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EscapadeS

Florilège de dégustations Part X

20 Décembre 2008, 11:15am

Publié par Docadn

Dernier inventaire de l'année pour les rouges dégustés dans les dernières semaines :

Côtes du Rhône 2005 - Domaine Charvin : nez dense, solaire, épicé sur des fruits rouges intenses, bois humide et champignons. La matière est compacte, épicée,avec une finesse tout en longueur. La finale est elle aussi épicée. C'est soyeux, puissant et d'une finesse folle, pour de longues caudalies. j'aime beaucoup, mais suis je encore objectif sur ce domaine!? ***(*)

Cabernet-shiraz 2006 - AOC Mornag - Château Reine Elissa - Tunisie
: nez intense de bois, fruits noirs avec une pointe de fraise. La bouche s'avère sucrée, amer puis poivrée.Le boisé intense se confirme. Le lendemain, évolution sur la prune. La matière reste moyenne, la finale est épicée mais asséchante. bof, bof *(*)

Côtes du Rhône 2007 - Cros de la Mûre (Eric Michel)
: Robe sombre superbe. Nez solaire, de rafle, mentholé, mur et concentré. L'entrée est sucrée. la matière est fluette, ronde et "transparente" (peu expressive). L'amer est marqué, mais la longueur inexistante. A revoir sur un millésime "représentatif" **

Bourgogne - Gevrey-Chambertin - Vieilles Vignes 2000 - Domaine Tortochot : sous bois et champignons sur une vague boisée,grillée, sanguine et végétale.La bouche est fraîche, avec une insolente acidité, une matière pleine et une jolie finesse poivrée au final. C'est dynamique et au delà de ce que j'en attendais. Pas mal du tout ***

Vin de pays de l'Hérault - Moulin de Gassac 2000 - Domaine de Gassac : Nez fumé, fruits rouges (grenades) et "crèmeux". Quelques notes de réductions et des parfums sudistes. L'attaque est vive, avec une acidité marquée, finale sur la prune et les champignons un poil chaude. **

Rasteau 2001 - Cuvée Prestige - Domaine de la Soumade : flaveurs de prune, figue, champignon et de poussière.La matière est massive, astringente comme un bordeaux pas mûr pour une finale chaude. Le lendemain la matière est devenue toute fluette, sans longueur avec toujours cette astringence et un final sur la prune à l'eau de vie. La DLC est largement dépassée *

Amarone Della Valpolicella 2002 - Tenuta Pule - Lamberti : nez profond, boisé et fumé, très vanillé. Matière linéaire, mais maigre sur des notes de café et de chocolat poivré. C'est légèrement confituré et d'une lourdeur conséquente en fin de bouche. *

Vin de pays des collines Rhodaniennes - Syrah 2003 - Domaine Lattard : Fruits noirs et rouges intenses au 1er coup de narine (l'autre est en RTT). Puis la rafle, la pierre chaude et les épices. En bouche c'est la fraîcheur qui prévaut (quid de 2003), et son cortège de végétal, d'astringence... J'attend. Tiens ça c'est ouvert. C'est bien mieux. Les caractère rédhibitoires ont disparus. C'est devenu soyeux, fruité mais ça manque d'énergie !! **

Bourgogne - Hautes Côtes de nuits 2006 - Laurent Roumier : Bombe de fruits rouges à l'ouverture (fraise intense), fin boisé, et un poil de végétal. La matière est délicate, sur la fraise toujours intense, très fine astringence. Une vraie caresse de fruits, suave, finale sur les épices douces. Une très grosse et très fine gourmandise... J'adore ****


Vin de pays de l'Hérault - Moulin de Gassac 2005 - Domaine de Gassac : notes intenses de réductions, chimique, thé noir. Et encore du bois, mais aussi du plastique et crème de mûres. En bouche, c'est très fruité pour une matière suave mais de structure moyenne. L'ensemble est court, avec un amer fuyant. Moyen **


Bourgogne - Vosne Romanée 1999 - H. Noblet : Vieux nez poussiereux de mon grenier, champignons et vieux bois réveille cete bouteille retrouvée. Typé vieux bordeaux, solaire et crèmeux.La matière s'avère riche, très évoluée,sur la cerise. Cela reste linéaire, épicé, mais mou, court pour une finale alcooleuse. *(*)


Bourgogne - Marsannay - Les Echezots 2006 - Domaine Bart : nez de cerise intense, fin boisé (un poil vanillé), sur des effluves d'alccol, solaire et caillou tout chaud du mois d'aout 2003 vers 14h38 du coté de Saint Restitut. Attaque sur les fruits rouges acides (grenades) puis fraise jaillissante. C'est vif, épicé en rétro pour un fruit top. La matière est fine, l'amer bien marqué mais sage mais avec un certaine dureté en bouche pour une finale de soupe de fraises aux épices. ***


