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EscapadeS

Articles avec #un p'tit resto en bzh

L'Eden

18 Juillet 2009, 09:44am

Publié par Docadn



"Escapades joue à domicile" ou presque avec cette adresse qui commence à faire pas mal de bruit dans le Landerneau (même si on est loin de Landerneau).
Nous sommes donc à Vannes dans une rue anonyme située à l'arrière de la préfecture. Pas de commerces alentours, seule l'antique et immense façade du ciné voisin du même nom s'est vu offrir une seconde vie moins ludique mais plus rose (ne cherchez pas la programmation, il y a 2 ou 3 professions libérales plus un programme immobilier en cours).
Nous voici donc à l'Eden, récemment sacré "meilleur rapport qualité prix de Bretagne" par le très parisien guide Pudlowski dans son édition régionale.
Vincent Thomas et Nicolas Jouret sont donc  2 beaufs (attention pas celui de Cabu, des vrais beaux frères avec des soeurs) qui transpirent depuis plus de 2 ans pour faire vivre et connaître leur table.
Leur stratégie s'est faite sur des prix très très serrés et une cuisine qui tient tête aux autres. La route est longue mais ils ne désespèrent pas de jouir enfin d'une reconnaissance méritée...
C'est Vincent qui est en charge de la salle et qui nous accueille.
La carte arrive et se décline en 3 thématiques temporelles :

  • L'Hebdomadaire :

Plat + 1 verre de vin ou 1 café = 11 €
Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 13,20 €
Entrée + Plat + Dessert = 15 €

  • Le Mensuel :

Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 20 €
Entrée + Plat + Dessert = 25 €

  • Le Trimestriel :

Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 29 €
Entrée + Plat + Dessert = 34 €

L'Eden fait partie des établissements jouant " à fond" le jeu de la baisse de la TVA. Les intitulés sont alléchants comme tout. il n'y a pas de plat à la carte. Je pars sur "un trimestriel complet", ma compagne de table sur "un mensuel intégral".
Pour nous ouvrir l'appétit, une tapenade douce et équilibrée pendant que Vincent nous anime sa carte (originale) des cocktails et apéritifs maison.


Et il vend bien son affaire le bougre puisque je pars sur un Maydie de Laplace. Un vin muté sur une base 100% Tannat tout simplement délicieux et bien moins "liquoreux" que je ne le redoutais.c'est frais, gourmand et à la buvabilité bien plus grande que moult vins mutés croisés ça et là.
En face c'est Zéro Pointé, un rosé dont l'histoire aujourd'hui banale dans le monde du vin, nous montre les incohérences des "critères de typicité" de certaines AOC. Ben AOC ou pas, c'est bon comme un jus de fraise à la sortie du mixeur !!Le perlant décrit n'est pas là mais c'est là aussi très gourmand et sans chichis...

A TABLE !!!


Les Entrées



Demi-Homard tiède, Compotée de Tomates Confites à l'Ail en Saveurs d'Anisette

Et en face je pouvais admirer



Nems de fromage de chèvre, salade d'endives au deux couleurs et réduction de miel au balsamique

Entrées fort convenables. La compotée de tomates confites est dominée par l'anisette et mon conditionnement "couleur-goût" en prend un coup sur ce plat. C'est déroutant mais fort bon.
Sur la seconde entrée, je remarque immédiatement la douceur de l'huile d'assaisonnement qui accompagnera presque tous les plats.
Après échange avec la serveuse, j'apprendrais que Nicolas Jouret "coupe" une Puget standard avec de l'huile de tournesol.
Une "vieille astuce" que ma mère utilise avec les huiles d'olive marocaines bien trop fortes pour les palais peu familiarisés à la puissance de certaines d'entre elles...

Les Plats


Noix de Saint-Jacques poêlées, Rhubarbe légèrement acidulée 
& Crème de Balsamique au cacao

en face


Gambas rôties au citrons verts et paprika spaghettis à l'encre de seiche et julienne de mangue

Déjà visuellement, c'est top. Je me délecte des St jacques d'un must de fraîcheur et à la cuisson vraiment parfaite. Je n'en avais plus mangé ainsi depuis "les mythiques" de la Closerie de Kerdrain à Auray !! L'acidulé de la rhubarbe balance bien le fin amer du cacao (un poil moins de rhubarbe aurait été parfait). L'ensemble est tout de même excellentisme, un grand plat !!
Du coté des crustacés, cela n'est pas moins grand !! Là aussi une cuisson exceptionnelle des 2 gambas taille XL et l'étonnante julienne de mangue non sucrée (est ce une variété ou le fruit pas mûr ??) juste croquante. C'est aussi justement épicé.Là encore une tuerie gastronomique comme j'aime en rencontrer...

Les desserts


Mille Feuilles de Fraises en Espumas

En face il y avait "ananas et mangue sautés au thym et romarin quenelle de glace à l'huile d'olive et menthe fraîche" ayant échappé à l'objectif.
Le mille feuilles est d'une finesse et d'un croustillant d'anthologie, l'espuma est juste sucré, goûteux et aérien.Un dessert diabolique.
La gourmandise d'en face est un peu plus sur la réserve. Les fruits sont parfaitement saisis mais la glace est peu expressive.On a même cru déguster une glace à la vanille !!
Coté carte des vins, une présentation avec une table des matières pour aller à l'essentiel. Les "grandes maisons" côtoient les vignerons. Elle est entre deux eaux, oscillant entre Jaboulet et Chidaine ou Kreydenweiss, mais suffisamment éclectique pour trouver le compagnon de repas, avec un choix de vin au verre plus inspiré qu'ailleurs.
N'ayant pas les moyens de Gilles Pudlowski pour savoir s'il s'agit en effet du meilleur rapport qualité prix de Bretagne, il ne fait aucun doute sur le rapport qualité prix vraiment exceptionnel de l'Eden...
Avec son menu "haut de gamme" à 34 euros proposant du homard (sans les 10-15 euros minimum de rigueur en supplément) et des St Jacques, j'ai beau chercher dans le coin, je ne vois pas !!
L'Eden mérite une reconnaissance à la hauteur de sa cuisine.Et ils y travaillent assidûment nos 2 beaux frères !! Ca va bien finir par payer...
A part donc dans le "Pudlocal" rien dans les autres guides à ma connaissance.
Vannetais, vannetaises, bretons, bretonnes,gourmands, gourmandes,touristes, touristes courrez-y...

