Restaurant Richer à Paris
Bonjour,
Nouvelle "escale-flash à Paris" (1 soirée), pour des retrouvailles avec un vieux collègue de goulot (et autres vices associés), après "13 ans de rendez-vous ratés".
L'occasion de nous raconter enfin nos vies, autour d'une des nombreuses tables "branchées" qui fleurissent (et fânent) aux frontières des arrondissements toujours "tendances" que sont les IXème et Xème...
N'étant qu'un péquin de l'ouest, je ne suis pas à la nanoseconde "l'actu des restos", comme d'autres suivent le mercato des masseurs de cuisses gauches sur France Football !!
Trouver un resto libre un lundi soir est aussi un autre problème. C'est certes surmontable, mais les choix sont plus restreints qu'à l'accoutumée. Aussi, après avoir tenté de décrocher, en vain, une table à L'Albion, c'est Richer qui nous offre l'asile stomacal.
Selon mes 18 secondes de recherche sur le net, c'est un certain Charles Compagnon, sommelier de formation, qui est à l'origine de cet "ex-rade en angle" à la croisée des rues Richer et Faubourg Poissonnière.
Ce même Charles est aussi "l'auteur" du très couru L'Office, logé dans la même rue, quasiment en face de notre table du soir.
Il est vingt-heures passées, quand nous entrons dans Richer. Déco relativement dépouillée, doublée d'un éclairage au "chauffe-plat version Barry Lyndon discount".
Une prédisposition à la nyctalopie est un plus pour slalomer entre les tables sans se niquer une hanche bousculer les clients.
Tout absorbés par nos retrouvailles, nous mettons un temps certain pour choisir nos plats. Les serveurs sont souriants, peu intrusifs, patients.
Ils ont juste le défaut d'être quasiment tous des clones physiques de Romain Tischenko, à savoir peser 21 kgs, porter des jeans taille 8 ans, tout en arborant une laborieuse barbe-duvet depuis 4 ou 10 ans...
Pour autant, au-delà de ce casting d'anorexiques pileux, ils nous laissent deviser tranquillement, avant de prendre nos commandes.
Carpaccio de daurade, noix, moutarde violette et raifort
Une entrée vraiment pas mal, visuellement gourmande (que l'éclairage minimaliste ne sert pas), aux bouchées toniques, équilibrées, à la fraîcheur évidente.
Mon collègue F. est plus circonspect sur sa "crème de haricots noirs, oeuf de caille poché, écume vin rouge et lard". Son amie D. avait, de mémoire, opté pour "l'artichaut barrigoule, burrata, olives et parmesan", conforme à ses attentes.
Puis vint un enchaînement digne d'un relais jamaïcain de 4x100 entre l'entrée et le plat : un serveur enlevait nos assiettes des entrées, quand un autre nous déposait les plats dans la foulée !!
Caille rôtie, croustillant de cuisse, purée de céleri et tétragone
Là, c'est le cassage de gueule, tout relatif soit-il !! Rien à redire sur la cuisson et le moelleux/croustillant des 2 morceaux proposés. Mais l'ensemble manque de "relief", de "caractère"... c'est relativement neutre, sans personnalité !!
Sans vouloir intellectualiser la chose, ce plat ne me "cause pas". F. enchaîne son deuxième "bide" (même plat). D. avait opté pour un satisfaisant "bar rôti, pommes de terre, poivre, herbes".
Crème prise au citron, financier pistache, perles du Japon, menthe
(désolé pour la photo super pourrie, grâce à cette lumière sûrement très "étudiée")
Le baroud d'honneur du repas, avec ce dessert complet, à la crème vraiment bien foutue, aux perles bienvenues, au financier dans le ton. Le point fort de la séquence.
Un service en douceur (sauf quand les plats sont délivrés en rafale), une carte des vins courte, assez curieuse, forcément jeune (le raccourci explicatif fait par le "sommelier" m'a fait ricaner sourire*, mais bon, s'il le dit, c'est que c'est vrai, c'est lui le "sommelier" !!), aux tarifs d'appels et coefficients "raisonnables".
Le Côtes-du-Rhône 11 du domaine des Espiers (22 €, quasi coef 3 prix caviste) était à l'attendu : tonique, jeune, à la rafle expressive !!
Des entrées entre 8 et 9 €, des plats s'échelonnant entre 15 et 19 €, desserts au prix unique de 7 €. Ambiance calme, dîner en dents (élimées) de scie.
Une relative déception pour cette table, aux tarifs corrects, manquant un poil de relief et d'homogéneité. Avis partagé par les locaux, qui m'ont promis d'autres horizons plus prometteurs dans le quartier...
Encore merci F & D pour cette soirée...
Richer
2 rue Richer
75009 Paris
Tél : 01 48 24 44 80
* "on a des vins jeunes, c'est normal, il faut aller dans les étoilés pour trouver des vins à maturité...". J'en pouffe encore !!