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EscapadeS

Articles avec #roussillon

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

6 Février 2016, 18:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Au lendemain des Pénitentes, nous tentons aussi une première incursion dans le salon estampillé "rock en bouche" (c'est moi qui le surnomme ainsi).

Les Anonymes se veut un salon dédié aux talents de demain, à ceux qui n'ont pas encore, ou n'auront jamais, les moyens financiers ou médiatiques d'accéder aux grands salons voisins...

Une seule condition : être dans la mouvance nature-bio-biody-permaculture et aimer les shampoings pour castors.

Je m'attendais à un peu plus de "dreads-clopes roulées-anneaux écarteurs", mais nos hipsters des Pénitentes sont encore là !!

Si je me suis taillé une solide réputation dans les choix souvent risqués l'éclectisme des vins que je goûte et achète, mon collègue de goulot est beaucoup moins aventureux dans ce domaine. L'exercice qui va suivre va renforcer cette conviction.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

10h15, c'est déjà la cohue dans les salons Curnonsky !! On annonce près de 300 tickets vendus en 15 minutes !!

Nous errons quelques minutes, tentant de repérer quelques noms familiers, puis de nous arrêter au "bar vigneron".

L’entame se fait avec Sébastien Fleuret et son "Refaire le monde" 14, au fin sr plutôt intégré, à la finesse évidente.

"Léon 14" (semi-carbo) glougloute naturellement, sur fond de raisins bien mûrs et épicés.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Un petit tour chez Lilian Bauchet, qui semble enfin "respirer" avec son nouveau domaine, aux dimensions (3,5 ha) plus adaptées.

"Point d'Orgue" 13 se goûte sec, presque austère en l'état, avec une volatile "limite".

"D'une Rive à l'autre" 14 (habitant d'un côté, ses vignes sont sur la rive opposée de la Saône) offre un léger perlant, associé à une typicité toute "beaujoloise".

Pour finir, "Amor Fat" 14 donne dans la grenadine, le juteux enthousiasmant et une finale aux jolis amers.

4 cuvées normalement dispos, mais la dernière était "sur le flanc" selon son géniteur.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Détour par Péchigo (Sylvain Saux, 1,3 ha en rouge, 1,2 en blanc), avec un carignan 13 perlant, mûr, très souple, un mauzac 09 poivré, puissant aux amers limites, puis pour finir, une cuvée 08 à dominante de chardo, juste imbuvable en l'état, malgré la sympathique finale miellée.

Chez Bouju (absent, sûrement débordé à fermer un carton), une "Violette 14" juteuse, à la fine volatile, alors que "Brutal 14" est bien plus net (syrah/gamay 50/50).

Julie Brosselin (ex-Le Petit Domaine) s'est lancée toute seule, comme une grande !! Son grenache 14 a le nez qui déboite chafouin, une bouche oxy, une finale épicée moins sauvage.

Son cinsault 15 respire la carbo et glougloute sans efforts. Son "Rue d'la peste" 15 (carignan/syrah) offre un généreux jus, à la jolie finale.

"Queue de comète" 15 (mourvèdre/cinsault 50/50) est simple, plein, mûr, là encore joliment juteux.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Grosse série chez Pierre Boyat, avec pour démarrer, "Les Cabanes" 15 (très jeunes vignes) d'une netteté modèle, adossée à une évidente gourmandise !!

"Bois de Lune" 14 a une volatile ravageuse, une matière "rock de chez rock", "Noir de Rouge" 14 offre des tannins rugueux, la version "bois" a une volatile encore plus prononcée.

"Les Rennes" 14 (sur granit) est simple, le St-Véran 14 très épicé et plein, le même sur 13 est plus bordeline, quand le 12 (2 ans de barrique) délivre un voltage à ressusciter Cloclo et le King simultanément, le tout sur un fil"rock barré nature débridé".

Partons dans le Jura, avec une salvatrice découverte postée juste à côté de Lilian Bauchet : Didier Grappe.

Le savagnin ouillé 14 "poire comme un ch'nin", c'est net, très gourmand pour "dé-Lignac-iser" l'expression.

