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EscapadeS

Articles avec #vendredis du vin

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

31 Mai 2013, 05:44am

Publié par Docadn

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Bonjour,

Après avoir "séché" la précédente édition "fariesque" pour cause de congés, nous revoilà avec un nouveau Zident, à savoir Jeff Heering, rédac' chef (à temps très très partiel) du blog Balthazar Magnum, gosier-adhérent du cercle hystérique fou furieux "rhumantique" des Brusseleirs...

Ce membre actif de la secte en question nous propose, pour ce 56ème vendredi bacchique, d'aller fureter vers les cépages dits "rares ou oubliés".

Vous savez, ce genre de vin élaboré avec un ou des cépages dont on vous dit qu'il ne reste plus que 15 pieds vivants ou à peine 12m2 cultivés de part le monde...

Des cépages tombés dans l'oubli le plus souvent pour cause de "robustesse moyenne inférieure à celle d'un chêne liège dans la steppe russe", ou de "rendement à l'hectare digne d'un arganier millénaire", quand ce n'est pas tout simplement une question de "mode" !!

Des cépages avec des noms qu'on ne croise plus que dans les dialogues de "Jacquou Le Croquant" ou ceux du "Retour de Martin Guerre" !!

Seuls des Nicolas Gonin et d'autres druides de la vitis vinifera sont capables de les énumérer avec des larmes dans les yeux, comme d'autres psalmodient le Vidal face au trou de la sécu !!

VdV#56 : L'Arche de Noé des cépages rares et oubliés... t'aimes ça, grosse chalosse !!

Quelques cavistes curieux (aux sélections souvent pertinentes) nous permettent parfois d'approcher ces "pandas" de la viticulture, entretenus par des vignerons assez fous pour ne pas plonger, totalement, dans le consensus mou auquel le monde viticole n'échappe pas non plus !!

Aussi, grâce à l'un d'eux, j'ai pu (re)découvrir la folle-blanche !!

Le site lescepages.fr nous apprend que ce(tte) dernier(e), probablement originaire du Sud-Ouest, servait à la production de l'armagnac et du cognac. Il a été, depuis, largement détrôné par l'ugni blanc.

Des analyses génétiques nous apprennent qu'il aurait comme ascendant Yves Montand le gouais blanc (cépage que seuls quelques valaisans au mode de vie de mormons du 19ème siècle cultivent encore).

En fait, derrière ce sobriquet mêlant problème psychiatrique et posture fantomatique, se cache le très dénigré gros-plant, encore appelé piquepoul du Gers, ou de manière plus rigolote grosse chalosse (eh non aspirantes-Femen, ceci n'est pas une insulte !!), ou encore grosse blanquette (qui a dit "de veau" ?!! Ne vous dissimulez-pas, je l'ai entendu d'ici !!)...

Mais les plus attentifs pourront me reprocher de ne pas avoir cité ses autres noms que sont picpouille ou piquepouille, ou encore enrageat, picapola, taloche, damery, txori mahatsa, matza zuri, saint-émilion à Chypre, histoire d'organiser un concours de l'Eurovision le plus représentatif de ce cépage !!

C'est grâce à un "gros domaine" que j'ai (re)découvert les vertus premières de la folle-blanche !!

Son impopularité tenace permet une tarification très avantageuse, pour ne pas dire dérisoire... Dans notre cas présent, cette folle-blanche coûte un bras auriculaire facturé 4,50 € !!

Un "Ctrl+C Ctrl+V" de mes deux derniers compte-rendus sur cette folle-blanche !!

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Des notes marquées de fruits blancs, quelques effluves crayeuses. Un pétrole intense finit par dominer l'espace aérien du verre, louchant vers un riesling charmeur. L'attaque est vive, pleine, grasse, assez courte, presque furtive. Les gorgées suivantes se font plus longues, déclamant une pointe épicée, une amertume équilibrée. L'ensemble reste "vif comme un 08", avec un soupçon de complexité supplémentaire le lendemain. Une "Folle Blanche" très sérieuse, d'un (gros) domaine dont la production m'épate assez souvent... ***/***(*)

Folle Blanche - Gros-plant-du-pays-nantais 09 - Pierre Luneau-Papin

Cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot étendu sur une matière grasse, s'arquant en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui s'affine au fil des gorgées. ***

Il va de soi que "le gros-plant" souffrira longtemps encore, dans les esprits, des "maltraitances" du passé...

Mais sous le sobriquet plus "fun" de "folle-blanche", assorti d'une attention de tous les instants, de la vigne au chai, la preuve est faite que l'on peut donner une certaine allure et de la classe au gros-plant...

C'était les VdV#56 en direct du "musée Pascal Sevran des cépages",

à vous Cognac-Gay Cognacq-Jay !!

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