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EscapadeS

Articles avec #loire

Jacky Blot à Montlouis/Loire

21 Août 2016, 15:21pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Un article commencé mi-juin, terminé ce jour !!

En préambule de notre soirée GQV*, nous avions planifié une séquence d’œnotourisme chez le plus gros étendard du landerneau viticole tourangeau : Jacky Blot.

Nous sommes arrivés à la bourre au rendez-vous, grâce à l'incroyable sens de l'orientation du local de l'étape, sans parler d'une conduite plus proche d'un Henri Paul que d'un Loeb !!

*Grosses Quéquettes dans les Verres
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Nous rejoignons donc Jacky Blot au Clos Mosny, pour nous coller (avec 01h00 de retard) à un groupe d'une vingtaine de personnes.

Je découvre un Jacky Blot affable, au discours passionné/passionnant, prenant son temps pour détailler avec minutie tout le travail de la vigne au chai...

Un coup d’œil sur les vignes adjacentes, pour se rendre compte du soin apporté à ces dernières.

Sans être un "pro de la chose", ça sent le boulot de dingue... surtout quand on cultive 50 ha sur 2 domaines (Domaine de la Taille aux Loups et Domaine de la Butte à Bourgueil) !!

Mais Jacky Blot, ce n'est pas que la vigne !!

C'est aussi une casquette d'agent, un "groupement de vignerons" d'achats/vente (Bouquet de Loire, c'est lui), 6 à 7 caves/points de vente, un restaurant, un (splendide) caveau de dégustation... une grosse PME avec 19 employés juste pour les vignobles !!

Jacky Blot à Montlouis/Loire
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Retour à Husseau, dans la splendide demeure/showroom du clan Blot.

Verres Riedel pour balayer le panorama des productions des 2 domaines.

Pour entamer une séance, Triple Zéro 14 très "pomme au pif qui vire poire", au gras surprenant, frais, citronné, aux "amers courts", plutôt élégant dans sa constitution globale.

Le Tradition 13 (bulle) montre une mordante acidité, forcément moins de noblesse quand on sait qu'elle est constituée des têtes et queues des jus destinés à la Triple Zéro.

Jacky Blot à Montlouis/Loire

Nous enchaînons avec les "secs 14".

Six cuvées différentes... et c'est Bretonnière 14 - Vouvray* Vin de France (barriques 1/4 neuves, 1/4 un vin, 1/4 deux vins et 1/4 trois vins pendant un an), à l'acidulé tonique évoquant l'ananas, à la droiture modèle, qui retient toute mon attention.

Sur Rémus et Rémus Plus (en 12), avantage à Rémus Plus, plus net, au boisé plus "délicat".

Clos Michet 10 fait dans la mollesse, Bretonnière 09 propose finesse et netteté, alors que le nez annonçait une oxydation pas des plus sexys !!

Jacky Blot dégaine les quilles d'un bac réfrigéré qui semble sans fond.

Dix Arpents 02 brise la "descente des millésimes", présentant une puissance et une astringence pas des plus honteuses non plus, pouvant redonner de l'espoir à ceux qui ont oublié en cave cette cuvée.

Grosse mandale buccale avec Rémus Plus 08, juste splendide, magnifique, fin, élégant...

Dix Arpents 97 se laisse dominer par une pointe d'alcool en finale.

Le Père Blot ne ralentit pas, nous assénant Rémus 95 (1er millésime de cette cuvée), aux effluves d'ananas emballant instantanément les glandes salivaires. Comme Dix Arpents 07, l'alcool domine hélas les débats finaux.

* Cf "l'affaire Blot-Chidaine" pour mémoire -> ICI
Jacky Blot à Montlouis/Loire

Place aux rouges sur 14, avec Pied de la Butte - Haut de la Butte - Perrières - Mi-Pente.

C'est Perrières 14, loin devant pour moi, qui illumine ma tronche par son étincelante expression calcaire et son équilibre exemplaire.

Le Moustachu d'Husseau nous achève avec 3 "susucres", dont un "liquoreux 03" splendide, à la fraîcheur inouïe, au nez safrané magique, accusant 200 g de résiduels.

Alors que son déjeuner l'attend depuis 01h30, il nous "refait la bouche" avec un Triple Zéro 08.

05h30 et 25 verres après notre arrivée au Clos Mosny, nous quittons un Jacky Blot increvable !!

Si je commence à avoir de la bouteille en terme de visites de vigneron/domaine, je ne m'attendais pas une seconde à ce niveau d'accueil/chaleur/proximité/disponibilité !!

Le chai de dégustation reçoit une centaine de personnes par jour.

J'avoue que, avant de mettre les pieds au domaine, j'étais pétri de l'image "Jacky Blot = Grosse Machine = Marketing à mort = Pro mais Froid".

Après cette séquence, je regrette chaque pensée-cliché qui m'a habité avant d'y aller.

Jacky Blot est un très grand vigneron que j'ai très largement sous-estimé jusqu'à cette visite.

Son approche viti/vini est une des plus "sérieuses" qui m'ait été donné d'observer dans le coin.

Ces cuvées reflètent parfaitement cette rigueur (même si on peut observer des aléas sur les bulles, mais bon tout le monde sait que sur les bulles...).

L'homme est réellement passionnant, passionné, affable, doux, sans ambiguïté avec ses hôtes.

Je reste encore stupéfait de voir le temps passé avec 3 clampins venus de nulle part (y'a bien le local qui ne sait même pas où est son slip, mais bon).

Si je dois en plus marteler que les vins y sont trèèèès bons... mais pas donnés (>20€) par rapport aux prix moyens pratiqués sur les appellations Montlouis-Vouvray-Bourgueil.

Sachant que nos achats à suivre ont été relativement sobres, les mots nous ont manqué pour remercier Jacky Blot à la hauteur de son dévouement !!

Je souhaite sincèrement à tous les amateurs anonymes, comme moi, d'être reçus ainsi par un vigneron qui fait de beaux vins avec de belles vignes, qui en parle merveilleusement, pour justifier sans relâche de leur passion chevillée au coude corps.

Jacky Blot :

Domaine de la Taille aux Loups
8, rue des Aîtres – Husseau
37 270 Montlouis-sur-Loire
Tél: 02 47 45 11 11 - Fa
x : 02 47 45 11 14

latailleauxloups@jackyblot.fr

Domaine de la Butte
La Butte
37 140 Bourgueil
Tél: 02 47 97 81 30 -
Fax : 02 47 97 99 45

labutte@jackyblot.fr

Sinon, il paraît qu'on y mange bien aussi et c'est à lui :

Le Bistrot des Belles Caves

23 Rue du Commerce

37000 Tours

www.lebistrotdesbellescaves.fr

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Domaine Antoine Sanzay à Varrains

4 Mars 2016, 09:07am

Publié par Docadn

Bonjour,

Tardive suite et fin d'un week-end saumurois, aux allures de marathon des vins.

Après le retard cumulé chez Sylvain Dittière, nous arrivons chez notre second vigneron à Varrains.

Sanzay, un nom plutôt répandu dans la commune. Il semble que pas mal de visiteurs se trompent en allant frapper chez Céline et Didier Sanzay, quand ils cherchent Antoine !!

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Accueil chaleureux malgré notre retard peu excusable, nous entrons rapidement dans le vif du sujet.

Antoine Sanzay s'est installé "officiellement" en 99, livrant dans un 1er temps ses raisins à la cave coop locale. C'est en 2002 qu'il démarre ses propres vinifications.

A la tête de 11,6 ha (dont 10,30 en cab' franc) sur les appellations Saumur et Saumur-Champigny, en conduite bio depuis 2011, officialisée en 2014, il "creuse son sillon" avec l'ombre du Clos Rougeard pour modèle. Exemple qu'il aspire à effleurer, avec humilité, dans sa quête de l'élaboration de beaux vins.