Le "Chant Rouge" 11 (chardonnay) balance un curry puissant au nez, quand la matière file bon train, sur l'amande, entre les badingoinces.

La bulle de "Clash" (vin mousseux de qualité selon l'étiquette) malgré un joli crémeux, laisse une impression brouillonne dans son effervescence peu rectiligne (chardo/savagnin).

Un rouge pour finir, mariage improbable de pinot noir-trousseau-chardonnay et poulsard qui glougloute de plaisir.

Julie Balagny est toute rouge, dynamique et ne manie pas la langue de bois !! Quand c'est barré, elle assume et le reconnaît !!

Son Beaujolais 15 est simple et pas mal, le MAV (moulin-à-vent) 15 très perlant, à la matière nette, "Pestiféré" 14 l'est moins que son nom.

Retour au "bar du vigneron", pour une escale chez Joseph Paillé, qui en a fini avec L'Anjou !! Le voilà désormais Roussillonnais depuis septembre 2015 !!

Le Domaine Benastra proposait un Côtes-du-Roussillon 15 (syrah-grenache et ??, j'écris mal bordel), déjà fort aimable, Benastra 15 (syrah-grenache-mourvèdre, tiens c'est lisible là), au métal jaillissant, au jus expressif, puis pour finir la gamme magenta, un 100% grenache à la finesse palpable, sans lourdeur, malgré le côté très mûr du jus.

Un Benastra blanc 15 pour finir (maccabeu-chardo), juste, fin et frais !!

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Pierre Borel bosse sur un jardin de 2 ha à Bourgueil. Il n'en vit pas encore totalement, pourtant le résultat montre qu'il mérite d'y consacrer tout son temps !!

Son Bourgueil 12 (éraflé) a profité d'1 an d'élevage, se goûte comme une jolie carbo, glissant sans peine jusqu'à la glotte toute heureuse de cette vinothérapie de qualité.

La version 11 montre déjà des signes d'évolution, savant mélange de douceur et de rugosité !! De plus, les prix sont abordables (en direct, comptez moins de 10 €).

Chez L'Escarpolette (Yvo Ferreira), on sert en "chaussettes doigts" sur un piédestal en carton !! Un blanc 15 qui muscate (forcément y'en a), frais, aux sr évidents. Brutal 15 (ils sont plusieurs vignerons à éditer une cuvée Brutal, avec la même étiquette), pète de fruits rouges, tout en restant sec et frais. Escarpolette 14 renifle la "carbo évoluée et sucrée", alors que son cinsault 14 respire la plénitude et la générosité d'un jus. Sur la version 13, des arômes de viande grillée occupe une matière à l'impression, là encore, d'évolution rapide.

Soyons honnêtes, si mon collègue de goulot a grimacé quelques fois, j'attendais aussi un pourcentage plus élevé d'effluves inspirés d'écuries normandes !!

Par contre, on ne peut passer sous silence certaines volatiles débridées, voire carrément délirantes, plus ou moins assumées par leurs géniteurs !!

Les Anonymes, un happening moyennement taillé pour les "radicaux-centristes du vin" comme moi, même si de bonnes surprises s'y dissimulent habilement.

Force est de constater que ce salon plaît assurément à un public venu en (grand) nombre, dont une majorité était déjà présente aux Pénitentes !!

Billet écrit sous rhume XXL, pendant que d'autres collègues de goulot me narguaient avec leurs quilles et leurs plats pour la Xème LPViade BzH à Rennes !!

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Vini Circus 2015... le débrief express !!

12 Avril 2015, 21:34pm

Publié par Docadn

Bonjour,

4 ans que j'avais pas remis les orteils dans ce "grand pardon breton des vins natures".

J'avais laissé la manifestation à Hédé, sous un chapiteau, je la retrouve à Guipel dans une structure en dur.

Vini Circus 2015... le débrief express !!

Si j'ai tancé le public parigot urbain des Greniers à Angers pour son clonage vestimentaire, la faune vinicirquienne n'est pas en reste non plus en terme d'uniformisation dans ce domaine.

La panoplie "sweat à capuche - barbe de 8 mois /anneau nasal - dreadslocks/touffe Capitaine Caverne - Crocs chaussettes" se croisait à la fréquence d'1 visiteur sur 1 2 !!

