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EscapadeS

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

21 Novembre 2014, 18:35pm

Publié par Docadn

Suite et fin de la balade ligérienne.

Après Richard Leroy à Rablay sur Layon, nous remontons le cours de la rivière pour une "révision" au Domaine Mélaric sis à Les Verchers sur Layon.

J'avais rendu visite à Aymeric Hillaire et Mélanie Cunin l'année précédente, pour une jolie séance "terrain-cave" brillamment animée par Aymeric.

A la fin, ce dernier nous avait invité à revenir dans son "futur chai", histoire de "décrypter les jus fermentés en gestation dans la typicité des parcelles exploitées", soit grosso-vino "une dégustation sur fûts et goûtage des parcellaires" !!

Toujours privés de notre "Jamel limousin" (qui avait rencontré l'amour au détour d'une galerie marchande, lors de notre périple précédent chez les Mélaric, ndlr), nous retrouvons avec un peu de mal notre petite barrique de Rochecorbon, paumée avec sa roumaine de charrette dans la campagne angevino-saumuroise...

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Nous avons déjà démarré les hostilités, quand notre hipster à gilet albanais arrive enfin...

Nous démarrons par les blancs, tous encore en fûts.

Fontenelles 13 : représentant 90 ares, cette parcelle voit son jus élevé en barriques. Une puissante acidité jaillit d'emblée, adossée à un jus pas moins tonitruant. Très fruité, aux accents "Granny Smith" marqués. A ne pas mettre dans toutes les cavités buccales. ***

Le Fossé 2013 (surnommé localement "le Poyeux D'Argentré", d'une surface de 1,4 ha) offre un jus exotique, immédiatement gourmand, aux amers puissants, à la longueur splendide, extatique. ***(*)

Saumur - Billes de Roche 13 (fond de quille tirée du fût, sol limon-argile) : nez de compote de poire, bouche hyper fruitée, un poil serrée, s'ouvrant à l'aération (étonnant pour un fond de quille diront les trolls plus suspicieux), prenant une rondeur (non Jull, pas toi, le vin) moins excitante. **/**(*)

Saumur - Clos de la Cerisaie 13 (issu de la parcelle dite "les fruitiers", composée de vignes de 45 ans) : jus "souple", à la matière très mûre, à l'acidité quasi mordante, rééquilibrant justement l'ensemble. **(*)/***

Saumur - Clos de la Cerisaie 13 (parcelle dite des "13 rangs") : un jus marqué par un sucré et des amers soutenus. Pas trop ma came en l'état. **

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Et vlà ti pas que notre Vedel nous dégaine son Compte Marc 13 - Vouvray (mise du 21/06/14, soit quelques heures auparavant, si mon stylo n'a pas fourché !!) : nez un poil fermé, dont la matière, aux allures glycérinées, se fait gifler en chemin par une salvatrice acidité aux aguets... **(*)/***

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Aymeric poursuit le pipetage au gré des barriques et des cuvées...

Saumur - Billes de Roche 12 : bouche compacte, nerveuse, pour ce lot suspecté de flaveurs de "goût de souris" dont les vignerons traquent les origines et redoutent la présence plus ou moins temporaire (plutôt moins que plus !!). Seuls les palais (très) habitués semblent déceler rapidement ce défaut... NN

Saumur - Clos de la Cerisaie 12 (en 3 services barriques) : nez droit, net, frais, un poil rondouillard, mais fort bon. ***

Saumur - Clos de la Cerisaie 12 (barrique Taransaud) : boisé marqué, matière d'abord caressante, puis rapidement vive, très salivante, aux amers précis. ***/***(*)

Saumur - Clos de la Cerisaie 11 : nez de terre humide, matière complète, un poil rondouillarde, surtout derrière le dernier Cerisaie 12 étonnamment tendu. **(*)

Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Au tour des rouges !!

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 13 (parcelle de 40 ares, malo non faite) : un jus frais, à la framboise extravagante, asséchant en finale, mais qui "gloute" déjà fort bien. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 13 : matière joliment poivrée, qui "gamayte" par moments. Là encore, ça "gloute" bon, ça glisse terriblement. ***/***(*)

Aymeric commente chaque lot par le travail effectué à la vigne. Il a coeur de projeter au mieux, en cave, tout le travail et toutes les observations faites sur le terrain.

