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EscapadeS

Articles avec #chenin

Domaine Antoine Sanzay à Varrains

4 Mars 2016, 09:07am

Publié par Docadn

Bonjour,

Tardive suite et fin d'un week-end saumurois, aux allures de marathon des vins.

Après le retard cumulé chez Sylvain Dittière, nous arrivons chez notre second vigneron à Varrains.

Sanzay, un nom plutôt répandu dans la commune. Il semble que pas mal de visiteurs se trompent en allant frapper chez Céline et Didier Sanzay, quand ils cherchent Antoine !!

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Accueil chaleureux malgré notre retard peu excusable, nous entrons rapidement dans le vif du sujet.

Antoine Sanzay s'est installé "officiellement" en 99, livrant dans un 1er temps ses raisins à la cave coop locale. C'est en 2002 qu'il démarre ses propres vinifications.

A la tête de 11,6 ha (dont 10,30 en cab' franc) sur les appellations Saumur et Saumur-Champigny, en conduite bio depuis 2011, officialisée en 2014, il "creuse son sillon" avec l'ombre du Clos Rougeard pour modèle. Exemple qu'il aspire à effleurer, avec humilité, dans sa quête de l'élaboration de beaux vins.

Si les amateurs rattachent systématiquement Les Poyeux au Clos Rougeard, ce terroir est en fait plus grand qu'on ne le croit... et n'est pas le monopole du domaine tant courtisé de la famille Foucault !!

Les Poyeux s'étale sur une trentaine d'ha... mais peu osent le revendiquer sur l'étiquette !!

Antoine Sanzay en exploite 3,85 ha, sur une double exposition.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Antoine produit, en sus, 1 blanc (Les Salles Martin) et 2 autres cuvées de rouge (Domaine et la Haye Dampierre).

Nous démarrons par les rouges, avec la cuvée Domaine 15 (en cours d'élevage, représentant 7 ha) au nez un poil réduit, au fruité très avenant. La bouche s'avère "serrée", acidulée, fraîche, sur une austérité marquée, à la finale déjà aboutie. A ce stade, la malo est terminée, l'ensemble n'est pas (encore) sulfité.

Une autre portion de la future cuvée Domaine 15 (appellation Saumur-Champigny), au fin sucre palpable, plus complexe que la précédente.

Une dernière salve de cette même future cuvée, au "sucré" toujours marqué, à l'ampleur plus surprenante, à l'étonnante finale d'orange sanguine.

Domaine Antoine Sanzay à Varrains
Domaine Antoine Sanzay à Varrains

Place à la Haye Dampierre 15 (Saumur-Champigny, en cours d'élevage, vignes de 15 à 50 ans, orientées nord-nord-est), au nez complexe de graphite, "d'écorce verte/rafle", perlante à souhait en bouche. Un "toucher de bouche" au grain très agréable, se déclinant sur des notes de marc de café, à la finale complexe... mais un ensemble un poil fatigant pour moi !!

Les Poyeux 15 (Saumur-Champigny, non soutiré après malo), issu de vieilles vignes de 50 à 60 ans, annonce sucre et épices au nez, quand la bouche décline une astringence poussée sur un profil sablonneux "évident". La finale est moins classieuse que sur Haye Dampierre, presque "sudiste" dans mon ressenti. Sortie prévue en 2017, après 1 an de foudre, puis 1 an de cuve béton.

Le dernier rouge tient ses promesses !! Antoine Sanzay nous sert son futur Les Poyeux 14. SPLENDIDE est le seul "mot-hurlement" qui vient immédiatement percuter mes sens au contact de ce (déjà) divin nectar !! Plénitude, finesse, ciselage de grande école que cette future TRÈS grande bouteille !! Si vous en croisez à sa commercialisation, prenez tout !!

Au tour des blancs, avec la future Les Salles Martin 15 (appellation Saumur) aux effluves puissants de pêche-poire, à la bouche perlante, qui verse dans le "100% pur jus de fruits" à ce stade.

Une autre version de la même cuvée présente un profil plus fermentaire, un boisé appuyé. La matière est plus détendue, pétant la poire, à la jolie amertume finale.

Ultime bouteille, avec Dampierre 14 (pas de malo, même si le doute m'habite sur le nom de cette dernière) transpirant le "boisé-lacté" au nez, pour une bouche offrant finesse et jolie finale menuisière.

Une très jolie séquence vigneronne que cette escapade chez Antoine Sanzay. Le trentenaire est affable, humble et franc. Comme tous les passionnés, le doute se pose en jalon de chacun de ses vins.

Antoine Sanzay semble porter le "syndrome du grand cuisinier" qui, pour atteindre l'évidence, a dû peut être se perdre dans des circonlocutions viticoles pour comprendre et faire le beau et le simple dans ses vins !!

Ses Poyeux 2014 sont la preuve irréfutable qu'il a trouvé son chemin et sa destination...

Domaine Antoine Sanzay

19 Rue des Roches Neuves, 

49400 Varrains

Tél : 02 41 52 90 08

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Calendrier de l'Avin 2015 : 20

20 Décembre 2015, 10:22am

Publié par Docadn

Calendrier de l'Avin 2015 : 20

Calendrier de l'Avin, saison 6 !!