Si les amateurs rattachent systématiquement Les Poyeux au Clos Rougeard, ce terroir est en fait plus grand qu'on ne le croit... et n'est pas le monopole du domaine tant courtisé de la famille Foucault !!

Les Poyeux s'étale sur une trentaine d'ha... mais peu osent le revendiquer sur l'étiquette !!

Antoine Sanzay en exploite 3,85 ha, sur une double exposition.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Antoine produit, en sus, 1 blanc (Les Salles Martin) et 2 autres cuvées de rouge (Domaine et la Haye Dampierre).

Nous démarrons par les rouges, avec la cuvée Domaine 15 (en cours d'élevage, représentant 7 ha) au nez un poil réduit, au fruité très avenant. La bouche s'avère "serrée", acidulée, fraîche, sur une austérité marquée, à la finale déjà aboutie. A ce stade, la malo est terminée, l'ensemble n'est pas (encore) sulfité.

Une autre portion de la future cuvée Domaine 15 (appellation Saumur-Champigny), au fin sucre palpable, plus complexe que la précédente.

Une dernière salve de cette même future cuvée, au "sucré" toujours marqué, à l'ampleur plus surprenante, à l'étonnante finale d'orange sanguine.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Place à la Haye Dampierre 15 (Saumur-Champigny, en cours d'élevage, vignes de 15 à 50 ans, orientées nord-nord-est), au nez complexe de graphite, "d'écorce verte/rafle", perlante à souhait en bouche. Un "toucher de bouche" au grain très agréable, se déclinant sur des notes de marc de café, à la finale complexe... mais un ensemble un poil fatigant pour moi !!

Les Poyeux 15 (Saumur-Champigny, non soutiré après malo), issu de vieilles vignes de 50 à 60 ans, annonce sucre et épices au nez, quand la bouche décline une astringence poussée sur un profil sablonneux "évident". La finale est moins classieuse que sur Haye Dampierre, presque "sudiste" dans mon ressenti. Sortie prévue en 2017, après 1 an de foudre, puis 1 an de cuve béton.

Le dernier rouge tient ses promesses !! Antoine Sanzay nous sert son futur Les Poyeux 14. SPLENDIDE est le seul "mot-hurlement" qui vient immédiatement percuter mes sens au contact de ce (déjà) divin nectar !! Plénitude, finesse, ciselage de grande école que cette future TRÈS grande bouteille !! Si vous en croisez à sa commercialisation, prenez tout !!

Au tour des blancs, avec la future Les Salles Martin 15 (appellation Saumur) aux effluves puissants de pêche-poire, à la bouche perlante, qui verse dans le "100% pur jus de fruits" à ce stade.

Une autre version de la même cuvée présente un profil plus fermentaire, un boisé appuyé. La matière est plus détendue, pétant la poire, à la jolie amertume finale.

Ultime bouteille, avec Dampierre 14 (pas de malo, même si le doute m'habite sur le nom de cette dernière) transpirant le "boisé-lacté" au nez, pour une bouche offrant finesse et jolie finale menuisière.

Une très jolie séquence vigneronne que cette escapade chez Antoine Sanzay. Le trentenaire est affable, humble et franc. Comme tous les passionnés, le doute se pose en jalon de chacun de ses vins.

Antoine Sanzay semble porter le "syndrome du grand cuisinier" qui, pour atteindre l'évidence, a dû peut être se perdre dans des circonlocutions viticoles pour comprendre et faire le beau et le simple dans ses vins !!

Ses Poyeux 2014 sont la preuve irréfutable qu'il a trouvé son chemin et sa destination...

Domaine Antoine Sanzay

19 Rue des Roches Neuves, 

49400 Varrains

Tél : 02 41 52 90 08

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Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

17 Février 2016, 16:23pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Début janvier 2016, j'étais (déjà) en vadrouille sur les terres ligériennes pour aller à la rencontre de 2 vignerons (choisis par référudum par une bande de picolos composée de Centristes, d'un Angevin dégarni et d'un Breton prenant la même voie).

Notre première étape nous emmène à Montreuil-Bellay, chez Sylvain Dittière.

J'ai fait connaissance avec les vins de ce dernier il y a environ 3 ans, grâce à un de mes talentueux cavistes.

Connaissant mon aversion naturelle pour le breton (l'autre nom du cab' franc), il a su me convaincre très rapidement de la haute qualité de ce dernier !!

Il est temps de découvrir le bonhomme qui se cache derrière les vins.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Déjà, le zozo a zappé notre rencard est à la bourre, il arrive en souriant, s'excusant, nous invitant directement dans les entrailles de la cave.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Sylvain Dittière se présente succinctement.

Lié familialement aux Foucault (feu Charly et toujours Antoine, du Clos Rougeard), il a déjà pas mal roulé sa bosse dans les vignes et au(x) chai(s).

Château Yvonne, Thierry Germain, Gauby, Tempé et forcément les frères Foucault étayent son cv.

Désormais à la tête de 6,5 ha, la première cuvée du Domaine de la Porte St-Jean est sortie en 2010.

Nous démarrons par (la future) La Perlée 2015 (vin de France), issu d'une partie des 2,2 ha de chenin qu'il tâche de remettre en état, après 10 ans sans entretien !!

Ce "brut de fût" (fût de 500 l, d'un vin) respire le fermentaire, verse dans le "jus sucré", déjà très typé chenin, à la salinité évidente, aux étonnants "amers sucrés" (allez-y régalez-vous, c'est cadeau). Une vigne qui a produit 2hl/ha lors de sa première année de "remise en état" !!

2ème barrique, Le Saut Mignon 15 (Vin de France), un sauvignon en cours de malo, au nez très boisé, à la matière nette, respirant une "pureté" et une plénitude immédiates. Pas de "sucre palpable", du gras, une certaine rondeur, des amers un poil flottants, à la finale longuement poivrée.

Fin des blancs, avec La Perlée 14 (2 ans d'élevage prévu), au nez de "bois neuf" dominant, à la réduction marquée, au caractère agile en gueule, assez court, au boisé confirmé, aux amers fins et frais.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Place aux rouges. Nous effectuons des migrations désordonnées d'une barrique à l'autre pour découvrir les différentes cuvées.

Saumur-Champigny, La Porte St-Jean 2015 (en cours d'élevage, 6 semaines de macération, zéro pigeage, zéro remontage) propose un très joli nez, un perlant dont le fruit ne se laisse pas compter. L'ensemble s'avère fin, presque cristallin, hélas gâché par une finale un poil grossière.

Sylvain Dittière est bavard comme moi pas permis !! Il débite ses commentaires comme un Antoine De Caunes parkisonien des cordes vocales. Nous apprenons que les blancs sont sulfités autour de 30 à 40 mg. Pour les rouges c'est de 20 à 25 mg de SO2 au global.

Saumur - Les Cormiers 2015 (élevage fût neuf), issu d'un "terroir jurassique planté de cab' franc de 60 ans", sent le pain grillé, tandis que le jus déploie fraîcheur, netteté, et fruité démoniaques.

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2014 (vin de presse) offre un nez de vernis pas des plus sexys, louchant sur le "naturel peu protégé sur le fil du rasoir". L’expression est par contre plus "directe", immédiate, crayeuse, à la finale un poil sucrailleuse.

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique de 2 vins) signe la fourrure au nez, alors que fraîcheur et élégance sautent au palais. L'ensemble est très mûr, joliment pinoteur par moments !!

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique neuve) signe un nez très mentholé, un toucher de bouche flatteur, une amertume hélas rédhibitoire.

