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EscapadeS

REVEVIN 2010 : Domaine de Juchepie

11 Juin 2010, 06:47am

Publié par Docadn

Traditionnel épilogue des REVEVIN : la matinée dominicale consacrée aux liquoreux. La Loire est toujours à l'honneur avec une version belge et angevine du chenin passerillé et/ou botrytisé.


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Eddy et Mylène Oosterlinck-Bracke : un couple au parcours atypique et intrigant. Monsieur en a marre de tenir la quincaillerie familiale, quasi séculaire, en largue la charge pour faire autre chose. Basta le royaume, en avant la république...

Nous sommes à la fin des années 80-début 90, nos 2 belges ont trouvé leur maison idéale à Faye-d'Anjou : Juchepie et ses vignes.

Dès le départ, l'esprit est bio et le travail des sols est la motivation première.

Mylène va insuffler "le changement" en 2000, en préconisant la production des secs (faut bien vivre quand même !!). Je me remémore à ce moment la phrase- clé des Ménard "le Layon ruine et déruine...".

Mais ladite production des secs ne se fera pas au détriment des liquoreux. Eddy le martèle : "le terroir est là, donc autant en faire..."


Et c'est justement par les secs que commence la séance :


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Anjou - Le sec de Juchepie - Le Clos 2005 : nez de sucre, miel et finement alcooleux. En bouche, c'est bien sec. La matière épicée et fruitée se révèle fraîche et volumineuse. La finale est très relevée et aux amers fins. **(*)/***


Anjou - Le sec de Juchepie - Le Clos 2007 : un nez plus aérien que son prédécesseur, tirant sur la poire. Le vin s'ouvre sur un fin sucre, là encore animé par une jolie fraîcheur. Les amers évanescents amplifient le caractère aérien mais un poil déficitaire de l'ensemble. **(*)


Le taux de sucre se met à monter avec la série suivante :


Coteaux du Layon - Faye - Les Churelles 2006 : Eddy annonce environ 60 g de sr sur ce vin, offrant des fragrances de miel, de fruits jaunes et d'essence algérienne. Attaque sur une acidité évidente et relayée par de très jolies notes poivrées. Superbement équilibré, c'est dynamique et d'une fraîcheur indiscutable. ***(*)


Coteaux du Layon - Faye - Les Churelles 2007 : 10 g de plus que son homonyme de 2006, pour un nez très évolué mêlant cire, raisin sec et caramel. Attaque soyeuse, miellée, compacte et racée. Une jolie caresse au palais, plus apaisée que son aînée. ***


Coteaux du Layon - Faye - Les Quarts de Juchepie 2003 : Issue de grains passerillés, accusant pas moins de 100 g de sr sur la balance, le nez est éthéré et mentholé. Le sucre ouvre le cortège et décline la douceur de circonstance en se parant d'une finesse flatteuse. Expression confite et finale persistante sur l'abricot. ***


Coteaux du Layon - Faye - Les Quarts de Juchepie 2004 : sur ce millésime, on est sur le botrytis. Le nez est plus fleuri, toujours éthéré mais avec une pointe métallique. L'attaque est grasse et onctueuse. Elle est relevée de justesse par un fil acide, mais pas suffisamment pour relever la tête. un poil lourd pour ma pomme. **/**(*)


Place aux liquoreux :


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Coteaux du Layon - Faye - La Passion 2002 : Une cuvée elevée en barriques neuves pendant 18 mois qui offre des senteurs de menthe et de curry. D'emblée, l'acidité donne des ailes à une matière suave, longue, sur l'abricot intense, à l'équilibre magistral. ***(*)


Coteaux du Layon - Faye - La Passion 2004 : on nage en pleine compote de pommes et un poil d'oxydation côté odorat. On retrouve nos pommes sur une trame digeste et à la finale de caramel. Une cuvée moins convaincante que sa flamboyante grande soeur de 24 mois. **(*)/***


Coteaux du Layon - Faye - Quintessence 1997 : On flirte avec les 200 g de sr avec des émanations de fruits secs et de finesse évidentes. Une matière qui offre justement la finesse attendue, un fruité et un poivre qui relancent l'ensemble. Finale là encore sur le caramel. ***


Coteaux du Layon - Faye - Quintessence 2003 : Avec un taux de sr quasi identique au 97, je retrouve après une longue période d'absence, mes effluves de vernis et de pétrole chères à certains de mes collègues de goulot. La matière développe une ossature tout en finesse, soyeuse, à la fluidité quasi parfaite. Une véritable caresse qui ne plonge pas le palais dans l'ennui, mais l'hypnotise par sa longueur, sa fougue schizophrénique, oscillant entre la maîtrise absolue et le follement débridé. ***(*)/****

 

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Encore un dimanche matin magique pour ma part. Entre la zénitude des Oosterlinck et la vivifiante qualité de leurs cuvées, nous sommes nombreux à nous poser l'éternelle question : "c'est super bon, mais on ouvre ça quand...?" Ben en fait, le dimanche matin aux REVEVIN, c'est parfait...


DOMAINE DE JUCHEPIE
Les Quarts
49380 Faye D'Anjou (France)
   

Tél : 0241543347

Fax : 0241541349


Ainsi se termina cette 7ème édition des REVEVIN. Les jurassiens sont les premiers à quitter le Chai Carlina et pour cause..."Madame n'importe quoi", emportée par son éco-responsabilité en calculant les tonnes de CO2 consommés pour le trajet St Jean de Monts - Pontarlier, a décidé que le retour se ferait avec le véhicule endémique :


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Je pense qu'à l'heure où j'écris ces lignes, ils ont dû enfin arriver...

PS : Vous penserez à le ramener l'an prochain (et sans les pneus neige)...

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