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EscapadeS

Articles avec #michelin

La Table Breizh Café à Cancale

8 Janvier 2017, 20:05pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une mort maintes fois annoncée, mais toujours le soubresaut inattendu, pas même calculé, pour vous rendre témoin d'une agonie éditoriale sans fin.

Le scribouillard de service, à la navigation internautique aussi approximative que celle d'un migrant sur le Vendée Globe, remet une fois de plus le couvert, pour vous conter une aventure d'un soir.

 

La Table Breizh Café à Cancale

Les "grandes tables" sont rares sur cet espace.

Les bistrots/brasseries sont forcément plus nombreux, reflétant des revenus très éloignés de ceux des électorats mécènes d'un Fillon ou d'un Macron.

Comme tous les amateurs de gastronomie, je ne boude pas mon plaisir d'aller vérifier avec mon bide et mon appétit la qualité d'une table honorée et adoubée par la Trinité gastronomique (au nom du Mich', du Gault et du Fooding amène... tes plats).

Nous devons cette "double adresse" à un certain Bertrand Larcher.

"Crêpier-entrepreneur" et passionné par le Japon, ce dernier a ouvert plusieurs crêperies à Tokyo, Nagoya ou Kyoto notamment.

Le Breizh Café est une de ses crêperies, sise au rez-de-chaussée d'une bâtisse face au port de Cancale. Amis Parisiens, vous pouvez aussi profiter de ce "savoir-faire sarrasin" ici.

Mais revenons à Cancale. Au 1er étage, Bertrand Larcher a voulu installer une table gastronomique reflétant le "terroir cancalais" et la cuisine nippone.

Pour cela, il a recruté le chef japonais Raphaël Fumio-Kudaka (ex-Georgian Club à Tokyo, passé par Roellinger, Guérard, Veyrat, élu "jeune talent" par le G&M en 2012).

Une étoile au Gros Rouge est venue rapidement couronner cette atypique cuisine franco-nippone, où vous ne trouverez ni sushis ni yakitoris.

La Table Breizh Café à Cancale

Un noren marque l'entrée de la salle. Une déco épurée, avec sa touche "aquatique" à gauche de l'entrée.

Une cuisine ouverte où œuvrent le chef et pas moins de 3 autres cuisiniers. On nous propose 2 des 10 places disponibles au comptoir.

Il est 20h00, les 2 meilleures places au comptoir sont encore libres (dos à la mer, avec la cuisine ouverte en perspective face à nous).

Une vingtaine de couverts sont délivrés à chaque service. Si vous avez réservé une des trois "vraies tables", pensez à mettre de belles chaussettes sans trous, car le déchaussage pour accéder à ces dernières est obligatoire !!

Poulet jaune / Palourdes de la baie / Champignons du moment (Consommé à la japonaise de poulet jaune et de légumes, palourdes et champignons) - プーレジョンヌの腿肉と野菜の和風コンソメ仕立て、アサリと旬の茸と共に

Poulet jaune / Palourdes de la baie / Champignons du moment (Consommé à la japonaise de poulet jaune et de légumes, palourdes et champignons) - プーレジョンヌの腿肉と野菜の和風コンソメ仕立て、アサリと旬の茸と共に

La Miss (c'est son anniversaire) a choisi le menu "Saveurs de l'Automne" en 5 services (75 €), avec un "plat en plus pour se faire plaisir" (24€) : Tèmpura. Je l'accompagne sur la même formule.

Le chef tire une tronche des plus patibulaires... limite flippante !

Image furtive, dans ma tête, de moi (en moins beau) et du chef (en plus méchant) derrière moi !!

Image furtive, dans ma tête, de moi (en moins beau) et du chef (en plus méchant) derrière moi !!

C'est d'ailleurs lui qui nous sert l'entrée.

Un sourire, qui lui va super bien, s'affiche immédiatement à la délivrance de ce "consommé à la japonaise", au fumet salivant.

Poulet moelleux, bouillon impeccablement assaisonné, champignons parfumés, palourdes recrachant l'iode de leur vie passée, ça démarre tranquillement mais assurément.

 

 

 

Qu'il est bon de recycler ses photos du blog (2013) !!

Qu'il est bon de recycler ses photos du blog (2013) !!

C'est Terroirs, Extra-brut (2012) de chez Agrapart, qui accompagnera nos agapes de la soirée.

Il se révèlera le consensus idéal de la diversité des plats servis.

La carte des vins, aux accents (ménagés) "naturistes-bio-biody" aux coefs allant de "corrects" à "grrr", est animée par un serveur-sommelier (le seul non-Japonais du staff) ultra pro... et amateur vu le casting proposé (Gramenon, Ganevat, Foulards Rouges, Rougeard...).

Homard des Îles Chausey / Carottes / Algues Bretonnes/Quinoa (Lamelles de homard mi-cuit, vinaigrette aux prunes séchées, condiment d’algues au kabosukoshõ, salade de quinoa, carottes marinées, confit et mousse à l’orange) - ショーゼー島産 オマール海老のミ キュイ、梅肉とオレンジのヴィネグレットソース、 レッドビーツのクーリー、 ブルターニュの海藻コンディモンかぼす胡椒風味、 キヌアのサラダ、砂人参のマリネ、コンフィとオレンジ風味のムース

Homard des Îles Chausey / Carottes / Algues Bretonnes/Quinoa (Lamelles de homard mi-cuit, vinaigrette aux prunes séchées, condiment d’algues au kabosukoshõ, salade de quinoa, carottes marinées, confit et mousse à l’orange) - ショーゼー島産 オマール海老のミ キュイ、梅肉とオレンジのヴィネグレットソース、 レッドビーツのクーリー、 ブルターニュの海藻コンディモンかぼす胡椒風味、 キヌアのサラダ、砂人参のマリネ、コンフィとオレンジ風味のムース

Encore un plat aussi long à expliquer qu'à manger !!

C'est complexe et évident, d'une justesse incroyable... et l'occasion de vérifier que le homard de Chausey est effectivement bien au-dessus de ses congénères du continent !!

Mêmes les tenants de "la langoustine c'est meilleur que le homard" seraient de bien mauvaise foi devant une telle évidence !! Il est simplement somptueux !

A peine travaillé (mi-cuit), découpé avec soin. Légumes et algues au diapason (quinoa dispensable pour moi), grosse claque de début de repas.

 

Huître Prat-Ar-Coum / Râble de lapereau (Huître creuse de M. Madec panée et frite“kakifurai”, râble de lapereau farci à la mousse de Saint-Jacques, sauce tartare au yuzukoshõ, copeaux de légumes crus) - イヴォン マデックさんのプラタクーム牡蠣をフリットにして、 帆立貝のムースを詰めた仔うさぎの背肉、 柚子胡椒を加えたタルタルソース、生野菜のコポー、大根と胡瓜のマリネと共に

Huître Prat-Ar-Coum / Râble de lapereau (Huître creuse de M. Madec panée et frite“kakifurai”, râble de lapereau farci à la mousse de Saint-Jacques, sauce tartare au yuzukoshõ, copeaux de légumes crus) - イヴォン マデックさんのプラタクーム牡蠣をフリットにして、 帆立貝のムースを詰めた仔うさぎの背肉、 柚子胡椒を加えたタルタルソース、生野菜のコポー、大根と胡瓜のマリネと共に

Tèmpura (beignets à la japonaise, langoustine aux feuilles de shiso, ormeau, kakiage de légumes en primeur, bouillon de bonite séchée, daikon râpé, sel aux algues d’Hiroshima) - 天麩羅 (赤座海老の紫蘇風味、近海で採れた鮑、旬の野菜のかき揚げ)広島産 藻塩を添えて

Tèmpura (beignets à la japonaise, langoustine aux feuilles de shiso, ormeau, kakiage de légumes en primeur, bouillon de bonite séchée, daikon râpé, sel aux algues d’Hiroshima) - 天麩羅 (赤座海老の紫蘇風味、近海で採れた鮑、旬の野菜のかき揚げ)広島産 藻塩を添えて