PS : La table 11 est idéalement située...

Restaurant L'Eden
3 rue Pasteur
56000 Vannes
02-97-46-42-62

Fermé le samedi midi et le dimanche midi / soir
Pas de site mais un lien plutôt complet : ICI
Et un article dans le Télégramme : ICI

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Le Saint Guillaume

1 Juillet 2009, 20:52pm

Publié par Docadn

Pour démarrer cette édition pleinement estivale, Escapades vous donne un tuyau non pas hippique mais dégustatif...
Voilà près de 5 ou 6 ans que je fréquente cette ferme ostreicole se transformant en saison (et le week end hors saison) en restaurant...
Mais ce dernier se mérite, et il a cultivé pendant longtemps le mystère de ses heures et jours d'ouverture..
Après échange avec le producteur & restaurateur, les choses sont en passe de se "normaliser" avec l'édition d'une vraie carte de visite avec des horaires et même un site internet...
Les locaux fréquentent assidûment cette adresse un poil confidentielle mais résolument au top de ce qui se fait en matière de fruits de mer et de panorama.
Elle a aménagé au sein de la ferme une salle à manger et propose une carte dédiée aux coquillages et crustacés.


La déco est faite de bric et de broc et fait "vieux rade de pêcheurs". Mais l'alléchante odeur du court bouillon (composée selon mon tarin d'au moins d'un apéritif marseillais se troublant au contact de l'eau) reniflé avant d'entrer dans la salle  vous fait rapidement oublier ce détail.
Mais au delà de tout c'est la vue hallucinante que l'établissement propose. Sans conteste une des plus belles de la Ria.
En fait la ferme est pile en face d'un des hauts lieux du tourisme breton : St Cado.


Et c'est face à ce panoramique que le patron vous propose ses assiettes & plateaux de fruits de mer, ou les délicieuses moules du Mont Saint Michel dans sa formule à 12 euros !!


C'est sur une cagette que l'on peut découvrir les propositions de la maison...Ce sera l'assiette du pêcheur pour moi ce soir :


Bien évidemment que du frais de bout en bout, cuisson impeccable des bulots, une véritable thalasso du palais.

Coté vin, c'est pas gégé mais le muscadet anonyme disponible fait l'affaire.
Service détendu et complice. Le cuistot n'hésitant pas à vous parler de sa principale activité : l'élevage des célèbres huîtres de la Ria d'Etel.
L'assiette est très copieuse et les plateaux pour 2 sont monumentaux (pour appétits XXL).
C'est, en terme de goût pour ma part,une des meilleurs adresses du Morbihan pour les fruits de mer.
L'autre adresse étant le Vivier à Lomener dans la "banlieue" de Ploemeur.
Vue "éclatante" sur Groix et plateau royal divin avec "le prince bleu à pinces" mais budget conséquent de rigueur.
Le plus difficile concernant le Saint Guillaume étant de le localiser !!
Suivre les panneaux de type "monument classé ou historique" indiquant la "Chapelle St Guillaume" puis Nestadio.
Le restaurant se trouve juste devant.
Alors si vous êtes de passage dans le coin et que les fruits de mer vous font saliver, foncez...

Le St Guillaume
Nestadio - Plouhinec
0297367326
Ouvert tous les jours en saison
et vendredi, samedi, dimanche hors saison
fermeture annuelle de janvier à Pâques
www.fruits-de-mer.eu

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Le Coquillage ou une histoire (presque) sans paroles...

7 Juin 2009, 14:31pm

Publié par Docadn

Toujours en marge du 20ème festival international du livre & du film de
St Malo (C'est plus long qu'Etonnants Voyageurs mais c'est l'intitulé que l'on retrouve sur le ticket d'entrée), je me suis retrouvé à St Méloir Des Ondes pour un dîner d'anniversaire surprise.
C'est désormais la seule table ouverte du "corsaire de Cancale". Toujours estampillé Relais & Châteaux, cet hôtel restaurant jouit d'une situation géographique unique et sublime. Des jardins et un château superbes pour un intérieur bourgeois et un poil rétro.
Après un passage par le salon et un St Véran dont j'ai oublié le nom, place aux images :


Des grignotages pas terros en apéro...



Puis on attaque le menu "un grignotage des bords de mer"


Et dans le détail nous observions avant passage entre nos mâchoires

 Une émulsion légère de "fenouillette des falaises"

"Saint Jacques"

"Saumon Bio d'élevage"

"Rillettes de maquereau"

"Poisson froid."

"Poisson chaud !!"

"Bigorneaux taille XL"

"Les huîtres de la baie"

"Une pause s'impose" après cette première salve. Batterie pendant laquelle notre excellent St-Joseph 2007 de chez Gripa évolua pour trouver toute sa place dans ces grignotages...
Les 2 salles affichent complet et nous sommes nombreux à déguster ce menu... La seconde salve arrive :


Et dans le détail :

Quelques encornets frits

"Crabes et coquillages..."

Solettes et "quenelle" de purée de pommes de terre

"Saint Pierre & Chou" (de mémoire de poisson rouge !!)

Puis ce fut l'interminable attente du chariot des desserts... Qui arriva fort dépourvu mais qui me permit de déguster :

J'avais une énorme envie de fraise !!

Un menu pratique pour goûter le travail "bistronomique" d'Olivier Roellinger, mais assez inégal au niveau gustatif. Cela va du "bof" (les encornets) au très bon (les solettes et le Saint Pierre).
La grande majorité des plats sont d'une simplicité déconcertante alliant fraîcheur et goût. Les épices y sont discrets et savamment dosés.Les sauces accompagnant les poissons sont divines.
Le service est lui aussi relativement inégal. "La" maître d'hôtel (au demeurant très sympa) souffrant du "laxisme" relatif de certains serveurs et serveuses. La notre était parfaite.Un sommelier aussi insaisissable que Casper.
La formule du chariot sympa comme tout, a ses limites. Quand la moitié des tables terminent en même temps de manger, le pâtissier (devant faire l'article de la quinzaine de desserts disponibles pour chaque table et "recharger" les desserts manquants jusqu'à épuisement) doit "piloter" entre ces dernières. Ce qui réclame adresse et patience dans les 2 salles à la configuration peu pensée pour la circulation de ce dernier (le chariot des fromages ayant la même problématique).
J'imagine une certaine déception des clients pensant goûter à "l'identique" l'ex cuisine étoilée et qui doivent tomber de haut. Même si le "grand menu" reprend quelques grands classiques, le Coquillage n'a pas (encore !!) la prétention de remplacer l'ex bateau amiral de Cancale.
La carte des vins est classique (trop, à mon humble avis) ou Mosse et Le Moing (et Boulard de mémoire)font figure d'extra terrestres...
C'est uniquement à la fin du repas qu'une tablée (arrivée tardivement) a "explosé" le niveau sonore jusqu'ici tranquille du lieu.
Un voix plus forte que les autres et que je qualifierais de "marseillais de terrasse" (mes excuses aux marseillais de terrasse discrets) a troublé sensiblement l'ambiance tranquille qui prévalait jusqu'ici.
Et c'est en quittant les lieux que je découvris que le stentor du moment n'était autre qu'Olivier Roellinger himself, expliquant à très haute voix les épices des plats à "ses invités".
Cela reste malgré tout un lieu unique avec une cuisine simple et inspirée... La nuit est tombée et je suis rentré...


