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EscapadeS

Articles avec #loire

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

27 Novembre 2013, 22:08pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une dégustation exceptionnelle, voire "historique", à laquelle j'ai eu la chance d'être convié, a eu lieu il y a quelques jours, en terre ligérienne.

Un individu (épaulé d'autres, sur certaines cuvées), dont je raille régulièrement la petitesse physique, quand ce n'est pas sa structure biologique, aussi résistante qu'une boîte de Pétri ouverte, a eu l'excellente idée de poser sur la table plusieurs millésimes du Clos Naudin, emblématique domaine de Vouvray, dirigé par "Philibert" alias Philippe Foreau.

Une dizaine de millésimes en sec, demi-sec, moelleux, moelleux Réserve, ainsi que les 3 uniques "Goutte d'Or" produites depuis la création du domaine, en 1910.

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Nous sommes une dizaine autour de la table, prêt à partager un grand moment vinique aux allures historiques.

Clos Naudin - Vouvray Sec 2001 : nez fumé, relativement réduit, au fin bois blanc, caramel, menthol et miel.

Une attaque demi-corps, à l'acidulé moyen, à la mâche un poil décevante en l'état. Il gagnera en épaisseur et en energie sur la soirée. Finale affirmée sur le pamplemousse. **

Clos Naudin - Vouvray Sec 1995 : un nez "liégeux", pas net, quand la bouche propose une noix verte rédhibitoire peu aimable.

La déviance est "nette" en bouche, le jus sur une pente d'oxydation prononcée. NN

Clos Naudin - Vouvray Sec 1988 : joli nez grillé, très "bourguignon élevé", virant sur le lactique et l'exotique, quand l'aération lui donnera même des airs alsaciens avec des notes pétrolées.

L'attaque est large, tranquille, juvénile, nette, joliment épicée, aux fins amers. Un "vrai sénateur prêt à attaquer un 5ème mandat", avec une inébranlable assurance. ***

Clos Naudin - Vouvray Sec 1996 : un nez à l'acidité jaillissante, mêlant fruits jaunes et poire. Une attaque douce, finement épicée, subitement cristalline, à l'équilibre modèle, au fruité ravageur. Très joli spécimen, pour finir cette première série. ***/***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Place aux demi-secs :

Clos Naudin - Demi-sec 2000 : nez peu rassurant de vernis et sparadrap. Une attaque de densité moyenne, chenin caractéristique, "tendu-moyen" (un peu comme un calbut de quelques années qui tient, mais pas comme au 1er jour, déformé qu'il est par le grattage permanent des burnes un port trop fréquent), à l'expression pharma sous-jacente, au pamplemousse salvateur en finale. **

Clos Naudin - Demi-sec 1995 : bouchonné !! Arghrrrrrr NN

Clos Naudin - Demi-sec 1996 : un nez qui truffe puissamment et plaisamment, aux effluves plus ténus de mangue et d'ananas.

Un "déroulé en bouche" manquant un chouia de mâche, à l'expression acidulée, à la finale un poil trop courte, au bel équilibre général. ***

Clos Naudin - Demi-sec 1997 : nez très inquiétant "d'alcool pour réchaud à fondue", pas net du tout, encore une quille liégeuse. NN

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Au tour des moelleux d'entrer sur la piste :

Clos Naudin - Moelleux 1995 : pointe déviante évidente pour mon pif. Miel, épices et "allure demi-sec" caractérisent ce jus pâlot, à la finale finement acidulée. */*(*)

Clos Naudin - Moelleux 1996 : nez discret, qui "safrane" délicatement, aérien, finement mentholé, frais, dont l'arrivée dans le gosier est un poil délitée. L'équilibre s'installe lentement, au fil du temps, délivrant enfin épices et ananas intenses. ***

Clos Naudin - Moelleux 1997 : nez très "grillé", à la réduction palpable, carton mouillé, donnant une impression générale de "pas net".

La bouche dément formellement le nez, avec une belle attaque acidulée, un duo safran- ananas efficace, à la richesse peu fatigante, à l'amplitude de bon aloi. ***

Clos Naudin - Moelleux 1989 : truffe blanche intense, écrasant toute autre flaveur !! Une matière racée, épicée, finement salivante en finale, à la longueur modèle. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

4ème étage de la fusée, avec la cuvée Réserve (120 à 180 g de sucre) :

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1997 : Robe splendide, très évoluée, nez pâtissier, confit, épicé, à l'acidité jaillissante, aux agrumes affirmés.