Canard de Challans de M. Burgaud / Sanshõ / Suzu tõfu (Poitrine de canard rôtie, condiment de sanshõ et de mangue, potimarron, suzu tõfu et salsifis poêlés, pommes de terre violettes, sauce au vin rouge lié au foie gras) - ビュルゴー家の窒息シャラン鴨:胸肉のロティ、山椒とマンゴーのコンディモン、 栗かぼちゃのクーリー、 豆腐と牛蒡のポワレ、紫じゃが芋のチップス、 赤ワインで煮出した鴨のジュにレバーペーストを加えて

Canard de Challans de M. Burgaud / Sanshõ / Suzu tõfu (Poitrine de canard rôtie, condiment de sanshõ et de mangue, potimarron, suzu tõfu et salsifis poêlés, pommes de terre violettes, sauce au vin rouge lié au foie gras) - ビュルゴー家の窒息シャラン鴨:胸肉のロティ、山椒とマンゴーのコンディモン、 栗かぼちゃのクーリー、 豆腐と牛蒡のポワレ、紫じゃが芋のチップス、 赤ワインで煮出した鴨のジュにレバーペーストを加えて

Sarrasin / Pommes fruits / Coing / Bière de blé noir (Feuilleté de sarrasin, compote de pommes-coings, crème mousseline, pommes fruits caramélisées, glace à la bière de blé noir, coulis de cidre aux épices) - そば粉のパイと林檎、花梨のコンポートのミルフィーユ、 フィーヌブルターニュを加えたカスタードクリーム、 林檎のキャラメリゼ、 ブルターニュ産 そばビールのアイスクリーム、 シードルとスパイス風味のクーリー

Sarrasin / Pommes fruits / Coing / Bière de blé noir (Feuilleté de sarrasin, compote de pommes-coings, crème mousseline, pommes fruits caramélisées, glace à la bière de blé noir, coulis de cidre aux épices) - そば粉のパイと林檎、花梨のコンポートのミルフィーユ、 フィーヌブルターニュを加えたカスタードクリーム、 林檎のキャラメリゼ、 ブルターニュ産 そばビールのアイスクリーム、 シードルとスパイス風味のクーリー

Si nous avons trouvé le service un poil rapide au départ, il a ralenti au bon moment.

Nous avons tiqué de voir de la Part-Ar-Coum en lieu et place de la Cancalaise. Sans avoir posé la question, nous avons imaginé que la "Prat" se prêtait sûrement mieux à la double opération "friture-panure" nécessaire au plat que sa cousine cancalaise. Un râble à la cuisson millimétrée, un mariage terre-mer difficile à imaginer sur la papier, fonctionnant à merveille en bouche.

Les Tèmpura sont à inscrire au Nirvana des fritures !! Aucun crustacé ou légume n'a été maltraité durant la cuisson. Plat généreux, addictif, noble (ormeaux, pince de homard, langoustines) d'une rare maîtrise. Mériterait l'intitulé "plat en plus pour se faire grave trop très très plaisir" dans la formule où il en est exclu.

Un canard "rosé comme dans un songe", au juste esprit hivernal par ses légumes, relatant une fois de plus l'incroyable équilibre, sans cesse renouvelé et réussi, des plats de Raphaël Fumio-Kudaka.

Le dessert conclut simplement un grand moment gastronomique. Après l'avalanche de plaisirs, il est celui qui vous remet les pieds et la tronche sur terre.

Simple, très bien exécuté, aérien, avec cette quête de "juste satiété" qui caractérise si bien la cuisine nippone.

Nous terminons cette escapade au pays des "Saveurs de l'automne" avec une joie et une détente des sens qui contrastent forcément avec la rigueur et l'extrême concentration palpables de l'équipe en cuisine.

Service presque "en lévitation", aux gestes doux, susurrant presque chaque plat, d'une fluidité modèle.

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré cette table, dont le niveau culinaire mérite plus d'une étoile aujourd'hui, quand on est témoin, comme moi, de la grande maîtrise des cuissons et du haut niveau d'équilibre obtenu sur chaque plat (au quinoa près).
 

La Table Breizh Café à Cancale

Site internet

PS : chambres confortables et très bien tenues au-dessus du restaurant. La nôtre était mansardée (Rouget de Dol - Family suite), avec vue sur mer/baie de Cancale. Petit-déjeuner recommandable (crêpes incluses).

PS II: désolé pour la piètre qualité des photos !!

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L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

5 Juin 2016, 20:08pm

Publié par Docadn

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Après un moment de répit dans ma chambre "Menez Braz", un petit tour sur la presqu'île de Crozon en se faufilant entre 2 averses, nous voilà de retour pour "Ze dîner".

Il est 20h00 pétantes quand nous pénétrons dans la salle à manger.

La déco (refaite en décembre dernier), aux tons "gris neutre", est d'une rare sobriété, comme taillée pour ne pas détourner les convives de leurs assiettes... tout en s'assurant d'une intemporalité pour les 10 ans à venir (sauf pour les tableaux aux styles déjà discutables il y a 9 ans) !!

D'une capacité de 32 couverts, la salle affiche complet ce soir-là !!

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Trois menus disponibles au dîner (95, 110, 190 €)... c'est celui du milieu (Menu Plaisir) qui me fait le plus saliver !!

Une batterie de mises en bouche déboule au moment opportun pour savourer mon riesling "Les Pierrets" 2010, de Josmeyer.

Ce dernier fait dans "l'alsacien qui me sied", à savoir un acidité nerveuse adossée à la droiture du cépage.

Je n'ai pas retenu un gramme des descriptifs des bouchées proposées, en dehors de la "pomme de terre soufflée à l'émulsion d'huître"... que j'avais goûtée le matin même, lors de "mon stage" !!

Les différentes pièces sont d'une précision diabolique, aux textures allant de doucereuses à craquantes, toutes très délicates... mais à l'assaisonnement un poil haut pour mon palais (je précise ici que j'ai un palais de neptunien, ne supportant guère plus de 2 grammes de NaCl par quintal de nourriture).

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

Une "pré-entrée", avec un intitulé long comme un rappel d'Hugues Aufray, que ma mémoire a également refusé d'enregistrer. Une émulsion recouvrant une mousse onctueuse mêlant asperges... et plein d'autres trucs !!

Je nage en pleine "comfort food", le taux de sel est un poil moins élevé, c'est très bon !!

Langoustines Sautées/ Foie Gras Frais « Nature » 	consommé Parmentier

Langoustines Sautées/ Foie Gras Frais « Nature » consommé Parmentier

"L'entrée officielle" arrive enfin !!

Grosse mandale en attaquant le plat !!

Les langoustines sont magistralement cuites !! On touche à la perfection !!

La chair semble juste avoir été caressée léchée par le feu, le bouillon donne un élan acide salvateur aux bestioles iodées.

La pince a été consciencieusement entrouverte, pour ne pas nous laisser sucer bruyamment la chose... un immense plat que j'aurais sûrement vénéré le restant de ma vie, si le coefficient de salinité de l'ensemble n'avait pas été aussi élevé !!

Homard Cuisiné/ Mitonné de Tripes/ Asperges/ Graisse Salée

Homard Cuisiné/ Mitonné de Tripes/ Asperges/ Graisse Salée

Nous enchaînons avec l'autre grand seigneur de l'océan : le homard !!

Là encore, une cinglante démonstration de la maîtrise du feu, avec ce homard cuit à la nanoseconde près !!

Le matin même, j'avais pu voir le "responsable des crustacés" jouer du "timer", ajustant à 10 secondes près les cuissons de ces derniers !!

Le "mitonné de tripes" donne juste envie d'envahir la cuisine pour spolier faire main basse sur la gamelle dédiée.

Sans oublier de signaler des asperges modèles, au croquant et à la cuisson qui ne souffrent pas la critique !!

