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EscapadeS

Le Galopin à Rennes...

28 Septembre 2012, 08:48am

Publié par Docadn

Une matinée de #@&?!%$£ administrativement parlant, venait juste de s'achever. Mon estomac se manifesta bruyamment pour me rappeler son existence, ainsi que l'heure que je ne regardais plus depuis que le jour s'était levé. 

J'étais à Rennes et n'avais, comme trop souvent, "pas étudié le terrain".

La technologie tenant désormais moins de place qu'un annuaire gastronomique, je me mets en quête d'une table censée être moins hasardeuse que mon instinct, de moins en moins naturel, puis me rend vers la suggestion proposée.

 

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Une première ardoise moyennement rassurante, un menu brasserie (18 €) en phase avec le poids de mon "pouvoir d'achat de milieu de mois"

Je pousse la jolie porte "boisée-vernie" de cette brasserie aux allures chics et parisiennes. Déco soignée, mêlant boiseries cirées et cuivres lustrés des brasseries d'antan. Personnel en costume bi-ton de "garçon de café", accueil speedé, poli, à l'heure où tous les (nombreux) costards-cravates sont déjà à table.

On me trouve une table solo entre Pierre Palmade* et Antoine Decaunes* (c'est pas n'importe quelle brasserie non plus !!). Je croise même Claude Brasseur* dans les WC. 

 

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Les 6 huîtres de Cancale (supplément +2€)

 

Déjà, les mauvaises habitudes brassicoles rejaillissent. Comme beaucoup, je préfère les "huîtres sur algues" à celles sur glace. Ces dernières sont bien charnues, à la texture idoine sous le palais, souffrant juste d'une salinité "pleine mer" dont je ne suis pas le 1er fan. 

 

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La choucroute de lapin à la moutarde au thym

 

Une assiette généreuse en lapin, en chou, moins en pommes de terre. Les morceaux sont très hétérogènes en terme de cuisson et de tendreté. C'est hélas trop souvent sec. Le chou est extrêmement salé (à croire qu'il a été cuit dans le jus des huîtres), la sauce moutarde et le thym sont étouffés par cette thalasso de Brassicacées. 

 

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Fromage blanc aux fruits rouges

 

La simplicité est parfois la moindre des évidences. J'avais refusé l'éternelle "île flottante" de peur de voir, une fois de plus, apparaître le pot en terre cuite de chez METRO (mais le label "Maître-restaurateur" m'en aurait normalement privé). 

Service bien moins débridé et assuré que dans une brasserie classique. Cela reste malgré tout pro, attentif, avec une agaçante politique de "vous reprendrez bien un verre de vin", dont la clientèle se voit gratifier 2 à 3 fois par repas...

 

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Cette "institution locale" au quart de siècle d'existence, qui voit passer presque tous les acteurs en pseudo "tournée Herbert-Karsenty" à Rennes, fait le plein tous les midis grâce à ses spécialités de la mer, sa formule à 18 €  et ses classiques rassurants (près de 200 couverts/jour !!).

En conclusion, ceux qui aiment la cuisine très assaisonnée et très classique trouveront cette table plaisante. Les autres tenteront une alternative moins salée et plus débridée. Carte des vins très moyenne.

*Les stars croisées sont sous verre, accrochées aux murs, toutes en compagnie du patron Olivier Denmat

 

Le Galopin

21 av. Jean Janvier 

35000 Rennes

Tél : 02  99 31 55 96

www.legalopin.fr

fermé le dimanche, service de voiturier

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Florilège de dégustations XXVII

20 Septembre 2012, 08:00am

Publié par Docadn

Bonjour,

 

Comment !? Déjà ?! Eh oui, le florilège est de retour !!

J'avais signalé une suite estivale des "dégoupillées", à la fin du XXVI ème numéro. Ainsi, juste avant l'arrivée de l'automne, voici la rétrospective des victimes de la canicule 2012.

 

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Vouvray 02 - Clos Baudoin - Chidaine : nez peu disert, à la fine réduction. Une fraîcheur de bon aloi, un manque évident de relief de l'ensemble. **

 

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Le Rocher des Violettes- Montlouis-sur-Loire - La Négrette 08 - Xavier Weisskopf

 

On m'avait promis un bon moment avec cette bouteille. Hélas, le nez est presque muet, la bouche quasi atone. Pas de relief, peu de vivacité. Même en l'oubliant sur le côté, La Négrette se fait aussi improbable qu'un puma dans les Appalaches. **/**(*)

 

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Sancerre - Les Anges lots 08 - Pascal et Nicolas Reverdy

 

Nez peu disert (trop froid, c'est ma faute, ma grande faute, oui fouette-moi !!), fine réduction et manque de relief dans cette première approche polaire.

Le vin se réchauffant, il laisse apparaître une très belle matière, ample, pleine, pulpeuse, crayeuse, au gras digeste des grands vins, à la vibration éclatante, au sauvignon mûr et majestueux.

Complexité, acidité, finesse, profondeur, fraîcheur d'un vin, issu de vieilles vignes, pouvant faire chanceler beaucoup de convictions sur le fameux variétal du sauvignon. ***(*)

 

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La Granges aux Belles - Anjou 08- La Niña

 

Terrien, terreux, métallique, sanguin, à l'acidité sautillante signent le nez agité de cette Niña. Un gamay aux accents rustiques, ample, plein, engoncé dans une relative austérité qui ne délivre pas la gourmandise attendue. **

 

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Escapade - Côtes de Provence 08 - Les Comptoirs de Magdala

 

Nez très grenache, sudiste, frais. Matière sapide, délicate, puissante et aérienne. Merci Jull pour la dédicace sans S. **(*)/***

 

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Domaine du Monteillet - St Joseph 05

 

Aromatique de syrah prononcée, boisé ostensible. Une indéniable fraîcheur habite ce vin plein, encore boisé, à l'aube d'une prometteuse carrière. ***

 

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Le Mont - Première trie - Vouvray - Moelleux 96 - Huet

 

La fatigue n'aidant pas, ce moelleux qui safrane et donne dans la pierre humide, a un profil "fluide", moins complexe que prévu, manquant un poil de peps (on en attend toujours avec 96). **

 

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Domaine Les Alyssas - Entre chien & Loup - Grignan-les-Adhémar

 

Nez intense de confiserie, petits fruits rouges, vanillé, pêche jaune. Un rosé sudiste assurément. Une attaque tendre, trop tendre, très fruité, ample, toujours sudiste, au berlingot envahissant. Une impression pommadée, à peine rehaussée par des épices trop discrètes. *(*)

 

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Domaine Le Rocher des Violettes - Xavier Weisskopf - Côt Vieilles Vignes - Touraine 10

 

Jolis fins fruits rouges, métal, fourrure au générique du pif. Une seconde salve annonce des promesses de sensations juteuses, crayeuses, dont les faux-semblants "carbernisant" louchent vers un bordeaux "finement" boisé.

