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EscapadeS

Articles avec #italie

Vins du Monde...

23 Octobre 2016, 16:14pm

Publié par Docadn

Bonjour/bonsoir,

Quand un de mes dealers me propose de voyager à travers le monde sans changer de siège ni de verre, je réponds forcément présent !!

Je ne connais pas de pays plus chauvin que notre Hexagone en matière de vins (à part les Ricains, les Italiens, les Georgiens, etc)... et de manque d'ouverture vers ceux des autres !!

Je n'échappe pas à la règle, ma cave étant constituée à 97,4% de vins français.

Si on peut se cacher derrière une offre plutôt rare de la part des cavistes gaulois (oui, oui, je vous voie entends d'ici pousser des cris d'Oprah Winfrey orfraie, car vous en trouvez plein et partout), ils sont peu nombreux à tenter de proposer une petite sélection extra-territoriale tarifée humainement.

Certains diront que l'Italie a les mêmes travers (je confirme), mais ne nous ressemble-t-elle pas un peu avec son vignoble aussi simple à comprendre qu'une identité d'Euler !?

Vins du Monde...

Ce soir-là, 3 blancs et 7 rouges pour embrasser un panorama couvrant 3 continents et les 2 hémisphères.

Mise en bouche au nez de "boisé bourguignon", très beurré, virant melon de Bourgogne, pour finir sur des notes fumées et de fenouil.

L'attaque est un brin végétale, typée "jeune bourguignon", aux amers prononcés. les gorgées sont fluides, simples, aux accents sudistes. Finale manquant singulièrement de finesse, malgré de jolies notes poivrées finales et un caractère salivant pas déplaisant.

C'est l'Espagne (région de Rueda) qui ouvre la soirée à travers cet Azoe 2012, un 100% verdejo (souvent orthographié verdelho) pas inoubliable. **

Vins du Monde...Vins du Monde...

On nous annonce un ressortissant slovène pour second breuvage.

Un nez "très muscadet", au fruité prononcé, finement anisé, développant au fil de l'aération fruits blancs et notes "berlingotées".

Le fruité se confirme en tronche, mais le perlant, l'amertume et la sensation de 71B banane chimique, adossés à des amers saillants, me laissent très dubitatif sur les qualités profondes de ce pinot gris 2015 de chez Tilia Estate, élaboré à Dobravlje dans la "sous-région" de Vipavska Dolina (on en dénombre 9 pour la viticulture pour le pays). *(*)

 

Le 3ème prétendant annonce, au nez, un fin bois, une dose de carton mouillé, un soupçon de miel pour finir.

La matière offre un fin sr, goûte comme un jus un poil botrytisé, finit sur de grosses notes poivrées, avec pour compagnon une amertume équilibrant avec peine l'ensemble brouillon.

Un sauvignon blanc 2012 chilien, produit par Casas Patronales (dans la Maule Valley) qui me laisse plutôt froid. *(*)

Vins du Monde...Vins du Monde...

Une doublette intéressante va succéder au chilien-chiant.

Nous démarrons par un Valpolicella à la robe plutôt évoluée pour un 2014, au nez finement boisé-fumé (j'associe, ça me fait plus court, sauf quand j'explique comme ici entre parenthèses), à dominante de petits fruits rouges.

L'attaque est massivement menuisière, aux amers poussés, plutôt simple, pleine et étonnamment fraîche. Les amers rentrent dans le rang au fil des gorgées. Un jus somme toute correct au final. **(*)

La version "Ripasso" 14 est d'une autre trempe. Cette variante consiste à laisser pendant 6 mois le Valpolicella sur des lies d'Amarone.

Le nez annonce une toute autre densité. C'est capiteux et bien plus complexe. La bouche offre un nectar très mûr, à la densité promise au nez, évoquant une "grosse syrah du Rhône Nord".

En l'état, c'est bon, gourmand, à la très jolie finale épicée. ***

Vins du Monde...Vins du Monde...

Un nez puissant de cassis, un boisé ostensible, une lourdeur sous-jacente à venir. En bouche, c'est "sucraillon", lourd comme prévu, solaire, à l'amertume dévastatrice, au cassis toujours omniprésent !!

Pas ma came que ce carmenère bio chilien 2013 de la vallée Del Maipo de la maison Armador. *(*)

 

Le suivant propose un nez d'Eurovision "international - Nouveau Monde - Parker et son parquet véritable". C'est une forêt attaquée par des tronçonneuses qui jaillit du verre. La bouche y va de son couplet "El Gringo", avec des notes poussées de torréfaction.