Retour de Pêche bordelaise iodée / Légumes Verts « Beurre Demi-sel »

Retour de Pêche bordelaise iodée / Légumes Verts « Beurre Demi-sel »

C'est un turbot à la "cuisson nacrée" à pleurer qui arrive devant ma poitrine. Première fois aussi que je vois un filet de poisson en forme de cœur !!

Des petits pois frais parfaits, une raviole terrible, addictive (ne me demandez pas de quoi elle était fourrée, le nombre d'infos et la rapidité avec lesquelles elles tombaient sur chaque plat me faisait limite griller les synapses !!), un jus acidulé à sa place dans le plat.... et un taux de sel toujours trop important pour moi !!

Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises - Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -
Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -
Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises - Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de  Blé Noir - mignardises -

Pré-dessert - Gros Lait à La Fleur de Blé Noir - mignardises -

Nous attaquons la partie sucrée du dîner... d'une remarquable fraîcheur pour l'entame, avec ce pré-dessert !!

Mes souvenirs confus ont retenu une mousse de basilic posée sur une tuile de cacao, cachant une épaisseur de gourmandise chocolatée, un sorbet à la fraise d'une justesse inouïe, en terme de "sucrosité", à ses côtés.

Le "dessert signature" du chef, qui s'est fait connaître en réhabilitant, puis en se faisant copier, le "sarrasin-blé noir". Le pot de yaourt est en céramique.

Un dessert aux allures fermentaires, puissant, forcément régressif si vos parents vous ont mis au monde au pied d'une église lors d'un Tro Breizh !!

"La petite attention qui fait toujours plaisir quand c'est votre anniv', quand on l'a signalé avant le dîner", les gentilles mignardises, dont une qui "explose en bouche" (du type Frizzy Pazzy), enfin les pavés de chocolat "After Eight®" totalement glacés !!

N'en jetez plus !!

Un service "grande maison", drivé avec grand talent par le responsable de la salle, Pierre, en accord avec l’exigence culinaire délivrée dans chaque assiette.

Une sommelière un peu rentre-dedans, qui parviendra à redresser la barre en m'orientant adroitement vers Nuance 14 (Sancerre) de Vincent Pinard.

Le bottin dédié aux dives bouteilles est conséquent, riche, aux coefficients hélas des grands établissements !!

En lisant attentivement (je l'ai parcourue le matin, puis le soir), j'ai repéré 3 ou 4 quilles honnêtes à coef 2-2,5 (tarifs cavistes), comme quoi...

L'Auberge des Glazicks à Plomodiern.

En conclusion, une cuisine qui vaut largement ses 2 étoiles, qui atteint l'exceptionnel sur certaines assiettes... mais quid de l'assaisonnement un poil généreux... pour mon palais, donc pour d'autres Neptuniens aussi !!

On reproche le même travers à Jean-François Piège... qui des 2 décrochera sa 3ème étoile en premier ?!

Si cela doit se jouer au milligramme près de fleur de sel, j'ai bien peur que ce (gros) détail fasse hésiter les décideurs du Gros Rouge, malgré d'indiscutables maîtrises techniques et les nombreuses fulgurances gustatives.

Je peux aussi faire fausse route, mettre cela sur le compte d'un seuil de détection de salinité beaucoup trop bas (La Miss a fait le même constat), sans parler d'un palais aussi développé que celui d'un cochon d'Inde sous anesthésie dentaire !!

En attendant, L'Auberge des Glazicks est une sacrée maison, un temple de la cuisson des produits de la mer, un potager croquant et frais, un espace aérien ouaté des desserts, un bel ensemble hôtelier aux services impeccables... mais Olivier Bellin devrait juste saler un peu moins pour toucher au sublime !!

L'Auberge des Glazicks

La Maison des Glazicks

7 rue de la Plage

29550 Plomodiern

Tél : 02 98 81 52 32

www.aubergedesglazick.com

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Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

3 Juin 2016, 17:54pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Eh oui, moins de 2 mois entre 2 articles, quand je vous disais que ce blog était vivant !!

Retour sur une journée mémorable, vécue à l'occasion de mon anniversaire !!

9 ans après, me voilà de retour au sein d'une adresse qui a énormément changé (attention, l'orthographe faisait saigner des yeux à l'époque, sans parler d'une mise en page des plus déstructurées !!).

Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

Je (re)découvre un établissement méconnaissable.

Une extension hôtelière (comptant 8 chambres) trône désormais aux côtés de la salle à manger !!

Un classement 4*, amplement mérité, couronne cet ensemble luxueux, décoré avec goût, à la literie exemplaire, méritant d'être inculpée pour "enlèvement et séquestration"...

Mais avant de me faire piéger par cette dernière, la journée fut longue... et intense !!

Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!
Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

Il est 09h30 ce samedi matin, quand je découvre que je suis invité à une "matinée cuisine, dans les coulisses d'un restaurant étoilé" !!

Invité unique, privilégié, qui va saouler accompagner pendant quelques heures Olivier Bellin et son équipe !!

Le chef doublement étoilé au Gros Rouge m'accueille avec la neutralité d'un boss déjà concentré sur le service à venir.

Il me fait goûter, d'emblée, de splendides asperges vertes tout juste sorties de la casserole.

Le principe étant de me balader de poste en poste, pour mieux comprendre l'organisation d'une brigade de cuisine gastronomique.

Et je ne me gêne pas pour faire chier solliciter tout le monde pour le coup !!

Je pèle aussi quelques girolles entre les 2 postes (le sucré et le salé).

Je "brise la glace" tout doucement avec le chef (le plus dispo malgré tout avant le service), pour qu'il me fasse l'article de son job, de ses objectifs et de sa "philo-gastronomie" !!

Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

Repéré très tôt dans le milieu, il fait partie des talents de la génération de Jean-François Piège (ce dernier a débuté 1 an avant lui).

Après son apprentissage au Paraclet (Quimper), il rejoint "l'écurie Robuchon" (Quand J.F Piège carbure pour Ducasse).

2 ans plus tard, c'est chez Thorel, alors 2 macarons au Gros Rouge, à la Roche-Bernard qu'il fait une halte, avant de reprendre l'affaire familiale à Plomodiern.

Il métamorphose le "resto ouvrier" de papa-maman en gastronomique, décroche une 1ère étoile en 2005, une seconde en 2010.... et ne pense qu'à la 3ème étoile dont on le "menace" depuis 2 saisons !!

Cet objectif le hante jour et nuit... depuis qu'une haute responsable du guide est venue spécialement pour cela... c'était en septembre dernier, l'équipe était fatiguée... ça n'a pas marché !!

Pierre (le responsable de salle et "bras droit") et le chef ont réalisé à ce moment que la frontière qui les séparait du Graal de la gastronomie était très ténue... et depuis, c'est un combat qu'ils jouent à chaque service, sur chaque assiette, chaque cuisson !!

Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

Le service démarre, je m'efface pour voir "la machine des rêves à manger" fonctionner sans relâche pendant près de 03h00 !!

Olivier Bellin ne se contente pas de camper au passe en ânonnant les commandes.

Il se défonce comme un commis, mais s'emporte comme un chef qui joue sa vie pour une fleur mal placée ou un filet de bar à la cuisson trop poussée !!

Je reste pantois devant le pur esprit d'équipe qui règne, au-delà des orages du chef, à chaque dressage... n'imaginant pas que 5 personnes pouvaient s'occuper d'une seule assiette !!

Comme une souris-arbitre (de 75 81 kg), je chronomètre les cuissons des (splendides) langoustines, celles des 20 homards décortiqués 01h00 plus tôt... vite un tour chez les pâtissiers... les panières de 10 pains différents se succèdent au fil du service, les montages ardus des assiettes sucrées se multiplient !!

Le "responsable sucré" (passé par Bocuse) compare les 2 activités à l'athlétisme. Le "staff salé" court le marathon, quand le "staff sucré" fait le sprint final... à la vitesse d'un 100 m pur !!

Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!
Le stage de 3ème chez Olivier Bellin, à L'Auberge des Glazicks à Plomodiern... acte 1 !!

