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EscapadeS

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

21 Juin 2015, 21:06pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Notre groupe de soiffards a décidé de consacrer 3 volets aux vins de Loire. Il y a 3 mois, nous explorions les vignobles nantais et angevins.

Au tour de la Touraine de passer sur le grill de nos papilles curieuses et parfois sévères !!

Mon aversion (naturelle) pour le poivron cabernet franc me fait redouter de potentiels mauvais moments. Mais la Touraine, c'est aussi du chenin... soit de bons moments en perspective aussi... normalement !!

Mais voilà, quand ça veut pas, ça veut pas !! Chronique d'une dégustation catastrophe pour l'anti-breton et le pro-chenin que je suis !!

16 joyeux drilles autour d'une tablée ravitaillée par un punk à la crête napalmée, épaulant sa moitié qui, quand elle n'apprend pas à parler à ses légumes les fait chanter dans les poêles, s'est décarcassée comme toujours pour tenter de coller sa (jolie) cuisine aux vins proposés.

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...
LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Tradition oblige, nous commençons par une bulle (merci Gilles) aux effluves étonnamment forestiers, profond, à la bulle nerveuse. La vivacité se confirme en bouche, un jus immédiatement salivant, crayeux au possible, à la longueur remarquée. Au fil des gorgées, le vin se révèle assez compact, puissant, aux amers nobles, sur une finale de pamplemousse. J'aime beaucoup ce Vouvray - Brut 2008 - Clos Naudin - Philippe Foreau ***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Un premier apport, gentiment offert par un collègue de boulot. Un rosé au nez de berlingot, très "levuré", quand la matière s'avère pommadée, sudiste molle au possible et simpliste. L'assemblée grogne déjà devant ce Touraine Noble-Joué - Rosé 2014 - Domaine B. Blondeau 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le premier rouge débarque. Un boisé appuyé envahit mes narines, puis les "capteurs archétypiques" du cab' franc se rangent à la queue leu leu au-dessus du verre. L'attaque est douce, quasi sucrée, puis... pas grand chose derrière !! C'est clairement "maigre" et sans caractère pour un Bourgueil - Tempérance 2012 - Bertrand Galbrun *

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Second rouge, avec un nez de "peu protégé" qui fait craindre le pire. La bouche est presque miraculeusement "neutre", si ce n'est des amers finaux assez toniques, limites désagréables. Pourtant cette trilogie de pinot noir, gamay et pineau d'Aunis du Domaine Augé, vin de France 2010 le Herdeleau là avait tout pour plaire... sur le papier *(*)

3ème rouge s'ouvrant sur un sympathique pif de "fourrure typé macération carbo du Beaujolais", à l'attaque d'abord douce, puis très épicée, aux amers justes... qui part en vrille en moins de 5 minutes, laissant place à un végétal rédhibitoire !! Comment ça c'est un 09 ?! Eh oui, Bourgueil - Les Galichets 2009 - Catherine et Pierre Breton *(*)/**

Le concours de grimaces bat son plein !! Pat le Moineau (dit La Mouthe) jette ses verres avec le même enthousiasme qu'un magasinier détruisant des yaourts périmés.

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Enfin un joli nez original de "raisins mûrs" virant presque sur les agrumes !! C'est bien un rouge, un cab' franc, à l'expression étonnante d'orange amère un poil anachronique, plein de fraîcheur, pas mal en fait ce Bourgueil - La Petite Cave 2007 - Yannick Amirault **(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Nez très métallique, fines notes de fourrure, puis une attaque bien mûre, épicée, hélas demi-corps avec une finale en couille de loup qui trempe négligemment dans une piperade à l'amertume monstrueuse. Chinon - Clos Guillot 2010 - Bernard Baudry */*(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

J'ai déjà envie de jeter l'éponge pour les rouges, attendre les blancs, quand survient ce 6ème rouge au nez de Bernardo muet comme un Chaplin des années 20 !!

La bouche se fait heureusement plus bavarde, délivrant une matière juste mûre, relativement fine, très gourmande, fraîche, pas du tout du cab' franc en fait !! Eh si !! Merci donc à ce Touraine - Ante Phylloxera - Franc de pied 2009 - Clos de Maulévrier - Marc Plouzeau de faire une trêve dans cette boucherie de rouges pas mûrs, amers, simplistes pas du tout à mon goût !! ***/***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Un nez "local", virant café et menthol par moments !! Attaque immédiatement gênante de traviole, épicée, aux amers monstrueux et vulgaires.

