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EscapadeS

Articles avec #degustations

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

27 Novembre 2013, 22:08pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une dégustation exceptionnelle, voire "historique", à laquelle j'ai eu la chance d'être convié, a eu lieu il y a quelques jours, en terre ligérienne.

Un individu (épaulé d'autres, sur certaines cuvées), dont je raille régulièrement la petitesse physique, quand ce n'est pas sa structure biologique, aussi résistante qu'une boîte de Pétri ouverte, a eu l'excellente idée de poser sur la table plusieurs millésimes du Clos Naudin, emblématique domaine de Vouvray, dirigé par "Philibert" alias Philippe Foreau.

Une dizaine de millésimes en sec, demi-sec, moelleux, moelleux Réserve, ainsi que les 3 uniques "Goutte d'Or" produites depuis la création du domaine, en 1910.

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Nous sommes une dizaine autour de la table, prêt à partager un grand moment vinique aux allures historiques.

Clos Naudin - Vouvray Sec 2001 : nez fumé, relativement réduit, au fin bois blanc, caramel, menthol et miel.

Une attaque demi-corps, à l'acidulé moyen, à la mâche un poil décevante en l'état. Il gagnera en épaisseur et en energie sur la soirée. Finale affirmée sur le pamplemousse. **

Clos Naudin - Vouvray Sec 1995 : un nez "liégeux", pas net, quand la bouche propose une noix verte rédhibitoire peu aimable.

La déviance est "nette" en bouche, le jus sur une pente d'oxydation prononcée. NN

Clos Naudin - Vouvray Sec 1988 : joli nez grillé, très "bourguignon élevé", virant sur le lactique et l'exotique, quand l'aération lui donnera même des airs alsaciens avec des notes pétrolées.

L'attaque est large, tranquille, juvénile, nette, joliment épicée, aux fins amers. Un "vrai sénateur prêt à attaquer un 5ème mandat", avec une inébranlable assurance. ***

Clos Naudin - Vouvray Sec 1996 : un nez à l'acidité jaillissante, mêlant fruits jaunes et poire. Une attaque douce, finement épicée, subitement cristalline, à l'équilibre modèle, au fruité ravageur. Très joli spécimen, pour finir cette première série. ***/***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Place aux demi-secs :

Clos Naudin - Demi-sec 2000 : nez peu rassurant de vernis et sparadrap. Une attaque de densité moyenne, chenin caractéristique, "tendu-moyen" (un peu comme un calbut de quelques années qui tient, mais pas comme au 1er jour, déformé qu'il est par le grattage permanent des burnes un port trop fréquent), à l'expression pharma sous-jacente, au pamplemousse salvateur en finale. **

Clos Naudin - Demi-sec 1995 : bouchonné !! Arghrrrrrr NN

Clos Naudin - Demi-sec 1996 : un nez qui truffe puissamment et plaisamment, aux effluves plus ténus de mangue et d'ananas.

Un "déroulé en bouche" manquant un chouia de mâche, à l'expression acidulée, à la finale un poil trop courte, au bel équilibre général. ***

Clos Naudin - Demi-sec 1997 : nez très inquiétant "d'alcool pour réchaud à fondue", pas net du tout, encore une quille liégeuse. NN

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Au tour des moelleux d'entrer sur la piste :

Clos Naudin - Moelleux 1995 : pointe déviante évidente pour mon pif. Miel, épices et "allure demi-sec" caractérisent ce jus pâlot, à la finale finement acidulée. */*(*)

Clos Naudin - Moelleux 1996 : nez discret, qui "safrane" délicatement, aérien, finement mentholé, frais, dont l'arrivée dans le gosier est un poil délitée. L'équilibre s'installe lentement, au fil du temps, délivrant enfin épices et ananas intenses. ***

Clos Naudin - Moelleux 1997 : nez très "grillé", à la réduction palpable, carton mouillé, donnant une impression générale de "pas net".

La bouche dément formellement le nez, avec une belle attaque acidulée, un duo safran- ananas efficace, à la richesse peu fatigante, à l'amplitude de bon aloi. ***

Clos Naudin - Moelleux 1989 : truffe blanche intense, écrasant toute autre flaveur !! Une matière racée, épicée, finement salivante en finale, à la longueur modèle. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

4ème étage de la fusée, avec la cuvée Réserve (120 à 180 g de sucre) :

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1997 : Robe splendide, très évoluée, nez pâtissier, confit, épicé, à l'acidité jaillissante, aux agrumes affirmés.

La matière caresse la cavité buccale, distillant avec grâce, safran, datte, abricot, le tout sur un équilibre magistral. Ensemble aérien, à la longueur vibrante, suave, énergique et majestueuse. ***(*)/****

Clos Naudin - Moelleux - Bonnet Rouge 1947 : nez de "vieux Maury aux accents jurassien" mêlant noix, café, figue, champignon et poire au four.

Matière demi-corps, aux accents marins prononcés. Etonnant et sympathique jus historique, issu d'une vigne désormais aux mains du Domaine Huet. **(*)/***

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1995 : sucre candi, figue et fraîcheur signent le nez d'un splendide nectar aux accents d'abricot frais, dont les étonnantes empreintes métalliques et sanguines, sont révélées par une structure ténue, à la fine pointe alcooleuse, quasi de noble rang à ce stade. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 2003 : nez pharmaceutique, vernis, gingembre, essence algérienne et caramel. Un "sucré" beaucoup plus massif que les Réserve précédentes, une matière moins complexe aussi, moyennement digeste à mon goût. **

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1989 : Nez grillé et réduit (un peu comme le Moelleux 97), truffant généreusement, aux épices douces agréables. L'acidité tient la matière, un poil lâche, mais n'excite pas pour autant tous les sens. **/**(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1990 : l'abricot et la figue en tête, quand l'attaque acidulée laisse place à une certaine élégance, une complexité enthousiasmante, un beau sucre addictif. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Dernier étage de la fusée ligérienne, avec les 3 mythiques Goutte d'Or :

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1947 : un nez "typé PX" (Pedro Ximénez), rancio, assez proche de "Bonnet Rouge".

