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EscapadeS

Articles avec #un p'tit resto en bzh

Château de Locguénolé à Kervignac

16 Décembre 2012, 11:11am

Publié par Docadn

Bonjour,

 

2012 restera, de manière relativement marginale, l'année du "revival culinaire local" en ce qui concerne les tables côtoyées. Après Le Gavrinis à Baden, L'Astéroïde à Lorient, me voilà de retour 11 ans et 6 mois (jour pour jour) au Château de Locguénolé à kervignac (56). 

 

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Pour preuve, cette facture, en francs, datée du 02/06/01. Le souvenir (financièrement cuisant pour La Miss) culinaire qui en faisait une table dispendieuse, soignée, classique, au protocole rigide comme des bottes bordelaises au milieu des années 90.

 

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11 ans et demi après, pas de changement notable dans la déco surannée pour certains, authentique pour d'autres.

Le plancher craque, les fauteuils aussi. Un dimanche frais de décembre. Un accueil digne d'un Relais & Châteaux (dont fait parti l'établissement), proposant instinctivement de prendre l'apéritif dans un des 3 plaisants salons en enfilade avec vue sur le parc et le Blavet (plus 1 privatif à la demande). 

 

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grignotages : consommé de crevettes-petits légumes / Céleri Chantilly / Guacamole potimaron

 

Tout en feuilletant les propositions, nous découvrons quelques "échantillons" de la cuisine d'Olivier Beurné dans les grignotages servis.

Un consommé puissant aux crevettes parfaitement saisies, aux légumes idoines, une Chantilly amusante, une tartine nette dans le croisement des saveurs proposées. 

Olivier Beurné, 43 ans, est arrivé courant 2009 au Château de Locguénolé. Succédant à Bernard Pautrat, ce natif de la Haute-Marne a écumé des "maisons cotées" comme Devos en Belgique, L'Espérance à Vezelay (Marc Meneau), ou encore Lasserre à Paris (Marc Daniel).  

Nous terminons nos vins (moyens) pour nous diriger vers la salle à manger située en-dessous des salons.

La Miss a jeté son dévolu sur  "L'éveil de vos sens", le grand menu de la carte (92 €)...

Je me sens obligé Je n'ai pas d'autre choix que de la suivre sur cette randonnée gastronomique en 7 étapes (sans compter la mise en bouche ni les mignardises). 

Embarquement pour 02h00 de spectacle...

 

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Mise en bouche : sot-l'y-laisse & pomme de terre vitelotte


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Crevettes bouquet "vapeur d'orange et thym", Granny Smith, crème de citron vert et tuile de pomme verte

 

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Noix de St-Jacques betterave au vinaigre de framboise, écume de corolle

 

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Cube de Charlotte et Trappe de Timadeuc, émulsion d'oignon, lard de Colonnata et poudre de jambon fumé

 

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Homard bleu rôti, pâtes noires et poireau caramélisé

 

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Joue de boeuf braisée, "tartine" de foie gras, échalotes croustillantes, câpres à queue

 

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Notre sélection de fromages de France

 

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Coteaux varois-en-provence - Clara Luna 11 - Château Miraval

 

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Saveur d'agrumes : sphère de citron jaune, crémeux de citron vert, coeur de Yuzu

 

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Mignardises

 

Grand moment que ce déjeuner dominical !! Passée la gentille mise en bouche, le ballet des "virgules gastronomiques" n'a pas molli un seul instant.

 

Premier choc avec les Crevettes bouquet "vapeur d'orange et thym", Granny Smith, crème de citron vert et tuile pomme verte, terribles de précision, de puissance et de goût. Moi qui rechigne à croquer les têtes de crevettes, j'ai découvert de véritables bonbons caramélisés !! Fabuleux en somme !!

 

La suite fut au diapason de cette surprise. Avec en filigrane, une touche sucrée toujours perceptible dans les différents plats délivrés, comme une référence à l'Asie et sa cuisine.

L'allergique au mélange "sucré-salé" que je suis, n'a rien trouvé à redire sur cette touche omniprésente de douceur sucrée, équilibrée, n'ôtant en rien la force des jus et réductions proposés par ailleurs.

 

Des cuissons magistrales, des portions adaptées, un sans faute pour Olivier Beurné et toute son équipe. 

Sans parler du service : impeccable, courtois, détendu comme on aimerait le rencontrer plus souvent (le "prestige" d'un lieu ne doit pas faire obligatoirement appel à un service ampoulé qui effraie tant de monde...). 

Seule la carte des vins, désuète et onéreuse comme celle d'un resto des années 90, souffre la comparaison avec cette cuisine "lumineuse"...

Un serveur souriant, échangeant naturellement, nous apprenant au passage qu'Olivier Beurné est végétarien... 


Un esthète qui nous a conté, à travers ce menu (qui s'ouvre et se ferme avec le Yuzu), une très belle histoire de cuisine, où nos sens endormis ont croisé des alliances risquées, pour nous gifler les certitudes et les réveiller avec bonheur...

 

Château de Locguénolé

Locguénolé

56700 Kervignac

Tél : 02 97 76 76 76

www.chateau-de-locguenole.com

locguenole@relaischateaux.com

fermé le lundi et mardi midi

 

EDIT : à la demande générale d'Olif, la note 2012 pour clore cet article comme il a débuté... 

 

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Un Midi dans les Vignes à Rennes

9 Octobre 2012, 06:29am

Publié par Docadn

Bonjour, 

Comme promis lors du précédent billet, un petit mot sur la "cave à manger" qui nous accueillait. Un Midi dans les Vignes"resto-cave à vins" tenu par Isabelle & Christophe Ligeron depuis deux ans, à quelques pas du parc Oberthür à Rennes. 

 

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Christophe s'occupe de la cave. Le casting des quilles ne ressemble pas à de"l'artillerie lourde", bien au contraire !!

