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EscapadeS

Articles avec #vaucluse

Vendredis du Vin #74 - Le vin qui désaltère

27 Mars 2015, 09:58am

Publié par Docadn

Bonjour à tous,

Retour aux devoirs du dernier vendredi du mois, avec Fred Truchon en Zident de la session printanière des Vendredis du Vin.

Le Vortex du Gosier nous propose une thématique presque évidente, jamais abordée à ce jour... et pourtant !!

Vendredis du Vin #74 - Le vin qui désaltère

Nous apprenons, dans l'argumentaire du Zident, qu'un de ses aïeuls serait mort de soif au fond d'un puit, terrorisé à l'idée de boire autre chose que du vin n'ayant pas eu le réflexe de boire de l'eau !!

Mais tout le monde le sait, sans eau, pas de vin, pas de vie synonyme d'une existence bien terne en perspective !! La sempiternelle formule "on a soif, on boit quoi !?" résonne régulièrement dans tous les foyers à l'hygrométrie mal maîtrisée...

"Epaulé jeté de soif" by Tolmer

"Epaulé jeté de soif" by Tolmer

Alors oui, quitte à faire chier l'ANPAA (qui ferait mieux de s'occuper des VRAIS problèmes de terrain, plutôt que faire du lobbying à la Monsanto aux effets nuls sur les comptoirs de pochtrons, mais dangereux pour la filière viticole), quitte à piétiner l'antique et inadaptée loi Evin, il existe des vins qui "désoiffent", qui "désaltèrent"...

Source Twitter

Source Twitter

Je sais pertinemment que "l'alcool déshydrate", mais il y a des vins qui vous font oublier cette vertu négative.

Même les néophytes du microcosme que représente le "monde du vin" (amateurs et vignerons) sont étonnés, à son contact, de la proportion "pas si élevée que cela en terme d'alcoolos purs et durs", en comparaison avec d'autres milieux "moins exposés" mais plus "ravagés"...

Combien de vins dont on vante la "torchabilité", la "gourmandise", le côté "glouglou", l'effet "descente incontrôlée" !!

Qui a honte de se "désaltérer" avec un rosé frais sous la tonnelle (à part ceux qui n'aiment pas le rosé) ?!

Donc oui, quand j'ai une "certaine" soif, pas celle d'après une rando, un effort sportif ou je ne sais quelle autre activité corporelle soutenue, j'ai mon "petit vin qui désoiffe" !!

Vin de France - Petit Jo - La Roche Bussière - Pierre et Antoine Joly

Vin de France - Petit Jo - La Roche Bussière - Pierre et Antoine Joly

Quoi ?! Encore La Roche Bussière !! Que voulez-vous !! Ce n'est pas une bouteille foirée qui va me faire changer d'avis sur la dimension des vins de ce domaine !!

Petit Jo, c'est "l'entrée de gamme" du domaine. Ni blanc, ni rosé, c'est un "rouge de soif".

Petit Jo (en 2013), c'est 50% de bon grenache, 30% de pas moins bonne syrah, plus 20% de merlot pour faire 100 % !!

Mais c'est aussi seulement 10 mg de soufre à la mise (zéro avant), pour des réveils anti-Very Bad Trip !!

Petit Jo, c'est aussi 13,7 volts d'alcool qu'on n'oublierait presque qui semblent en faire 2 de moins en bouche.

Alors au départ, Petit Jo, c'est un peu bizarre, pas rassurant du moins. Ca part sur des agrumes, un petit côté terreux, presque du fermentaire sur certains coups de narine.

Puis, le gosier gémit, il a soif, t'aimes ça gros cochon il faut répondre à sa "douleur". Petit Jo débarque entre les badigoinces et il fait le job !!

Une entame fraîche, acidulée, très poivrée, puissante. La bestiole est sauvage !! Normal... des mois qu'elle n'a pas vu la lumière, qu'elle n'a pas respiré !!

Quelques minutes passent...

Voilà, Petit Jo est réveillé !! L'ensemble s'affine, l'olive s'affirme, les épices se font plus douces, la fraîcheur est entière, le liquide glisse. De quoi vous faire oublier le cliché des "rouges sudistes lourdauds".