Je n'ai pas vu passer les 05h30 passées avec toute l'équipe !!

Je me rapproche d'Olivier Bellin après le "coup de feu"... il est fatigué... fatigué de presque 30 ans de métier (il a 45 ans) !!

Il se donne jusqu'à 50 ans pour parvenir à son "olympiade personnelle"... mais il la veut cette 3ème étoile, il la veut vraiment... et il se dit prêt !!

On ne peut s'empêcher de penser au "syndrome Roellinger", qui a décroché la consécration à 52-53 ans, rincé par le métier... trop tard disaient les fans !!

Celui que j'ai vu aux "Goûts Uniques à Nantes" en 2010, m'ayant laissé l'impression d'un excellent technicien à l'égo boursouflé, me semble forcément différent aujourd'hui, après 03h00 de discussion !!

Un poil caractériel, il se dit aussi "en concurrence" avec les plus grands... et Piège en 1er, insolent de talent, sûrement pas moins odieux par moments !!

Il aspire, derrière cette fièvre professionnelle et continue, à un véritable apaisement... que peut- être seule une rencontre intime arrivera à lui donner et à maintenir !!

Je quitte le chef pour me reposer à mon tour... et me préparer à découvrir la scène après les coulisses !!

A suivre..

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Hôtel-restaurant La Butte à Plouider

17 Janvier 2016, 21:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Il me reste juste 1 à 2 lux comestibles de la comète 2015 à traiter sur ce foutoir, avant de consacrer ce dernier aux aventures liquides et solides de l'année en cours !!

Décembre est un mois qui me coûte souvent une petite blinde n'est pas le mois de l'austérité économique lorsque, comme dans mon cas, on a choisi de partager le loyer avec une native du signe du scorpion verseau capricorne, bref ce signe qui va de fin novembre à presque la fin décembre !!

Le concept "d'Anni-Noël' n'ayant pas de légalité dans le règlement intérieur, l'anniversaire est fêté en temps réel, au début de chaque mois de décembre !!

Cette année, direction Plouider, dans le Finistère, pour découvrir une table récemment consacrée d'un premier macaron au Gros Rouge.

Un restaurant doublé d'un hôtel, récemment rénové, loin de l'image "d'auberge pour papys" que véhicule souvent les "Logis de France" (1er séjour perso dans cette catégorie dite "Logis d'Exception"), en cours d'agrandissement lors de notre micro-séjour.

Situé sur une butte (le nom, tout ça), l'établissement domine Goulven et une très jolie baie, offrant un panorama plutôt sympatoche, surtout un jour de "coup de tabac" !!

Hôtel-restaurant La Butte à Plouider
Hôtel-restaurant La Butte à Plouider
Hôtel-restaurant La Butte à Plouider

Chambre résolument "moderne", se voulant "cosy, fonctionnelle et sobre" !!

Mais avant de nous sustenter, un petit tour dans l'espace spa de l'hôtel.

Un petit bassin bouillonnant de branleurs hurlants bambins turbulents archétypiques de bonnes tronches à claques aux minois malicieux, quand leurs déjà ventripotents quadras de darons parents puants de démonstration de leur petit statut de notable du coin, aux airs assurés, ont juste remonté leurs jeans Gucci aux mollets, tançant mollement leur tâches de mômes progéniture de sortir du bain pour la 156ème fois !!

Hormis l'acoustique à vous faire saigner des oreilles quand c'est plein, la piscine s'avère très agréable une fois vidée de cette faune peu racailleuse banlieusarde, au savoir-vivre aussi peu développé !!

La vue sur le large, entre chien et loup, est presque "romantique" !!

Un sauna et un hammam complètent l'offre "détente".

Nous enchaînons avec "Le Modelage Oriental" (sans les sous-entendus en vogue ces derniers mois).

J'ai réservé la seule cabine duo de massage de l'établissement.

2 masseuses compétentes, énergiques, vont consciencieusement détendre nos corps, de la tête aux pieds, durant 50 minutes !!

Là encore, un cadre qui louche vers un luxe apaisant, une attention et une personnalisation de tous les instants (avant, pendant, après) remarquables !!

Hôtel-restaurant La Butte à Plouider

C'est détendus comme des poulpes que nous découvrons la salle à manger.

L'esprit "rénové" se prolonge dans cette dernière : modernisme, épure et confort sont toujours au rendez-vous.

Je recroise mes bobos ruraux, attablés sur un disque à 12 places !!

Nous sommes heureusement un peu à l'écart de cette pollution sonore pour profiter pleinement du spectacle des agapes à suivre.

Etant sur un forfait, nous héritons d'un menu "imposé" baptisé "Dunes de Keramma" (49€).

 

 

Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère
Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère
Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère
Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère
Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère

Mise en bouche (tête de lieu jaune et je me souviens pas du reste) - St-Jacques, chou fleur "brûlé" et arabica - Lieu de ligne grillé, échalote grillé, saucisse fumée aux algues - C'est l'automne, poire marron et biscuit cuillère

La mise en bouche est gentille, très vite oubliable.

Les St-Jacques sont parfaitement saisies, quand le reste nous laisse un peu perplexes.

Le filet de poisson est assez hétérogène en cuisson, me faisant passer de la moue de chieur-né à la petite satisfaction sur une ou 2 bouchées.

Le dessert est d'une simplicité déconcertante, même s'il est de saison et que j'aime le marron et la poire !!

Une séquence plutôt banale, sans surprises, qui tient plutôt son macaron techniquement, mais sans le "trait de plaisir attendu à ce niveau" !!

Carte des vins pas trop mal, aux coefficients toujours discutables, avec un sommelier agile comme une anguille dans la gestion de la diversité des clients présents !!

Hôtel-restaurant La Butte à Plouider
Hôtel-restaurant La Butte à Plouider

La nuit fut délicieusement calme et apaisée...

Nous retrouvons la salle à manger le matin venu... et c'est une prestation de haut niveau qui nous attend à l'heure du petit-déjeuner !!

Nous retrouvons le rang attendu de notre "étoilé de campagne" !!

Des produits frais, locaux, une offre pléthorique en sucré ET salé, un service de tous les instants... même le "café cafetière" est plutôt correct !!

Un petit-déj' qui entre sans mal dans mon top 5 des "matinales" !!

En conclusion, La Butte offre des prestations hôtelières et de soins plutôt élevés vu son emplacement et la concurrence inexistante alentours.

Seule sa cuisine semble 'en retrait" en terme d'originalité et d'homogénéité, à mon humble avis.

La Butte

12 rue de la mer

29 260 Plouider

Tél : 02 98 25 40 54

www.labutte.fr

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Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

17 Juin 2015, 10:15am

Publié par Docadn

Bonjour,

Le long résumé gastro printanier se poursuit, avec une "figure" incontournable du paysage culinaire sudiste !!

Alain Llorca fut la star de Mougins et de la PACA entre 2004 et 2009 ("Le Moulin de Mougins" 2 macarons au Gros Rouge), avant de tenter l'aventure de la "bistronomie" sous un concept nommé "Café Llorca" (Vallauris, Monaco).

Un parcours bizarre, atypique, qui l'a mené jusqu'à reprendre, le temps d'une saison, les fourneaux de l’hôtel Belles Rives à Juan-les-Pins.

A la tête d'un "piano à son nom" depuis 2009 à la Colle-sur-Loup, il est titulaire d'une étoile Michelin depuis 2012.

Il gère aussi en parallèle un "Carré Llorca" à Nice, au succès notable selon les locaux et les fans.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Un dimanche midi de mai, j'emmène ma grande amie déjeuner dans le "vaisseau amiral" de la flottille Llorca.

Service de voiturier, accueil grande maison, pour nous retrouver rapidement sur la charmante (et immense) terrasse, avec une vue splendide sur la campagne et le trop fameux village de boulistes bling-bling St-Paul-de-Vence.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Une formule déjeuner à 58 € "sponsorisée" par le Gros Rouge (en fait on vous offre une coupe de champagne en sus de la formule "boissons comprises").

