigneron", pour une escale chez Joseph Paillé, qui en a fini avec L'Anjou !! Le voilà désormais Roussillonnais depuis septembre 2015 !!

Le Domaine Benastra proposait un Côtes-du-Roussillon 15 (syrah-grenache et ??, j'écris mal bordel), déjà fort aimable, Benastra 15 (syrah-grenache-mourvèdre, tiens c'est lisible là), au métal jaillissant, au jus expressif, puis pour finir la gamme magenta, un 100% grenache à la finesse palpable, sans lourdeur, malgré le côté très mûr du jus.

Un Benastra blanc 15 pour finir (maccabeu-chardo), juste, fin et frais !!

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Pierre Borel bosse sur un jardin de 2 ha à Bourgueil. Il n'en vit pas encore totalement, pourtant le résultat montre qu'il mérite d'y consacrer tout son temps !!

Son Bourgueil 12 (éraflé) a profité d'1 an d'élevage, se goûte comme une jolie carbo, glissant sans peine jusqu'à la glotte toute heureuse de cette vinothérapie de qualité.

La version 11 montre déjà des signes d'évolution, savant mélange de douceur et de rugosité !! De plus, les prix sont abordables (en direct, comptez moins de 10 €).

Chez L'Escarpolette (Yvo Ferreira), on sert en "chaussettes doigts" sur un piédestal en carton !! Un blanc 15 qui muscate (forcément y'en a), frais, aux sr évidents. Brutal 15 (ils sont plusieurs vignerons à éditer une cuvée Brutal, avec la même étiquette), pète de fruits rouges, tout en restant sec et frais. Escarpolette 14 renifle la "carbo évoluée et sucrée", alors que son cinsault 14 respire la plénitude et la générosité d'un jus. Sur la version 13, des arômes de viande grillée occupe une matière à l'impression, là encore, d'évolution rapide.

Soyons honnêtes, si mon collègue de goulot a grimacé quelques fois, j'attendais aussi un pourcentage plus élevé d'effluves inspirés d'écuries normandes !!

Par contre, on ne peut passer sous silence certaines volatiles débridées, voire carrément délirantes, plus ou moins assumées par leurs géniteurs !!

Les Anonymes, un happening moyennement taillé pour les "radicaux-centristes du vin" comme moi, même si de bonnes surprises s'y dissimulent habilement.

Force est de constater que ce salon plaît assurément à un public venu en (grand) nombre, dont une majorité était déjà présente aux Pénitentes !!

Billet écrit sous rhume XXL, pendant que d'autres collègues de goulot me narguaient avec leurs quilles et leurs plats pour la Xème LPViade BzH à Rennes !!

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