Figue extravagante, aérien et une pointe "pas droite" caractérisent la prestation en bouche. Un ensemble malgré tout agréable, salivant, au champignon final très local. **(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 2011 : la dernière née des GO, comme disent les pros !!

Un stupéfiant nez de gewurztraminer, fleuri, qui vire sur le berlingot. Une attaque très "nectar de poire", doucereuse, qui se transforme en grenadine. La longueur est kilométrique, sensuelle, comme un verger sous le soleil d'un généreux printemps. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1990 : datte, safran, encaustique signent les promesses d'un grand, d'un très grand vin.

La suite n'est effectivement pas décevante !!

C'est une potion magique qui tapisse nos joues !! Le vin affiche une supériorité, un équilibre, une tension, une richesse, un érotisme suprêmes !! Les expressions sont sublimes, la longueur extatique !!

C'est Gargantua en tutu qui récite du Baudelaire !! ****

C'est comme sonnés par ce dernier monument liquide, que nous terminons ce 1er round de près de 03h00 !!

Place aux agapes et à d'autres jus de raisins (une trentaine en tout), pour nous remettre doucement de ce splendide voyage dans le temps et les saveurs, juste en posant son cul sans brûler des milliers de calories !!

On pourra quand même regretter le nombre élevé de "quilles bouchonnées" et viser, presque sans hésiter, la mauvaise qualité de ces derniers (et donc du choix de l'acheteur), au vu du prix des vins concernés !!

Encore un immense merci aux généreux donateurs, ainsi qu'à So et Jull pour leur hospitalité !!

Le genre de soirée que l'on aimerait vivre plus souvent... et tant pis s'il n'y a pas que des monstres sacrés, pourvu que j'y retrouve autant de convivialité !!

C'est quand vous voulez les gars les filles !!

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La Lanterne Rouge 2010, Clos Fantine

2 Novembre 2013, 15:17pm

Publié par Docadn

Un peu de liquide dans un monde très, voire trop, solide pour certains...

Retour sur une bouteille achetée lors du salon breton des babos-viticulteurs de l'édition 2011 de Vini Circus.

Clos Fantine, pour ce que j'en sais, c'est une vingtaine d'ha sur l'appellation Faugères (Cabrerolles), drivé par un trio familial composé de 2 frangines (Corine et Carole) et d'un frangin (Olivier).

Je n'ai jamais croisé le "frère Andrieu".

Seules les 2 soeurs semblent assurer la "promo" du domaine dans les différents salons fréquentés.

Des vins que j'affectionne particulièrement, au fil des rencontres.

Le vignoble est mené de manière "plutôt non-interventionniste". On y tolère juste un peu de soufre et de cuivre pour les éventuelles attaques d'oïdium et de mildiou.

Adeptes du "zéro soufre", revendiquant la notion de "vin nature", nous allons vérifier la "tenue" de ce Vin de France, 2 ans après son acquisition.

La Lanterne Rouge - Vin de France 2010 - Clos Fantine

La Lanterne Rouge - Vin de France 2010 - Clos Fantine

La Lanterne Rouge est composée, selon les millésimes, d'une part variable de cinsault et d'aramon.

Il arrive même qu'elle soit élaborée à 100% d'aramon (vieilles vignes "amoureusement" entretenues).

Pour ce millésime 2010, les 2 cépages sont présents (aucune idée de la proportion).

La Lanterne Rouge 2010, Clos Fantine

A l'ouverture, le caractère "nature" ne fait pas de doute. Il n'est pas des plus séduisants, avec ses notes repoussantes "sauvages".

De quoi presque donner raison aux farouches opposants aux "vins bios-natures qui sentent le rectum de dindon grippé !!"

Heureusement que ces flaveurs, quasi rédhibitoires, laissent enfin place à un fruité discret, des notes terreuses puissantes, un caractère métallique et sanguin dominant.

D'étonnantes effluves vanillés et de malt à whisky clôturent l'inventaire imaginaire de mon pif (seul le blanc du domaine est élevé en barrique, les autres vins n'en voient pas la couleur !!).

La matière est "très perlante" (on imagine une bonne dose de CO2 à la mise, pour "protéger un peu le vin sans soufre ajouté"), désagréable d'emblée, aigrelette, aux saveurs évidentes de lait caillé.

Le doute s'installe : le vin est-il foiré ?! Patience !! Oublions-le 01h00...

Le nez est toujours fruité, métallique, sanguin. Les notes "sauvages" ont disparu.

La matière ne présente plus son caractère aigrelet. Le perlant est toujours présent, le vin semble enfin "en place".

Le jus se présente de manière moins "rustique" au palais. L'ensemble s'est adouci, virant même sur un caractère "cabernet ligérien" sur certaines gorgées.

Le lendemain, c'est le métal qui domine le débat du nez. L'ensemble est net, sérieux, souple, "pas très complexe mais agréable", au profil "ligérien dans l'âme" très trompeur, que "l'étonnant crayeux de fin de bouche" renforce indéniablement.

Le verdict : c'est bien fait pour moins de 10 € !!

"Se boit simplement", comme le revendique Carole.

***

Pensez juste à aérer une grosse heure avant de le servir.

Pour les "allergiques au gaz", un carafage (pas trop violent) sera bénéfique.

Au passage, "La Lanterne Rouge 11", goûtée l'an dernier aux Greniers, était assez épatante !!

Ne pas passer, pour autant, à côté des Tradition (Faugères) et autres Courtiol (Faugères itou) et du domaine.

Clos Fantine

Corine, Carole, Olivier Andrieu

La Liquière

34480 Cabrerolles

Tél : 04 67 90 20 89

corine.andrieu@laposte.net

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#VdV 59, pif & zique, la version "Zi Artist" de "j'kiffe ton pif"...

27 Septembre 2013, 15:02pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Petite pause sur les péripéties nippones, pour revenir sur les fondamentaux : les Vendredis du Vin.

59 ème épisode avec une Zidente de moins de 35 ans, fan de "wine-séries", de rouges à lèvres, des lunettes d'Hubble de Ségolène Royal jeune et de vin.

Lolita Sene est la gourou du blog "j'<3 ton wine".