Bon, ce n'est pas non plus la "fashion week", petite tournée sélective des 105 vins goûtés-crachés avec Papylimougeaud !!

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Je démarre par l'Ardèche et Le Mazel (Gérald et Jocelyne Oustric), avec en point d'orgue un(e) "Larmande 11" (syrah) à la très belle expressivité.

Passage à Vide chez Tuiles Bleues, avant de plonger en Muscadet avec Marion Pescheux et Manuel Landron (nouveaux venus dans le PV* sur 7,5 ha), dont un "68 ares" composé d'une folle-blanche aux flaveurs étonnantes de crème brûlée.

Détour par le Beaujolais et Champier, avec un "Brulius 14" agréablement complet face aux autres cuvées.

Chez Greg' Leclerc, les nez déboitent sont souvent "chafouins", la finesse la plus notable arrivant sur "Coup de Canon 12".

Chez sa moitié (Anne Paillet Leclerc), son cinsault (Pot D'anne 13) se glougloute sans raisons ni excuses...

* Paysage Viticole
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

La pause chez Foillard est largement plus agréable qu'il y a 4 ans sur la même manifestation. Si le 13 est en mode "glou", la "Côte du Py 13" est "charnue, pleine et racée". Fleurie 11 est, pour finir, tout en délicatesse.

Premier coup de coeur de la journée chez Julien Guillot (Clos des Vignes du Mayne - Bourgogne), avec un trio 910 (Mâcon-Cruzilles 13) - Bourgogne 13 - Aragonite 12 (Mâcon-Cruzille) d'un niveau splendide !!

Chez Maisons Rouges, "L'Eclos" et "Sur le Nez" 13 se défient entre finesse et complexité. Notons la petite volatile sur "Garance 13".

Encore un nouveau venu dans le PV* : Quentin Bourse qui fait son "Sot de l'Ange", signant un premier millésime (14) aussi remarquable que sa capacité à parler sans reprendre sa respiration.

Des vins déjà spectaculaires dans leurs expressions (vivacité et amertume maîtrisées), doublés d'une com' et de tarifs déjà matures.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

C'est la sémillante Emeline Calvez (Domaine Sébastien Bobinet) qui offre à nos badigoinces assoiffées le quatuor Hanami 14 - Ruben 12 - Amateus Bobi 13 - Du Rififi (chardo/chenin).

Nous louons surtout la buvabilité extrême des 2 premiers jus (et les accents rigolos de pesto de Ruben).

Chez Marc Houtin (La Grange aux Belles), c'est "La Chaussée Rouge" qui "carbogloute" à donf, même si "Nina 10" n'a pas des accents aussi charmeurs que lors de notre dernière rencontre.

Back to Bourgogne, chez Ballorin au Marsannay "Les Echezots 13" quasi addictif.

Bouju est toujours en train de faire (lentement pour le commun des mortels, mais sûrement en mode "speed" pour lui) un carton à chacun de nos passages... tant pis !!

Les Roches Sèches (Jean-Marie Brousset, Thibaut Ducleux et Julien Delrieu) proposent un Essart 13 (grolleau) glou + très digeste, ainsi que des Varennes 13 au rapport qualité/prix remarquable !!

Pas de blanc tranquille en 14 chez Benoit Courault, mais Tabeneaux 11 et des Rouliers 13 qui sortent très bien du lot.

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Des sensations décalées chez Matin Calme et Maupertuis, avant de croiser (enfin) les Chinon de Jérôme Lenoir, ou la baston entre 07 et 08 donne le 07 gagnant, pour un charme atypique très supérieur.

Grosse série chez Amiel (avé l'assent), avec "Dans la peau" 14 (rolle) salivant et puissant, puis "A Jean" (50/50 syrah/grenache) élégant (mais cher).

Vini Circus 2015... le débrief express !!
Vini Circus 2015... le débrief express !!

Immense coup de coeur chez Mylène Bru. S'il y avait un titre de championne du monde de galoche avec du vin, Mylène Bru écraserait (comme un Usain Bolt) la concurrence avec son trio "2013 - Rita 13 - Bordigue 13" !!

