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EscapadeS

Articles avec #gastronomie

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

5 Juin 2016, 20:08pm

Publié par Docadn

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Après un moment de répit dans ma chambre "Menez Braz", un petit tour sur la presqu'île de Crozon en se faufilant entre 2 averses, nous voilà de retour pour "Ze dîner".

Il est 20h00 pétantes quand nous pénétrons dans la salle à manger.

La déco (refaite en décembre dernier), aux tons "gris neutre", est d'une rare sobriété, comme taillée pour ne pas détourner les convives de leurs assiettes... tout en s'assurant d'une intemporalité pour les 10 ans à venir (sauf pour les tableaux aux styles déjà discutables il y a 9 ans) !!

D'une capacité de 32 couverts, la salle affiche complet ce soir-là !!

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Trois menus disponibles au dîner (95, 110, 190 €)... c'est celui du milieu (Menu Plaisir) qui me fait le plus saliver !!

Une batterie de mises en bouche déboule au moment opportun pour savourer mon riesling "Les Pierrets" 2010, de Josmeyer.

Ce dernier fait dans "l'alsacien qui me sied", à savoir un acidité nerveuse adossée à la droiture du cépage.

Je n'ai pas retenu un gramme des descriptifs des bouchées proposées, en dehors de la "pomme de terre soufflée à l'émulsion d'huître"... que j'avais goûtée le matin même, lors de "mon stage" !!

Les différentes pièces sont d'une précision diabolique, aux textures allant de doucereuses à craquantes, toutes très délicates... mais à l'assaisonnement un poil haut pour mon palais (je précise ici que j'ai un palais de neptunien, ne supportant guère plus de 2 grammes de NaCl par quintal de nourriture).

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Une "pré-entrée", avec un intitulé long comme un rappel d'Hugues Aufray, que ma mémoire a également refusé d'enregistrer. Une émulsion recouvrant une mousse onctueuse mêlant asperges... et plein d'autres trucs !!

Je nage en pleine "comfort food", le taux de sel est un poil moins élevé, c'est très bon !!

Langoustines Sautées/ Foie Gras Frais « Nature » 	consommé Parmentier

Langoustines Sautées/ Foie Gras Frais « Nature » consommé Parmentier

"L'entrée officielle" arrive enfin !!

Grosse mandale en attaquant le plat !!

Les langoustines sont magistralement cuites !! On touche à la perfection !!

La chair semble juste avoir été caressée léchée par le feu, le bouillon donne un élan acide salvateur aux bestioles iodées.

La pince a été consciencieusement entrouverte, pour ne pas nous laisser sucer bruyamment la chose... un immense plat que j'aurais sûrement vénéré le restant de ma vie, si le coefficient de salinité de l'ensemble n'avait pas été aussi élevé !!

Homard Cuisiné/ Mitonné de Tripes/ Asperges/ Graisse Salée

Homard Cuisiné/ Mitonné de Tripes/ Asperges/ Graisse Salée

Nous enchaînons avec l'autre grand seigneur de l'océan : le homard !!

Là encore, une cinglante démonstration de la maîtrise du feu, avec ce homard cuit à la nanoseconde près !!

Le matin même, j'avais pu voir le "responsable des crustacés" jouer du "timer", ajustant à 10 secondes près les cuissons de ces derniers !!

Le "mitonné de tripes" donne juste envie d'envahir la cuisine pour spolier faire main basse sur la gamelle dédiée.

Sans oublier de signaler des asperges modèles, au croquant et à la cuisson qui ne souffrent pas la critique !!

Retour de Pêche bordelaise iodée / Légumes Verts « Beurre Demi-sel »

Retour de Pêche bordelaise iodée / Légumes Verts « Beurre Demi-sel »

C'est un turbot à la "cuisson nacrée" à pleurer qui arrive devant ma poitrine. Première fois aussi que je vois un filet de poisson en forme de cœur !!

Des petits pois frais parfaits, une raviole terrible, addictive (ne me demandez pas de quoi elle était fourrée, le nombre d'infos et la rapidité avec lesquelles elles tombaient sur chaque plat me faisait limite griller les synapses !!), un jus acidulé à sa place dans le plat.... et un taux de sel toujours trop important pour moi !!

Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises - Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -
Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -
Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises - Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -

Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de Blé Noir - mignardises -

Nous attaquons la partie sucrée du dîner... d'une remarquable fraîcheur pour l'entame, avec ce pré-dessert !!

