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EscapadeS

Articles avec #rhone

Soirée Reynaud.... et autres !!

13 Juin 2016, 21:54pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Direction le 3-7, pour assister à ce qu'on appelle dans le jargon picolo une SGC, ou plus communément un "Soirée Grosses Cartouches'" !!

Les ingrédients nécessaires pour cette dernière sont primordiaux !!

Vous prenez un domaine/vigneron/région trèèèèès réputé(e), une obole pour les frais de participation un poil élitiste, un cadre et des hôtes charmants, des amateurs (éclairés ou non) passionnés, vous touillez le tout pour obtenir la soirée qui déforme les calbuts excite les microcosmes bacchiques !!

Emmanuel Reynaud, ça ne cause pas à grand monde quand on s'intéresse au vin uniquement pendant les foires aux vins.

Par contre pour les amateurs, les buveurs d'étiquettes et les fans des vins du Rhône, c'est un nom qui fait tilt sonne comme "Rayas", "Pignan", "Pialade", "Fonsalette" et consorts !!

Crédit Mireille

Crédit Mireille

Une assemblée composée de nombreux membres des "Joyeux Turons", horde ligérienne sévissant régulièrement entre Tours et Amboise !!

Une soirée qui commence par un hommage imprévu, quasi surréaliste vu sa soudaineté, à l'un de ses membres.

Jean-François nous a quittés subitement l'avant-veille !!

Je lui dois d'avoir pu côtoyer pour la 1ère fois quelques passionnés du 3-7 et d'ailleurs, qui sont devenus depuis de sacrés collègues de goulot !! Ciao Jeff, alias Chicoman pour moi, tu manqueras franchement à pas mal d'entre nous !!

Soirée Reynaud.... et autres !!

J'avale, sans notes, un Chablis de Droin (Montmains 13 me souffle t-on dans l'oreillette) plutôt agréable, que j'ai placé en chenin dans un 1er temps, avant d'arbitrer un match entre 2 bulles ligériennes du même millésime.

Si le 1er se détache par sa délicatesse et sa juste nervosité, le second brille par une fort jolie bulle très bien calibrée et sa fraîcheur.

C'est L'Extra Brut 2002 de Jacky Blot qui remporte, pour moi, le match face au Vouvray Brut Réserve 2002 de Foreau (une "RD", pour récemment dégorgé, en 2015).

Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!

Toujours en guise "d'échauffements", nous enchaînons avec un nez de "grillé chardo", fort élevé, à l'attaque ample, au boisé "poussé", un poil demi-corps qui dissimule un Bourgogne 13 d'Arnaud Ente correct.

Le vin suivant s'ouvre au fil des rotations du verre, il pétrole discrètement, offrant un équilibre splendide en bouche, entre acidité maîtrisée et finesse superlative. Petit moment de magie alsacienne que ce Clos Häuserer - Riesling 2008 de chez Zind-Humbrecht situé au pied du Grand Cru Hengst !!

Mais il est l'heure d’entamer notre cycle Reynaud !!

MC'Nico (Master of Carafage) a tout ouvert le matin, a goûté, puis il a attendu patiemment 20h00 pour enfin délivrer les jus dans nos verres !!

  • TOUS LES VINS SONT BUS A L'AVEUGLE !!!!
Soirée Reynaud.... et autres !!

Le bal s'ouvre avec un nez louchant sur la syrah, un fin "trait vert", une bouche qui "fraise à mort", à la matière concentrée, à la finale un peu banale, épicée, voire un poil "tortillante" (comprendre pas super droite). Nico nous a demandé de noter les vins sur 20. Ce sera 13/20 pour cette Pialade - Côtes-du-Rhône 2008.

Le second vin offre une robe plus dense exhalant la fleur d'oranger. L'attaque est fraîche, sur la fraise, avec beaucoup de "mâche", très épicée. La puissance monte au fil des gorgées... jusqu'à devenir "too much" pour ma pomme. Plaisir limité pour ce Domaine des Tours - Vin de Pays de Vaucluse 2010, noté 08/20.

3ème échantillon à la robe évoluée, versant sur la cerise et l'acétate au nez. Attaque très épicée, quasi confiturée, typé "vin du Roussillon mal fait", à la sucrosité écœurante. Je crois y voir le pirate prévu, alors que c'est le Château des Tours - Côtes-du-Rhône 2010 qui se cache derrière cette affligeante nullité cuvée, qui héritera d'un 06/20 pour l'occasion.

Dernier vin de cette première tétralogie, offrant une robe jeune, un "trait vert" déjà présent sur la Pialade. L'ensemble s'avère frais, puissant, classieux, juste mûr, aux amers finaux sur le fil. Un très joli vin, au bel équilibre. Je ne reconnais pas la Pialade - Côtes-du-Rhône 2010, dégustée la veille, que je note ce jour-là 16/20.

Petite pause salvatrice et premières remarques. C'est pas gégé pour le moment, sauf pour la dernière quille, au rendez-vous attendu.

Nous repartons pour une série de 4 autres vins de la galaxie Reynaud.

Soirée Reynaud.... et autres !!

5ème rasade offrant un nez mentholé, une bouche puissante, charnue, à l'acidité enfin expressive, très épicée, pour une finale aux "amers rangés" (comprendre que ça dépasse pas et que c'est tant mieux). Agréable, mais en-dessous de Pialade 10, pour ce Pignan - Châteauneuf-du-Pape 2004, noté 15/20.

6ème verre qui offre enfin le "nez rêvé". C'est évanescent, à la limite du "mutisme expressif" (désolé j'ai pas trouvé plus con comme oxymore, mais c'est ainsi que ça s'illustrait).

Ce nez diffus est une splendeur !! La bouche offre la suavité attendue. La fraise est délicate, la finesse de l'astringence est un modèle du genre. On peut lui reprocher quelques bouffées alcooleuses infimes, mais tant pis !! L'équilibre est magistral, la puissance veloutée, la note est de 17/20 pour ce Château-de-Fonsalette - Côtes-du-Rhône 2004 !!!

Le suivant délivre les "fameuses agrumes de Reynaud". C'est discret, peu disert, mais c'est là !! La matière est fraîche, plutôt gourmande, à la sensation de sucrosité élevée pour moi, aux amers dans le rang (Cf Pignan 04). Il est enfin là notre premier Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2004 !! La note : 15/20

Dernier vin de cette seconde tétralogie, au nez un poil "vulgaire" (comprendre peu élégant face aux précédents), à la sucrosité indigne, asséchant, sans grâce. Le pirate à 06/20 était donc le Peyre Rose - Clos des Cistes - Coteaux du Languedoc 2002.