Une attaque immédiatement fraîche, vive, acidulée, crayeuse, tonique, aérienne, juteuse, gourmande, aux amers salivants. Le côt version gymnaste !! ***/***(*)

 

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Mas de Libian - Bout d'zan 09 - Côtes-du-Rhône

 

Nez "corsé", rhodanien, épicé, étonnamment calcaire (1ère fois que je le ressens ainsi sur cette cuvée, issue d'un terroir argilo-calcaire), à la syrah expressive (20% en moyenne). 

Attaque dense, granuleuse, fruitée, épicée, à la mâche gourmande, crayeuse, acidulé. Les gorgées suivantes accentuent le côté salivant du calcaire, toujours doté d'un joli grain, à la belle fraîcheur.

Le lendemain, la matière s'avère plus "sucrée", à l'expression de framboise appuyée. L'ensemble est toujours suave et agréable. ***

 

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Domaine de Gabelas - Pierrette Cravero - St Chinian 09

 

Nez de syrah dominant (36%), crémeux, olive verte, très "Costières-de-Nîmes", au fin "trait vert"(syrah et grenache sont égrappés, quand le carignan est vinifié à part en macération carbonique). 

Attaque serrée, dense, à la mâche appréciable, toujours serrée au fil des gorgées. Si la matière est plutôt bien foutue, l'alcool domine hélas les débats. Finale amère. Dommage. *(*)/**

 

Ouf, juste avant que les feuilles ne tombent !! Prochain florilège, ben la prochaine fois !!

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Kabuki à Auray... Nicolas Quer ou le sushi made in BzH

16 Septembre 2012, 09:14am

Publié par Docadn

Bonjour,


Nicolas Quer possède au moins deux qualités souvent aptes à exciter les ronds de serviettes inspecteurs du Fooding.

La première : il est autodidacte.

Le guide branché adore encenser ces (courageux) néo-cuisiniers, souvent ex-cols blancs speedés (il y a rarement des manoeuvres de chantier ou des vigiles qui envoient tout voler), limite dépressifs, ayant claqué les portes d'un avenir plus prometteur que nos ambitieux plans de carrières laborieux emplois alimentaires, pour s'épanouir enfin derrière un piano sans touches. 

 

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La seconde qualité : il est tatoué !!

On ne compte plus le nombre de cuistots aux bras "prisonbreaké" oeuvrant, talentueusement sans manches, pour le bien-être des clients affamés.

En délivrant son "agrément" au Kabuki, on espère forcément que Le Fooding ne s'est pas seulement contenté de récompenser ces attributs tendances.

Nicolas Quer est "juste" fils et petit-fils de pêcheurs. Il a renoncé à la charge ancestrale pour se consacrer au contenu du filet.

Apprenti en cuisine, le "sushi japonais" (pléonasme volontaire) le fascine rapidement.

Alors, on aimerait lire que le petit Nicolas a pris son baluchon, qu'il a parcouru "l'Empire du soleil levant" sur les genoux, pour apprendre 7 ans durant (en-dessous de 7 ans, on doit à peine savoir aiguiser un couteau là-bas) auprès des plus grands maîtres, l'art de découper le poisson.

Eh bien non, on vient de vous dire qu'il est autodidacte !! On raconte que Nicolas Quer a appris tout seul, dans son coin. Il a niqué des kms de filets découpé, découpé, découpé encore. Une fois prêt, il a couru, couru, encore couru les banques, pour lever des fonds trouver du pognon afin d'ouvrir son "resto japonais"

Si les faux restos nippons inondent presque toutes les rues de la capitale, la Bretagne reste épargnée, voire un territoire à conquérir, quand on sort des grandes agglomérations. 

Une seule banque a dit "banco". Voilà notre monomaniaque du couteau et du filet à la tête de "Kabuki" à Auray, en cette fin d'année 2010.

 

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Nous sommes vendredi : "jour du poiscaille", comme on disait à la cantine. Déco sobre, agréable, pour ce resto de poche avec un peu moins de 20 places assises, dont la moitié au comptoir, autour de notre débiteur de filets.  

Pas moins de 7 formules du midi (entrée-plat ou plat-dessert) entre 9 et 13,50 €. Nous optons rapidement pour deux formules plat-dessert à 10,50 et 11,50 € (formules 3 & 5).

 

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Une bière (légère) nippone pour La Miss, un verre de Mâcon-Villages standard de chez Jaboulet-Vercherre pour mézigue. 

 

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Formule N°3 : 2 Sushi saumon - 2 Sushi thon - 6 Makis californien

(saumon, avocat, fromage, oeufs de capelan)

 

De très belles tranches de saumon et de thon rouge, plus épaisses que celles croisées habituellement. Le riz est plus léger que les "plombs de plongée" lestant souvent les sushis ordinaires. Ici, il est juste collant, digeste, peu marqué par l'amidon. 

 

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Les makis sont une tuerie d'équilibre. Délicatement crémeux (merci l'avocat et le fromage), ponctués de graines de sésame, les oeufs de capelan accentuent agréablement la douceur au palais...

 

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Formule N°5 : 1 Sushi Tamago (omelette) - 1 Sushi saumon - 1 Sushi thon - 1 Sushi crevette cuite - 1 Sushi poisson mariné - 3 Hoso Makis concombre - 3 Hoso Makis saumon

 

Déroutant Tamago, Hoso de bon aloi, sushis saumon et thon identiques à ceux du plateau d'en face. Le sushi de poisson mariné me balance une inattendue"mandale tysonienne"

 

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Un simple filet mariné de maquereau, posé sur une boule de riz. Une texture, une force, une résonnance au palais unique !! Depuis l'ABC d'Abadieje n'avais pas ainsi vibré devant un filet de poisson !!

