La Suite à La Rochelle...
Bonjour,
Dire que La Suite n'existerait pas sans Xynthia, est un doux euphémisme de littérature de comptoir.
Johan Leclerre, avant de s'installer à La Suite, a connu un parcours spectaculaire qui l'a mené de Cagna (Relais Sainte-Jeanne) à Gagnaire (époque St-Etienne), en passant par Troisgros à Roanne, ou encore Ducasse à Monaco. Une longue marche qui l'a mené au prestigieux col tricolore en 2007.
Bien avant le titre de MOF, Johan et Stéphanie Leclerre s'étaient installés dans "La Maison des Mouettes" en 1998.
Deux restaurants, un bel hôtel de 12 chambres à Aytré, rasés dans la nuit du 27 au 28 février 2010 par la tempête Xynthia.
Les Leclerre abattus (sans mauvais jeu de mots), ont rebondi rapidement. En mai 2011, ils ouvrent La Suite, un restaurant de quartier au coeur de La Rochelle historique. Sobriquet "pied de nez" à la nature, symbole de continuité...
Ce long week-end de la Toussaint se termine, nos agapes aussi. Dernière étape chez un des "espoirs" les plus prometteurs de la place de La Rochelle.
L'oeil averti observera rapidement la prédominance des Coutanceau sur la ville. Le 2 macarons est désormais entre les mains de Christopher (qui, comme un interne en collège, soucieux de ne pas perdre se faire voler ses affaires, a marqué son prénom sur tous les petits stores ringards de l'établissement), quand son frère Grégory "téléguide" Le Comptoir des Voyages, Les Flots, L'Entracte, La Cédraie...
"Coincé" entre Les Flots et Le Comptoir des Voyages, Johann Leclerre tente d'attirer les regards avec son col tricolore (affichant même sur la devanture le fait d'être le seul MOF de Charente-Maritime...).
(source l'Internaute)
Une déco en provenance directe de M6 et de sa génitrice blonde énervante, avec les mêmes codes couleurs, le même mobilier qui me saturent la rétine depuis au moins 3-4 ans. Sans parler de l'inusable compli' "lounge-Costes", sûrement pompée sur le CD original de Suwanna.
L'esprit se veut assurément "chic-contemporain". Cela ressemble plus à un bar à cocktails new-yorkais des années 80 où il ne manque plus qu'un faux Tom Cruise à peine "déBiactolisé", qu'à un resto à vocation gastro... Passons aux assiettes et son menu à 26 €...
Crème de potimarron
Pain Bagnat (olives, anchois marinés, radis fenouil)
Galette de maïs roulée, effilochée de saumon et chèvre frais
Merlu poché au beurre tandoori, fine ratatouille d'automne taillée au couteau
Tartare de fruits frais version automne-hiver, sorbet passion
Cheesecake, crème glacée au thé Matcha
Derrière le cv du cuisinier, son titre de MOF, les intitulés, le tarif du déjeuner, la déception est hélas au rendez-vous.
La mise en bouche est gentille, mon entrée plutôt pas mal (pain bagnat), à l'huile d'olive douce et plaisante, aux bons anchois, quand celle de La Miss est d'une franche banalité.
Le plat est par contre d'une médiocrité criante en terme de cuisson (pour une fois, je me suis mis dans la peau d'un gars qui mange un poisson "normalement" cuit). c'est extrêmement sec, bâclé, quand le tandoori est juste bon. Dommage, car l'accompagnement était soigné. Celui de La Miss était juste mieux moins cuit...
Quant au dessert, il semble avoir fait l'équivalent d'un Vendée Globe au frigo, tellement le "goût" de ce dernier était prégnant dans le cake... La glace était par contre bonne.
Le dessert aux fruits fut qualifié de "salade de fruits en emporte-pièce" par La Miss, convaincue par le sorbet (dont elle n'est pas fan habituellement). Un bon point pour l'acidulé de l'ensemble.
Le service se veut "standing poussant poliment mais souvent sur les boissons", la clientèle bourgeoise péteuse (entendu à la table voisine : "désormais c'est uniquement Coutanceau et ici que je viens manger..."), la musique sincèrement insupportable.
Carte des vins classique, s'appuyant sur les champagnes de "grandes maisons", aux généreuses vitrines de propagande.
En conclusion, il est clair que le col tricolore, fièrement revendiqué dès l'entrée, est un symbole d'exigence fort dont je n'ai pas retrouvé "la sève" dans les plats délivrés ici.
La déco et l'ambiance ne m'ont pas mis plus à l'aise (je passe sous silence les "tables semi-hautes ou basses" comme au
Suwanna, sans parler de ma chaise déjà branlante).
La vraie déception du week-end quand, sur le papier, ce devait être LA table censée faire trembler le petit empire des Coutanceau...
La Suite - Johann Leclerre
15 rue de la Chaîne
17000 La Rochelle
tél : 05 46 50 51 98
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