La matière caresse la cavité buccale, distillant avec grâce, safran, datte, abricot, le tout sur un équilibre magistral. Ensemble aérien, à la longueur vibrante, suave, énergique et majestueuse. ***(*)/****

Clos Naudin - Moelleux - Bonnet Rouge 1947 : nez de "vieux Maury aux accents jurassien" mêlant noix, café, figue, champignon et poire au four.

Matière demi-corps, aux accents marins prononcés. Etonnant et sympathique jus historique, issu d'une vigne désormais aux mains du Domaine Huet. **(*)/***

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1995 : sucre candi, figue et fraîcheur signent le nez d'un splendide nectar aux accents d'abricot frais, dont les étonnantes empreintes métalliques et sanguines, sont révélées par une structure ténue, à la fine pointe alcooleuse, quasi de noble rang à ce stade. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 2003 : nez pharmaceutique, vernis, gingembre, essence algérienne et caramel. Un "sucré" beaucoup plus massif que les Réserve précédentes, une matière moins complexe aussi, moyennement digeste à mon goût. **

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1989 : Nez grillé et réduit (un peu comme le Moelleux 97), truffant généreusement, aux épices douces agréables. L'acidité tient la matière, un poil lâche, mais n'excite pas pour autant tous les sens. **/**(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1990 : l'abricot et la figue en tête, quand l'attaque acidulée laisse place à une certaine élégance, une complexité enthousiasmante, un beau sucre addictif. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Dernier étage de la fusée ligérienne, avec les 3 mythiques Goutte d'Or :

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1947 : un nez "typé PX" (Pedro Ximénez), rancio, assez proche de "Bonnet Rouge".

Figue extravagante, aérien et une pointe "pas droite" caractérisent la prestation en bouche. Un ensemble malgré tout agréable, salivant, au champignon final très local. **(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 2011 : la dernière née des GO, comme disent les pros !!

Un stupéfiant nez de gewurztraminer, fleuri, qui vire sur le berlingot. Une attaque très "nectar de poire", doucereuse, qui se transforme en grenadine. La longueur est kilométrique, sensuelle, comme un verger sous le soleil d'un généreux printemps. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1990 : datte, safran, encaustique signent les promesses d'un grand, d'un très grand vin.

La suite n'est effectivement pas décevante !!

C'est une potion magique qui tapisse nos joues !! Le vin affiche une supériorité, un équilibre, une tension, une richesse, un érotisme suprêmes !! Les expressions sont sublimes, la longueur extatique !!

C'est Gargantua en tutu qui récite du Baudelaire !! ****

C'est comme sonnés par ce dernier monument liquide, que nous terminons ce 1er round de près de 03h00 !!

Place aux agapes et à d'autres jus de raisins (une trentaine en tout), pour nous remettre doucement de ce splendide voyage dans le temps et les saveurs, juste en posant son cul sans brûler des milliers de calories !!

On pourra quand même regretter le nombre élevé de "quilles bouchonnées" et viser, presque sans hésiter, la mauvaise qualité de ces derniers (et donc du choix de l'acheteur), au vu du prix des vins concernés !!

Encore un immense merci aux généreux donateurs, ainsi qu'à So et Jull pour leur hospitalité !!

Le genre de soirée que l'on aimerait vivre plus souvent... et tant pis s'il n'y a pas que des monstres sacrés, pourvu que j'y retrouve autant de convivialité !!

C'est quand vous voulez les gars les filles !!

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VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

31 Mai 2013, 05:44am

Publié par Docadn

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Bonjour,

Après avoir "séché" la précédente édition "fariesque" pour cause de congés, nous revoilà avec un nouveau Zident, à savoir Jeff Heering, rédac' chef (à temps très très partiel) du blog Balthazar Magnum, gosier-adhérent du cercle hystérique fou furieux "rhumantique" des Brusseleirs...

Ce membre actif de la secte en question nous propose, pour ce 56ème vendredi bacchique, d'aller fureter vers les cépages dits "rares ou oubliés".

Vous savez, ce genre de vin élaboré avec un ou des cépages dont on vous dit qu'il ne reste plus que 15 pieds vivants ou à peine 12m2 cultivés de part le monde...

Des cépages tombés dans l'oubli le plus souvent pour cause de "robustesse moyenne inférieure à celle d'un chêne liège dans la steppe russe", ou de "rendement à l'hectare digne d'un arganier millénaire", quand ce n'est pas tout simplement une question de "mode" !!

