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EscapadeS

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

17 Février 2016, 16:23pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Début janvier 2016, j'étais (déjà) en vadrouille sur les terres ligériennes pour aller à la rencontre de 2 vignerons (choisis par référudum par une bande de picolos composée de Centristes, d'un Angevin dégarni et d'un Breton prenant la même voie).

Notre première étape nous emmène à Montreuil-Bellay, chez Sylvain Dittière.

J'ai fait connaissance avec les vins de ce dernier il y a environ 3 ans, grâce à un de mes talentueux cavistes.

Connaissant mon aversion naturelle pour le breton (l'autre nom du cab' franc), il a su me convaincre très rapidement de la haute qualité de ce dernier !!

Il est temps de découvrir le bonhomme qui se cache derrière les vins.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Déjà, le zozo a zappé notre rencard est à la bourre, il arrive en souriant, s'excusant, nous invitant directement dans les entrailles de la cave.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Sylvain Dittière se présente succinctement.

Lié familialement aux Foucault (feu Charly et toujours Antoine, du Clos Rougeard), il a déjà pas mal roulé sa bosse dans les vignes et au(x) chai(s).

Château Yvonne, Thierry Germain, Gauby, Tempé et forcément les frères Foucault étayent son cv.

Désormais à la tête de 6,5 ha, la première cuvée du Domaine de la Porte St-Jean est sortie en 2010.

Nous démarrons par (la future) La Perlée 2015 (vin de France), issu d'une partie des 2,2 ha de chenin qu'il tâche de remettre en état, après 10 ans sans entretien !!

Ce "brut de fût" (fût de 500 l, d'un vin) respire le fermentaire, verse dans le "jus sucré", déjà très typé chenin, à la salinité évidente, aux étonnants "amers sucrés" (allez-y régalez-vous, c'est cadeau). Une vigne qui a produit 2hl/ha lors de sa première année de "remise en état" !!

2ème barrique, Le Saut Mignon 15 (Vin de France), un sauvignon en cours de malo, au nez très boisé, à la matière nette, respirant une "pureté" et une plénitude immédiates. Pas de "sucre palpable", du gras, une certaine rondeur, des amers un poil flottants, à la finale longuement poivrée.

Fin des blancs, avec La Perlée 14 (2 ans d'élevage prévu), au nez de "bois neuf" dominant, à la réduction marquée, au caractère agile en gueule, assez court, au boisé confirmé, aux amers fins et frais.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Place aux rouges. Nous effectuons des migrations désordonnées d'une barrique à l'autre pour découvrir les différentes cuvées.

Saumur-Champigny, La Porte St-Jean 2015 (en cours d'élevage, 6 semaines de macération, zéro pigeage, zéro remontage) propose un très joli nez, un perlant dont le fruit ne se laisse pas compter. L'ensemble s'avère fin, presque cristallin, hélas gâché par une finale un poil grossière.

Sylvain Dittière est bavard comme moi pas permis !! Il débite ses commentaires comme un Antoine De Caunes parkisonien des cordes vocales. Nous apprenons que les blancs sont sulfités autour de 30 à 40 mg. Pour les rouges c'est de 20 à 25 mg de SO2 au global.

Saumur - Les Cormiers 2015 (élevage fût neuf), issu d'un "terroir jurassique planté de cab' franc de 60 ans", sent le pain grillé, tandis que le jus déploie fraîcheur, netteté, et fruité démoniaques.

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2014 (vin de presse) offre un nez de vernis pas des plus sexys, louchant sur le "naturel peu protégé sur le fil du rasoir". L’expression est par contre plus "directe", immédiate, crayeuse, à la finale un poil sucrailleuse.

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique de 2 vins) signe la fourrure au nez, alors que fraîcheur et élégance sautent au palais. L'ensemble est très mûr, joliment pinoteur par moments !!

Saumur - Les Cormiers 2014 (barrique neuve) signe un nez très mentholé, un toucher de bouche flatteur, une amertume hélas rédhibitoire.

Saumur - Les Cormiers 2013 fait dans l'air marin puissant (iodé à bloc), servi un poil froid, on devine une matière très mûre, un bon soupçon de volatile, une finale crayeuse et une généreuse gourmandise qui louche vers le sureau.