Soirée Reynaud.... et autres !!

Dernier trio rhodanien, qui s'ouvre par un "3ème "trait vert", une sucrosité marquée, une certaine gourmandise gâchée par un côté "trop mûr"... qui vire sur une astringence pas des plus sexys. C'est pas mal, mais je m'emmerde depuis 3 vins (ou plus) !! Une note de 15/20 pour ce Château des Tours - Vacqueyras 2001.

La robe est trouble pour ce 10 ème vin !! Le nez est un poil réduit, la bouche immédiatement gourmande, évitant de justesse le côté confituré. Le vin déroule parfaitement, diffusant son cortège d'épices douces, hypnotisant le palais avec un équilibre d'école, d'une longueur superlative. Grand vin que ce Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2001, noté 17/20.

Ultime ligne droite, avec le "second plus beau nez de la soirée", à la bouche assez charmeuse dans un 1er temps, puis marquée par les épices et la sensation de sucrosité intenses. La finale est une petite catastrophe d'amertume très marquée. Un petit 10/20 pour Rayas - Châteauneuf-du-Pape 2003.

Une véritable déception que cette dégustation au casting prestigieux. Comme si les vins d'Emmanuel Reynaud ne brillaient que face à d'autres et guère entre eux !!

Beaucoup se sont plaints des côtés alcooleux, confiturés de pas mal des challengers du soir... et on ne peut pas leur donner entièrement tort !!

La hiérarchie n'est pas totalement respectée dans mes appréciations, puisque Fonsalette, Pialade et un seul Rayas obtiennent les 3 plus hautes notes.

On retrouve aussi un Rayas dans le trio de queue... quid du rapport qualité/prix de ce dernier !!

Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!
Soirée Reynaud.... et autres !!Soirée Reynaud.... et autres !!

Nicolas tente de nous consoler avec une bulle hélas sucraillonne et molle... dire que c'est La Grande Année - Bollinger - Champagne 2005 qui se cache derrière ce quasi demi-sec !!

Le blanc "mou et sudiste" qui suit me fait enfin rencontrer, pour la première fois, une "mauvaise" Coulée de Serrant 05.

Le pic de la déception arrive via un "mythe"... qui s’effondre en 3 gorgées. Rien, pas le moindre battement de cœur supplémentaire pour ce Jean-Louis Chave - Hermitage 2006 (blanc).

J'ai arrêté de noter à partir de là, laissant le Clos du Bourg - Huet - Vouvray 2007, L'Alsace - Gewurztraminer - Sélection grains Nobles 1988 de Hugel, le Clairin Sajou 2013 dans les limbes de ma mémoire embrumée, fatiguée après une éprouvante et spectaculaire journée viticole avec Jacky Blot... que je vous réserve pour le prochain billet !!

Merci encore à Nico et Carine pour votre accueil fantastique, votre générosité et votre gentillesse sans limite !!

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Vini Circus 2015... le débrief express !!

12 Avril 2015, 21:34pm

Publié par Docadn

Bonjour,

4 ans que j'avais pas remis les orteils dans ce "grand pardon breton des vins natures".

J'avais laissé la manifestation à Hédé, sous un chapiteau, je la retrouve à Guipel dans une structure en dur.

Vini Circus 2015... le débrief express !!

Si j'ai tancé le public parigot urbain des Greniers à Angers pour son clonage vestimentaire, la faune vinicirquienne n'est pas en reste non plus en terme d'uniformisation dans ce domaine.

La panoplie "sweat à capuche - barbe de 8 mois /anneau nasal - dreadslocks/touffe Capitaine Caverne - Crocs chaussettes" se croisait à la fréquence d'1 visiteur sur 1 2 !!

Bon, ce n'est pas non plus la "fashion week", petite tournée sélective des 105 vins goûtés-crachés avec Papylimougeaud !!

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Je démarre par l'Ardèche et Le Mazel (Gérald et Jocelyne Oustric), avec en point d'orgue un(e) "Larmande 11" (syrah) à la très belle expressivité.

Passage à Vide chez Tuiles Bleues, avant de plonger en Muscadet avec Marion Pescheux et Manuel Landron (nouveaux venus dans le PV* sur 7,5 ha), dont un "68 ares" composé d'une folle-blanche aux flaveurs étonnantes de crème brûlée.

Détour par le Beaujolais et Champier, avec un "Brulius 14" agréablement complet face aux autres cuvées.

Chez Greg' Leclerc, les nez déboitent sont souvent "chafouins", la finesse la plus notable arrivant sur "Coup de Canon 12".

Chez sa moitié (Anne Paillet Leclerc), son cinsault (Pot D'anne 13) se glougloute sans raisons ni excuses...

* Paysage Viticole
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

La pause chez Foillard est largement plus agréable qu'il y a 4 ans sur la même manifestation. Si le 13 est en mode "glou", la "Côte du Py 13" est "charnue, pleine et racée". Fleurie 11 est, pour finir, tout en délicatesse.

Premier coup de coeur de la journée chez Julien Guillot (Clos des Vignes du Mayne - Bourgogne), avec un trio 910 (Mâcon-Cruzilles 13) - Bourgogne 13 - Aragonite 12 (Mâcon-Cruzille) d'un niveau splendide !!

Chez Maisons Rouges, "L'Eclos" et "Sur le Nez" 13 se défient entre finesse et complexité. Notons la petite volatile sur "Garance 13".

Encore un nouveau venu dans le PV* : Quentin Bourse qui fait son "Sot de l'Ange", signant un premier millésime (14) aussi remarquable que sa capacité à parler sans reprendre sa respiration.

Des vins déjà spectaculaires dans leurs expressions (vivacité et amertume maîtrisées), doublés d'une com' et de tarifs déjà matures.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

C'est la sémillante Emeline Calvez (Domaine Sébastien Bobinet) qui offre à nos badigoinces assoiffées le quatuor Hanami 14 - Ruben 12 - Amateus Bobi 13 - Du Rififi (chardo/chenin).

Nous louons surtout la buvabilité extrême des 2 premiers jus (et les accents rigolos de pesto de Ruben).

Chez Marc Houtin (La Grange aux Belles), c'est "La Chaussée Rouge" qui "carbogloute" à donf, même si "Nina 10" n'a pas des accents aussi charmeurs que lors de notre dernière rencontre.

Back to Bourgogne, chez Ballorin au Marsannay "Les Echezots 13" quasi addictif.

