Vendredi 5 février 2010
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C'est la veille de la Dive, et un grand passionné de poivron des vins de Loire et sa dame nous ont invités sur leurs terres pour un
repas. Et quand on connaît le loustic, qui dit miam dit glou et reglou et rereglou...
Et la table propose un casting d'amateurs chevronnés (dont je m'exclus volontiers). Hormis un semi-pro du coude et ouvrier agricole de niveau IV (niveau qu'il peut allègrement échanger contre une
licence de même catégorie), je fais enfin la connaissance de Bébert et de sa douce, JC et Isa.
Et je retrouve avec plaisir nos 2 chtis Bruno & Valérie qui démarrent leurs vacances d'été dans les parages (coutume largement répandue chez les chtis pour qui le mois de février "n'importe où
sauf chez eux", vaut nos insolations de bord de mer au mois d'août).
Après les salutations d'usage,le carafage de quelques vins, on attaque les délicieux grignotages endémiques préparés par Cécile et c'est parti...
NB : Tous les vins sont dégustés à l'aveugle.
Champagne Raymond Boulard-Brut Nature-Grand
Cru Mailly:1er nez très pomme, puis bonbon anglais et finement anisé. Ça "levure fin" et l'ensemble n'est pas exubérant au pif.L'attaque est très fine, bulles très serrées et racées pour
une structure très vineuse au volume impressionnant et l'amer explosif. La finale file sur le même volume, expression très agrume (pamplemousse), pour un joli vin. Première rencontre personnelle
avec un des champagnes Boulard et là encore une réputation qui semble fondée. ***/***(*)
Champagne Tarlant - Brut - Cuvée Louis
1998 : Là encore un nez peu disert, et aussi cette petite expression anisée puis de pierre humide. Au palais, le vin se présente "en largeur". La bulle semble grossière vis à vis de son
prédécesseur. Je retrouve cette pierre humide sur la langue. L'ensemble n'est guère dynamique et le dosage prégnant. Dommage. **
Jull Pull 2008 - Demi Doux Moelleux -
Vin de boite à outils : Nouveau concept inventé par le crachoir à 2 pattes de Tours, après les vins de garage, voici les vins de boite à outils. Tiré à 12 exemplaires, il s'agit de la
refermentation en bouteille des fins de jus du moelleux 08 de chez Foreau. il en ressort un nez fermentaire là encore peu disert et de plastique. L'attaque est très grasse, portée par un acidulé
hélas pas suffisant pour masquer le coté myopathe de la chose. Par contre il exprime un fruité mazette !! C'est long, et il se meurt sur des notes de caramel, mais reste aussi vivace qu'un enfant
sous les roues d'un 4x4 du Dakar. Allez, c'est un pote je ne mets pas de note (la vache la rime !!)...
Chablis 1er Cru 2007- Côte du Léchet-Laurent
Tribut : Nez de carton mouillé, bonbec anglois et typé bordeaux blanc-muscadet (quand je vous disais que j'étais pas un chevronné) et un poil de réduction.Attaque grasse, relativement fruitée,
matière pleine sur la poire mais pas décollante !! 2ème rencontre avec l'un des vins de Tribut et même impression que la 1ère : ça me cause moyen, et cela n'a pas la "grandeur" d'un Chablis 1er
cru. A noter le mimétisme flagrant de l'étiquette avec le beauf... **
Alsace - Grand cru du Pfersigberg 2007 -
Riesling-Schueller & Fils : nez très très pétrolé, notes de miel et de vernis et un bois à mettre un castor en overdose.L'attaque est très "résinée" (ça m'a fait penser à de la Malvoisie)
avec un amer très marqué pour un ensemble très pharma. C'est volumineux mais le caractère chimique flingue toute appréciation.Décidément, j'ai pas de chance avec ce domaine !! N'est ce pas Alain !!
**
Anjou - Les Noëls de Montbenault 2002 -
Richard Leroy : Nez de carton mouillé, champignons et de fruits blancs. L'attaque est dynamique, droite, fluide et sans aspérités. L'ensemble dégage une fraîcheur réjouissante avec le "juste
gras" nécessaire. Très beaux amers prégnants de fin de gueule. J'aime beaucoup, beaucoup.