Mes souvenirs confus ont retenu une mousse de basilic posée sur une tuile de cacao, cachant une épaisseur de gourmandise chocolatée, un sorbet à la fraise d'une justesse inouïe, en terme de "sucrosité", à ses côtés.

Le "dessert signature" du chef, qui s'est fait connaître en réhabilitant, puis en se faisant copier, le "sarrasin-blé noir". Le pot de yaourt est en céramique.

Un dessert aux allures fermentaires, puissant, forcément régressif si vos parents vous ont mis au monde au pied d'une église lors d'un Tro Breizh !!

"La petite attention qui fait toujours plaisir quand c'est votre anniv', quand on l'a signalé avant le dîner", les gentilles mignardises, dont une qui "explose en bouche" (du type Frizzy Pazzy), enfin les pavés de chocolat "After Eight®" totalement glacés !!

N'en jetez plus !!

Un service "grande maison", drivé avec grand talent par le responsable de la salle, Pierre, en accord avec l’exigence culinaire délivrée dans chaque assiette.

Une sommelière un peu rentre-dedans, qui parviendra à redresser la barre en m'orientant adroitement vers Nuance 14 (Sancerre) de Vincent Pinard.

Le bottin dédié aux dives bouteilles est conséquent, riche, aux coefficients hélas des grands établissements !!

En lisant attentivement (je l'ai parcourue le matin, puis le soir), j'ai repéré 3 ou 4 quilles honnêtes à coef 2-2,5 (tarifs cavistes), comme quoi...

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

En conclusion, une cuisine qui vaut largement ses 2 étoiles, qui atteint l'exceptionnel sur certaines assiettes... mais quid de l'assaisonnement un poil généreux... pour mon palais, donc pour d'autres Neptuniens aussi !!

On reproche le même travers à Jean-François Piège... qui des 2 décrochera sa 3ème étoile en premier ?!

Si cela doit se jouer au milligramme près de fleur de sel, j'ai bien peur que ce (gros) détail fasse hésiter les décideurs du Gros Rouge, malgré d'indiscutables maîtrises techniques et les nombreuses fulgurances gustatives.

Je peux aussi faire fausse route, mettre cela sur le compte d'un seuil de détection de salinité beaucoup trop bas (La Miss a fait le même constat), sans parler d'un palais aussi développé que celui d'un cochon d'Inde sous anesthésie dentaire !!

En attendant, L'Auberge des Glazicks est une sacrée maison, un temple de la cuisson des produits de la mer, un potager croquant et frais, un espace aérien ouaté des desserts, un bel ensemble hôtelier aux services impeccables... mais Olivier Bellin devrait juste saler un peu moins pour toucher au sublime !!

L'Auberge des Glazicks

La Maison des Glazicks

7 rue de la Plage

29550 Plomodiern

Tél : 02 98 81 52 32

www.aubergedesglazick.com

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Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

17 Juin 2015, 10:15am

Publié par Docadn

Bonjour,

Le long résumé gastro printanier se poursuit, avec une "figure" incontournable du paysage culinaire sudiste !!

Alain Llorca fut la star de Mougins et de la PACA entre 2004 et 2009 ("Le Moulin de Mougins" 2 macarons au Gros Rouge), avant de tenter l'aventure de la "bistronomie" sous un concept nommé "Café Llorca" (Vallauris, Monaco).

Un parcours bizarre, atypique, qui l'a mené jusqu'à reprendre, le temps d'une saison, les fourneaux de l’hôtel Belles Rives à Juan-les-Pins.

A la tête d'un "piano à son nom" depuis 2009 à la Colle-sur-Loup, il est titulaire d'une étoile Michelin depuis 2012.

Il gère aussi en parallèle un "Carré Llorca" à Nice, au succès notable selon les locaux et les fans.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Un dimanche midi de mai, j'emmène ma grande amie déjeuner dans le "vaisseau amiral" de la flottille Llorca.

Service de voiturier, accueil grande maison, pour nous retrouver rapidement sur la charmante (et immense) terrasse, avec une vue splendide sur la campagne et le trop fameux village de boulistes bling-bling St-Paul-de-Vence.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Une formule déjeuner à 58 € "sponsorisée" par le Gros Rouge (en fait on vous offre une coupe de champagne en sus de la formule "boissons comprises").

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan
Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Pâtisserie

Pâtisserie

Si on s'attend, à quasi coup sûr, à de la "cuisine pour notaires" (poke Mix) sur le papier, vu la clientèle visée, la réalité est heureusement un poil divergente.

