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C'est à Chrisos que l'on doit cette 2ème biennale "Les blogueurs prescripteurs rencontrent les padawans gourmands de la toile ". Ce dernier a réuni la crème de lait entier des mangeurs parisiens, pour guider le petit provincial que je suis (condamné, il y a 2 décennies, à une peine de 52 mois de séjour dans les entrailles de Lutèce), à travers la jungle urbaine des tables recommandables.
De longues tractations en coulisses ont débouché sur cette adresse créée par François Di Giugno et Imina Nial. Notre ami Google nous apprend que l'adresse s'appelait "Le Poisson Rouge". Les commentaires étaient majoritairement dithyrambiques pour sa terrasse et sa vue sur le canal. Depuis, place à ce "bar à viandes" ouvert depuis début novembre 2011, quai de Jemmapes.
Il fait -1327 °C en cette fin de mois de janvier 2012, quand Mix et moi nous faisons poliment jeter du Verre Volé, après avoir eu l'idée saugrenue d'y boire un coup. Il va falloir d'ailleurs penser à rebaptiser le rade en "Verre Volé, tu y bois, si tu manges seulement", puis dire à Mr Lung d'arrêter de filer des rencards dans des lieux où il n'a pas mis les pieds depuis son premier rasoir jetable !!
Le groupe se forme à l'approche de Bang! Très rapidement nous pénétrons à l'intérieur de l'onomatopée, pour découvrir une déco sobre, nette, un poil froide à mon humble goût.
Je fais la connaissance d'Isabelle, bloggeuse linguale au clavier sautillant et prescripteur. Mais aussi Louise, alias "la Tomb Raider des pâtissiers". Pour compléter la tablée, Fabrice le retardataire de la soirée, auteur de l'influent "Coup de Fourchette".
En attendant ce dernier, nous avons fureté sur la carte des vins (hésitante, forcément jeune, relativement curieuse), puis humecter nos lèvres gercées avec le Riesling 08 du Domaine de la Sinne (Frédéric Geschickt). Un pétrole évident, une acidité "tardive" pour ce 08 au fin résiduel inattendu.
La carte des mets confirme, en dehors des entrées, les desseins peu végétariens de l'endroit. Une sélection étudiée des références carnées. Desnoyer pour le plus médiatique (il doit avoir un abattoir automatisé pour fournir tout le monde !!), Les Boucheries Nivernaises pour le côté "roots à la source".
Encornet grillé, huile d'aubergine et pequillo
Une entrée qui manque d'emblée de quelques degrés de chaleur (assiette froide). L'encornet est indiscutablement très bien cuit, l'huile expressive. Une bonne entrée qui m'aurait totalement conquis, avec une chaleur plus évidente que celle du piment énervé.
Os à moelle, pain grillé et fleur de sel
L'entrée de mon voisin de gauche. Dans les règles attendues selon ce dernier.
Boeuf Black Angus (Kansas) sauce au cacao et à la sarriette - Frites maison
Un joli morceau, prompt à faire saliver tout carnivore qui se respecte. A l'arrivée de l'assiette, les nasaux s'affairent, s'imprégnant avec avidité de toutes les fragrances empyreumatiques délivrées. Le couteau (évidemment aveyronnais) et la fourchette s'activent, naturellement, autour de la pièce moelleuse. La chair (saignante) se découpe sans forcer. La mâchoire entre en action. Les molaires déchiquètent sereinement une viande onctueuse, saisie avec maîtrise, goûteuse, manquant juste d'un brin de vibration. Je n'avais plus mangé d'Angus depuis des lustres. J'avais le souvenir d'une viande un peu plus "forte" (maturation ?!). La sauce est pas mal, les frites honnêtes, sans plus.
Tiramisu au caramel et au pralin
Le "creux" du repas. Une overdose de sucre habille et habite ce tiramisu, capable de plonger dans le coma un diabétique italien... Dommage !!
Cheesecake
Une bouchée volée à ma voisine, dont on peut voir le flou étudié de ses doigts velus (comme son nez). Bonne texture, bonne garniture, "base croquante" de bon aloi, mais un poil trop "cannelisé" pour mon palais de chieur-né...
Le tout arrosé de :

Un sauvignon 10 de Villemade assez variétal au nez, cinglant en bouche, mais pas transcendant. Un "Mon P'tit Barriot 10" (Côtes Catalanes), fidèle à ma première rencontre avec cette cuvée : gourmand & juteux. Moins convaincu par "Les Narys 10" (St-Chinian) de Bordes. Déception anticipée sur l'Amalaya (Argentine), aux accents "vin du monde et son cortège de clichés boisés".
Un service effacé, tout en douceur. Imina manque encore un peu d'assurance pour animer efficacement sa salle, ainsi que sa pertinente et éclectique carte des vins (fournie notamment par "Le Vin en Tête" et "La Contre-Étiquette" à Paname, ou encore "Le Grain de Folie" aux Lilas).
Au global, en dehors du ratage du dessert, un repas fort appréciable de part le soin apporté aux plats dégustés, ainsi que la bonne, la bruyante et joyeuse compagnie de la tablée...
PS : Avec quelques heures d'avance sur le mien, le point de vue de Chrisos lisible ICI.
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