Il s'attache à découvrir et faire découvrir des domaines tenus par des hommes et des femmes de convictions, pas par des "traders du terroir-caisse". Plageoles,  La Sorga,  Mas Coris,  Côtes de La Molière, La Tournelle, Jean-Philippe Padié pour n'en citer que quelques-uns.

C'est "naturellement branché bio", souvent bon...

Le vin c'est bien joli, mais en mangeant c'est parfois même meilleur !! Isabelle est au piano. Tous les midis, elle concocte un menu au fil de ses trouvailles du marché. Ce jour-là, c'est "rien que pour nous".

 

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Graines de courges au curry - charcuterie

 

De mémoire, pour les graines. N'ayant goûté ni à l'un ni à l'autre, pour cause de service de roteuse, "no comment" pour le coup.

 

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"Comme un apéro gourmand"

hoummous de pois chiche / un cake au pesto / un sablé au Comté et au thym / Rillettes de saumon

 

Plaisante dînette, au hoummous doux, à la rillette idoine, au cake cohérent, au sablé puissant, bien équilibré entre Comté et thym. Isabelle nous fait patiemment l'article de chaque préparation, soucieuse des accords potentiels avec les vins en cours de dégustation. 

 

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Sauté de veau de Lisbonne

veau mijoté dans du Porto et du chorizo + olives noires et pommes de terre

 

Un vrai bon plat mijoté, à l'esprit familial, réconfortant en ce samedi pluvieux. La viande est impeccablement cuite, joliment épicée, le chorizo joue les costauds, les olives ont du répondant, la sauce est divine. Ça sent la cocotte qui colle un peu, donnant ce goût inimitable des plats en sauce réussis !!

 

Là encore Isabelle a pensé aux vins en concoctant cette recette. Elle avoue être fan d'épices et de condiments (en plus de la cuisine asiatique), se freinant souvent sur la "posologie" pour ne pas "enflammer" les palais de lopettes souvent sensibles de sa clientèle. 

 

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Tatin pomme-gingembre

 

L'infatigable Isabelle nous fait à nouveau l'article de cet ultime plat de la séquence du déjeuner, "name-droppant" quasiment tous les ingrédients composant cette tatin.

 

Au-delà de la gourmandise évidente de l'ensemble, c'est la pâte qui retient toute mon attention. Agréablement granuleuse, naturellement "sablonneuse", comme devraient l'être toutes les vraies bonnes pâtes sablées.

Cette dernière ne contient que de la farine d'épeautre (élaborée par Paul & Chantal Simmoneaux). C'est un véritable gommage doux du palais, mâtiné de beurre frais, qui se répète à chaque bouchée. Le gingembre n'est pas envahissant, la pomme d'Armorique juste acidulée. 


Une cuisinière visiblement passionnée, qui court tous les marchés locaux, questionne sans relâche les (bons) producteurs.

Une petite alchimiste du fourneau qui s'interroge souvent, cherche en permanence, doute par intermittence. Des certitudes cuisinées qui se déclinent en plats d'une singulière simplicité, assortie d'une recherche gustativement palpable.


En conclusion, voilà une table de poche qui mérite une qualification moins réductrice que celle de "cave à manger".

On est loin de celles se contentant de facturer (à prix d'or) une tranche de jambon d'Eric Ospital sur une tartine de pain Poilâne beurrée par du Bordier.

Ici, ça bosse, ça mijote, ça cogite constamment sur l'éternelle équation de "comment respecter et valoriser au mieux de beaux produits !?"

 

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Le tout à des tarifs très accessibles* (plat à 10,30 €, entrée-plat ou plat-dessert à 13,00 €, séquence entrée-plat-dessert à 15,90 €), en compagnie de vins au verre ou à la bouteille de la pertinente sélection de Christophe...

 

Un Midi Dans les Vignes

115 rue de Paris

35 000 Rennes

Tél : 02 99 36 95 45 / 06 77 74 20 59

info@unmididanslesvignes.fr

www.unmididanslesvignes.fr

Uniquement le midi

fermé samedi & dimanche

 

* notre repas faisait partie d'une prestation spécifique (déjeuner privé + dégustation de nos propres vins) à 25 €. 

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Le Galopin à Rennes...

28 Septembre 2012, 08:48am

Publié par Docadn

Une matinée de #@&?!%$£ administrativement parlant, venait juste de s'achever. Mon estomac se manifesta bruyamment pour me rappeler son existence, ainsi que l'heure que je ne regardais plus depuis que le jour s'était levé. 

J'étais à Rennes et n'avais, comme trop souvent, "pas étudié le terrain".

La technologie tenant désormais moins de place qu'un annuaire gastronomique, je me mets en quête d'une table censée être moins hasardeuse que mon instinct, de moins en moins naturel, puis me rend vers la suggestion proposée.

 

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Une première ardoise moyennement rassurante, un menu brasserie (18 €) en phase avec le poids de mon "pouvoir d'achat de milieu de mois"

Je pousse la jolie porte "boisée-vernie" de cette brasserie aux allures chics et parisiennes. Déco soignée, mêlant boiseries cirées et cuivres lustrés des brasseries d'antan. Personnel en costume bi-ton de "garçon de café", accueil speedé, poli, à l'heure où tous les (nombreux) costards-cravates sont déjà à table.

On me trouve une table solo entre Pierre Palmade* et Antoine Decaunes* (c'est pas n'importe quelle brasserie non plus !!). Je croise même Claude Brasseur* dans les WC. 

 

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Les 6 huîtres de Cancale (supplément +2€)

 

Déjà, les mauvaises habitudes brassicoles rejaillissent. Comme beaucoup, je préfère les "huîtres sur algues" à celles sur glace. Ces dernières sont bien charnues, à la texture idoine sous le palais, souffrant juste d'une salinité "pleine mer" dont je ne suis pas le 1er fan. 

 

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La choucroute de lapin à la moutarde au thym

 

Une assiette généreuse en lapin, en chou, moins en pommes de terre. Les morceaux sont très hétérogènes en terme de cuisson et de tendreté. C'est hélas trop souvent sec. Le chou est extrêmement salé (à croire qu'il a été cuit dans le jus des huîtres), la sauce moutarde et le thym sont étouffés par cette thalasso de Brassicacées. 