Un jus tannique à la finale épicée, produit par Mas de Victor. Un(e) Rioja - Graciano 2000, très éloigné(e) de mes goûts actuels. *

Vins du Monde...Vins du Monde...

Pour clore notre tour du Monde, direction l'Océanie, avec un premier nez solaire, richement doté d'éléments susceptibles d'être scrutés par dendrochronologie boisé, à la robe encre.

Comme le carmenère cité au-dessus, nous retrouvons un caractère sucrailleux, archi-boisé mais sans échardes. Une shiraz (Selkirk) Australienne 2012 de Bremerton, élaborée par Rebecca Willson *

Avant-dernière escale en Argentine, avec un nez plaisant, droit, évoquant la groseille acidulée. Un jus perlant, limite fermentaire, puissant, au boisé enfin juste, d'obédience nature dans l'expression générale. C'est plutôt vachement gourmand au fil des gorgées, long à apprivoiser.

Sympathique rencontre avec ce malbec 2013 (sans sulfites ajoutés) de Mendoza, produit par la Familia Cecchin. **(*)/***

Vins du Monde...

Un dernier jus sur fond musical des 80's, pour illustrer ce grenache/syrah (85/15) californien, estampillé de la pochette de l'album "Synchronicity" de feu The Police.

Si la gangue de bois est présente, elle est moins envahissante que prévu (pourtant, y'a une boisothérapie de 24 mois en fûts neufs !!). Le nez est agréable, le jus simple et efficace... la musique en harmonie avec ce The Police Synchronicity Red Wine Blend 2013 produit à Mendocino. **(*)

 

Moralité :

Je retiendrai l'expression transfigurée et réussie du Valpoliccella Fidora via sa version Ripasso, mais aussi l'inattendu malbec de la Familia Cecchin, sur lequel je n'aurais pas misé un bouton de pantalon !!

Pour le reste, la "passion boisée" généralisée et son manque de maîtrise ne vont pas me pousser à engranger l'immense majorité de ces jus de castors, dont je ne suis plus amateur depuis des lustres !!

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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Restaurant Rossi & Co à Paris

10 Octobre 2014, 22:28pm

Publié par Docadn

Bonjour,

A peine digéré, déjà en ligne !!

J'accuse un retard éditorial conséquent sur mes dégustations de vin. Par chance, les impressions de ces dernières sont figées sur le papier, quand celles d'un restaurant s'évaporent souvent à la vitesse d'un rot d'une digestion.

Il m'arrive parfois de griffonner, à la va-vite, des notes très synthétiques, pour les reprendre des mois après.

Mais là, pas question de cramer quelques milliards de synapses supplémentaires pour conter ce dîner.

Restaurant Rossi & Co à Paris

Je me retrouve dans la peu rieuse rue Mandar (du nom de l'architecte qui a vécu dans cette rue, puis dessiné les immeubles s'y trouvant... pour les bizarres comme moi qui veulent toujours connaitre la genèse des noms des rues), au 10, une nouvelle fois invité pour découvrir une table "digne d'intérêt" (ce qui est quand même plus fastoche que de mentir d'écrire sur un bouge infâme pour compenser les avis pourris de TripMachinChose).

Rossi & Co est tenu depuis 5 ans par Marco Rossi (j'ai découvert qu'il avait un homonyme footballeur).

Ce napolitain qui pourrait provoquer une émeute entre cougars et gays au physique très intelligent avait d'abord tenu la "Salumeria Rossi", avant de se lancer dans cette aventure gastronomique.

Restaurant Rossi & Co à Paris

La salle est petite, un poil froide, mal éclairée pour y faire des photos pas trop pourries l'éclairage tamisé, la déco dépouillée... mais l'accueil chaleureux !! Nous sommes venus pour manger... à table !!