Bouju est toujours en train de faire (lentement pour le commun des mortels, mais sûrement en mode "speed" pour lui) un carton à chacun de nos passages... tant pis !!

Les Roches Sèches (Jean-Marie Brousset, Thibaut Ducleux et Julien Delrieu) proposent un Essart 13 (grolleau) glou + très digeste, ainsi que des Varennes 13 au rapport qualité/prix remarquable !!

Pas de blanc tranquille en 14 chez Benoit Courault, mais Tabeneaux 11 et des Rouliers 13 qui sortent très bien du lot.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Des sensations décalées chez Matin Calme et Maupertuis, avant de croiser (enfin) les Chinon de Jérôme Lenoir, ou la baston entre 07 et 08 donne le 07 gagnant, pour un charme atypique très supérieur.

Grosse série chez Amiel (avé l'assent), avec "Dans la peau" 14 (rolle) salivant et puissant, puis "A Jean" (50/50 syrah/grenache) élégant (mais cher).

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Immense coup de coeur chez Mylène Bru. S'il y avait un titre de championne du monde de galoche avec du vin, Mylène Bru écraserait (comme un Usain Bolt) la concurrence avec son trio "2013 - Rita 13 - Bordigue 13" !!

Il y a une délicatesse rare, une suavité modèle, un toucher de bouche de dingo avec ces nectars extras !! Chapeau Madame Mylène Bru !!

Sympathique étape chez Gulihem Barré (Aude), avec un "Sous le Bois 13" "riche et souple" (80/20 merlot/syrah), qui précède une "Fantaisie Singulière 13" "complexe et juteuse".

Fin de salon avec Pur (Looze/Alonso) et des jus très dangereux en cas de soif urgente (Ying-Yang cinsault/syrah très dangereux, Côte du Py 12 à l'acidité de diable).

105 vins plus tard, nous quittons donc Guipel, sa voyante, ses babos et ses vignerons pour nous attabler à une table rennaise...

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Vendredis du Vin #74 - Le vin qui désaltère

27 Mars 2015, 09:58am

Publié par Docadn

Bonjour à tous,

Retour aux devoirs du dernier vendredi du mois, avec Fred Truchon en Zident de la session printanière des Vendredis du Vin.

Le Vortex du Gosier nous propose une thématique presque évidente, jamais abordée à ce jour... et pourtant !!

Vendredis du Vin #74 - Le vin qui désaltère

Nous apprenons, dans l'argumentaire du Zident, qu'un de ses aïeuls serait mort de soif au fond d'un puit, terrorisé à l'idée de boire autre chose que du vin n'ayant pas eu le réflexe de boire de l'eau !!

Mais tout le monde le sait, sans eau, pas de vin, pas de vie synonyme d'une existence bien terne en perspective !! La sempiternelle formule "on a soif, on boit quoi !?" résonne régulièrement dans tous les foyers à l'hygrométrie mal maîtrisée...

"Epaulé jeté de soif" by Tolmer

"Epaulé jeté de soif" by Tolmer

Alors oui, quitte à faire chier l'ANPAA (qui ferait mieux de s'occuper des VRAIS problèmes de terrain, plutôt que faire du lobbying à la Monsanto aux effets nuls sur les comptoirs de pochtrons, mais dangereux pour la filière viticole), quitte à piétiner l'antique et inadaptée loi Evin, il existe des vins qui "désoiffent", qui "désaltèrent"...

Source Twitter

Source Twitter

Je sais pertinemment que "l'alcool déshydrate", mais il y a des vins qui vous font oublier cette vertu négative.

Même les néophytes du microcosme que représente le "monde du vin" (amateurs et vignerons) sont étonnés, à son contact, de la proportion "pas si élevée que cela en terme d'alcoolos purs et durs", en comparaison avec d'autres milieux "moins exposés" mais plus "ravagés"...

Combien de vins dont on vante la "torchabilité", la "gourmandise", le côté "glouglou", l'effet "descente incontrôlée" !!

Qui a honte de se "désaltérer" avec un rosé frais sous la tonnelle (à part ceux qui n'aiment pas le rosé) ?!

Donc oui, quand j'ai une "certaine" soif, pas celle d'après une rando, un effort sportif ou je ne sais quelle autre activité corporelle soutenue, j'ai mon "petit vin qui désoiffe" !!

Vin de France - Petit Jo - La Roche Bussière - Pierre et Antoine Joly

Vin de France - Petit Jo - La Roche Bussière - Pierre et Antoine Joly

Quoi ?! Encore La Roche Bussière !! Que voulez-vous !! Ce n'est pas une bouteille foirée qui va me faire changer d'avis sur la dimension des vins de ce domaine !!

Petit Jo, c'est "l'entrée de gamme" du domaine. Ni blanc, ni rosé, c'est un "rouge de soif".

Petit Jo (en 2013), c'est 50% de bon grenache, 30% de pas moins bonne syrah, plus 20% de merlot pour faire 100 % !!

Mais c'est aussi seulement 10 mg de soufre à la mise (zéro avant), pour des réveils anti-Very Bad Trip !!

Petit Jo, c'est aussi 13,7 volts d'alcool qu'on n'oublierait presque qui semblent en faire 2 de moins en bouche.

Alors au départ, Petit Jo, c'est un peu bizarre, pas rassurant du moins. Ca part sur des agrumes, un petit côté terreux, presque du fermentaire sur certains coups de narine.

Puis, le gosier gémit, il a soif, t'aimes ça gros cochon il faut répondre à sa "douleur". Petit Jo débarque entre les badigoinces et il fait le job !!

Une entame fraîche, acidulée, très poivrée, puissante. La bestiole est sauvage !! Normal... des mois qu'elle n'a pas vu la lumière, qu'elle n'a pas respiré !!

Quelques minutes passent...

Voilà, Petit Jo est réveillé !! L'ensemble s'affine, l'olive s'affirme, les épices se font plus douces, la fraîcheur est entière, le liquide glisse. De quoi vous faire oublier le cliché des "rouges sudistes lourdauds".

Petit Jo c'est ça !! Un coefficient "d'hydratation des sens et du reste" des plus efficaces !! Combien ?! Moins de 10 € chez tous les bons dealers de raisins fermentés.

C'était le VdV #74, à vous les gosiers !!

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Florilège de dégustations XXXV

22 Février 2015, 09:30am

Publié par Docadn

Bonjour,

Petite revue des quilles goûtées/avalées depuis l'opus XXXIV.