 

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Fromage blanc aux fruits rouges

 

La simplicité est parfois la moindre des évidences. J'avais refusé l'éternelle "île flottante" de peur de voir, une fois de plus, apparaître le pot en terre cuite de chez METRO (mais le label "Maître-restaurateur" m'en aurait normalement privé). 

Service bien moins débridé et assuré que dans une brasserie classique. Cela reste malgré tout pro, attentif, avec une agaçante politique de "vous reprendrez bien un verre de vin", dont la clientèle se voit gratifier 2 à 3 fois par repas...

 

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Cette "institution locale" au quart de siècle d'existence, qui voit passer presque tous les acteurs en pseudo "tournée Herbert-Karsenty" à Rennes, fait le plein tous les midis grâce à ses spécialités de la mer, sa formule à 18 €  et ses classiques rassurants (près de 200 couverts/jour !!).

En conclusion, ceux qui aiment la cuisine très assaisonnée et très classique trouveront cette table plaisante. Les autres tenteront une alternative moins salée et plus débridée. Carte des vins très moyenne.

*Les stars croisées sont sous verre, accrochées aux murs, toutes en compagnie du patron Olivier Denmat

 

Le Galopin

21 av. Jean Janvier 

35000 Rennes

Tél : 02  99 31 55 96

www.legalopin.fr

fermé le dimanche, service de voiturier

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Kabuki à Auray... Nicolas Quer ou le sushi made in BzH

16 Septembre 2012, 09:14am

Publié par Docadn

Bonjour,


Nicolas Quer possède au moins deux qualités souvent aptes à exciter les ronds de serviettes inspecteurs du Fooding.

La première : il est autodidacte.

Le guide branché adore encenser ces (courageux) néo-cuisiniers, souvent ex-cols blancs speedés (il y a rarement des manoeuvres de chantier ou des vigiles qui envoient tout voler), limite dépressifs, ayant claqué les portes d'un avenir plus prometteur que nos ambitieux plans de carrières laborieux emplois alimentaires, pour s'épanouir enfin derrière un piano sans touches. 

 

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La seconde qualité : il est tatoué !!

On ne compte plus le nombre de cuistots aux bras "prisonbreaké" oeuvrant, talentueusement sans manches, pour le bien-être des clients affamés.

En délivrant son "agrément" au Kabuki, on espère forcément que Le Fooding ne s'est pas seulement contenté de récompenser ces attributs tendances.

Nicolas Quer est "juste" fils et petit-fils de pêcheurs. Il a renoncé à la charge ancestrale pour se consacrer au contenu du filet.

Apprenti en cuisine, le "sushi japonais" (pléonasme volontaire) le fascine rapidement.

Alors, on aimerait lire que le petit Nicolas a pris son baluchon, qu'il a parcouru "l'Empire du soleil levant" sur les genoux, pour apprendre 7 ans durant (en-dessous de 7 ans, on doit à peine savoir aiguiser un couteau là-bas) auprès des plus grands maîtres, l'art de découper le poisson.

Eh bien non, on vient de vous dire qu'il est autodidacte !! On raconte que Nicolas Quer a appris tout seul, dans son coin. Il a niqué des kms de filets découpé, découpé, découpé encore. Une fois prêt, il a couru, couru, encore couru les banques, pour lever des fonds trouver du pognon afin d'ouvrir son "resto japonais"

Si les faux restos nippons inondent presque toutes les rues de la capitale, la Bretagne reste épargnée, voire un territoire à conquérir, quand on sort des grandes agglomérations. 

Une seule banque a dit "banco". Voilà notre monomaniaque du couteau et du filet à la tête de "Kabuki" à Auray, en cette fin d'année 2010.

 

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Nous sommes vendredi : "jour du poiscaille", comme on disait à la cantine. Déco sobre, agréable, pour ce resto de poche avec un peu moins de 20 places assises, dont la moitié au comptoir, autour de notre débiteur de filets.  

Pas moins de 7 formules du midi (entrée-plat ou plat-dessert) entre 9 et 13,50 €. Nous optons rapidement pour deux formules plat-dessert à 10,50 et 11,50 € (formules 3 & 5).

 

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Une bière (légère) nippone pour La Miss, un verre de Mâcon-Villages standard de chez Jaboulet-Vercherre pour mézigue. 

 

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Formule N°3 : 2 Sushi saumon - 2 Sushi thon - 6 Makis californien

(saumon, avocat, fromage, oeufs de capelan)

 

De très belles tranches de saumon et de thon rouge, plus épaisses que celles croisées habituellement. Le riz est plus léger que les "plombs de plongée" lestant souvent les sushis ordinaires. Ici, il est juste collant, digeste, peu marqué par l'amidon. 

 

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Les makis sont une tuerie d'équilibre. Délicatement crémeux (merci l'avocat et le fromage), ponctués de graines de sésame, les oeufs de capelan accentuent agréablement la douceur au palais...

 

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Formule N°5 : 1 Sushi Tamago (omelette) - 1 Sushi saumon - 1 Sushi thon - 1 Sushi crevette cuite - 1 Sushi poisson mariné - 3 Hoso Makis concombre - 3 Hoso Makis saumon

 

Déroutant Tamago, Hoso de bon aloi, sushis saumon et thon identiques à ceux du plateau d'en face. Le sushi de poisson mariné me balance une inattendue"mandale tysonienne"

 

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Un simple filet mariné de maquereau, posé sur une boule de riz. Une texture, une force, une résonnance au palais unique !! Depuis l'ABC d'Abadieje n'avais pas ainsi vibré devant un filet de poisson !!

Nicolas Quer s'acharne à travailler ce poisson, difficile et noble, trop souvent méprisé... Le saba est son poisson favori, car il est versatile dans le temps, extrêmement délicat à travailler sous cette forme. 