Llorca offre une cuisine plutôt classique mais pas emmerdante pour un sou !!

Ses "raviolis de poitrine de veau" sont le bon résumé d'un numéro d'équilibriste nécessaire pour attirer les touristes anglais en mode "Peter Mayle Tour", mais aussi garder les boulistes en plastique vacanciers/autochtones friqués financièrement à l'aise du village voisin...

La présentation "sommaire" de la paella est due au service directement à table, pour le coup très 70's !!

Service précis, attentif, presque précieux par moment.

Une fois de plus, je déplore une "partie sommellerie" assez déconnectée du niveau attendu (en plus d'être old school).

Les vins servis sont très moyens, qualitativement parlant, respirant plus l'optimisation financière qu'une réelle réflexion "accord mets et vins".

Les desserts sont, comme chez Pic, la bonne surprise de cette séquence !! Des classiques de très bonne tenue, généreux, quasi éligibles aux Relais Desserts.

En conclusion, Alain Llorca semble avoir retrouvé une vraie place dans la sphère gastro sudiste. Sa cuisine mérite le macaron, mais on ne peut s'empêcher d'y renifler des "non mises en danger" "filets de sécurité" prompts à rassurer les Anglais et les notaires (voire le cuisinier lui-même), tout heureux de flirter avec une certaine originalité des plats, le tout porté par un service rigoureux orné d'un snobisme étudié.

Restaurant Alain Llorca

350 Route de Saint-Paul, 

06480 La Colle-sur-Loup

Tél : 04 93 32 02 93

www.alainllorca.com

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Anne-Sophie Pic à Valence

4 Juin 2015, 12:28pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Parfois, vous lancez des défis en l'air... et ils finissent par vous retomber sur le coin de la gueule !!

En 2014, un de mes neveux passe son bac. Aussi, en "tonton blagueur", je lui lance un défi du type "prime de résultats" :

  • Mention "assez bien", je lui offrais le buffet à volonté de la caféteria voisine.
  • Mention "bien", c'est l'étoilé local qui était honoré de sa présence.
  • Mention "très bien", les portes du paradis valentinois au déjeuner pour son palais.

Le morveux bosseur a raté les "félicitations du jury" de 0,1 point !!

Aussi, avec son 17,9 de moyenne et ladite mention "très bien" en poche, je retrouve Quentin un an plus tard, dans le jardin du 285 avenue Victor Hugo à Valence, pour savourer enfin sa victoire.

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Petit apéro dans l'agréable jardin du restaurant (jus de fraise pour notre désormais lyonnais, un verre de châteauneuf-du-pape blanc pour ma pomme), avec déjà des grignotages de haut niveau !!

Moment consacré au choix du menu de ce déjeuner de l'Ascension, que j'oriente insidieusement vers la version "Découverte" !!

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Accueil "grande maison", staff conséquent papillonnant en silence dans l'immense bâtiment à la déco et au mobilier très soignés.

Anne-Sophie Pic passe en salle, dit bonjour à tous, sait qui fête quoi, se prête avec grâce aux photos.

L'apprenti gourmand est impressionné. C'est la première fois qu'il met les pieds dans un grand restaurant gastronomique.

Je lui conte rapidement la saga de la famille Pic* et le fait que seuls 26 établissements en France sont couronnés de 3 étoiles au Gros Rouge Michelin... une mise en bouche arrive.

* j'avais déjeuné il y a 2 ans dans la brasserie "Le 7", article visible -> ICI
Crème brûlée au foie gras
Crème brûlée au foie gras

Crème brûlée au foie gras

A partir de là, nous voilà embarqués pour 02h30 de voyage.

La carotte et la fleur de jasmin

La carotte et la fleur de jasmin

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Fin du voyage et très jolie séquence gastronomique.

Avec mon neveu, nous refaisons le match. Gros coup(s) de cœur pour la crème brûlée au foie gras et les berlingots de chèvre pour lui.

Il est vrai que le Banon, très puissant, ne fait pas dans la dentelle et se place aussi dans mon trio de tête. Le pigeonneau, tout classique soit-il, est terrible de justesse.

Ma grosse claque reste tout de même pour le dessert (le moment que je redoute le plus) !! Ce citron Meyer restera, je pense, longtemps comme le meilleur dessert aux "agrumes-herbes" jamais savouré englouti.

