Kinnari
A peine remis de mon expérience "design & poisson à la banane", je tente une nouvelle incursion en cuisine thaïlandaise, version "rive gauche".
Juste l'envie de situer le niveau de Oth Sombath face à la "concurrence", une semaine après ce dîner en demi-teinte.
J'avoue de pas m'être cassé la tête pour trouver un "sparring-partner" classé dans les masters de la FFCTDHN (Fédération Française de Cuisine Thaï de Haut Niveau).
Aussi, c'est le Kinnari qui a hérité de cette tâche assurément ingrate et difficile.
Il est 20H00 pétantes quand je me pointe au 8 rue Malar, située dans le fief doré de Rachida. La salle est vide, l'accueil chaleureux, détendu, me mettant immédiatement à l'aise dans un quartier sûrement trop guindé, pour le rural patenté que je suis.
Étude de la carte tout en dégustant 2 corolles garnies de dés de poivrons et autres légumes indéterminés. C'est justement épicé, "fort de coriandre", à la pâte un peu grassouillette.
La carte propose un menu à 39 €, toujours estampillé "Printemps du guide Michelin". Bonne idée que d'avoir maintenu cette proposition au-delà du calendrier de cet évènement gastro.
J'opte malgré tout pour la carte, avec un classique, que dis-je, un "incontournable" de la cuisine thaï :
Salade de crevettes à la thaï (13 €)
Une salade élégamment présentée (présentation à laquelle le cliché ci-dessus ne rend pas du tout hommage), avec la kitchissime carotte taillée en fleur. Ensemble revigorant, assaisonnement au laser, légumes croquants, citron vert juste dosé, crevettes "droites".
Les larmes du Tigre (22 €)
Le patron-serveur m'avait au préalable demandé le niveau souhaité en terme "d'épices" pour ce plat.
N'étant pas doté de la même génétique intestinale (et de sa terminaison) que Mr Lung, j'ai quand même demandé la version endémique.
Cette dernière s'avère tout juste supportable, ne massacrant pas totalement la viande proposée. Cette dernière est d'ailleurs assez neutre, juste bien cuite. Les accompagnements frisent l'ordinaire, la carotte est toujours là, ouf !!
Nems au chocolat (8 €)
Une immédiate ambiance de "friture de fête foraine" submerge mes nasaux. La texture grasse des nems, fourrés à ce qui ressemble très fortement à du Nutella, s'affirme à chaque nouvelle bouchée. La glace à la noix de coco n'est pas bonne. Et pour cause, je hais la noix de coco !!
Un verre de Brouilly, transparent, servi à la température d'un nourrisson de Véronique Courjault et une addition relevée : 50.50 € !!
en conclusion, c'est cher pour le niveau constaté !! Le Spice & Wine fait presque mieux en moins cher...
Le pire dans notre histoire, c'est que l'absolue sympathie du patron me gêne presque dans cette critique, hélas objective.
Oth Sombath ne joue pas dans la même cour, en cuisine comme sur les tarifs. Le Kinnari respecte sûrement "les tarifs locaux", mais pas le niveau requis pour le justifier.
En repartant, je suis passé devant Thoumieux. Je me demande encore ce que j'aurais pu manger là-bas pour 50.50 € ?...
Kinnari
8 rue Malar
75007 Paris
tél : 01 47 05 18 18
M° : La Tour-Maubourg