Petit Jo c'est ça !! Un coefficient "d'hydratation des sens et du reste" des plus efficaces !! Combien ?! Moins de 10 € chez tous les bons dealers de raisins fermentés.

C'était le VdV #74, à vous les gosiers !!

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Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

28 Mars 2014, 06:07am

Publié par Docadn

Vendredistes, vendredistes bonjour,

Nous voilà à nouveau réunis en ce dernier vendredi du mois de mars, pour nous épancher sur une thématique aussi large que les branchies d'une sardine du port de Marseille ayant une otite (que les vétos, ORL et autres médecins d'organes parallèles ne viennent pas me gaver le steak devant ce non-sens médical, je suis le Zident, donc j'invente toutes les maladies et les organes que je veux sur la sardine !!).

En tant justement que Zident de cette 64ème édition des Vendredis du vin, j'ai lancé un sujet plutôt casse-gueule, mais prompt à réveiller tous les cocktails saoudiens d'anciens alcooliques anonymes et autres apéros débridés, à la roteuse, de kermesses laïques.

Qu'attendez-vous du vin que l'on vous donnera à boire et à voir demain ?!

Assistez-vous à la dégénérescence de ce "pan de la culture française", ou contrairement à tous les cris "péricolégaciens", voyez-vous de vrais signaux de renaissance de ce dernier ?!

Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

Le vin de demain peut-il venir d'ailleurs ?!

Je m'attache à goûter TOUS les "types de vin" passant à proximité de mon gosier.

Pour cela, je n'hésite pas à payer de ma personne, voire dépasser les certitudes (souvent bien franchouillardes) qui occupent les esprits hexagonaux sur la "supériorité des vins français".

Combien d'entre-nous ont plus de 10% de vins étrangers dans leur cave ?!

Je peux lever le doigt en premier, tout en me cachant derrière les prétextes les plus basiques inacceptables pour justifier cette carence !!

J'ai bien quelques breuvages italiens (ramenés d'un périple dans la botte), quelques spécimens allemands, 1 ou 2 pinots américains oubliés, 2-3 cava et tempranillo espagnols, mais rien de "réellement représentatif" d'une pseudo diversité du vin.

La presse se fait régulièrement l'écho d'une énième "revolution-mondialisation" du vin, nous promettant que le vin de demain sera tantôt chilien, tantôt chinois, tantôt argentin, que des vignerons français s'essaient régulièrement à y faire pousser de la vigne.

Le constat est simple : les rayonnages de GMS sont encore bien garnis de ces vins à 2,90 €, quand nos caves sont, pour le moment, loin de suivre ces "paris sur l'avenir".

Aussi, quand je me pose, une seconde fois, la question de "qu'aurais-je envie de boire demain ?"... je sens surtout que je me suis tiré une bonne grosse dum-dum dans le panard avec un tel sujet !!!

Vendredis du Vin#64 : Et le vin devint divin... ou Devil !!

Alors, dans la panique (je suis aussi de ces imbéciles qui pondent quasi à la dernière minute leurs papelards), je parcours mes carnets de dégustation, pour tenter de retrouver un commentaire enflammé citant "le vin de demain", "le vin en avance sur son temps", "le vin retour vers le futur... tu parles !!

Juste quelques gribouillis signalant de lapidaires "trop jeune", "too much", "à ne pas mettre dans toutes les gueules", "difficile à comprendre", "complexe, trop complexe", "trop trituré, trop travaillé", "encore du cab' franc pas mûr"... un peu comme la cuisine d'un chef qui torture ses plats pendant des années, avant de réaliser que la "simplicité est une évidence tellement compliquée à comprendre et à maîtriser" !!

Aussi, c'est cette "évidence" que je cherche à chaque fois qu'un vin s'offre à mes sens !!

L'évidence de voir mes sens gustatifs comprendre le "message" colporté par cette réaction chimique mise en bouteille.

Je veux que demain le vin soit "sensoriel" et "extatique" !!

Je veux que le vin me révèle ses sens, ses origines, ses racines.

Je veux qu'il livre toute sa complexité naturelle que le sol lui transmet, qu'il ressemble non pas obligatoirement au vigneron, mais au paysage qui l'héberge !!

Mais pour que tout cela soit visible, perceptible, évident, il faut que le vigneron, la vigneronne, le chef de culture, l'ouvrier agricole, le maître de chai, le tonnelier, que toute cette "chaine de vie du vin" comprenne ce que la plante et le fruit dissimulent...