Nicolas Quer s'acharne à travailler ce poisson, difficile et noble, trop souvent méprisé... Le saba est son poisson favori, car il est versatile dans le temps, extrêmement délicat à travailler sous cette forme. 

Autre exigence du trancheur : ne travailler que du poisson de ligne ou, par défaut, labellisé. 


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Cheese cake

 

En lieu et place du "tiramisu au thé vert", absent ce jour-là.

Pas très oriental, mais au délicieux coulis fait (bruyamment) minute, mêlant, semble-t-il, fraise et banane. A la bonne texture, souffrant juste d'un petit goût de "séjour prolongé dans le frigo"

Service souriant, souple, presque zen. Petite carte des vins, balbutiante, mais volontaire dans la curiosité et son animation.

Les ayathollahs puristes crieront sûrement au scandale devant ces "fantaisies peu japonaises". On s'en fout, Nicolas Quer sait assurément couper le poisson et peut y mettre ce qu'il veut dessus, dessous et même dedans.

C'est fin, c'est bon, c'est équilibré, d'une justesse suffisamment rare pour se passer d'un branlage de puces myopathes d'une inutile polémique !! Sans oublier de dire pour une fois : "bien joué" au Fooding...

Une belle découverte, assortie de tarifs extrêmement sages pour un déjeuner. Rétrospectivement, on peut mesurer la chance d'avoir un resto à sushis de ce niveau, dans cet immense désert gastronomique alréen. 

 

Kabuki

32, rue J.M Barré

56400 Auray

02 97 59 39 92

www.kabuki-le-resto-du-sushi.fr 

Fermé le lundi

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Florilège de dégustations XXVI

13 Septembre 2012, 06:39am

Publié par Docadn

Bonjour,

La rentrée est passée, la routine s'est à nouveau installée. Escapades n'échappe aucunement à ses habitudes, en vous livrant une nouvelle fournée des quilles dégoupillées durant l'été...

XXVI ème florilège liquide, c'est parti mon Tino Rossi :

 

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Pinot noir 10 - Les Jamelles - Vin de Pays d'Oc

 

Nez muet de prime abord, laissant apparaître de très discrètes notes acidulées. Un profil de jeunesse évidente, assorti de notes végétales fugaces. 10 minutes après, le nez n'est toujours pas plus causant, juste timidement rhodanien.

Une attaque "grenache", sudiste, acidulée, dynamique, aux amers sages. Les gorgées suivantes s'avèrent plus fines, à la gourmandise attendue, teintées d'une certaine austérité. Le lendemain, le nez est toujours muet, légumier, quand la bouche se montre lâche, légère, aux accents métalliques... **

 

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Les Schistes 09 - Borie de la Vitarelle - St Chinian

 

Nez capiteux, très joli, mêlant menthol, rafle, olive, épices. Une expression en bouche douce, crémeuse, qui s'alourdit au fil des gorgées. La texture soyeuse, un poil végétale, surfe entre élégance et lourdeur. La fraîcheur daigne enfin se montrer. Le soir, l'expression de la syrah est plus évidente (je ne connais pas la proportion de cette dernière dans cette cuvée, contenant aussi grenache et carignan). Las, la tenue à l'air semble limitée, les amers presque insupportables. Dommage, car le jus est bien là. **/**(*)

 

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Nemea 08 - Grèce 

 

Des flaveurs pinoteuses gentilles, un boisé prononcé. Un attaque forestière, acidulée, simple, toujours pinoteuse, aux fins amers, à la finale très vanillée. **

 

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Monferrato - Bianco 09 - Italie

 

Étonnant nez de chenin, puis de "chardo champenois", aux effluves calcaires. Un nez schizophrène, oscillant entre chardonnay et chenin, ponctué d'un soufre entêtant. Une matière lâche, épicée, ample mais peu dynamique. Bien moins plaisant que lors de la précédente dégustation, même si pas mal de similitudes sont récurrentes**

 

 

Maguelonne-2008

 

(source  Château de la Selve)

 

Château de la Selve - Maguelonne 11 - IGP Coteaux de l'Ardèche

 

Nez de caillou humide, petits fruits rouges (fraises) et de carton mouillé. Une expression de poire très marquée en bouche, grasse, au fruité agréable, à la dynamique absente. **

 

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Louis Chèze - Cuvée Ro-Rée - Saint Joseph 07

 

Il s'agit de la version rouge de la cuvée Ro-Rée.

Nez d'élevage soutenu, sanguin, "métallique Rhône sud", lacté, acidulé, sur des accents de "rafle de cab' franc". Notes tardives de torréfaction et de caramel. 

Une matière fraîche, vive, acidulée comme le nez s'y épanchait, boisée, ample, droite, prenant de la hauteur. Les gorgées suivantes délivrent une élégance, une tension, un vin soyeux, épicé, à la jeunesse évidente, taillé pour quelques années encore. ***/***(*)

 

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Côtes-du-Rhône 10 -Domaine Charvin

 

Nez intense et typique de grenache. Quelques fines notes de syrah, à la rafle marquée, donnant une forme de teaser à la fraîcheur attendue. De fines épices, un caractère crémeux, des parfums orientaux complètent le tableau olfactif.

Une attaque acidulée, finement asséchante, à la rafle dominante, laissant place à une prune vive. L'ensemble est ténu, aérien. Le lendemain, une fine solarité anime le nez, accompagnée de fraise prégnante et d'une pointe alcooleuse. La bouche est très fruitée, granuleuse, très bien équilibrée. ***

 

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Pernand-Vergelesses - Sous le Bois de Noël et Belles Filles 06 - Rollin

 

Robe évoluée, nez typique de pinot, acidulé, petits fruits rouges, au "boisé-vanillé" dominant. Une attaque tranquille, fraîche, un poil austère, courte, épicée, à l'acidité élevée. L'ensemble est éthéré, terne, à l'amertume prononcée. *(*)

 

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Sancerre 10 - Vincent Grall 

 

Notes prononcées de carton mouillé, pierre humide et d'agrumes. Une attaque très citronnée, hélas lâche, qui parvient à extirper une ampleur irrégulière.  Des amers fins, vifs, pour un ensemble basique, peu complexe. **

 

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Mondeuse/Persan 09 - Vin de Pays des Balmes Dauphinoises - Domaine Nicolas Gonin

 

Nez "nord-rhodanien", mêlant fourrure, carbo, terre humide, crème. Tourbillon nasal qui propose un copieux casting, composé d'épices, de sang, de métal... Presque ligérien par moments, avec ses notes de ronce et de suie.