Des cépages avec des noms qu'on ne croise plus que dans les dialogues de "Jacquou Le Croquant" ou ceux du "Retour de Martin Guerre" !!

Seuls des Nicolas Gonin et d'autres druides de la vitis vinifera sont capables de les énumérer avec des larmes dans les yeux, comme d'autres psalmodient le Vidal face au trou de la sécu !!

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Quelques cavistes curieux (aux sélections souvent pertinentes) nous permettent parfois d'approcher ces "pandas" de la viticulture, entretenus par des vignerons assez fous pour ne pas plonger, totalement, dans le consensus mou auquel le monde viticole n'échappe pas non plus !!

Aussi, grâce à l'un d'eux, j'ai pu (re)découvrir la folle-blanche !!

Le site lescepages.fr nous apprend que ce(tte) dernier(e), probablement originaire du Sud-Ouest, servait à la production de l'armagnac et du cognac. Il a été, depuis, largement détrôné par l'ugni blanc.

Des analyses génétiques nous apprennent qu'il aurait comme ascendant Yves Montand le gouais blanc (cépage que seuls quelques valaisans au mode de vie de mormons du 19ème siècle cultivent encore).

En fait, derrière ce sobriquet mêlant problème psychiatrique et posture fantomatique, se cache le très dénigré gros-plant, encore appelé piquepoul du Gers, ou de manière plus rigolote grosse chalosse (eh non aspirantes-Femen, ceci n'est pas une insulte !!), ou encore grosse blanquette (qui a dit "de veau" ?!! Ne vous dissimulez-pas, je l'ai entendu d'ici !!)...

Mais les plus attentifs pourront me reprocher de ne pas avoir cité ses autres noms que sont picpouille ou piquepouille, ou encore enrageat, picapola, taloche, damery, txori mahatsa, matza zuri, saint-émilion à Chypre, histoire d'organiser un concours de l'Eurovision le plus représentatif de ce cépage !!

C'est grâce à un "gros domaine" que j'ai (re)découvert les vertus premières de la folle-blanche !!

Son impopularité tenace permet une tarification très avantageuse, pour ne pas dire dérisoire... Dans notre cas présent, cette folle-blanche coûte un bras auriculaire facturé 4,50 € !!

Un "Ctrl+C Ctrl+V" de mes deux derniers compte-rendus sur cette folle-blanche !!

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Des notes marquées de fruits blancs, quelques effluves crayeuses. Un pétrole intense finit par dominer l'espace aérien du verre, louchant vers un riesling charmeur. L'attaque est vive, pleine, grasse, assez courte, presque furtive. Les gorgées suivantes se font plus longues, déclamant une pointe épicée, une amertume équilibrée. L'ensemble reste "vif comme un 08", avec un soupçon de complexité supplémentaire le lendemain. Une "Folle Blanche" très sérieuse, d'un (gros) domaine dont la production m'épate assez souvent... ***/***(*)

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot étendu sur une matière grasse, s'arquant en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui s'affine au fil des gorgées. ***

Il va de soi que "le gros-plant" souffrira longtemps encore, dans les esprits, des "maltraitances" du passé...

Mais sous le sobriquet plus "fun" de "folle-blanche", assorti d'une attention de tous les instants, de la vigne au chai, la preuve est faite que l'on peut donner une certaine allure et de la classe au gros-plant...

C'était les VdV#56 en direct du "musée Pascal Sevran des cépages",

à vous Cognac-Gay Cognacq-Jay !!

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Domaine Mélaric Les Verchers sur Layon

27 Mai 2013, 17:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Nous sommes à la bourre pour notre rendez-vous de l'après-midi. Un rapide casse-croûte dans une galerie commerciale de rêve (et une vendeuse avec laquelle Alain aurait bien "changé de vie"), puis 50 minutes de trajet jusqu'au château de Beaugé, actuel "siège social" du Domaine Mélaric.

Domaine Mélaric Les Verchers sur Layon

Un groupe d'amateurs est déjà présent. Nous nous greffons à ce dernier, prenons la direction des vignes (avec une voiture taillée pour la chose), pour un décryptage très instructif des terroirs exploités par Aymeric Hillaire et Mélanie Cunin.

Issus d'une formation d'ingénieur en agronomie, ils ont démarré en 2006 en se faisant notamment la main au travers d'une petite activité de négoce, avant de créer en 2008 un groupement foncier agricole (GFA) exploitant directement des parcelles sur ce qui deviendra 1 an plus tard la nouvelle appellation Saumur Puy-Notre-Dame !!