Je veux que le vin de demain soit aujourd'hui en mesure de délivrer son plus bel ADN dans mon verre...

Le Claux 2010 - AOP Côtes-du-Rhône - La Roche Buissière

Le Claux 2010 - AOP Côtes-du-Rhône - La Roche Buissière

Et sinon, par chez nous...

Ces derniers mois, c'est un vin rhodanien (mes racines), composé à majorité de grenache (une autre évidence liée à mes racines), produit par Pierre, Antoine et Laurence Joly à Uchaux .

En agriculture bio depuis la fin de règne de Giscard et ses diamants, voilà un domaine de 18 ha planté de grenache, syrah, cinsault, mourvèdre qui m'offre, avec cette cuvée, des râles de bonheur en balade dans mon gosier.

Je pourrais vous faire une propagande éhontée du secret de cette alchimie, mettant en avant que le domaine masse aux huiles essentielles le dos de toutes les coccinelles présentes dans les vignes, que le déchaussage mécanique se fait après traitement homéopathique et séances d'acupuncture de la herse dont l'acier a été coulé le 3ème jour d'un cycle de 6 jours de Mistral, sur les heures "racine" du premier quartier de la nouvelle lune rouquemoute rousse blonde vénitienne.

Si pour certains, il est important incontournable impensable inimaginable nécessaire de boire ce vin uniquement parce que les rendements sont inférieurs à 50 hl/ha, que le sulfitage à la mise n'est pas systématique, alors je ne peux m'empêcher de penser à une forme de cloisonnement des sens et des goûts face à une dimension plus profonde, mais néanmoins occultée....

Sur ce Claux 2010, c'est l'olive locale qui surgit et envahit vos cloisons nasales.

Quand le breuvage glisse entre vos badigoinces, délicatesse et suavité se bousculent sans violence dans votre palais.

Une fraîcheur immédiate, salvatrice, anime le flot continue des gorgées étonnamment aériennes.

Alors, les épices douces, l'orange sanguine, tour à tour libèrent leurs effluves.

L'ossature orientale, élancée, la "chair" ultra-gourmande, emplie de finesse, à l'équilibre modèle, met à mal tous les poncifs sur les "vins rouges lourdauds du sud" !!

Ce vin est l'évidence de demain !!

Il transpire dans le verre la complexité de ses racines perchées (300-400 mètres), son caractère puissamment élégant, profond, sa gourmandise naturelle, son ADN terrien talentueusement décrypté par des vignerons clairvoyants ...

Voilà, notamment, à quoi je veux que leS vinS de demain ressemblent...

Quant aux vins Devil(s), ils continueront d'exister, surfant inlassablement sur la méconnaissance (parfois entretenue) et les repères-critères économiques et moraux du "client lambda".... même au pays du vin et de la gastronomie !!

LA ROCHE BUISSIÈRE
Route de Vaison

84110 FAUCON

Tél. : 04 90 46 49 14

www.larochebuissière.fr

C'était le point de vue du Zident des 64ème VdV... au plaisir de lire tous vos billets sur le sujet !!

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Restaurant Le Parvis à Orange

21 Juin 2013, 08:29am

Publié par Docadn

Bonjour,

C'est le palais encore meurtri par les affres du dîner de la veille, que je cherche l'inspiration de quoi déjeuner dans un des ex-bastions du FN celle que l'on nomme parfois encore la "Cité des Princes".

Il est midi pile, je cherche quelque chose de "central" dans l'antique cité, avec si possible un parking couvert, histoire de ne pas ramener mes bouteilles de Châteauneuf-du-Pape chauffées à 30°C !!

Le cours Pourtoules propose un providentiel parking souterrain (gratuit à l'heure du déjeuner), ainsi que quelques restaurants peu encombrés en ce début de mois de mai.

L'ardoise du Parvis gagne rapidement mes faveurs. J'entre...

Restaurant Le Parvis à Orange

Le "gap" est conséquent entre la formule très populaire attrayante à l'extérieur et l'intérieur aux aspirations bourgeoises, auréolé de "peintures naïves montmartoises" !!

L'accueil est poli, mais frais comme une clim' très mal réglée. Seules 2 autres tables sont occupées.