Château Richeux
Restaurant Le Coquillage
D155, route du Mont Saint Michel
35350 Saint-Méloir-des-Ondes
02 99 89 64 76

http://maisons-de-bricourt.com/

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Le Bistrot de Jean

5 Juin 2009, 12:39pm

Publié par Docadn

Fréquenté en marge de l'excellent festival "Étonnants Voyageurs" à St Malo, ce bistrot fut une belle découverte pour l'épicurien apprenti que je me targue d'être.

Entre deux débats, mon estomac fit des revendications légitimes après plusieurs heures de mise en sommeil.Mes pieds me menèrent par hasard devant le Bistrot de Jean.
Une ardoise appétissante proposant 2 plats pour 14 euros et 3 pour 19 euros.
Je tente ma chance en plein "rush". L'un des serveurs apparemment débordé mais plutôt zen me promet une table dans les 300 secondes qui suivent.
Je profite de ce laps de temps pour faire le "plein d'UV après 2h00 sous un chapiteau déjà chauffé à blanc" sur la petite et très agréable terrasse.
Me voilà à l'intérieur d'un authentique bistrot de poche. Tables au coude à coude, déco de bois et murs tapissés de gravures raccords.Des suggestions que l'on pourrait qualifier "du marché". On ne passe pas 3h00 à élaborer son menu. J'opte pour une formule entrée + plat à 14 euros :


Duo de tartare de saumon et thon aux herbes

Un entrée tout en fraîcheur (et bienvenue en ce samedi quasi caniculaire dans la cité corsaire).Bel équilibre entre le saumon et le thon. D'ailleurs ce dernier fait une fois de plus mentir sa réputation de poisson sec.La sauce aux herbes est goûteuse.C'est fondant, c'est bon, mince déjà fini...


Mijoté de veau aux épices douces et petits légumes printaniers.

Là aussi un plat qui se dévore des yeux puis à la fourchette pour découvrir d'excellents légumes croquants comme je les aime. Le veau et d'une "tendreté" divine et la sauce aux épices douces porte parfaitement son nom.Je vous ai fait grâce de l'assiette vide, mais je vous assure qu'un rinçage à l'eau claire aurait suffit avant de l'égoutter...
Là encore un plat roboratif dans ses proportions et l'esprit bistrot.

Un service délicat et attentif (voir acrobatique quand on observe la configuration des lieux) et un sourire naturel à chaque rotation sur la table.
Coté vin, j'ai juste opté pour un verre de viognier. Une rapide analyse de l'ardoise des vins montre un intérêt relatif et misant sur certaines "étiquettes". Beaucoup de Bordeaux mis en avant, et une sélection de vins au verre courte et simple.
Coté médias, le Bistrot est signalé par G. Pudlowski
à travers le Point  (j'imagine aussi qu'il figure sur son guide).
Coté Michelin nada (j'aurais envie de dire comme d'hab, hélas).
Coté Gault & Millau il est signalé avec la sévère note de 10/20. Note motivée semble t-il par des "retours de lecteurs" n'ayant pas trouvé le sourire de circonstance en ce lieu.
Personnellement, le sourire était là (malgré l'affluence record liée au festival), le goût, la sincérité d'une cuisine généreuse et fine et dont les malouins ont fait un de leurs repères selon ma logeuse du week end.
Réservation (fortement) conseillée ou "cul bordé de nouilles" de rigueur.

Le Bistrot de Jean
6 rue de la Corne de Cerf
35400 Saint Malo
Tél/Fax : 02 99 40 98 68

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L'Auberge

17 Avril 2009, 21:43pm

Publié par Docadn

Redécouverte d'un établissement fréquenté par 2 fois à l'aube de cette décennie mais depuis délaissé. A l'époque, le cadre était "bourgeois vieille France" et la cuisine était raffinée, classique et copieuse.
Un dîner en famille était le bon prétexte pour y retourner et découvrir ce qui avait changé. La famille Larvoir est toujours aux commandes de cette institution locale.Les cheveux des parents se sont fait plus clairs, la fille n'est plus la frèle adolescente mais une dynamique jeune femme en charge de la sommellerie.
L'établissement a fait peau neuve avec un hall et un salon des plus contemporains ainsi qu'une salle plus vaste aux teintes tendance.Les chambres semblent avoir subi le même traitement. Les meubles anciens et régionaux ont résisté à la vague de jeunisme.
La vaisselle est elle aussi dans le coup et Madame Larvoir fidèle au poste.La carte nous arrive avec ses (excellents) grignotages de rigueur. Des menus s'étalant entre 25 & 85 euros. Les intitulés sont appétissants et la table se met d'accord pour gouter aux suggestions du menu à 39 euros.
Sandrine Larvoir me tend le bottin des vins. Ce dernier aussi a bénéficié d'une "restructuration constructive". A l'époque, la carte (déjà fort bien fournie) était outrageusement dominée par les quilles bordelaises. L'équilibre semble être la ligne directrice de notre sommelière maison. On y retrouve aussi bien des étiquettes comme Krug ou Bollinger comme les moins médiatiques mais néanmoins délicieux vins de Dupasquier... Les tarifs semblent sages avec des coefficients honnêtes et la sélection plutôt pertinente.
Chacun a fait son choix. Place aux entrées :


Ventrèche de bar au poivre long, jus de persil plat, caviar d'aubergines

Ca c'était mon entrée mais on pouvait aussi observer sur la table :


Foie gras de canard maison, crème brûlée aux cèpes, confiture d'oignons

Mais aussi :