Florilège de dégustations XXXVFlorilège de dégustations XXXV

Bien Luné 2011 (Domaine Terre des Chardons en Costières-de-Nîmes) au nez qui "olive" à fond (70% de syrah), à l'hémoglobine entêtante, au métal froid dominant. Une surprenante suavité en bouche, qui contraste avec le nez un poil "sauvage".

L'acidité est haute, la bouche tonique, sans pour autant déséquilibrer l'ensemble, qui restera délicat et finement poivré. à J+2, le vin est éteint. ***

L'Altesse 2012 de la Famille Peillot est la grande découverte de ce début d'année. Cette roussette du Bugey vous emmène immédiatement en Alsace avec ses arômes pétrolés, puis en Loire avec de puissantes notes de miel et de coing.

La bouche nous laisse en Alsace, déroulant un ensemble vif, sec, plein, un poil éthéré, au volume très conséquent, à la finale très finement oxydative.

Il y a de l'élégance teintée d'une juste austérité. Finale très miellée, quand le soir venu, l'austérité résiduelle laisse place à un joli fruit libéré. ***(*)

Florilège de dégustations XXXVFlorilège de dégustations XXXV

Une décennie de repos pour "Les 3 Chênes" 2005 d'Emmanuel Darnaud. Un nez louchant plus sur le Languedoc ou le 'Rhône sud" par ces notes d'herbes sèches et une expression de grenache ensoleillé. Le fin boisé se mue en bois brûlé, déjà ressenti sur le millésime 2009.

Une attaque d'abord discrète, qui se vivifie au fil des gorgées. C'est plein, encore "jeune", plus sudiste que nordiste, à l'acidité haute, à la grande fraîcheur, terreux, à la complexité limitée.

L'alcool finit par dominer les débats. Une certaine délicatesse s'extirpe difficilement de la mêlée, mais me laisse circonspect sur l'impression générale un poil décevante. **/**(*)

Direction la Loire, avec ce crémant "Blanc Secret 2008" du domaine Bois Mozé. Bulles nerveuses, cordon fin, nez de chardonnay très expressif (élevage ?!).

La finesse des bulles se confirme en tronche. Ensemble dense, un poil brouillon, à la bulle "crémeuse" sur une expression finale très citronnée. Pas le grand kif pour autant. **

Florilège de dégustations XXXVFlorilège de dégustations XXXV

Version 2013 de l'Altesse de Peillot, coup de coeur décrit quelques lignes plus haut. Pour le coup, le nez nous emmène plutôt vers des contrées bourguignonnes, avec des notes d'agrumes et de boisé très marqués.

L'attaque est mûre, grasse, plus ronde que sur 12, tout en préservant ce côté "sec et vif". C'est plein, mais plus détendu que ce que le 12 m'avait donné à voir. ***

Allons pour le coup réellement en Bourgogne, avec ce Haute-Côtes-de Nuits 2008 de David Duband. C'est la 3 ou 4ème fois que je déguste cette cuvée. J'avais adoré le côté "cinglant-Vifle*-du-millésime-2008-dans-sa-jeunesse". Je voulais voir comment le vin "gérait" sa puissance et son acidité dans le temps.

Un nez de "bonbon au citron chimique", à l'acidulé débridé. Une attaque austère, toujours très "vive-acide", à la finale serrée, comme "verrouillée". L'ensemble est très riche, au fin bois expressif. Le vin ne m'impressionne plus comme avant, mais c'est encore bien bon. ***

*Vifle : gifle avec du vin, tiré de la bifle...
Et tout ça sans parler des quelques vins goûtés à la volée chez les cavistes...

Et tout ça sans parler des quelques vins goûtés à la volée chez les cavistes...

Florilège XXXV terminé, à vous les studios.

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Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

2 Février 2015, 21:29pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Les Greniers St-Jean ont à peine fermé leurs portes, que je vous assène mon sempiternel avis.

Comme une journée sans fin, les mêmes rituels, les mêmes têtes... mais aussi trop de "barbus-jeans slim-lunettes oversize-doudounes qui coûtent un smic", sûrement trop de domaines (194 selon les organisateurs, en augmentation d'une cinquantaine, au détriment de l'espace restauration, renvoyé au sous-sol, où ça meulait grave un poil frais !!), trop de monde... mais bon ça, on a l'habitude !!

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

Je ne vais pas vous imposer le détail des 204 vins crachés pendant ces 2 jours, mais un survol rapide, avec quelques piqués, des "découvertes-confirmations-surprises-déceptions" croisées.

Avec pour commencer, le sextet des bulles champenoises Larmandier-Bernier-Fleury-Francis Boulard-Franck Pascal-Marie Courtin-Françoise Bedel, où j'ai noté une Terre de Vertus 09 (Larmandier-Bernier) vibrante, un 02 (Fleury) pas moins excitant, un Rosé 05 (Boulard) au fruité absolu, une Efflorescence 10 (Courtin) joliment orientale, quand Pacifiance (base 06-07 chez Franck Pascal) délivrait une matière très élégante !!

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

Chez Tissot, je retiendrais En Barberon 12, à l'équilibre modèle.

Premier coup de coeur de la journée chez Zind-Humbrecht, avec un Clos Jebsal 08 (une VT* de pinot gris à 70 g de sr**) absolument REMARQUABLE !!

La star de cette édition était Lalou Bize-Leroy (Domaine d'Auvenay - Domaine Leroy), dont le stand n'a jamais cessé d'être pris d'assaut... quand elle avait du vin !!

Un mince espace pour glisser notre verre, puis s'extasier sur un splendide Savigny - Les Narbantons 09, ou encore un Meursault - Les Narvaux 11 à la puissance extra-terrestre !!

* Vendanges Tardives - ** sucre résiduel
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

Chez Guillemot, c'est rapide !! Un Quintaine 13 dense, puis un rapide coup de pif sur la toute nouvelle eau-de-vie de la fille, avant de filer chez Mélaric pour ne pas recracher son Billes de Roche 13 (en blanc), quand Cerisaie 12 paraît plus que prometteur.

Chez Delesvaux (généreux vestiaire et couple adorable), nous refaisons le plein des "secs" avec Feuille d'Or 12 et 13, Authentique 12 et 13, aux acidités de diable !!

Petit pèlerinage chez Overnoy, avec un Arbois 11 modèle, quand les savagnins 06 & 11 nous laissent pantois d'admiration !!

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

Chez Ostertag, les amers appuyés du Clos Mathis 13 me gênent fortement... seuls Fronholz et Muenchberg 13 sortent du lot !!

Mais ils souffrent la comparaison après l'arrêt chez Marc Tempé (Alsace) à la gamme racée, stupéfiante de précision !! Gros coup de coeur pour l'ensemble de son oeuvre !!