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan
Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Pâtisserie

Pâtisserie

Si on s'attend, à quasi coup sûr, à de la "cuisine pour notaires" (poke Mix) sur le papier, vu la clientèle visée, la réalité est heureusement un poil divergente.

Llorca offre une cuisine plutôt classique mais pas emmerdante pour un sou !!

Ses "raviolis de poitrine de veau" sont le bon résumé d'un numéro d'équilibriste nécessaire pour attirer les touristes anglais en mode "Peter Mayle Tour", mais aussi garder les boulistes en plastique vacanciers/autochtones friqués financièrement à l'aise du village voisin...

La présentation "sommaire" de la paella est due au service directement à table, pour le coup très 70's !!

Service précis, attentif, presque précieux par moment.

Une fois de plus, je déplore une "partie sommellerie" assez déconnectée du niveau attendu (en plus d'être old school).

Les vins servis sont très moyens, qualitativement parlant, respirant plus l'optimisation financière qu'une réelle réflexion "accord mets et vins".

Les desserts sont, comme chez Pic, la bonne surprise de cette séquence !! Des classiques de très bonne tenue, généreux, quasi éligibles aux Relais Desserts.

En conclusion, Alain Llorca semble avoir retrouvé une vraie place dans la sphère gastro sudiste. Sa cuisine mérite le macaron, mais on ne peut s'empêcher d'y renifler des "non mises en danger" "filets de sécurité" prompts à rassurer les Anglais et les notaires (voire le cuisinier lui-même), tout heureux de flirter avec une certaine originalité des plats, le tout porté par un service rigoureux orné d'un snobisme étudié.

Restaurant Alain Llorca

350 Route de Saint-Paul, 

06480 La Colle-sur-Loup

Tél : 04 93 32 02 93

www.alainllorca.com

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Anne-Sophie Pic à Valence

4 Juin 2015, 12:28pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Parfois, vous lancez des défis en l'air... et ils finissent par vous retomber sur le coin de la gueule !!

En 2014, un de mes neveux passe son bac. Aussi, en "tonton blagueur", je lui lance un défi du type "prime de résultats" :

  • Mention "assez bien", je lui offrais le buffet à volonté de la caféteria voisine.
  • Mention "bien", c'est l'étoilé local qui était honoré de sa présence.
  • Mention "très bien", les portes du paradis valentinois au déjeuner pour son palais.

Le morveux bosseur a raté les "félicitations du jury" de 0,1 point !!

Aussi, avec son 17,9 de moyenne et ladite mention "très bien" en poche, je retrouve Quentin un an plus tard, dans le jardin du 285 avenue Victor Hugo à Valence, pour savourer enfin sa victoire.

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Petit apéro dans l'agréable jardin du restaurant (jus de fraise pour notre désormais lyonnais, un verre de châteauneuf-du-pape blanc pour ma pomme), avec déjà des grignotages de haut niveau !!

Moment consacré au choix du menu de ce déjeuner de l'Ascension, que j'oriente insidieusement vers la version "Découverte" !!

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Accueil "grande maison", staff conséquent papillonnant en silence dans l'immense bâtiment à la déco et au mobilier très soignés.

Anne-Sophie Pic passe en salle, dit bonjour à tous, sait qui fête quoi, se prête avec grâce aux photos.

L'apprenti gourmand est impressionné. C'est la première fois qu'il met les pieds dans un grand restaurant gastronomique.

Je lui conte rapidement la saga de la famille Pic* et le fait que seuls 26 établissements en France sont couronnés de 3 étoiles au Gros Rouge Michelin... une mise en bouche arrive.

* j'avais déjeuné il y a 2 ans dans la brasserie "Le 7", article visible -> ICI
Crème brûlée au foie gras
Crème brûlée au foie gras

Crème brûlée au foie gras

A partir de là, nous voilà embarqués pour 02h30 de voyage.

La carotte et la fleur de jasmin

La carotte et la fleur de jasmin

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Fin du voyage et très jolie séquence gastronomique.

Avec mon neveu, nous refaisons le match. Gros coup(s) de cœur pour la crème brûlée au foie gras et les berlingots de chèvre pour lui.

Il est vrai que le Banon, très puissant, ne fait pas dans la dentelle et se place aussi dans mon trio de tête. Le pigeonneau, tout classique soit-il, est terrible de justesse.

Ma grosse claque reste tout de même pour le dessert (le moment que je redoute le plus) !! Ce citron Meyer restera, je pense, longtemps comme le meilleur dessert aux "agrumes-herbes" jamais savouré englouti.

Le "syndrome Ratatouille" (ou "Les Gouttes de Dieux" au choix), quand la première bouchée vous emmène quasi instantanément dans la "vraie garrigue", puis que le citron vous téléporte en Loire avec un chenin crayeux qui vous fait saliver...

Et pour finir...

Et pour finir...

J'ai entendu, ça et là, des réserves sur le travail d'Anne-Sophie Pic. "Cuisine de fille", "pas une grande cuisinière", des avis aussi durs que ce microcosme gastronomique !!

J'admets juste que les "touches japonaises, ou d'inspirations japonaises" quasi systématiques sont un poil "fatigantes" sur les plats dégustés.

Elles ne flinguent pas les assiettes, mais le fait de "name-dropper" chaque plat avec son herbe, sa racine, son fruit ou son whisky japonais me gonfle un peu parait superfétatoire vu le haut niveau culinaire délivré !!

Le gros reproche de la maison, guère différent dans d'autres grandes maisons, reste forcément la question du vin.

Dès l'apéritif, on vous vante les vins de la maison Pic, propriétaire de vignes, dont les vins sont élaborés par la maison Chapoutier.

Les tarifs de la (très grosse) carte sont forcément indignes (les coefs 4-5 et plus sont légions). Mon neveu ne buvant pas, j'ai juste tenté un verre de vin rouge, sur le pigeon, à la guise du sommelier.

Ce dernier, tout droit sorti des années 82-84 en terme de style, m'a servi un Hermitage 11 de la maison Pic.

Un jus de raisin d'ébéniste, à l'amertume prompte à faire fuir le pigeon... servi plutôt chichement et facturé plus de 20 € !!

Il est toujours triste, dans ce genre d'établissement, de ne pouvoir s'extasier aussi sur le vin.

Si le déjeuner est solidement facturé (160 € par personne, 90 € en semaine hors jours fériés), j'admets presque sans broncher que les frais induits (produits, salaires) soient en (grosse) partie justifiés.

Pour le vin, s'il sert toujours de "vache à lait" pour gonfler la marge par couvert, rien ne justifie de tels coefficients !!

Des détails qui n'ont guère ému mon neveu, soufflé et heureux d'avoir enfin pu caresser le monde merveilleux du luxe et de la haute gastronomie !!

Cette immense joie spontanée a suffi à rendre ce moment unique, à tout jamais gravé dans sa mémoire... et dans la mienne aussi !!

Anne-Sophie Pic

285 Avenue Victor Hugo

26000 Valence
04 75 44 15 32

www.anne-sophie-pic.com

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Le Pavillon des Boulevards à Bordeaux

30 Mai 2015, 10:20am

Publié par Docadn

Bonjour,

Après une longue pause, votre scribe reprend enfin la plume le clavier pour vous conter, en mode quasi SMS, ses nombreuses pérégrinations liquides et (surtout) solides vécues.

Une bonne quinzaine de tables ont essaimé ma grande tournée printanière. Honneur à la dernière fréquentée, chronologiquement parlant, puisqu'elle fut visitée lors de la célébration de ma lointaine naissance mon anniversaire !!

Le Pavillon des Boulevards à Bordeaux

Surprise totale pour cette table, dont j'ignorais tout avant de m'y asseoir.

Nelly et Denis Franc opèrent depuis une trentaine d'années sur la place de Bordeaux. Le Pavillon des Boulevards est une véritable institution de la bourgeoisie locale, affublée de son macaron Michelin prompt à rassurer le snobisme naturel d'une clientèle visiblement aussi souple que les bottes d'Alain Juppé en 1995.