Pour son VdV, elle nous propose la feuille de route suivante :

pour ce VdV#59 c’est à votre tour de m’annoncer vos accords vin et musique.
Un Saint Joseph avec de la pop ?
Un Pomerol avec une sonate de Chopin ?
Un Champagne avec du bon vieux rock ?
Un Touraine avec de la chanson française ?
Présentez-moi votre cuvée confrontée au morceau de musique qui vous parait
être le plus adéquat, vibrant, intense.

Comme votre serviteur est un "véritable amateur" au sens incompétent noble premier du terme, cette session "expérimentale" m'aura conduit à découvrir les fonctions animées le mode vidéo de mon appareil photo.

Les plus fins connaisseurs observateurs pourront apercevoir une magistrale non-maîtrise de ce dernier, sans parler des nombreuses bourdes coquilles qui parsèment le propos.

Aussi, le flou "artistique" observable sur ladite vidéo, est involontaire, d'où des "images qui ne bougent pas" ci-dessous, pour préciser les éléments "floutés" de la vidéo...

N'y cherchez point d'hommage au Bob nasillard, ni à Alain chante pas trop fort, j'ai juste plus de voix...

Ici Bernardo, à vous les studios...

Coeur de Roche - Vin de France - Emmanuel Chauvin - Domaine du Chardon bleu

Coeur de Roche - Vin de France - Emmanuel Chauvin - Domaine du Chardon bleu

"Le convoi", extrait de l'album "Vers les lueurs" - Dominique A - Cinq7 de Wagram Music - sortie le 26/03/12

"Le convoi", extrait de l'album "Vers les lueurs" - Dominique A - Cinq7 de Wagram Music - sortie le 26/03/12

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VDV#58 : les vins super-héroïques

30 Août 2013, 07:42am

Publié par Docadn

Bonjour,

Retour aux bonnes vieilles habitudes avec les VDV, alias les Vendredis du Vins, rendez-vous mensuel incontournable du microcosme alcoolique vinique du oueb.

Ce mois-ci, c'est Tom Delanoue, scribe en chef du blog 1098.fr, qui officie en tant que Zident des 58ème VDV.

Pour ce dernier VDV de l'été 2013, il nous propose de plancher sur les vins super-héroïques...

Est-ce que pour vous une bouteille est un super-héros à part entière ? Ou peut-être un vigneron ? A moins que vous ne soyez convaincu que le héros de votre enfance – fut-il Super Dupont – a une bouteille préférée…

VDV#58 : les vins super-héroïques

Voilà une thématique faussement fastoche, prompte à vous plonger dans l'écueil et le cliché.

Je ne connais pas grand chose aux super-héros de Marvel, en dehors de la vision décalée du roman de Mancassola...

De manière plus "réaliste", je pense que quelques (rares) vignerons de part leur travail, leur acharnement, leur volonté, sont proches du statut de super-héros...

Ils ne sauvent pas le monde, mais contribuent à leur manière à le rendre meilleur, "plus sûr"...

Le statut de super-héros ne passe pas obligatoirement par le fait de voler avec une cape, de mettre un slip rouge par dessus son pantalon en latex sado-maso équitable, ou de rouler des pelles de chauve-souris à Robin quand Gotham n'a pas de soucis !!

Mon "héros" du pif est taillé comme un anchois pygmée, porte souvent une chemise à carreaux à la Charles Ingalls, les lunettes d'Oscar Goldman et le pantalon en velours fatigué d'un Jean Rochefort...

sources Wikipédia - Undefined - yesgaston
sources Wikipédia - Undefined - yesgaston
sources Wikipédia - Undefined - yesgaston

sources Wikipédia - Undefined - yesgaston

Non, il n'a pas de mâchoire anguleuse comme un parpaing, des muscles saillants, un masque flippant, une tablette géante de chocolat en guise de bide, un nom qui commence par "Super", "Bat" ou "Iron" avec un "man" à la fin pour faire comme François Feldman...

c'est un homme, tout simplement... Certes il est chétif, tremblant, sûrement fatigué par des décennies de labeur, mais c'est lui mon super-héros du vin !!

Le super-héros est à gauche, il "ressuscite" un caviste (frisé à droite) en lui offrant du très bon vin... (source FB - JM Imberdis)

Le super-héros est à gauche, il "ressuscite" un caviste (frisé à droite) en lui offrant du très bon vin... (source FB - JM Imberdis)

Jean-Pierre Monier a repris l'exploitation familiale de 5,3 ha à Brunieux (St-Désirat), au milieu des années 70.

Il décide alors de l'exploiter sans pesticides ni herbicides... et ça, à l'époque, c'était déjà un acte de courage, presque de désobéissance que seuls les super-héros pouvaient accomplir !!


En biodynamie depuis 1996, Il s'associe avec Perréol en 2008, lui même en bio depuis 1995.

"Super-Jean-Pierre" est toujours resté loin des "modes", des dogmes et autres vagues successives des tendances, à la vigne comme au chai.

C'est un sage de la vigne, sûrement un des meilleurs décrypteurs des granites, gneiss et micaschistes locaux !!

Ses St-Joseph ne font pas partie des stars de l'appellation, le super-héros anonyme, c'est lui...

VDV#58 : les vins super-héroïques

J'ai découvert ce domaine en 2007, à travers un anonyme "Vin de Pays des Collines Rhodaniennes" acheté sur un marché bio du Morbihan à 7,50 €... un choc !!

A partir de là, je n'ai cessé de suivre de près ou de loin, tout ce que ce super-bonhomme faisait...

Nous sommes quelques-uns à avoir la chance de pouvoir l'approcher tous les ans au salon Renaissance aux Greniers St-Jean à Angers...

Et tous les ans, avec sa petite voix, vêtu de sa tenue de super-vigneron, il nous offre ses supers pinards !!

Et chaque année, le même constat : comment ce mec-là, avec des vins pareils, reste-il à l'ombre des autres "vedettes" du Rhône-nord ?!!

Une injustice ?! Nos goûts de chiottes à vouloir encenser des vins qui ne le méritent pas ?!!

Goûtez n'importe quel St-Jo (bon, y avait bien un 08 qui a un peu trop de gaz !!), c'est trèèèèèèès bon, accessible à des tarifs (propriété) humains, très humains, qui font qu'on ne l'appellera jamais "Jean-Pierre Money"...

