L'Eden

"Escapades joue à domicile" ou presque avec cette adresse qui commence à faire pas mal de bruit dans le Landerneau (même si on est loin de Landerneau).
Nous sommes donc à Vannes dans une rue anonyme située à l'arrière de la préfecture. Pas de commerces alentours, seule l'antique et immense façade du ciné voisin du même nom s'est vu offrir une
seconde vie moins ludique mais plus rose (ne cherchez pas la programmation, il y a 2 ou 3 professions libérales plus un programme immobilier en cours).
Nous voici donc à l'Eden, récemment sacré "meilleur rapport qualité prix de Bretagne" par le très parisien guide Pudlowski dans son édition régionale.
Vincent Thomas et Nicolas Jouret sont donc 2 beaufs (attention pas celui de Cabu, des vrais beaux frères avec des soeurs) qui transpirent depuis plus de 2 ans pour faire vivre et connaître
leur table.
Leur stratégie s'est faite sur des prix très très serrés et une cuisine qui tient tête aux autres. La route est longue mais ils ne désespèrent pas de jouir enfin d'une reconnaissance
méritée...
C'est Vincent qui est en charge de la salle et qui nous accueille.
La carte arrive et se décline en 3 thématiques temporelles :
- L'Hebdomadaire :
Plat + 1 verre de vin ou 1 café = 11 €
Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 13,20 €
Entrée + Plat + Dessert = 15 €
- Le Mensuel :
Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 20 €
Entrée + Plat + Dessert = 25 €
- Le Trimestriel :
Entrée + Plat ou Plat + Dessert = 29 €
Entrée + Plat + Dessert = 34 €
L'Eden fait partie des établissements jouant " à fond" le jeu de la baisse de la TVA. Les intitulés sont alléchants comme tout. il n'y a pas de plat à la carte. Je pars sur "un trimestriel
complet", ma compagne de table sur "un mensuel intégral".
Pour nous ouvrir l'appétit, une tapenade douce et équilibrée pendant que Vincent nous anime sa carte (originale) des cocktails et apéritifs maison.

Et il vend bien son affaire le bougre puisque je pars sur un Maydie de Laplace. Un vin muté sur une base 100% Tannat tout simplement délicieux et bien moins "liquoreux" que je ne le redoutais.c'est
frais, gourmand et à la buvabilité bien plus grande que moult vins mutés croisés ça et là.
En face c'est Zéro Pointé, un rosé
dont l'histoire aujourd'hui banale dans le monde du vin, nous montre les incohérences des "critères de typicité" de certaines AOC. Ben AOC ou pas, c'est bon comme un jus de fraise à la sortie du
mixeur !!Le perlant décrit n'est pas là mais c'est là aussi très gourmand et sans chichis...

Et en face je pouvais admirer

Entrées fort convenables. La compotée de tomates confites est dominée par l'anisette et mon conditionnement "couleur-goût" en prend un coup sur ce plat. C'est déroutant mais fort bon.
Sur la seconde entrée, je remarque immédiatement la douceur de l'huile d'assaisonnement qui accompagnera presque tous les plats.
Après échange avec la serveuse, j'apprendrais que Nicolas Jouret "coupe" une Puget standard avec de l'huile de tournesol.
Une "vieille astuce" que ma mère utilise avec les huiles d'olive marocaines bien trop fortes pour les palais peu familiarisés à la puissance de certaines d'entre elles...

& Crème de Balsamique au cacao

Déjà visuellement, c'est top. Je me délecte des St jacques d'un must de fraîcheur et à la cuisson vraiment parfaite. Je n'en avais plus mangé ainsi depuis "les mythiques" de la Closerie de Kerdrain à Auray !! L'acidulé de la rhubarbe balance bien le fin amer du cacao (un poil moins de rhubarbe aurait été parfait). L'ensemble est tout de même excellentisme, un grand plat !!
Du coté des crustacés, cela n'est pas moins grand !! Là aussi une cuisson exceptionnelle des 2 gambas taille XL et l'étonnante julienne de mangue non sucrée (est ce une variété ou le fruit pas mûr ??) juste croquante. C'est aussi justement épicé.Là encore une tuerie gastronomique comme j'aime en rencontrer...

Le mille feuilles est d'une finesse et d'un croustillant d'anthologie, l'espuma est juste sucré, goûteux et aérien.Un dessert diabolique.
La gourmandise d'en face est un peu plus sur la réserve. Les fruits sont parfaitement saisis mais la glace est peu expressive.On a même cru déguster une glace à la vanille !!
Coté carte des vins, une présentation avec une table des matières pour aller à l'essentiel. Les "grandes maisons" côtoient les vignerons. Elle est entre deux eaux, oscillant entre Jaboulet et Chidaine ou Kreydenweiss, mais suffisamment éclectique pour trouver le compagnon de repas, avec un choix de vin au verre plus inspiré qu'ailleurs.
N'ayant pas les moyens de Gilles Pudlowski pour savoir s'il s'agit en effet du meilleur rapport qualité prix de Bretagne, il ne fait aucun doute sur le rapport qualité prix vraiment exceptionnel de l'Eden...
Avec son menu "haut de gamme" à 34 euros proposant du homard (sans les 10-15 euros minimum de rigueur en supplément) et des St Jacques, j'ai beau chercher dans le coin, je ne vois pas !!
L'Eden mérite une reconnaissance à la hauteur de sa cuisine.Et ils y travaillent assidûment nos 2 beaux frères !! Ca va bien finir par payer...
A part donc dans le "Pudlocal" rien dans les autres guides à ma connaissance.
Vannetais, vannetaises, bretons, bretonnes,gourmands, gourmandes,touristes, touristes courrez-y...
PS : La table 11 est idéalement située...
Restaurant L'Eden
3 rue Pasteur
56000 Vannes
02-97-46-42-62
Fermé le samedi midi et le dimanche midi / soir
Pas de site mais un lien plutôt complet : ICI
Et un article dans le Télégramme : ICI