Cot en Thym
Lecteurs inondés ou pas, bonjour,
Je vous épargne les rebondissements expliquant ma présence sur la presqu'île décoiffante, mais j'y étais.
Au péril de la santé du destrier Franco-Japonais, j'ai arpenté quelques sentiers (humides) et les routes (inondées) de la péninsule bas-normande.
Morceau de terre peu fréquenté en dehors des commémorations et des trains rayonnants, le Cotentin jouit d'une réputation réductrice et peu propice au rêve avec La Hague et Cherbourg.
Autant cette dernière est la ville peu rieuse que l'on imagine sans mal (et sans parapluies), autant la Route des Caps et la pointe de La Hague sont remarquables.
Détour par Racine, fort de son statut de plus petit port de France :
A quelques hectomètres, se trouve un établissement au nom très beaujolais : Le Moulin à Vent.
Ce n'est hélas pas l'heure de nous sustenter ...
La pointe de la Hague et son phare de Goury, imperturbables.
A l'opposé, l'ex-plage de la Madeleine, plus connue sous le nom d'Utah Beach, propose un circuit d'une douzaine de kms entre mer & campagne au départ du monument Leclerc.
Une très jolie balade ponctuée de marais, hameaux, chasses et de pluie aussi...
Un détour par Barfleur, authentique et historique petit port, refuge du tiède Petitrenaud et du bouillant Thiercelin.
Indiscrétions pipolesques recueillies auprès de la sympathique et pipelette gérante de la galerie Lumières Marines.
Une belle boutique abritant le joli travail photographique de Jérôme Houyvett.
Bon, c'est bien beau les randos aquatiques, mais c'est quand qu'on mange ??
Le caractère totalement improvisé de la chose a aussi provoqué le même courant côté table...
Un premier déjeuner nous a mené au Restaurant de l'Agriculture.
Une déco désuette et un service dans le même esprit que celui de la Croix d'Or.
Un menu gargantuesque à 18 € avec entrée, plat, fromages et dessert.
Des plats de terroir, roboratifs, soignés et sans précautions diététiques.
Mentions pour la tête de veau juste gélatineuse (malgré l'abondance de l'excellente gribiche) et la (riche) soupe de moules légèrement safranée. La tarte paysanne concluant le repas fut une tuerie...
C'est la crise, le ministère chargé du portefeuille n'a pas subi de remaniement.
L'Auberge de Ket'Hou étant "exceptionnellement" fermée, c'est La Chaumière qui a hérité de notre présence.
Déco surannée et très chargée, service gauche mais volontaire (apprentis).
"La mitonnade du jour" au tarif indécent de 11,50 €, comprenait entrée, plat, dessert et 1/4 de vin ou de cidre (la formule plat + dessert est à 7,90 €).
Très dubitatif sur le potentiel proposé à ce tarif, j'ai été surpris par le travail, le soin et les quantités proposés.
Une marmite du pêcheur aux poissons superbement cuits, un agneau à la chair très goûteuse (le jus aurait mérité un dégraissage).
Au-dessus d'un bon routier pour un tarif similaire.
Direction Le Cap à Barneville-Carteret pour se sustenter des viandes de la mer. Une déco déprimante à la Maître K. et tout l'attirail marketing agaçant sur la table (une plaquette pour le vin du mois, une autre pour le cocktail du jour, une troisième pour le café du siècle...).
Le plateau de fruits de mer s'impose naturellement.
Au-delà de la ringardise absolue de la présentation de ce dernier, l'ensemble est une tuerie (à l'exception des langoustines trop cuites).
Un moyen de se venger de l'autre massacre de 14-10 huîtres ayant eu lieu la veille un peu plus au sud.
Mention pour le tourteau XXL, charnu comme rarement croisé. Service courtois et efficace...
Pour finir, un repas "composé" chez Jacques Lejette. Tous les produits goûtés étaient bons voire excellents avec notamment un remarquable tian de légumes.
Demi-déception avec les pâtisseries de chez Yvard. Une autre déception avec la séléction pas très "rigoureuse" de la Cave Mancel.
Le Cotentin... Sous le soleil, la prochaine fois...