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

Je passe totalement à travers les vins de Xavier Caillard (dont beaucoup chantaient des louanges avec lancer de pétales de roses sur son passage et autour de son stand), même si sa "Cuvée 05" reste "nette" !!

Chez Sébastien David (qui a perdu 12 kg juste en s'épilant, pour honorer la mémoire d'un Demis Roussos post rayons), c'est du tout bon. Mentions pour son Coef 13 et la caresse de son Kezako 12 !!

Les Vins du Mas Jullien m'ont laissé un poil froid, juste avant les rouges de Mélaric et une Cerisaie 12 top, quand Billes de Roche 12 et Cerisaie 11 étaient serrés dans leurs slips !!

Très belle série chez Jean Delobre (Ferme des 7 lunes), où même la température un poil basse des St-Jo n'empêchait pas de s'émouvoir des très jolis jus présentés (12-13-14).

Etape beaujolaise obligatoire chez Michel Guignier (épaulé par sa fille), dont tous les vins étaient d'une accessibilité rare sur ce salon !! Là encore, une superbe série fruitée et très gourmande !!

Juste à côté, le Domaine Dutraive, aux jus très enthousiasmants aussi !!

La déception du moment se trouve chez Monier-Pérreol (St-Joseph), où pas un vin n'a trouvé grâce à mon palais. Je l'aime bien pourtant l'gars Monier, mais c'est ainsi !! C'était pas "sex" ce jour-là !!

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 1

La charmante Hélène Thibon (Mas de Libian) nous régale sans compter avec ses cuvées 13 et 14. Vin de Pétanque 14, Bout d'Zan 14 et Khayyâm 14 (top) en tête !!

Philippe Gourdon nous refait le coup avec ses Amandiers 02... et ça marche !! Les deux Zéro Pointé 14 (rosé et blanc) s'inscrivent dans une logique "top glouglou" qui ne souffrent pas le moindre commentaire.

L'heure du glucose a sonné (la fin de la journée aussi) !! Le liquoreux de la Cerisaie 11 de Mélaric est toujours aussi dément de justesse.

Les Delesvaux nous "snipent" d'une rafale de Clos, SGN et autres Anthologie sur 10-11 et 13 d'un niveau olympique !!

Fin du premier round avec Juchepie et une Passion 09 qui se démarque nettement du lot.

Allez, vous pouvez fermer l'onglet, c'est fini pour aujourd'hui !!

A suivre...

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On the Rhône (sud) again, again...

25 Janvier 2015, 22:51pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Après une édition nord-sud, place à une thématique méridionale, géographiquement parlant, sur le Rhône.

XIIIème édition du cercle LPV BzH consacrée aux vins nés dans le sud de "l'appellation Rhône".

Nous sommes une bonne dizaine à nous retrouver au sein d'Un Midi Dans les Vignes à Rennes, pour plancher sur ce coin "chaleureux" (en degrés d'alcool contenus dans les bouteilles) de l'appellation .

Le planning familial ayant peu la mainmise sur la régulation des naissances au sein du cercle, un de nos membres actifs (n'y voyez aucune allusion DSKienne) fête, pour commencer la session, la naissance de son petit Raphaël avec :

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Champagne Fleury - Cépages blancs - Extra Brut 2005

Joli cordon de bulles fines, à l'expression finement oxydative, pour un vin très vif, ample, épicé, ramassé comme un rugbyman dans la mêlée, droit et net, à l'amertume dominante au fil des gorgées. ***

Puis nous attaquons le coeur du sujet, dont voici le résumé télégraphique entre 2 bouchées et 3 gorgées.

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry
Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Terre des Chardons - Clairette de Bellegarde 2010 / Calamars - velouté moules au curry

Nez marqué de berlingot, forcément sudiste (vu que la thématique est un poil connue), à l'attaque tout en retenue, discrètement épicée, avec une impression de "fermeture", sur un fil éthéré, à l'amertume un poil "vulgaire". **

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Domaine des Tours - Vin de Pays du Vaucluse 2006 :

"Boisé" élégant, impression de puissance au nez sur une base de fruits jaunes dominants. Matière noble, à l'expression "mycologique" tonitruante, aux amers vibrants, à la finale très élégante. ***/***(*)


Château des Tours - Côtes-du-Rhône 2007 :

Nez complexe, presque hypnotisant, quand la bouche se fait suave, ample à l'outrageante dominance de l'anis jusqu'à la finale. Très joli vin encore une fois de la "Team Reynaud" ***(*)


Domaine de Marcoux - Châteauneuf-du-Pape 2004 :

Nez quasi muet, avec quelques soupirs de poivre blanc. Une fine pointe sucrée en attaque, quand la matière délivre fraîcheur, amplitude et longueur quasi surnaturelles. Une forte impression de crayeux s'installe sur les dernières gorgées. Grand vin !! ***(*)/****

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Côtes-du-Rhône - Domaine de la Roche Buissière - Le Claux 2010 :

Le tant redouté syndrome de "la bouteille qui goûte toujours bien... et qui est daubée ce jour-là" me frappe enfin avec ce premier rouge à la robe trouble et inquiétante, qui "syrahte" (10%) gentiment, à l'acidulé agressif, loin de l'expression splendide croisée lors des 4 ou 5 rencontres précédentes. Je crucifie "mon" vin par un laconique "barré" sans appel, provoquant une échappée dans la médiocrité difficile à remonter. 0


Vacqueyras - Domaine le Sang des Cailloux - Cuvée de Lopy Vieilles Vignes 2010 :

Bois et terre humide signent le nez un poil caramélisé de ce vin aux accents métalliques, à la fraîcheur et aux épices toniques, qui donnent un bel équilibre à l'ensemble. ***


Côtes-du-Rhône Villages - Vieilles Vignes 2007 -Tardieu-Laurent :

Orange sanguine et "boisé à la bordelaise l'italienne" ouvrent la route à une matière exotique (j'ai pensé à un nebbiolo "bien élevé"), au végétal "noble", à l'acidité élevée, à la sucrosité fatigante d'un vin archi-boisé au mobilier trop nombreux pour moi. **


Côtes-du-Rhône - Clos des Cimes - La Clé des Champs 2013 :

Figue intense, syrah ostentatoire, finesse potentielle en générique, quand la bouche offre un côté asséchant rédhibitoire, sur un fil d'amertume "borderline". Expression courte et simpliste. *(*)

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Lirac - Domaine de la Mordorée - Dame Rousse 2009 :

Crème de mûres "old school", lait caillé pour démarrer, quand la bouche s'avère asséchante, aux amers désagréables, au plaisir aussi limité qu'une chanson de Lou Doillon en live. *


Vin de France - Gaec Henri Bonneau et fils - L.09 12-07.05 :

Le plus joli nez de la série des rouges... qui truffe agréablement, aux notes orientales, à l'attaque vive, immédiatement élégante, fraîche, mêlant sans vulgarité noyau de cerise et champignons. Déroulé classieux, presque giboyeux par moments. Très beau vin !! ***(*)/****


Châteauneuf-du-Pape - Domaine Charvin 2008 :

Nez "végétal", typé "vendange entière", plein, puissant, virant "cacao", à l'entame fraîche, sur la fraise écrasée puissante, à la finesse extravertie, mais à l'amertume "décalée". Dommage.