La remontée du temps se poursuit...

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2011 évoque le métal froid au nez, tandis que le pruneau, le café et le tabac se disputent la suprématie en bouche. Une sensation demi-corps/aqueuse laisse la finale "flottante".

Saumur-Champigny, La Porte St-jean 2010 dégueule de jus de fraises au pif, une pointe de graphite et les airelles en bouche. Finale glougloutante simple mais efficace.

Saumur - Les Cormiers 2012 (1er millésime de cette cuvée) pète de réduction, mais se rattrape aux branches avec une délicatesse superlative en bouche. C'est fin, frais, au "juste grain qui roule sous la langue", à l'équilibre d'école.

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Six Roses 2014 (chenin-sauvignon-cab' franc), un pet' nat (pétillant naturel) qui offre craie et amertume prononcées. Une cuvée qui à la particularité de subir, en sus, une macération de pétales de roses.

Mais ce n'est toujours pas fini, Sylvain Dittière est chaud, il enchaîne...

Le Saut Mignon 14 est too much pour mon palais !! La pointe sucrée ressentie n'arrange rien. Pas ma came !!

La Perlée 2013 a le nez "pharma angevin que je sens partout" très prononcé. Le jus a une niaque terrible, des amers puissants et une fraîcheur salvatrice.

Nous sommes remontés à la surface depuis quelques vins, mais notre vigneron est inarrêtable !!

Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay
Sylvain Dittière - La Porte St-Jean - Montreuil-Bellay

Il dégoupille à la chaîne de fort jolies quilles (dont une spectaculaire Jeunes vignes 2014 de Cyril Fhal), nous "empêchant" quasiment de partir (provoquant un retard qui frôlera les 01h30 en arrivant au resto).

Derrière ce trentenaire (monté sur pile à hydrogène), qui peut s’avérer presque agaçant au premier abord, se cache un fou du vin, de la vigne et des hommes qui animent ce milieu !!

On croit d'abord avoir affaire à mon double un "branleur pas très sérieux et un peu grande gueule", mais les vins, le discours et l'approche dont il nous a fait une brillante présentation/démonstration vous fait réviser rapidement ce raccourci facile.

La séquence finale de notre visite a montré l'immense générosité spontanée du bonhomme, le "lâcher prise" naturel dont devraient s'inspirer d'autres vignerons, le tout adossé à des vins qui en 6 millésimes, à peine, s'affirment comme des références saumuroises en devenir !!

Sylvain Dittière
La Porte St-Jean
100 rue Porte St-Jean
49 260 Montreuil-Bellay
Tél : 02 41 40 41 22
sylvain.dittiere@hotmail.fr

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Henri & Joseph à Lorient, La Table d'Eux à Guidel-Plage, La Rotonde à Vichy

7 Février 2016, 11:51am

Publié par Docadn

Bonjour,

Encore une salve de 3 tables, dont une toute dernière de la toute fin 2015, promis j'ai plus de reliquat ensuite !!

Démarrons d'ailleurs par La table de Marlène, dite "La Rotonde" à Vichy. Un dîner dans le cadre du réveillon de Noël 2015.

Henri & Joseph à Lorient, La Table d'Eux à Guidel-Plage, La Rotonde à Vichy

Un dîner à extrapoler forcément de la routine quotidienne de l'établissement, mais une expérience intéressante à vivre quand on est Bib Gourmand (maintenu en 2016) et une des "références" de la ville.

Niché au sein d'une rotonde dominant l'Allier, l'établissement propose 2 immenses salles (au moins) au cadre résolument moderne. Ça se veut chic et cosy.

Ce soir, un menu unique en 2 ou 3 plats. Nous embarquons pour la séquence 2 plats (55€).

Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...
Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...

Foie gras - Canard colvert - rouget barbet, beignets d'huîtres - Barbajuan de chèvre et raviole au bleu...

Après de classiques mises en bouche, place au "foie gras des Landes préparé de 2 façons, mi-cuit et bonbon croustillant, à la guimauve citron vert, pomme confite façon tatin sablé breton au beurre salé, petit pain gourmand".