Autre exigence du trancheur : ne travailler que du poisson de ligne ou, par défaut, labellisé. 


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Cheese cake

 

En lieu et place du "tiramisu au thé vert", absent ce jour-là.

Pas très oriental, mais au délicieux coulis fait (bruyamment) minute, mêlant, semble-t-il, fraise et banane. A la bonne texture, souffrant juste d'un petit goût de "séjour prolongé dans le frigo"

Service souriant, souple, presque zen. Petite carte des vins, balbutiante, mais volontaire dans la curiosité et son animation.

Les ayathollahs puristes crieront sûrement au scandale devant ces "fantaisies peu japonaises". On s'en fout, Nicolas Quer sait assurément couper le poisson et peut y mettre ce qu'il veut dessus, dessous et même dedans.

C'est fin, c'est bon, c'est équilibré, d'une justesse suffisamment rare pour se passer d'un branlage de puces myopathes d'une inutile polémique !! Sans oublier de dire pour une fois : "bien joué" au Fooding...

Une belle découverte, assortie de tarifs extrêmement sages pour un déjeuner. Rétrospectivement, on peut mesurer la chance d'avoir un resto à sushis de ce niveau, dans cet immense désert gastronomique alréen. 

 

Kabuki

32, rue J.M Barré

56400 Auray

02 97 59 39 92

www.kabuki-le-resto-du-sushi.fr 

Fermé le lundi

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Les Jardins Sauvages, La Grée des Landes, La Gacilly

7 Septembre 2012, 09:23am

Publié par Docadn

Bonjour,

Tout le monde connaît les produits Yves Rocher. Le (défunt) patron visionnaire a bâti un empire de la cosmétique, désormais classé dans le top 20 mondial des entreprises du secteur. 

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(source creads.com)


La légende urbaine (très locale), contée par les langues de belle-mère, veut que ce dernier ait été inspiré par une vieille dame-guérisseuse-rebouteuse, sûrement sorcière et bouffeuse d'enfants à l'occasion.

Cette dernière fut la seule capable d'arriver à bout de tenaces hémorroïdes, dont souffrait le futur magnat, grâce à un onguent à base de plantes... La fortune ne tient parfois pas à grand chose !!

Vraie ou fausse, j'aime à penser qu'un fond de vérité "siège" dans cette rumeur (même si à 14 ans, on a peu de chance d'avoir des hémorroïdes).

Mais Yves Rocher n'a pas seulement oeuvré dans la cosmétique. Il fut aussi le premier en France à développer le concept de "village d'artisans".

C'est donc à La Gacilly, son village natal (dont il fut le maire 46 ans durant), qu'il a eu la grande idée d'attirer de véritables artisans, faisant naître ainsi un innovant et fructueux "tourisme artisanal", copié depuis jusque dans le grand parc d'attraction voisin.

 

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 La Grée des Landes est la dernière réalisation du groupe. Une création, inaugurée en 2009, que l'on doit à Jacques Rocher, fils cadet du dernier nabab breton (Bolloré n'est qu'un héritier). 

Surfant, comme beaucoup, sur le concept "écolo-bio-lodge", il a crée un Eco-Hôtel Spa sur les hauteurs de La Gacilly (à Cournon).

Une intelligente architecture nichée au coeur d'une lande de 10 hectares, déjà qualifié comme un des plus beaux hôtels écologiques de France. 

 

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Aussi, pour donner tout le prestige nécessaire au concept, la partie restauration se devait d'être dans "l'esprit du lieu". Une cuisine assortie, d'un niveau prompt à capter une clientèle forcément exigeante.

 

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Cette mission a été confiée à Gilles Le Gallès.

Ex- Bernardin (Gilbert le Coze), Bernard Loiseau, il fut aussi à la tête de La Barrière de Clichy (après Guy Savoy) avant de reprendre les fourneaux des Embruns (devenus depuis, ceux du Yam'Tcha).

Autant dire que le Groupe Yves Rocher a mis toutes les chances de son côté, avec ce solide recrutement. 

Ce vannetais d'origine a pour mission de délivrer une cuisine "locavore" (Les 100% sont visés), essentiellement composée de produits bios (à 90%, avec l'objectif d'être certifié "cuisine bio intégrale"), mais surtout savoureuse, il va sans dire...

 

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Une déco très agréable, tendance "nature", aux jolis tons boisés, gâchée par un hideux faux-plafond surmaquillé par une peinture chocolat censée le dissimuler. Tables ornées d'un petit bouquet de basilic frais, odorant, appétissant...

Accueil souriant, assez décontracté, très poli. Un verre d'Ajaccio blanc, mou et sudiste (désolé pour le pléonasme), facturé 8 € (à croire que j'ai cotisé pour sa traversée Ajaccio-Marseille en cabine supérieure), le rendant encore plus médiocre !!

En face, La Miss biberonne un Ste-foy-bordeaux boisé, simple, qui à 5 € est plus "acceptable"

 

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Alternative écologique (et stratégique) aux sempiternelles St-Yorre et Chateldon (généralement facturées entre 6 et 8 €), l'eau locale est proposée en version plate ou gazeuse (procédé Castalie).

A 3,50 € la bouteille, le consommateur et le restaurant y trouvent un compromis acceptable.

 

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Grignotages

 

un "pâté de lapereau", un "cake aux olives, jambon, tomates" standards, petits et trop peu nombreux. 

 

Nous partons sur la formule "Déjeuner Affaires" à 20,50 €, pour une séquence entrée-plat. 

 

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Oeuf mollet, tombée d'épinards au parfum d'ail, julienne de navets à l'huile de cameline, coulis de tomate rafraîchi

 

Présentation sobre, soignée. Oeuf parfaitement mollet, navets (le s est présomptueux) croquant, goûteux (je suis un des ennemis les plus farouches de ce dernier), coulis juste. Une entrée douce, tiède, équilibrée, au végétal affirmé plaisant.

en face, La Miss fait un sort à une succulente aile de raie effilochée, à la cuisson maîtrisée, accompagnée de coques et autres cousins marins, bourrés d'iode, délicieux. 

