Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
EscapadeS

Articles avec #vendee

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

22 Mars 2015, 22:02pm

Publié par Docadn

Bonjour,

14 ème rendez-vous des amateurs de la dive bouteille, dans notre QG rennais Un Midi Dans les Vignes.

Notre petit cercle de picolos, toujours assoiffé, s'attaque à la "plus longue aire de jeu du vignoble hexagonal", j'ai nommé La Loire !!

Une exploration que nous ferons par étapes, en remontant le fleuve, même si des satellites un peu excentrés risquent d'être oubliés dans nos scans dégustatifs.

Honneur donc à la Loire Méridionale, pas la plus sexy pour les buveurs d'étiquettes snobs du vin, (dont je me défends d'être, en vouant une SINCERE adoration pour le muscadet), qui va nous réserver des surprises de taille au fil de ces 15 16 candidats.

Tous les vins sont bus à l'aveugle.

Maïté Ligeron nous a concocté un déjeuner qui essaie de coller au plus près aux apports (communiqués un poil tardivement pour imaginer Ze menu raccord).

C'est sur sa demande que nous démarrons par les rouges.

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Bretesche 1387 - Brut Nature - Jérémie Huchet :

Un "pétillant" en guise de warm up, à la bulle quasi invisible, exhalant fruits jaunes et fin sucre. La bulle est extrêmement fine, nerveuse, à l'amertume un poil marquée, quand la matière donne une sensation de sucrosité semble bien mûre. C'est globalement pas mal fait. **(*)

L'Aunis Etoilé 2013 - Deboubertin (Stéphanie Debout et Vincent Bertin) - Vin de France :

Le nez m'évoque un pinot noir dans un premier temps, avant de rebondir sur une macération carbonique évidente. La matière est fraîche, sur les fruits rouges, un poil crayeuse, avec une finale "pas très droite". Dommage pour cette dernière, car l'ensemble aurait fait un joli pineau d'Aunis très gourmand. Mais comme aurait sûrement dit Pierrot Deboubertin, qui a failli remettre au goût du jour les JO de la picole en 1253 : "l'important, c'est de participer d'en boire"... **(*)

253 Cuvée Surclassée 2011 - Philippe & Françoise Gourdon - Vin de France :

Un très joli nez de fruits rouges, alors que la matière est d'emblée austère. Un fruité dense (fraise) s'extirpe d'un jus définitivement rigide. La gourmandise finit par s'imposer difficilement sur une matière à la souplesse d'un mormon qui enterre sa vie de garçon à Las Vegas. **(*)

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

La Grange aux Belles - La Nina 2010 - Vin de France :

Nez hyper fruité, annonçant une gourmandise à tous les étages. L'ensemble est juteux, très mûr, équilibré, charnu et d'une intense buvabilité. Les pisse-froid analystes trouveront ça "un poil mûr", mais non, c'est juste très bon, sur un domaine qui avait perdu un peu de mon estime sur les derniers millésimes. ***(*)

Château Perray Jouannet - Vignobles Laffourcade 2011 - Anjou :

Nez typé de "cab' franc à l'ancienne", à l'astringence et au végétal de "déchausse-gencive" (si un dentiste peut me donner le nom exact de cet instrument de torture). Un apport de "La Mouthe", seconde caution féminine de notre assemblée et première participation remarquée avec cette daube cet achat à l'aveugle. 0

Domaine Langlois Château - Vieilles Vignes 2003 - Saumur :

Là encore, un nez typé de cab' franc, à l'attaque massive, boisée, "serrée-fermée", qui finit par imposer une consensualité gustative convenue et plutôt flatteuse. L'acidité est plutôt élevée pour un 03, mais vu que c'est Maël qui ne l'a pas amené, mais qu'il me faut un coupable pour reprendre le flambeau de "la bouteille pourrie que tout le monde insulte et qui te vaut une lapidation à la figue molle". *

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Domaine St-Nicolas - Le Poiré 2008 - Fiefs Vendéens :

Nez très expressif, complexe, métallique. Un jus à l'acidité haute, trèèèèès gourmand, au coefficient de torchabilité trèèès élevé. Tout le monde rame pour placer une négrette sur ce joli vin très joueur. ***(*)

Marc Pesnot - Chapeau Melon 2013 - Nature - Vin de France :

Une des 2 bouteilles du Boss, endossant avec joie le rôle du "punk à crête" par ses apports souvent "grunge métalcore d'obédience hair metal". Un pif de champignon (non hallucinogène), qui tourne pleine poire. On sent le "peu protégé", caractère "Crocs en bois de cagette Max Havelaar et sarouel en chanvre traité en préparation 501". Quasi bourguignon en bouche, hyper "rock décadent". Contrat rempli pour cette bouteille. Merci Christophe !! *(*)

Domaine Michel Brégéon - Muscadet 2004 :

