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EscapadeS

Florilège de dégustations XXXIII

24 Juin 2014, 20:44pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Le 10 mars 2013 paraissait le dernier florilège du blog...

Depuis, des tables, des tables, encore des tables, des balades viticoles, des Greniers, un peu de VDV, mais plus de florilège depuis 15 mois (les cérémonies païennes de LPV BzH, ça ne compte pas) !!

Est-ce la grosse flemme d'écrire toujours "nez de carton mouillé, amers soutenus, bouche compacte" symbolique des 33 qui m'a fait reculer ainsi (Jésus, crucifixion tout ça !!)?!

Et pourtant, ce ne sont pas les bouteilles qui ont manqué !!

Je note toujours scrupuleusement mes impressions laissées par toute boisson, à base de raisins, passant à proximité de mes badigoinces.

Mais je vomis plus ne rends plus beaucoup compte par le biais de ces florilèges, foutoirs au style télégraphique à la profondeur d'un bonnet de soutifs de Milla Jovovich !!

Trêve de mea culpa en copeaux, place aux vins en tonneaux (parce qu'en cuve ça rime moins !!).

Une (très courte) sélection piochée, au hasard, dans mon carnet gribouillé :

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Domaine Charvin - Châteauneuf-du-Pape 2007

Nez empli de finesse, relativement discret, épicé, à la joli touche de menthol. Si les 1ères impressions sont moyennement rhodaniennes, la bouche s'ancre lentement sur le terroir concerné (la sentence qui ne veut rien dire, mais ça meuble le compte rendu).

La note de rafle s'évertue à dominer, au milieu d'un bouquet de fraises et autres fruits rouges à l'eau de vie. Une matière très poivrée, compacte, pleine, à la puissance débridée, laissant des notes d'alcool peu flatteuses en finale.

A ce stade, il y a même un côté "clérical-bordelais", finement asséchant, à la rétro de champignons.

Le lendemain, le nez est encore plus fin, peu disert, avec une jolie touche de "fraise écrasée avec une pointe lactée". L'attaque est "acidulée", presque crayeuse, mais à la digestibilité limitée à ce stade. **/(**(*)

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

BBF - Bénédicte et Stéphane Tissot - Crémant du Jura

Nez boisé, fermentaire, "bourgui-chardonnesque" marqué, au fin sucre palpable, au fruité puissant.

L'attaque est boisée, la bulle vive, la matière dense, mais assez court dans l'ensemble.

Finale marquée par une petite amertume presque intégrée, finement salivante.

Le fond de verre de cette bulle élevée en fût durant un an, qui a passé les 52 mois suivants sur lattes est un petit plaisir à humer.

Un joli pirate, qui flirte avec le chenin par moment. ***

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Imalaya 2010 - Domaine Le Roc des Anges - Côtes du Roussillon

Nez d'une élégance rare, pas du tout sudiste, évoquant le chenin, alors que nous sommes en présence de carignan gris.

La poire mûre, quelques fruits jaunes se bousculent au-dessus du verre. Puis ce sont des notes d'hydrocarbures qui viennent occuper une espace quasi alsacien pour le coup !!

Une attaque très dynamique, à l'acidité haute, très marquée "blanc du nord", un poil courte, au juste gras, au boisé encore marqué.

Une bouteille forcément trop jeune, mais au potentiel de "grande sudiste du sud qui peut faire la nique à quelques seigneurs des blancs du nord". ***/***(*)

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Petit Chablis 2012 - Domaine Droin

Nez de carton mouillé puissant, assez monotone-monocorde olfactivement parlant. La bouche s'avère plus variée, dansante, avec son toucher "caillouteux" (oui, j'ai beaucoup sucé de cailloux dans mon enfance, c'est la famine de 1976 qui m'a poussé à en lécher des quantités non négligeables), relativement simple, lisse, bien équilibré, aux fins amers dans le ton, un poil lâche en finale.

Plutôt pas mal pour le coup **(*)/***

 Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Ciel Liquide - Côtes du Roussillon Villages 2005 - Jean-Philippe Padié

Nez caractéristique de grenache, adossé à des fruits rouges cuits et le pruneau. L'attaque est fraîche, très acidulée, épicée, relativement simple.

La matière "s'ouvre" lentement sur les fruits à noyau, se faisant même "crayeuse" par moments. L'ensemble reste frais, gourmand, sur une jolie cerise en finale. ***

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Mélaric - Globules Roses - Vin de France (11)

Nez fermentaire, à l’effervescence débridée. C'est successivement entre l'Aspro et le microbullage macro-bullage pas ménagé du tout !!

La grenade (le fruit, pas l'explosif) survole ce bouillon à l'acidulé jaillissant.

Une attaque nerveuse, à la bulle inversement proportionnelle au visuel (elle est fine sous la langue quand le visuel est plus proche d'un détendeur de plongée en action !!), à l'acidité relevée, au sucre "intégré", à l’amertume sur le fil. Une vraie bulle de soif !! **(*)

Fin du XXXIII ème florilège. Prochain "revue de cave" dans moins de 15 mois, j'espère.