Il n'y a pas de bons vins sans bons vignerons...

Le héros n'a ni site oueb, ni compte "touitter", mais il répond aux mails et parfois au téléphone !!

Cessez donc d'encenser les costumes de paillettes et les vins bodybuildés !!

Renoncez aux supers-vigneronshéros de pacotille qui vous aveuglent avec tous leurs gadgets et leurs technologies !!

Ecoutez plutôt ces vignerons qui vous parlent de leurs vignes et pas de leur dernier SUV tracteur...

Regardez enfin ces super-héros ordinaires faire du vin normalement, sans crier, sans gesticuler...

Jean-Pierre Monier

88 route des vignobles Brunieux

07340 St-Désirat

04 75 34 20 64

domainemonierperreol@orange.fr

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Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

13 Juillet 2013, 09:51am

Publié par Docadn

Bonjour,

Dernière étape de notre "Tour des Vignerons", avec Antoine (& Rachel) Olivier, installés à Santenay (Côte de Beaune) sur près de 10 ha selon la presse (7,5 selon mon oreille distraite).

C'est Olivier "père" qui nous accueille dans la sympathique cave familiale.

Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

Il nous hydrate rapidement avec :

Santenay 11, à la mise récente, au notes métalliques puissantes, boisées, à l'attaque douce, souple, un poil "fermé" mais très fruité. **/**(*)

Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

Antoine Olivier arrive. Très souriant, volubile, il nous résume rapidement son parcours, avouant, une fois son père parti, que ce dernier a eu un "peu de mal" à lâcher le domaine.

Désormais "seul" aux rênes du domaine, cet ex-ingénieur chimiste a converti le domaine en bio depuis 4 ans, tout en faisant quelques essais en biodynamie...

La dégustation continue avec un Savigny-les-Beaune 1er Cru - Les Peuillets 10, issu de vieilles vignes de 60 ans, aux notes "empyreumatiques" (un adjectif qui fait kiffer les belges enceintes) marquées, à la pointe sucrée, relativement asséchant. **

Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay
Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

Santenay 1er Cru -Beaurepaire 11 (vignes de 35 ans, sol argilo-calcaire, zéro pigeage, zéro action mécanique) est boisé au pif, frais au nez, aux fruits rouges intenses (là, je sens l'ombre de la barbe de Pierre de Benoist qui plane au-dessus de mon verre), à la finesse évidente, un poil asséchant. **(*)

Santenay - Les Charmes 08 (vignes de 15 ans) à la réduction tenace, quand la rafle (vendange entière) se fraie un chemin dans une matière serrée, là encore asséchante. **

Il est l'heure d'aller voir les vignes...

La pluie ponctue une sympathique vulgarisation de géologie, mâtinée de pédologie, des terroirs exploités...

Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

C'est au hangar du domaine que nous nous retrouvons pour la dégustation des blancs...

Balade bourguignonne volume V : Domaine Olivier à Santenay

Santenay Clos des Champs Carafe 11 (vignes de 20 ans) "boise et poire" sur une trame monolithique, aux discrets amers. **

Santenay - Les Coteaux Sous la Roche 11(vignes de 18 ans), sous sa réduction marquée, a une acidité un tranchant plus soutenu. **(*)

Santenay - Le Biévaux 11 -L'Air de Rien (vignes de 24 ans) propose réduction et bois, quand la matière fruitée, relativement rondouillarde, s'évanouit sur de jolies amandes en finale. **(*)

Santenay - Le Biévaux 08 - L'Air de Rien a un caractère plus affirmé, de part son opulence, son fruité et l'expression très épicée en finale. ***

Bourgogne - Les 2 Dindes 11, en "hommage" à ses 2 filles, est simple, relativement sudiste, rondouillard. **

Antoine Olivier est assurément un "fou du vin", dont les activités (domaine+ négoce) et les investissements prennent une dimension financièrement vertigineuse pesante quand on observe cela derrière notre carnet de dégust'.

Avec 3,5 ETP* et 100 000 quilles produites, on peut aisément imaginer la fragilité d'un modèle économique domaine pareil avec des conditions climatiques exceptionnellement dramatiques...

Des vins au consensus relatif, sur un millésime 11 apparemment très difficile partout, encore plus discutable après ces 4 jours de dégustation....

Domaine Olivier

3 bis Route de Chassagne,

21590 Santenay

Tél : 03.80.20.61.35

domaineolivier@orange.fr

http://www.domaineolivier.fr/

Caveau : 5, rue Gaudin, 21590 Santenay

*ETP : Equivalent Temps Plein

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Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

10 Juillet 2013, 06:22am

Publié par Docadn

Bonjour,

Nous sommes toujours en Côte Chalonnaise, du côté de Givry, pour découvrir le Domaine François Lumpp.

L'accueil est aussi chaleureux que la présence d'un anorexique dans un concours de culturisme... assez spécial !!

Madame Lumpp a le "désagrément" de découvrir que c'est son mari qui a fixé le rendez-vous, qu'il vaque à ses occupations, qu'elle va devoir "faire le job" à sa place !!

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

Passé ce flottement, elle embraye sur l'historique et les pratiques culturales du domaine.

Ce dernier est né de la scission d'un domaine géré, au départ, avec son frère Vincent Lumpp.

François Lumpp "redémarre" donc en solo, en 1991, à la tête de 3,5 ha qu'il complète par des achats de friches qu'il plantera avec des sélections massales (notamment du Clos de Tart).

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

Le couple est aujourd'hui à la tête de 9,5 ha (7,5 en rouge, 2 en blanc), mené en "conventionnel", à savoir, traitements, mais pas de désherbants chimiques...

Le domaine emploie 3 ETP*, produit 45 000 bouteilles les bonnes années, autour de 35-38 000 quilles ces dernières années.

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

Madame Lumpp qualifie l'année 2011 de "complexe", quand 2012 est considérée comme "normale".

Elle insiste sur l'évolution de leur clientèle, composée à 30% de particuliers, devant les cavistes (20%), derrière l'export (45%). Une variation qui les a menés au statut (revendiqué) de "domaine le plus cher de Givry"..