Il avoue avoir vraiment "senti" le changement dû au "travail des sols" depuis 2012...

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 12 (parcelle dite de "La Goutte") : nez et bouche archétypiques du cab' franc. Déjà pas mal en place, même si je ne cours pas après cette typicité. **/**(*)

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 12 : matière très fruitée, mais déjà plus austère, au potentiel tout de même assez prometteur. **(*)/***

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 11 : un poil "tendre-molasson", crayeux, qui gloute encore aisément. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 11 (2 ans et demi de barrique) : attaque plus élégante que BDR 11, crayeux encore plus appuyé, au poivre noir final puissant, équilibré, très beau. ***/***(*)

Nous quittons les fûts pour les bouteilles.

Saumur Puy-Notre-Dame - Billes de Roche 11 (presse - barrique du Clos Rougeard) : net, serré, très salivant. ***

Saumur Puy-Notre-Dame - Clos de la Cerisaie 10 : d'une finesse immédiate, à la généreuse gourmandise. ***/***(*)

Saumur Puy-Notre-Dame - Cerisaie 09 : matière très mûre, à l'amertume pointue. Pas super sexy en l'état. **

Pour finir, Aymeric nous propose son premier et dernier "non sec".

Coteaux de Saumur - liquoreux de la Cerisaie 13 : fine acidité, à la fluidité modèle. ***

Coteaux de Saumur - liquoreux de la Cerisaie 11 : nez flétri, au rancio prononcé, un délice sans limites, à la finale de figue et de café interminable. ***(*)/****

Saison après saison, vendanges et millésimes se succédant, Mélaric assimile la richesse et la diversité de ses terroirs et les vins qui y naissent, avant de s'épanouir.

Le travail des sols, l'observation des "résurrections végétales" qui en découlent, le tout drivé avec un pragmatisme d'une intelligence rare, dénué de dogmes et autres dérives gustatives, que l'on observe hélas parfois, issus d'un "non-interventionnisme appliqué", même quand "la nature" est malveillante avec la vigne.

C'est les lèvres bien hydratées que nous quittons les lieux, non sans avoir fait quelques courses pour soi et un caviste lui aussi "accroc" du domaine...

PS : il est toujours amusant de lire les impressions comparées, avec certaines cuvées déjà goûtées l'an dernier, lisibles ICI.
Balade ligérienne acte II : Domaine Mélaric, Les Verchers sur Layon

Domaine Mélaric

25 rue du Château

49 700 Les Verchers sur Layon

Tél : 02 41 50 70 96 - 06 64 81 23 27

www.vins-melaric.com

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Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

9 Novembre 2014, 17:19pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Il est des rencontres, des moments, qui même 5 mois après, restent "vivaces comme si c'était hier"...

Un week-end entre Rablay-sur-Layon et Les Verchers sur la même rivière, pour voir ou revoir 2 vignerons ligériens passionnés et passionnants.

Nous sommes en juin dernier.

Le vieux nous fait une crise de goutte routard des chais est resté cloué en Limousin à cause d'une jamelisation d'une immobilisation spontanée de son bras, nous laissant le motard dégarni et aveugle Ifif et moi seuls rescapés pour rendre visite à Richard Leroy.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon
Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Ce dernier est encore sur "Les Noëls de Montbenault" quand nous arrivons.

Nous y retournons, pour "essayer de comprendre" les caractéristiques et la force de ce "mamelon" dominant Rablay/Layon, considéré historiquement comme la meilleure "parcelle" locale.

C'est d'ailleurs sur les conseils des "anciens" que Richard Leroy avait acquis cette dernière, lors de son installation en 1996.

Il est devenu, depuis, une des références absolues des chenins angevins, en plus d'avoir été "croqué" par Davodeau et filmé par Bodin !!

Mais foin de digressions, Richard nous explique brillamment pourquoi il travaille en biodynamie, vulgarisant pour les ignorants que nous sommes, ce que cette dernière a apporté à ses vignes et ses raisins.

Sans le couper, nous serions encore aujourd'hui à décrypter la 11 657 ème feuille de vigne (morte depuis), le 114 879 ème morceau de rhyolite, ou la 134 683 ème motte de terre de la parcelle.