Domaine Mélaric Les Verchers sur Layon

A la tête de 4 ha, le travail des sols semble être le prochain grand défi du Domaine Mélaric (contraction des prénoms Mélanie & Aymeric).

Mélanie doit suivre prochainement une formation très conséquente sur les labours et la conduite d'attelage d'équidés (schématiquement, elle devra savoir dire "hue dada" a un bourrin aveugle, vieux et sourd qui devra tirer une charrue sans niquer les ceps, car juste avec un BSR, c'est pas gagné !!).

Après cette explication des terroirs, nous visionnons désormais mieux les parcelles dont sont issues "Billes de Roche" et "Clos de la Cerisaie", les deux principales cuvées du domaine.

Domaine Mélaric Les Verchers sur Layon

C'est l'heure des travaux pratiques, avec pour démarrer, Globules Roses 11 aux bulles brouillonnes, aux sr bien évidents, à la fine amertume.

Billes de Roche 11 a la plénitude et le gras attendus. Fins amers, ample mais à la tension un peu en-dessous de l'espéré. Il offre une finale agréablement salivante.

Billes de Roche 10 a un nez de vernis très prononcé, que les fruits remplacent rapidement. L'acidulé porte une matière équilibrée, digeste, tendue comme un maillot de bain trop serré avant l'été.

Place au Clos de la Cerisaie 10, au nez idoine de vernis, au fin sr (alors qu'il n'y en a même pas 1,5 gr), à l'acidité de diable, offrant une belle matière élancée, sur le fil, au crayeux dynamique.

Cerisaie 09 (après un dégazage en règle), pète de fruits au pif, quand l'ensemble est juteux, au sr expressif, à l'amertume fine, un poil chaleureux au global.

Place aux rouges, avec Tandem 12 (grolleau/cab' franc 60/40) tiré sur fût (malo* non faite) plaisant, crayeux là encore, au fond de verre très "nature".

Tandem 12 (version 100% grolleau) est crémeux, avec des faux airs de syrah, donnant un jus hyper gourmand qui finira dans mon coffre !!

Billes de Roche 10 a le plus joli "toucher de bouche" de la série, superbe d'élégance !!

Cerisaie 10 annonce un jus très mûr de cab' franc, dont le boisé actuel dominant et le petit côté asséchant gomment la très belle finesse sous-jacente.

Billes de Roche 09 fait "ouch" dans ma bouche !! C'est frais, bon, avec l'élégance et l'austérité d'un banquier flamand étudiant un business plan dans un bar de Pattaya à 01h00 du mat' !!

Cerisaie 09 pour (presque) finir, au nez de pruneau, mêlant finesse, épices et jus très mûr !!

Domaine Mélaric Les Verchers sur Layon

Une dernière bouteille, servie à l'aveugle, trompe (presque) la vigilance de tout le monde. La majorité y ont vu un cab' franc bien mûr, quand c'est la syrah (95%) qui offre une petite tuerie de "gloumandise". Très belle découverte (pour moins de 10 €) mise en avant par Aymeric !!

Mélaric, un domaine que je "côtoie" depuis le millésime 08, dont j'ai eu un réel plaisir de découvrir le "travail en vrai". Un couple profondément passionné, doutant à juste titre pour mieux appréhender les mystères des terroirs et du vin.

On devine un pragmatisme suffisamment fort pour ne pas laisser les déviances de toutes sortes gâcher pourrir hanter inutilement leurs vins, dont certaines cuvées oubliées au fond des caves devraient se révéler très grandes...

* malo, pour "fermentation malolactique"

Domaine Mélaric

25 rue du Château

49 700 Les Verchers sur Layon

Tél : 02 41 50 70 96 - 06 64 81 23 27

www.vins-melaric.com

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Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

20 Mai 2013, 17:06pm

Publié par Docadn

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Un week-end dans les vignes !! Voilà une contrainte à laquelle j'aimerais être confronté plus souvent !! Le "futur beau-frère capillaire de Sim" nous avait concocté un sympathique programme sur ses terres angevines et les voisines.

Direction St-Aubin-de-Luigné chez Philippe & Catherine Delesvaux !! Un couple de vignerons que j'ai côtoyé pour la première fois en 2008, lors d'une très belle dégustation d'anthologie de "liquoreux" !!