J'avais un différent historique eu une détestation quasi psychanalytique avec un Busardières 2005 du domaine... dire que même à l'aveugle, je trouve détestable ce Bourgueil - Grand-Mont 2011 - Domaine de la Chevalerie - Stéphanie, Emmanuel et Pierre Caslot 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le calvaire se poursuit avec ce 8ème rouge au nez très épicé, plutôt avenant, qui se fait balayer par un jus "décalé", aux amers saillants, pour ne pas dire grossiers, encore un cab' franc identifié comme un Touraine - 2006 - Patrick Corbineau vraiment pas bon !! 0

Dernier rouge annoncé !! Les larmes de joie coulent à travers mes yeux rougis par les poivrons verts et le Tabasco recrachés !!

Nez sanguin, à l'acidité jaillissante, qui annonce tonicité et vie !! La matière confirme le caractère nasal, par une expression dynamique, équilibrée, aux amers parfaitement intégrés... bordel, vous voyez, c'est pas compliqué !!

Il faut faire quoi pour avoir ça ?! Signer un pacte avec La Diablesse 2001 - Château de Coulaine - Chinon ***/***(*) ?!

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Les blancs arrivent, j'aspire à enfin prendre du plaisir... mais non, à ce moment là, je ne sais pas encore que je vais me farcir une dégustation aussi énervante qu'un album de Michel Sardou !!

Le premier vin est tellement "rosé-sudiste-berlingot-attaque-molle-mais-c'est-quoi-ce-vin-invertébré" que je me dis... non c'est pas du chenin ?!!

Très jolie blagounette de Ben53 (qui rappelons-le est diacre itinérant, responsable-adjoint de la promotion du vin de messe mayennais pour le diocèse de son district occidental).

Et c'est effectivement un chenin estampillé Vin de France - 2014 - Domaine de la Morinière - JM Leroy (avec une étiquette conçue par un atelier encadré, composé d'anciens touristes ayant burn-outé après des vacances en Mayenne) vendu 9€... ce qui est 9€ de trop en passant !! 0

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Second blanc, qui démarre avec une acidité haute... puis qui se vautre en largeur puis en mollesse, malgré un caractère citrique net. Nouveau coup de sang pour La Mouthe et son Jasnières - Cuvée des Perrés 2013 - Domaine J. Martellière, qui risque de laisser encore un caviste rennais sous la menace d'une colère rousse rouge !! *(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Mon apport s'ouvre sur un "citrique" évident, avec un soupçon de poire !! J'avais laissé ce vin comme "too much" par son côté "Hulk véner", je retrouve une matière à l'acidité toujours haute (comme j'aime), à la tension attendue, mais sur un profil bien moins large !! C'est plus posé, mais moins puissant... presque trop "étroit" pour le coup !!

Ca me fait un peu chier, et pour le vin et pour Julien, de le boire ainsi, mais on ne ment pas aux potes !! Vouvray - Le Compte Marc 2012 - Julien Vedel **(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Le nez le plus expressif des blancs, avec son cortège de poire, sa pincée de pomme blette, quand la bouche se fait finement oxydative, avec ses notes pharma ... et sa finale pas nette du tout pour moi (sans parler de la grosse impression de sr), dommage pour ce Coteaux du Loir - Vieille Vignes Eparses 2005 - Domaine de Bellivière - Eric Nicolas *(*)

Un pif un poil soufré, mais une promesse en bouche qui se dénude élégamment !! Matière équilibrée, amers modèles, fraîcheur de bon aloi, enfin un chenin qui se tient (très) bien que ce Vouvray - Le Mont - Sec 2010 - Domaine Huet !! ***/***(*)

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Etonnant "demi-sec", à l'acidité haute bienvenue, qui "safrane" sympathiquement, mais manquant quasiment de "douceur" dans son registre, alors que le domaine aime laisser "traîner du sucre même dans ses secs" la rondeur !! Je reste circonspect devant ce Montlouis/Loire - Les Tuffeaux 2009 - françois Chidaine *(*)/**

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

Fin du (laborieux) marathon, avec un ultime blanc au nez marqué de champignon, à l'acidité de diable, mais pour cause de fatigue, de désarroi, ou je ne sais quoi encore, je n'apprécie pas pleinement cette ultime salve, alors que nous sommes devant un jus historique : Vouvray - Les Morandières 2004 - Lemaire-Fournier **

LPV BzH XV, la remontée de la Loire se poursuit...

En conclusion, une dégustation calamiteuse pour mes sens... et pas mal de mes collègues de goulot aussi !!

Le genre de séance qui vous conforte dans la culture d'une aversion (disproportionnée) pour le cab' franc, mais vous rappelle aussi que le chenin ne supporte pas non plus la médiocrité !!

Vivement la fin de la trilogie avec le Centre-Loire qu'on souhaite forcément moins funeste !!

Merci à tous les participants pour leur dévouement à la science et leur abnégation totale durant ce très long après-midi de souffrance !!