S'il est bien une notion de l'éphémère, c'est au net qu'on la doit... sauf pour le calendrier picologique proposé, sans relâche, par Eva-Oenos depuis plus d'une demi-décennie !!

Heureux élu depuis la genèse de cette cave à vin virtuelle, j'ai eu cœur de mettre en avant des vins ligériens (chers à la "Gouroute aux ongles tatoués"), à 2 exceptions près (beaujolais et japonais).

"Fidélité" oblige, c'est encore la Loire qui illustrera cette 20ème case.

Une case particulière, puisque je vais parler du vin d'un collègue de goulot !!

Je vous vois déjà en train de dodeliner de la tête en expirant un "pfff, il va nous faire la pub de son pote..."

Et bien détrompez-vous... qu'à moitié !!

Vouvray - Le Compte Marc 2013

Vouvray - Le Compte Marc 2013

Julien Vedel est ouvrier agricole (niveau 4 quand même) au Domaine du Clos Naudin (Philippe Foreau), à Vouvray.

Le soir venu, quand il n'a pas de dégustation, il cultive quelques ares sur une parcelle nommée "Le Compte Marc".

Depuis 2012, son premier millésime, il concocte un Vouvray avec l'ambition de se mesurer aux références locales.

Labours au bourrin, pas d'intrants, une pincée de soufre à la récolte, puis à la mise (je crois) et c'est tout !!

Il a beau être mon pote, il n'empêche que je ne lui laisse rien passer pour autant !!

Déjà, aucune bouteille offerte... ce qui me laisse une franche objectivité sur les jus chèrement payés !!

J'ai goûté son 12 à 2 reprises. Une fois seul, une autre fois en comité élargi à l'aveugle. La critique ne fut pas exagérément enthousiaste !!

C'est ainsi, comme je le répète souvent : on ne ment pas à un pote... même s'il met ses couilles au barbec' jette tout son égo dans son vin !!

Julien Vedel, géniteur du Compte Marc

Julien Vedel, géniteur du Compte Marc

Pour cette case n°20, partons à l'assaut de son Vouvray - Le Compte Marc 2013.

un premier nez très mellifère, crayeux, sur des fruits blancs génériques, qui vire sur l'archétype d'un chenin.

Une attaque vive, fine, crayeuse à mort, un poil courte, aux amers fins, courts, donc frustrants... j'oublie la bouteille 01h00, avec l'espoir qu'elle va se livrer un peu plus.

Je reviens sur la bestiole après les 60 minutes réglementaires de respiration, pour redécouvrir un vin totalement métamorphosé.

Le nez "poire", sur un caractère s’annonçant "plus gras".

Le gras se confirme en bouche, avec une jolie pointe d'austérité comme je l'aime dans le chenin. L'ensemble est plus vibrant, aux amers enfin sexys et longs...

La finale est superbe, l'allonge de rigueur, "vlà ti pas un bon chnin" !! ***

A j+1, la matière est monolithique, plus puissante, aux amers plus "pointus". Un vin moins charmeur-charmant et surtout plus court.

A carafer longuement sur ce millésime... si vous en trouvez !!

Domaine Julien Vedel

46 rue Docteur Lebled

37210 Rochecorbon

julienvedel@yahoo.fr

lecomptemarc.vouvray@gmail.com

C'était le Calendrier de l'Avin 2015, à vous Madame Eva !

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Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

29 Novembre 2015, 18:05pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Petit week-end dans les vignes angevines, avec un casting de vignerons établi sur un critère simplissime : la curiosité... et la dispo aussi !!

Avec 3 autres collègues de goulot, nous nous retrouvons, pour démarrer le marathon des crachoirs, à Vallet, hameau "collé à Faye d'Anjou".

Depuis quelques mois, la glouglousphère "buzze" bruyamment sur un jeune vigneron, au point d'en avoir fait quasiment le "phénomène angevin de l'année 2015" !!

Des avis dithyrambiques qui n'ont pas manqué d'aiguiser la grande curiosité des mes coreligionnaires.

Moi, je ne suis pas difficile, tant qu'on peut picoler déguster découvrir, je suis partant !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou
Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

C'est sur la propriété de ses parents que Pierre Ménard élabore, à part, ses propres vins depuis le millésime 2013.

Sur les 25 ha exploités (en chimie "tradi" pour la coopé) par ses darons, Pierre Ménard a "isolé" quelques ares de vieux chenin (85 ans) planté en coteaux sur argilo-calcaire et schiste. Il soigne désormais 7 rangs sur le lieu-dit "Le Quart des Noëls", avec une approche axée sur les principes de la biodynamie.

En parallèle, il exploite aussi quelques arpents de sauvignon quinquagénaire, sur coteaux de schiste itou, quelques hectomètres plus loin et plus haut (au Clos de la Roche).

A peine 1/2 ha cultivé en tout, quand il compte rapidement en exploiter 4 dès que possible !!