Depuis, je les croise dans les rares salons où je traîne encore ma salive. Lors des derniers "Greniers", ils nous avaient proposé de passer au domaine, histoire de parler, déguster, échanger plus tranquillement que lors des salons, peu propices aux "bavardages-dégustages"...

Pour la petite histoire, c'est à la fin des années 70 (78) que Philippe, parisien et savoyard d'origine (personne n'est parfait), se lance dans la vigne. Il part de zéro.

Mais dépêchons-nous de conjuger cette saga au pluriel, car ils sont bien deux !! Catherine, institutrice de métier (à l'école du Diable dans le public, cela a son importance dans le microcosme local) est l'autre pilier du domaine. Elle quittera d'ailleurs ses fonctions en 97, pour se consacrer pleinement au domaine.

Aussi, ce couple courageux, "pièce rapportée à vie" du paysage vinicole local, a bâti sans faiblir un domaine (10 ha, dont 7,5 de chenin) désormais référence mondiale des liquoreux, depuis qu'un certain Bob P. leur a collé un 99+/100 !!

Face à un tel succès, les coups bas et les trahisons ne manquent (toujours) pas. Cela n'empêche pas les Delesvaux d'encaisser les coups avec une certaine philosophie, quand ce n'est pas avec un humour vif, voire corrosif.

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Leur statut enviable aurait entraîné bon nombre d'autres égos boursouflés vers une suffisance permanente.

Avec eux, rien de tout cela. Il suffit de les voir se gausser du "cirque du wine-business" pour comprendre qu'ils n'iront jamais flirter avec cette posture.

Ils font du vin, les meilleurs qu'ils puissent faire, le reste n'est que théâtre et mise en scène.... Ils croient en l'humain, pas aux travers de l'humanité...

Nous démarrons la dégust' par L'Epine 11. Très peu fan des rouges angevins, je découvre un cabernet sauvignon au joli nez frais, à la texture idoine, marqué par une fine astringence. Je suis tellement peu convaincu par ce dernier, que je repars avec quelques bouteilles !!

Nous voilà avec Feuille d'Or 11 (10-15 g de sr), au nez quasi de moelleux, aérien, qui synthétise tension ET richesse. Le secret des Delesvaux déjà présent dans le "plus sec" de leurs blancs !!

Je retrouve avec Authentique 10, la belle trame acide des Greniers, qui porte la belle expression d'ananas. Le Coteaux-du-Layon 11 (passerillé, 80 g de sr), évoque aussi l'ananas et les fruits jaunes du verger, dont la fraîcheur et la belle amertume siéent à mon palais !!

Clos 11 (mi-passerillage, mi-botrytis, 130 g de sr) évoque la mangue et l'abricot au nez, quand le squelette de l'acidité équilibre encore parfaitement cette "huile de raisins".

Place à Clos 10, au gras et à la tension modèles !! Superbes amers, super bon surtout !! Philippe nous emmène à "l'étage des Grains Nobles"...

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Grains Nobles 10 a la suavité d'un fruit juste mûr, quand la rétro(-olfaction) offre des dattes et du safran sur une longueur hypnotique.

Anthologie 10 "champignonne" au pif, quand la matière "épice", puis "vibre" longuement sur un abricot splendide !! Grand vin !!

Un très beau cadeau des Delesvaux que la dégustation suivante, composée de la "fameuse" trilogie 95-96-97 Grains Nobles. Un stupéfiant exercice de luxe où l'expression du vin (à 200 g de sr) offre la palette du talent de la lecture et de l'expression unique des terroirs en fonction des millésimes.

C'est évidemment 97 (212g de sr) qui a mes faveurs, avec son arsenal de finesse, de complexité, de puissance et de pureté...

Le coup de grâce vint avec Anthologie 97 (450 g de sr), où les 10 089 mots de la langue française que j'ai la prétention de maîtriser, ne suffisent pas pour décrire la "lévitation épicurorgasmique" que seul Carbonifera 97 avait jusqu'ici été un des rares à provoquer dans mon cortex et mon bec...

Presque 03h00 à s'émouvoir des vins, à rire avec les esprits (très) joueurs des Delesvaux !! De belles personnes à la hauteur de leurs vins, des nectars cajolés qui maintiennent les mamelons angevins dans la stratosphère des miracles de la nature...

Domaine Philippe & Catherine Delesvaux

Les Essarts - La Haie Longue

49190 Saint-Aubin-de-Luigné

tél : 02 41 78 18 71

domaine.delesvaux@hotmail.fr

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