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

Givry - Clos Des Vignes Rondes 11 : issu de 50 ares plantés dans les années 80, vendange entière pressée, zou dans la cuve, un peu de levures exogènes, 30% de fûts neufs, on attend 1 an... cela donne un nez "boisé-beurré typé chardo", un jus très fruité, à l'acidité tonique, au joli équilibre, long, épicé, voire pimenté en fin de bouche. ***

Madame Lumpp commente toujours la dégustation, précisant que la chaptalisation est très rarement pratiquée, que la recherche de l'acidité est toujours visée.

Toujours en blanc, Givry 1er Cru - Crausot 11 fait aussi dans la "planche beurrée" au nez, quand la matière délivre des fruits intenses provoquant une bave généreuse de boxer auréolée d'un côté salivant puissant. C'est large, épicé, là encore très pimenté... ***

A la demande de Madame Lumpp, tous les fonds de verre non dégustés sont récupérés pour l'ouillage...

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

Place aux rouges, dont la dernière mise ne date que de 2 mois (après une première en décembre).

Givry 1er Cru - La Brûlée 11 propose son nez forestier additionné de vanille prégnante, pour une attaque immédiatement asséchante, quand la suite est plutôt "gouleyante mais ténue"... **/**(*)

Givry 1er Cru - A Vigne Rouge 11 a le nez de la finesse évidente. Finesse qui se confirme en bouche par une élégance et une fraîcheur salvatrices. L'ensemble est charnu, très finement asséchant. ***

Givry 1er Cru - Crausot 11 signe un nez très frais et aérien, quand la matière se fait "crémeuse", foncièrement trop jeune. **(*)

Balade bourguignonne volume IV : Domaine François Lumpp à Givry

François Lumpp apparaît, jette un borborygme proche du "bonjour", puis disparaît...

Sa femme ne tarit pas d'éloges sur son mari, pointilleux, limite obsessionnel pour tout ce qui touche son travail... à la vigne comme au chai !!

Les 2 photos du chai donnent un aperçu du monomaniaque qui sommeille en François Lumpp, poussant le vice jusqu'à aligner ses barriques... au laser !!

Fin de la dégustation, les acheteurs doivent patienter jusqu'à ce que leurs bouteilles se parent d'une étiquette collée au dernier moment...

Des vins effectivement "soignés", assez hétérogènes en terme d'expression, au boisé forcément généreux vu l'âge des échantillons goûtés, mais à qui ils manquent "l'étincelle potentielle" pour me faire ouvrir le larf portefeuille !!

Une gamme de prix effectivement "ambitieuse" pour le fauché radin prudent qui sommeille en mon conseiller bancaire...

Après, pour l'accueil, si vous aimez les ambiances débridées des défilés militaires soviétiques, ce domaine est pour vous...

J'exagère un poil, mais juste pour avertir les futurs visiteurs de la tonicité un poil austère de la maîtresse du chai, qui après une ou 2 réparties peut s'avérer moins tendue, voire sympa !!

Domaine François Lumpp

Le Pied du Clou

71 640 Givry

Tél : 03 85 44 45 57

domaine@francoislumpp.com

Sur rendez-vous uniquement (déconnez pas, je dis ça pour vous !!!)

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Balade bourguignonne volume III : Stéphane Aladame à Montagny-lès-Buxy

8 Juillet 2013, 17:54pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Suite de notre périple bourguignon, sur la Côte Chalonnaise, à Montagny-lès-Buxy, à la rencontre de Stéphane Aladame...

Balade bourguignonne volume III : Stéphane Aladame à Montagny-lès-Buxy

Quand la plupart des post-ados ne pensent qu'à piquer la bagnole du daron (quand il ronfle) pour choper des gonzesses, puis boire, puis vomir à la sortie des boites de nuit sans avoir roulé de pelle, Stéphane Aladame, ben lui, il crée à 18 ans son domaine, sans être "fils de proprio" !!

Balade bourguignonne volume III : Stéphane Aladame à Montagny-lès-Buxy

Parti de moins de 3 ha, il est aujourd'hui à la tête de 7,5 ha, dont 6,5 en appellation "Montagny 1er Cru". Il est à ce jour propriétaire d'un seul ha...

Stéphane Aladame ne produit donc que des blancs, sur cette appellation d'environ 350 ha, dont les 2/3 sont en 1er Cru, le dernier tiers en Villages.

Il produit actuellement 6 cuvées, menant son domaine avec différents modes de culture. La moitié de la surface est en conventionnel, 1/3 de son domaine est en "bio non certifié", les 20% restants sont simplement "traités bio".

Balade bourguignonne volume III : Stéphane Aladame à Montagny-lès-Buxy

Le personnage est jovial, très "animé" par son métier et ses vicissitudes. La flavescence dorée est le sujet principal de préoccupation depuis l'an dernier....

Les traitement obligatoires en Saône & Loire (arrêté préfectoral), adossés à un insecticide non-bio mettent les vignerons bio dans une impasse délicate quasi cornélienne...

L'heure de goûter aux 11 du domaine arrive...

Découverte 11 Montagny 1er Cru

Découverte 11 Montagny 1er Cru

De jeunes vignes de moins de 20 ans, 100% cuve, au nez réduit, carton mouillé, berlingot, finement soufré. L'attaque est très fruitée, souple, ramassée, crayeuse, droite, fraîche, aux amers* intégrés. **(*)

Montagny 1er Cru - Sélection Vieilles Vignes 11

Montagny 1er Cru - Sélection Vieilles Vignes 11

Issu de 4 parcelles plantées de vignes de 40 à 80 ans, élevé aux 2/3 en fûts (dont du neuf), au nez très boisé et fruité. Matière directe, nette, aux jolis amers*, un poil courte... **(*)

Montagny 1er Cru - Les Burnins 11

Montagny 1er Cru - Les Burnins 11

Elaboré à partir d'une parcelle de vieilles vignes de 90 ans de "chardonnay muscaté" qui "muscate" effectivement terriblement au nez, pour une attaque acidulée, toujours très muscatée, juste marrant. **

Montagny 1er Cru - Les Maroques 11

Montagny 1er Cru - Les Maroques 11

Nez très réduit, quand l'attaque est grasse, toujours très fruitée, ample, saline, aux amers* très puissants. ***

Balade bourguignonne volume III : Stéphane Aladame à Montagny-lès-Buxy

Un Crémant de Bourgogne 10, à la bulle brouillonne et vive achève notre séance... **

Stéphane Aladame est un plaisant animateur, humble, simple, visiblement toujours en quête du meilleur...

