Florilège de dégustations XXV
25 ème "festival de notes de dégustations gribouillées sur mon carnet". Le "debriefing" est parfois digne de la lecture de la Pierre de Rosette, au mieux d'une étude en phraséologie des citations de Johnny Hallyday.
Chardonnay 07 - Coteaux Bourguignons Blancs (E. Bailly) : impossible de retrouver le cliché résumant le spécimen cité. J'avais noté un nez peu disert, "chablisien", fruité, aux accents de "tendresse" jaillissants. L'attaque vit cette "présomption de tendresse" confirmée. Du berlingot, de l'ananas mûr, un boisé expressif sur un chardo caractéristique. "Simple et court" ai-je noté. **
Auxerrois 08 - Grevenmacher-Rosenberg - Grand 1er Cru - Domaines Vinsmoselle - Luxembourg
Réduction et carton mouillé flottent au-dessus du verre. Quelques fruits blancs, une pointe chardonnesque, d'improbables crustacés pour clore le générique olfactif. Une entrée en matière tendre, fruitée, massive, courte, légèrement perlante. La poire prégnante ferme la porte de ce vin au global sans aspérités, presque "Suisse dans l'âme" (je parle de la "neutralité politique" de la confédération, pas de son expression viticole !!). *(*)
Bourgogne Blanc - Chardonnay 02 - E. Bailly : décidément, mon appareil a refusé d'immortaliser les étiquettes de ce (sûrement) négociant dont j'ai du mal à établir la traçabilité jusqu'à ma cave. Un nez "timide comme un puceau devant une cabine d'essayage dame de Monoprix". Fin boisé, expression "chardo-beurré", pierre humide, fruits blancs, un peu de "methylate" pour finir. Attaque très boisée, amère, à la rétro de pain grillé, aux épices puissants. L'amertume revient faire un rappel. Bof. *(*)

Anticonstitutionnellement - Vin de table avec 4 chaises - Les sabots d'Hélène
Une grosse compote de pommes, des effluves nettes de calcaire. Le chenin double tout le monde avec son cortège d'épices. Un très joli nez de poire finit par se stabiliser. Une mise en bouche fluette, relativement lâche, "nature", crayeuse, très fruitée, linéaire (sous-entendue sans relief), qui "poire" et "épice" sympathiquement et pourrait nous faire dire : "pas mal pour un blanc du sud !!". Mais les sabots ont besoin de prendre l'air. L'ensemble prend de l'ampleur, de la mâche. Le tout finit par dégager une matière très volumineuse, moins sphérique, aux amers sympas. A J+3, l'ensemble donne toujours dans la poire et la craie. Le Woody Allen de "tombe les filles et tais-toi" s'est mué en Georges Clooney qui joue au Scrabble et marque 369 points d'un coup. **(*)
Folle Blanche - Gros Plant du Pays Nantais 09 - Pierre Luneau Papin
Déjà commenté lors du dernier florilège, cette folle prend des allures sudistes, avec son nez anisé, très fruité. Un fin berlingot (le mystère de cette lubie sera percé, je l'espère, vers 2018 ou 2046 !!) étendu sur une matière grasse, s'arque en finale grâce à une acidité, d'abord sauvage, qui s'affine au fil des gorgées. ***
Brut chardonnay - Frissons marins - Méthode traditionnelle - Vignerons d'Oléron : Nez de chardonnay, à l'acidité qui dressent les poils du pif. La bulle déroule un fin cordon tranquille. Une substance ronde, au caractère sucré (c'est la version "sec" qui est dégustée), tendre, à la jolie prégnance de poire cuite. Peu complexe, juste désoiffant. **
Chorey-les-Beaune 05 - François Gay & fils
Nez "typique" de pinot, ainsi que des notes boisées, solaires, épicées, rafle et de menthol. Une attaque assoupie, finement asséchante, sur la cerise, aux amers saillants, mais au volume globalement plat. A J+1, la cerise domine les débats. Cela reste fluet, plat, inerte. *

Coteaux du Tricastin 09 - Tissu de syrah - Domaine les Alyssas
Nez "rhodanien", épicé, mentholé, un poil végétal. Quelques rotations supplémentaires annoncent une syrah prometteuse. La matière est suave, finement épicée, pleine. A J+1, le nez est métallique, l'acidité expressive, à la finale sanguine et gourmande. ***
Rully 1er Cru - Grésigny 08 - Domaine Jacqueson
Nez très "chardonnay champenois", sucre candy, craie, fruits blancs et bois. Attaque muette, éthérée, fermée. Matière grasse, aux amers vifs. Peu d'évolution et d'ouverture de l'ensemble au fil de la dégustation. **
Vouvray 95 - Gilles Carème
Verdict sans appel : bouchonné. NN
Terre des Chardons - Discret 09 - Costières de Nîmes
Un nez de syrah évident (95% normalement !!), solaire, capiteux, à l'olive verte intense. La richesse du nez me donne des envies de prolongations. Un côté lacté, acidulé, encore cet ineffable métal. Une attaque "très syrah", fruitée, épicée, assez gourmande, gâchée par une olive verte amère rédhibitoire. Le soir venu, malgré le joli acidulé, l'olive verte flingue le plaisir. *(*)
Clos des Boutes - Les Fagnes 09 - Costières-de-Nîmes
Des flaveurs très "Rhône" (grenache), violette (syrah !?), bonbec (levure ?!), carbo, de rafle et de bois. Une attaque fraîche, ramassée, astringente, alcooleuse, à l'amertume violente. Un vin trop chaleureux, peu digeste, au plaisir très limité. *
Mâcon-Uchizy - "La Martine" 07 - Bret Brothers
Expression olfactive peu diserte. Quelques fruits jaunes, un peu de craie. L'aération provoque le réveil attendu. Alternant un côté (encore) très "chardo champenois", une facette "citrique", un étonnant pétrole. Une danse buccale délivrant un énorme fruit, du gras, une amplitude et un volume impressionnants. La synthèse se fait salivante (calcaire), saline, presque "chablisienne", aux beaux amers, à la rétro poivre blanc remarquable. ***(*)
Hermitage 00 - Les vignerons réunis de La Cave de Tain
Boisé "bordelais outrancier", solarité et acidité prégnantes. Quelques effluves de métal et de sang pour finir. Attaque extrêmement boisée, sanguine, à l'acidité mordante. Finale astringente, au goût de bois brûlé très marqué. *
Château Cadet-Piola - St Emilion Grand Cru 96
Nez discret, finement végétal. Attaque veloutée mais sans caractère. L'appréciation générale est rapidement dénuée d'intérêt. C'est relativement dilué, sans l'acidité et la complétude attendues à ce niveau. **
A SUIVRE...