Saumur - Les Cormiers 2013 fait dans l'air marin puissant (iodé à bloc), servi un poil froid, on devine une matière très mûre, un bon soupçon de volatile, une finale crayeuse et une généreuse gourmandise qui louche vers le sureau.

La remontée du temps se poursuit...

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2011 évoque le métal froid au nez, tandis que le pruneau, le café et le tabac se disputent la suprématie en bouche. Une sensation demi-corps/aqueuse laisse la finale "flottante".

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2010 dégueule de jus de fraises au pif, une pointe de graphite et les airelles en bouche. Finale glougloutante simple mais efficace.

Saumur - Les Cormiers 2012 (1er millésime de cette cuvée) pète de réduction, mais se rattrape aux branches avec une délicatesse superlative en bouche. C'est fin, frais, au "juste grain qui roule sous la langue", à l'équilibre d'école.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Six Roses 2014 (chenin-sauvignon-cab' franc), un pet' nat (pétillant naturel) qui offre craie et amertume prononcées. Une cuvée qui à la particularité de subir, en sus, une macération de pétales de roses.

Mais ce n'est toujours pas fini, Sylvain Dittière est chaud, il enchaîne...

Le Saut Mignon 14 est too much pour mon palais !! La pointe sucrée ressentie n'arrange rien. Pas ma came !!

La Perlée 2013 a le nez "pharma angevin que je sens partout" très prononcé. Le jus a une niaque terrible, des amers puissants et une fraîcheur salvatrice.

Nous sommes remontés à la surface depuis quelques vins, mais notre vigneron est inarrêtable !!

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Il dégoupille à la chaîne de fort jolies quilles (dont une spectaculaire Jeunes vignes 2014 de Cyril Fhal), nous "empêchant" quasiment de partir (provoquant un retard qui frôlera les 01h30 en arrivant au resto).

Derrière ce trentenaire (monté sur pile à hydrogène), qui peut s’avérer presque agaçant au premier abord, se cache un fou du vin, de la vigne et des hommes qui animent ce milieu !!

On croit d'abord avoir affaire à mon double un "branleur pas très sérieux et un peu grande gueule", mais les vins, le discours et l'approche dont il nous a fait une brillante présentation/démonstration vous fait réviser rapidement ce raccourci facile.

La séquence finale de notre visite a montré l'immense générosité spontanée du bonhomme, le "lâcher prise" naturel dont devraient s'inspirer d'autres vignerons, le tout adossé à des vins qui en 6 millésimes, à peine, s'affirment comme des références saumuroises en devenir !!

Sylvain Dittière
La Porte St-Jean
100 rue Porte St-Jean
49 260 Montreuil-Bellay
Tél : 02 41 40 41 22
sylvain.dittiere@hotmail.fr

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Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

6 Février 2016, 18:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Au lendemain des Pénitentes, nous tentons aussi une première incursion dans le salon estampillé "rock en bouche" (c'est moi qui le surnomme ainsi).

Les Anonymes se veut un salon dédié aux talents de demain, à ceux qui n'ont pas encore, ou n'auront jamais, les moyens financiers ou médiatiques d'accéder aux grands salons voisins...

Une seule condition : être dans la mouvance nature-bio-biody-permaculture et aimer les shampoings pour castors.

Je m'attendais à un peu plus de "dreads-clopes roulées-anneaux écarteurs", mais nos hipsters des Pénitentes sont encore là !!

Si je me suis taillé une solide réputation dans les choix souvent risqués l'éclectisme des vins que je goûte et achète, mon collègue de goulot est beaucoup moins aventureux dans ce domaine. L'exercice qui va suivre va renforcer cette conviction.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

10h15, c'est déjà la cohue dans les salons Curnonsky !! On annonce près de 300 tickets vendus en 15 minutes !!

Nous errons quelques minutes, tentant de repérer quelques noms familiers, puis de nous arrêter au "bar vigneron".

L’entame se fait avec Sébastien Fleuret et son "Refaire le monde" 14, au fin sr plutôt intégré, à la finesse évidente.

"Léon 14" (semi-carbo) glougloute naturellement, sur fond de raisins bien mûrs et épicés.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Un petit tour chez Lilian Bauchet, qui semble enfin "respirer" avec son nouveau domaine, aux dimensions (3,5 ha) plus adaptées.

"Point d'Orgue" 13 se goûte sec, presque austère en l'état, avec une volatile "limite".

"D'une Rive à l'autre" 14 (habitant d'un côté, ses vignes sont sur la rive opposée de la Saône) offre un léger perlant, associé à une typicité toute "beaujoloise".

Pour finir, "Amor Fat" 14 donne dans la grenadine, le juteux enthousiasmant et une finale aux jolis amers.

4 cuvées normalement dispos, mais la dernière était "sur le flanc" selon son géniteur.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Détour par Péchigo (Sylvain Saux, 1,3 ha en rouge, 1,2 en blanc), avec un carignan 13 perlant, mûr, très souple, un mauzac 09 poivré, puissant aux amers limites, puis pour finir, une cuvée 08 à dominante de chardo, juste imbuvable en l'état, malgré la sympathique finale miellée.

Chez Bouju (absent, sûrement débordé à fermer un carton), une "Violette 14" juteuse, à la fine volatile, alors que "Brutal 14" est bien plus net (syrah/gamay 50/50).

Julie Brosselin (ex-Le Petit Domaine) s'est lancée toute seule, comme une grande !! Son grenache 14 a le nez qui déboite chafouin, une bouche oxy, une finale épicée moins sauvage.

Son cinsault 15 respire la carbo et glougloute sans efforts. Son "Rue d'la peste" 15 (carignan/syrah) offre un généreux jus, à la jolie finale.

"Queue de comète" 15 (mourvèdre/cinsault 50/50) est simple, plein, mûr, là encore joliment juteux.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Grosse série chez Pierre Boyat, avec pour démarrer, "Les Cabanes" 15 (très jeunes vignes) d'une netteté modèle, adossée à une évidente gourmandise !!

"Bois de Lune" 14 a une volatile ravageuse, une matière "rock de chez rock", "Noir de Rouge" 14 offre des tannins rugueux, la version "bois" a une volatile encore plus prononcée.

"Les Rennes" 14 (sur granit) est simple, le St-Véran 14 très épicé et plein, le même sur 13 est plus bordeline, quand le 12 (2 ans de barrique) délivre un voltage à ressusciter Cloclo et le King simultanément, le tout sur un fil"rock barré nature débridé".

Partons dans le Jura, avec une salvatrice découverte postée juste à côté de Lilian Bauchet : Didier Grappe.

Le savagnin ouillé 14 "poire comme un ch'nin", c'est net, très gourmand pour "dé-Lignac-iser" l'expression.

Le "Chant Rouge" 11 (chardonnay) balance un curry puissant au nez, quand la matière file bon train, sur l'amande, entre les badingoinces.

La bulle de "Clash" (vin mousseux de qualité selon l'étiquette) malgré un joli crémeux, laisse une impression brouillonne dans son effervescence peu rectiligne (chardo/savagnin).

Un rouge pour finir, mariage improbable de pinot noir-trousseau-chardonnay et poulsard qui glougloute de plaisir.

Julie Balagny est toute rouge, dynamique et ne manie pas la langue de bois !! Quand c'est barré, elle assume et le reconnaît !!

Son Beaujolais 15 est simple et pas mal, le MAV (moulin-à-vent) 15 très perlant, à la matière nette, "Pestiféré" 14 l'est moins que son nom.

Retour au "bar du vigneron", pour une escale chez Joseph Paillé, qui en a fini avec L'Anjou !! Le voilà désormais Roussillonnais depuis septembre 2015 !!