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Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

17 Juin 2015, 10:15am

Publié par Docadn

Bonjour,

Le long résumé gastro printanier se poursuit, avec une "figure" incontournable du paysage culinaire sudiste !!

Alain Llorca fut la star de Mougins et de la PACA entre 2004 et 2009 ("Le Moulin de Mougins" 2 macarons au Gros Rouge), avant de tenter l'aventure de la "bistronomie" sous un concept nommé "Café Llorca" (Vallauris, Monaco).

Un parcours bizarre, atypique, qui l'a mené jusqu'à reprendre, le temps d'une saison, les fourneaux de l’hôtel Belles Rives à Juan-les-Pins.

A la tête d'un "piano à son nom" depuis 2009 à la Colle-sur-Loup, il est titulaire d'une étoile Michelin depuis 2012.

Il gère aussi en parallèle un "Carré Llorca" à Nice, au succès notable selon les locaux et les fans.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Un dimanche midi de mai, j'emmène ma grande amie déjeuner dans le "vaisseau amiral" de la flottille Llorca.

Service de voiturier, accueil grande maison, pour nous retrouver rapidement sur la charmante (et immense) terrasse, avec une vue splendide sur la campagne et le trop fameux village de boulistes bling-bling St-Paul-de-Vence.

Alain Llorca à la Colle-sur-Loup

Une formule déjeuner à 58 € "sponsorisée" par le Gros Rouge (en fait on vous offre une coupe de champagne en sus de la formule "boissons comprises").

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan
Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Raviolis de poitrine de veau confite à la ricotta et marjolaine/ jus de tomate et parmesan

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Paella cuisinée aux artichauts / filet de rouget et calamars du Pays / aïoli

Pâtisserie

Pâtisserie

Si on s'attend, à quasi coup sûr, à de la "cuisine pour notaires" (poke Mix) sur le papier, vu la clientèle visée, la réalité est heureusement un poil divergente.

Llorca offre une cuisine plutôt classique mais pas emmerdante pour un sou !!

Ses "raviolis de poitrine de veau" sont le bon résumé d'un numéro d'équilibriste nécessaire pour attirer les touristes anglais en mode "Peter Mayle Tour", mais aussi garder les boulistes en plastique vacanciers/autochtones friqués financièrement à l'aise du village voisin...

La présentation "sommaire" de la paella est due au service directement à table, pour le coup très 70's !!

Service précis, attentif, presque précieux par moment.

Une fois de plus, je déplore une "partie sommellerie" assez déconnectée du niveau attendu (en plus d'être old school).

Les vins servis sont très moyens, qualitativement parlant, respirant plus l'optimisation financière qu'une réelle réflexion "accord mets et vins".

Les desserts sont, comme chez Pic, la bonne surprise de cette séquence !! Des classiques de très bonne tenue, généreux, quasi éligibles aux Relais Desserts.

En conclusion, Alain Llorca semble avoir retrouvé une vraie place dans la sphère gastro sudiste. Sa cuisine mérite le macaron, mais on ne peut s'empêcher d'y renifler des "non mises en danger" "filets de sécurité" prompts à rassurer les Anglais et les notaires (voire le cuisinier lui-même), tout heureux de flirter avec une certaine originalité des plats, le tout porté par un service rigoureux orné d'un snobisme étudié.

Restaurant Alain Llorca

350 Route de Saint-Paul, 

06480 La Colle-sur-Loup

Tél : 04 93 32 02 93

www.alainllorca.com

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Anne-Sophie Pic à Valence

4 Juin 2015, 12:28pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Parfois, vous lancez des défis en l'air... et ils finissent par vous retomber sur le coin de la gueule !!

En 2014, un de mes neveux passe son bac. Aussi, en "tonton blagueur", je lui lance un défi du type "prime de résultats" :

  • Mention "assez bien", je lui offrais le buffet à volonté de la caféteria voisine.
  • Mention "bien", c'est l'étoilé local qui était honoré de sa présence.
  • Mention "très bien", les portes du paradis valentinois au déjeuner pour son palais.

Le morveux bosseur a raté les "félicitations du jury" de 0,1 point !!

Aussi, avec son 17,9 de moyenne et ladite mention "très bien" en poche, je retrouve Quentin un an plus tard, dans le jardin du 285 avenue Victor Hugo à Valence, pour savourer enfin sa victoire.

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Petit apéro dans l'agréable jardin du restaurant (jus de fraise pour notre désormais lyonnais, un verre de châteauneuf-du-pape blanc pour ma pomme), avec déjà des grignotages de haut niveau !!

Moment consacré au choix du menu de ce déjeuner de l'Ascension, que j'oriente insidieusement vers la version "Découverte" !!

Anne-Sophie Pic à Valence
Anne-Sophie Pic à Valence

Accueil "grande maison", staff conséquent papillonnant en silence dans l'immense bâtiment à la déco et au mobilier très soignés.

