Quand le Limousin et la Touraine débarquent en BzH...
Que voulez-vous ?! J'ai encore trouvé un prétexte pour reporter mon "cahier de vacances" !!
Un célèbre "ouvrier niveau IV", en villégiature à Roscoff qui ,d'un en 8 coups de Dacia, a traversé la péninsule pour s'attabler avec une petite fiotte nature du Limousin, au top de sa forme (à peine 1 kg d'Ibuprofène et 400 grammes de Citrate avalés lors du week-end).
Les hostilités démarrent gentiment avec un "blanc du sud", fort bien vendu par Nicolas, de la cave "Les Crus des Vignerons" à Auray.
Bastide du Claux -L'Odalisque 09 - Vin de Pays de Vaucluse
Roussanne-grenache blanc-chardonnay à 30-30-40%, guère facile à situer à l'aveugle, mais à l'aromatique soutenue (fastoche quand on sait).
Il finit par dévoiler son visage sudiste (plus typé marsanne que Roussanne), dont le boisé "juste" donne du volume.
Une matière schizo, grasse et citronnée, à l'acidité bienvenue, soutenue, qui donne un peu de charme à cette cuvée opulente, un peu tendre, sur un millésime que j'attendais moins frais dans la matière proposée. **
Alsace - Louis Sipp - Riesling - Nature'S 08
A mon tour de jouer avec (n'en déplaise à certains) des notes "d'énergies fossiles" (j'ai pas dit pétrole), typées (j'ai pas dit typiques) d'un riesling, accompagnées de notes de caillou humide après une pluie d'orage de juillet 84 dans l'Aude.
Matière très fruitée, immédiate, fine sucrosité, pour un "resserrage des papilles" en fin de bouche, qui relance l'ensemble.
C'est un poil perlant, à l'acidité marquée, mais juste, d'un 08 comme je les apprécie. **(*)
Ces 2 vins furent proposés à Jull et "Jullette" à leur arrivée, en guise de mise en bouche.
Une entrée en la matière salvatrice, quand on connaît les traumatismes irréversibles liés au séjour, 02h00 durant, dans un habitacle spartiate, à la réputation éhontée de pickpocket (dans leur cas ce sont les clés dudit engin qui ont été subtilisées par le monstre de fer blanc lui-même).
Jull nous propose un blanc carafé pour ouvrir le bal de ce vendredi soir.
Montlouis - Chidaine - Les Choisilles 02
Très jolie robe évoluée, qui exhale le gingembre, un fin boisé et des épices très marquées.
La matière est ample, miellée, dynamique grâce à une acidité franche, se terminant par d'étonnantes notes d'ananas. Perdus nous sommes !! Un chenin difficile à positionner, qui s'ouvre en louchant vers le sud avec un faux-air de Jurançon. Très agréable. ***/***(*)
Meursault - Domaine Buisson-Charles - Les Tessons 02
Un nez bourguignon, finement grillé ("cacahuète coche-durienne"), fumé, avec des relents de "carton mouillé" comme j'en renifle parfois sur le chardonnay.
Attaque d'abord fraîche, toucher de bouche sur le champignon, qui me renvoie sur "La Lune 02" d'Angeli.
La matière bégaie, hésite, elle se cherche.
L'évolution est spectaculaire (le regret de ne pas avoir carafé l'ensemble). Le vin se met en place, dégage des notes métalliques impressionnantes. Il délivre même d'étonnantes notes sanguines.
J'ose lancer "Chassagne, pour le fumé", Jull tente je ne sais plus quoi. Raté et surprise pour ce Meursault schizo, complexe et relativement unique. ***
Vouvray Sec 96 - Domaine Foreau
Nez "profond", sur la cire, le miel et le "champignon de Paris fraîchement coupé".
Le nectar livre une matière ciselée, délicate, fraîche, un fin sr, tout en nuance. Un vin salivant, puissant, là encore déroutant. Une très belle quille. ***(*)
Crozes-hermitage 05 - Domaine Combier
La syrah est immédiate. Cassis, poivre, fraîcheur, un soupçon de rafle. Une syrah qui me ramène à celle de "Terre des Chardons".
La matière est fraîche, nette, toujours méridionnale pour mon palais. Une jolie syrah de cuve, agréable, digeste à l'aromatique discutable pour certains, à la densité étonnante pour un 05 pour la majorité **(*)
Bourgogne 03 - B. Dugat-Py
Nos experts partent dans le grand sud, puis hésitent longuement sur l'origine de ce pinot à la rafle marquée, à la fraise exubérante.
Une matière encore bien marquée par le bois, très conséquente en terme de volume, finement astringente, vraiment too much pour ma pomme. L'ensemble me renvoie aux limites de buvabilité d'un autre pinot bu il y a quelques temps. *(*)
Cornas - La Geynale 06 - Robert Michel
Une syrah évidente, olfactivement parlant (merci Combier), la discrétion aromatique en plus.
Un fin sr, une certaine rusticité, qui donne du volume et un caractère très plaisant à l'ensemble. Le "grain de bouche" me plaît beaucoup. C'est soyeux, à l'amertume sautillante. Le temps le rend "cistercien" et confirme le pedigree souvent "austère" d'un Cornas que nous n'avons pas deviné...***/***(*)
Nuits-Saint-Georges 02 - David Duband
Un pinot serré, relativement monolithique, soyeux, fruité, à la finale épicée agréable.
La framboise s'en mêle pour mettre en évidence la juste maturité du jus. ***/***(*)
Une soirée quasiment improvisée, qui s'est révélée très agréable pour les papilles et les abdos, de part les tranches fines et délicates de rire de notre humour très cérébral, à la justesse indiscutable.
Ndlr : cette conclusion à lire au degré que vous voulez, se veut aussi drolatique que l'a été notre soirée...