Derrière le plus long intitulé de plat jamais croisé, un très bon foie gras, peu salé, parfaitement préparé, généreux énorme, dont les accompagnements aux touches sucrées auraient dû me faire fuir. Mais non, c'est réussi, "Province", pourraient susurrer les ex-pichous devenus Parigots et amnésiques, là encore que nenni, c'est juste et bon !!

La suite du repas révèlera une cuisine soignée, parfois aventureuse (beignets d'huîtres), au service attentif, au-delà du niveau d'un Bib Gourmand.

Mention spéciale pour le suprême de canard et le dessert qui, sur le papier, me donnait plus envie de me jeter dans l'Allier que de rester à table (griotte et chocolat blanc, 2 phobies récurrentes que j'évite autant que les discours de Nadine Morano).

Carte des vins à la peine, très accessible tarifairement parlant. A revoir, à l'occasion, en dehors de "l'évènement réveillon de Noël" !!

La Rotonde
La Table de Marlène
Bd de Lattre de Tassigny
03200 Vichy
Tél : 04 70 97 85 42
www.restaurantlarontonde-vichy.com

Laurent Le Berrigaud a œuvré 10 ans durant à Pont-Scorff, au Bistrot Saumon (le Moulin des Princes). Il y proposait une très jolie cuisine, dans un incompréhensible anonymat !!

Depuis l'été 2015, il s'est installé face à la mer, à Guidel-Plage. Exit le saumon et sa gastronomie, Laurent Le Berrigaud semble s'être posé là pour "bistroter sérieusement" !!

Un vendredi midi de janvier, en solo, un jour de tempête. Le parking loge déjà quelques bagnoles de footeux monstres de CO2, l'océan est déchaîné, la pluie cinglante.

Henri & Joseph à Lorient, La Table d'Eux à Guidel-Plage, La Rotonde à Vichy
Henri & Joseph à Lorient, La Table d'Eux à Guidel-Plage, La Rotonde à Vichy

Une grande salle lumineuse, discrètement décorée et un immense sourire de bienvenue qui marque plusieurs points sur mon barème de première impression.

On m'installe sur une large table (et non une tablette d'avion comme à Paname) face aux vagues en mode "mute" (pour être précis, y'a un bout du parking, la route, un bout de plage, puis les vagues).

Un rapide coup d’œil à la carte, en sirotant un simple muscadet, puis la décision aussi dextre de redécouvrir la "nouvelle cuisine de LLB" par un "menu complet" de la formule "C'Est comMe çA Le mIDI" (19,90 €) !!!

Un "petit salé aux lentilles revisité" rigolo en guise de mise en bouche, avant d'attaquer le cœur du déjeuner !!

Le homard en velouté & sa raviole - Le retour du port de pêche de Lorient (bar) mousseline de carottes blanches et coquillages - tartelette myrtilles, sorbet vanille Bourbon
Le homard en velouté & sa raviole - Le retour du port de pêche de Lorient (bar) mousseline de carottes blanches et coquillages - tartelette myrtilles, sorbet vanille Bourbon
Le homard en velouté & sa raviole - Le retour du port de pêche de Lorient (bar) mousseline de carottes blanches et coquillages - tartelette myrtilles, sorbet vanille Bourbon

Le homard en velouté & sa raviole - Le retour du port de pêche de Lorient (bar) mousseline de carottes blanches et coquillages - tartelette myrtilles, sorbet vanille Bourbon

Un délicieux velouté, une raviole un poil ferme, une pertinente virgule végétale que cette feuille de nombril de Vénus, délivrant à point nommé une providentielle pointe acidulée.

Le plat, au dressage esthétique que la photo ne rend pas du tout, ne souffre pas la critique (allez, la taille du filet peut-être, mais comprendre que mettre du bar dans un menu à moins de 20 balles vous oblige aussi à un minimum de logique économique). Cuisson maîtrisée, mousseline réconfortante, coquillages à l'expression iodée aussi ébouriffante que le spectacle maritime qui bat son plein de l'autre côté de la baie vitrée...

