Forêt-Noire en vrac... part I
Bonjour,
Après une quinzaine scandinave et son lot de surprises, j'ai enchaîné avec un petit séjour outre-Rhin.
Une destination qui s'est financièrement imposée, presque naturellement. En effet, les recherches d'hébergements sur la toute proche Alsace ont révélé des locations deux fois plus chères (et deux fois plus petites aussi) !!
Notre porte-monnaie, très éprouvé par la quinzaine chez les émirs aux yeux bleus, a hurlé sa joie face à cette substantielle économie.
Il serait malhonnête de ne pas admettre qu'en dehors d'un environnement potentiellement fort plaisant pour randonner, un élément essentiel a parachevé la décision finale : le vin !!
Mais nous en parlerons plus tard...
Revenons donc quelques instants sur cette Forêt-Noire, synonyme forcément très limité pour ma part, de gâteaux et de cliniques.
Que nenni !! Cette région est aussi à l'origine du fameux coucou (trop souvent attribué aux suisses) de la Forêt-Noire.
Invention disputée par un triangle de localités comprenant Schönwald, Triberg et Schonach. Ces deux dernières localités se livrent d'ailleurs une ridicule bataille pour la paternité du plus gros coucou du monde. Triberg a pris une option conséquente dans cette pathétique course au "grand n'importe quoi".
(source Via-Images)
Le coucou normal est forcément très souvent ringard, souvent très cher, avec des complications mécanismes pointus censés justifier un savoir-faire local.
Tarifs qui pourraient être compréhensibles si les mécanismes n'étaient pas quasiment tous fabriqués en Chine. Reste le (rare) travail d'ébéniste, relativement impressionnant, en dehors de toute considération artistique.
Mais la Forêt-Noire n'est pas que le pays du gâteau chocolaté et des horloges de chasseurs.
Mon imagination, toujours très limitée, se représentait la Forêt-Noire comme une vaste étendue boisée, plane et sombre. J'avais tout bon, sauf pour le côté plat. Cette région arbore un manteau végétal, de résineux et autres espèces, sur des dénivelés plus proches de ceux de l'Auvergne que ceux de la Beauce.
La seconde région la plus touristique d'Allemagne (après la Bavière) alterne, plaines, coteaux, lacs, montagnes et vallées dans le plus pur esprit alpin qui soit (mais à 1400 m max !).
C'est ici que les fondus de ski nordique viennent user leurs spatules, ou vaincre leur vertige sur les nombreux tremplins olympiques (ou pas).
Il se dit aussi que la première station de ski et le premier remonte-pente d'Europe centrale sont nés ici.
Quand la neige est absente, place à la marche nordique. Sport dont je ne suis, à l'heure où je martyrise ce clavier, pas encore coutumier...
C'est au rez-de-chaussée jardin de l'immense bâtisse à droite que nous logions (60m2 meublés comme un appartement témoin d'un cadre du parti, période "éclairée" de la RDA).
Point de départ idéal de l'immense réseau balisé qui nous tend les orteils (parce que les bras c'est moins pratique pour marcher !!). La Forêt-Noire compte à elle seule, près de 23 000 kms de sentiers (contre 20 000 pour toute la Norvège !!) .
A quelques kms de Schönwald, Vogte est un des points de convergence des nombreux sentiers et pistes de fond nordiques émaillant le plateau.
Des itinéraires de 3 à plus de 80 kms, parfaitement balisés, accueillent des centaines de marcheurs, fondeurs et autres ramasseurs de baies.
Pour cette dernière activité, ayant écumé des "gisements" conséquents en Auvergne et en Alsace, je peux vous assurer n'avoir jamais vu une telle profusion de myrtilles et de framboises sauvages.
Des hectares de baies (sans marseillade aucune), épargnés par la faune, vous attendent (début août c'était vraiment pas mal) pour garnir (notamment) vos yaourts au lait régional.
Si la cueillette vous saoule, vous ne mourrez pas de faim pour autant. Presque tous les chemins sont ponctués de gasthaus (certaines ne sont ouvertes que le week-end l'été).
Ces immenses auberges, souvent centenaires, proposent une restauration simple, chaude ou froide, économique, avec un sourire et une chaleur presque dérangeants, lorsqu'on est vacciné à longueur d'année à la fraîche convivialité française...
Unser Fischteller mit geräuchertem Forellenfliet ger. Heilbut Räucherlachs und Lachsforell mit Preseilbeersahne, Brot und Butter (12,90 €)
Derrière cet intitulé long comme la moitié d'un roman d'Amélie Nothomb, se cache "les filets de truite de la Forêt-Noire".
Ils sont à la carte de presque tous les restaurants locaux. Ici, je les ai dégustés tièdes, avec une crème relevée (moutarde, typée wasabi) mêlée de baies rouges (airelles ?!).
La Berggasthaus MartinSkappel est l'auberge typique de randonnée.
(source martinskapelle.de)
Le patron a les moustaches et le pantalon folkloriques de rigueur (sapé exactement ainsi le jour de mon passage), sa moitié n'est pas en reste côté tradi.
Ils débordent d'attention pour tous les randonneurs affamés et assoiffés. Les produits délivrés sont frais, locaux et semblent fait minute.
Une fort sympathique affaire familiale qui bosse, été comme hiver, au rythme de ses visiteurs.
Mais, là encore si la nature vous sort par les pores, plongez dans les villes et villages...
Je vous en parle une prochaine fois...
A SUIVRE...