Richard Leroy exploite près de 3 ha sur Les Noëls de Montbenault (2 ha) et Les Rouliers (1 ha) en bas du coteau.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Nous retournons au "chai-garage" pour les travaux pratiques.

Tous les vins de Richard Leroy sont élevés en barriques.

L'ayant rencontré en 2005 (dernière année où il produisit des liquoreux), il se posait beaucoup (trop ?!) de questions sur ces dernières.

Il en a testé une palanquée, avant de s'arrêter sur certains modèles dont la chauffe et la structure lui convenaient enfin !!

Et comme il n'y a pas de hasard, son fils vient de démarrer une formation de tonnelier.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Tous les vins de Richard Leroy sont produits en "vin de France" depuis 2008.

Quelques notes prises à la volée, dont la précision reste proportionnelle à mon stylo parkinsonien et à ma mémoire très souvent défaillante.

Les Rouliers 2013 (Barrique Damy) : net, droit, à la poire extravagante, aux amers splendides. Ca démarre fort. ***/***(*)

Les Rouliers 2013 (Barrique Chassin) : plus souple que son prédécesseur, à l'acidité plus marquée, à la malo "en cours" très marquée, à la réduction peu flatteuse. **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 1) : volumineux, au peps puissant, long, large, non dénué d'une étonnante souplesse au vu de sa puissance. **(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 2) : attaque et amers puissants, finale très salivante. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 3) : réduction notable, ensemble fruité, délicat, salivant, à l'acidité tonique, aux amers sans fin. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique neuve) : plus fermé, moins volumineux que les 3 cousins précédents. **

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Richard Leroy commente non pas son vin, mais le monde du vin et ses paradoxes.

Il pose quelques bonnes questions. Notamment sur le nombre de vignerons qui "aiment" le vin.

Il ne parle pas de ceux qui "aiment faire du vin"... et qui ne boivent jamais celui des autres. Un peu comme un horloger qui fabrique ou répare des montres mais n'en porte jamais, ou qui ne s'intéresse pas au travail des autres (interprétation personnelle)...

Combien de vignerons fréquentent les cavistes ?!!

Peu, trop peu, selon ses "sondages" auprès des dealers fréquentés !!

Aussi, il échange plus volontiers avec des vignerons "amateurs de vin" au sens noble du terme !!

Voilà effectivement un détail qui ne m'a jamais effleuré le cortex !!

Nous poursuivons les TP.

Les Rouliers 2012 (mise en bouteille le 23/04/13- noeud lunaire) : d'une "tendreté" immédiate, un poil dissocié, à l'acidité tranchante au départ, pour retomber dans un "train de sénateur" subitement assoupi... **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2012 : monolithique, un poil fermé, aux amers marqués, sur le fil. **

Les Noëls de Montbenault 2011 : nez classique, bouche immédiatement suave, salivante, assez rondouillard... qui s'élance tout à coup, gagnant au fil des gorgées une certaine élégance (pas assez "ouvert"?!).**(*)

Les Noëls de Montbenault 2010 : nez de vernis, acétate, presque "jurassique" par moments. Attaque "mûre" mais tendue, puissante, aux amers nobles et vibrants. ***

Les Noëls de Montbenault 2005 : nez "local", bouche souple, ample, fluide, sans aspérités, finement poivrée, aux arômes tertiaires délicats, toujours debout (youpi, il m'en reste). ***/***(*)

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon
Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Mais notre vigneron est un insatiable "goûteur'.

Un vigneron qui aime le vin, les vins, tous les vins...

Si un certain Thomas Foubert (de passage au caveau ce jour) nous a offert un très joli Clos de la Carizière 12 (melon de Bourgogne) droit, net, fruité, pétri d'une élégance folle ***, Richard Leroy nous a aussi offert :

Saumur 2010 - Domaine du Collier : nez d'une finesse immédiate, miellé, délicat, matière à l'acidité poussée, équilibrée, tranchante, terriblement bien foutue. ***(*)

Nous concluons ce "marathon des caves" en 03H00 et des brouettes, écourtant, à regrets, cette passionnante séance pour cause d'un autre rendez-vous.