Changement de registre avec ce muscadet assez réduit à l'entame, qui poire aussi intensément. L'attaque est délicate, fraîche, à l'acidité modèle, d'une rondeur très élastique. Un mayennais (en mode rougeaud qui a chaud depuis le début des hostilités) est surpris, à la découverte de l'étiquette, qu'un Muscadet puisse lui donner une demi-molle être aussi avenant. ***

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Pithon-Paillet - Clos Pirou 2013 - Savennières :

Joli nez complexe, anisé, qui hurle "melon de Bourgogne", alors que c'est un chenin !! Attaque fraîche, nette, aux amers saillants, simple, bien foutu, mais pas de quoi se relever la nuit... surtout en découvrant son pédigrée !! Forcément trop jeune, mais prometteur. **/**(*)

Domaine Jo Pithon - Les Bonnes Blanches 2004 :

"Le keupon sans moumoute" revient avec un second blanc au caractère olfactif "oxydatif" qui nous emmène presque en Jura !! Un autre mayennais (moins rougeaud que son cousin) y trouve même de la crème brûlée, pas déconnante pour le coup.

La matière est nette, sans caractère déviant, puissante, en mode "oxydatif ménagé" modèle. Pour moi, le "meilleur blanc sec" de la série. ***(*)

Domaine du Closel - Clos du Papillon 2003 - Savennières :

Un nez de Lactalis yaourt, au bouchon évident... mais nous ne sommes que 2 à le ressentir. Ensemble rond, assez tendre, pas mal, mais bouchonné pour ma pomme. NN

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Collection Privée des Frères Couillaud - PM 2004 - Vin de France :

Le traumatisme de "la bouteille foirée" est encore vivace !! Je "joue ma vie" en servant avec une certaine appréhension mon apport.

Pas de bouchon, pas de vin barré, ouf !! Ca pète d'ananas (petit manseng, eh oui, y'en a là-bas aussi) au-dessus du verre, quand la bouche reste "propre" devant l'aérien et le fruit délicat du jus en question. J'y décèle quand même un côté demi-corps qui n'en fait pas le délice absolu attendu. ***/***(*)

Domaine de Montgilet - Les Trois Schistes 2009 - Coteaux de l'Aubance :

Un coing puissant, une figue, une datte, mais un ensemble court et un peu pataud qui déçoit l'assemblée et son donateur. *(*)/**

Domaine de Montgilet - Le Tertereaux 2009 - Coteaux de l'Aubance :

Un liquoreux pour finir, sur le même millésime que son prédécesseur !! L'acidité est plus tranchante, équilibrant bien mieux l'ensemble **(*)... mais mon crayon se fait vagabond, je décroche, avant de plonger une petite cuillère dans un verre contenant un nectar de Didier Chaffardon "titrant" 700g de sr (1° d'alcool de mauvaise mémoire) tout simplement phénoménal ****

LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire
LPV BzH XIV, début de la remontée de la Loire

Ainsi s'achève ce 14ème opus breton qui, derrière des préjugés bien ancrés, doit son succès à l'impeccable logistique assurée par Bernard et Annick, sans parler de l'accueil et la générosité des Ligeron.

Voir les commentaires

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

13 Décembre 2014, 09:37am

Publié par Docadn

Bonjour,

Déjà la fin de l'année, et ses marronniers auxquels ce foutoir n'échappe guère plus que d'autres.

Qui dit décembre, dit "grosse table pour souffler les bougies de La Miss se bâfrer à grands frais".

Cette année direction la Vendée, pour découvrir la cuisine d'un chef peu médiatisé, mais au "cv solide sur le papier" .

Apprenti chez Lann aux début des années 80 (restaurant "Le Central" au Guilvinec), puis chez Thomas ("Le Manoir de la Comète", restaurant étoilé, à St-Sébastien-sur-Loire), il "monte à la capitale" pour un petit tour au Véfour, avant de suer successivement dans les 2 restaurants étoilés de Jean-Pierre Jacob (Le Bourget-du-Lac/Courchevel).

C'est dans le bi-étoilé alpin qu'il passe second de cuisine. Puis, il reprend son baluchon et ses couteaux en 1990, pour un petit Tour(nadre) chez Gill, à Rouen.

Les semelles à peine entamées, il achève son tour de France chez Jean-Marc Banzo (Aix-en-Provence), puis chez le bi-étoilé Gérard Clor ("L’Escale" à Carry-le-Rouet), en tant que chef au milieu des années 90.

Il ouvre enfin sa (première) table en 1996 ("l’Auberge Robinson aux Sables d'Olonne), puis s'installe à St-Sulpice le Verdon en 2004.

Il sera (pour la seconde fois) finaliste de l'édition 2015 du concours MOF à Dardilly (69) en février prochain.

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Nous sommes au coeur du Logis de la Chabotterie.

Thierry Drapeau occupe une des ailes de l'ensemble historique.

La salle est aérée, aux grands volumes, avec une ambiance "terroir pas trop ringarde". En entrant, nous apercevons le chef à travers sa cuisine-aquarium.

L'accueil est dans le standing "grande maison de campagne".

