Les Goûts Uniques à Nantes...
Petit intermède dans le récit estival pour vous narrer "une journée aux Goûts Uniques".
Évènement organisé conjointement par le Lieu Unique et Omnivore, cette 1ère édition a vu les choses en grand, avec notamment le champ des producteurs (un marché bio à 98,3 %) et les tablées uniques.
Le tout orchestré par le grand manitou des lieux (sur le départ du LU dit-on) Patrick Bouchain.
La riche idée de ce marché, était de proposer aux visiteurs la transformation de certains produits dans l'un des 3 stands implantés au coeur du marché.
Prénommés CRU, FEU et EAU, les 3 stands mettaient en oeuvre la vapeur (impressionnant cuiseur à vapeur sèche de chez Hobard) , le feu ou la découpe et l'assaisonnement des mets proposés.
Un poissonnier vendait les petits crustacés bleus ci-dessus à 8,80 euros pièce !!. Les 3 pianos voyaient se succéder des cuisiniers comme Nicolas Bourget, Alexandre Hardy, Alain Ruffault, le talentueux Olivier Arlot ou encore le jeune Joackim Salliot.
Point de baluchon pour notre part (la tablée du samedi soir était complète), mais l'envie de goûter au menu unique concocté par Fabrice Biasiolo.
Ce dernier a investi les cuisines du restaurant du LU pour nous proposer :
Salade roquette-brebis - Tourin tomate - Carpaccio magret
Une triple entrée fraîche et bienvenue. Un carpaccio délicieux, un tourin étonnamment oriental (pois chiche marqué, dans l'esprit d'une soupe marocaine du ramadan, mais froide, accompagnée de capres TOP) et une salade roquette-brebis alliant croquant et moelleux.
Suite à des problèmes avec le curry (passager j'espère), on me propose une alternative au "curry porc, gambas et prune dente" :
Brochettes de poulpes et de poulet
Tout est très bien cuit, de la viande aux légumes. C'est roboratif et soigné, le poulpe est juste tendre. De la bonne utilisation de la plancha.
Duo de cup cake, pomme confite et écume de "Petit Lu"
Un joli dessert régressif où même les "gouttes de CBS" sont excellentes...
Le tout pour 17 euros !! Un petit verre d'Appétillant de chez Jousset en apéro.
La 2ème session du Grand Chaud se profile déjà :
C'est (le désormais très médiatique) Sébastien Demorand qui est en charge de l'animation des "Master Class du Grand Chaud".
Le père fouettard des apprentis cuistots de PAF est juste un poil plus sobre qu'à la téloche, et surtout bien plus respectueux.
Le 1er invité de ces Master Class n'est autre que la coqueluche parisienne de l'année 2009 : William Ledeuil.
Peu démonstratif et théorisant énormément sur SA cuisine, Ledeuil nous la joue conférencier. Il dit cuisiner à l'intuition et justifie son orientation asiatique par un seul mot : fraîcheur. C'est donc autour de la tomate (thématique de son master class) déclinée en 3 versions qu'il applique sa vision culinaire avec une obsession : l'acidité.
45 minutes plus tard, c'est un Olivier Bellin au look de judoka qui débarque sur le plateau.
Ce dernier a la mission de nous montrer les vertus et les qualité du blé noir.
Un chef (bi-macaronné depuis cette année) dont la cuisine m'avait ébloui il y a 3 ans.
Je découvre un personnage jouant sur la corde du terroiriste, revendiquant à tout va SA cuisine de paysan.
"Le cuisinier du pays bleu" (dixit la broderie dans le dos de son tablier) se veut le chantre du blé noir à toutes les sauces.
Passablement "excité" et à l'humilité trop peu discrète (à mon humble goût sur le coup) sur son ascension et la place qu'occupe désormais "l'Auberge des Glazicks", Olivier Bellin balance avec une "énergie violente", des plats d'une délicatesse désarmante.
Un chef dont le maître à penser est Robuchon (il a été formé chez ce dernier), en espérant qu'il n'aille pas jusqu'à cultiver l'arrogance de ce dernier...
Dernier acte de cet après-midi de Grand Chaud avec Fabrice Biasiolo.
Le patron "d'une Auberge en Gascogne" est en plein chamboulement. L'auberge est actuellement fermée et devrait rouvrir début 2011 avec une partie hôtellerie (à la place du "Square" toujours à Astaffort). En attendant, Fabrice Biasiolo assure toujours un service de traiteur, a ouvert dans l'intervalle "Cochon, canard & Cie", mais aussi "Imagine" dans la banlieue agenaise.
Gilles Choukroun avait animé le matin même, un atelier sur le thème "cochon et mâche". C'est au tour de Biasilio de nous livrer son cochon, mais dans une version apéro.
Cet atelier fut pour moi le meilleur des 3. Voilà un chef au look de pilier (de rugby) qui nous a livré un morceau d'amour de la cuisine. Quarante minutes de passion, de sueur et de générosité pour nous concocter un "apéro cochon" salivant.
Une cuisine décomplexante pour les amateurs que nous sommes. Pas de prouesse technique, juste de l'envie, de la convivialité et la joie que peut procurer un filet mignon fourré de mascarpone, de gambas et d'un peu de coriandre.
Une belle leçon de cuisine et toute l'humilité de cet ogre au charisme et à la gentillesse communicatifs.
En résumé, une première édition à taille humaine, au public paisible (sauf à la fin de chaque atelier, c'est le lâcher des "morts de faim" sur les 3 pauvres petits plats qui disparaissent en 4 secondes chrono, d'où les photos sur écran).
La météo étant de la partie, les bobos énervants n'ayant pas encore monopolisé la manifestation, il ne reste plus qu'à tester la tablée unique, les ateliers du goûts, ceux du vin... Facteur freinant : les tarifs. Entre 5 et 18 euros l'atelier, préparez les pépettes, ou sélectionnez vos envies !!
On verra l'an prochain...
quai Ferdinand-Favre
Nantes
Ou
2, rue de la biscuiterie
Nantes