Une matière suave, apaisée par rapport au nez. Un acidulé ménagé, un équilibre immédiat, un fruité affirmé. Un vin plein, juteux, épicé, à la finale de poivre blanc qui anesthésie délicatement le bout de ma langue. C'est juste corsé comme un bon cab' franc mûr... ***/***(*)

 

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Chardonnay 10 - Vin de Pays du Val de Loire - Domaine Le Rocher  des Violettes

 

Fruits blancs intenses, craie, identité ligérienne criante, flottent au-dessus du verre. Une attaque fluide, très fruitée, un poil "diluée", qui se fait large, puis ample au fil des gorgées. Un creux subsiste dans cet ensemble fruité, au fin sucre, à la finale de poire William. Le lendemain, le caractère "délié" est toujours présent. Finale plus épicée et un poil plus vibrante. **

 

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Black Mountain 10 - Thracian Valley - Domaine Boyar - Bulgarie

 

Fin boisé, végétal, vanille, rafle marquée, épices, bois brûlé et solarité signent le nez de ce dernier. Une attaque vive, puis acide, asséchante, hyper boisée, à l'amertume quasi insoutenable. Le vin fait  "bordeaux pas mûr", malgré un juteux sous-jacent, assorti d'une lourdeur flagrante, d'une extraction visiblement poussée. Finale sur la prune et l'alcool. *

 

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Coteaux du Tricastin 09 - Tissu de Syrah 09 - Domaine les Alyssas

 

Fin végétal, épices et olive ponctuent les vapeurs expressives du vin. Un peu d'écurie chevaline après la course, cassis et solarité complètent le tableau. Ensemble frais, dense, juteux, suave, finement éthéré, aux amers un poil marqués. Un vin digeste, à la finale finement alcooleuse. **(*)

 

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Vouvray Brut Nature - François Pinon

 

C'est une véritable boulangerie qui débarque dans le verre, avec ses notes de pain chaud et de brioche soutenues. Une attaque dynamique, des bulles moyennes, à la taille pas déplaisante, mais pas dans mes favorites. L'ensemble est citronné, aux amers doux, assez consensuel. **(*)

 

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Cava Bt Nature - Ferret - Gran Reserva 03 

 

Nez champenois, au sucré sautillant, très aromatique. Bulles fines, vives, miellées, virant sur le coing. Juste un poil tendre, pas déshonorant pour autant. **(*)

 

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Côte de Poquelin 10 - Vin de France - Domaine des Côtes de la Molière

 

Une fine réduction ouvre le nez de ce joli gamay du Beaujolais, en sommeil, qui exhalera, lentement, des notes de fourrure et de métal. Une matière très fruitée, souple, à la mâche conséquente, qui déploie un caractère étonnamment calcaire, en plus de ses accents gourmands et juteux. Un acidulé salvateur anime l'ensemble. **(*)/***

 

16 vins, c'est suffisant pour un florilège, long comme un rapport européen que personne ne lit.

L'été fut riche en rencontres. Aussi, une suite estivale occupera une bonne partie du prochain florilège (oui oui, Jull, il y aura les pifs de Roche Cochon si je retrouve mes notes !!).  

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Les Goûts Uniques à Nantes... 2012

10 Septembre 2012, 04:53am

Publié par Docadn

Bonjour,

Les Goûts Uniques sont de retour à Nantes !!

2 ans après la première édition au LU, c'est dans les douves et l'enceinte du Château des ducs de Bretagne que se déroulait cette seconde édition.

Un tour de l'ouest par étapes, membre du Voyage à Nantes. Un final ligérien qui se voyait gratifié de la présence d'Alain Passard. 


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J'avais trouvé la première édition ambitieuse, dans l'organisation et les animations programmées.

Ce second opus est encore plus impressionnant. "Le champ des producteurs" est 4 à 5 fois plus important, le public encore plus nombreux. 

La tablée unique affichait complet tous les soirs, quand les "Pôles des Chefs" (CRU, FEU et EAU) voyaient naître des listes d'attente de plus d'01h40 au pic de la journée !! 

Bien évidemment, la "nostalgie" de la première édition revenait inévitablement à l'esprit. Il est (déjà) loin le temps des chefs qui concoctaient des plats dans le 1/4 d'heure qui suivait l'achat au marché...

Deux autres déceptions notables : pas de "restaurant éphémère" comme celui de Fabrice Biasolo, ni de "Master Class du Grand Chaud" avec l'Assurancetourix du PAF.

Par contre, comme je l'avais écrit lors de ma première prédiction, les hordes de bobos (très) énervants et leurs descendances étaient bien là... 

 

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Fort heureusement, les "ateliers du vin" étaient toujours à l'affiche. Des places "chères" (en terme de rareté, pas de prix) à obtenir, dont j'arrachai le dernier ticket pour la session dominicale visée.

 

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Vincent Caillé (Domaine Le Faye d'Homme) et Aurore Günther-Chereau (Château Du Coing de Saint Fiacre), déjà croisés lors de Vignes de Nantes, étaient en charge de l'animation de cette session consacrée à la dégustation de muscadet "20 ans de millésimes".

 

Nous sommes une petite vingtaine de curieux à nous retrouver dans la sympathique salle des Trois (odorantes) Cheminées du Château des ducs de Bretagne.

Vincent Caillé & Aurore Günther-Chereau nous proposent de remonter le temps, à travers quelques cuvées de leurs domaines respectifs. 

 

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Château du Coing de Saint-Fiacre - Muscadet Sèvre & Maine - Comte de Saint-Hubert 2008 : cette cuvée, issue d'un terroir de schiste, propose un fruité immédiat au nez. Fin pétrole, roche et terre humides, plus un soupçon de sucre candy, complètent le tableau olfactif.