Le "syndrome Ratatouille" (ou "Les Gouttes de Dieux" au choix), quand la première bouchée vous emmène quasi instantanément dans la "vraie garrigue", puis que le citron vous téléporte en Loire avec un chenin crayeux qui vous fait saliver...

Et pour finir...

Et pour finir...

J'ai entendu, ça et là, des réserves sur le travail d'Anne-Sophie Pic. "Cuisine de fille", "pas une grande cuisinière", des avis aussi durs que ce microcosme gastronomique !!

J'admets juste que les "touches japonaises, ou d'inspirations japonaises" quasi systématiques sont un poil "fatigantes" sur les plats dégustés.

Elles ne flinguent pas les assiettes, mais le fait de "name-dropper" chaque plat avec son herbe, sa racine, son fruit ou son whisky japonais me gonfle un peu parait superfétatoire vu le haut niveau culinaire délivré !!

Le gros reproche de la maison, guère différent dans d'autres grandes maisons, reste forcément la question du vin.

Dès l'apéritif, on vous vante les vins de la maison Pic, propriétaire de vignes, dont les vins sont élaborés par la maison Chapoutier.

Les tarifs de la (très grosse) carte sont forcément indignes (les coefs 4-5 et plus sont légions). Mon neveu ne buvant pas, j'ai juste tenté un verre de vin rouge, sur le pigeon, à la guise du sommelier.

Ce dernier, tout droit sorti des années 82-84 en terme de style, m'a servi un Hermitage 11 de la maison Pic.

Un jus de raisin d'ébéniste, à l'amertume prompte à faire fuir le pigeon... servi plutôt chichement et facturé plus de 20 € !!

Il est toujours triste, dans ce genre d'établissement, de ne pouvoir s'extasier aussi sur le vin.

Si le déjeuner est solidement facturé (160 € par personne, 90 € en semaine hors jours fériés), j'admets presque sans broncher que les frais induits (produits, salaires) soient en (grosse) partie justifiés.

Pour le vin, s'il sert toujours de "vache à lait" pour gonfler la marge par couvert, rien ne justifie de tels coefficients !!

Des détails qui n'ont guère ému mon neveu, soufflé et heureux d'avoir enfin pu caresser le monde merveilleux du luxe et de la haute gastronomie !!

Cette immense joie spontanée a suffi à rendre ce moment unique, à tout jamais gravé dans sa mémoire... et dans la mienne aussi !!

Anne-Sophie Pic

285 Avenue Victor Hugo

26000 Valence
04 75 44 15 32

www.anne-sophie-pic.com

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La Table d'Aki à Paris

25 Octobre 2014, 11:04am

Publié par Docadn

Bonjour,

Mes (rares) lecteurs le savent : j'adore le poisson !!

J'en prends 7 fois sur 10 au restaurant quand ce dernier s'avère "assez sexy sur le papier"... puis, dans la même proportion, je critique vertement sa cuisson trop souvent ratée !!

Paris ne fait pas exception à cette règle !! Autant chercher une vraie facture dans la dernière campagne présidentielle de Sarkosy !!

J'ai fait l'apologie de Chez Casimir et de Chez Michel dans ce domaine... tout en cherchant d'autres tables capables de me faire décoller avec des "bestioles à nageoires mortes mais fraîches" !!

Notre capitale ne manque pas de ressources pour continuer à me faire espérer, voire bander de m'esbaudir sur des trésors "gastro-maritimes" cachés !!

La Table d'Aki à Paris

Le magazine Wasabi (qui traîne parfois dans certains restos abonnés) avait publié une enquête sur la cuisine dite "hybride".

Cette "investigation" était assortie d'une liste de cuisiniers japonais exerçant à Paris (ces derniers sont très recherchés tendances dans le petit monde du bistrot-branchouille-lutétien) et pratiquant une cuisine autre que celle en vigueur dans l'archipel nippon.

La Table d'Aki avait retenu mon attention, par son fonctionnement atypique et le joli buzz suscité il y a presque 3 ans, lors de son ouverture...

Depuis, un silence guère étonnant, dans une sphère où chaque nouveauté chasse la précédente...

Aussi, je tente ma chance 48h00 avant, pour décrocher 2 des 16 couverts disponibles dans cette dînette avec cuisine ouverte et murs sobres, n'ouvrant qu'à 20h00 pétantes (j'ai essayé 5 minutes avant, c'est fermé !!).... et ça marche !!