Un verre d'irouléguy (Eztia) pour La Miss, un muscat 13 de Bott Frères pour ma pomme, avant d'attaquer le menu "balade d'ici et d'ailleurs" (85€).

Mises en bouche
Mises en bouche
Mises en bouche
Mises en bouche

Mises en bouche

C'est tout d'abord une batterie de mises en bouche qui débarquent. Il manque même le velouté de champignons sur les photos ci-dessus.

Le niveau est très élevé (désolé pour les dénominations, mais passé 3 explications je décroche).

Quand le "velouté-oeuf" apparaît, je pense sincèrement qu'il s'agit de la première entrée... mais non, c'est encore une mise en bouche !!

J'ai donc comptabilisé pas moins de 8 mises en bouche avant de voir enfin le premier plat inscrit sur le menu !!

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe
St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

St-Jacques et foie gras, condiment truffe et cerfeuil - gnocchi châtaigne, potiron et jambon de Vendée - Poisson petits bateaux du jour (bar) - Volaille, chou de Bruxelles et truffe

La première entrée est d'un aérien et d'une fraîcheur splendides, quand la seconde nous replonge dans l'esprit des "veloutés de l'automne".

Le bar est forcément un poil au-dessus de mes critères de cuisson, mais magnifiquement accompagné par des crucifères que j'ai pour habitude de fuir.

La volaille est d'un classique confondant. Moelleuse, avec son petit jus un poil trop salé, mais parfaitement cuite.

Là encore, Thierry Drapeau arrive à me faire avaler un épatant chou de Bruxelles... horreur légumière qui n'avait pas franchi mes badigoinces depuis 4 décennies !!

Le rythme du service est bon, les portions plutôt généreuses... suffisamment pour commencer à s'inquiéter de tout ce qu'il reste encore à avaler !!

Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés
Chariot de fromages - Plaisirs sucrés

Chariot de fromages - Plaisirs sucrés

Un impressionnant plateau de fromages, épaulé par un chariot de pains (servis tout au long du dîner) de haute volée (les meilleurs croisés à ce jour dans un restaurant) !!

Un boulanger (à temps plein) fournit de splendides miches pour le restaurant et l'hôtel...

Un gâteau (spécialement conçu pour l'évènement) démoniaquement chocolaté, est offert en sus de tous les autres plaisirs sucrés !!

Nous sommes au bord de l'explosion ventrale !!

Nous nous voyons proposer des "douceurs pour terminer" (un plateau rempli de chocolats maison et autres confiseries), nous déclinons cette dernière.

D'autres tables ont "craqué" avant même la batterie des desserts. Certaines ont même demandé à emporter ces derniers.

NB : il s'agit du plus petit menu de la carte !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Côté "liquides", une très jolie carte des vins, aux coefficients plutôt musclés, avec suffisamment de références pour faire bander émoustiller les palais de buveurs d'étiquettes.

Un sommelier à l'écoute, disponible, échangeant très facilement entre 2 assiettes, qui m'a déniché ce fort joli 2010, tout en ayant l'élégance de l'ajuster au tarif de mon 1er choix plus disponible...

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Mais notre calvaire n'est pas pour autant terminé !!

Nous rejoignons notre chambre "supérieure" (située à 400 m du restaurant), pour constater que nous avons eu de la visite pendant notre absence !!

Comme chez Régis Marcon, le staff de l'hôtel a préparé notre chambre... et s'est dit que nous aurions vraisemblablement encore un petit creux !!!

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

L'hôtel (ouvert en août 2013) semble calé au sein d'un mamelon terreux, comme semi-enterré.

Béton et bois habillent le bâtiment abritant une épicerie fine, un bar, la salle des petits-déjeuners, un agréable espace détente (sauna, jacuzzi), plus une dizaine de chambres.

Une réussite architecturale, dont le confort, les services et l'attention valent les 4* et le statut de Relais & Châteaux.

Une (excellente) nuit passée sur le dos, avant de parachever notre séjour par "l'expérience petit-déjeuner".

Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon
Thierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le VerdonThierry Drapeau à Saint-Sulpice le Verdon

Un véritable "brunch" en 3 services, fait minute, délicieux, frais, forcément local... très généreux, n'en jetez plus, le bide est plein !!!

En conclusion, Thierry Drapeau parvient à transfigurer une "cuisine terroiriste" dans des assiettes épurées (que mes photos trahissent largement), comme des petits tableaux aux couleurs joyeuses, bourrées de saveurs, mais dont il peine à sauvegarder une juste satiété...

C'est ce qui pourra gâcher un poil la fête, quand comme moi, on ne peut laisser des assiettes inachevées repartir en cuisine...

Pour la partie hôtel, la très baudelairienne formule "luxe, calme et volupté" sied à merveille à ce lieu après un marathon "gargantronomique"...

Hôtel-restaurant Thierry Drapeau

Logis de La Chabotterie

85260 Saint-Sulpice le Verdon

www.restaurant-thierrydrapeau.com

Restaurant : 02 51 09 59 31.

Hôtel : 02 51 40 00 03

Voir les commentaires