Oth Sombath
Une adresse qui jouit d'un buzz continu depuis son ouverture en 2008. Je vous invite à lire le (très complet) papier de Chrisos pour tout savoir sur la bio du chef, du resto, ainsi que les différents liens recensés sur l'affaire (à la fin de l'article).
Fabien m'avait aussi cordialement invité à ce dîner "spécial blogueurs". N'étant pas à Paris à la date prévue, j'avais malheureusement dû décliner l'offre.
Un très court séjour à Lutèce, l'envie de voir par moi-même ce qu'il en est.Résa
la veille via La Fourchette. Dîner à 20h00...
Une entrée assez spectaculaire, une déco qui ne l'est guère moins. C'est équilibré, aéré, alors que les surfaces disponibles ne sont pas celles d'un stade de foot brésilien.
Accueil un peu péteux distant en bas (je suis en plein Movember, donc "physiquement pas rassurant", au dress-code assez éloigné de celui du quartier), largement plus chaleureux à l'étage. Salle lumineuse, banquette confortable, table sobre. Prise de commande rapide, service à première vue fluide, rythmé.
Nem de légumes
Une mise en bouche aux accents plutôt maghrébins que thaïlandais. Je replonge quasiment dans une pastilla à la marocaine, avec une touche de miel appuyée. Petits légumes croquants qui contrebalancent le moelleux et l'impression sucrée du nem.
Laab Pla - Tartare de thon aux épices thaïs (19 €)
Là encore je traverse le détroit de Gilbraltar plutôt que de voguer à travers le Golfe de Thaïlande !!
La coriandre débarque en force dès la première bouchée. La proportion, pour qui a été élevé au "kuzbur", n'est pas trop gênante.
Pour les "peu habitués et les non-fans du persil marocain ou chinois", cela risque d'être too much. Le tartare a une texture juste, fraîche, comme attendue. Le visage thaïlandais se dévoile enfin, au fond, avec les légumes croquants.
C'est très justement épicé. Mon camarade de tablée me fait goûter un bout d'une de ses 2 "Saint- Jacques rôties, sauce à la coriandre". Pas très expressives, elles présentent par contre une cuisson impeccable.
Pla Yan - Daurade Royale aux aromates thaïs grillée en feuille de bananier
(34 €)
Sympathique mise en scène et technique de cuisson. Un odorama très plaisant. Petite appréhension en observant la chair. La première bouchée confirme le doute. Je ne moufte pas.
Je demande, sans trahir une quelconque orientation, à mon collègue son avis. Le verdict tombe : "trop cuit".
Me sachant horriblement casse-noix sur le sujet, l'avis de mon collègue, "bien moins chiant", sur le même plat est pour le coup objectif.
Gustativement, c'est encore un joli modèle d'équilibre en terme de sucs et d'épices. Le "trop cuit" occulte largement mon appréciation.
Phad pha - Légumes sautés (6 €)
En accompagnement de notre daurade. Je n'hésite pas à écrire que ce fut "la fulgurance du repas". Le bol parfait. Légumes top de croquant, de fraîcheur, d'assaisonnement. Un "jus de wok au fond" nickel. Le hic, c'est que j'en ai déjà goûté de semblables ailleurs.
Bangkok-Tahit - Nems à la banane, glace café, sauce au vin rouge et gingembre (11 €)
Des nems un poils grassouillets, banane bien cuite. La sauce au vin rouge et gingembre est surprenante (et bien relevée). Cela fonctionne pas mal avec la banane. Sorbet au café classique. Un dessert relativement moyen.
Un service qui a assuré la bonne fluidité observée (malgré un effectif incomplet pour ce service du soir).
On semble viser le macaron. Tout est fait pour y parvenir (voiturier, sommelier, service...). Une "addition originelle" en phase avec le rang visé (cela nous fait la séquence à 70 € par tête de veau, plus une Chateldon à 8 €).
Je veux bien entendre "quartier, foncier, etc...", mais cela me semble un poil élevé par rapport au niveau attendu...
Parlons 2 secondes de la carte des vins. Nous n'y avons pas fait honneur, et pour cause. Au-delà d'une sélection très classique, avec quelques références intéressantes (sûrement étudiées pour se fondre ou mettre en perspective la cuisine de Oth Sombath), on frise le "braquage à main armée" à la vision des coefficients appliqués.
On en est encore aux bons vieux réflexes de "se goinfrer sur la bête". Cette politique rétrograde de "coefficients de vendeurs de matelas" me gonfle profondément, ne rendant service ni aux vins, ni à la cuisine...
Alors oui, je suis partiellement déçu par l'hétérogénéité de la cuisine croisée ce soir-là. Oui, je suis un poil outré par cette carte des vins aux tarifs pour Russes parvenus ou ignorants.
Je retiens tout de même une cuisine équilibrée dans ses saveurs, à la maîtrise variable des cuissons (mes collègues blogueurs ont eu plus de chance sur le même plat).
Ceux qui s'avancent pour une étoile en mars prochain sont très (trop ?) confiants. Autant à Londres, le mac serait sûrement déjà placardé sur la facade, autant ici à Paris, je reste dubitatif sur mon expérience du soir.
Mais je ne suis un "pro de la critique", juste un mangeur lambda qui fait chier son monde pour un dixième de seconde de cuisson en trop sur un poisson.
La vraie bonne nouvelle dans notre affaire, c'est l'addition. Un "tarif La Fourchette" a divisé par 2 la note finale. Ce qui peut me faire conclure, malgré toutes les réserves ci-dessus, que pour 40 €, j'ai honnêtement diné...
Oth Sombath
184 rue du Faubourg St-Honoré
75008 Paris
tél : 01 42 56 55 55
M° : St-Philippe du Roule
reservation@othsombath.com