**(*)/***


Côtes-du-Rhône Villages - Domaine Richaud - Ebrescade 2009 :

Joli nez de rafle, plein, puissant, quasi trop !! Puissance qui se confirme en bouche, à l'expression poivrée intense, à ne pas laisser seul sans surveillance. Amertume finale "too much" pour moi... **

Hermitage - Maison Lombard - J&E Montagnon - 2010 (blanc) :

Sur le dessert, nez de poire intense qui vire à l'amande fraîche en bouche. C'est net, bon, peu complexe, mais efficace. Après, pour quasiment 50 balles, on attend un peu plus de "grandeur". ***

Beaumes-de-Venise - Le Paradou 2010 - Jaboulet Ainé :

Nez atone, à l'expression guère plus vivace en bouche, hormis en finale, où les amers labourent le palais avec la finesse d'un tractopelle dans un service de néonatalité. *

On the Rhône (sud) again, again...
On the Rhône (sud) again, again...

Le tout sur la (toujours) généreuse cuisine de Maïté Ligeron, dont les 2 services de sa "daube provençale - cacao - écorces d'orange" a fait des merveilles sur quelques-uns des plus jolis rouges de la session.

En conclusion, les blancs ,dont j'attendais peu dans ce coin-là, ont "explosé" tous mes pronostics en terme de bonne tenue.

Des rouges qui ont souffert un poil la comparaison pour le coup, dont Bonneau sort, pour moi, largement en tête.

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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Vendredis du Vin #68 : quel vin "de jeune" ?

29 Août 2014, 14:41pm

Publié par Docadn

Vendredistes, vendredistes, jeunes, vieux, abstinents et picolos bonjour !!

Nous revoilà (enfin) pour le 68 ème numéro des VdV, présidé ce mois-ci par Nathalie Merceron, scribe en chef du blog Saveur Passion.

En cette fin d'été, la toute prochaine rentrée fait de nouveau frémir tous les adultes coupables d'avoir copulé puis enfanté !!

Ces fossoyeurs du trou de la sécu, pourvoyeurs d'enseignants, adeptes des pédiatres, maudissant les programmateurs de tv matinale, ont l'obligation de mener leurs progénitures jusqu'à un âge dépassant allègrement la maturité sexuelle, armés de connaissances basiques ou approfondies sur "les choses de la vie".

Nathalie a décidé de nous faire bosser sur l'une d'entre-elles : l'initiation au vin !!

Quel vin faire déguster, dans quelle circonstances, quelle appellation "facile" ou chouchou, quel type de vin, quelle couleur, chez quel vigneron, et comment... ? Quel vin pour un jeune ? Ou quel "vin de jeune" ? 20 d'jeun en 2.0.

Vendredis du Vin #68 : quel vin "de jeune" ?

Un sujet forcément assez épineux me concernant sur un point : je n'ai pas d'espèce assimilée au jeune vivant sous mon toit !!

Zéro, nada, pas un exemplaire à dresser élever avec l'instinct de transmission qui anime tous les parents consciencieux !!

J'ai bien quelques neveux et nièces dont j'ai eu le bon goût d'ignorer les provocations physiques éloignés géographiquement, affectivement aussi, mais rien qui puisse me mener à être déterré pour reconnaitre une paternité lâchement ignorée !!

Pour autant, au vu de ma passion pour la dive bouteille, je me devrais de transmettre un bout de cette activité à un jeune (à défaut d'une cave de buveur d'étiquettes), comme un Jedi à son Padawan Maître-Picolo à son apprenti-buveur ...

source leon.centerblog.net/

source leon.centerblog.net/

Tout d'abord, bien choisir sa victime !!

Bon, reconnaissons que pour trouver un jeune à la pilosité post-pucelage n'est pas chose aisée dans mon cas !!

Aussi, pour corser la difficulté :

  • Ne pas hésiter à choisir un jeune qui s'en fout... mais alors qui s'en tape comme de sa première couche propre !!
  • Lui faire renifler TOUS les verres qui passent dans votre main !! Il va vous faire des tronches dégoûtées qu'il sera incapable de reproduire même avec Photoshop !!
  • Lui demander d'ouvrir toutes vos bouteilles, jusqu'à ce que la tendinite le guette !! S'il va faire ça en s'amusant les 2-3 premières bouteilles, il va fuir la corvée plus rapidement que "mettre la table" !!
Source : aglaerhimbo.eklablog.com/

Source : aglaerhimbo.eklablog.com/

Si le jeune a des cheveux longs, la voix stridente et parle très vite en tripotant son smartphone : il s'agit d'un modèle sans bite d'une fille !!

Là aussi, peu de règles différentes à appliquer par rapport au modèle à bite qui se branle tout le temps à l'acné difficile et à la moustache de puceau !!

  • Lui apprendre rapidement à ouvrir des bouteilles de champagne, pour lui préciser qu'on ne s'arrose pas avec en ondulant du bassin devant une piscine et un rappeur à fourrure... et que si elle en met une goutte à côté... ben elle boit pas !!
  • Décorer sa chambre avec des posters d'éphèbes humant avec passion le nectar (en précisant qu'on ne tient pas son verre comme la lopette ci-dessus !!)
  • Ne pas l'empêcher de prendre sa première biture au Malibu pur... qu'elle se dégoûte seule de la noix de coco.... et plus tard des vins archi-boisés qui reniflent parfois la même chose !!
Source : legeekcestchic.eu

Source : legeekcestchic.eu

Si le vieux picolo (ça marche aussi pour la vieille Simone Signoret qui s'ignore !!) peste souvent contre "les errances du jeune", il ne doit pas oublier qu'il a sûrement été "le jeune sympa qui boit n'importe quoi" avant de devenir "le vieux con qui a la prétention de ne boire que le meilleur" !!