Une bouche fraîche, droite, à l'acidité éclatante mais courte.  Un joli fruit vient danser sur la langue, auréolé d'épices prégnantes, complétés d'amers finaux discrets. Une matière ample et complète. ***

 

Château du Coing de Saint-Fiacre - Muscadet Sèvre & Maine - Comte de Saint-Hubert 2005 : nez miellé, très angevin, au fin sucre, aux hydrocarbures sous-jacents, à la truffe blanche très impressionnante. 

Une bouche ample, terpénique, au fruité affirmé, très épicée, aux amers plus grossiers que sur le 08. **(*)

 

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Domaine Le Fay d'Homme - Muscadet de Sèvre & Maine 2003 : Vincent Caillé indique que nous sommes sur du gneiss.

Belle robe jaune évoluée, au nez éthéré, "angevin" dans l'esprit, très versatile, mêlant fruits secs et noyau, genévrier et notes pharmaceutiques. 

Une attaque douce, suave, tendre, très épicée, fluide, sans creux. Un vin "rassurant", sec, à la longueur extatique, au regard des épices qui l'habitent... **(*)

 

Domaine Le Fay d'Homme - Muscadet de Sèvre & Maine 2002 : notes de carton mouillé prononcées, poire mûre et sureau flottent au-dessus du verre. 

Matière vive, pleine, fruitée, agréablement salivante ("crayeuse"), aux amers soutenus. De jolies notes de curry apparaissent tardivement sur ce Clos de la Févrie, composés de jeunes vignes sur orthogneiss. ***

 

Château du Coing de Saint-Fiacre - Muscadet Sèvre & Maine - Comte de Saint-Hubert 1999 : nez peu disert, distillant du timides notes de berlingot, d'hydrocarbures, puis de roche humide. 

Une attaque "serrée-fruitée", ample, un peu lâche et courte, finement perlante. Des amers ténus, des épices expressives, juste un peu tendre pour mon bec fan de tension. **/**(*)

 

Domaine Le Fay d'Homme - Muscadet de Sèvre & Maine 1996 (en magnum) : très joli fin "boisé-toasté" bourguignon, "chardonnesque", assorti de fines effluves de carton mouillé. 

Une matière immédiatement tonique, complexe, longue, vibrante jusque dans les amers nobles. Très beau vin. ***/***(*)

 

Dégustation très intéressante de part l'identité des terroirs approchés, mais aussi de par le mode de vinification en vigueur chez chacun des 2 vignerons (V. Caillé ne travaille qu'avec des levures indigènes, quand Aurore Günther-Chereau utilise des exogènes). Il manquait juste 4 ans pour arriver aux 20 ans prévus au programme !!


Preuve est faite, une nouvelle fois, que le muscadet peut être un grand vin de garde !! Un public heureux de découvrir cette perspective, désormais prêt à oublier quelques bouteilles en cave, imaginant (enfin) d'autres compagnons pour ces derniers, que les incontournables huîtres...

Encore l'occasion de féliciter une nouvelle fois ce collectif dynamique qu'est Vignes de Nanteslaborieux Don Quichotte face à d'inamovibles moulins à vent assoupis, confortablement bercés d'illusions souvent pétries de marketing et de maquillage mensongers...

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Les Jardins Sauvages, La Grée des Landes, La Gacilly

7 Septembre 2012, 09:23am

Publié par Docadn

Bonjour,

Tout le monde connaît les produits Yves Rocher. Le (défunt) patron visionnaire a bâti un empire de la cosmétique, désormais classé dans le top 20 mondial des entreprises du secteur. 

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(source creads.com)


La légende urbaine (très locale), contée par les langues de belle-mère, veut que ce dernier ait été inspiré par une vieille dame-guérisseuse-rebouteuse, sûrement sorcière et bouffeuse d'enfants à l'occasion.

Cette dernière fut la seule capable d'arriver à bout de tenaces hémorroïdes, dont souffrait le futur magnat, grâce à un onguent à base de plantes... La fortune ne tient parfois pas à grand chose !!

Vraie ou fausse, j'aime à penser qu'un fond de vérité "siège" dans cette rumeur (même si à 14 ans, on a peu de chance d'avoir des hémorroïdes).

Mais Yves Rocher n'a pas seulement oeuvré dans la cosmétique. Il fut aussi le premier en France à développer le concept de "village d'artisans".

C'est donc à La Gacilly, son village natal (dont il fut le maire 46 ans durant), qu'il a eu la grande idée d'attirer de véritables artisans, faisant naître ainsi un innovant et fructueux "tourisme artisanal", copié depuis jusque dans le grand parc d'attraction voisin.

 

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 La Grée des Landes est la dernière réalisation du groupe. Une création, inaugurée en 2009, que l'on doit à Jacques Rocher, fils cadet du dernier nabab breton (Bolloré n'est qu'un héritier). 

Surfant, comme beaucoup, sur le concept "écolo-bio-lodge", il a crée un Eco-Hôtel Spa sur les hauteurs de La Gacilly (à Cournon).

Une intelligente architecture nichée au coeur d'une lande de 10 hectares, déjà qualifié comme un des plus beaux hôtels écologiques de France. 

 

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Aussi, pour donner tout le prestige nécessaire au concept, la partie restauration se devait d'être dans "l'esprit du lieu". Une cuisine assortie, d'un niveau prompt à capter une clientèle forcément exigeante.

 

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Cette mission a été confiée à Gilles Le Gallès.

Ex- Bernardin (Gilbert le Coze), Bernard Loiseau, il fut aussi à la tête de La Barrière de Clichy (après Guy Savoy) avant de reprendre les fourneaux des Embruns (devenus depuis, ceux du Yam'Tcha).

Autant dire que le Groupe Yves Rocher a mis toutes les chances de son côté, avec ce solide recrutement. 

Ce vannetais d'origine a pour mission de délivrer une cuisine "locavore" (Les 100% sont visés), essentiellement composée de produits bios (à 90%, avec l'objectif d'être certifié "cuisine bio intégrale"), mais surtout savoureuse, il va sans dire...