Noix de Saint jacques en fines lamelles, façon bretonne, mirepoix de champignons

Excellente entrée en matière pour mesurer la remarquable évolution de la cuisine de Jean Luc Larvoir et de son équipe. Le foie gras est parfait, aussi bien dans sa texture que dans son assaisonnement au laser. La ventrèche est délicate et saisie à point.Je ne pourrais guère vous détailler la dernière entrée car elle ne séjourna guère longtemps dans son plat sous les assauts répétés de mon beauf doté d'un appétit à faire passer Homer Simpson pour un anorexique chronique.
Un délicat et rafraichissant sorbet au cidre plus tard nous voilà paré pour le(s) plat(s) :


Croustillant d'Agneau, tarte de ratatouille, jus de carotte réduit

l'autre moitié des convives ayant opté pour :


Morceaux de Saint Pierre confit au beurre (terre-mer), chausson de pommes de terre au crabe, jus de cotriade


Le festival des saveurs se poursuit. Un agneau à la cuisson et au goût inouïs et une toute bête "tartatouille" jouissive.
Le saint pierre étant de son coté une parfaite tuerie gastronomique qui laissa bouche bée les heureux locataires de l'assiette.
Encore sous le choc gustatif, on vint nous réconforter avec un étonnant entremet :


Ou comment faire un oeuf au plat avec une mangue et de la crème

puis arriva le temps des desserts :


Croustillant au cacao, fraises et sorbet idem et vinaigre (ben voui j'ai oublié l'intitulé exact)

ce dernier était entouré par :


La Farandole de desserts


Nous appellerons ce dernier le "dessert de Carol" (c'est celui que l'avant dernier pape mangea lors de son repas en ce lieu) car j'ai là aussi oublié l'intitulé exact de ce dessert à base de feuilles de sarrasin, oranges, d'un jus au gingembre et une crème au grand Marnier.


Moelleux au chocolat grand cru, crème glacée vanille bourbon

Le coup de grâce avec ces épilogues sucrés mélant force du chocolat et aérien du croustillant pour le 1er dessert, impasse sur la farandole confiée à l'aspirateur buccal de service (toujours le beauf).Le moelleux simple et juste.Seul le dessert de Carol fût un poil en retrait.
Toutes ces agapes furent arrosées par l'eau minérale zéro nitrate régionale et par la gagnante du casting du bottin qui devait assurer le consensus de la diversité des plats choisis ce soir :


Première rencontre avec le domaine Anne Gros et énorme coup de coeur pour ce Chambolle-Musigny 2004 "La Combe D'Orveau" au boisé encore bien palpable mais qui laisse le champ libre avec une suavité, une finesse et une gourmandise de fraise vertigineuses.Une très belle acidité qui laisse présager un beau potentiel de vieillissement. Du grand, du très bon. Et Sandrine Larvoir en sommelière avisée et fan de la première heure délivrant le juste message mélant passion et lobbyisme de rigueur pour une des rares vigneronnes de Bourgogne.
La maison ayant décidé de régler le compte stomacal du Gargantua de passage nous offrit en guise mignardises :


puis avec le café servi dans le très joli salon :


Cette dernière gourmandise acheva comme prévu la très belle soirée. J'avais laissé un établissement ronronnant et assis sur sa bonne réputation. J'ai retrouvé un nouveau restaurant, porté par une cuisine joyeuse et aérienne et dont le maître mot sur chaque plat fut : Fraîcheur. Un gros coup de coeur pour l'auberge (qui si je devais lui donner une note mériterait un joli 14 et une toque bien vissée) et un coup de griffe au petit livre jaune qui ignore (du moins dans son édition 2009) superbement ce dernier (Je compte bien sur le "disque dur limousin" pour me donner les éventuelles notes et appréciations dont l'Auberge bénéficia peut être il y a très longtemps...).
L'Auberge
56, route de Vannes
56400 SAINTE-ANNE-D'AURAY
Tél. : 02 97 57 61 55
Fax : 02 97 57 69 10
auberge-jl-larvoir@wanadoo.fr
www.auberge-larvoir.com

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Le Tire Bouchon

20 Mars 2009, 17:21pm

Publié par Docadn

Mes errements sur la toile avait "révélé" le nom de cet établissement et mon orgueil ne fit qu'un tour lorsque je vis que je n'avais point posé mon séant dans ce lieu (à quelques pizzerias et un Amphitryon près, j'ai écumé à peu tout ce que Lorient compte de restos).
Mon orgueil fit un nouveau tour sur lui même quand au sobriquet du-dit restaurant : "Tire Bouchon" comment ai je pu raté un nom pareil, moi le buveur à la petite semaine, le cancre assidu de la dégust à l'aveugle, l'obnubilé des miscellanées bachiques...
Aussi en cette journée d'action nationale, je décidais de récupérer de ma randonnée contestative en rendant visite à cette table...
Dans une rue un peu excentrée et guère passante, le tire bouchon offre sa façade triste des pizzerias des années 80.Je pousse la porte et recule encore d'une décennie en découvrant le décor d'où pourrait surgir un Horst Tapper au sommet de son art...
Accueil chaleureux de Karine Mahé la maîtresse de maison qui assure à elle seule le service de la petite trentaine de couverts disponibles.
Il  y a encore quelques places de disponibles. La table est sobre et élégante. La carte arrive rapidement et propose viandes et poissons à la carte ainsi qu'un menu déjeuner à l'attractif tarif de moins de 10 sacs 15,50 euros :


Je jette mon dévolu sur ce dernier et commence à consulter la carte des vins... Bonne nouvelle : France Boissons n'est pas de la partie et je rebondis de nom en nom pour me dire : "Hé c'est achement pertinent comme carte.. Au hasard Gallety, Fonsalette... Miam... Menu marin : L'appel du blanc et direction :


Vin de pays de la haute vallée de l'Aude - Chardonnay 2007 - Domaine Antugnac.
Ce vin est l'histoire de 2 maçonnais,
Jean-Luc Terrier et Christian Collovray (Domaine des 2 roches) qui ont voulu planter leurs 2 cépages favoris (et bourguignons) près de Limoux pour voir ce que cela pourrait donner. Et bien le résultat est plus que convainquant : Fraîcheur, belle acidité, et une certaine minéralité composent les principales qualités d'un véritable vin de "table".
L'entrée arrive déjà : Les pétoncles sont cuites au micromètre, la tarte est fine et tiède et le poireau poireaute. Simplement bon et gourmand. Le chardonnay s'est légèrement réchauffé et commence à dévoiler sa complexité. Cette entrée tout aussi classique soit elle me scotche par sa finesse.
Karine assure un service délicat et glisse entre les tables.
Le plat du jour à été légèrement modifié : la mousseline de céleri et pommes cocotte a été remplacée par un écrasé de pomme de terre (purée c'est quand même plus court même si cela fait plus cantoche) et son cabillaud :