 

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Filet de St-Pierre et ses légumes

 

Filet de St-Pierre aux dimensions de celui d'un rouget. Cuisson parfaite, chair délicate, petit légumes puissants. Un petit risotto de légumes contrebalance au mieux l'acidulé du jus un poil trop salé. Je ne regrette que la dimension d'un plat vraiment trop petit...

 

La Miss se voyait servir un pavé de cabillaud en croûte d'herbes, wok de courgettes et poivrons parfumés au basilic, dans une assiette un peu plus généreuse que la mienne, mais aux portions, là encore, délivrées au plus juste. Un plat empreint de soin, de goût et de justesse remarquables. 

Une évidente "patte du chef", qui renoue avec le plaisir de travailler le poisson dont il avait fait sa spécialité, dans son second établissement parisien L'Aristippe (actuel restaurant L'Emile).

Un très bon café mexicain, torréfié sur place, conclut cet excellent déjeuner aux portions relativement diététiques.

Clientèle majoritairement composée de blaireaux qui se la racontent en étant sappés avec la même élégance que Borat d'hommes et de femmes d'affaires locaux au déjeuner.

Service fluide, toujours souriant, détendu comme les lieux nous y invitent à l'être.

N'ayant pas consulté la carte des vins, je me garderai d'un quelconque commentaire sur cette dernière. 

En attendant, la cuisine tient les promesses que le cadre nous offre en arrivant...

 

Restaurant "Les Jardins Sauvages"

La Grée des Landes

56200 Cournon

tél : 02 99 08 50 50

Menus de 20,50 à 70 €

www.lagreedeslandes.com

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Le 1 à Nantes

18 Juillet 2012, 06:17am

Publié par Docadn

Nous nous sommes échappés une petite heure des "Vignes de Nantes", pour nous sustenter en face, sur l'île de Nantes.  Le 1 a ouvert il y a un peu plus de 4 ans, sous l'impulsion de l'actuel chef de L'Atlantide, Jean-Yves Gueho.

Depuis, Le 1 fait partie d'un groupement composé de La Cigale et L'Atlantide. Un trio récemment passé quatuor, depuis l'acquisition de l'autre resto-concept de la ville : Félix

 

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Déco d'archi très étudiée, plaisante dans l'ensemble, discutable dans le détail. C'est lumineux, à la vue sur La Loire agréable, au mobilier chic (cuir et bois clairs). Une cuisine ouverte superbe, à même de rendre tous les showrooms de cuisinistes élitistes dépressifs. 

Accueil souriant par un personnel majoritairement sapé par le bottier de Francis Lalanne (des tabliers en cuir d'aspect aussi souples qu'une peau d'éléphant). La salle est quasi déserte en ce samedi midi. 

Une carte fournie, une formule pique-nique non disponible en ce jour férié, un service continu entre 12h00 et 23h00, 7 jours sur 7 (service "café" de 09h00 à 12h00). Nous arrêtons rapidement notre choix sur les tapas en "finger food"

 

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Sélection de cochonaille ibérique (jambon Pata Negra, lomo, chorizo)... 11 €

 

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Naan cuit dans notre four indien : à l'ail et coriandre fraîche... 5 €

 

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Boeuf-carottes façon maki... 7 €

 

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Tempura de légumes de saison, condiment pomme-poivron... 6 €

 

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Croustilles de langoustines au basilic, sauce citrus... 8 € (au fond à droite)

Wraps de poulet mariné et légumes... 6 € (au fond à gauche)

 

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Antipasti de moules et calamars à l'aigre doux... 7 €

 

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Café Gourmand... 7 €

 

Tout est fait minute. Les grignotages frits et le naan sont hélas un poil gras, alors que les légumes et les langoustines sont superbement cuits. Pour les autres "fingers", mentions pour le Pata Negra, le boeuf-carottes à l'excellente viande marinée, ainsi que pour les wraps de poulet au "fourrage" superbement équilibré. Un petit regret donc, pour cette forme d'hétérogénéité des mets. 

Les portions sont convenables pour deux (assortiment de 6 tapas pour 32 €). Seul le côté impair de certains grignotages peut provoquer des "conflits d'appétit".

Service aimable de brasserie, ne poussant pas à la conso. Une vieille bourge pète-sec voisine de table d'un certain âge, au caractère bien affirmé, assassinera sans ménagement sa "très fade et sans goût"  "persillade d'anguilles de Loire pêchées par Mr Barraud", en réponse à l'éternelle question de fin de plat : "ça vous a plu ?".

 

Carte des vins relativement intéressante, inégale où Couly-Dutheil côtoie Charvin, Guiberteau, Clos Canarelli ou encore Trimbach...

Sur cette base, les formules (14,80 € le pique-nique ou 16,80 € la formule entrée-plat ou plat-dessert au déjeuner en semaine) sont toujours économiquement plus intéressantes que les suggestions du jour, variant ce jour-là, entre 22 et 27 €.

En conclusion, c'est plutôt pas si mal sur l'échantillonnage goûté. Sachant que les "affamés sans montre" peuvent s'y pointer sans se soucier de l'heure de service.  Ce qui doit faire le  succès certain de cette agréable et dynamique brasserie, largement plus salivante qu'une Taverne de Maître Kanter...

 

Restaurant Le 1 

1 rue Olympe de Gouges

 L'île de Nantes

44000 Nantes

Tél. 02 40 08 28 00

Ouvert 7/7 

www.leun.fr

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Le Gavrinis à Baden...

3 Juillet 2012, 11:51am

Publié par Docadn

Il me semble avoir gardé une certaine nostalgie pour l'école et ses accessoires. Depuis presque 15 ans (98 pour être exact), je garde "précieusement" la très grosse majorité de mes notes de resto (90% environ). Après une décennie de résidence dans une boîte, elles ont migré sur un cahier approprié. Depuis, consciencieusement, une fois par an, comme un élève de CM2, je fixe chaque note dans ce dernier.