 

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Une déco très agréable, tendance "nature", aux jolis tons boisés, gâchée par un hideux faux-plafond surmaquillé par une peinture chocolat censée le dissimuler. Tables ornées d'un petit bouquet de basilic frais, odorant, appétissant...

Accueil souriant, assez décontracté, très poli. Un verre d'Ajaccio blanc, mou et sudiste (désolé pour le pléonasme), facturé 8 € (à croire que j'ai cotisé pour sa traversée Ajaccio-Marseille en cabine supérieure), le rendant encore plus médiocre !!

En face, La Miss biberonne un Ste-foy-bordeaux boisé, simple, qui à 5 € est plus "acceptable"

 

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Alternative écologique (et stratégique) aux sempiternelles St-Yorre et Chateldon (généralement facturées entre 6 et 8 €), l'eau locale est proposée en version plate ou gazeuse (procédé Castalie).

A 3,50 € la bouteille, le consommateur et le restaurant y trouvent un compromis acceptable.

 

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Grignotages

 

un "pâté de lapereau", un "cake aux olives, jambon, tomates" standards, petits et trop peu nombreux. 

 

Nous partons sur la formule "Déjeuner Affaires" à 20,50 €, pour une séquence entrée-plat. 

 

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Oeuf mollet, tombée d'épinards au parfum d'ail, julienne de navets à l'huile de cameline, coulis de tomate rafraîchi

 

Présentation sobre, soignée. Oeuf parfaitement mollet, navets (le s est présomptueux) croquant, goûteux (je suis un des ennemis les plus farouches de ce dernier), coulis juste. Une entrée douce, tiède, équilibrée, au végétal affirmé plaisant.

en face, La Miss fait un sort à une succulente aile de raie effilochée, à la cuisson maîtrisée, accompagnée de coques et autres cousins marins, bourrés d'iode, délicieux. 

 

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Filet de St-Pierre et ses légumes

 

Filet de St-Pierre aux dimensions de celui d'un rouget. Cuisson parfaite, chair délicate, petit légumes puissants. Un petit risotto de légumes contrebalance au mieux l'acidulé du jus un poil trop salé. Je ne regrette que la dimension d'un plat vraiment trop petit...

 

La Miss se voyait servir un pavé de cabillaud en croûte d'herbes, wok de courgettes et poivrons parfumés au basilic, dans une assiette un peu plus généreuse que la mienne, mais aux portions, là encore, délivrées au plus juste. Un plat empreint de soin, de goût et de justesse remarquables. 

Une évidente "patte du chef", qui renoue avec le plaisir de travailler le poisson dont il avait fait sa spécialité, dans son second établissement parisien L'Aristippe (actuel restaurant L'Emile).

Un très bon café mexicain, torréfié sur place, conclut cet excellent déjeuner aux portions relativement diététiques.

Clientèle majoritairement composée de blaireaux qui se la racontent en étant sappés avec la même élégance que Borat d'hommes et de femmes d'affaires locaux au déjeuner.

Service fluide, toujours souriant, détendu comme les lieux nous y invitent à l'être.

N'ayant pas consulté la carte des vins, je me garderai d'un quelconque commentaire sur cette dernière. 

En attendant, la cuisine tient les promesses que le cadre nous offre en arrivant...

 

Restaurant "Les Jardins Sauvages"

La Grée des Landes

56200 Cournon

tél : 02 99 08 50 50

Menus de 20,50 à 70 €

www.lagreedeslandes.com

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L'Arthé à Soissons

5 Septembre 2012, 07:19am

Publié par Docadn

Bonjour,

Voilà bien deux décennies que je n'avais pas emprunté la nationale 2 !!

 L'ex-Route des Flandres a bien changé depuis mon dernier passage. Il semble bien loin le temps où l'on faisait 27 kms derrière un poids lourd avant de s'engouffrer dans les 29 mètres de zone de dépassement, puis de refaire 12 autres kms derrière un énième poids lourd. Vingt ans après, elle a encore ses mécontents

 

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(source France 3 Picardie)

Pas mal de doubles voies jalonnent désormais cette route reliant la région francilienne à la Belgique. Moins mythique que la RN7, elle traverse des localités un peu moins sexys et ensoleillées que Menton ou Avignon.

Soissons fait partie des villes-étapes de cet itinéraire. J'arrive sur les coups de midi dans cette localité, célèbre pour son vase et son Jean-Pierre (sans S) du même nom. 

Un soleil salvateur (après 15 jours en Norvège, n'importe quel soleil à plus de 18°C est un must) éclaire joliment la ville, lui donnant un petit charme rarement visible dans le reste du département.

 

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Me voilà donc,  dénué de conseils et de références, à la quête d'une table. 

Les PMU premières "brasseries" croisées proposent le sempiternel "steak-frites sauce au(x) poivre(s) de chez METRO". En fait, elles proposent quasiment toutes la même terrine, presque le même poisson du jour, dans une fade formule du midi...

Je tente une incursion dans une rue perpendiculaire, pour tomber face à ce restaurant-salon de thé, à la terrasse ombragée tentante.

Déjà largement occupée, la salle est par contre déserte. Un grand cadre, agrémenté d'une expo-vente de peintures, dans le style "bonbonnière épurée" avec son lot de colifichets de rigueur.

 

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Accueil souriant, ardoise des suggestions. Des formules croisées, peu évidentes à comprendre au premier coup d'oeil, où se mêlent la "salade du jour", mais aussi le "plat du jour", puis le "menu du jour" hors salade, puis enfin les "plats à la carte" contenant "l'entrée du jour"...

Des"formules Tétris", prenant pas mal de temps à la patronne-serveuse, en terme d'explications. Pour faire simple et rapide, nous partons sur un plat à la carte. 

 

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Brochette de boeuf (18 €)

 

Une attente interminable, pour un service à moins de 50% d'occupation des tables. Près de 45 minutes pour voir enfin arriver nos plats.


Une brochette correcte, juste cuite, tendre, à la texture attendue.  Un "gâteau" de pommes de terre presque plaisant, un autre aux légumes ne déméritant pas non plus. Seule la sècheresse relative de ces deniers gâche l'ensemble.