Il y a une délicatesse rare, une suavité modèle, un toucher de bouche de dingo avec ces nectars extras !! Chapeau Madame Mylène Bru !!

Sympathique étape chez Gulihem Barré (Aude), avec un "Sous le Bois 13" "riche et souple" (80/20 merlot/syrah), qui précède une "Fantaisie Singulière 13" "complexe et juteuse".

Fin de salon avec Pur (Looze/Alonso) et des jus très dangereux en cas de soif urgente (Ying-Yang cinsault/syrah très dangereux, Côte du Py 12 à l'acidité de diable).

105 vins plus tard, nous quittons donc Guipel, sa voyante, ses babos et ses vignerons pour nous attabler à une table rennaise...

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Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2

4 Février 2015, 21:26pm

Publié par Docadn

Bonsoir,

Un excellent dîner à "La Table d'Anjou" à Tiercé (résumé à venir), suivi d'une nuit sur le dos (ou comme notre limousin, à faire la teuf toute la nuit avec des djeunes), avant d'attaquer la suite et fin du grand raout bachique angevin.

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2

Première étape chez Sébastien Mann, dont je retiendrais seulement le Riesling Altengarten 12 à la profondeur notable, ainsi que le Riesling Grand Cru Pfersigberg 11 racé et précis.

Toujours en Alsace, chez Zusslin, seul le Riesling Clos Liebenberg 07, par sa singulière beauté, est parvenu à m'émouvoir.

Direction le Burgenland en Autriche, pour le Domaine Gutt Oggau, avec des blancs aux fruités et aux équilibres enthousiasmants, que les rouges ne confirment pas, en dehors de Bertholdi 11 au soyeux imposant, épaulé par un Joschuari 12 au crayeux et à la fraîcheur marqués.

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2
Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2

Retour dans l'Hexagone, chez la star "franco-nippone" du Château Le Puy, où Emilien 10 (millésime des 400 ans du domaine !!) domine de la tête et des épaules les versions 11 et 12 de cette cuvée. Pour Barthélemy (sans soufre), c'est sur le millésime 11 que je trouve le plus de plaisir !!

Chez Le Soula, grosse claque avec le "blanc" 07, alors que c'est le "rouge" 10 qui m'impressionne par sa finesse, sa puissance et sa cinglante netteté !!

Gros passage à vide chez Gramenon, où presque tout me semble sucré et/ou astringent au possible !! Seule La Papesse 14 tient son rang par sa grande mâche et son élégance.

Chez les soeurs du Clos Fantine, La Lanterne Rouge 14 est déjà une grosse gourmandise, quand Faugères 13 et Courtiol 13 ont une astringence rédhibitoire à ce stade !!

Sympathique "rang à boire" au Mas des Chimères, avec en pointe le "blanc" 13 frais et net. En rouge, l'échantillon tiré sur cuve de Nuit grave 13 semble déjà bien en place.

Greniers St-Jean 2015, en brut de cuvaison... part 2

Déjà la fin du salon pour mon palais exténué. Je me "termine" aux sucres, d'abord chez Tessa Laroche, avec une Cuvée de l'Abbesse 13 à l'équilibre épatant.

Puis un dernier "grand" verre que cet Auguste 14 (ex cuvée Vieilles Vignes) du Domaine des Sablonnettes (Christine et Joël Ménard), à l'amplitude, au fruité et à l'équilibre magistraux !!

Il est déjà 13h00, je quitte Les Greniers (bondés) avec une seule certitude : après 400 "grumages*" (et quasiment autant de crachats), j'aime toujours le vin et ses géniteurs !!

* Néologisme personnel tiré du verbe "grumer"

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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Florilège de dégustations XXXIII

24 Juin 2014, 20:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Le 10 mars 2013 paraissait le dernier florilège du blog...

Depuis, des tables, des tables, encore des tables, des balades viticoles, des Greniers, un peu de VDV, mais plus de florilège depuis 15 mois (les cérémonies païennes de LPV BzH, ça ne compte pas) !!

Est-ce la grosse flemme d'écrire toujours "nez de carton mouillé, amers soutenus, bouche compacte" symbolique des 33 qui m'a fait reculer ainsi (Jésus, crucifixion tout ça !!)?!