Au global des vins faciles d'accès, sur le fruit, pas très complexes, sur un millésime forcément "particulier", sûrement peu représentatif de la vingtaine d'années d'activité de Stéphane Aladame.

Des vins en phase avec la personnalité du vigneron : sympatoches et "légers"...

Domaine Stéphane Aladame

Rue du Lavoir

71390 Montagny-lès-Buxy

www.aladame.fr

*3 amers seulement pour "Gigi le morose haut" qui fête tout juste ses 3 mois sans article !! Allez Gigi, lâche le Tour de France, ponds-nous un truc !!

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Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert & Pamela de Villaine à Bouzeron

5 Juillet 2013, 21:58pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Je quitte Nicolas Maillet, pour rejoindre, dans un élan de folie totale, une secte aux allures anodines.

Un groupuscule normand qui, une fois le tire-bouchon en main, s'adonne sans scrupules aux sacrifices en série...

Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert &amp; Pamela de Villaine à Bouzeron

Le Cercle de Maigremont est en pèlerinage annuel dans les vignes.

Cette année, c'est le Mâconnais qu'ils ont choisi comme camp de base, pour des visites "en étoile" qui nous mèneront notamment en Côte Chalonnaise, sur celle de Beaune, voire en Nuits pour les plus alcooliques courageux...

4 jours de régime gros bide généreuses ventrées, assorties de grand n'importe quoi liquide gargantuesques rasades de raisins fermentés sont au programme de ce long week-end de l'Ascension...

Le pot de bienvenue au camp de base N°1

Le pot de bienvenue au camp de base N°1

Je vous épargne les images insoutenables de ces soirées de mormons dépressifs, pour vous détailler le "coeur" de ce "salon d'alcooliques normands (et franciliens) à la campagne" !!

Sachez qu'avec "seulement" 2 mois de décalage entres ces visites et le compte-rendu, vous allez lire ICI, un témoignage "à chaud" comparé à celui du Cercle de Maigremont !! Ce dernier risquant de paraître après la libération de tous les otages français dans le monde...

A l'instar du "carbone 14", le "Gildas 14" est aussi un procédé de datation très fiable !! Prenez n'importe quel article de son blog, soustrayez 14 mois à la date de parution, vous aurez la date réelle de l'évènement résumé...

Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert &amp; Pamela de Villaine à Bouzeron

Nous démarrons par la Côte Chalonnaise, au sud de Beaune, à Bouzeron, au Domaine Aubert & Pamela de Villaine...

De Villaine : un nom qui restera sûrement à jamais associé au mythique Domaine de la Romanée Conti...

Sauf que le couple est plus discrètement à la tête de ce domaine depuis le début des années 70, car Madame "aimait bien Bouzeron"...

A gauche : une normande qui se demande à quelle heure on mange - au centre : Pierre de Benoist au téléphone - à droite : 3 américains (importatrice et clients)

A gauche : une normande qui se demande à quelle heure on mange - au centre : Pierre de Benoist au téléphone - à droite : 3 américains (importatrice et clients)

Depuis une dizaine d'années, c'est Pierre de Benoist (neveu d'Aubert de Villaine) qui tient les rênes dudit domaine.

Très tôt, l'évidence de la culture "bio" s'est manifestée. Certifié "bio" en 97 (depuis 82, en pratique, selon P. de Benoist), en "biodynamie" depuis 8 ans maintenant...

Il faut mentionner des essais de musicothérapie et d'aromathérapie...

Aujourd'hui, le domaine s'étend sur 22 ha, dont 10 d'aligoté...

Ce dernier est la référence du domaine, face à la "dégénérescence" du chardonnay (dixit P. de Benoist).

"L'aligoté doré" (dont un conservatoire a été crée) est, selon son défenseur, un cépage "aromatique" contrairement au chardonnay qui est un cépage "neutre" (ils en cultivent quand même, ainsi que du pinot noir).

Au premier plan à droite, un échantillon flou du "Gildas 14", daté ici de 2 mois...

Au premier plan à droite, un échantillon flou du "Gildas 14", daté ici de 2 mois...

Pierre de Benoist nous détaille rapidement les méthodes de vinification.

Pour les blancs : 1 an de cuve pour tous, depuis l'(d)ébourbage jusqu'à la fermentation malolactique (avec le souhait de les faire toutes, dans la mesure du possible).

Pour les rouges (3 + 1 Santenay en 2012), des cuvaisons de 12-15 jours (30 pour le Santenay, peu éraflé voire pas du tout), puis barriques...

Mais la star, c'est l'aligoté, donc on cause de l'aligoté !! P. de Benoist est très bavard, passionné surtout !! Il faut l'écouter parler des terroirs marneux et d'argile de Digoine comme le "best" pour l'aligoté.

Il faut aussi l'entendre conjuguer des verbes aiguisés à l'encontre de Bettane et de ses "vins de fruits"... "alors que le vin devrait avoir le goût du raisin" selon notre jeune barbu à la diction précise, au discours objectivement pragmatique...

Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert &amp; Pamela de Villaine à Bouzeron

Un vigneron qui serait capable, dans sa plaidoirie, de lever des "troupes de naturistes du pinard", quand il avoue une certaine allergie au soufre !!

Un "gentleman farmer" (dans la gestuelle, le regard, comme dans les vêtements, Tonton Aubert n'est jamais loin) qui ne manie pas la langue de bois (qu'il déteste aussi quand il est massivement présent dans le vin), avouant franchement "goûter plus de vins dégueulasses en bio et biodynamie qu'en traditionnel..."

(Il y aurait 12% de vins en culture "bio" en Bourgogne selon ce dernier)

Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert &amp; Pamela de Villaine à Bouzeron

Pour notre séance, 3 bouzeron, 1 chardonnay et 1 pinot noir sont programmés.