En face, La Miss dévorait un dos de cabillaud, standard (cuisson limite haute), aux petits légumes (17 €) idoines.


Service volontaire, un poil maladroit pour l'employée. Plus assuré, souriant pour la boss. Cela semble surtout pêcher en cuisine. Le rythme ne suit pas (une table d'employées tenues par des horaires serrés, ayant semble-t-il pris le soin d'arriver assez tôt, zappera la fin de son déjeuner à cause de la lenteur des séquences).


L'après-midi, le restaurant se transforme en salon de thé.

Une cuisine tout juste honnête, qui mériterait sûrement un renfort en cuisine pour ne pas voir quelques plats dessécher (sous la salamandre ou au four ?!), dévalorisant ainsi les prometteuses propositions de l'ardoise...

Une simplification semble aussi incontournable sur les "formules Sudoku" (même s'il faut garder l'intéressante suggestion "végétarienne"). Petite carte des vins passable. Allez les filles, vous pourriez en faire quelque chose de plus sympa encore !!

 

L'Arthé

16 rue de la Bannière

02200 Soissons

tél : 03 23 76 29 64

www.restaurant-larthe.com

Le Blog : larthe.canalblog.com

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Forêt-Noire en bouteille... épilogue

3 Septembre 2012, 12:56pm

Publié par Docadn

Bonjour,

 

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(source peapod-peasinapod)

 

Comme je l'écrivais précédemment, la Forêt-Noire a (heureusement) su diversifier son savoir-faire en dehors des bons gâteaux crémeux, des coucous ridicules et du non moins discret et seyant Bollenhut.

 

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Le vignoble du Bade s'étend entre la vallée du Rhin et la Forêt-Noire, sur près de 130 kms. Une région plus arrosée que l'Alsace, dont les meilleurs vins sont naturellement issus des versants orientés sud.

L'autre particularité veut que les "bons vins" soient aussi originaires des terroirs majoritairement volcaniques, alors que le loess compose la majorité des terroirs exploités.

 

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On y cultive principalement du spätburgunder (ou pinot noir en français), müller-thurgau (du nom du prof qui l'a mis au point), grauburdunger (pinot gris, véritable spécialité du Bade). 

 

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La route (principale) des vins badois démarre à la sortie de Baden-Baden, pour se terminer, en pointillés, aux portes d'Offenburg (une cinquantaine de kms balisés, avec les discrets panneaux ci-dessus). Elle a, par endroits, de quoi faire pâlir notre belle route des vins d'Alsace...

Le vignoble badois quant à lui, s'étend de Weinheim au nord, jusqu'aux rives des lacs de Constance et du Bodensee, au sud. 

 

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Dans beaucoup de pays (de tradition viticole) visités, je commence souvent par acheter du vin en supermarché.

Histoire de situer "qualitativement" les daubes "petites expressions" disponibles en GMS (et inconsciemment, pouvoir comparer avec celles de nos "têtes de gondoles"). Ensuite, j'écume les cavistes, piochant dans l'offre locale disponible. 

La différence qualitative n'était, pour une fois, pas super franche entre les deux sources (sur la même gamme de prix).

J'oserais même dire que les vins goûtés en supermarché n'avaient même pas à rougir face à ceux testés chez les cavistes. La majorité des vins coûtent entre 5 & 10 € (guère plus au supermarché). Quelques cuvées de luxe flirtent avec les 20 € chez les cavistes.

 

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J'ai démarré mon apprentissage local par les rouges. J'ai assez rapidement renoncé à ces derniers. En effet, les différents spätburgunder dégustés étaient souvent de grosses caricatures bourguigno-alsaciennes, très boisées, extraites au possible.

Par exemple, "Cuvée Noire" 2008 Königschaffausen (6,40 € en supermarché), s'ouvre sur un joli nez de pinot, puis laisse la place à un boisé outrancier se déclinant sur le caramel et le brûlé. L'attaque est suave, sucrée, finement acide, développant fruits rouges, poivre,  avec une amertume finale marquée assez désagréable. *(*)

J'ai bu d'autres rouges au restaurant, assez semblables à ce dernier...

 

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Aussi, les blancs ont occupé l'essentiel de mon carnet d'alcoolique de vacances. J'ai principalement bu des vins classés "kabinett" (voir la hiérarchie des six "pradikate"), essentiellement "trocken" (secs).

 

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Rivaner Kabinett 2011 - Kilian Hunn

 

Le rivaner est l'autre nom du müller-thurgau. Bu dans une agréable brasserie de Freibourg, ce blanc perlant avait des accents de sauvignon variétal évidents, compensés par un fruité puissant. Étonnante schizophrénie, qui ne sera pas le dernière du séjour. **

 

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Alde Gott 2010 - Winzer cG - Weissburgunder Kabinett Trocken (5,50 € caviste)

 

Un pinot blanc à l'expression très "melon de Bourgogne", fruitée, sur la poire et le bonbon anglais. Matière très perlante, toujours sur le bonbec Albion. C'est court, peu complexe, un poil sucré, tendre et "peu naturel".  *(*)

Un riesling "trocken", bu à Baden-Baden (dans une salon de thé, pas de référence supplémentaire) à l'expression très citrique, fruitée, louchant aussi vers le melon et/ou l'aligoté.

Un autre riesling de Gengenbach (bu à la MartinSkappel), avait aussi cette expression ligérienne très marquée.

Pas mal de "Blanc de noirs" sont disponibles. Le style "bourguignon" (quelque soit le cépage d'ailleurs) est souvent revendiqué. 

Le Blanc de noirs (4 photos au-dessus) de Glottertaler 2010 (6,40 € en supermarché), proposait un joli nez de "boisé bourguignon", virant brusquement sur le chenin avant de s'installer dans le squelette olfactif du riesling. Une attaque acidulée, très fruitée, citrique, riche, grasse, un poil soufrée.