Dessert simple, loin de la saison du fruit mais efficace.

Service rapide, sourire généreux, carte des vins pas très excitante pour les picolos passionnés... et la déception de me voir servir un George Clooney Nespresso en guise de café !!

Au global, La Table d'Eux offre un rapport qualité-prix-plaisir rare et généreux pour moins de 20 balles !! Des produits frais, bien mis en scène, servis avec professionnalisme et envie !!

Le Gros Rouge a récompensé la table, en moins de 6 mois, par un Bib amplement mérité !!

La Table d'Eux - Laurent Le Berrigaud
152 route côtière - La Falaise
56520 Guidel-Plage
Tél : 02 97 32 42 07
www.laurentleberrigaud.com

Dernière (re)découverte : Henri & Joseph !!

Je n'avais plus mis les pieds depuis 10 ans dans ce discret et solide établissement !!

C'était juste avant qu'il n'obtienne l'étoile, déjà méritée au moment où j'avais découvert le lieu.

Philippe Le Lay a ouvert sa table en 2004, après un parcours ponctué de sacrées adresses (Le Goyen à Audierne, La Ferme du Letty à Benodet, chez Gérard Boyer aux Crayères, au Louis XV-Ducasse).

Nous sommes toujours en janvier 2016, je pousse la porte d'Henri et Joseph (dont je suis un client très irrégulier de l'épicerie fine attenante) pour un déjeuner forcément décidé en passant devant !!

Intérieur sobre, faiblement éclairé, louchant sur le "chic épuré". Je suis accueilli par Philippe Le Lay himself, qui semble avoir confié la table à un talentueux second, vu le temps passé au service.

Henri & Joseph à Lorient, La Table d'Eux à Guidel-Plage, La Rotonde à Vichy

Le Boss revient rapidement m'animer, brillamment, le très joli potentiel du menu à 55 € !!

Mais je reste sobre (en appétit, comme financièrement parlant) en optant pour la formule "Midi Pile" du déjeuner (29 €).

Un rapide coup d’œil à la carte des vins, plutôt dispendieuse et au casting honnête, me pousse à questionner le patron (apparemment passionné de vins) sur les éventuels vins au verre de Michel Redde.

Il n'hésite pas à m'ouvrir une bouteille de Silex 11 pour m'en proposer un verre (alors qu'il n'est normalement pas dispo au verre)... un joli geste de restaurateur que je ne manque pas de souligner !!

Soupe passée aux légumes verts, crème fumée - risotto à l'italienne et légumes croquants - Finger choco/praliné
Soupe passée aux légumes verts, crème fumée - risotto à l'italienne et légumes croquants - Finger choco/praliné
Soupe passée aux légumes verts, crème fumée - risotto à l'italienne et légumes croquants - Finger choco/praliné
Soupe passée aux légumes verts, crème fumée - risotto à l'italienne et légumes croquants - Finger choco/praliné

Soupe passée aux légumes verts, crème fumée - risotto à l'italienne et légumes croquants - Finger choco/praliné

Une entrée de saison, très soignée, délicate, au délicieux jus, à la crème juste fumée.

Pour le risotto, on a envie de ne plus bouger de l'endroit !! Un summum de la "comfort food"!!

Riz à la cuisson haute couture, liant fromager extra, saumon sauvage fondant (et qui ne pue pas comme tous les autres ersatz de l'espèce surexploitée), le tout relevé/dynamisé avec une juste pointe de citron vert-combawa... un petit Mont-Ventoux de suavité !!

Le dessert me renvoie instantanément à celui de Patrick Jeffroy (attention, l'orthographe piquait les yeux à l'époque) !!

Un cacao malgache d'une complexité folle, une tuile au gingembre que j'aurais dû renier, une texture et des saveurs divines... grand dessert chocolaté !!

Clientèle d'affaires majoritaire sur ce déjeuner, service feutré, agréable.

A travers ce "menu entrée de gamme" Philippe Le Lay offre une très belle vitrine de sa cuisine étoilée de haut niveau.

A 29€, à l'instar d'un Marriottat, on se sustente de l'excellence à des tarifs angéliques !!