Le Domaine Benastra proposait un Côtes-du-Roussillon 15 (syrah-grenache et ??, j'écris mal bordel), déjà fort aimable, Benastra 15 (syrah-grenache-mourvèdre, tiens c'est lisible là), au métal jaillissant, au jus expressif, puis pour finir la gamme magenta, un 100% grenache à la finesse palpable, sans lourdeur, malgré le côté très mûr du jus.

Un Benastra blanc 15 pour finir (maccabeu-chardo), juste, fin et frais !!

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Pierre Borel bosse sur un jardin de 2 ha à Bourgueil. Il n'en vit pas encore totalement, pourtant le résultat montre qu'il mérite d'y consacrer tout son temps !!

Son Bourgueil 12 (éraflé) a profité d'1 an d'élevage, se goûte comme une jolie carbo, glissant sans peine jusqu'à la glotte toute heureuse de cette vinothérapie de qualité.

La version 11 montre déjà des signes d'évolution, savant mélange de douceur et de rugosité !! De plus, les prix sont abordables (en direct, comptez moins de 10 €).

Chez L'Escarpolette (Yvo Ferreira), on sert en "chaussettes doigts" sur un piédestal en carton !! Un blanc 15 qui muscate (forcément y'en a), frais, aux sr évidents. Brutal 15 (ils sont plusieurs vignerons à éditer une cuvée Brutal, avec la même étiquette), pète de fruits rouges, tout en restant sec et frais. Escarpolette 14 renifle la "carbo évoluée et sucrée", alors que son cinsault 14 respire la plénitude et la générosité d'un jus. Sur la version 13, des arômes de viande grillée occupe une matière à l'impression, là encore, d'évolution rapide.

Soyons honnêtes, si mon collègue de goulot a grimacé quelques fois, j'attendais aussi un pourcentage plus élevé d'effluves inspirés d'écuries normandes !!

Par contre, on ne peut passer sous silence certaines volatiles débridées, voire carrément délirantes, plus ou moins assumées par leurs géniteurs !!

Les Anonymes, un happening moyennement taillé pour les "radicaux-centristes du vin" comme moi, même si de bonnes surprises s'y dissimulent habilement.

Force est de constater que ce salon plaît assurément à un public venu en (grand) nombre, dont une majorité était déjà présente aux Pénitentes !!

Billet écrit sous rhume XXL, pendant que d'autres collègues de goulot me narguaient avec leurs quilles et leurs plats pour la Xème LPViade BzH à Rennes !!

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Calendrier de l'Avin 2015 : 20

20 Décembre 2015, 10:22am

Publié par Docadn

Calendrier de l'Avin 2015 : 20

Calendrier de l'Avin, saison 6 !!

S'il est bien une notion de l'éphémère, c'est au net qu'on la doit... sauf pour le calendrier picologique proposé, sans relâche, par Eva-Oenos depuis plus d'une demi-décennie !!

Heureux élu depuis la genèse de cette cave à vin virtuelle, j'ai eu cœur de mettre en avant des vins ligériens (chers à la "Gouroute aux ongles tatoués"), à 2 exceptions près (beaujolais et japonais).

"Fidélité" oblige, c'est encore la Loire qui illustrera cette 20ème case.

Une case particulière, puisque je vais parler du vin d'un collègue de goulot !!

Je vous vois déjà en train de dodeliner de la tête en expirant un "pfff, il va nous faire la pub de son pote..."

Et bien détrompez-vous... qu'à moitié !!

Vouvray - Le Compte Marc 2013

Vouvray - Le Compte Marc 2013

Julien Vedel est ouvrier agricole (niveau 4 quand même) au Domaine du Clos Naudin (Philippe Foreau), à Vouvray.

Le soir venu, quand il n'a pas de dégustation, il cultive quelques ares sur une parcelle nommée "Le Compte Marc".

Depuis 2012, son premier millésime, il concocte un Vouvray avec l'ambition de se mesurer aux références locales.

Labours au bourrin, pas d'intrants, une pincée de soufre à la récolte, puis à la mise (je crois) et c'est tout !!

Il a beau être mon pote, il n'empêche que je ne lui laisse rien passer pour autant !!

Déjà, aucune bouteille offerte... ce qui me laisse une franche objectivité sur les jus chèrement payés !!

J'ai goûté son 12 à 2 reprises. Une fois seul, une autre fois en comité élargi à l'aveugle. La critique ne fut pas exagérément enthousiaste !!

C'est ainsi, comme je le répète souvent : on ne ment pas à un pote... même s'il met ses couilles au barbec' jette tout son égo dans son vin !!

Julien Vedel, géniteur du Compte Marc

Julien Vedel, géniteur du Compte Marc

Pour cette case n°20, partons à l'assaut de son Vouvray - Le Compte Marc 2013.

un premier nez très mellifère, crayeux, sur des fruits blancs génériques, qui vire sur l'archétype d'un chenin.

Une attaque vive, fine, crayeuse à mort, un poil courte, aux amers fins, courts, donc frustrants... j'oublie la bouteille 01h00, avec l'espoir qu'elle va se livrer un peu plus.

Je reviens sur la bestiole après les 60 minutes réglementaires de respiration, pour redécouvrir un vin totalement métamorphosé.

Le nez "poire", sur un caractère s’annonçant "plus gras".

Le gras se confirme en bouche, avec une jolie pointe d'austérité comme je l'aime dans le chenin. L'ensemble est plus vibrant, aux amers enfin sexys et longs...

La finale est superbe, l'allonge de rigueur, "vlà ti pas un bon chnin" !! ***

A j+1, la matière est monolithique, plus puissante, aux amers plus "pointus". Un vin moins charmeur-charmant et surtout plus court.

A carafer longuement sur ce millésime... si vous en trouvez !!

Domaine Julien Vedel

46 rue Docteur Lebled

37210 Rochecorbon

julienvedel@yahoo.fr

lecomptemarc.vouvray@gmail.com

C'était le Calendrier de l'Avin 2015, à vous Madame Eva !

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Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

29 Novembre 2015, 18:05pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Petit week-end dans les vignes angevines, avec un casting de vignerons établi sur un critère simplissime : la curiosité... et la dispo aussi !!

Avec 3 autres collègues de goulot, nous nous retrouvons, pour démarrer le marathon des crachoirs, à Vallet, hameau "collé à Faye d'Anjou".

Depuis quelques mois, la glouglousphère "buzze" bruyamment sur un jeune vigneron, au point d'en avoir fait quasiment le "phénomène angevin de l'année 2015" !!

Des avis dithyrambiques qui n'ont pas manqué d'aiguiser la grande curiosité des mes coreligionnaires.

Moi, je ne suis pas difficile, tant qu'on peut picoler déguster découvrir, je suis partant !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou
Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

C'est sur la propriété de ses parents que Pierre Ménard élabore, à part, ses propres vins depuis le millésime 2013.

Sur les 25 ha exploités (en chimie "tradi" pour la coopé) par ses darons, Pierre Ménard a "isolé" quelques ares de vieux chenin (85 ans) planté en coteaux sur argilo-calcaire et schiste. Il soigne désormais 7 rangs sur le lieu-dit "Le Quart des Noëls", avec une approche axée sur les principes de la biodynamie.

En parallèle, il exploite aussi quelques arpents de sauvignon quinquagénaire, sur coteaux de schiste itou, quelques hectomètres plus loin et plus haut (au Clos de la Roche).

A peine 1/2 ha cultivé en tout, quand il compte rapidement en exploiter 4 dès que possible !!

Ingénieur de formation, Pierre Ménard a bourlingué en Nouvelle-Zélande, en Hongrie et dans le Bordelais, avant de revenir sur la "terre de ces ancêtres".