Ingénieur de formation, Pierre Ménard a bourlingué en Nouvelle-Zélande, en Hongrie et dans le Bordelais, avant de revenir sur la "terre de ces ancêtres".

Accueil souriant, voix douce, c'est une version couillue de Fifi Brindacier qui nous emmène directement sur la parcelle de chenin, pour échanger sur les pratiques et l'approche de "sa viticulture" avec le Gros Jull Sorcier du Compte-Marc !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Retour au chai (en fait, sous la maison des darons, dans le garage), pour passer aux travaux pratiques.

Laïka 2014 "Sauvignon blanc" - IGP Val de Loire : robe très brillante, élevage de type "fût neuf d'obédience bourguigonne" marqué au nez. L'attaque confirme le boisé, dominant mais pas caricatural, la matière est plutôt "sphérique", très charmante, à l'amertume et à l'équilibre nets. Même étiquette découverte, aucun "marqueur" archétypique du sauvignon. C'est très bien foutu.

Le Quart des Noëls 2013 - Anjou : Là encore, l'élevage domine le nez, même si de sympathiques agrumes se fraient un chemin jusqu'à mes parois nasales. Une attaque "enrobée" (malo partielle, 0,8 gr de sr), compacte, puis salivante en fin de bouche, qui monte crescendo (longueur remarquable). Finale un peu éthérée au fil des gorgées, sur de petites notes de champignons.

Le Quart des Noëls 2014 - Anjou : nez "boisé" plus discret que sur les 2 premiers vins, "plus chenin" dans l'expression olfactive. Matière très finement boisée, plus aérienne que 2013, plus demi-corps aussi, très épicée, portée par une splendide finale, quasiment "chardonnesque dans l'esprit", ciselée, très fine, glissante... qui n'arrive quand même pas à faire fléchir, au global et à ce stade, ma préférence pour 13 !!

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Pipette à la main, nous entamons le "cycle des barriques".

Laïka 2015 "Sauvignon blanc" - IGP Val de Loire : poire monstrueuse au nez, matière très flatteuse, en cours d'élevage (20 gr de sr estimé, 11°).

Le Quart des Noëls 2015 - Anjou : nez acidulé, flaveurs de pomme verte, matière nette, à l'acidité savamment salivante, très gros vin en perspective.

Week-end angevin part 1 : Pierre Ménard à Faye d'Anjou

Retour aux flacons.

Cosmos 2014 - Coteaux du Layon : abricot et safran boxent valsent au-dessus du verre, puis le quatuor "fraîcheur-suavité-digeste-équilibre" tatoue le petit nectar aux 135 gr de sr, à l'acidité un poil consensuelle pour ma pomme qui aime le "tranchant", surtout dans les "sucres".

Et moi qui voulais du "tranchant", je vais être servi avec ce Verjus 2015.

Pour rappel, le verjus est élaboré à partir des jus acides des raisins encore verts.

Dans notre cas, Pierre Ménard exploite les fruits issus de sa "vendange en vert" (cette dernière consiste à couper le "surplus de raisins" pour mieux réguler le rendement des ceps, tout en assurant une maturité potentielle plus favorable pour les raisins restants), en la valorisant sous la forme d'un verjus, usuellement utilisé en cuisine (pour déglacer, notamment).

Nez intense de rhubarbe, à l'acidité haute qui fait presque recroqueviller mes poils de tarin !! En bouche, on doit frôler le pH 0 1 !!

L'acidité est très très haute, énorme même, très plaisante en l'état avouerais-je.

La rhubarbe signe autant la bouche que le nez.

Pierre Ménard commente sobrement chaque vin avec des infos claires, pragmatiques et engagées. Il écoute sans ciller nos remarques de découpeurs de prépuces d'hannetons. Il a une l'humilité de rigueur avec ses 2 premiers millésimes, malgré le "déferlement" de louanges dans la glouglousphère... et il est plutôt sympa en plus !!

Reste des tarifs déjà "ambitieux" (14 et 21 € respectivement pour son sauvignon et son anjou, 8 pour le verjus... 22 pour son sucre).

S'il est vrai que ces vins respirent déjà une pureté, un éclat et un équilibre qui souffrent peu la critique (avec des 15 qui risquent de "casser la cabane"), la grille tarifaire est déjà "mature", surtout pour le chenin !!

A 15 €, j'aurais sauté comme une antilope narguant un vieux lion fatigué pour vanter l'excellence du rapport qualité-prix.

A 21 €, ma préférence pourrait aller, hiérarchiquement, sur d'autres vins... ailleurs !! Il n'en demeure pas moins que la relève est bien là... et qu'elle a pas envie de manger des cailloux !!

Merci encore à Pierre Ménard pour la générosité du temps consacré à 3 amateurs (et un pro) parfois enclins à geindre sur certains prix !!

Domaine Pierre Ménard

Vallet,

49380 Faye d'Anjou

www.facebook.com/domainepierremenard

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Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

22 Janvier 2015, 21:30pm

Publié par Docadn

Bonjour,

J'ai consacré une grande partie de ce foutoir, en 2014, aux parties solides.