Bouzeron 11 est immédiatement "variétal" au nez, puis gras et très beurré à l'aération !! L'attaque est tendre, "droite avec de l'embonpoint", fruitée (ouf, il ne m'a pas vu écrire ça !!), acidulée, aux jolis amers. L'ensemble développe un crayeux évident, pour de jolies épices finales... un vin plus complexe que prévu **(*)/***

Bouzeron 89 09 a le nez pommadé d'un vin sudiste, "l'anis étoilé d'un pastaga sous la cagna". Une attaque large, ample, un poil lâche "aux 3/4 du milieu de bouche". Ensemble épicé, ethéré, souple, salivant (je vous rappelle que ce sont des notes gribouillées, j'suis pas Albert Camus, ça se voit non ?!). **(*)

Bouzeron 07 a le même nez variétal que 11, le métal en plus !! Une matière très fruitée (je tremblais en écrivant cet adjectif, voyant déjà le barbu devenu fou, m'arracher la langue avec ses dents, comme dans Midnight Express), tranchante, vive, équilibrée, citronnée (merde, j'ai pas trouvé le raisin !!). C'est super bon !! ***(*)

Bourgogne - Côte Chalonnaise - Les Clous 06 "boise", "beurre" et "champignonne" généreusement au nez. Une matière souple, pleine, "tannique", épicée, aux amers longs, mais à la sècheresse en filigrane. **/**(*)

Balade bourguignonne volume II : Domaine Aubert &amp; Pamela de Villaine à Bouzeron

Mercurey - Les Montots 00 donne dans le même registre olfactif que Les Clous précédent, la vanille et le métal en sus. J'ai la "grande honte" de trouver de la framboise, quand le vin caresse délicatement la paroi buccale, lancinant, souple et "sexy wine". ***

Petit bonus, avec ce Mercurey 93 aux parfums puissants de grenade (non, pitié monsieur, laissez-moi ma langue !!), au joli grain tannique, plein, frais, juteux, mais asséchant au possible en fin de bouche. **

Sur chacun des vins, Pierre de Benoist a tenté de nous donner sa vision "globale" de la fleur au vin, dont il est le seul détenteur au moment de la dégustation.

Un personnage très ancré dans la notion de "lumière" et des 5 sens qui nous entourent...

Un discours, une approche du vin et de ses terroirs que j'ai trouvé très "telluriques" (je lui en ai fait part), aux antipodes des discours très, voire trop, calibrés d'autres vignerons... dont on ne peut occulter, à ce stade, la prépondérance de la biodynamie et de ses effets dans cette vision !!

Au-delà de ma perception (toute personnelle) assez ésotérique de cette "conception physiologique de la vigne et du vin", il n'en demeure pas moins que les vins du Domaine de Villaine sont bien plus convaincants que ceux goûtés au début des années 2000 !!

Une visite et une dégustation qui ont attisé derechef ma curiosité grandissante pour l'aligoté, dont jusqu'ici seuls les De Moor m'ont offert les plus belles gorgées !!

Domaine A & P de Villaine

2 rue de la Fontaine

71150 Bouzeron

tél : 03 85 91 20 50

contact@de-villaine.com

www.de-villaine.com

Sur rendez-vous uniquement

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Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

30 Juin 2013, 12:59pm

Publié par Docadn

Je sors du "bistrot chic" d'Anne-Sophie Pic pour reprendre la route, toujours plus au nord !!

J'ai rendez-vous avec un vigneron dont on me saoule la tronche vante les vins depuis des mois, voire des années...

C'est en déconnexion totale que je rends compte, tardivement, du jour choisi pour ce rencard...

Même si la notion de "jour férié" n'existe que peu pas chez les vignerons, je suis confus de lui imposer ma présence, alors qu'il a sûrement mieux à faire que de me recevoir tout seul, à l'heure du goûter...

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Me voilà à La Cure, sur la route d'Igé, à Verzé, chez Nicolas Maillet.

Il est le représentant de la 4ème génération des Maillet aux commandes de ce domaine, dont il a pris la conduite en 1999.

Mais avant cette reprise, Nicolas Maillet s'est doté d'outils théoriques (diplôme d'ingénieur agro + DNO *), puis pratiques avec de nombreux stages à l'étranger, sur des vignobles espagnols, argentins, américains...

Depuis 99, le domaine s'est agrandi de 2 ha (de chardonnay) pour atteindre les 5,5 ha... taille jugée suffisante par son coach pour mener au mieux le vignoble, certifié en bio depuis le millésime 2011.

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Les vignes sont situées sur des coteaux argilo-calcaires, principalement exposés sud-ouest & est.

Le temps de changer l'eau du petit Grégory me soulager discrètement, notre vigneron arrive. L'accueil est chaleureux, à la jovialité qu'on aimerait rencontrer plus souvent...

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à VerzéBalade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Après un rapide historique, nous attaquons les hostilités par le Bourgogne Aligoté 11, à l'attaque tendre, au berlingot expressif, qui s'élargit au fil des gorgées développant épices et amers subtils **(*).

Le Mâcon-Villages 11 (issu d'achat de raisins sur Viré) laisse échapper de jolis effluves d'amandes au-dessus du verre. La matière est plus "ramassée", plus fruitée, mais se fait plus lâche au fil des gorgées, malgré la note épicée en finale !! Il fera office d'un bon canon à servir frais vers 18h46 **/**(*).