Là encore, on ne peut s'empêcher de penser, face à cette vivacité, à un muscadet de bonne qualité, bien élevé. **(*)

 

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Oberkircher - Winzergenossenschaft - Riesling Kabinett Trocken 2009 (7-8 € caviste)

 

Un nez ligérien, matiné d'hydrocarbures, "caillouteux" qui se fixe sur le riesling attendu. Une attaque pétrolée, fruitée, vive, éthérée, pleine, fraîche, aux amers relevés, à la finale tonique de pamplemousse. **(*)/***

 

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Riesling sekt brut 2008 - Oberkircher (10,90 € caviste)

 

Une première pour moi, partagée avec mes collègues de goulot du Centre So et Jull, que ce riesling pétillant. Très belle robe vieil or, fines bulles comme je les aime, très légèrement pétrolée, au très fin sucre, à la fine amertume. Une jolie bulle de soif, évoluant agréablement au fil de la dégustation. ***

 

Au final, des "petits vins" à la complexité limitée, tout en fruits, sans sucres traînants, aux degrés digestes.

Il n'atteindront sûrement jamais la notoriété de leurs prestigieux (et onéreux) voisins mosellans, mais sont d'un rapport qualité/prix juste.

Mes maigres références gustatives conduisant à faire souvent un parallèle avec cette singulière expression "ligéro-alsacienne" (je parle des blancs uniquement), intéressante, assez bien conduite quand elle s'affranchit de loucher maladroitement sur ses voisins d'outre-Rhin.

J'ai même dégoté un auxerrois chez un gros caviste de Villingen, plus deux-trois autres breuvages chez le principal dealer de Schönwald. A découvrir au calme à la maison, ou chez d'autres amateurs...

Les rouges gagneraient aussi à se "déboiser partiellement", quand on devine le joli potentiel fruité, parfois perceptible, derrière les nombreuses menuiseries liquides proposées.

Des vins forcément introuvables en France, mais que les frontaliers suisses et alsaciens peuvent dégoter sans mal, juste en traversant le Rhin.

Zi inde...

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Forêt-Noire en vrac... part II

1 Septembre 2012, 08:12am

Publié par Docadn

Bonjour,

 

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Dans un désordre absolu, plongeons dans les villes et villages de la Forêt-Noire et de ses environs.

 Rottweil, berceau du meilleur ami du caniche abricot et du facteur*, est une plaisante grosse bourgade médiévale.

 

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De jolies faces colorées, 

 

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Des enseignes à l'ancienne, une énorme rue piétonne qui descend

 

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et au hasard, une grande pâtisserie, à la non moins sympathique terrasse proportionnée, bien ombragée. Choix conséquent dans la vitrine, aussi réfrigérée que l'accueil.

 

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Un strudel noté "très moyen" selon la spécialiste m'accompagnant, ainsi qu'une tarte à la rhubarbe notée "décevante", selon le bâfreur que je suis...

Heureusement que d'autres antres de la gourmandise avaient déjà joyeusement comblé notre bide plaisir.

 

Konditorei Schädle

 Rathausgasse 2

78628 Rottweil

 

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Nous avions même démarré par le niveau olympique de la pâtisserie allemande.

C'est  en visitant  Freibourg (pas la ville la plus excitante du séjour) entre deux averses, que nos estomacs sont tombés sur cette référence nationale et historique.

 

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Depuis 1898,  Gmeiner est le chocolatier-confiseur-pâtissier "étalon".

Membre des Relais Desserts, 6 adresses relayent des douceurs pouvant être accompagnées du chocolat chaud maison.

 

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Une forêt-noire parfaite (3,30 €), selon la spécialiste. Un délice aux fruits rouges (3,30 €) remarquable de légèreté et de puissance pour ma part.

Un chocolat maison (3,40 €) peu disert, sûrement étouffé par la divine "sahne" (crème fouettée) surnageante. 

 

Gmeiner - Die Frische Konditorei & Confiserie

 Kaiser-Joseph-Str. 243

79098 Freiburg im Breisgau

Tel. 0761 - 429917-30

www.chocolatier.de

 

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Autre ville fort plaisante :  Villingen (rattachée à Schwenningen, pour former la plus grosse commune du Schwarzwald-Barr).

Là encore, de forts jolies structures médiévales, assorties de maisons historiques, donnant un cachet certain à cette grosse "préfecture".

 

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Toujours prêt à sacrifier ma ligne, j'ai testé pour vous la "Sacher locale" au Café Rösch.

Là encore, une grosse déception. Un gâteau sec, sans panache, à des années lumières de l'inimitable Sacher-Torte viennoise (que j'ai goûtée il y a des lustres à l'Hôtel Sacher de Salzbourgà la recette aussi secrète que celle du Caca-Cola).

Il y a par contre une tarte à la rhubarbe de dingo !! Une pâte sablée démente, une acidité et une cuisson des pétioles encore salivantes, à l'heure où j'écris ces lignes. "Grande tarte" pour 2,80 € la (grosse) part...

 

Café Rösch

Niedere Strasse 50

78050 Villingen

www.cafe-roesch.de

 

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Autre ville agréable : Baden-Baden. Le "presque point de départ" de la route des vins est une ville thermale chic, aux bâtiments imposants, qui semble maintenir le faste que Vichy a dû sûrement connaître à ses heures de gloire.

 

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Ne manquez pas non plus Gengenbach, si vos pas vous mènent à proximité de cette dernière. Quelques typiques ruelles pavées, de grandes demeures à colombages, un glacier évitable...


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Dernier repère gourmand, mais dans un bourg "triste" : Schonach.

En retrait de la route principale, ce salon de thé-café propose des "gâteaux de dessins animés" délicieux.

Génoise moelleuse, fruits frais, crème (en supplément) peu sucrée renversante. Des gâteaux juste un poil généreux en gélatine.  

A 2,80 € la part, ce Park-Café est la bonne planque pour faire le plein de calories après les avoir dépensées en rando...

 

Park-Café

Diefenbacher familie

Hauptstrasse, 36

78136 Schonach

 

Vous l'aurez compris, la Forêt-Noire en dehors de son riche patrimoine architectural, n'est pas le lieu où l'on peut mourir de faim.

Cette tradition de la torte ou kuchen, souvent accompagnée d'un café (très très lacté), est ancrée dans le quotidien des allemands.

Ils se posent régulièrement dans ces konditorei le midi, pour y manger sucré ou salé.

Mais la Forêt-Noire ne sert pas seulement des cappuccinos et autres machiattos...

 

A suivre...

 

* Le rottweiller

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