J'ai un camion d'alibis pour le "justifier"... le plus simple étant d'avouer la grosse fatigue qui m'habite désormais quand j'aborde, par écrit, la partie liquide.

Lassitude causée par un manque flagrant d'imagination (et de talent), pour sortir du "compte-rendu clinique" que j'applique à chaque dégustation.

Si j'aime lire chez les autres ces descriptions analytiques, j'ai personnellement de plus en plus de mal à les coucher sur mon clavier.

Le meilleur contre exemple étant le dernier !! Si j'ai écrit sur le rhum avec "l'enthousiasme" d'un puceau qui vient enfin de tirer son premier coup tremper son boudoir dans le café, je reste dans les carcans du CR bacchique !!

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Mais foin d'introspection pseudo-littéraire à 2 sous, puisque malgré ce constat, je vais poussivement transpirer quelques rapports liquides dans le pauvre style qui est le mien (histoire de rassurer mes 12 lecteurs dépressifs et les 4 autres qui n'ont pas d'amis).

Une année 2015 que j'espère aussi "riche" que la précédente... du moins dans sa diversité et le nombre de vins goûtés (plus de 500 à la grosse louche).

Et c'est un vin du Roussillon qui ouvre l'année !!

Trigone 10 (IGP Côtes Catalanes, by Le Soula du duo Standley-Gauby), cuvée coup de coeur découverte chez un ligérien, avait fini par me lasser sur les quilles suivantes (le vieux était d'accord aussi sur ce point). Un manque de "digestibilité" s'était fait ressentir au gré des quilles dégoupillées.

Puis Trigone 12 m'a réconcilié avec la chose. Un nez puissant, terreux, sanguin, presque rhodanien dans l'âme. Je retrouve la fraîcheur dont le 10 m'avait finalement privé. Si le "lardé-caillou humide" habite le vin le midi, c'est l'épatante délicatesse et une gourmandise de haut niveau qui dominent le soir.

Sans parler de la superbe acidité et la finale typée "rancio-grenache" qui vous hante pendant des minutes. ***(*)

La deuxième victime de l'année est italienne. Nebbiollo 2008 d'Alessandria Silvio, sur l'appellation des Langhe, rapporté d'un séjour dans le Piémont en 2011.

Moi qui me fous (en général) royalement de la robe des vins, je ne peux ignorer celle-ci, à l'évolution notable, quand le nez distille épices, sang et larmes fin bois.

Là encore, la fraîcheur et l'acidité conjuguées donnent de la fougue à une matière plus juvénile que les apparences. Une "rafle" marquée, élégante, un lacté étonnant, un vin presque bordelais dans l'esprit, à la finale très anisée. Une réussite !! ***/***(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Première bulle de l'année avec un Crémant d'Alsace - Brut Nature de Sylvie Spielmann. On retrouve sans peine, au nez, le côté "nature", pour une fois pas usurpé, figurant sur l'étiquette.

Un nez "fermentaire", de "peu protégé", à la poire discrète, aux bulles nerveuses, voire brouillonnes. Le côté "anar" des bulles est moins évident sous le palais. Elles sont plutôt fines, quand la matière s'exprime sur un registre "quasi oxydatif", volumineux, mais un poil brouillon au global !! Expression trop courte au final, dommage. **

Direction la Loire, avec Les Cabotines 2013 de Ludovic Chanson - Montlouis/Loire.

La craie et le miel signent les premiers effluves, suivi de l'ananas en casaque jaune, talonné par le caillou humide en casaque grise.

L'attaque est massive, ramassée, un poil "fermée", surtout tendre... peu mon kif en l'état.

Le lendemain, l'acidité montre enfin le bout de son pif, la poire domine l'ensemble, les amers sont enfin vivants, le vin bien plus ouvert que la veille. Pas la grande extase pour autant. **/**(*)

Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!Premières quilles... ou Florilège de dégustations XXXIV !!

Direction le sud, avec ce Côtes-du-Rhône 2011 de chez Charvin au nez surpuissant de fraise, à l'hémoglobine jaillissante.

Attaque rugbystique, puissante, ramassée, serrée, où l'on retrouve la fraise en monopole. L'ensemble est un poil court, au nez muet le soir venu, même si la gourmandise évidente demeure. **(*)/***

Back to Loire, avec Touche-Mitaine 2010 de Xavier Weisskopf (Le Rocher des Violettes -Montlouis/Loire), cuvée que j'adore, exhalant un crayeux marqué sur un profil quasi bourguignon sur le reste des caractéristiques olfactives.

Une mise en bouche souple, pleine, ample et tonique, aux agrumes tonitruants. Un vin tout en puissance ménagée, à la finale très finement oxydative, salivante comme un escargot dans du sel du vinaigre et de l'eau... ***(*)

J'en avais encore 2 à passer sur le grill, mais ils figureront sur l'opus XXXV du florilège... si j'ai le courage !!

Pour rappel, la notation et son glossaire :

0 : loin de moi cette daube !!

* : bof, t'as rien d'autre à boire...