 

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Aussi, quand je veux me souvenir de la date exacte à laquelle j'ai mis les pieds dans tel ou tel établissement, il me suffit d'ouvrir "l'album souvenir" (à la chronologie maladive d'un collectionneur de timbres spécialisé dans les illustrations de toucan) pour retrouver le jour et l'année du forfait...

 

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Voilà donc 94 mois (soit 8 ans moins 2 mois) que je n'avais pas exhibé ma bedaine dans cet établissement. 2004 correspond à la 1ère année de reprise de l'hôtel-restaurant "Le Gavrinis" par Serge Lignières. Un fils de charcutiers arrivé "tard dans le biz". Une décennie chez Flo, un passage chez Hédiard pour clore l'épopée parisienne.

Je garde le (lointain) souvenir d'une cuisine élégante dans les assiettes, goûteuse au palais. Une salle aux tons doux, naturellement chaude (c'était un vrai mois d'août). 

Une "Box", à 24h00 de la DLC, est le prétexte "obligatoire" de cette virée locale. 

La déco semble être la même 8 ans après. Toujours des bois flottés en guise de lustres, des tonalités encore dans le coup, une température toujours élevée en salle (nous sommes au mois de juin, mais en octobre côté thermomètre !!).

Le forfait nous ouvre droit au "menu du terroir" (29 €) avec une séquence entrée-plat-fromage-dessert. 

 

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Crème de betterave, chantilly aux 4 épices

 

Une de mes ennemies, pour commencer (la betterave). Une mise en bouche astucieuse, jouant sur le duel sucré-épicé. Chantilly savamment corsée. Bien joué !!

 

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Tarte feuilletée de sardines tièdes, spaghettis de courgettes et sauce vierge

 

Présentation un peu "mémère", mais ravissement des pupilles côté couleurs. Encore des légumes détaillés au presse-ail, une sauce vierge parfaite, des filets de sardines iodés, divins de fraîcheur, à la cuisson impeccable. Le croquant gourmand des légumes pour finir. Seule ombre au tableau, le feuilleté trop gras. 

En face, La Miss se régalait d'une "roulade de tête de veau fermier, sauce gribiche, salade maraîchère", exécutée dans les règles de l'art, qui ne fut pas sans rappeler l'excellence de celle dévorée à la Brasserie Georges à Lyon. 

 

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Pavé de merlu de nos côtes poêlé, épinards frais, émulsion de vin du Jura

 

Quelques frémissements à la vue du pavé, dissipés dès la première bouchée : c'est juste cuit (3 secondes de plus et nous passions du "côté obscur"). Le brocolis est top, des pois gourmands à la fraîcheur et au croquant indiscutables, une émulsion sympathique, mais pas d'épinards en vue. Le tout, servi dans une assiette sortant d'un haut fourneau ayant échappé à la vigilance d'ArcelorMittal.

 

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Fine tarte aux fraises du Maneguen, macaron basilic et coulis de fraises

 

Présentation moins "old school" que les autres plats, pour des fruits et un coulis au juste acidulé, un macaron au basilic peu disert, un sablé sans défaut, quasi parfait.

 

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Mâcon-Villages - VV 10 - Nicolas Rousset

 

J'avais croisé ce nom lors de mes errances virtuelles, mais n'avais pas encore approché la moindre quille de ce vigneron. C'est Serge Lignières qui est au service (il a quitté les cuisines il y a 4 ans, laissant Nicolas Even aux manettes). Il a carafé le vin, l'a juste rafraîchi, s'inquiétant tout au long du repas de son évolution. Ce curieux des vins connaît bien sa carte (relativement pertinente, large, aux coefficients aléatoires), l'anime humblement, avec engagement (des vins allemands y figurent, comme un clin d'oeil appuyé à Baden-Baden !!).

Un vin profond, qui s'est effectivement ouvert tout au long du repas, offrant un fruit seyant, de la mâche, une palette complète auréolée d'une très fine pointe oxydative. Il s'est fort bien tenu face aux fromages, judicieusement affinés par  La Fromagerie de Kérouzine, avec notamment une Boulette d'Avesnes "comestible".

 

Une table qui tient son rang, attirant une clientèle (âgée) plus attachée au contenu de l'assiette qu'à sa vue (pas de terrasse avec panorama sur le Golfe du Morbihan), à la cuisine soignée, au service volontaire et souriant.

Deux toques au Gros Jaune, 1 Bib gourmand au Gros Rouge amplement mérités. Pour parodier le Fooding, je dirais que c'est "terroir - poissons et fruits de mer - un peu vin sur vin - feeling stable - à moins de 30 € sans boire" (ça ne veut rien dire, mais c'est ça le "Fooding code" pour dire que c'est bien !!).

 

Hôtel - Restaurant Le Gavrinis

1 rue de l'île Gavrinis

56870 Baden

02 97 57 00 82

fermé samedi midi, dimanche soir et lundi

gavrinis.com

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L'Astéroïde à Lorient... le retour

28 Juin 2012, 08:55am

Publié par Docadn

Voilà un peu plus de 18 mois que je n'avais pas remis le bout de mes chaussures (pas pointues) dans ce "bistrot-bar à vins" lorientais.

J'avais encensé cette cuisine "juste et simple" et sa "carte des vins en construction". L'enthousiasme de la nouveauté peut parfois vous faire écrire des conneries aussi grosses qu'un  tweet de Morano. Une amie (peu coutumière des restos) est le prétexte pour confirmer (ou pas) cet engouement pour un déjeuner déjà lointain...

Arrivés vers 12h45, nous nous pointons sans réservation. La salle est au 3/4 remplie d'une clientèle d'affaires. Peu de cabans et de chaussures à "bouts pas trop pointus". Accueil sobre, poli d'une serveuse aux mensurations d'une thaïlandaise adulte.