Oui, sachez-le, une rencontre avec Richard Leroy démarre à l'heure... mais se termine selon ses envies... rarement ténues !!

Si j'avais déjà passé une soirée (à table) avec le bonhomme, j'ai découvert, ce jour-là, un vigneron encore plus passionnant que ses vins.

C'est l'approche "vinosophique" et les réflexions permanentes animant notre barbu (à mi-temps) qui m'ont enchanté.

Des strates d'idées, d'expérimentations, d'observations dont on retrouve quelques fulgurances au détour d'une gorgée, d'une bouteille ou d'une discussion...

Encore merci MONSIEUR Leroy !!

Richard Leroy

52 Grande Rue, 

49750 Rablay-sur-Layon

02 41 78 51 84

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Restaurant AG à Paris 6ème

1 Novembre 2014, 14:06pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une boulimie toujours très active en cette fin de séjour parisien.

Votre scribe maladroit se la joue Pudlo, avec cette toute nouvelle table face au marché St-Germain, en compagnie de la trop rare Louise, de nos expats Chrisos et Oanèse, notre maestro de la fourchette Alain, sans oublier mon alter et (pas trop) gros explorateur des curiosités pas forcément branchées : Mix !!

L'AG (pour Atelier Gastronomique, ou Alan Geaam du nom du proprio-restaurateur, déjà aux commandes de L'Auberge Nicolas Flamel et L'Autobus Impérial, à Paris aussi) a ouvert le 13 octobre dernier, en lieu et place du Bistrot de l'Alycastre.

C'est un certain Medi Ben (passé par Le Meurice, Les Crayères et le Pré Catelan) qui officie au piano.

Jolie salle à la déco très classique, discrète, aux hauts plafonds bordés de plâtres sculptés, mais catastrophique en terme d'acoustique quand des bourrins gueulent comme au PMU quand le canasson et le jockey ont perdu "clients à la voix qui porte" dînent ensemble.

Restaurant AG à Paris 6ème
Restaurant AG à Paris 6ème

Une formule tarifée à 40 € pour la séquence entrée-plat-dessert, adossée à une carte aux tarifs bistrotiers pas trop délirants vu le quartier et le standing visé.

Un verre de Drappier (champagne, offert par la maison), avant une mise en bouche de saison.

Espuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/Pickles
Espuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/Pickles

Espuma de châtaignes, cromesquis au foie gras - Raviole de veau/Butternut/Pickles

Volaille/Comté/Champignons - Chocolat/Praliné
Volaille/Comté/Champignons - Chocolat/Praliné

Volaille/Comté/Champignons - Chocolat/Praliné

Une entrée "comme chez les autres" (j'ai pensé à Richer pour le coup, ne cherchez pas, moi-même je ne sais pas), une volaille superbe de moelleux et d'équilibre (même si je cherchais un peu la place des champis dans le lot), quand le dessert était plus qu'honorable très correct.

J'ai goûté d'autres desserts dans les assiettes de mes voisins (sablé/Yuzu/meringue, mais aussi un pavlova sans fruits rouges assez pertinent, obtenu grâce à la perspicacité de notre barbu gourmand). Un niveau sucré costaud pour un bistrot.

Si je me plains souvent du moment casse-gueule du "dessert au restaurant", force est de constater qu'il y a un pâtissier derrière ces jolies réalisations.

Alan Geaam nous confirmera avoir effectivement "investi" sur un vrai pâtissier (qui ne "touche pas le salé") en la personne de Marius Dufay (passé par Ledoyen et Mandarin Oriental).

Service courtois (un poil longuet au départ), carte des vins courte, pas super sexy, avec un honorable Crozes-hermitage blanc 11 de chez Mucyn (37 €), quand le prix du verre de chablis générique de Fèvre (bu en guise d'apéritif), m'a carrément fait sursauter (10 €) !!

A noter, l'eau "maison" à 4€, gazéifiée sur place, servie à volonté...

En conclusion, une nouvelle adresse qui reprend tous les codes tendances en vigueur (légumes de saison, dénomination télégraphique des plats, présentations), avec quelques fulgurances notables, le tout en assurant une réelle cohérence gustative jusqu'aux desserts.

Restaurant AG

2 rue Clément

75006 Paris

Tél : 01 43 25 77 66

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