Toritcho et froid en même temps...
Un énième passage, imprévu, dans la capitale. L'occasion renouvelée d'écumer de nouvelles tables, parfois fétiches pour certaines, picorées au gré de certaines de mes lectures...
Les articles sont majoritairement dithyrambiques, l'extase est proche, c'est limite douteux !!
Comme de plus en plus souvent, je me pointe sans résa, suffisamment tôt (c'est à dire à l'heure où le parisien sort du boulot pour boire sa première bière, ou celle du belge qui va se coucher) pour espérer un siège.
Accueil aussi agréable qu'un chèche en barbelé. On nous installe au fond du resto.
La déco est semblable de celle d'un appartement d'apparatchik est-allemand des 70's, qui n'aurait pas eu les subsides du parti pour le rénover en 1988.
C'est moche comme un sous-pull en acrylique de Richard Anthony, pas super propre par-dessus le "marché des obligations", un pur lieu de dépression pour hypocondriaque.
La carte suinte le gras et la crasse. Elle doit avoir l'âge de la peinture des mûrs. Nous optons pour le menu D (25,90 €).
Le traditionnel bouillon, basique, pour démarrer.
Sunomono
Pas d'explications. On devine qu'il s'agit d'assortiment de poissons. Après quelques bouchées, je pronostique un tiercé "sardine-maquereau-thon" mais je n'en saurai jamais rien...
Tous les morceaux sont bons, mais souffrent de sécheresse et de froideur (merci le frigo sur thermostat 18 !!).
Sashini
portions congrues de poissons crus. Très beaux et bons morceaux, fondants, goûteux, au juste gras. Trop peu hélas.
Les sushis du collègue
Pas de quoi sauter au plafond sur les bouchées avalées. Riz moyen, poissons supérieurs, aussi bons que les morceaux dont j'ai été gratifié.
Tempura
Des légumes en tempura qui restent croquants et transpirent la fraîcheur. Carottes, petits pois gourmands, une crevette moyenne, très agréable dans l'ensemble.
Yakitori - Uzura - Hinadori
2 brochettes, l'une de caille, l'autre de coquelet ("à l'aveugle", j'ai dit poulet et canard).
Splendide cuisson des 2 bêtes à plumes. Mention pour la caille. 2 très belles bouchées, là encore trop courtes...
Et puis ? Voilà, de jolies fulgurances totalement flinguées par un service de merde !! Je m'entends.
Le chef ( au catogan) est en fait le seul doué d'un sens "aigu" du client. Il sourit, vous parle, mais ne nous a servi qu'une seule fois, hélas.
Les autres serveurs sont la parodie des très mauvais employés qui font la gueule en permanence.
Jusqu'à l'addition, pas un n'a osé se pincer une hémorroïde pour déclencher un réflexe à même de provoquer une réaction zygomatique.
Un échange verbal aurait été aussi improblable qu'un film d'anticipation ouzbèque réalisé en collage de coques de pistaches.
En conclusion, c'est bon (pas de quoi non plus se mettre les testicules au four), mais l'idée de manger dans une cantine mormone à l'hygiène de cow-boy, avec des serveurs aussi enthousiastes que des Droopy sous protoxyde d'azote, me dépasse pour y retenter ma chance...
Toritcho
47 rue du Montparnasse
75014 Paris
01 43 21 29 97