Une crème de thon (un peu liquide, mais bonne) accompagne rapidement nos 2 verres de chardonnay anonyme, jeune et boisé (dont l'identité * ne sera révélée que sur la note). Nous optons rapidement pour la formule Plat-dessert à 20,90 €, à cause d'un plat trop rare pour être boudé.

 

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Velouté d'asperges

 

En guise de mise en bouche, très chaud, crémeux, pas mal.

 

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Thon rouge, fenouil, crème aux épices

 

Le retour du thon rouge sur nos tables !! Des années de "culpabilité" enfin balayées !! Une cuisson nickel, un généreux morceau un poil salé, une crème superbement épicée et équilibrée, qui subira nos assauts gourmands jusqu'à la dernière goutte (on a coûté cher en pain sur ce coup-là !!). Excellent plat accompagné d'un fenouil croquant (qui a un peu déstabilisé notre "apprentie du resto"), d'asperges magistrales au goût bluffant de noisette. 

 

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Tarte aux fraises

 

Sur une pâte au goût de "comme à la maison", des fraises mûres, sucrées, à l'acidité inattendue (vu la météo du mois de juin, c'était inespéré !!). La glace n'est pas indispensable pour ce petit dessert juste. Mon amie, en suspension depuis le thon rouge, s'extasie aussi devant cette bonne tartelette.

 

Le souvenir de la cuisine "juste et simple" est totalement écrasé par cette séquence de"bistronomie aboutie" (oui je sais, le terme est galvaudé, mais là on est vraiment en plein dedans !!).

Dire que "c'est encore mieux qu'à ses débuts", est un doux euphémisme !! Est-ce que le cuisinier a enfin trouvé ses marques !? A-t-il été remplacé (on vient de me confirmer que non !) ? En attendant, L'Astéroïde s'assure sans conteste avec ce genre de salves, l'indiscutable palme de "bistrot de la ville" (très largement au-dessus du poussif et surestimé L'Alto) !! La clientèle d'affaires (majoritaire) est toujours au rendez-vous, sa relative vulgarité aussi. Seul regret, celui de n'avoir pu jeter un nouvel oeil sur ce qui était déjà une jolie carte des vins. 

 

EDIT janvier 2013 : le restaurant a changé "d'orientation culinaire". 

Il s'agit toujours d'un bar à vins, mais servant désormais des tapas !!

 

EDIT novembre 2013 : établissement fermé !!

 

L'Astéroïde

3 rue de Liège,

56100 Lorient

Tél. 02.97.84.38.11.

Fermé le dimanche (à priori !)

 

* "Les Galtières" 10 - Bourgogne-  Laleure-Piot (5 € le verre)

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L'Alto à Lorient

17 Mars 2012, 08:44am

Publié par Docadn

Escapades poursuit sa quête des "déjeuners à moins de 20 euros" dans la capitale du merlu, des églises en béton et de la halle aux poissons la plus excitante du coin (la plus moche aussi en passant)...

Voilà longtemps que j'hésite à franchir la porte de ce restaurant aux arguments un peu attrapes pigeons dans mon esprit légèrement parano. Repris fin 2008 par les deux fils de Jean-Paul et de la regrettée Véronique Abadie, Quentin et Paul ont eu à coeur de relancer cette annexe du Grand Théâtre de la Ville. 

 

http://2.bp.blogspot.com/_k7ezA66BRss/TNQlhbRmooI/AAAAAAAAAAQ/HGkpuNT2mCw/s1600/Grand-theatre-lorient.jpg

(source  commerceslorient.blogspot.fr)

 

Paul le cuisinier a endossé le rôle du serveur. Quentin, l'étudiant en droit, est parti dissimuler sa timidité en cuisine. Papa est "derrière", maman était aussi de la partie au démarrage et après. Une grosse pression d'emblée, quand les parents cautionnent le pari des enfants...

J'ai, comme beaucoup de personnes, un à priori de rigueur pour les "enfants de". Un sentiment de "facilité" s'inscrit dans le jugement à venir. L'accès à une incontournable médiatisation pour "décoller" est presque mâchée, quasi gratuite, ne nécessitant presque pas d'efforts. Les bataillons de restaurateurs "enfants de personne" devront se plier à une laborieuse (et souvent onéreuse) campagne de com' à la portée incertaine, doublé d'un potentiel talent que l'on ne demande même pas aux "fils et filles de" tellement c'est évident...

Les deux revers de la médaille des progénitures de "stars" sont qu'ils se font souvent descendre en flammes par les ennemis des parents, ou bénéficient d'un consensus mou consistant à ne pas dire du mal car "les parents sont nos amis"... Après, reste des exceptions comme les Bras, Marcon, Pic, Troisgros, titulaires d'un héritage pour les deux premiers, détenteurs d'une histoire pour les deux derniers...

L'obtention du Bib Gourmand en 2011 a donné la légitimité attendue à ce restaurant axé sur la très prisée "cuisine du marché". Les tarifs du déjeuner se sont alignés avec la concurrence. Fort de ce rodage et de cette reconnaissance, je m'attable enfin à la table de L'Alto.

Accueil neutre du serveur, qui saisit 2 cartes et nous place avec la même délicatesse que dans un Buffalo Grill un samedi soir. Vingt-huit secondes plus tard, un autre serveur (moins neutre) dépose les mises en bouche, puis s'évapore sans nous "faire l'article" de ces dernières.

 

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Pour le coup, pas d'intitulés. Je devine une crème de champignons, des rillettes de poisson (maquereau ?!), un sablé salé... J'arrose ces bouchées froides et lampées chaudes à coups de chardonnay de Savoie de chez Dupasquier, mou et pommadé comme un blanc du sud...

 

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Nous optons pour la formule du midi et la séquence entrée, plat, dessert...

 

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Taboulé orientale (j'imagine que le E sous-entend "à l'orientale")

 

Il nous aura fallu patienter pas loin d'une minute après la prise de commande, pour voir débarquer la portion de taboulé oriental(e). Encore sous l'effet anesthésiant du froid ventilé du frigo, la semoule et les légumes peinent à s'exprimer. La température de la salle (chaude) n'aidera en rien cette entrée. C'est fade, trop riche en fruits secs, même pas parfumé comme tout bon taboulé qui se respecte, à l'assaisonnement inexistant (et c'est un "homéopathe de l'assaisonnement" qui l'écrit !!).