Bourgogne - Gevrey-Chambertin 2006 - Domaine SC Guillard : Sur l'insistance de mon caviste d'Auray (le cru des Vignerons). Nez vanillé conséquent et rien d'autre derrière. Puis timidement ce sont des fruits noirs, un coté animal, puis sudiste, puis réduit...Ouh là là, le vin évolue à chaque rotation du verre... Laissons lui le temps de s'ouvrir. La matière "remplie bien son slip", fruits rouges, épices, un bel acidulé. Assez gourmand, mais une retenue un poil austère au global .Jolie longueur et fraîcheur. Le lendemain, Mr Ikea s'en est allé et c'est resté frais et fruité... **(*)

Côte du Roussillon - Imo Pectore 2005 "du fond du coeur"- Domaine Sol Payré : nez typé bordelais (alors que pas un seul cépage de bordeaux n'est présent dans cette cuvée), alcooleux, crème de fruits noirs, camphre, menthol, olive. Cela s'annonce puissant, avec des notes végétales, de cèdre et de cerise (je sais, c'est plus un inventaire mais un glossaire de "nez du vin"). en bouche, la puissance se confirme, c'est kirsché au possible, hyper épicé jusqu'à la finale, l'amer est appuyé, bref vraiment too much pour ma pomme. Le lendemain le vin est plus affable mais reste dans un désordre de puissance difficile à apprivoiser...**


Voili ce sera donc tout pour cette année avec un virage personnel vers le pinot vers lequel je reviens (encore) mais dont les prix sont toujours un poil dissuasifs en Bourgogne. Le HCN de Laurent Roumier restant le coup de coeur cette année pour ma part dans le coin
.

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Florilège de dégustations part IX

19 Décembre 2008, 09:43am

Publié par Docadn

Avant dernier florilège de l'année avant l'incontournable trève des confiseurs et la nuée d'étoiles associées des quilles sacrifiées ces derniers mois.1er acte consacré au blancs.

Bourgogne 2005-Domaine Chantal Lescure : nez très miellé, typé Loire (eh oui je sais comme d'hab), minéral avec l'apparition du chardonnay (tendance Jura),fruits exotiques, fin boisé et pain toasté. La matière se révèle boisée, anisée, fluide et aérienne. Le tout est ramassé puis volumineux, légèrement oxydatif et un soupçon de CO2.La finale est forestière et longue... C'est bien bon ***

Jurançon-Uroulat 2005-Charles Hours
:Nez d'abeille, coing et fin hydrocarbure. Bouche très fruitée sur un ananas intense, gras et ananas persistant jusqu'à la finale. Un poil lourd et au caractère "schiteux". Du coup cette lourdeur lui confère une buvabilité limitée, mais j'ai rarement vu autant d'ananas dans un vin **



Macon- Viré Clessé-Terroir de Clessé 2004- Domaine Merlin : Fruits blancs et sucre aux premiers abords, puis du sauvignon (!!) et un poil de bois débordent du verre. En bouche c'est la minéralité (type silex) qui jaillit. C'est typé Pouilly, le boisé et un gras complètent le tapis buccal. ‚Riche et "pierreux" et un bel amer au final pour une longueur interminable... Chouette vin ***

Clos Marie-Manon 2006 : Leger boisé, notes de réductions et marqué par le soufre. En bouche, pas grand chose a dire sur cette bouteille bouchonnée...

Vin de pays des Côtes de Gascogne-Elément Terre 2006 : Flaveurs de violette, d'anis (un coté Rhône sud). La matière est fleurie, fruitée avec un coté confiserie et un sucre aérien. C'est gras, un poil molasson avec un amer sympa. Léger CO2 et fin boisé, pas mal foutu *** et vin ethique reversant une partie de ses revenus à la WWF.


Champagne De Castelnau : nez sucré sur les fruits blancs, bulles fines, matière crémeuse, amer appuyé, finale sur le jus de pomme et rétro sur l'amande toujours amère. C'est sans ame, malgré la douceur de l'ensemble et plutôt simple.**

Champagne -Rose de Jeanne-Cédric Bouchard : nez vif "chardonnesque" (alors que c'est du pinot), boisé fin. En bouche ce sont les fruits blancs qui s'extirpent, finesse et amer du même acabit. Toujours bien bon et un potentiel de vieillissement prometteur ***




Muscadet -Expression Tardive 2003 -Cuvée du Soleil Levant - Philippe Guérin : Eh oui un muscadet en vendanges tardives cela existe. Nez de chenin ou de muscadet aux arômes de carton mouillé et de poire. En bouche, le vin " a mangé son sucre", c'est oxydatif au possible et alcooleux mais hélas surtout bouchonné... Je viens de battre en l'espace de quelques semaines mon record de vins bouchonnés croisés dans ma cave... Une déception pour un vin très apprécié et acheté au caveau du restaurant Anne De Bretagne à la Plaine/Mer...



