Florilège de dégustations XXIX
Bonjour,
Comment ça déjà !? Oui, déjà le XXIX ème rendez-vous des dégoupillées !! Je ne vais pas vous en faire un par semaine, mais il faut que j'étête ma pile de CR de 2012 !! Alors on ne traîne pas, on attaque :
Lemberger Ernst Combé - Trocken 07 - Wachtstetter
Un vin du Württemberg au bouchon très boisé-bordelais (je renifle parfois, comme un sommelier un peu gauche, le bouchon pour y déceler des flaveurs assez étonnantes, mais je me demande toujours comment renifler un quelconque défaut, vu que ça doit souvent sentir le bouchon ?!). Je disais donc, un 1er nez typé "bordelais tendance classieux". Le tout semble jeune et corsé.
L'attaque est fraîche, acidulée, relativement aérienne, épicée, éthérée, à l'acidité élevée, au boisé soutenu. La matière se distingue par une délicatesse et une élégance inattendues. Jolie surprise méritant un coffrage une gangue moins épaisse. **(*)/***
Côte de Poquelin - Vin de France 09 - Domaine des Côtes de la Molière
Un nez peu disert, finement métallique, plein, acidulé, évoquant l'orange sanguine, aux accents de friandises. Une attaque douce, finement sucrée, aérienne, un poil demi-corps, qui glisse goulûment comme un "convoi de canons d'anges heureux" (souvenez-vous des bagnoles de mariage avec ce jeu de mots foireux très discutable). Il se "beaujolise" au fil de la dégustation. Un "collector" désormais décédé. ***
Bret Brothers - Saint-Véran 07 - La Côte-Rôtie
Nez "pur", frais, de "caillou après la pluie", au fruité puissant, au calcaire "saumurois" sautillant !! Une attaque très "chardo", finement perlante, puissamment fruitée, aux amers fins monstrueux (et zou l'oxymore), à l'acidité cinglante, au crayeux tonitruant. J'adore !! ***/***(*)
Domaine Christian Ducroux - Régnié 09
Nez vif, mêlant métal, sang, menthol, rafle, plus la "Ducroux' touch" (fourrure). Ce Régnié semble olfactivement un poil plus austère que mes autres rencontres. Une entrée en la matière serrée, granuleuse, acidulée, très vive, pleine, fruitée, droite. Un Régnié très salivant au final. ***
Negro - Barbera d'Alba - Bertu 09
Robe très sombre, au nez très bordelais de "vins issus de vignobles entourant des châteaux vides mais souvent bien retapés", café brûlé, menthol, à l'acidulé jaillissant. L'attaque est boisée, métallique et sanguine. Une amertume peu agréable ponctue vivement cet ensemble dense, acidulé, épicé, à la finale chaleureuse s'estompant au fil des gorgées. Elle se fait plus fraîche, laissant la matière dense et juvénile s'exprimer de manière un poil désordonnée, mais intéressante. Le lendemain, un lacté-boisé outrageant domine le "lardé-métalique" du nez. La matière, à l'acidulé et au lacté très expressifs, est moins tranchante, moins charmeuse aussi. **
Bourgogne 11 - Les Galtières - Laleure-Piot
Nez intensément boisé, immédiatement chardonnesque, au fruité très expressif, à la touche de craie prégnante. Une attaque lâche, sur un étonnant sureau, très épicée, rondouillarde, au fruité confirmé. Le lendemain, il louche vers la Loire avec des accents de chenin crayeux, à l'acidité plus marquée, aux sr traînants dispensables. **
Côtes-du- Rhône 10 - Domaine Charvin
Un nez métallique d'usine ArcélorMittal en activité, de boucherie chevaline, de cantine d'entreprise où se déroule une collecte clandestine de saignées dons du sang (pour les gens qui n'ont jamais donné, sachez que c'est faux, ça ne sent jamais rien, mais je suis à court d'images), profond, laurier, olive, rafle et d'épices prononcées. Après cet inventaire à la Prévert Bricomarché, attaquons donc la bête au flanc. Une matière très suave, caressante, à l'allure castel-papale, crémeuse, qui se fait un poil austère, corsée sur la fin de gueule. Les gorgées suivantes sont plus gourmandes, dévoilant un vin plein, vivant, à la complexité de bon aloi.**(*)/***
Clos des Briords - Muscadet Sèvre & Maine 11 - Cuvée Vieilles Vignes -
Marc Ollivier & Rémi Branger
Fruits jaunes entêtants, pierre humide après l'orage, silex, au générique d'un nez qui louche vers le sud. Une attaque perlante, très fruitée, inhabituellement courte, éthérée, qui prend son temps pour "rallonger les caudalies attendues". Un vin tendu, schizophréniquement doté d'un gras de grande classe. Si certains ne sont "jamais déçu par Tariquet" (© Gildas), moi je reste toujours relativement Ali baba devant les vins de Marc Ollivier (et de son "élève" Rémi Branger). ***
Allez, ça suffit pour cette fois ci, même si la pile de CR n'est toujours pas terminée...
Rendez-vous pour un XXX ème florilège !!