Et pourtant, ce ne sont pas les bouteilles qui ont manqué !!

Je note toujours scrupuleusement mes impressions laissées par toute boisson, à base de raisins, passant à proximité de mes badigoinces.

Mais je vomis plus ne rends plus beaucoup compte par le biais de ces florilèges, foutoirs au style télégraphique à la profondeur d'un bonnet de soutifs de Milla Jovovich !!

Trêve de mea culpa en copeaux, place aux vins en tonneaux (parce qu'en cuve ça rime moins !!).

Une (très courte) sélection piochée, au hasard, dans mon carnet gribouillé :

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Nez empli de finesse, relativement discret, épicé, à la joli touche de menthol. Si les 1ères impressions sont moyennement rhodaniennes, la bouche s'ancre lentement sur le terroir concerné (la sentence qui ne veut rien dire, mais ça meuble le compte rendu).

La note de rafle s'évertue à dominer, au milieu d'un bouquet de fraises et autres fruits rouges à l'eau de vie. Une matière très poivrée, compacte, pleine, à la puissance débridée, laissant des notes d'alcool peu flatteuses en finale.

A ce stade, il y a même un côté "clérical-bordelais", finement asséchant, à la rétro de champignons.

Le lendemain, le nez est encore plus fin, peu disert, avec une jolie touche de "fraise écrasée avec une pointe lactée". L'attaque est "acidulée", presque crayeuse, mais à la digestibilité limitée à ce stade. **/(**(*)

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

Nez boisé, fermentaire, "bourgui-chardonnesque" marqué, au fin sucre palpable, au fruité puissant.

L'attaque est boisée, la bulle vive, la matière dense, mais assez court dans l'ensemble.

Finale marquée par une petite amertume presque intégrée, finement salivante.

Le fond de verre de cette bulle élevée en fût durant un an, qui a passé les 52 mois suivants sur lattes est un petit plaisir à humer.

Un joli pirate, qui flirte avec le chenin par moment. ***

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Nez d'une élégance rare, pas du tout sudiste, évoquant le chenin, alors que nous sommes en présence de carignan gris.

La poire mûre, quelques fruits jaunes se bousculent au-dessus du verre. Puis ce sont des notes d'hydrocarbures qui viennent occuper une espace quasi alsacien pour le coup !!

Une attaque très dynamique, à l'acidité haute, très marquée "blanc du nord", un poil courte, au juste gras, au boisé encore marqué.

Une bouteille forcément trop jeune, mais au potentiel de "grande sudiste du sud qui peut faire la nique à quelques seigneurs des blancs du nord". ***/***(*)

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Nez de carton mouillé puissant, assez monotone-monocorde olfactivement parlant. La bouche s'avère plus variée, dansante, avec son toucher "caillouteux" (oui, j'ai beaucoup sucé de cailloux dans mon enfance, c'est la famine de 1976 qui m'a poussé à en lécher des quantités non négligeables), relativement simple, lisse, bien équilibré, aux fins amers dans le ton, un poil lâche en finale.

Plutôt pas mal pour le coup **(*)/***

 Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Nez caractéristique de grenache, adossé à des fruits rouges cuits et le pruneau. L'attaque est fraîche, très acidulée, épicée, relativement simple.

La matière "s'ouvre" lentement sur les fruits à noyau, se faisant même "crayeuse" par moments. L'ensemble reste frais, gourmand, sur une jolie cerise en finale. ***

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Nez fermentaire, à l’effervescence débridée. C'est successivement entre l'Aspro et le microbullage macro-bullage pas ménagé du tout !!

La grenade (le fruit, pas l'explosif) survole ce bouillon à l'acidulé jaillissant.

Une attaque nerveuse, à la bulle inversement proportionnelle au visuel (elle est fine sous la langue quand le visuel est plus proche d'un détendeur de plongée en action !!), à l'acidité relevée, au sucre "intégré", à l’amertume sur le fil. Une vraie bulle de soif !! **(*)

Fin du XXXIII ème florilège. Prochain "revue de cave" dans moins de 15 mois, j'espère.

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