Champagne-Moet & Chandon-cuvée Brut Impérial : Nez végétal, toasté et donc boisé.La matière est vive en bouche, amer sur le pamplemousse, ample et alcooleuse au final et amer dérangeant. Un poil trop dosé à mon goût. Pas mon style de champagne *(*)

Champagne Yannick Prévoteau-Cuvée Amandine : cuvée 100% chardonnay à la bulle fine. Au nez ici aussi un végétal accompagné de fruits blancs. En bouche c'est vif, brouillon, les bulles paraissent plus grosses que l'oeil les avait jugé, le tout pour une finale sur les agrumes un poil agressive. Déception **

Et oui j'ai bien réduit la voilure sur les vins ces derniers temps mais les rouges à venir sont bien plus nombreux... Rendez vous pour l'opus one 10 de ce florilège...
A SUIVRE

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La Vieille Tour

5 Décembre 2008, 11:52am

Publié par Docadn

L'inévitable boitier électronique embarqué (pour ne pas dire GPS) nous conduit devant l'antre de nos agapes par un chemin forcément tordu et nocturne... à quelques hectomètres du port du Légué où nous nous trouvions quelques heures auparavant. Environnement pas forcément magique pour une devanture somme toute banale qui contraste hautement avec l'intérieur.
L'entrée signe une déco résolument contemporaine avec la cuisine au rez de chaussée et une salle privée sur le même niveau.
quelques dizaines de marches plus haut, nous accèdons à la petite salle aux tons "clairs obscurs" agrémentée de poissons en verre et d'un éclairage doux et agréable. Les bougeoirs et sculptures "érotiques" sont l'oeuvre de Solange Adam et le restaurant héberge tout au long de l'année des toiles d'artistes que l'on peut acquerir.


Nous allons découvrir la cuisine de Nicolas Adam à travers son menu dégustation proposant "les coups de coeur du chef et les produits les plus nobles en 6 plats".C'est frédéric le sommelier de l'établissement qui vient s'enquérir de nos préférences en matière de vins puisque j'ai aussi opté pour un accord mets & vins. Nous lui laissons carte blanche sur les accords que lui inspire les plats que nous souhaitons pas connaître par avance.
On nous propose un apéritif, ce sera le cocktail maison pour madame (à base de grand marnier, de jus de fruits de la passion et d'un soupçon de vodka très bon) et un vin de pays des Côtes de Gascogne petit & gros Manseng du domaine Uby (dont le sucre résiduel et le perlant me rappelleront le tarriquet dont je raffollais quand je découvrais le monde du vin) pour ma pomme pour accompagner nos mises en bouche.


des grignotages dont j'ai oublié déjà la composition mais dont j'ai juste gardé le souvenir d'une excellente tempura de crevette (hors cadre).
Revoici notre sommelier qui nous sert le premier vin accompagnant notre 1ere entrée. nous partons immédiatement à la recherche de l'identité de ce verre généreux (et ils le seront tous). Le nez puis la bouche nous emmène coté ligérien et nous ramène à la dégustation de chez Chidaine... Nous sommes d'accord, c'est Vouvray ou Montlouis. Nous nous arrêtons sur Vouvray après l'avoir regouté...C'est puissant et fin, long et gourmand avec ce coté "minéral bien de là bas" Emporté par "ma parano de dégustation" du genre "t'as voulu nous pièger coco,mais on nous la fait pas ..." je me perds ensuite dans le sud ouest puis en Rhône nord et j'annonce tout fierot à notre sommelier que j'hésite entre ces 2 dernières régions. Petit sourire de ce dernier et de nous annoncer qu'il s'agit d'un bien d'un Vouvray sec "le haut lieu" 2007 Huet. Première "humiliation en demie teinte" bicause on avait trouvé mais on a changé d'avis en cours de verre..Il est temps de découvrir notre "fausse" entrée:


Un Sorbet d'huître puissant, un maki au saumon légèrement "wazabié" et un acras de crevette transpercé d'une pipette contenant une sauce tiède au gigembre et citron vert. on nous conseille de démarrer par cette dernière. On gobe la bille de crevette, on croque et hop on arrose le mini crustacé de l'assaisonnement... Marrant et bon...