 

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Filet de julienne - sauce crustacés

 

Des légumes dont je n'ai pas su deviner l'ADN (aucune "présentation" des plats n'est faite pas les serveurs d'un restaurant catalogué comme "chic" par les guides et référents gastronomiques). Le (petit) filet de julienne est au 3/4 trop cuit. Le dernier (petit) quart dévoile le nacré, la texture et le goût attendus. La sauce est d'une neutralité à faire passer la Suisse pour une Tchétchénie révoltée...

 

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Paris-Brest

 

C'est la seule fulgurance notable de ce déjeuner. Une pâte à chou qui respire la fraîcheur, une crème aérienne, équilibrée, rien à redire...

Parlons du service. Entre les rares sourires mécaniques et calculés (dont le plus large survient au moment de l'addition) et les mines dominantes de Droopy, pas de quoi se mettre en appétit. Faut-il justifier d'un statut particulier (du style "client de la Grande Maison", ou encore "costume-cravate-tickets restaurant", "notables", "élus de la ville") pour bénéficier d'une juste et légitime attention ? Offrir de francs sourires à tous ne coûte pas plus cher !!

Comme pour "L'assiette à Quimper", la mention au gros Rouge est instinctivement très discutable. Celle du Bib Gourmand encore plus désarmante. Ce déjeuner est, de part son niveau, aux antipodes des "critères standards croisés" justifiant la délivrance de cette mention porteuse !! 

 Sur cette base là, des établissements comme L'Astéroïde (tenu par l'ex-sommelier de l'Amphitryon), ou encore L'Alliance (dont je viens d'apprendre la triste mise en vente) méritent amplement une mention dans le Gros Rouge (moi qui m'étais juré de ne pas hurler avec la meute sur les incohérences du Gros Rouge, raté !!).

En conclusion, la salle à l'ambiance lounge (qui sert d'annexe au Bon Coin avec un chouette Vespa couleur motte de beurre à vendre à 700 €), le service froid, la cuisine sans relief perçus ce jour-là, confirment la méfiance naturelle que j'avais avant d'y aller, enfoncant un  peu plus le cliché des "enfants de", aux compétences héréditaires peu évidentes en salle comme en cuisine...

PS : La carte des vins n'est pas si mal !!

 

L'Alto

Place de L'Hôtel de Ville

56100 Lorient

www.lalto.fr

fermé dimanche et lundi

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Dan Ewen

4 Mars 2012, 17:11pm

Publié par Docadn

J'ai déjà "soupiré" mon attirance peu naturelle pour "les tavernes à  bilig"La Crêperie d'Antan à St-Gildas de Rhuys, ou encore Hent Er Mor ont fait vaciller mes a priori à la con à la légitimité discutable.

Depuis, la crêperie "Au Vieux Quimper" s'est imposée à mes papilles, comme un des sommets de "la gastronomie bretonne du blé noir". Je fais, pour le coup, confiance aux "Crêperies Gourmandes", au cahier des charges suffisamment drastique, pour ne pas y voir figurer les dealers de crêpes au Nutella (adoubés par METRO), postés en embuscade, près des manèges pour enfants.

Vannes compte (à l'heure où j'écris cet article) 2 établissements détenteurs du label "Crêperies Gourmandes". Distants d'une centaine de mètres à peine, "Dan Ewen" et "Balade en Crêpanie" sont logés dans de sympathiques maisons à colombages du quartier de St-Patern. 

C'est Dan Ewen qui est choisie pour ce déjeuner du samedi. Un intérieur "traditionnel", où poutres, pierres et binious stridents vous accueillent. C'est sombre, un peu triste, tout en longueur, relativement grand. Accueil souriant, même quand on n'a pas réservé, rapidement installés, nous attaquons la lecture (dense) du "set de table mode menu moules-frites de bord de mer".

Le choix y est important. Des combinaisons intrigantes, comme "La Malo", mêlant champignons, St-Jacques, curry et ananas... où encore "La Trohennec" proposant le duo éprouvé poire-roquefort, complétée de caramel...

 

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Asturies (7.80 €)

 

Comme son nom ne l'indique pas, cette galette est composée de thon, sauce tomate, oeuf et un peu de verdure.

Le thon émietté est sec, la sauce pas mal, l"oeuf impeccablement cuit. Par contre, la galette est assez quelconque dans son "expression sensitive". Elle a du goût soit, mais manque foncièrement des 2 qualités essentielles qui signent Ze galette : moelleuse à l'intérieur, craquante aux extrémités !!

 

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Crêpe au caramel au beurre salé (4.40 €)

 

Un temps d'attente relativement long (la salle est pleine), avant de découvrir la partie sucrée commandée. Là encore, la pâte est comme celle au blé noir, peu convaincante . Il manque encore cette "bilig touch", à moins que ce ne soit volontaire ?!

Le caramel est indéniablement maison, fait minute. Le beurre exhale encore tous ses parfums, presque orientaux. Le caramel est puissant, équilibré presque miellé avec l'expression dominante du beurre. Sans conteste le meilleur CBS (marque déposée by Leroux) caramel au beurre salé croisé dans un crêperie !! Dommage que la crêpe ne soit pas aussi séduisante...

 

Au global, des bases un peu décevantes, des garnitures de bonne tenue, une musique gonflante au possible qui donne envie d'étrangler, puis de noyer, tous les bagadous et joueurs de bombarde. On est au-dessus de la crêperie lambda, mais un gros amateur se lassera peut-être vite du manque de croquant des bases... On verra ce que "Balade en Crêpanie" nous propose...

 

A suivre...


Dan Ewen

3 place du Général De Gaulle

56000 Vannes

02 97 42 44 34

danewen.fr

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