Accueil souriant, voix douce, c'est une version couillue de Fifi Brindacier qui nous emmène directement sur la parcelle de chenin, pour échanger sur les pratiques et l'approche de "sa viticulture" avec le Gros Jull Sorcier du Compte-Marc !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Retour au chai (en fait, sous la maison des darons, dans le garage), pour passer aux travaux pratiques.

Laïka 2014 "Sauvignon blanc" - IGP Val de Loire : robe très brillante, élevage de type "fût neuf d'obédience bourguigonne" marqué au nez. L'attaque confirme le boisé, dominant mais pas caricatural, la matière est plutôt "sphérique", très charmante, à l'amertume et à l'équilibre nets. Même étiquette découverte, aucun "marqueur" archétypique du sauvignon. C'est très bien foutu.

Le Quart des Noëls 2013 - Anjou : Là encore, l'élevage domine le nez, même si de sympathiques agrumes se fraient un chemin jusqu'à mes parois nasales. Une attaque "enrobée" (malo partielle, 0,8 gr de sr), compacte, puis salivante en fin de bouche, qui monte crescendo (longueur remarquable). Finale un peu éthérée au fil des gorgées, sur de petites notes de champignons.

Le Quart des Noëls 2014 - Anjou : nez "boisé" plus discret que sur les 2 premiers vins, "plus chenin" dans l'expression olfactive. Matière très finement boisée, plus aérienne que 2013, plus demi-corps aussi, très épicée, portée par une splendide finale, quasiment "chardonnesque dans l'esprit", ciselée, très fine, glissante... qui n'arrive quand même pas à faire fléchir, au global et à ce stade, ma préférence pour 13 !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Pipette à la main, nous entamons le "cycle des barriques".

Laïka 2015 "Sauvignon blanc" - IGP Val de Loire : poire monstrueuse au nez, matière très flatteuse, en cours d'élevage (20 gr de sr estimé, 11°).

Le Quart des Noëls 2015 - Anjou : nez acidulé, flaveurs de pomme verte, matière nette, à l'acidité savamment salivante, très gros vin en perspective.

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Retour aux flacons.

Cosmos 2014 - Coteaux du Layon : abricot et safran boxent valsent au-dessus du verre, puis le quatuor "fraîcheur-suavité-digeste-équilibre" tatoue le petit nectar aux 135 gr de sr, à l'acidité un poil consensuelle pour ma pomme qui aime le "tranchant", surtout dans les "sucres".

Et moi qui voulais du "tranchant", je vais être servi avec ce Verjus 2015.

Pour rappel, le verjus est élaboré à partir des jus acides des raisins encore verts.

Dans notre cas, Pierre Ménard exploite les fruits issus de sa "vendange en vert" (cette dernière consiste à couper le "surplus de raisins" pour mieux réguler le rendement des ceps, tout en assurant une maturité potentielle plus favorable pour les raisins restants), en la valorisant sous la forme d'un verjus, usuellement utilisé en cuisine (pour déglacer, notamment).

Nez intense de rhubarbe, à l'acidité haute qui fait presque recroqueviller mes poils de tarin !! En bouche, on doit frôler le pH 0 1 !!

L'acidité est très très haute, énorme même, très plaisante en l'état avouerais-je.

La rhubarbe signe autant la bouche que le nez.

Pierre Ménard commente sobrement chaque vin avec des infos claires, pragmatiques et engagées. Il écoute sans ciller nos remarques de découpeurs de prépuces d'hannetons. Il a une l'humilité de rigueur avec ses 2 premiers millésimes, malgré le "déferlement" de louanges dans la glouglousphère... et il est plutôt sympa en plus !!

Reste des tarifs déjà "ambitieux" (14 et 21 € respectivement pour son sauvignon et son anjou, 8 pour le verjus... 22 pour son sucre).

S'il est vrai que ces vins respirent déjà une pureté, un éclat et un équilibre qui souffrent peu la critique (avec des 15 qui risquent de "casser la cabane"), la grille tarifaire est déjà "mature", surtout pour le chenin !!

A 15 €, j'aurais sauté comme une antilope narguant un vieux lion fatigué pour vanter l'excellence du rapport qualité-prix.

A 21 €, ma préférence pourrait aller, hiérarchiquement, sur d'autres vins... ailleurs !! Il n'en demeure pas moins que la relève est bien là... et qu'elle a pas envie de manger des cailloux !!

Merci encore à Pierre Ménard pour la générosité du temps consacré à 3 amateurs (et un pro) parfois enclins à geindre sur certains prix !!

Domaine Pierre Ménard

Vallet,

49380 Faye d'Anjou

www.facebook.com/domainepierremenard

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LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

21 Juin 2015, 21:06pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Notre groupe de soiffards a décidé de consacrer 3 volets aux vins de Loire. Il y a 3 mois, nous explorions les vignobles nantais et angevins.

Au tour de la Touraine de passer sur le grill de nos papilles curieuses et parfois sévères !!

Mon aversion (naturelle) pour le poivron cabernet franc me fait redouter de potentiels mauvais moments. Mais la Touraine, c'est aussi du chenin... soit de bons moments en perspective aussi... normalement !!

Mais voilà, quand ça veut pas, ça veut pas !! Chronique d'une dégustation catastrophe pour l'anti-breton et le pro-chenin que je suis !!

16 joyeux drilles autour d'une tablée ravitaillée par un punk à la crête napalmée, épaulant sa moitié qui, quand elle n'apprend pas à parler à ses légumes les fait chanter dans les poêles, s'est décarcassée comme toujours pour tenter de coller sa (jolie) cuisine aux vins proposés.

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Tradition oblige, nous commençons par une bulle (merci Gilles) aux effluves étonnamment forestiers, profond, à la bulle nerveuse. La vivacité se confirme en bouche, un jus immédiatement salivant, crayeux au possible, à la longueur remarquée. Au fil des gorgées, le vin se révèle assez compact, puissant, aux amers nobles, sur une finale de pamplemousse. J'aime beaucoup ce Vouvray - Brut 2008 - Clos Naudin - Philippe Foreau ***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Un premier apport, gentiment offert par un collègue de boulot. Un rosé au nez de berlingot, très "levuré", quand la matière s'avère pommadée, sudiste molle au possible et simpliste. L'assemblée grogne déjà devant ce Touraine Noble-Joué - Rosé 2014 - Domaine B. Blondeau 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le premier rouge débarque. Un boisé appuyé envahit mes narines, puis les "capteurs archétypiques" du cab' franc se rangent à la queue leu leu au-dessus du verre. L'attaque est douce, quasi sucrée, puis... pas grand chose derrière !! C'est clairement "maigre" et sans caractère pour un Bourgueil - Tempérance 2012 - Bertrand Galbrun *

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Second rouge, avec un nez de "peu protégé" qui fait craindre le pire. La bouche est presque miraculeusement "neutre", si ce n'est des amers finaux assez toniques, limites désagréables. Pourtant cette trilogie de pinot noir, gamay et pineau d'Aunis du Domaine Augé, vin de France 2010 le Herdeleau là avait tout pour plaire... sur le papier *(*)

3ème rouge s'ouvrant sur un sympathique pif de "fourrure typé macération carbo du Beaujolais", à l'attaque d'abord douce, puis très épicée, aux amers justes... qui part en vrille en moins de 5 minutes, laissant place à un végétal rédhibitoire !! Comment ça c'est un 09 ?! Eh oui, Bourgueil - Les Galichets 2009 - Catherine et Pierre Breton *(*)/**

Le concours de grimaces bat son plein !! Pat le Moineau (dit La Mouthe) jette ses verres avec le même enthousiasme qu'un magasinier détruisant des yaourts périmés.