Rapidement la véritable entrée fait son apparition sous l'intitulé suivant :


Saint Jacques à la plancha crèmeux de potimarron, chataigne et lard fumé.



Cuisson des Saint Jacques au poil, expression "très crèmeuse" du puissant potimarron . Belle juxtaposition des saveurs, le tout en équilibre sur le fil. Le fumé du plat donne une longueur supplémentaire en bouche de très bon aloi... Un fort joli plat.
Fred (ben ouais au 3 ème verre, j'ai déjà son diminutif et au dernier on finira par des culs secs en se tapant sur les cuisses... je m'égare) nous apporte la prochaine énigme. Toujours en blanc. La robe est trouble, le nez minéral, en bouche, c'est superbe.Je le place bien évidemment en Loire comme j'ai l'habitude de le faire quand j'en sais rien du tout... Et je lui annonce un vin avec une approche "nature"(bio ou biodynamie) avec une très très belle expression du terroir, superbement équilibré, fin droit net... Le Fredo (il doit être déjà fatigué de sourire à mes analyses de comptoir) acquiese sur mes conclusions en me disant qu'en effet le vigneron a une approche très pointue de ces vins par rapport au terroir et qu'il travaille en biodynamie. "Enfin" me dis je intérieurement en rougissant extèrieurement sur ma "perf". fierté de très courte durée quand il m'annonce qu'il s'agit d'un Sylvaner Vieilles Vignes 2007 Ostertag. Ce dernier à voulu prouver qu'on pouvait obtenir de très beaux vins avec ce cépage (souvent dénigré et mal utilisé) sur des terroirs (et dieu sait s'ils sont complexes là bas) qui s'y prêtent et que ce vin en était la preuve. Je suis emballé par ce dernier que l'on nous propose sur un plat qui va révéler le talent de notre sommelier. J'en ai révé et il a osé nous proposer ce vin sec, puissant et minéral sur :

Hamburger de foie gras chaud alias le fameux "Mac Adam"


L'idée du sommelier étant de proposer un vin en rupture avec le moelleux et la richesse de notre hamburger çi dessus.
Composé de pruneaux au vin d'épices, de foie gras et d'un sablé au beurre avec un ketchup de framboise, ce plat désormais emblématique de la cuisine de Nicolas Adam est souvent traduit comme un pied de nez à la "cuisine fast food". Il n'en demeure pas moins que cette association de fruit, foie et de gateau (le tout couronné par un lamelle de parmezan) détonne par ses saveurs (ne pas oublier de badigeonner les bouchées du merveilleux ketchup).Je me dois juste de signaler que le plat aurait été parfait si le foie gras avait été dénervé (j'avais eu le même petit désagrément chez Jeffroy...).En attendant l'accord avec le sylvaner était parfait et il est trop rare de voir ces accords pour ne pas le souligner. Quand on vous balance un énième "liécoeurant" liquoreux qui vous plombe le palais et l'estomac à ce moment du repas car "le foie gras appelle le sucre"... Bravo Frédérico !!
Tiens voilà d'ailleurs ce dernier qui revient nous proposer le vin blanc suivant... Moins expressif que le sylvaner, sur des notes de fruits blancs, un léger boisé surnageant et de structure moyenne... Comme d'hab mon flair habituel ne me laisse pas deviner un étonnant (vu mon diagnostic ligérien habituel et un passage dans mon vide rhino laringologique de roussanne & marsanne constituants le breuvage) mais néanmoins bon Crozes Hermitage "Les marelles" 2007 Gilles Robin. Ce dernier accompagnera :

Homard Breton rôti Pommes deTerre Safranées & Expression végétale


Le plat est magnifique, une vraie peinture, le homard est cuit au millimètre, la purée safranée allie texture, finesse et puissance comme cette épice sait l'être quand elle est bien dosée ce qui est le cas dans ce plat.Comble du plat on se plaît à essayer de peindre l'assiette une fois rassasié. C'est à ce moment que j'ai compris "l'expression végétale"...
Mesdames & Messieurs, en exclu mondiale ma 1ere oeuvre gastronomique...