Laissons les jeunes se perdre... comme nous !!

Je suis issu d'une famille qui a dû arrêter de boire vers 622 après JC !!

Aussi, étant le premier "repenti" de cette longue lignée d'abstinence depuis Omar Khayyam, il me semble naturel de proposer plutôt que d'imposer...

Alors j'ai choisi mon filleul !! Il est très jeune (13 ans), se fout royalement du vin, me sait passionné et ne veut pas me "décevoir"...

J'ai commencé, comme beaucoup, à lui "faire sa cave" !!

A coup de "12 bouteilles par an", il devrait, une fois toutes les bitures "Red Bull accolé à tout ce qui fait plus de 40 volts", s'y intéresser un jour...

Il n'est pas dit qu'il aime ça... mais il aura la possibilité de le dire, de se mesurer à des "petits vins" comme à quelques "grands vins"!!

Il fera des erreurs de jugement, mais il trouvera, peut-être, au détour d'une bouteille "la révélation"... celle qui lui fera comprendre pourquoi j'ai gribouillé la toile, rempli ma cave et la sienne sur le sujet... et que sa première bouteille aura sûrement son âge !!!

A la tienne Mathieu !!

Vendredis du Vin #68 : quel vin "de jeune" ?

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Florilège de dégustations XXXIII

24 Juin 2014, 20:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Le 10 mars 2013 paraissait le dernier florilège du blog...

Depuis, des tables, des tables, encore des tables, des balades viticoles, des Greniers, un peu de VDV, mais plus de florilège depuis 15 mois (les cérémonies païennes de LPV BzH, ça ne compte pas) !!

Est-ce la grosse flemme d'écrire toujours "nez de carton mouillé, amers soutenus, bouche compacte" symbolique des 33 qui m'a fait reculer ainsi (Jésus, crucifixion tout ça !!)?!

Et pourtant, ce ne sont pas les bouteilles qui ont manqué !!

Je note toujours scrupuleusement mes impressions laissées par toute boisson, à base de raisins, passant à proximité de mes badigoinces.

Mais je vomis plus ne rends plus beaucoup compte par le biais de ces florilèges, foutoirs au style télégraphique à la profondeur d'un bonnet de soutifs de Milla Jovovich !!

Trêve de mea culpa en copeaux, place aux vins en tonneaux (parce qu'en cuve ça rime moins !!).

Une (très courte) sélection piochée, au hasard, dans mon carnet gribouillé :

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Nez empli de finesse, relativement discret, épicé, à la joli touche de menthol. Si les 1ères impressions sont moyennement rhodaniennes, la bouche s'ancre lentement sur le terroir concerné (la sentence qui ne veut rien dire, mais ça meuble le compte rendu).

La note de rafle s'évertue à dominer, au milieu d'un bouquet de fraises et autres fruits rouges à l'eau de vie. Une matière très poivrée, compacte, pleine, à la puissance débridée, laissant des notes d'alcool peu flatteuses en finale.

A ce stade, il y a même un côté "clérical-bordelais", finement asséchant, à la rétro de champignons.

Le lendemain, le nez est encore plus fin, peu disert, avec une jolie touche de "fraise écrasée avec une pointe lactée". L'attaque est "acidulée", presque crayeuse, mais à la digestibilité limitée à ce stade. **/(**(*)

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

Nez boisé, fermentaire, "bourgui-chardonnesque" marqué, au fin sucre palpable, au fruité puissant.

L'attaque est boisée, la bulle vive, la matière dense, mais assez court dans l'ensemble.

Finale marquée par une petite amertume presque intégrée, finement salivante.

Le fond de verre de cette bulle élevée en fût durant un an, qui a passé les 52 mois suivants sur lattes est un petit plaisir à humer.

Un joli pirate, qui flirte avec le chenin par moment. ***

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Nez d'une élégance rare, pas du tout sudiste, évoquant le chenin, alors que nous sommes en présence de carignan gris.

La poire mûre, quelques fruits jaunes se bousculent au-dessus du verre. Puis ce sont des notes d'hydrocarbures qui viennent occuper une espace quasi alsacien pour le coup !!

Une attaque très dynamique, à l'acidité haute, très marquée "blanc du nord", un poil courte, au juste gras, au boisé encore marqué.

Une bouteille forcément trop jeune, mais au potentiel de "grande sudiste du sud qui peut faire la nique à quelques seigneurs des blancs du nord". ***/***(*)

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Nez de carton mouillé puissant, assez monotone-monocorde olfactivement parlant. La bouche s'avère plus variée, dansante, avec son toucher "caillouteux" (oui, j'ai beaucoup sucé de cailloux dans mon enfance, c'est la famine de 1976 qui m'a poussé à en lécher des quantités non négligeables), relativement simple, lisse, bien équilibré, aux fins amers dans le ton, un poil lâche en finale.

Plutôt pas mal pour le coup **(*)/***

 Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Nez caractéristique de grenache, adossé à des fruits rouges cuits et le pruneau. L'attaque est fraîche, très acidulée, épicée, relativement simple.

La matière "s'ouvre" lentement sur les fruits à noyau, se faisant même "crayeuse" par moments. L'ensemble reste frais, gourmand, sur une jolie cerise en finale. ***

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Nez fermentaire, à l’effervescence débridée. C'est successivement entre l'Aspro et le microbullage macro-bullage pas ménagé du tout !!

La grenade (le fruit, pas l'explosif) survole ce bouillon à l'acidulé jaillissant.

Une attaque nerveuse, à la bulle inversement proportionnelle au visuel (elle est fine sous la langue quand le visuel est plus proche d'un détendeur de plongée en action !!), à l'acidité relevée, au sucre "intégré", à l’amertume sur le fil. Une vraie bulle de soif !! **(*)

Fin du XXXIII ème florilège. Prochain "revue de cave" dans moins de 15 mois, j'espère.

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Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

28 Mars 2014, 06:07am

Publié par Docadn

Vendredistes, vendredistes bonjour,

Nous voilà à nouveau réunis en ce dernier vendredi du mois de mars, pour nous épancher sur une thématique aussi large que les branchies d'une sardine du port de Marseille ayant une otite (que les vétos, ORL et autres médecins d'organes parallèles ne viennent pas me gaver le steak devant ce non-sens médical, je suis le Zident, donc j'invente toutes les maladies et les organes que je veux sur la sardine !!).