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Enfin un joli nez original de "raisins mûrs" virant presque sur les agrumes !! C'est bien un rouge, un cab' franc, à l'expression étonnante d'orange amère un poil anachronique, plein de fraîcheur, pas mal en fait ce Bourgueil - La Petite Cave 2007 - Yannick Amirault **(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Nez très métallique, fines notes de fourrure, puis une attaque bien mûre, épicée, hélas demi-corps avec une finale en couille de loup qui trempe négligemment dans une piperade à l'amertume monstrueuse. Chinon - Clos Guillot 2010 - Bernard Baudry */*(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

J'ai déjà envie de jeter l'éponge pour les rouges, attendre les blancs, quand survient ce 6ème rouge au nez de Bernardo muet comme un Chaplin des années 20 !!

La bouche se fait heureusement plus bavarde, délivrant une matière juste mûre, relativement fine, très gourmande, fraîche, pas du tout du cab' franc en fait !! Eh si !! Merci donc à ce Touraine - Ante Phylloxera - Franc de pied 2009 - Clos de Maulévrier - Marc Plouzeau de faire une trêve dans cette boucherie de rouges pas mûrs, amers, simplistes pas du tout à mon goût !! ***/***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Un nez "local", virant café et menthol par moments !! Attaque immédiatement gênante de traviole, épicée, aux amers monstrueux et vulgaires.

J'avais un différent historique eu une détestation quasi psychanalytique avec un Busardières 2005 du domaine... dire que même à l'aveugle, je trouve détestable ce Bourgueil - Grand-Mont 2011 - Domaine de la Chevalerie - Stéphanie, Emmanuel et Pierre Caslot 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le calvaire se poursuit avec ce 8ème rouge au nez très épicé, plutôt avenant, qui se fait balayer par un jus "décalé", aux amers saillants, pour ne pas dire grossiers, encore un cab' franc identifié comme un Touraine - 2006 - Patrick Corbineau vraiment pas bon !! 0

Dernier rouge annoncé !! Les larmes de joie coulent à travers mes yeux rougis par les poivrons verts et le Tabasco recrachés !!

Nez sanguin, à l'acidité jaillissante, qui annonce tonicité et vie !! La matière confirme le caractère nasal, par une expression dynamique, équilibrée, aux amers parfaitement intégrés... bordel, vous voyez, c'est pas compliqué !!

Il faut faire quoi pour avoir ça ?! Signer un pacte avec La Diablesse 2001 - Château de Coulaine - Chinon ***/***(*) ?!

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Les blancs arrivent, j'aspire à enfin prendre du plaisir... mais non, à ce moment là, je ne sais pas encore que je vais me farcir une dégustation aussi énervante qu'un album de Michel Sardou !!

Le premier vin est tellement "rosé-sudiste-berlingot-attaque-molle-mais-c'est-quoi-ce-vin-invertébré" que je me dis... non c'est pas du chenin ?!!

Très jolie blagounette de Ben53 (qui rappelons-le est diacre itinérant, responsable-adjoint de la promotion du vin de messe mayennais pour le diocèse de son district occidental).

Et c'est effectivement un chenin estampillé Vin de France - 2014 - Domaine de la Morinière - JM Leroy (avec une étiquette conçue par un atelier encadré, composé d'anciens touristes ayant burn-outé après des vacances en Mayenne) vendu 9€... ce qui est 9€ de trop en passant !! 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Second blanc, qui démarre avec une acidité haute... puis qui se vautre en largeur puis en mollesse, malgré un caractère citrique net. Nouveau coup de sang pour La Mouthe et son Jasnières - Cuvée des Perrés 2013 - Domaine J. Martellière, qui risque de laisser encore un caviste rennais sous la menace d'une colère rousse rouge !! *(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Mon apport s'ouvre sur un "citrique" évident, avec un soupçon de poire !! J'avais laissé ce vin comme "too much" par son côté "Hulk véner", je retrouve une matière à l'acidité toujours haute (comme j'aime), à la tension attendue, mais sur un profil bien moins large !! C'est plus posé, mais moins puissant... presque trop "étroit" pour le coup !!

Ca me fait un peu chier, et pour le vin et pour Julien, de le boire ainsi, mais on ne ment pas aux potes !! Vouvray - Le Compte Marc 2012 - Julien Vedel **(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le nez le plus expressif des blancs, avec son cortège de poire, sa pincée de pomme blette, quand la bouche se fait finement oxydative, avec ses notes pharma ... et sa finale pas nette du tout pour moi (sans parler de la grosse impression de sr), dommage pour ce Coteaux du Loir - Vieille Vignes Eparses 2005 - Domaine de Bellivière - Eric Nicolas *(*)

Un pif un poil soufré, mais une promesse en bouche qui se dénude élégamment !! Matière équilibrée, amers modèles, fraîcheur de bon aloi, enfin un chenin qui se tient (très) bien que ce Vouvray - Le Mont - Sec 2010 - Domaine Huet !! ***/***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Etonnant "demi-sec", à l'acidité haute bienvenue, qui "safrane" sympathiquement, mais manquant quasiment de "douceur" dans son registre, alors que le domaine aime laisser "traîner du sucre même dans ses secs" la rondeur !! Je reste circonspect devant ce Montlouis/Loire - Les Tuffeaux 2009 - françois Chidaine *(*)/**

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Fin du (laborieux) marathon, avec un ultime blanc au nez marqué de champignon, à l'acidité de diable, mais pour cause de fatigue, de désarroi, ou je ne sais quoi encore, je n'apprécie pas pleinement cette ultime salve, alors que nous sommes devant un jus historique : Vouvray - Les Morandières 2004 - Lemaire-Fournier **

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

En conclusion, une dégustation calamiteuse pour mes sens... et pas mal de mes collègues de goulot aussi !!

Le genre de séance qui vous conforte dans la culture d'une aversion (disproportionnée) pour le cab' franc, mais vous rappelle aussi que le chenin ne supporte pas non plus la médiocrité !!

Vivement la fin de la trilogie avec le Centre-Loire qu'on souhaite forcément moins funeste !!

Merci à tous les participants pour leur dévouement à la science et leur abnégation totale durant ce très long après-midi de souffrance !!

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Vini Circus 2015... le débrief express !!

12 Avril 2015, 21:34pm

Publié par Docadn

Bonjour,

4 ans que j'avais pas remis les orteils dans ce "grand pardon breton des vins natures".

J'avais laissé la manifestation à Hédé, sous un chapiteau, je la retrouve à Guipel dans une structure en dur.

Vini Circus 2015... le débrief express !!

Si j'ai tancé le public parigot urbain des Greniers à Angers pour son clonage vestimentaire, la faune vinicirquienne n'est pas en reste non plus en terme d'uniformisation dans ce domaine.

La panoplie "sweat à capuche - barbe de 8 mois /anneau nasal - dreadslocks/touffe Capitaine Caverne - Crocs chaussettes" se croisait à la fréquence d'1 visiteur sur 1 2 !!

Bon, ce n'est pas non plus la "fashion week", petite tournée sélective des 105 vins goûtés-crachés avec Papylimougeaud !!

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Je démarre par l'Ardèche et Le Mazel (Gérald et Jocelyne Oustric), avec en point d'orgue un(e) "Larmande 11" (syrah) à la très belle expressivité.

Passage à Vide chez Tuiles Bleues, avant de plonger en Muscadet avec Marion Pescheux et Manuel Landron (nouveaux venus dans le PV* sur 7,5 ha), dont un "68 ares" composé d'une folle-blanche aux flaveurs étonnantes de crème brûlée.

Détour par le Beaujolais et Champier, avec un "Brulius 14" agréablement complet face aux autres cuvées.

Chez Greg' Leclerc, les nez déboitent sont souvent "chafouins", la finesse la plus notable arrivant sur "Coup de Canon 12".