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Restaurant Youpi et Voilà à Paris

9 Juin 2014, 20:13pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Après Playtime, ma série "des restos adoubés par Le Fooding où il fallait tuer le client devant vous il y a 18 mois pour avoir une table" se poursuit...

Youpi et Voilà a ouvert ces portes en mars 2012, dans une rue peu rieuse du Xème, après de longues tergiversations de son patron-cuisinier Patrice Gelbart, selon Sophie-Ptitpois-Brissaud (croisée ce soir-là).

J'avais déjà aperçu "le tarnais" derrière le comptoir du Verre Volé (à qui j'avais octroyé le rôle d'aide-cuistot, alors qu'il était un des "6 Grands de Demain Gault et Millau 2009", shame on me !!).

J'y avais moyennement apprécié cette "cuisine ménagère d'assemblage"...

Mais Le Verre Volé est une vache sacrée qu'on ne peut salir indûment !!

Je pourrais raconter tout ce que je veux, j'aurais forcément tort J'ai forcément un palais en plomb et n'ai su apprécier à sa juste valeur cette "cuisine de Légo, simpliste et réchauffée directe et sans chichis" !!

Restaurant Youpi et Voilà à Paris

Ici, Patrice Gelbart est chez lui, dans une vraie cuisine, la sienne !!

Voyons ce que cet adepte revendiqué de "slow food" (qui name-drop forcément chaque radis et salsifis par son prénom*, son rang dans le potager et sa date de cueillette), revendiquant une "cuisine philanthropique", va nous proposer en ce samedi soir d'avril, à travers une "balade dans la carte" (menu surprise à 43 €, tiré de la carte, concocté par le chef, en soulignant que les "menus transmis de bouche à oreille" commencent à me brouter sévère en passant) !!

Un fromage frais de chèvre, asperges vertes et amandes en crème froide huile de ciboulette

Un fromage frais de chèvre, asperges vertes et amandes en crème froide huile de ciboulette

Bonite de St-Jean de Luz juste marinée, betterave croquante façon mille feuilles, du soja et des fruits secs

Bonite de St-Jean de Luz juste marinée, betterave croquante façon mille feuilles, du soja et des fruits secs

Poulpe - rhubarbe -sucrine - carotte

Poulpe - rhubarbe -sucrine - carotte

Bavette d'aloyau, des échalotes et des anchois, une purée de patates toute simple

Bavette d'aloyau, des échalotes et des anchois, une purée de patates toute simple

Les premières fraises en gaspacho, une mousse au chocolat blanc et poudre de pain d'épices

Les premières fraises en gaspacho, une mousse au chocolat blanc et poudre de pain d'épices

Le verdict est forcément très contrasté !!

Les plats se succèdent comme des "actes théâtro-culinaires de l'imaginaire débordant du chef".

Comme beaucoup de "chiensfous" (de grands chefs ont reconnu l'être avant de "prendre du recul"), il y a un foisonnement de bonnes et de moins bonnes choses !!

LE PLAT à retenir sera forcément ce tentacule de poulpe, à pleurer, tant par sa cuisson magistrale que par sa superbe mise en scène gustative !!

Pour le reste, il y a des maladresses évitables, tant par la trop grande juxtaposition des saveurs, qui finissent par mortifier le(s) plat(s), que par certains assaisonnements à la précision du dripping d'un Jackson Pollock parkinsonien !!

Bref, ça bouillonne d'énergie, mais on est pas des cobayes non plus !!

Je trouve cela d'autant plus dommage que les produits sont beaux, la technique et les idées sont là, mais l'empressement et le côté parfois brouillon qui en découlent hélas aussi !!

On reste avec des souvenirs de "presque réussites" qui, dans notre raisonnement injustement binaire, vous font pencher la "balance de la satisfaction" du mauvais côté !!

Sans parler de l'acoustique insupportable quand la salle est pleine !!

Restaurant Youpi et Voilà à Paris

Le service fut cohérent jusqu'à l'avant-dernier plat, carrément longuet en attendant le dessert (différent de celui de notre table voisine, sur la même formule !!).

Une tentative de discussion avec le chef, en fin de service, a donné lieu à la même chaleur de retrouvailles entre un ex-choriste et de son maître de chant à soutane aux organes très tactiles s'est soldée par une gêne (réciproque) d'un cuisinier qui n'avait pas envie de parler et d'un client qui s'est trouvé bien con de juste vouloir en savoir un peu plus sur ce dernier !!

Jolie et courte carte des vins "tendance-actuelle" (bio-machin tout ça) gérée par Jean-Philippe Morice (ex-Verre Volé et sommelier discret), à l'honnête coefficient (2,0 prix caviste) pour la victime du jour : Exilé 12 des Jousset...

* Plus sérieusement, une page du menu répertorie tous les producteurs (liquides et solides) sollicités, par leur prénom !!

Youpi & Voilà

8 Rue Vicq d’Azir

75010 Paris

Tél : 01 83 89 12 63

www.youpietvoila.com

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