Comme un doux piège pour aller "taster" les menus suivants...

Henri & Joseph
4 rue Léo le Bourgo
56100 Lorient
Tél : 02 97 84 72 12
henretijoseph.fr

fermé lundi et mardi

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Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

6 Février 2016, 18:04pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Au lendemain des Pénitentes, nous tentons aussi une première incursion dans le salon estampillé "rock en bouche" (c'est moi qui le surnomme ainsi).

Les Anonymes se veut un salon dédié aux talents de demain, à ceux qui n'ont pas encore, ou n'auront jamais, les moyens financiers ou médiatiques d'accéder aux grands salons voisins...

Une seule condition : être dans la mouvance nature-bio-biody-permaculture et aimer les shampoings pour castors.

Je m'attendais à un peu plus de "dreads-clopes roulées-anneaux écarteurs", mais nos hipsters des Pénitentes sont encore là !!

Si je me suis taillé une solide réputation dans les choix souvent risqués l'éclectisme des vins que je goûte et achète, mon collègue de goulot est beaucoup moins aventureux dans ce domaine. L'exercice qui va suivre va renforcer cette conviction.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

10h15, c'est déjà la cohue dans les salons Curnonsky !! On annonce près de 300 tickets vendus en 15 minutes !!

Nous errons quelques minutes, tentant de repérer quelques noms familiers, puis de nous arrêter au "bar vigneron".

L’entame se fait avec Sébastien Fleuret et son "Refaire le monde" 14, au fin sr plutôt intégré, à la finesse évidente.

"Léon 14" (semi-carbo) glougloute naturellement, sur fond de raisins bien mûrs et épicés.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Un petit tour chez Lilian Bauchet, qui semble enfin "respirer" avec son nouveau domaine, aux dimensions (3,5 ha) plus adaptées.

"Point d'Orgue" 13 se goûte sec, presque austère en l'état, avec une volatile "limite".

"D'une Rive à l'autre" 14 (habitant d'un côté, ses vignes sont sur la rive opposée de la Saône) offre un léger perlant, associé à une typicité toute "beaujoloise".

Pour finir, "Amor Fat" 14 donne dans la grenadine, le juteux enthousiasmant et une finale aux jolis amers.

4 cuvées normalement dispos, mais la dernière était "sur le flanc" selon son géniteur.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Détour par Péchigo (Sylvain Saux, 1,3 ha en rouge, 1,2 en blanc), avec un carignan 13 perlant, mûr, très souple, un mauzac 09 poivré, puissant aux amers limites, puis pour finir, une cuvée 08 à dominante de chardo, juste imbuvable en l'état, malgré la sympathique finale miellée.

Chez Bouju (absent, sûrement débordé à fermer un carton), une "Violette 14" juteuse, à la fine volatile, alors que "Brutal 14" est bien plus net (syrah/gamay 50/50).

Julie Brosselin (ex-Le Petit Domaine) s'est lancée toute seule, comme une grande !! Son grenache 14 a le nez qui déboite chafouin, une bouche oxy, une finale épicée moins sauvage.

Son cinsault 15 respire la carbo et glougloute sans efforts. Son "Rue d'la peste" 15 (carignan/syrah) offre un généreux jus, à la jolie finale.

"Queue de comète" 15 (mourvèdre/cinsault 50/50) est simple, plein, mûr, là encore joliment juteux.

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...
Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Grosse série chez Pierre Boyat, avec pour démarrer, "Les Cabanes" 15 (très jeunes vignes) d'une netteté modèle, adossée à une évidente gourmandise !!

"Bois de Lune" 14 a une volatile ravageuse, une matière "rock de chez rock", "Noir de Rouge" 14 offre des tannins rugueux, la version "bois" a une volatile encore plus prononcée.

"Les Rennes" 14 (sur granit) est simple, le St-Véran 14 très épicé et plein, le même sur 13 est plus bordeline, quand le 12 (2 ans de barrique) délivre un voltage à ressusciter Cloclo et le King simultanément, le tout sur un fil"rock barré nature débridé".