Chez sa moitié (Anne Paillet Leclerc), son cinsault (Pot D'anne 13) se glougloute sans raisons ni excuses...

* Paysage Viticole
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

La pause chez Foillard est largement plus agréable qu'il y a 4 ans sur la même manifestation. Si le 13 est en mode "glou", la "Côte du Py 13" est "charnue, pleine et racée". Fleurie 11 est, pour finir, tout en délicatesse.

Premier coup de coeur de la journée chez Julien Guillot (Clos des Vignes du Mayne - Bourgogne), avec un trio 910 (Mâcon-Cruzilles 13) - Bourgogne 13 - Aragonite 12 (Mâcon-Cruzille) d'un niveau splendide !!

Chez Maisons Rouges, "L'Eclos" et "Sur le Nez" 13 se défient entre finesse et complexité. Notons la petite volatile sur "Garance 13".

Encore un nouveau venu dans le PV* : Quentin Bourse qui fait son "Sot de l'Ange", signant un premier millésime (14) aussi remarquable que sa capacité à parler sans reprendre sa respiration.

Des vins déjà spectaculaires dans leurs expressions (vivacité et amertume maîtrisées), doublés d'une com' et de tarifs déjà matures.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

C'est la sémillante Emeline Calvez (Domaine Sébastien Bobinet) qui offre à nos badigoinces assoiffées le quatuor Hanami 14 - Ruben 12 - Amateus Bobi 13 - Du Rififi (chardo/chenin).

Nous louons surtout la buvabilité extrême des 2 premiers jus (et les accents rigolos de pesto de Ruben).

Chez Marc Houtin (La Grange aux Belles), c'est "La Chaussée Rouge" qui "carbogloute" à donf, même si "Nina 10" n'a pas des accents aussi charmeurs que lors de notre dernière rencontre.

Back to Bourgogne, chez Ballorin au Marsannay "Les Echezots 13" quasi addictif.

Bouju est toujours en train de faire (lentement pour le commun des mortels, mais sûrement en mode "speed" pour lui) un carton à chacun de nos passages... tant pis !!

Les Roches Sèches (Jean-Marie Brousset, Thibaut Ducleux et Julien Delrieu) proposent un Essart 13 (grolleau) glou + très digeste, ainsi que des Varennes 13 au rapport qualité/prix remarquable !!

Pas de blanc tranquille en 14 chez Benoit Courault, mais Tabeneaux 11 et des Rouliers 13 qui sortent très bien du lot.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Des sensations décalées chez Matin Calme et Maupertuis, avant de croiser (enfin) les Chinon de Jérôme Lenoir, ou la baston entre 07 et 08 donne le 07 gagnant, pour un charme atypique très supérieur.

Grosse série chez Amiel (avé l'assent), avec "Dans la peau" 14 (rolle) salivant et puissant, puis "A Jean" (50/50 syrah/grenache) élégant (mais cher).

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Immense coup de coeur chez Mylène Bru. S'il y avait un titre de championne du monde de galoche avec du vin, Mylène Bru écraserait (comme un Usain Bolt) la concurrence avec son trio "2013 - Rita 13 - Bordigue 13" !!

Il y a une délicatesse rare, une suavité modèle, un toucher de bouche de dingo avec ces nectars extras !! Chapeau Madame Mylène Bru !!

Sympathique étape chez Gulihem Barré (Aude), avec un "Sous le Bois 13" "riche et souple" (80/20 merlot/syrah), qui précède une "Fantaisie Singulière 13" "complexe et juteuse".

Fin de salon avec Pur (Looze/Alonso) et des jus très dangereux en cas de soif urgente (Ying-Yang cinsault/syrah très dangereux, Côte du Py 12 à l'acidité de diable).

105 vins plus tard, nous quittons donc Guipel, sa voyante, ses babos et ses vignerons pour nous attabler à une table rennaise...

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LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

22 Mars 2015, 22:02pm

Publié par Docadn

Bonjour,

14 ème rendez-vous des amateurs de la dive bouteille, dans notre QG rennais Un Midi Dans les Vignes.

Notre petit cercle de picolos, toujours assoiffé, s'attaque à la "plus longue aire de jeu du vignoble hexagonal", j'ai nommé La Loire !!

Une exploration que nous ferons par étapes, en remontant le fleuve, même si des satellites un peu excentrés risquent d'être oubliés dans nos scans dégustatifs.

Honneur donc à la Loire Méridionale, pas la plus sexy pour les buveurs d'étiquettes snobs du vin, (dont je me défends d'être, en vouant une SINCERE adoration pour le muscadet), qui va nous réserver des surprises de taille au fil de ces 15 16 candidats.

Tous les vins sont bus à l'aveugle.

Maïté Ligeron nous a concocté un déjeuner qui essaie de coller au plus près aux apports (communiqués un poil tardivement pour imaginer Ze menu raccord).

C'est sur sa demande que nous démarrons par les rouges.

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Bretesche 1387 - Brut Nature - Jérémie Huchet :

Un "pétillant" en guise de warm up, à la bulle quasi invisible, exhalant fruits jaunes et fin sucre. La bulle est extrêmement fine, nerveuse, à l'amertume un poil marquée, quand la matière donne une sensation de sucrosité semble bien mûre. C'est globalement pas mal fait. **(*)

L'Aunis Etoilé 2013 - Deboubertin (Stéphanie Debout et Vincent Bertin) - Vin de France :

Le nez m'évoque un pinot noir dans un premier temps, avant de rebondir sur une macération carbonique évidente. La matière est fraîche, sur les fruits rouges, un poil crayeuse, avec une finale "pas très droite". Dommage pour cette dernière, car l'ensemble aurait fait un joli pineau d'Aunis très gourmand. Mais comme aurait sûrement dit Pierrot Deboubertin, qui a failli remettre au goût du jour les JO de la picole en 1253 : "l'important, c'est de participer d'en boire"... **(*)

253 Cuvée Surclassée 2011 - Philippe & Françoise Gourdon - Vin de France :

Un très joli nez de fruits rouges, alors que la matière est d'emblée austère. Un fruité dense (fraise) s'extirpe d'un jus définitivement rigide. La gourmandise finit par s'imposer difficilement sur une matière à la souplesse d'un mormon qui enterre sa vie de garçon à Las Vegas. **(*)

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

La Grange aux Belles - La Nina 2010 - Vin de France :

Nez hyper fruité, annonçant une gourmandise à tous les étages. L'ensemble est juteux, très mûr, équilibré, charnu et d'une intense buvabilité. Les pisse-froid analystes trouveront ça "un poil mûr", mais non, c'est juste très bon, sur un domaine qui avait perdu un peu de mon estime sur les derniers millésimes. ***(*)

Château Perray Jouannet - Vignobles Laffourcade 2011 - Anjou :

Nez typé de "cab' franc à l'ancienne", à l'astringence et au végétal de "déchausse-gencive" (si un dentiste peut me donner le nom exact de cet instrument de torture). Un apport de "La Mouthe", seconde caution féminine de notre assemblée et première participation remarquée avec cette daube cet achat à l'aveugle. 0

Domaine Langlois Château - Vieilles Vignes 2003 - Saumur :

Là encore, un nez typé de cab' franc, à l'attaque massive, boisée, "serrée-fermée", qui finit par imposer une consensualité gustative convenue et plutôt flatteuse. L'acidité est plutôt élevée pour un 03, mais vu que c'est Maël qui ne l'a pas amené, mais qu'il me faut un coupable pour reprendre le flambeau de "la bouteille pourrie que tout le monde insulte et qui te vaut une lapidation à la figue molle". *

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Domaine St-Nicolas - Le Poiré 2008 - Fiefs Vendéens :

