Florilège de dégustations XXIV
Quand certains réclamaient un florilège par trimestre, Escapades vous livre un vingt-quatrième tome, à peine 5 semaines après le volet XXIII !! Les chaleurs estivales, du printemps à peine entamé, ont sollicité le gosier quasi asséché et le carnet de notes aux nombreuses pages immaculées...
Chablis 1er Cru - Monts de Milieu 05 - Barat
Une forte réduction ouvre le ban, laissant place à un "grillé-fumé" tenace, assorti de notes de carton mouillé. Pour une fois, je ressens un soufre conséquent et un côté "serré au nez". La matière se montre fraîche, tendre et confirme son soufre outrageant. L'ensemble est sans vibration, linéaire et plat comme une candidate à un casting Élite. *
Folle Blanche - Gros Plant du Pays Nantais 09 - Pierre Luneau Papin
Des notes marquées de fruits blancs, quelques effluves crayeuses. Un pétrole intense finit par dominer l'espace aérien du verre, louchant vers un riesling charmeur. L'attaque est vive, pleine, grasse, assez courte, presque furtive. Les gorgées suivantes se font plus longues, déclamant une pointe épicée, une amertume équilibrée. L'ensemble reste "vif comme un 08", avec un soupçon de complexité supplémentaire le lendemain. Une "Folle Blanche" très sérieuse, d'un (gros) domaine dont la production m'épate assez souvent, pour un prix dérisoire (4,50 €). ***/***(*)
Amphibolite Nature - Muscadet 10 - Joseph Landron
C'est une poire très mûre qui se glisse dans mes parois nasales, emportant avec elle, une jolie pierre humide et des notes intenses de calcaire. L'attaque est perlante, très fruitée, assez courte, pour une finale sur d'étonnants fruits secs. Des notes miellées s'invitent à J+2, ainsi qu'une fine sucrosité malvenue, prompte à "détendre" l'ensemble. **(*)
Pomponette - Rousé 10 - La Sorga
Dernier spécimen en ma possession ( Cf le CR de l'avant-dernière) du "Rousé" de La Sorga. Intenses petits fruits rouges, agrémentés d'une carbo évidente (ça s'explique pas, ça se sent, mais il faudra bien trouver une parallèle pour imager honnêtement cette "carbo touch"). Matière très perlante, au fin sr, très fruitée, se déclinant sur les agrumes. Les amers sont saillants, peu disposés à laisser le fruit jouer tout seul. **
Comme à Cayenne - St-Chinian 07 - Michel & Pompilla Guiraud
Nez très métallique, sanguin, rehaussé d'un joli sous-bois et d'une ronce prononcée. A J+2, le nez évoquera une syrah, alors que seuls carignan et grenache sont présents dans cette cuvée (qui tire son nom du travail de "bagnard" qu'a nécessité le défrichage de cette parcelle). Une matière suave, vive, au caractère très "viandé", qui "syrahte". Un fin végétal, de belles épices, de la densité, du fruité, de la "race". Une complexité qui ne cessera de croître pendant les deux jours de dégustation. A 8,40 €, la "dépense" est très largement justifiée. ***/***(*)
Bourgogne - La Combe 08 - Marc Colin & ses fils
Nez typé de "chardo-beurré-toasté" version timide, avec quelques notes de pierre humide. Une attaque bourguignonne (chardonnesque), très fruitée, large et ample, fraîche et suave, aux amers nobles, à la finale de curry. A J+1, le nez est toujours discret, la mâche indiscutable, les amers vibrants. De la droiture et de la tension, comme je les aime sur les 08 bourguignons. ***(*)
Brut de Cuve 11 - Beaujolais Nouveau Rosé - I & B Perraud
Nez de carbo intense (il faut vraiment que je trouve un glossaire !!), acidulé, au fin végétal, couronné par des discrètes flaveurs de kéfir et de notes fermentaires. Une attaque souple, fruitée, juteuse, relativement courte. Un fin perlant anime de fraîcheur, de gourmandise sous-jacente, la matière très fruitée, à la fine sucrosité, évoquant la groseille en finale. **(*)
Champagne Bt 1er Cru - Henri Chauvet - Cuvée Noire 07
Cordon nerveux, bulles nombreuses délivrant des effluves de poire et de craie. Le fin dosage et la craie s'imposent en bouche, pour décliner une matrice ample, toastée, à l'acidité relevée. De jolis amers concluent ce Blanc de Noirs, suffisamment consensuel pour conquérir un électorat de bayrouiste à table. **(*)
Côtes-du-Rhône - Bout d'Zan 10 - Mas de Libian
Une réduction forte, accompagnée d'une odeur de plastique brûlé désagréable se manifestent au premier coup de narine. Quelques rotations du verre permettent de faire disparaître ces odeurs peu glamours, pour laisser place à une rafle intense, un caramel plaisant, des épices nombreuses, une touche de menthol, une syrah très expressive (20% seulement). Une entrée en la matière fraîche, immédiatement gourmande, aérienne, joliment équilibrée entre les fruits et les épices, à la mâche conséquente. A J+1, la syrah s'impose au nez, l'équilibre, la gourmandise et le volume sont toujours au rendez-vous. ***/***(*)
Beaujolais Blanc 09 - Domaine de la Chanaise - Dominque Piron
Nez sudiste, évoquant le berlingot, l'anis, annonçant une "présomption de mollesse". Présomption vérifiée par une attaque molle, sudiste, pommadée, aux échos d'hydrocarbures étonnants et alcooleux en finale. *
Châteauneuf-du-Pape 08 - Domaine charvin
Nez distillant fraîcheur, fraise écrasée, susurrant
"gourmandise", "capiteux", "confiserie"... Un nez très envoûtant, mentholé, finement végétal, qui développera une pointe de graphite, un ample cassis, quelques pointes métalliques, ainsi qu'une rafle soutenue le
lendemain.
Une attaque étonnamment "lactée-fruitée-régressive" (ceux qui ont déjà
mangé des
"Campino fraise" comprendront), suave, épicée,
caressante, très volumineuse, droite, équilibrée, sans creux. Un vin complet, très gourmand, bourré de nuances charmeuses sur
la longue finale. J'ai très rarement bu un Charvin aussi jeune,
délivrant autant de plaisir.
***(*)
A suivre, l'opus XXV... mais c'est pas pour demain !!