**/**(*) : moyen à pas mal, c'est bien parce que j'ai soif et que je veux pas te laisser boire seul(e)!!

***/***(*) : bon à très bon, c'est pas que j'ai soif, mais tu peux me resservir pendant qu'il en reste!!

**** : excellent, j'adore, que personne n'approche de cette bouteille !!

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Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

9 Novembre 2014, 17:19pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Il est des rencontres, des moments, qui même 5 mois après, restent "vivaces comme si c'était hier"...

Un week-end entre Rablay-sur-Layon et Les Verchers sur la même rivière, pour voir ou revoir 2 vignerons ligériens passionnés et passionnants.

Nous sommes en juin dernier.

Le vieux nous fait une crise de goutte routard des chais est resté cloué en Limousin à cause d'une jamelisation d'une immobilisation spontanée de son bras, nous laissant le motard dégarni et aveugle Ifif et moi seuls rescapés pour rendre visite à Richard Leroy.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon
Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Ce dernier est encore sur "Les Noëls de Montbenault" quand nous arrivons.

Nous y retournons, pour "essayer de comprendre" les caractéristiques et la force de ce "mamelon" dominant Rablay/Layon, considéré historiquement comme la meilleure "parcelle" locale.

C'est d'ailleurs sur les conseils des "anciens" que Richard Leroy avait acquis cette dernière, lors de son installation en 1996.

Il est devenu, depuis, une des références absolues des chenins angevins, en plus d'avoir été "croqué" par Davodeau et filmé par Bodin !!

Mais foin de digressions, Richard nous explique brillamment pourquoi il travaille en biodynamie, vulgarisant pour les ignorants que nous sommes, ce que cette dernière a apporté à ses vignes et ses raisins.

Sans le couper, nous serions encore aujourd'hui à décrypter la 11 657 ème feuille de vigne (morte depuis), le 114 879 ème morceau de rhyolite, ou la 134 683 ème motte de terre de la parcelle.

Richard Leroy exploite près de 3 ha sur Les Noëls de Montbenault (2 ha) et Les Rouliers (1 ha) en bas du coteau.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Nous retournons au "chai-garage" pour les travaux pratiques.

Tous les vins de Richard Leroy sont élevés en barriques.

L'ayant rencontré en 2005 (dernière année où il produisit des liquoreux), il se posait beaucoup (trop ?!) de questions sur ces dernières.

Il en a testé une palanquée, avant de s'arrêter sur certains modèles dont la chauffe et la structure lui convenaient enfin !!

Et comme il n'y a pas de hasard, son fils vient de démarrer une formation de tonnelier.

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Tous les vins de Richard Leroy sont produits en "vin de France" depuis 2008.

Quelques notes prises à la volée, dont la précision reste proportionnelle à mon stylo parkinsonien et à ma mémoire très souvent défaillante.

Les Rouliers 2013 (Barrique Damy) : net, droit, à la poire extravagante, aux amers splendides. Ca démarre fort. ***/***(*)

Les Rouliers 2013 (Barrique Chassin) : plus souple que son prédécesseur, à l'acidité plus marquée, à la malo "en cours" très marquée, à la réduction peu flatteuse. **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 1) : volumineux, au peps puissant, long, large, non dénué d'une étonnante souplesse au vu de sa puissance. **(*)

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 2) : attaque et amers puissants, finale très salivante. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique 3) : réduction notable, ensemble fruité, délicat, salivant, à l'acidité tonique, aux amers sans fin. ***

Les Noëls de Montbenault 2013 (Barrique neuve) : plus fermé, moins volumineux que les 3 cousins précédents. **

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Richard Leroy commente non pas son vin, mais le monde du vin et ses paradoxes.

Il pose quelques bonnes questions. Notamment sur le nombre de vignerons qui "aiment" le vin.

Il ne parle pas de ceux qui "aiment faire du vin"... et qui ne boivent jamais celui des autres. Un peu comme un horloger qui fabrique ou répare des montres mais n'en porte jamais, ou qui ne s'intéresse pas au travail des autres (interprétation personnelle)...

Combien de vignerons fréquentent les cavistes ?!!

Peu, trop peu, selon ses "sondages" auprès des dealers fréquentés !!

Aussi, il échange plus volontiers avec des vignerons "amateurs de vin" au sens noble du terme !!

Voilà effectivement un détail qui ne m'a jamais effleuré le cortex !!

Nous poursuivons les TP.

Les Rouliers 2012 (mise en bouteille le 23/04/13- noeud lunaire) : d'une "tendreté" immédiate, un poil dissocié, à l'acidité tranchante au départ, pour retomber dans un "train de sénateur" subitement assoupi... **/**(*)

Les Noëls de Montbenault 2012 : monolithique, un poil fermé, aux amers marqués, sur le fil. **

Les Noëls de Montbenault 2011 : nez classique, bouche immédiatement suave, salivante, assez rondouillard... qui s'élance tout à coup, gagnant au fil des gorgées une certaine élégance (pas assez "ouvert"?!).**(*)

Les Noëls de Montbenault 2010 : nez de vernis, acétate, presque "jurassique" par moments. Attaque "mûre" mais tendue, puissante, aux amers nobles et vibrants. ***

Les Noëls de Montbenault 2005 : nez "local", bouche souple, ample, fluide, sans aspérités, finement poivrée, aux arômes tertiaires délicats, toujours debout (youpi, il m'en reste). ***/***(*)

Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon
Balade ligérienne, acte I : Richard Leroy à Rablay-sur-Layon

Mais notre vigneron est un insatiable "goûteur'.