La purée est crémeuse et relevée d'une juste mesure d'ail. Le cabillaud trahit par sa brillance une fraîcheur sans appel. Il est là aussi juste cuit, fondant et puissant. Deuxième stupeur du repas devant la belle maîtrise des cuissons et des goûts. Là encore, nous ne sommes pas dans des innovations mais dans une éxécution et une maîtrise technique remarquable.Le chardonnay "se pacse" superbement au plat.
Le dessert :


Ma plus grande joie fut de découvrir un crumble sans cannelle. Dessert à la texture et au goût attendus et final en douceur avec le jus de goyave.
La salle s'est vidée. Je traîne un peu pour pouvoir enfin assouvir tout ma curiosité sur ce couple inconnu dans une rue anonyme à la table sautillante. C'est Karine qui me dévoilera un bout de leur histoire avec l'arrivée dans ces lieux il y a 2 ans.
N'ayant pas voulu s'alourdir d'une cave dont ils ne connaissaient pas l'inventaire exact, ils sont repartis de zéro de ce coté et on construit une carte à l'aide de 3 cavistes régionaux.
Il ont aussi sympathisé avec un client fidèle qui n'est autre que le sommelier du plus brillant des établissements lorientais.
 Anthony semble apprécier la table des Mahé et leur fait régulièrement découvrir des vins dans ces occasions. D'autres clients ont repéré rapidement cette adresse pour y manger mais aussi pour y boire des quilles peu ou pas disponibles ailleurs.
Les Mahé refusant toutes dépenses publicitaires, c'est le buzz local qui en fait l'actuel repère d'épicuriens et de rabelaisiens du déjeuner et du dîner.
Un menu par mois anime leur carte.
Il y a fort longtemps que je n'avais pas aussi bien mangé pour aussi peu. Certainement un des meilleurs plans déjeuner de la ville aujourd'hui (et le pain de la boulangerie larmorienne est bon en plus)...Une des plus pertinentes carte des vins croisée là aussi... Courrez y c'est une pépite.
Le Tire Bouchon
45, rue Jules Legrand
56100 Lorient
0297847192
Ouvert le dimanche midi et soir
fermé le mercredi & samedi midi
www.letirebouchon.net
letirebouchon22@orange.fr


PS : mille excuses auprès de mes lecteurs occasionnels et les plus fidèles pour la piètre qualité des clichés (réalisés avec un vulgaire téléphone japonais). Je ne suis déjà pas un "natural born photographer" mais l'oubli de l'APN de service expliquant cela...

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Terroirs

4 Février 2009, 18:23pm

Publié par Docadn

Voilà un peu plus de 2 ans qu'Emmanuel Deféver et son épouse  Jacqueline ont posé leurs casseroles et leurs limonadiers à Vannes.
Après de brillantes carrières à Londres (Emmanuel en tant que chef sommelier au mythique Fat Duck et Jacqueline à la direction d'un non moins prestigieux double étoilé : The Capital) retour aux sources pour la bretonne et nouveau défi pour l'ex rhodanien dans leur propre établissement nommé Terroirs.
Près du quartier Saint Patern, ils s'adonnent désormais ensemble à leur passion respective : la cuisine et le vin. Leur vision gastronomique mettant le vin au centre du repas est assez rare dans la région pour que l'on ignore plus longtemps cette table.
J'ai donc décidé de leur rendre visite pour découvrir la cuisine et les vins de Terroirs.


L'établissement est relativement désert en cette fin du mois de janvier et la fermeture annuelle est prévue pour la semaine suivante.
Une déco qui s'appuie sur des murs de pierres centenaires et un mobilier
"aérien".
Accueil chaleureux par Emmanuel himself épaulé par un jeune serveur délicat et attentif.
Un menu déjeuner variant entre 12,50 & 16 ,50 € et des menus du soir oscillant entre 22 & 32 €.
Nous découvrons que l'établissement fonctionne selon un calendrier mensuel mettant à l'honneur les cuisines et les vins du monde mais proposant aussi au quotidien une carte culinaire non moins internationale...
Ainsi le traditionnel "fish & chips" est proposé tous les vendredis au déjeuner.
La carte des vins est étoffée et propose de nombreux terroirs avec une prédilection pour les vignerons indépendants souvent bios, mais aussi un goût prononcé pour les vins espagnols.
Beaucoup de noms me sont étrangers (quid de la diversité et de l'immensité du champ culturel à acquérir).
Nous entamons les agapes par un verre de Marsanne rhodanienne d'un côté et un blanc de Loire en face dont j'ai oublié les origines.

Les entrées arrivent :

  • Chipirons farcis à la morue d'une part.
  • Terrine de pigeonneau chips et confiture de betterave de l'autre.

Présentations sobres dans les 2 cas, les chipirons sont honnêtes (ils souffrent un poil de la comparaison avec ceux goutés l'été dernier chez Maya qui étaient vraiment exceptionnels).
La terrine est délicieuse et la confiture bluffante de goût.
Nous en faisons la remarque à Emmanuel qui ne se prive pas de nous narrer  les jeux d'Heston Blumenthal sur les "désynchronisations visuelles et gustatives". Ce dernier s'amuse à chambouler les conditionnements du cerveau en faisant notamment des gelées jaunes pour les fruits rouges et rouges pour les fruits jaunes...

Place aux plats :

  • Wok de légumes et dos de cabillaud aux épices.
  • Filet de bar et purée de choux fleurs en vis à vis.

C'est sur le 1er plat cité que se révèle toute la culture londonienne de Jacqueline. Emmanuel nous avouera que sa femme adore faire des woks, ces derniers ayant semble-t-il détrôner nombre d'emblèmes culinaires outre manche.
Le poisson arrive dans une papillote transparente. Les légumes sont juste croquants et le poisson divinement épicé et "gingembré" au poil.