Le chef Akihiro Horikoshi a aligné 80 trimestres à l'Ambroisie (Bernard Pacaud), avant de reprendre ce qui fut un salon de thé.

Ici, depuis 3 ans, il oeuvre seul en cuisine, assurant même le service quand la serveuse est occupée.

Un menu unique qui pique au tarif plutôt élitiste le soir, en 5 plats... c'est parti !!

St-Pierre-salsifis-ail-romarin / St-Jacques-mousseline de potimarrons / Minute de cabillaud cèpes et huile parfumée
St-Pierre-salsifis-ail-romarin / St-Jacques-mousseline de potimarrons / Minute de cabillaud cèpes et huile parfumée
St-Pierre-salsifis-ail-romarin / St-Jacques-mousseline de potimarrons / Minute de cabillaud cèpes et huile parfumée

St-Pierre-salsifis-ail-romarin / St-Jacques-mousseline de potimarrons / Minute de cabillaud cèpes et huile parfumée

Puis vint...

Bar rôti-coeur de laitue caramélisée-jus de viande-légumes / Dacquoise mousseline-figue poêlée-caramélisée
Bar rôti-coeur de laitue caramélisée-jus de viande-légumes / Dacquoise mousseline-figue poêlée-caramélisée

Bar rôti-coeur de laitue caramélisée-jus de viande-légumes / Dacquoise mousseline-figue poêlée-caramélisée

  • Si le St-Pierre fait quasiment office de "mise en bouche", vu sa taille, son extraordinaire expression gifle déjà mes sens blasés par le poisson maltraité !!
  • Les St-Jacques nous font décoller à une altitude vertigineuse !! La juste fermeté, l'incroyable maîtrise des textures et la cuisson millimétrée nanométrée font de chaque bouchée un quasi orgasme bucal, adossé à une touche épicée d'orfèvre !! Un plat monstrueux, inhumain de perfection, capable de décrocher 3 macarons sans trembler !!
  • Les 2 poissons suivants ne souffrent d'aucune tare !! Le bar a une peau grillée qu'on ne peut décemment abandonner sur le bord de l'assiette !! J'en aurais dévoré des autoroutes !!
  • Même cette "dacquoise à la con" m'a renversé par sa simplicité et son aérien transfigurés !!

En 01h45, Akihiro Horikoshi a dégainé 80 assiettes (64 en vrai, vu que la dacquoise est déjà prête), d'un sobre esthétisme (les spots éclairant très bien le centre de la table mettent peu en valeur l'assiette sur les bords tout ça pour justifier mes photos pourries), d'une netteté confondante, où chaque poisson garde son identité gustative !!

Je parviens à échanger quelques mots avec l'auteur. Je balbutie mes émotions répétées face à ces salves gastronomiques d'un très haut niveau (ça ne vaut pas moins d'un mac et 3 toques).

Il marmonne ne cuisiner que des poissons sauvages (tous étaient bretons ce soir-là !!), n'avoir servi du saumon que 3 fois (il se pince le nez pour signifier que la majorité d'entre eux puent... sauf celui de l'Adour, seul digne de toucher ses poêles !!).

Dans d'autres circonstances, je me serais plaint d'une "satiété optimisée" de ce dîner (on explique, à qui veut l'entendre, que les japonais mangent à 80% du seuil de satiété, pour rester "éveillés et efficaces").

Hormis le 1er plat, les autres furent de vrais plats "quantitativement parlant".

Mais l'immense bonheur gastronomique vécu remplit aimablement les espaces laissés vacants.

Certains esprits analytiques n'y verront qu'un laboratoire expérimental de la cuisson fondamentale du poisson... faisant abstraction des subtiles combinaisons tissées autour de ce dernier.

Si vous cherchez un VRAI et BON TRES BON EXCELLENT restaurant de poissons à Paris, au service pro, efficace, dans une ambiance "comme à la maison",on ne se risquera pas au "rôt chanté" sans que les 14 autres convives ne tournent la tête vers le ou la coupable dans une ambiance sereine où tout le monde chuchote par respect pour autrui, c'est ici !!

Le prix : pas donné, cette séquence était facturée 70 €... 80 en remplaçant un poisson par un demi homard !!

Les vins : carte courte, pas excitante, 9 rouges, 7 blancs, 2 champagnes, de 30 à 106 €.

La Table d'Aki
49, rue Vaneau
75007 Paris
Métro : Vaneau
Tél. 01 45 44 43 48

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