L'élégante devanture laisse place à une déco résolument "chic-moderne" à l'intérieur. C'est lumineux, sobre et d'assez bon goût, loin des clichés des maisons bourgeoises où le portrait de l'arrière grand-mère veille sur des meubles de musée en acajou massif.

Le Pavillon des Boulevards à Bordeaux
Le Pavillon des Boulevards à Bordeaux
Le Pavillon des Boulevards à Bordeaux

Accueil très souriant de la maîtresse de maison, personnel affable, au rang attendu pour ce type de table.

Amuse-bouches soignés, sur un verre de châteauneuf-du-pape blanc (Beaurenard 11) au tarif fiévreux de 18 € !!

Nous optons pour le "Menu découverte"... soit un dîner à l'aveugle !!

Oeuf brouillé, haddock fumé - Bouchée de thon rouge, gelée de navet, noix de coco, épicée au vadouvan
Oeuf brouillé, haddock fumé - Bouchée de thon rouge, gelée de navet, noix de coco, épicée au vadouvan

Oeuf brouillé, haddock fumé - Bouchée de thon rouge, gelée de navet, noix de coco, épicée au vadouvan

Place aux "vrais plats" !!

Tous les intitulés sont le résultat des retranscriptions (approximatives) après l'énoncé oral.

Asperges de Blaye sauce yaourt-olives, oeuf de caille - Foie gras fumé minute au bois de hêtre, cédrat et caviar de citron, espuma au sauternes, piment d'Espelette
Asperges de Blaye sauce yaourt-olives, oeuf de caille - Foie gras fumé minute au bois de hêtre, cédrat et caviar de citron, espuma au sauternes, piment d'Espelette

Asperges de Blaye sauce yaourt-olives, oeuf de caille - Foie gras fumé minute au bois de hêtre, cédrat et caviar de citron, espuma au sauternes, piment d'Espelette

Tartare huître-daurade, perle d'huître feuille "iodée" (mertensie maritime) - Le couteau et la langoustine, sauce wazabi
Tartare huître-daurade, perle d'huître feuille "iodée" (mertensie maritime) - Le couteau et la langoustine, sauce wazabi

Tartare huître-daurade, perle d'huître feuille "iodée" (mertensie maritime) - Le couteau et la langoustine, sauce wazabi

Merlu, feuille de nori, sésame noir, sauce miso, petits pois, carottes, girolles - Pigeon : le filet, le cromesquis, le civet, tuile amande, boulghour à l'orientale
Merlu, feuille de nori, sésame noir, sauce miso, petits pois, carottes, girolles - Pigeon : le filet, le cromesquis, le civet, tuile amande, boulghour à l'orientale

Merlu, feuille de nori, sésame noir, sauce miso, petits pois, carottes, girolles - Pigeon : le filet, le cromesquis, le civet, tuile amande, boulghour à l'orientale

Caillé de brebis, gâteau basque - Meringue, blancs en neige givrés-coco, coulis de fruits exotiques - Sabayon au chocolat
Caillé de brebis, gâteau basque - Meringue, blancs en neige givrés-coco, coulis de fruits exotiques - Sabayon au chocolat
Caillé de brebis, gâteau basque - Meringue, blancs en neige givrés-coco, coulis de fruits exotiques - Sabayon au chocolat

Caillé de brebis, gâteau basque - Meringue, blancs en neige givrés-coco, coulis de fruits exotiques - Sabayon au chocolat

Remarquable séquence, qui a frisé le sans faute, si le "caillé de brebis, gâteau basque" n'avait pas dénoté aussi vivement du haut niveau général.

Si en entrant, je m'attendais à une cuisine très sage et soignée, Denis Franc "ose" bousculer sa clientèle avec des associations "peu académiques" et franchement réussies.

Long métrage servi en 02h30, à un bon rythme, aux proportions justes, à la variété qui met en fuite toute pointe d'ennui !! Un macaron largement mérité et très bien tenu !!

Service allant du "gauche volontaire je démarre faut pas m'en vouloir" à l'impeccable "j'ai 9227 services au compteur", toujours aimable et attentif.

Carte des vins classique aux coefficients (outrageants) en phase avec le quotient familial de la clientèle, allant des touristes anglais en "romance bordelaise", jusqu'aux tribus de notables avec le casse-couille de service méprisant (vous savez le lourdaud qui a tout vu, tout fait, tout mangé, tout bu et qui chuchote à 34 000 décibels).

Un grand merci La Miss pour ce joli cadeau !!

Le Pavillon des Boulevards

120 rue de la Croix de Siguey

33 000 Bordeaux

Tél : 05 56 81 51 02

pavillon.des.boulevards@orange.fr

www.lepavillondesboulevards.fr

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Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

13 Décembre 2014, 09:37am

Publié par Docadn

Bonjour,

Déjà la fin de l'année, et ses marronniers auxquels ce foutoir n'échappe guère plus que d'autres.

Qui dit décembre, dit "grosse table pour souffler les bougies de La Miss se bâfrer à grands frais".

Cette année direction la Vendée, pour découvrir la cuisine d'un chef peu médiatisé, mais au "cv solide sur le papier" .

Apprenti chez Lann aux début des années 80 (restaurant "Le Central" au Guilvinec), puis chez Thomas ("Le Manoir de la Comète", restaurant étoilé, à St-Sébastien-sur-Loire), il "monte à la capitale" pour un petit tour au Véfour, avant de suer successivement dans les 2 restaurants étoilés de Jean-Pierre Jacob (Le Bourget-du-Lac/Courchevel).

C'est dans le bi-étoilé alpin qu'il passe second de cuisine. Puis, il reprend son baluchon et ses couteaux en 1990, pour un petit Tour(nadre) chez Gill, à Rouen.

Les semelles à peine entamées, il achève son tour de France chez Jean-Marc Banzo (Aix-en-Provence), puis chez le bi-étoilé Gérard Clor ("L’Escale" à Carry-le-Rouet), en tant que chef au milieu des années 90.

Il ouvre enfin sa (première) table en 1996 ("l’Auberge Robinson aux Sables d'Olonne), puis s'installe à St-Sulpice le Verdon en 2004.

Il sera (pour la seconde fois) finaliste de l'édition 2015 du concours MOF à Dardilly (69) en février prochain.

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Nous sommes au coeur du Logis de la Chabotterie.

Thierry Drapeau occupe une des ailes de l'ensemble historique.

La salle est aérée, aux grands volumes, avec une ambiance "terroir pas trop ringarde". En entrant, nous apercevons le chef à travers sa cuisine-aquarium.

L'accueil est dans le standing "grande maison de campagne".

Un verre d'irouléguy (Eztia) pour La Miss, un muscat 13 de Bott Frères pour ma pomme, avant d'attaquer le menu "balade d'ici et d'ailleurs" (85€).

Mises en bouche
Mises en bouche
Mises en bouche
Mises en bouche

Mises en bouche

C'est tout d'abord une batterie de mises en bouche qui débarquent. Il manque même le velouté de champignons sur les photos ci-dessus.

Le niveau est très élevé (désolé pour les dénominations, mais passé 3 explications je décroche).

Quand le "velouté-oeuf" apparaît, je pense sincèrement qu'il s'agit de la première entrée... mais non, c'est encore une mise en bouche !!

J'ai donc comptabilisé pas moins de 8 mises en bouche avant de voir enfin le premier plat inscrit sur le menu !!

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

La première entrée est d'un aérien et d'une fraîcheur splendides, quand la seconde nous replonge dans l'esprit des "veloutés de l'automne".

Le bar est forcément un poil au-dessus de mes critères de cuisson, mais magnifiquement accompagné par des crucifères que j'ai pour habitude de fuir.

La volaille est d'un classique confondant. Moelleuse, avec son petit jus un poil trop salé, mais parfaitement cuite.

Là encore, Thierry Drapeau arrive à me faire avaler un épatant chou de Bruxelles... horreur légumière qui n'avait pas franchi mes badigoinces depuis 4 décennies !!