Le filet de bar semble moins expressif à coté, mais fin et frais. La purée de choux fleurs est délicate.
Et c'est un sympathique Côtes du Lubéron du Château les Eydins (cuvée l'Ouvière 2004) qui fût un excellent compagnon de route de nos mets.
Les échanges au gré des passages d'Emmanuel à notre table révèle une "véritable bête de salle", un cador du service", bref "le chantre du bien être à table", en un mot le talent avec un grand T(erroir).
Remarquable sens du client, discrétion et équilibre dans ses rapports avec ces derniers et tout cela avec un naturel épatant, sans tapages ou artifices pompeux et inutiles...
Lancez-le sur les vins et il a le don d'en parler avec toute la modestie de rigueur (teintée d'une certaine timidité me semble-t-il !!) qui manque parfois à certains sommeliers hautains et sourds à vos questions.
Voilà un gars qui a tenu certainement l'une des plus pertinentes (et non moins prestigieuse) carte des vins au monde et qui s'enthousiasme pour un "anonyme" vin de pays des collines rhodaniennes, se réjouit à l'idée de vous faire découvrir un non moins "obscur" vin roumain...
Une sorte d'anti buveur d'étiquettes qui a profité de ses vacances pour découvrir "des talents en germes" ou de "futurs ex anonymes" de la vallée du Rhône et les faire partager dès son retour à ses clients (et qui peuvent même repartir avec la bouteille au prix cave)...
Les zinzins du vin et les curieux des papilles ne sauraient ignorer plus longtemps cette cave
œcuménique des vins et sa cuisine franche et ouverte vers le monde et tous ses terroirs...
Terroirs
22, rue de la Fontaine
56000 VANNES
Tél./fax : 02 97 47 57 52

Vins à emporter et plats de terroirs

Horaires d'ouverture :

Tous les jours
du mercredi au vendredi : 12h - 19h30

et samedi à partir de 19h30
dimanche 12h - 19h30

Site internet : www.terroirs-restaurant.com

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La Vieille Tour

5 Décembre 2008, 11:52am

Publié par Docadn

L'inévitable boitier électronique embarqué (pour ne pas dire GPS) nous conduit devant l'antre de nos agapes par un chemin forcément tordu et nocturne... à quelques hectomètres du port du Légué où nous nous trouvions quelques heures auparavant. Environnement pas forcément magique pour une devanture somme toute banale qui contraste hautement avec l'intérieur.
L'entrée signe une déco résolument contemporaine avec la cuisine au rez de chaussée et une salle privée sur le même niveau.
quelques dizaines de marches plus haut, nous accèdons à la petite salle aux tons "clairs obscurs" agrémentée de poissons en verre et d'un éclairage doux et agréable. Les bougeoirs et sculptures "érotiques" sont l'oeuvre de Solange Adam et le restaurant héberge tout au long de l'année des toiles d'artistes que l'on peut acquerir.


Nous allons découvrir la cuisine de Nicolas Adam à travers son menu dégustation proposant "les coups de coeur du chef et les produits les plus nobles en 6 plats".C'est frédéric le sommelier de l'établissement qui vient s'enquérir de nos préférences en matière de vins puisque j'ai aussi opté pour un accord mets & vins. Nous lui laissons carte blanche sur les accords que lui inspire les plats que nous souhaitons pas connaître par avance.
On nous propose un apéritif, ce sera le cocktail maison pour madame (à base de grand marnier, de jus de fruits de la passion et d'un soupçon de vodka très bon) et un vin de pays des Côtes de Gascogne petit & gros Manseng du domaine Uby (dont le sucre résiduel et le perlant me rappelleront le tarriquet dont je raffollais quand je découvrais le monde du vin) pour ma pomme pour accompagner nos mises en bouche.


des grignotages dont j'ai oublié déjà la composition mais dont j'ai juste gardé le souvenir d'une excellente tempura de crevette (hors cadre).
Revoici notre sommelier qui nous sert le premier vin accompagnant notre 1ere entrée. nous partons immédiatement à la recherche de l'identité de ce verre généreux (et ils le seront tous). Le nez puis la bouche nous emmène coté ligérien et nous ramène à la dégustation de chez Chidaine... Nous sommes d'accord, c'est Vouvray ou Montlouis. Nous nous arrêtons sur Vouvray après l'avoir regouté...C'est puissant et fin, long et gourmand avec ce coté "minéral bien de là bas" Emporté par "ma parano de dégustation" du genre "t'as voulu nous pièger coco,mais on nous la fait pas ..." je me perds ensuite dans le sud ouest puis en Rhône nord et j'annonce tout fierot à notre sommelier que j'hésite entre ces 2 dernières régions. Petit sourire de ce dernier et de nous annoncer qu'il s'agit d'un bien d'un Vouvray sec "le haut lieu" 2007 Huet. Première "humiliation en demie teinte" bicause on avait trouvé mais on a changé d'avis en cours de verre..Il est temps de découvrir notre "fausse" entrée:


Un Sorbet d'huître puissant, un maki au saumon légèrement "wazabié" et un acras de crevette transpercé d'une pipette contenant une sauce tiède au gigembre et citron vert. on nous conseille de démarrer par cette dernière. On gobe la bille de crevette, on croque et hop on arrose le mini crustacé de l'assaisonnement... Marrant et bon...

Rapidement la véritable entrée fait son apparition sous l'intitulé suivant :


Saint Jacques à la plancha crèmeux de potimarron, chataigne et lard fumé.



Cuisson des Saint Jacques au poil, expression "très crèmeuse" du puissant potimarron . Belle juxtaposition des saveurs, le tout en équilibre sur le fil. Le fumé du plat donne une longueur supplémentaire en bouche de très bon aloi... Un fort joli plat.
Fred (ben ouais au 3 ème verre, j'ai déjà son diminutif et au dernier on finira par des culs secs en se tapant sur les cuisses... je m'égare) nous apporte la prochaine énigme. Toujours en blanc. La robe est trouble, le nez minéral, en bouche, c'est superbe.Je le place bien évidemment en Loire comme j'ai l'habitude de le faire quand j'en sais rien du tout... Et je lui annonce un vin avec une approche "nature"(bio ou biodynamie) avec une très très belle expression du terroir, superbement équilibré, fin droit net... Le Fredo (il doit être déjà fatigué de sourire à mes analyses de comptoir) acquiese sur mes conclusions en me disant qu'en effet le vigneron a une approche très pointue de ces vins par rapport au terroir et qu'il travaille en biodynamie. "Enfin" me dis je intérieurement en rougissant extèrieurement sur ma "perf". fierté de très courte durée quand il m'annonce qu'il s'agit d'un Sylvaner Vieilles Vignes 2007 Ostertag. Ce dernier à voulu prouver qu'on pouvait obtenir de très beaux vins avec ce cépage (souvent dénigré et mal utilisé) sur des terroirs (et dieu sait s'ils sont complexes là bas) qui s'y prêtent et que ce vin en était la preuve. Je suis emballé par ce dernier que l'on nous propose sur un plat qui va révéler le talent de notre sommelier. J'en ai révé et il a osé nous proposer ce vin sec, puissant et minéral sur :