Un vigneron qui aime le vin, les vins, tous les vins...

Si un certain Thomas Foubert (de passage au caveau ce jour) nous a offert un très joli Clos de la Carizière 12 (melon de Bourgogne) droit, net, fruité, pétri d'une élégance folle ***, Richard Leroy nous a aussi offert :

Saumur 2010 - Domaine du Collier : nez d'une finesse immédiate, miellé, délicat, matière à l'acidité poussée, équilibrée, tranchante, terriblement bien foutue. ***(*)

Nous concluons ce "marathon des caves" en 03H00 et des brouettes, écourtant, à regrets, cette passionnante séance pour cause d'un autre rendez-vous.

Oui, sachez-le, une rencontre avec Richard Leroy démarre à l'heure... mais se termine selon ses envies... rarement ténues !!

Si j'avais déjà passé une soirée (à table) avec le bonhomme, j'ai découvert, ce jour-là, un vigneron encore plus passionnant que ses vins.

C'est l'approche "vinosophique" et les réflexions permanentes animant notre barbu (à mi-temps) qui m'ont enchanté.

Des strates d'idées, d'expérimentations, d'observations dont on retrouve quelques fulgurances au détour d'une gorgée, d'une bouteille ou d'une discussion...

Encore merci MONSIEUR Leroy !!

Richard Leroy

52 Grande Rue, 

49750 Rablay-sur-Layon

02 41 78 51 84

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"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

27 Novembre 2013, 22:08pm

Publié par Docadn

Bonjour,

Une dégustation exceptionnelle, voire "historique", à laquelle j'ai eu la chance d'être convié, a eu lieu il y a quelques jours, en terre ligérienne.

Un individu (épaulé d'autres, sur certaines cuvées), dont je raille régulièrement la petitesse physique, quand ce n'est pas sa structure biologique, aussi résistante qu'une boîte de Pétri ouverte, a eu l'excellente idée de poser sur la table plusieurs millésimes du Clos Naudin, emblématique domaine de Vouvray, dirigé par "Philibert" alias Philippe Foreau.

Une dizaine de millésimes en sec, demi-sec, moelleux, moelleux Réserve, ainsi que les 3 uniques "Goutte d'Or" produites depuis la création du domaine, en 1910.

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Nous sommes une dizaine autour de la table, prêt à partager un grand moment vinique aux allures historiques.

Clos Naudin - Vouvray Sec 2001 : nez fumé, relativement réduit, au fin bois blanc, caramel, menthol et miel.

Une attaque demi-corps, à l'acidulé moyen, à la mâche un poil décevante en l'état. Il gagnera en épaisseur et en energie sur la soirée. Finale affirmée sur le pamplemousse. **

Clos Naudin - Vouvray Sec 1995 : un nez "liégeux", pas net, quand la bouche propose une noix verte rédhibitoire peu aimable.

La déviance est "nette" en bouche, le jus sur une pente d'oxydation prononcée. NN

Clos Naudin - Vouvray Sec 1988 : joli nez grillé, très "bourguignon élevé", virant sur le lactique et l'exotique, quand l'aération lui donnera même des airs alsaciens avec des notes pétrolées.

L'attaque est large, tranquille, juvénile, nette, joliment épicée, aux fins amers. Un "vrai sénateur prêt à attaquer un 5ème mandat", avec une inébranlable assurance. ***

Clos Naudin - Vouvray Sec 1996 : un nez à l'acidité jaillissante, mêlant fruits jaunes et poire. Une attaque douce, finement épicée, subitement cristalline, à l'équilibre modèle, au fruité ravageur. Très joli spécimen, pour finir cette première série. ***/***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Place aux demi-secs :

Clos Naudin - Demi-sec 2000 : nez peu rassurant de vernis et sparadrap. Une attaque de densité moyenne, chenin caractéristique, "tendu-moyen" (un peu comme un calbut de quelques années qui tient, mais pas comme au 1er jour, déformé qu'il est par le grattage permanent des burnes un port trop fréquent), à l'expression pharma sous-jacente, au pamplemousse salvateur en finale. **

Clos Naudin - Demi-sec 1995 : bouchonné !! Arghrrrrrr NN

Clos Naudin - Demi-sec 1996 : un nez qui truffe puissamment et plaisamment, aux effluves plus ténus de mangue et d'ananas.