Le rythme du service est bon, les portions plutôt généreuses... suffisamment pour commencer à s'inquiéter de tout ce qu'il reste encore à avaler !!

Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés

Chariot de fromages - Plaisirs sucrés

Un impressionnant plateau de fromages, épaulé par un chariot de pains (servis tout au long du dîner) de haute volée (les meilleurs croisés à ce jour dans un restaurant) !!

Un boulanger (à temps plein) fournit de splendides miches pour le restaurant et l'hôtel...

Un gâteau (spécialement conçu pour l'évènement) démoniaquement chocolaté, est offert en sus de tous les autres plaisirs sucrés !!

Nous sommes au bord de l'explosion ventrale !!

Nous nous voyons proposer des "douceurs pour terminer" (un plateau rempli de chocolats maison et autres confiseries), nous déclinons cette dernière.

D'autres tables ont "craqué" avant même la batterie des desserts. Certaines ont même demandé à emporter ces derniers.

NB : il s'agit du plus petit menu de la carte !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Côté "liquides", une très jolie carte des vins, aux coefficients plutôt musclés, avec suffisamment de références pour faire bander émoustiller les palais de buveurs d'étiquettes.

Un sommelier à l'écoute, disponible, échangeant très facilement entre 2 assiettes, qui m'a déniché ce fort joli 2010, tout en ayant l'élégance de l'ajuster au tarif de mon 1er choix plus disponible...

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Mais notre calvaire n'est pas pour autant terminé !!

Nous rejoignons notre chambre "supérieure" (située à 400 m du restaurant), pour constater que nous avons eu de la visite pendant notre absence !!

Comme chez Régis Marcon, le staff de l'hôtel a préparé notre chambre... et s'est dit que nous aurions vraisemblablement encore un petit creux !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

L'hôtel (ouvert en août 2013) semble calé au sein d'un mamelon terreux, comme semi-enterré.

Béton et bois habillent le bâtiment abritant une épicerie fine, un bar, la salle des petits-déjeuners, un agréable espace détente (sauna, jacuzzi), plus une dizaine de chambres.

Une réussite architecturale, dont le confort, les services et l'attention valent les 4* et le statut de Relais & Châteaux.

Une (excellente) nuit passée sur le dos, avant de parachever notre séjour par "l'expérience petit-déjeuner".

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Un véritable "brunch" en 3 services, fait minute, délicieux, frais, forcément local... très généreux, n'en jetez plus, le bide est plein !!!

En conclusion, Thierry Drapeau parvient à transfigurer une "cuisine terroiriste" dans des assiettes épurées (que mes photos trahissent largement), comme des petits tableaux aux couleurs joyeuses, bourrées de saveurs, mais dont il peine à sauvegarder une juste satiété...

C'est ce qui pourra gâcher un poil la fête, quand comme moi, on ne peut laisser des assiettes inachevées repartir en cuisine...

Pour la partie hôtel, la très baudelairienne formule "luxe, calme et volupté" sied à merveille à ce lieu après un marathon "gargantronomique"...

Hôtel-restaurant Thierry Drapeau

Logis de La Chabotterie

85260 Saint-Sulpice le Verdon

www.restaurant-thierrydrapeau.com

Restaurant : 02 51 09 59 31.

Hôtel : 02 51 40 00 03

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La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin

8 Août 2014, 14:08pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Comme l'an dernier, j'entretiens un retard (très stable) de presque 3 mois dans le "reporting" de mon repas d'anniversaire.

Si le jeu de "la-destination-pour-la-bougie-de-trop-à-souffler" est toujours aussi plaisant, je dois reconnaître que cet outsider était sorti des mes radars !!

Et de me souvenir, avec un certain émoi, que mes pieds n'avaient plus foulé le carrelage de cette maison depuis 9 ans (pour mon anniversaire aussi), fut l'autre jolie sensation du jour !!

La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin
La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin

J'avais laissé une salle "champêtre", agrémentée de canards en bois accrochés sur des meubles et autres vaisseliers.

Le jeune chef Eric Guerin (passé notamment par Taillevent, La Tour d'Argent) faisait des navettes entre son piano et la salle.

Il se mettait dans un coin de la pièce, l'air inquiet, scrutant fébrilement les réactions de ses clients.

Ce fut un admirable dîner !!

Ceux dont on ne peut oublier quelques plats des plus percutants, presque une décennie après, comme cette "anguille rôtie", ou encore ce "filet de boeuf-cuisses de grenouilles" !!

Eric Guérin promenait déjà une cuisine teintée de poésie (la grenouille et le boeuf était un clin d'oeil à la fable de La Fontaine), déjà marquée du sceau de la sensibilité.

La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin

En ce dimanche de Fête des mères, à quelques heures de ma (re)naissance, je retrouve un établissement totalement "revampé".

La modeste auberge d'antan abrite désormais chambres et spa, jardins, basse-cour et volières.

C'est largement moins "mémère" qu'en 2003. Le mélange des styles fonctionne bien (la mère du cuisinier doit sûrement y être pour quelque chose).

Nous profitons du salon, picorant les grignotages servis en compagnie d'un cocktail maison.

La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin
La Mare aux Oiseaux, St-Joachim, Eric Guerin

Le menu s'appelle justement "picorons ensemble", en 5, 7 ou 9 plats (65, 78, 98 €) au choix.

Le consensus sur 7 plats s'impose rapidement...

Foie gras grillé, riz soufflé, petits pois et gingembre frais

Foie gras grillé, riz soufflé, petits pois et gingembre frais

Jeunes carottes en gaspacho, caramel à la fleur de Guérande

Jeunes carottes en gaspacho, caramel à la fleur de Guérande

Pomme de terre nouvelle de Noirmoutier à la coque, tartare de bulots, petits gris et herbes fraîches

Pomme de terre nouvelle de Noirmoutier à la coque, tartare de bulots, petits gris et herbes fraîches

Vernis breton, pain au blé noir, pousses de junsaï et caviar végétal

Vernis breton, pain au blé noir, pousses de junsaï et caviar végétal

Aiguillette de flet "aïe, aïe, aïe", asperges, sauces BBQ

Aiguillette de flet "aïe, aïe, aïe", asperges, sauces BBQ

Filet de boeuf de Brière lardé d'anguille fumée, buratta crémeuse

Filet de boeuf de Brière lardé d'anguille fumée, buratta crémeuse

Chocotruffe

Chocotruffe

Chèvre fermier céviche de fruit avocat et pousses d'oseille

Chèvre fermier céviche de fruit avocat et pousses d'oseille

"L'autre Dauvissat"

"L'autre Dauvissat"

Le Paris-Brest

Le Paris-Brest

Soufflé so chocolat et caramel

Soufflé so chocolat et caramel

Mignardises

Mignardises

Un déjeuner parfaitement orchestré, au service délicat, très souriant, apaisant même ... à une seule exception*.

Plusieurs fulgurances ont ponctué ce riche déjeuner.

Si je ne devais en citer que 2, je retiendrais le sensationnel filet de boeuf de Brière lardé d'anguille fumée, buratta crémeuse, aux cuissons fantastiques (l'un a demandé bleu pour le filet, l'autre saignant), sans oublier le chocotruffe bluffant d'équilibre et d'imagination !!

Mais je ne peux passer sous silence le niveau des desserts, souvent points faibles de ces repas d'exception, tout simplement remarquable !!

Oui, il y a une stupéfiante sensibilité dans cette cuisine.

Pas seulement de "bonnes trouvailles" !!

Eric Guérin arrive à transmettre des morceaux de "littérature du terroir" avec une grâce bondissante, couronnée d'une insolente générosité !!

Ce gars-là doit arroser de larmes ses croquis de plats en matant "Champion" (ne cherchez pas, il n'y a que moi qui puisse comprendre) !!

On regrettera seulement les coefficients, majoritairement trop élevés, de la carte des vins, brillamment animée par 2 jeunes sommeliers.