Hamburger de foie gras chaud alias le fameux "Mac Adam"


L'idée du sommelier étant de proposer un vin en rupture avec le moelleux et la richesse de notre hamburger çi dessus.
Composé de pruneaux au vin d'épices, de foie gras et d'un sablé au beurre avec un ketchup de framboise, ce plat désormais emblématique de la cuisine de Nicolas Adam est souvent traduit comme un pied de nez à la "cuisine fast food". Il n'en demeure pas moins que cette association de fruit, foie et de gateau (le tout couronné par un lamelle de parmezan) détonne par ses saveurs (ne pas oublier de badigeonner les bouchées du merveilleux ketchup).Je me dois juste de signaler que le plat aurait été parfait si le foie gras avait été dénervé (j'avais eu le même petit désagrément chez Jeffroy...).En attendant l'accord avec le sylvaner était parfait et il est trop rare de voir ces accords pour ne pas le souligner. Quand on vous balance un énième "liécoeurant" liquoreux qui vous plombe le palais et l'estomac à ce moment du repas car "le foie gras appelle le sucre"... Bravo Frédérico !!
Tiens voilà d'ailleurs ce dernier qui revient nous proposer le vin blanc suivant... Moins expressif que le sylvaner, sur des notes de fruits blancs, un léger boisé surnageant et de structure moyenne... Comme d'hab mon flair habituel ne me laisse pas deviner un étonnant (vu mon diagnostic ligérien habituel et un passage dans mon vide rhino laringologique de roussanne & marsanne constituants le breuvage) mais néanmoins bon Crozes Hermitage "Les marelles" 2007 Gilles Robin. Ce dernier accompagnera :

Homard Breton rôti Pommes deTerre Safranées & Expression végétale


Le plat est magnifique, une vraie peinture, le homard est cuit au millimètre, la purée safranée allie texture, finesse et puissance comme cette épice sait l'être quand elle est bien dosée ce qui est le cas dans ce plat.Comble du plat on se plaît à essayer de peindre l'assiette une fois rassasié. C'est à ce moment que j'ai compris "l'expression végétale"...
Mesdames & Messieurs, en exclu mondiale ma 1ere oeuvre gastronomique...


Après cette "récréation créative"(qui à dit que je ne savais pas peindre !!). Le sourire de Frédo réapparaît avec "proposition de changement de couleur dans nos verres". "Un peu de rouge ?!!" La miss acquiese, je confirme.
Un nez profond, de fruits noirs et rouges.Un boisé de type international (c'est à dire copieux) qui me fait penser à une syrah (shiraz devrais je dire) australienne, c'est fruité à souhait même si le boisé domine mais avec une jolie trame. Comme d'hab je me laisse emporter et fini par un cabernet shiraz. Sans trop me mouiller, j'annonce donc un vin étranger, coté hémisphère sud... El Frédo certainement pris de pitié devant mes performances hors normes confirme bien l'origine étrangère de ce "Pinot noir" 2006 Clos Henry de Marlborough (Nouvelle Zélande). Je me suis juste trompé d'ile et de cépage mais j'avais juste l'hémisphère .
Frédéric nous livre un court résumé de ce pinot issu de vignes de 3 ans et déjà exploité et embouteillé dans ces contrées alors qu'il semble inimaginable (voir impossible) de produire du vin sur des vignes aussi jeunes en bourgogne...A peine l'explication terminée que l'on nous apporte un des clous de la soirée :

Turbot Sauvage, Pak Choy cuit au Wok, Légumes en Cloche de fumée


La photo fut prise hélas une fois la cloche de verre enlevée. Cette dernière maintenait les légumes dans un halo de fumée. C'était très esthétique et impressionnant (la moitié de la salle s'est retournée quand elle a aperçu nos plats ardoises).
Les légumes (en haut à gauche) sont effectivement délicatement fumés au contact de nos papilles. Le pak choy (à droite) est "woké" tip top, et le turbot est cuit au laser (pour un des 2 morceaux le second étant en retrait en terme de précision) gouteux et délicat...
On se remets doucement de ce très bon plat pour le 6ème rappel de notre Freufreu qui nous propose de rester dans le rouge pour le 1er dessert. Les papilles affutées comme pas possible, je devine une très jolie acidité et de la syrah et me dis que ce vin doit être produit quelque part sur terre... Bingo pour l'origine c'est en effet sur la planète terre qu'est produit ce vin mélant en effet syrah et grenache : Baux de Provence « La Chapelle de Romanin »  Château Romanin 2005 pour accompagner :
 
Variation sur les Fruits


Ce dessert en en dessous du niveau général du repas. Un soufflé honnête et juste le caractère régressif amusant des morceaux de pêches (quid de la saisonnalité) mélés à cette friandise chimique des années 70 qui explose dans votre bouche (du type fritzy pazzy).Puis un ultime dessert pour clore ce repas :

 Tarte Coulante au Chocolat Manjari  Menthe Poivrée & Glace Carambar


C'est au dessus du dessert précédent mais encore un peu en retrait sauf pour la Tarte Coulante au Chocolat Manjari dont le sablé est excellent et le contenu riche et puissant comme je les aime. Le granité à la menthe poivrée est juste rafraîchissant et la glace au carambar surfe toujours sur le régressif plaisant mais est juste un poil trop sucrée à mon goût.

Les mignardises de fin de repas


Et nous arrivons au terme de notre randonnée gastronomique qui aura durée pas moins de 4h00, pour un excellent repas dans son ensemble.