Nez très expressif, complexe, métallique. Un jus à l'acidité haute, trèèèèès gourmand, au coefficient de torchabilité trèèès élevé. Tout le monde rame pour placer une négrette sur ce joli vin très joueur. ***(*)

Marc Pesnot - Chapeau Melon 2013 - Nature - Vin de France :

Une des 2 bouteilles du Boss, endossant avec joie le rôle du "punk à crête" par ses apports souvent "grunge métalcore d'obédience hair metal". Un pif de champignon (non hallucinogène), qui tourne pleine poire. On sent le "peu protégé", caractère "Crocs en bois de cagette Max Havelaar et sarouel en chanvre traité en préparation 501". Quasi bourguignon en bouche, hyper "rock décadent". Contrat rempli pour cette bouteille. Merci Christophe !! *(*)

Domaine Michel Brégéon - Muscadet 2004 :

Changement de registre avec ce muscadet assez réduit à l'entame, qui poire aussi intensément. L'attaque est délicate, fraîche, à l'acidité modèle, d'une rondeur très élastique. Un mayennais (en mode rougeaud qui a chaud depuis le début des hostilités) est surpris, à la découverte de l'étiquette, qu'un Muscadet puisse lui donner une demi-molle être aussi avenant. ***

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Pithon-Paillet - Clos Pirou 2013 - Savennières :

Joli nez complexe, anisé, qui hurle "melon de Bourgogne", alors que c'est un chenin !! Attaque fraîche, nette, aux amers saillants, simple, bien foutu, mais pas de quoi se relever la nuit... surtout en découvrant son pédigrée !! Forcément trop jeune, mais prometteur. **/**(*)

Domaine Jo Pithon - Les Bonnes Blanches 2004 :

"Le keupon sans moumoute" revient avec un second blanc au caractère olfactif "oxydatif" qui nous emmène presque en Jura !! Un autre mayennais (moins rougeaud que son cousin) y trouve même de la crème brûlée, pas déconnante pour le coup.

La matière est nette, sans caractère déviant, puissante, en mode "oxydatif ménagé" modèle. Pour moi, le "meilleur blanc sec" de la série. ***(*)

Domaine du Closel - Clos du Papillon 2003 - Savennières :

Un nez de Lactalis yaourt, au bouchon évident... mais nous ne sommes que 2 à le ressentir. Ensemble rond, assez tendre, pas mal, mais bouchonné pour ma pomme. NN

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Collection Privée des Frères Couillaud - PM 2004 - Vin de France :

Le traumatisme de "la bouteille foirée" est encore vivace !! Je "joue ma vie" en servant avec une certaine appréhension mon apport.

Pas de bouchon, pas de vin barré, ouf !! Ca pète d'ananas (petit manseng, eh oui, y'en a là-bas aussi) au-dessus du verre, quand la bouche reste "propre" devant l'aérien et le fruit délicat du jus en question. J'y décèle quand même un côté demi-corps qui n'en fait pas le délice absolu attendu. ***/***(*)

Domaine de Montgilet - Les Trois Schistes 2009 - Coteaux de l'Aubance :

Un coing puissant, une figue, une datte, mais un ensemble court et un peu pataud qui déçoit l'assemblée et son donateur. *(*)/**

Domaine de Montgilet - Le Tertereaux 2009 - Coteaux de l'Aubance :

Un liquoreux pour finir, sur le même millésime que son prédécesseur !! L'acidité est plus tranchante, équilibrant bien mieux l'ensemble **(*)... mais mon crayon se fait vagabond, je décroche, avant de plonger une petite cuillère dans un verre contenant un nectar de Didier Chaffardon "titrant" 700g de sr (1° d'alcool de mauvaise mémoire) tout simplement phénoménal ****

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Ainsi s'achève ce 14ème opus breton qui, derrière des préjugés bien ancrés, doit son succès à l'impeccable logistique assurée par Bernard et Annick, sans parler de l'accueil et la générosité des Ligeron.

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Florilège de dégustations XXXV

22 Février 2015, 09:30am

Publié par Docadn

Bonjour,

Petite revue des quilles goûtées/avalées depuis l'opus XXXIV.

Florilège de dégustations XXXVFlorilège de dégustations XXXV

Bien Luné 2011 (Domaine Terre des Chardons en Costières-de-Nîmes) au nez qui "olive" à fond (70% de syrah), à l'hémoglobine entêtante, au métal froid dominant. Une surprenante suavité en bouche, qui contraste avec le nez un poil "sauvage".

L'acidité est haute, la bouche tonique, sans pour autant déséquilibrer l'ensemble, qui restera délicat et finement poivré. à J+2, le vin est éteint. ***

L'Altesse 2012 de la Famille Peillot est la grande découverte de ce début d'année. Cette roussette du Bugey vous emmène immédiatement en Alsace avec ses arômes pétrolés, puis en Loire avec de puissantes notes de miel et de coing.

La bouche nous laisse en Alsace, déroulant un ensemble vif, sec, plein, un poil éthéré, au volume très conséquent, à la finale très finement oxydative.

Il y a de l'élégance teintée d'une juste austérité. Finale très miellée, quand le soir venu, l'austérité résiduelle laisse place à un joli fruit libéré. ***(*)

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Une décennie de repos pour "Les 3 Chênes" 2005 d'Emmanuel Darnaud. Un nez louchant plus sur le Languedoc ou le 'Rhône sud" par ces notes d'herbes sèches et une expression de grenache ensoleillé. Le fin boisé se mue en bois brûlé, déjà ressenti sur le millésime 2009.

Une attaque d'abord discrète, qui se vivifie au fil des gorgées. C'est plein, encore "jeune", plus sudiste que nordiste, à l'acidité haute, à la grande fraîcheur, terreux, à la complexité limitée.

L'alcool finit par dominer les débats. Une certaine délicatesse s'extirpe difficilement de la mêlée, mais me laisse circonspect sur l'impression générale un poil décevante. **/**(*)

Direction la Loire, avec ce crémant "Blanc Secret 2008" du domaine Bois Mozé. Bulles nerveuses, cordon fin, nez de chardonnay très expressif (élevage ?!).

La finesse des bulles se confirme en tronche. Ensemble dense, un poil brouillon, à la bulle "crémeuse" sur une expression finale très citronnée. Pas le grand kif pour autant. **

Florilège de dégustations XXXVFlorilège de dégustations XXXV

Version 2013 de l'Altesse de Peillot, coup de coeur décrit quelques lignes plus haut. Pour le coup, le nez nous emmène plutôt vers des contrées bourguignonnes, avec des notes d'agrumes et de boisé très marqués.

L'attaque est mûre, grasse, plus ronde que sur 12, tout en préservant ce côté "sec et vif". C'est plein, mais plus détendu que ce que le 12 m'avait donné à voir. ***

Allons pour le coup réellement en Bourgogne, avec ce Haute-Côtes-de Nuits 2008 de David Duband. C'est la 3 ou 4ème fois que je déguste cette cuvée. J'avais adoré le côté "cinglant-Vifle*-du-millésime-2008-dans-sa-jeunesse". Je voulais voir comment le vin "gérait" sa puissance et son acidité dans le temps.

Un nez de "bonbon au citron chimique", à l'acidulé débridé. Une attaque austère, toujours très "vive-acide", à la finale serrée, comme "verrouillée". L'ensemble est très riche, au fin bois expressif. Le vin ne m'impressionne plus comme avant, mais c'est encore bien bon. ***

*Vifle : gifle avec du vin, tiré de la bifle...
Et tout ça sans parler des quelques vins goûtés à la volée chez les cavistes...

Et tout ça sans parler des quelques vins goûtés à la volée chez les cavistes...

Florilège XXXV terminé, à vous les studios.

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