Poulpe, capres, concassée de tomates, mousse à l'orange - Truite de Banka, encre de seiche, aubergine brûlée, sésame noir - Soufflé de mozzarella de Buffala fumée, girolles, truffe blanche (tuber magnatum Pico)
Poulpe, capres, concassée de tomates, mousse à l'orange - Truite de Banka, encre de seiche, aubergine brûlée, sésame noir - Soufflé de mozzarella de Buffala fumée, girolles, truffe blanche (tuber magnatum Pico)
Poulpe, capres, concassée de tomates, mousse à l'orange - Truite de Banka, encre de seiche, aubergine brûlée, sésame noir - Soufflé de mozzarella de Buffala fumée, girolles, truffe blanche (tuber magnatum Pico)

Poulpe, capres, concassée de tomates, mousse à l'orange - Truite de Banka, encre de seiche, aubergine brûlée, sésame noir - Soufflé de mozzarella de Buffala fumée, girolles, truffe blanche (tuber magnatum Pico)

Puis vinrent...

Merlu de St-Jean de Luz, carottes Joël Thiebault, bouillon de verveine - Linguine, bouillon de betteraves jaunes, truffe blanche, consommé de champignons - Agneau des Prés-salés, roquette pourpre, carottes, jus de veau - Panna cotta, cardamome, poire Williams, glace poire, framboise
Merlu de St-Jean de Luz, carottes Joël Thiebault, bouillon de verveine - Linguine, bouillon de betteraves jaunes, truffe blanche, consommé de champignons - Agneau des Prés-salés, roquette pourpre, carottes, jus de veau - Panna cotta, cardamome, poire Williams, glace poire, framboise
Merlu de St-Jean de Luz, carottes Joël Thiebault, bouillon de verveine - Linguine, bouillon de betteraves jaunes, truffe blanche, consommé de champignons - Agneau des Prés-salés, roquette pourpre, carottes, jus de veau - Panna cotta, cardamome, poire Williams, glace poire, framboise
Merlu de St-Jean de Luz, carottes Joël Thiebault, bouillon de verveine - Linguine, bouillon de betteraves jaunes, truffe blanche, consommé de champignons - Agneau des Prés-salés, roquette pourpre, carottes, jus de veau - Panna cotta, cardamome, poire Williams, glace poire, framboise

Merlu de St-Jean de Luz, carottes Joël Thiebault, bouillon de verveine - Linguine, bouillon de betteraves jaunes, truffe blanche, consommé de champignons - Agneau des Prés-salés, roquette pourpre, carottes, jus de veau - Panna cotta, cardamome, poire Williams, glace poire, framboise

Le tout arrosé de...

Restaurant Rossi & Co à Paris
Restaurant Rossi & Co à Paris
Restaurant Rossi & Co à Paris
Restaurant Rossi & Co à Paris
Restaurant Rossi & Co à Paris
Restaurant Rossi & Co à Paris

On pourrait s'agacer du sempiternel name-dropping des légumes et autres "hommage à Soulages" (cauchemar des photographes, surtout les mauvais comme moi !!), mais c'est sans compter sur l'infinie douceur et de la satiété issues des assiettes délivrées.

Le très joli panel des vins proposés, certes trop jeunes pour certains, ne manque pas d'interpeller sur la passion viscérale de notre maître queux pour la dive bouteille... mais comment faire autrement quand on a épousé une bourguignonne ?!

Restaurant Rossi & Co à Paris

La carte des vins, mise en scène toute en douceur par un sommelier lui aussi italien, sera justement plus pertinente du côté de la Botte (y compris Sardaigne et Sicile) que sur les vins français, dont les coefficients peuvent faire légitimement sursauter... mais ceux qui cherchent à boire du Rousseau (Armand, bon Eric en fait) en trouveront aussi !!

Mais je martèle depuis des lustres que je vais d'abord au restaurant pour manger... et sur cette thématique, Marco Rossi, cuistot-bambin-barbu aux yeux emplis d'étoiles quand il vous présente ces (énormes) cèpes ou ses légumes, nous a livré une séquence remarquable, aux saveurs justes, aux cuissons respectées, aux expressions très élaborées, explorant au-delà des terroirs napolitains avec une élégance épurée et un talent créatif indéniable, le cuit, le cru, le brûlé, le fumé (je l'ai même traité de "scandinave" pour le coup)... un peu comme un Patrice Gelbard qui aurait réussi à se débarrasser du superflu pour ne garder que l'essentiel !!

Rossi & Co

10 rue Mandar,

75002 Paris

Tél : 09 54 96 00 38

Fermé dimanche et lundi

Formule déjeuner à 24 €, comptez 40-45 € le soir, sans les vins. 

PS : à noter en face, "Rossi le Deli", version foccace-panini-salades

Rossi le Deli
9 rue Mandar 75002 Paris 

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