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à VerzéBalade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Le Mâcon-Verzé 11 (issu de coteaux exposés est) propose une attaque tendre, aux notes de berlingot évidentes, très consensuel en l'état (la bouteille était ouverte depuis 4 jours), avec 0 mg de SO2 libre... **

Mâcon-Igé 11 (expo est, bas de coteaux) a, malgré le gaz important, une finesse notable, une tendresse "typée 11"... **(*)

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à VerzéBalade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Mâcon-Verzé 11 "Le Chemin Blanc" (issu de vignes de 80 ans) a le gras, l'élégance, l'amplitude, la plénitude attendus d'un beau chardonnay charnu et long. ***/***(*)

Un exercice amusant avec un Mâcon-Verzé 08 "fatigué" (la bouteille est ouverte depuis plus de 6 jours), quand la quille ouverte au débotté offre un équilibre immédiat, une sapidité de diable. ***

Balade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à VerzéBalade bourguignonne volume I : Domaine Nicolas Maillet à Verzé

Pouilly-Fuissé 11 cultivé et vinifié sur place, dans un domaine dont Nicolas Maillet est actuellement le régisseur (plus pour longtemps selon ses dires...), issu de vignes de 70-80 ans sur des sols marneux en "bas de coteaux". Un nez très tourbé de "whisky juste sorti du fût", pour une matière ramassée, énergique qui demande à être libérée comme un N°6 de Patrick McGoohan... **(*)

Mâcon-Verzé 11, issu de gamay, avec passage en fûts, propose un nez sanguin, des notes de "cab' franc végétal", délivrant une gourmandise et un coefficient de glougloulogie remarquable. ***

Une première approche des vins de Nicolas Maillet sur un millésime (11) pas des plus flatteurs représentatifs faciles !!

Il n'en demeure pas moins que certaines cuvées comme Le Chemin Blanc ou Mâcon-Verzé 08 donnent un très bel aperçu des spécificités des vignes & terroirs exploités, du trait de caractère abouti de vins personnels, "élevés" par un vigneron humble, enthousiaste et pragmatique...

Pour les tarifs, nous sommes encore dans des zones (très) accessibles : comptez (prix domaine) 8,50 € pour le gamay, 10,50 € pour l'Igé, 14,50 € pour Le Chemin Blanc...

* Diplôme National d'Oenologue

Domaine Nicolas Maillet

La Cure

Route d'Igé

71 960 Verzé

www.vins-nicolas-maillet.com

(sur rendez-vous uniquement)

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VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

31 Mai 2013, 05:44am

Publié par Docadn

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Bonjour,

Après avoir "séché" la précédente édition "fariesque" pour cause de congés, nous revoilà avec un nouveau Zident, à savoir Jeff Heering, rédac' chef (à temps très très partiel) du blog Balthazar Magnum, gosier-adhérent du cercle hystérique fou furieux "rhumantique" des Brusseleirs...

Ce membre actif de la secte en question nous propose, pour ce 56ème vendredi bacchique, d'aller fureter vers les cépages dits "rares ou oubliés".

Vous savez, ce genre de vin élaboré avec un ou des cépages dont on vous dit qu'il ne reste plus que 15 pieds vivants ou à peine 12m2 cultivés de part le monde...

Des cépages tombés dans l'oubli le plus souvent pour cause de "robustesse moyenne inférieure à celle d'un chêne liège dans la steppe russe", ou de "rendement à l'hectare digne d'un arganier millénaire", quand ce n'est pas tout simplement une question de "mode" !!

Des cépages avec des noms qu'on ne croise plus que dans les dialogues de "Jacquou Le Croquant" ou ceux du "Retour de Martin Guerre" !!

Seuls des Nicolas Gonin et d'autres druides de la vitis vinifera sont capables de les énumérer avec des larmes dans les yeux, comme d'autres psalmodient le Vidal face au trou de la sécu !!

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Quelques cavistes curieux (aux sélections souvent pertinentes) nous permettent parfois d'approcher ces "pandas" de la viticulture, entretenus par des vignerons assez fous pour ne pas plonger, totalement, dans le consensus mou auquel le monde viticole n'échappe pas non plus !!

Aussi, grâce à l'un d'eux, j'ai pu (re)découvrir la folle-blanche !!

Le site lescepages.fr nous apprend que ce(tte) dernier(e), probablement originaire du Sud-Ouest, servait à la production de l'armagnac et du cognac. Il a été, depuis, largement détrôné par l'ugni blanc.

Des analyses génétiques nous apprennent qu'il aurait comme ascendant Yves Montand le gouais blanc (cépage que seuls quelques valaisans au mode de vie de mormons du 19ème siècle cultivent encore).

En fait, derrière ce sobriquet mêlant problème psychiatrique et posture fantomatique, se cache le très dénigré gros-plant, encore appelé piquepoul du Gers, ou de manière plus rigolote grosse chalosse (eh non aspirantes-Femen, ceci n'est pas une insulte !!), ou encore grosse blanquette (qui a dit "de veau" ?!! Ne vous dissimulez-pas, je l'ai entendu d'ici !!)...

Mais les plus attentifs pourront me reprocher de ne pas avoir cité ses autres noms que sont picpouille ou piquepouille, ou encore enrageat, picapola, taloche, damery, txori mahatsa, matza zuri, saint-émilion à Chypre, histoire d'organiser un concours de l'Eurovision le plus représentatif de ce cépage !!

C'est grâce à un "gros domaine" que j'ai (re)découvert les vertus premières de la folle-blanche !!

Son impopularité tenace permet une tarification très avantageuse, pour ne pas dire dérisoire... Dans notre cas présent, cette folle-blanche coûte un bras auriculaire facturé 4,50 € !!

Un "Ctrl+C Ctrl+V" de mes deux derniers compte-rendus sur cette folle-blanche !!

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Des notes marquées de fruits blancs, quelques effluves crayeuses. Un pétrole intense finit par dominer l'espace aérien du verre, louchant vers un riesling charmeur. L'attaque est vive, pleine, grasse, assez courte, presque furtive. Les gorgées suivantes se font plus longues, déclamant une pointe épicée, une amertume équilibrée. L'ensemble reste "vif comme un 08", avec un soupçon de complexité supplémentaire le lendemain. Une "Folle Blanche" très sérieuse, d'un (gros) domaine dont la production m'épate assez souvent... ***/***(*)

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot étendu sur une matière grasse, s'arquant en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui s'affine au fil des gorgées. ***

Il va de soi que "le gros-plant" souffrira longtemps encore, dans les esprits, des "maltraitances" du passé...

Mais sous le sobriquet plus "fun" de "folle-blanche", assorti d'une attention de tous les instants, de la vigne au chai, la preuve est faite que l'on peut donner une certaine allure et de la classe au gros-plant...

C'était les VdV#56 en direct du "musée Pascal Sevran des cépages",

à vous Cognac-Gay Cognacq-Jay !!

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