Après cette "récréation créative"(qui à dit que je ne savais pas peindre !!). Le sourire de Frédo réapparaît avec "proposition de changement de couleur dans nos verres". "Un peu de rouge ?!!" La miss acquiese, je confirme.
Un nez profond, de fruits noirs et rouges.Un boisé de type international (c'est à dire copieux) qui me fait penser à une syrah (shiraz devrais je dire) australienne, c'est fruité à souhait même si le boisé domine mais avec une jolie trame. Comme d'hab je me laisse emporter et fini par un cabernet shiraz. Sans trop me mouiller, j'annonce donc un vin étranger, coté hémisphère sud... El Frédo certainement pris de pitié devant mes performances hors normes confirme bien l'origine étrangère de ce "Pinot noir" 2006 Clos Henry de Marlborough (Nouvelle Zélande). Je me suis juste trompé d'ile et de cépage mais j'avais juste l'hémisphère .
Frédéric nous livre un court résumé de ce pinot issu de vignes de 3 ans et déjà exploité et embouteillé dans ces contrées alors qu'il semble inimaginable (voir impossible) de produire du vin sur des vignes aussi jeunes en bourgogne...A peine l'explication terminée que l'on nous apporte un des clous de la soirée :

Turbot Sauvage, Pak Choy cuit au Wok, Légumes en Cloche de fumée


La photo fut prise hélas une fois la cloche de verre enlevée. Cette dernière maintenait les légumes dans un halo de fumée. C'était très esthétique et impressionnant (la moitié de la salle s'est retournée quand elle a aperçu nos plats ardoises).
Les légumes (en haut à gauche) sont effectivement délicatement fumés au contact de nos papilles. Le pak choy (à droite) est "woké" tip top, et le turbot est cuit au laser (pour un des 2 morceaux le second étant en retrait en terme de précision) gouteux et délicat...
On se remets doucement de ce très bon plat pour le 6ème rappel de notre Freufreu qui nous propose de rester dans le rouge pour le 1er dessert. Les papilles affutées comme pas possible, je devine une très jolie acidité et de la syrah et me dis que ce vin doit être produit quelque part sur terre... Bingo pour l'origine c'est en effet sur la planète terre qu'est produit ce vin mélant en effet syrah et grenache : Baux de Provence « La Chapelle de Romanin »  Château Romanin 2005 pour accompagner :
 
Variation sur les Fruits


Ce dessert en en dessous du niveau général du repas. Un soufflé honnête et juste le caractère régressif amusant des morceaux de pêches (quid de la saisonnalité) mélés à cette friandise chimique des années 70 qui explose dans votre bouche (du type fritzy pazzy).Puis un ultime dessert pour clore ce repas :

 Tarte Coulante au Chocolat Manjari  Menthe Poivrée & Glace Carambar


C'est au dessus du dessert précédent mais encore un peu en retrait sauf pour la Tarte Coulante au Chocolat Manjari dont le sablé est excellent et le contenu riche et puissant comme je les aime. Le granité à la menthe poivrée est juste rafraîchissant et la glace au carambar surfe toujours sur le régressif plaisant mais est juste un poil trop sucrée à mon goût.

Les mignardises de fin de repas


Et nous arrivons au terme de notre randonnée gastronomique qui aura durée pas moins de 4h00, pour un excellent repas dans son ensemble.

En conclusion :
  • Une cuisine toute en puissance et en délicatesse orchestrée par un chef amoureux des  produits nobles, nostalgique par ses clins d'oeil au "passé", et amateur du beau dans l'assiette comme des oeuvres sur ses murs.
  • Un sommelier véritablement dans le coeur de son métier et qui ne doit rien changer (à mon humble avis) sur la manière d'aborder son rôle.
  • Des verres de vin très généreux (à vue de pif pas loin de 2 bouteilles au global, c'est beaucoup diront certains, c'est pas mal diront les autres comme moué) dans cette version mets & vins.
  • Je déconseille malgré tout le repas décrit çi dessus si vous êtes une petite fourchette (indigestion quasi garantie) pour les autres (fourchettes XL et XXL) vous n'aurez guère faim au petit déj...
  • Un service qui "glisse avec aisance" (et quand on voit la configuration du restaurant difficile de ne pas tomber) et une ambiance décontractée chic et complice, dans l'esprit que semble défendre leur "modèle" et néanmoins amis de Lorient Jean Paul et Véronique Abadie.
  • Une énième leçon d'humilité dans la dégustation des vins à l'aveugle. C'est pas nouveau pour moi, mais que voulez vous j'aime ce jeu où je ne brille guère mais qui me paraît indispensable pour aborder tous les vins à "poil" c'est a dire sans "l'effet étiquette" qui plombe selon moi toute dégustation objective.
Ainsi se termine cette escapade briochine, petit paradis gourmand D'Adam & Eve Solange.
La vielle Tour
75 rue de la tour
Port du Legué
22190 Plérin
0296331030
lvt@la-vieille-tour.com
Site internet : La-vieille-tour.com

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