Un "déroulé en bouche" manquant un chouia de mâche, à l'expression acidulée, à la finale un poil trop courte, au bel équilibre général. ***

Clos Naudin - Demi-sec 1997 : nez très inquiétant "d'alcool pour réchaud à fondue", pas net du tout, encore une quille liégeuse. NN

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Au tour des moelleux d'entrer sur la piste :

Clos Naudin - Moelleux 1995 : pointe déviante évidente pour mon pif. Miel, épices et "allure demi-sec" caractérisent ce jus pâlot, à la finale finement acidulée. */*(*)

Clos Naudin - Moelleux 1996 : nez discret, qui "safrane" délicatement, aérien, finement mentholé, frais, dont l'arrivée dans le gosier est un poil délitée. L'équilibre s'installe lentement, au fil du temps, délivrant enfin épices et ananas intenses. ***

Clos Naudin - Moelleux 1997 : nez très "grillé", à la réduction palpable, carton mouillé, donnant une impression générale de "pas net".

La bouche dément formellement le nez, avec une belle attaque acidulée, un duo safran- ananas efficace, à la richesse peu fatigante, à l'amplitude de bon aloi. ***

Clos Naudin - Moelleux 1989 : truffe blanche intense, écrasant toute autre flaveur !! Une matière racée, épicée, finement salivante en finale, à la longueur modèle. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

4ème étage de la fusée, avec la cuvée Réserve (120 à 180 g de sucre) :

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1997 : Robe splendide, très évoluée, nez pâtissier, confit, épicé, à l'acidité jaillissante, aux agrumes affirmés.

La matière caresse la cavité buccale, distillant avec grâce, safran, datte, abricot, le tout sur un équilibre magistral. Ensemble aérien, à la longueur vibrante, suave, énergique et majestueuse. ***(*)/****

Clos Naudin - Moelleux - Bonnet Rouge 1947 : nez de "vieux Maury aux accents jurassien" mêlant noix, café, figue, champignon et poire au four.

Matière demi-corps, aux accents marins prononcés. Etonnant et sympathique jus historique, issu d'une vigne désormais aux mains du Domaine Huet. **(*)/***

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1995 : sucre candi, figue et fraîcheur signent le nez d'un splendide nectar aux accents d'abricot frais, dont les étonnantes empreintes métalliques et sanguines, sont révélées par une structure ténue, à la fine pointe alcooleuse, quasi de noble rang à ce stade. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 2003 : nez pharmaceutique, vernis, gingembre, essence algérienne et caramel. Un "sucré" beaucoup plus massif que les Réserve précédentes, une matière moins complexe aussi, moyennement digeste à mon goût. **

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1989 : Nez grillé et réduit (un peu comme le Moelleux 97), truffant généreusement, aux épices douces agréables. L'acidité tient la matière, un poil lâche, mais n'excite pas pour autant tous les sens. **/**(*)

Clos Naudin - Moelleux - Réserve 1990 : l'abricot et la figue en tête, quand l'attaque acidulée laisse place à une certaine élégance, une complexité enthousiasmante, un beau sucre addictif. ***(*)

"Verticale sucrière", Domaine Clos Naudin, Philippe Foreau

Dernier étage de la fusée ligérienne, avec les 3 mythiques Goutte d'Or :

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1947 : un nez "typé PX" (Pedro Ximénez), rancio, assez proche de "Bonnet Rouge".

Figue extravagante, aérien et une pointe "pas droite" caractérisent la prestation en bouche. Un ensemble malgré tout agréable, salivant, au champignon final très local. **(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 2011 : la dernière née des GO, comme disent les pros !!

Un stupéfiant nez de gewurztraminer, fleuri, qui vire sur le berlingot. Une attaque très "nectar de poire", doucereuse, qui se transforme en grenadine. La longueur est kilométrique, sensuelle, comme un verger sous le soleil d'un généreux printemps. ***(*)

Clos Naudin - Moelleux - Goutte d'Or 1990 : datte, safran, encaustique signent les promesses d'un grand, d'un très grand vin.

La suite n'est effectivement pas décevante !!

C'est une potion magique qui tapisse nos joues !! Le vin affiche une supériorité, un équilibre, une tension, une richesse, un érotisme suprêmes !! Les expressions sont sublimes, la longueur extatique !!

C'est Gargantua en tutu qui récite du Baudelaire !! ****

C'est comme sonnés par ce dernier monument liquide, que nous terminons ce 1er round de près de 03h00 !!

Place aux agapes et à d'autres jus de raisins (une trentaine en tout), pour nous remettre doucement de ce splendide voyage dans le temps et les saveurs, juste en posant son cul sans brûler des milliers de calories !!

On pourra quand même regretter le nombre élevé de "quilles bouchonnées" et viser, presque sans hésiter, la mauvaise qualité de ces derniers (et donc du choix de l'acheteur), au vu du prix des vins concernés !!

Encore un immense merci aux généreux donateurs, ainsi qu'à So et Jull pour leur hospitalité !!

Le genre de soirée que l'on aimerait vivre plus souvent... et tant pis s'il n'y a pas que des monstres sacrés, pourvu que j'y retrouve autant de convivialité !!

C'est quand vous voulez les gars les filles !!