Anne-Sophie Pic passe en salle, dit bonjour à tous, sait qui fête quoi, se prête avec grâce aux photos.

L'apprenti gourmand est impressionné. C'est la première fois qu'il met les pieds dans un grand restaurant gastronomique.

Je lui conte rapidement la saga de la famille Pic* et le fait que seuls 26 établissements en France sont couronnés de 3 étoiles au Gros Rouge Michelin... une mise en bouche arrive.

* j'avais déjeuné il y a 2 ans dans la brasserie "Le 7", article visible -> ICI
Crème brûlée au foie gras
Crème brûlée au foie gras

Crème brûlée au foie gras

A partir de là, nous voilà embarqués pour 02h30 de voyage.

La carotte et la fleur de jasmin

La carotte et la fleur de jasmin

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Les berlingots, coulant au crémeux de chèvre de Banon légèrement fumé, consommé au cresson infusé au gimgembre et à la bergamote

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le pigeonneau de la Drôme mariné au saké et au géranium Rosat, grué de cacao, petits navets et radis primeurs

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Le Brie de Meaux à la vanille Bourbon

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Interlude (pré-dessert dont j'ai franchement oublié l'intitulé mais qui reste un souvenir "frais et fleuri" dans mon esprit)

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le citron Meyer comme une évocation de la garrigue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Le thé Sencha et le géranium Rosat (dessert de Quentin) : dans l'esprit d'un vacherin, crème légère au géranium Rosat odorant, glace gingembre et thé Sencha, coeur coulant passion-mangue

Fin du voyage et très jolie séquence gastronomique.

Avec mon neveu, nous refaisons le match. Gros coup(s) de cœur pour la crème brûlée au foie gras et les berlingots de chèvre pour lui.

Il est vrai que le Banon, très puissant, ne fait pas dans la dentelle et se place aussi dans mon trio de tête. Le pigeonneau, tout classique soit-il, est terrible de justesse.

Ma grosse claque reste tout de même pour le dessert (le moment que je redoute le plus) !! Ce citron Meyer restera, je pense, longtemps comme le meilleur dessert aux "agrumes-herbes" jamais savouré englouti.

Le "syndrome Ratatouille" (ou "Les Gouttes de Dieux" au choix), quand la première bouchée vous emmène quasi instantanément dans la "vraie garrigue", puis que le citron vous téléporte en Loire avec un chenin crayeux qui vous fait saliver...

Et pour finir...

Et pour finir...

J'ai entendu, ça et là, des réserves sur le travail d'Anne-Sophie Pic. "Cuisine de fille", "pas une grande cuisinière", des avis aussi durs que ce microcosme gastronomique !!

J'admets juste que les "touches japonaises, ou d'inspirations japonaises" quasi systématiques sont un poil "fatigantes" sur les plats dégustés.

Elles ne flinguent pas les assiettes, mais le fait de "name-dropper" chaque plat avec son herbe, sa racine, son fruit ou son whisky japonais me gonfle un peu parait superfétatoire vu le haut niveau culinaire délivré !!

Le gros reproche de la maison, guère différent dans d'autres grandes maisons, reste forcément la question du vin.

Dès l'apéritif, on vous vante les vins de la maison Pic, propriétaire de vignes, dont les vins sont élaborés par la maison Chapoutier.

Les tarifs de la (très grosse) carte sont forcément indignes (les coefs 4-5 et plus sont légions). Mon neveu ne buvant pas, j'ai juste tenté un verre de vin rouge, sur le pigeon, à la guise du sommelier.

Ce dernier, tout droit sorti des années 82-84 en terme de style, m'a servi un Hermitage 11 de la maison Pic.

Un jus de raisin d'ébéniste, à l'amertume prompte à faire fuir le pigeon... servi plutôt chichement et facturé plus de 20 € !!

Il est toujours triste, dans ce genre d'établissement, de ne pouvoir s'extasier aussi sur le vin.

Si le déjeuner est solidement facturé (160 € par personne, 90 € en semaine hors jours fériés), j'admets presque sans broncher que les frais induits (produits, salaires) soient en (grosse) partie justifiés.

Pour le vin, s'il sert toujours de "vache à lait" pour gonfler la marge par couvert, rien ne justifie de tels coefficients !!

Des détails qui n'ont guère ému mon neveu, soufflé et heureux d'avoir enfin pu caresser le monde merveilleux du luxe et de la haute gastronomie !!

Cette immense joie spontanée a suffi à rendre ce moment unique, à tout jamais gravé dans sa mémoire... et dans la mienne aussi !!

Anne-Sophie Pic

285 Avenue Victor Hugo

26000 Valence
04 75 44 15 32

www.anne-sophie-pic.com

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