En conclusion :
  • Une cuisine toute en puissance et en délicatesse orchestrée par un chef amoureux des  produits nobles, nostalgique par ses clins d'oeil au "passé", et amateur du beau dans l'assiette comme des oeuvres sur ses murs.
  • Un sommelier véritablement dans le coeur de son métier et qui ne doit rien changer (à mon humble avis) sur la manière d'aborder son rôle.
  • Des verres de vin très généreux (à vue de pif pas loin de 2 bouteilles au global, c'est beaucoup diront certains, c'est pas mal diront les autres comme moué) dans cette version mets & vins.
  • Je déconseille malgré tout le repas décrit çi dessus si vous êtes une petite fourchette (indigestion quasi garantie) pour les autres (fourchettes XL et XXL) vous n'aurez guère faim au petit déj...
  • Un service qui "glisse avec aisance" (et quand on voit la configuration du restaurant difficile de ne pas tomber) et une ambiance décontractée chic et complice, dans l'esprit que semble défendre leur "modèle" et néanmoins amis de Lorient Jean Paul et Véronique Abadie.
  • Une énième leçon d'humilité dans la dégustation des vins à l'aveugle. C'est pas nouveau pour moi, mais que voulez vous j'aime ce jeu où je ne brille guère mais qui me paraît indispensable pour aborder tous les vins à "poil" c'est a dire sans "l'effet étiquette" qui plombe selon moi toute dégustation objective.
Ainsi se termine cette escapade briochine, petit paradis gourmand D'Adam & Eve Solange.
La vielle Tour
75 rue de la tour
Port du Legué
22190 Plérin
0296331030
lvt@la-vieille-tour.com
Site internet : La-vieille-tour.com

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Le Pic

19 Octobre 2008, 16:22pm

Publié par Docadn

2ème repas dans cet établissement et le moment de faire un billet sur cette brasserie.

(désolé pour le flash)

Pendant de longues années c'est Pierre Le Bourhis qui fît l'âme du Pic assurant la brasserie et une activité de caviste à la sélection des plus attrayantes.Puis l'heure de la retraite sonna et Pierrot confia son bébé voilà près de 3 ans à un couple (Nathalie et Marc Saulou) en provenance de Vannes. Ce sont donc ces derniers qui ont désormais la charge de cette institution lorientaise qualifiée en son temps comme "une des meilleures brasseries de France".
Et ce duo ne démérite pas, bien au contraire, une déco et un nom inchangés avec ce même esprit brasserie aux inspirations gastronomiques. L'activité cave à vin a disparue mais l'assiette reste délicieuse.J'avais aperçu un menu à 18,5 € lors de ma 1ere visite mais il n'y figurait pas  lors de ma dernière visite (je pense qu'il n'est servi que le midi en semaine) .
Le soir 2 menus à 28 et 38€ et des plats à la carte variant entre 13 & 19 euros (avec des suggestions du jour sur l'entrée le plat et le dessert).La carte des desserts est pour une fois des plus alléchantes (si on y est sensible) et vous fait pencher irrémédiablement sur une formule "à la carte". Des plats soignés et goûteux, un gratin de lasagnes aux crabes réussi suivi d'une pièce de boeuf fondante à la fourme d'Ambert et un carpaccio d'ananas renversant. Lors de mon dernier passage mon appétit fit honneur à une marmite de sanglier suivi par un (très) coulant au chocolat et sa délicieuse glace au thym (toujours grace au fameux Paco pour des glaces au gout stupéfiant de vérité).


Et la tarte aux fruits rouges & mangues et son sorbet au basilic ne démérite pas non plus.


Et coté vin alors me direz vous. Nous sommes loin de la carte précédente mais la sélection s'avère tout de même suffisament intéressante pour que l'on s'y attarde quelques minutes (avec le défaut de ne pas proposer de demies bouteilles). Une petite sélection de vin au verre et des vins en carafe au format pot lyonnais (46 Cl). Et là on découvre que l'on vous propose du Coche Dury en pot lyonnais !! Je dois vous avouer que je n'ai jamais gouté aux versions embouteillées de ce mythe de la Bourgogne. Mais quand on connaît le prix au litre de ces productions on se dit qu'à 25 euros le quasi demi litre et bien allons y... Et c'est du 2005 ben voyons !! Sinon ils ont aussi de la Chateldon....

Service courtois, bref, une excellente adresse au service délicat.
Le Pic
2, Boulevard Franchet D'Esperey
56100 Lorient
02 97 21 18 29

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Maison Baron Lefevre

10 Septembre 2008, 20:22pm

Publié par Docadn

Escapade expresse dans la cité  (et son chateau tout récemment restauré)  d'Anne de Bretagne, j'ai nommé Nantes. A la découverte d'une adresse formidable pour nos papilles :


Comme l'enseigne l'indique, un restaurant & épicerie. Le tout installé dans un ancien hangar assez bien aménagé dans un quartier en cours d'aménagement.La déco est plutôt plaisante et l'accueil bien tout comme il faut, même sans réserver. Les proprios n'en sont pas à leur coup d'essai puisqu' ils oeuvraient déjà à Ancenis aux commandes de la toile à Beurre.
Vue sur les fourneaux et une carte plutôt alléchante. A savoir le "menu de l'épicier" à 18 euros qui fut pour moi le meilleur rapport qualité/prix croisé cette année. Pâté de tête + petits (énormes en fait) farcis + tarte au abricots et (excellent) sorbet melon. Difficile à battre et délicieux en tout point. Le menu à 25 ne démérite pas non plus. Délicieuse soupe de tomate crémeuse à souhait suivie d'un dos de cabillaud et un dessert régressif de bon aloi (en faut 2 crèmes, une choco & une vanille fleurant bon les années 60-70) le tout accompagné par une délicieuse et très esthétique bouteille de
St Géron (eh oh je ne bois pas du vin en perfusion tout de même !!). Service toujours impeccable et chef de salle dans le ton. Coté boissons signalons une fort honnête carte des vins et un choix de Champagne remarquable (quasiment toute les cuvées Billecart Salmon). L'Épicerie est aussi alléchante que la table et dans le même esprit.


La Clientèle semble d'affaires (du moins au déjeuner). Une adresse dénichée dans l'édition "bonnes tables à petits prix" du Gault & Millau
(et coup de coeur de la rédac). Après presque 2 décennies de fidélité au guide du pneu, je l'ai troqué en hésitant entre l'omnivore et le GM (comme ils disent les branchés) pour guider mes faims cette année. Plutôt encourageant comme 1ere expérience...
En attendant ce resto-boutique est le "très bon plan nantais du moment"...
Maison Baron Lefevre :
33 rue de Rieux
44000 Nantes
0240892020

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