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Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

20 Mai 2013, 17:06pm

Publié par Docadn

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Un week-end dans les vignes !! Voilà une contrainte à laquelle j'aimerais être confronté plus souvent !! Le "futur beau-frère capillaire de Sim" nous avait concocté un sympathique programme sur ses terres angevines et les voisines.

Direction St-Aubin-de-Luigné chez Philippe & Catherine Delesvaux !! Un couple de vignerons que j'ai côtoyé pour la première fois en 2008, lors d'une très belle dégustation d'anthologie de "liquoreux" !!

Depuis, je les croise dans les rares salons où je traîne encore ma salive. Lors des derniers "Greniers", ils nous avaient proposé de passer au domaine, histoire de parler, déguster, échanger plus tranquillement que lors des salons, peu propices aux "bavardages-dégustages"...

Pour la petite histoire, c'est à la fin des années 70 (78) que Philippe, parisien et savoyard d'origine (personne n'est parfait), se lance dans la vigne. Il part de zéro.

Mais dépêchons-nous de conjuger cette saga au pluriel, car ils sont bien deux !! Catherine, institutrice de métier (à l'école du Diable dans le public, cela a son importance dans le microcosme local) est l'autre pilier du domaine. Elle quittera d'ailleurs ses fonctions en 97, pour se consacrer pleinement au domaine.

Aussi, ce couple courageux, "pièce rapportée à vie" du paysage vinicole local, a bâti sans faiblir un domaine (10 ha, dont 7,5 de chenin) désormais référence mondiale des liquoreux, depuis qu'un certain Bob P. leur a collé un 99+/100 !!

Face à un tel succès, les coups bas et les trahisons ne manquent (toujours) pas. Cela n'empêche pas les Delesvaux d'encaisser les coups avec une certaine philosophie, quand ce n'est pas avec un humour vif, voire corrosif.

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Leur statut enviable aurait entraîné bon nombre d'autres égos boursouflés vers une suffisance permanente.

Avec eux, rien de tout cela. Il suffit de les voir se gausser du "cirque du wine-business" pour comprendre qu'ils n'iront jamais flirter avec cette posture.

Ils font du vin, les meilleurs qu'ils puissent faire, le reste n'est que théâtre et mise en scène.... Ils croient en l'humain, pas aux travers de l'humanité...

Nous démarrons la dégust' par L'Epine 11. Très peu fan des rouges angevins, je découvre un cabernet sauvignon au joli nez frais, à la texture idoine, marqué par une fine astringence. Je suis tellement peu convaincu par ce dernier, que je repars avec quelques bouteilles !!

Nous voilà avec Feuille d'Or 11 (10-15 g de sr), au nez quasi de moelleux, aérien, qui synthétise tension ET richesse. Le secret des Delesvaux déjà présent dans le "plus sec" de leurs blancs !!

Je retrouve avec Authentique 10, la belle trame acide des Greniers, qui porte la belle expression d'ananas. Le Coteaux-du-Layon 11 (passerillé, 80 g de sr), évoque aussi l'ananas et les fruits jaunes du verger, dont la fraîcheur et la belle amertume siéent à mon palais !!

Clos 11 (mi-passerillage, mi-botrytis, 130 g de sr) évoque la mangue et l'abricot au nez, quand le squelette de l'acidité équilibre encore parfaitement cette "huile de raisins".

Place à Clos 10, au gras et à la tension modèles !! Superbes amers, super bon surtout !! Philippe nous emmène à "l'étage des Grains Nobles"...

Domaine Philippe et Catherine Delesvaux à Saint-Aubin-de-Luigné

Grains Nobles 10 a la suavité d'un fruit juste mûr, quand la rétro(-olfaction) offre des dattes et du safran sur une longueur hypnotique.

Anthologie 10 "champignonne" au pif, quand la matière "épice", puis "vibre" longuement sur un abricot splendide !! Grand vin !!

Un très beau cadeau des Delesvaux que la dégustation suivante, composée de la "fameuse" trilogie 95-96-97 Grains Nobles. Un stupéfiant exercice de luxe où l'expression du vin (à 200 g de sr) offre la palette du talent de la lecture et de l'expression unique des terroirs en fonction des millésimes.

C'est évidemment 97 (212g de sr) qui a mes faveurs, avec son arsenal de finesse, de complexité, de puissance et de pureté...

Le coup de grâce vint avec Anthologie 97 (450 g de sr), où les 10 089 mots de la langue française que j'ai la prétention de maîtriser, ne suffisent pas pour décrire la "lévitation épicurorgasmique" que seul Carbonifera 97 avait jusqu'ici été un des rares à provoquer dans mon cortex et mon bec...

Presque 03h00 à s'émouvoir des vins, à rire avec les esprits (très) joueurs des Delesvaux !! De belles personnes à la hauteur de leurs vins, des nectars cajolés qui maintiennent les mamelons angevins dans la stratosphère des miracles de la nature...

Domaine Philippe & Catherine Delesvaux

Les Essarts - La Haie Longue

49190 Saint-Aubin-de-Luigné

tél : 02 41 78 18 71

domaine.delesvaux@hotmail.fr

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