Partons dans le Jura, avec une salvatrice découverte postée juste à côté de Lilian Bauchet : Didier Grappe.

Le savagnin ouillé 14 "poire comme un ch'nin", c'est net, très gourmand pour "dé-Lignac-iser" l'expression.

Le "Chant Rouge" 11 (chardonnay) balance un curry puissant au nez, quand la matière file bon train, sur l'amande, entre les badingoinces.

La bulle de "Clash" (vin mousseux de qualité selon l'étiquette) malgré un joli crémeux, laisse une impression brouillonne dans son effervescence peu rectiligne (chardo/savagnin).

Un rouge pour finir, mariage improbable de pinot noir-trousseau-chardonnay et poulsard qui glougloute de plaisir.

Julie Balagny est toute rouge, dynamique et ne manie pas la langue de bois !! Quand c'est barré, elle assume et le reconnaît !!

Son Beaujolais 15 est simple et pas mal, le MAV (moulin-à-vent) 15 très perlant, à la matière nette, "Pestiféré" 14 l'est moins que son nom.

Retour au "bar du vigneron", pour une escale chez Joseph Paillé, qui en a fini avec L'Anjou !! Le voilà désormais Roussillonnais depuis septembre 2015 !!

Le Domaine Benastra proposait un Côtes-du-Roussillon 15 (syrah-grenache et ??, j'écris mal bordel), déjà fort aimable, Benastra 15 (syrah-grenache-mourvèdre, tiens c'est lisible là), au métal jaillissant, au jus expressif, puis pour finir la gamme magenta, un 100% grenache à la finesse palpable, sans lourdeur, malgré le côté très mûr du jus.

Un Benastra blanc 15 pour finir (maccabeu-chardo), juste, fin et frais !!

Les Anonymes 2016 à Angers, brèves de stands...

Pierre Borel bosse sur un jardin de 2 ha à Bourgueil. Il n'en vit pas encore totalement, pourtant le résultat montre qu'il mérite d'y consacrer tout son temps !!

Son Bourgueil 12 (éraflé) a profité d'1 an d'élevage, se goûte comme une jolie carbo, glissant sans peine jusqu'à la glotte toute heureuse de cette vinothérapie de qualité.

La version 11 montre déjà des signes d'évolution, savant mélange de douceur et de rugosité !! De plus, les prix sont abordables (en direct, comptez moins de 10 €).

Chez L'Escarpolette (Yvo Ferreira), on sert en "chaussettes doigts" sur un piédestal en carton !! Un blanc 15 qui muscate (forcément y'en a), frais, aux sr évidents. Brutal 15 (ils sont plusieurs vignerons à éditer une cuvée Brutal, avec la même étiquette), pète de fruits rouges, tout en restant sec et frais. Escarpolette 14 renifle la "carbo évoluée et sucrée", alors que son cinsault 14 respire la plénitude et la générosité d'un jus. Sur la version 13, des arômes de viande grillée occupe une matière à l'impression, là encore, d'évolution rapide.

Soyons honnêtes, si mon collègue de goulot a grimacé quelques fois, j'attendais aussi un pourcentage plus élevé d'effluves inspirés d'écuries normandes !!

Par contre, on ne peut passer sous silence certaines volatiles débridées, voire carrément délirantes, plus ou moins assumées par leurs géniteurs !!

Les Anonymes, un happening moyennement taillé pour les "radicaux-centristes du vin" comme moi, même si de bonnes surprises s'y dissimulent habilement.

Force est de constater que ce salon plaît assurément à un public venu en (grand) nombre, dont une majorité était déjà présente aux Pénitentes !!

Billet écrit sous rhume XXL, pendant que d'autres collègues de goulot me narguaient avec leurs quilles et leurs plats pour la Xème LPViade BzH à Rennes !!

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Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...

1 Février 2016, 19:40pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Le clavier se fait fainéant, les sujets s'accumulent, le retard aussi.... et pas "d'avis à chaud sur les déchus ou les gagnants du Gros Rouge" !!

La ritournelle des salons des vins de fin janvier/début février revient comme le Nothomb de septembre, sauf qu'avec Amélie on ne s'attend plus à rien !!