Au-delà de ce détail (on y va pour manger, ne l'oublions pas), La Mare aux Oiseaux est une belle adresse, à la cuisine imaginative, jouissive par moments, imprégnée d'une certaine poésie des lieux, de son auteur et des produits ainsi magnifiés !!

* des présentations un peu sèches et sans attention, délivrées par une serveuse, qui dénotaient face à la douceur générale du service

La Mare aux Oiseaux

223 rue du Chef de l'Île Fédrun

44720 Saint-Joachim

Tél : 02 40 88 53 01

www.mareauxoiseaux.fr

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Auberge du Pont d'Acigné à Noyal-sur-Vilaine

13 Décembre 2013, 17:42pm

Publié par Docadn

Bonjour,

La traditionnelle sortie pour "la bonne table de fin d'année pour cause d' grâce à un anniversaire", se tenait cette année dans la banlieue rennaise.

J'ai jeté mon dévolu, pour cette édition 2013, sur la table de l'Auberge du Pont d'Acigné.

Fraîchement auréolés d'un second macaron au Gros Rouge, Sylvain & Marie-Pierre Guillemot, ainsi que toute leur équipe, ont les projecteurs braqués sur leur jolie maison depuis le début 2013.

Sylvain Guillemot a débuté sa carrière chez Marc Tison (Rennes), puis Thorel (La Roche Bernard), avant de se "révéler" chez Passard (à L'Arpège, où il rencontrera sa future femme Marie-Pierre).

Ils montent leur "petite affaire" en 1995 à Acigné, à côté de Noyal-sur-Vilaine. Ils attendront 10 ans pour se voir récompenser d'une première étoile au Gros Rouge, 8 de plus pour se voir couronner de la seconde.

Seul bi-étoilé du département (il y en a seulement 4 en Bretagne), l'établissement s'est vu octroyer une 4ème toque au Gros Jaune en novembre dernier.

Auberge du Pont d'Acigné à Noyal-sur-Vilaine

Notre péril périple en leur demeure commence plutôt mal.

"Le mystère des internets", dirait une belge, qui ferait mieux de parler flamand plutôt que de massacrer la langue française avec des expressions vandammesque, fait que ma confirmation écrite n'est jamais arrivée !!

Grand moment de panique du staff, puis improvisation totale pour nous accueillir, malgré un service complet ce soir-là !!

L'équipe transforme le "petit salon d'accueil" en salle privative, rien que pour nous. 2 coupes de champagne nous sont offertes avec mille excuses.

Nous verrons, pour le coup, défiler l'intégralité de l'effectif pendant tout le service, terriblement inquiet de notre "situation peu standard".

Cette aventure nous amuse plus qu'elle ne nous dérange. Nous optons assez rapidement pour le "Menu Découverte" (110 €).

Amuses-bouche

Amuses-bouche

Pré-entrée : couteau
Pré-entrée : couteau

Pré-entrée : couteau

Grosse huître en fine gelée

Grosse huître en fine gelée

Craquant de chanterelles grises et ravioles d'oignons

Craquant de chanterelles grises et ravioles d'oignons

Mousseline de châtaignes et truffe blanche d'Alba

Mousseline de châtaignes et truffe blanche d'Alba

Turbot au jus de soja

Turbot au jus de soja

Ris de veau poêlé citronnelle

Ris de veau poêlé citronnelle

Plateau de fromages Jean-Yves Bordier

Plateau de fromages Jean-Yves Bordier

Soufflé pomme, glace au romarin

Soufflé pomme, glace au romarin

Coque chocolat caramel au beurre salé, émulsion café froid
Coque chocolat caramel au beurre salé, émulsion café froid

Coque chocolat caramel au beurre salé, émulsion café froid

Mignardises

Mignardises

04h00 plus tard, nous sortons repus, mais pas fatigués, heureux, mais pas ballonnés.

Maire-Pierre Guillemot (très active pendant tout le service) nous présente son cuisinier de mari, forcément plus dispo pour discuter avec nous à minuit passé !!

Nous revenons sur les moments forts de ce "long métrage culinaire".

  • Si le couteau nous ouvre gentiment l'appétit, l'huître (vraiment énorrrrme !!) nous donne le premier uppercut de la soirée !!
  • "Le craquant de chanterelles" est une ode au végétal et à la noble nature...
  • "La mousseline de châtaignes et truffe blanche d'Alba" nous propulse dans un historique vol stratosphérique !! Un plat gigantesque, dantesque, monstrueux, magique, unique, qui restera gravé tatoué dans ma boite noire, tant que ce connard d'Alzheimer la sale maladie ne l'attaque pas (ce n'est que la 3ème fois en 18 ans que Sylvain Guillemot travaille la truffe blanche d'Alba !!).
  • Le "turbot au jus de soja" s'offre avec une cuisson PARFAITE (oui, oui même ça il sait faire "comme j'aime") et ses faux airs asiatiques. Le végétal, siégeant à ses côtés, est toujours d'une ébouriffante justesse !!
  • "Le ris de veau" est, selon la spécialiste, parfait, énorme, à la cuisson là encore d'orfèvre !!
  • Passé le (classique et fort bien foutu) plateau de fromages, la suite "version sucrée" est un ton en-dessous du "déroulé salé", mais très largement au-dessus des niaiseries qui concluent souvent les repas.
  • Mention pour le rafraîchissant "soufflé pomme, glace au romarin" (et son "vin de sureau" maison), quand la "coque chocolat caramel au beurre salé, émulsion café froid" fait un vibrant baroud d'honneur avec son cacao d'excellence et la splendide juxtaposition du caramel et du café froid.
Auberge du Pont d'Acigné à Noyal-sur-Vilaine

Sylvain Guillemot a l'humilité d'un travailleur fou qui a pris conscience de ses errements, avant de revenir à "l'essentiel".

Il plaisante facilement avec "ses prises de têtes de jeunesse", quand l'évidence jouait avec ses nerfs et sa passion.

Il aborde, à 42 ans, "l'âge de la raison en cuisine", comme certains peintres voient, avec soulagement, "leur coup de pinceau" s'épurer, leurs peintures "s'illuminer"...

Il a fini par comprendre, comme tant d'autres avant et après lui, qu'une bonne cuisine passe par des produits d'excellence, un respect systématique de ces derniers, en les traitant "tout simplement".

Il ne remerciera jamais assez tous les jardiniers et primeurs du marché Ste-Thérèse, de cultiver avec autant d'amour tous ces légumes, toutes ces herbes, sans lesquels son métier ne vaut rien !!

Je n'ai pu m'empêcher de lui confier qu'il y avait cette putain cette foutue une "jouissive lisibilité" dans sa cuisine.

Je sais, c'est très convenu, cette expression m'agace quand je la lis chez les autres, mais là, j'ai "compris sa cuisine".

Elle est d'une "évidente simplicité", sans maquillage (pas de sauce), à l'expression végétale cinglante (il cuisine avec l'eau de tous ses légumes), aux cuissons délicates, presque caressantes...

De tous les "2 macs" fréquentés, ce n'est pas la plus "bluffante" des cuisines croisées... mais assurément la plus "directe", la plus "juste", la plus "compréhensible", à l'opposée des "cuisines chiadées qui te perdent par des non-sens", avec laquelle Sylvain Guillemot a aussi flirté avant...

A cela s'ajoute un service très pro, intelligent, équilibré, une carte des vins d'une rare justesse (où de jolies références bios et tradis se côtoient en cohérence) au service d'une foutue belle cuisine !!

Auberge du Pont d'Acigné

Lieu dit Pont d'Acigné

35530 Noyal-sur-Vilaine

Tél : 02 99 62 52 55

Fermé lundi & mardi

www.auberge-du-pont-dacigné.com

PS : sympathiques chambres d'hôtes à quelques kilomètres de l'établissement, au charmant accueil, aux tarifs doux.

La Métairie

12 rue du Petit Bois  

35410 Domloup 

02.99.37.53.37 ou 06.48.19.39.64

lametairiededomloup.jimdo.com

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