Restaurant Le Parvis à Orange

J'opte pour la formule du jour, tandis que l'on me dépose "l'éternelle-sempiternelle-traditionnelle tapenade" (aux olives noires aujourd'hui), que je grignote en compagnie d'un blanc sudiste oubliable (et oublié) !!

Filets de rougets grillés, ratatouille froide

Filets de rougets grillés, ratatouille froide

Les filets sont remarquablement bien saisis !! La fraîcheur et le goût se disputent autour d'une délicieuse ratatouille. Une ratatouille relevée avec une précision diabolique !! Je suis déjà en mode "Bob l'Eponge qui cligne les yeux, se demandant où il est" !!

Poisson cuisiné selon le retour du marché : filets de maquereaux à la cannoise d'olive...

Poisson cuisiné selon le retour du marché : filets de maquereaux à la cannoise d'olive...

5 généreux filets d'un poisson vulgaire trop souvent méprisé, qui peut s'avérer fabuleux quand il est traité avec soin !!

Là encore, une cinglante démonstration de la maîtrise des cuissons, qui offre un condensé de savoir-faire, des bouffées magiques d'iode, quand la mer ne s'offre à vous, visuellement, que 3/4 d'heure plus bas !!

Le jus est une tuerie, une boucherie, un génocide des sens, mêlant une huile d'olive limite "hallucinogène pour les papilles", additionnée d'olives de dingo forcément d'un autre monde, capables de faire avaler du navet au "brassicasséphobe" que je suis (hé oui, je déteste aussi les olives en temps normal !!).

Les rares légumes sont au diapason du niveau olympique du plat !!

Une assiette qui manque de provoquer un avc à mes paupières de Bob l'Eponge, quand mon palais veut prolonger ce coït inattendu !!

Le savarin à la mangue

Le savarin à la mangue

C'est une sorte de "baba au rhum" qui débarque sur la table (je n'aime pas les babas non plus !!).

L'acidulé et le sucré se téléscopent judicieusement dans ce savarin, qui disparaît en moins de 3,5 bouchées (oui, même la bouche de Mick Jagger à côté de la mienne ressemble à la poitrine de Birkin face à celle de Christina Hendricks)...

Jean-Michel Bérengier officie depuis la fin des années 80 au Parvis (la carte précisait même qu'il fêtait ses 25 ans cette année, à la tête de l'établissement).

Sans être d'un avant-gardisme désopilant (il semble se réclamer d'Escoffier), voilà un cuisinier qui cultive un sens aigu des goûts, délivrant une cuisine désarmante de simplicité assise sur une technique éprouvée...

Un mot sur le service. Si celui-ci fut teinté d'une certaine fraîcheur au départ, il a su se faire souriant, voire charmant, pour ne pas dire flatteur, quand l'élégante hôtesse me fit notamment part du "bel organe inexploité" que représentait ma voix (cassée depuis plusieurs semaines)...

Au-delà des rougeurs provoquées par ces flatteries, le service est très pro, mais effectivement pas immédiatement engageant !!

Restaurant Le Parvis à Orange

La formule entrée, plat, dessert + 1 verre de vin + 1 café est facturée 19,50 € !!

Contrairement au Poulpe, où le prix de la formule "rend" la séquence bonne, ici c'est très bon, au rapport qualité/prix exemplaire !!

Etonnant de constater que ce resto (aux formules plus "ambitieuses" le soir venu) ne soit guère plus "médiatique" !!

Il y manque sûrement la gouaille d'un cuistot "grande gueule avé l'assent", ou les services et l'acharnement d'une attachée de presse affamée !!

Si l'on devait "coter" Le Parvis, il pourrait largement prétendre à un Bib Gourmand (alors qu'il ne figure même pas dans la sélection du Gros Rouge) et naviguer sur "2,5" toques au Gros Jaune (où il ne figure pas non plus !!), sur la base de ce déjeuner .

Les locaux se plaignant, à juste titre, de la banalité du paysage gastronomique orangeois, seraient très inspirés de réorienter leurs budgets vers Le Parvis, plutôt que de s'acharner à gaver les nombreuses "chaînes de décongélation"...

Le Parvis

55 cours Pourtoules

84100 Orange

Tél : 04 90 34 82 00

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