Cette année, l'organisation de "Renaissance, Greniers St-Jean" avait décidé de "taper du poing", en réservant l'accès au salon strictement aux professionnels.

Vu que je suis un garçon moins rebelle que mon désordre capillaire, j'ai entendu le message et n'ai pas foutu les pieds au "salon des professionnels".

J'apprendrai pendant le week-end que les amateurs les plus fidèles n'ont pas changé leurs habitudes, qu'ils ont pu vaquer sans le moindre souci à leur dégustation favorite !!

Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...

En ce dernier samedi de janvier, nous découvrons, Oxyboldiman et moi, "Le salon les Pénitentes", qui se déroule au sein du très bel Hôtel des Pénitentes.

Une trentaine de vignerons accueillent des professionnels (eh oui, c'est aussi un salon pro) et des amateurs comme nous !!

90 vins plus tard, un constat se dégage : pour la sélection présente revendiquant un esprit nature du vin, ça ne sent pas du tout le rectum de dindon !!

L'entame du salon s'est faite avec les très jolis 14 de Thomas Pico, sur le point de reprendre les 10 ha de son père !! La "nouveauté" réside (pour nous) dans la cuvée Vaillons (élaborée depuis 2012, issue d'achat de raisins à son meilleur pote), plus "ronde" que Jouan, Butteaux ou Beauregard.

Chez Cossard, c'est le St-Romain 13 (Sous Roches) dont la suavité et la délicatesse me scotchent quasiment !! Les autres cuvées (en rouge, comme en blanc) sont moins impressionnantes, mais très loin d'être déshonorantes.

Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...

Chez Benoit Courault, une Eglantine 15 à l'esprit "Strauwberry Fields" de Stéphane Rocher, "Les Guinechiens" 13 est compact, puissant et épicé, quand "Les Tabeneaux" 15 largue à chaque gorgée une belle matière extrêmement fruitée et plaisante.

Chez Villemade, ce sont le sauvignon 14 "explosif et fruité à mort", ainsi que Les Saules 14 (romorantin), fin et délicat, qui retiennent mon attention.

Chez Mosse, je retiens le joli squelette d'Arena 14 (Savennières) et le beau ciselage de Bonnes Blanches 14. Contrairement à Alain, j'ai trouvé Rouchefer 14 alcooleux et déjà "anormalement évolué".

Passage chez Frantz Saumon (Montlouis) à la gamme cohérente, au Minéral + 14 assez remarquable.

Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...
Les Pénitentes 2016 à Angers, le (tout petit) débrief...

Après une escale au Clos Tue-Boeuf, nous partons à l'assaut de l'étage.

C'est le très strict (et peu rieur avec nous) Emmanuel Lassaigne qui nous accueille. Vignes de Montgueux, Le Cotet, La Colline Inspirée, Millésime 2007.

Sur à peine 6 ha (allez voir le site internet, très soigné, mais si comme moi vous cherchez juste des renseignements techniques, vous aurez juste envie de défenestrer votre ordi).

Des champagnes de très haut niveau, à la bulle de "laser", à l'expression vineuse aboutie !!

Chez POB (Pierre-Olivier Bonhomme), une foule de cuvées (achat de raisins+vignes en propre) cohérentes, à la personnalité et au caractère bien établis.

J'y retrouve notamment Telquel 15 (pinot noir-gamay) au glouglou de bon aloi, ainsi qu'un KO 12 (côt) mûr et plein !!

Cap à l'est, chez Belluard, où seul Le Feu 14 (gringet) m'interpelle assez par son côté "moins sudiste", presque un "angevin des alpages" !! Belles étiquettes en passant !!

Une autre découverte que Vini Viti Vinci (négoce-achat de raisins), à la gamme aboutie et précise, aux Irancy assez bien foutus, quand Coulanges la Vineuse 14 fait dans le "rhaaaa gourmand, j'ai soif, glouglou"...

Déceptions multiples chez Foillard, Les Foulards Rouges, Le Briseau, Meyer (sauf son superbe de Muenchberg 13)... mais déjà les Anonymes se profilent...

Si on allait manger en attendant...

A suivre.

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