En tant justement que Zident de cette 64ème édition des Vendredis du vin, j'ai lancé un sujet plutôt casse-gueule, mais prompt à réveiller tous les cocktails saoudiens d'anciens alcooliques anonymes et autres apéros débridés, à la roteuse, de kermesses laïques.

Qu'attendez-vous du vin que l'on vous donnera à boire et à voir demain ?!

Assistez-vous à la dégénérescence de ce "pan de la culture française", ou contrairement à tous les cris "péricolégaciens", voyez-vous de vrais signaux de renaissance de ce dernier ?!

Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

Le vin de demain peut-il venir d'ailleurs ?!

Je m'attache à goûter TOUS les "types de vin" passant à proximité de mon gosier.

Pour cela, je n'hésite pas à payer de ma personne, voire dépasser les certitudes (souvent bien franchouillardes) qui occupent les esprits hexagonaux sur la "supériorité des vins français".

Combien d'entre-nous ont plus de 10% de vins étrangers dans leur cave ?!

Je peux lever le doigt en premier, tout en me cachant derrière les prétextes les plus basiques inacceptables pour justifier cette carence !!

J'ai bien quelques breuvages italiens (ramenés d'un périple dans la botte), quelques spécimens allemands, 1 ou 2 pinots américains oubliés, 2-3 cava et tempranillo espagnols, mais rien de "réellement représentatif" d'une pseudo diversité du vin.

La presse se fait régulièrement l'écho d'une énième "revolution-mondialisation" du vin, nous promettant que le vin de demain sera tantôt chilien, tantôt chinois, tantôt argentin, que des vignerons français s'essaient régulièrement à y faire pousser de la vigne.

Le constat est simple : les rayonnages de GMS sont encore bien garnis de ces vins à 2,90 €, quand nos caves sont, pour le moment, loin de suivre ces "paris sur l'avenir".

Aussi, quand je me pose, une seconde fois, la question de "qu'aurais-je envie de boire demain ?"... je sens surtout que je me suis tiré une bonne grosse dum-dum dans le panard avec un tel sujet !!!

Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

Alors, dans la panique (je suis aussi de ces imbéciles qui pondent quasi à la dernière minute leurs papelards), je parcours mes carnets de dégustation, pour tenter de retrouver un commentaire enflammé citant "le vin de demain", "le vin en avance sur son temps", "le vin retour vers le futur... tu parles !!

Juste quelques gribouillis signalant de lapidaires "trop jeune", "too much", "à ne pas mettre dans toutes les gueules", "difficile à comprendre", "complexe, trop complexe", "trop trituré, trop travaillé", "encore du cab' franc pas mûr"... un peu comme la cuisine d'un chef qui torture ses plats pendant des années, avant de réaliser que la "simplicité est une évidence tellement compliquée à comprendre et à maîtriser" !!

Aussi, c'est cette "évidence" que je cherche à chaque fois qu'un vin s'offre à mes sens !!

L'évidence de voir mes sens gustatifs comprendre le "message" colporté par cette réaction chimique mise en bouteille.

Je veux que demain le vin soit "sensoriel" et "extatique" !!

Je veux que le vin me révèle ses sens, ses origines, ses racines.

Je veux qu'il livre toute sa complexité naturelle que le sol lui transmet, qu'il ressemble non pas obligatoirement au vigneron, mais au paysage qui l'héberge !!

Mais pour que tout cela soit visible, perceptible, évident, il faut que le vigneron, la vigneronne, le chef de culture, l'ouvrier agricole, le maître de chai, le tonnelier, que toute cette "chaine de vie du vin" comprenne ce que la plante et le fruit dissimulent...

Je veux que le vin de demain soit aujourd'hui en mesure de délivrer son plus bel ADN dans mon verre...

Le Claux 2010 - AOP Côtes-du-Rhône - La Roche Buissière

Le Claux 2010 - AOP Côtes-du-Rhône - La Roche Buissière

Et sinon, par chez nous...

Ces derniers mois, c'est un vin rhodanien (mes racines), composé à majorité de grenache (une autre évidence liée à mes racines), produit par Pierre, Antoine et Laurence Joly à Uchaux .

En agriculture bio depuis la fin de règne de Giscard et ses diamants, voilà un domaine de 18 ha planté de grenache, syrah, cinsault, mourvèdre qui m'offre, avec cette cuvée, des râles de bonheur en balade dans mon gosier.

Je pourrais vous faire une propagande éhontée du secret de cette alchimie, mettant en avant que le domaine masse aux huiles essentielles le dos de toutes les coccinelles présentes dans les vignes, que le déchaussage mécanique se fait après traitement homéopathique et séances d'acupuncture de la herse dont l'acier a été coulé le 3ème jour d'un cycle de 6 jours de Mistral, sur les heures "racine" du premier quartier de la nouvelle lune rouquemoute rousse blonde vénitienne.

Si pour certains, il est important incontournable impensable inimaginable nécessaire de boire ce vin uniquement parce que les rendements sont inférieurs à 50 hl/ha, que le sulfitage à la mise n'est pas systématique, alors je ne peux m'empêcher de penser à une forme de cloisonnement des sens et des goûts face à une dimension plus profonde, mais néanmoins occultée....

Sur ce Claux 2010, c'est l'olive locale qui surgit et envahit vos cloisons nasales.

Quand le breuvage glisse entre vos badigoinces, délicatesse et suavité se bousculent sans violence dans votre palais.

Une fraîcheur immédiate, salvatrice, anime le flot continue des gorgées étonnamment aériennes.

Alors, les épices douces, l'orange sanguine, tour à tour libèrent leurs effluves.

L'ossature orientale, élancée, la "chair" ultra-gourmande, emplie de finesse, à l'équilibre modèle, met à mal tous les poncifs sur les "vins rouges lourdauds du sud" !!

Ce vin est l'évidence de demain !!

Il transpire dans le verre la complexité de ses racines perchées (300-400 mètres), son caractère puissamment élégant, profond, sa gourmandise naturelle, son ADN terrien talentueusement décrypté par des vignerons clairvoyants ...

Voilà, notamment, à quoi je veux que leS vinS de demain ressemblent...

Quant aux vins Devil(s), ils continueront d'exister, surfant inlassablement sur la méconnaissance (parfois entretenue) et les repères-critères économiques et moraux du "client lambda".... même au pays du vin et de la gastronomie !!

LA ROCHE BUISSIÈRE
Route de Vaison

84110 FAUCON

Tél. : 04 90 46 49 14

www.larochebuissière.fr

C'était le point de vue du Zident des 64ème VdV... au plaisir de lire tous vos billets sur le sujet !!

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