***(*)
Montlouis - Maison Marchandelle 2002 - Mise
18 mois - Stéphane Cossais : Nez "en dedans", peu bavard. entrée douce sur les épices, mais ça se casse la gueule rapidement. C'est bien mou et il souffre la comparaison avec le chenin
précédent.Dommage et paix à son âme. **
Barolo - Vigna Rocche 2005 - Erbaluna :
Nez terreux et de sous bois sur un fil très alcooleux. L'attaque est fruitée sur une très fine astringence mais à l'amer ultra prononcé et limite désagréable. L'ensemble remplit bien sa culotte
mais manque de personnalité. **
Bourgueil - La Tempérance 2006 - Bertrand
Galbrun : Nez très mûr et extrêmement fruité qui me fait partir vers Sébastien David et son Hurluberlu (pour une fois j'étais dans le coin alors que pour les autres j'étais à au moins 500
bornes à chaque fois). Donc fruits rouges et cosmétique, très cabernet. En bouche, c'est un véritable jus de fruits à la finesse et à la trame joliment épicée. Fine amertume au final pour ce
sympathique Bourgueil. ***
Vin de pays des Côtes de Gascogne -Les
Menhirs 2003 - Montus Bouscassé : Boisé et cassis ouvrent le bal. Cela fait très clicheton bordelais, notes fumées avant de découvrir en bouche que le boisé n'est pas qu'une sensation. C'est
aussi asséchant et très mûr, bon j'ai reconnu la carafe de mon apport et suis moyennement convaincu. Une quille offerte par mon collègue de goulot local Nidal et que j'ai voulu
partager.**
Chili - Otono 2007 - Clos Ouvert :
Impressionnantes flaveurs d'olive, puis menthol et écorce d'orange sur un caractère solaire.Entrée sucrailleuse, puis expression de noyau et d'orange persistantes.C'est frais et épicé à la fois et
c'est même plutôt pas mal. ***
Châteauneuf-du-Pape - Domaine de Villeuneuve
- Vieilles Vignes 2003 : Nez discret, voire effacé avec quelques pics végétaux. Fine sucrosité d'entrée en la matière et un très joli fruité s'installe (grenadine) puis laisse la place à des
épices agréables,Structure classique mais fort plaisante. ***
Vin de table de France - La lettre à Elise -
René Mosse : confiserie et cosmétique et une jolie poire au nez. Attaque sur la frangipane (et un fin perlant) rehaussée par des fruits blancs très expressifs. Jolie finale épicée.
***
Collioure - Domaine de la Rectorie - Argile
2004 : Nez bizarre de chewing gum, poire et de vernis. En bouche, c'est d'une fraîcheur et d'une droiture exemplaires. C'est racé, et superbement non recrachable.***/***(*)
Châteauneuf-du-Pape - Domaine de la Mordorée
97 : Le vin le plus déroutant de la soirée par son évolution spectaculaire qui nous à fait voyager de la Loire jusqu'à ses origines...
Un 1er nez très Loire pour ma part, de sous bois et un tantinet végétal. En bouche le vin se révèle plein à la formidable structure charpentée (dans le sens large d'épaules) et délicatement
soyeuse. miam et remiam !!! ***(*)
Et je ne fus pas le seul à l'apprécier à priori :

Ce fut la dernière image consciente de notre barrique roumaine, la suite n'a guère sa place sur ce compte rendu...
Ma pudeur naturelle ne saurait me permettre de raconter qu'il a superbement ignoré le crachoir pendant toute la soirée et qu'il n'a même pas eu la force de se glisser dans le lit qui lui était
réservé pour s'écrouler comme un polonais de 14 ans et demi sur le canapé voisin. Puis ces dames prises d'un instinct maternel incontrôlable se chargèrent de déchausser Superpoivrot qui dans le
même temps improvisait un habillage sonore sur les bases d'un mix vulgaire de ronflements de fête de la bière et de Féria nîmoise...
Ah si j'avais pu écrire tout cela, mais non, mon respect de la vie privée des gens est trop grand...
Tiens voilà l'heure des sucreries :
Coteaux de Saumur 97 - RN Legrand : Nez
pétrolé, vernis et miellé. Attaque fraîche, belle expression sur la datte juste un poil déficitaire en structure. Joli équilibre mais pas la magie des 97 du coin qu'il m'a été donné de goûter.
***
Coteaux du Layon Chaume 97 - Domaine Jo
Pithon : Nez d'abricot intense et de terre mouillée. C'est riche et drôlement épicé. C'est agréable mais en dessous du Saumur de Legrand pour ma part. Et puis ça fatigue sec. **(*)
Et donc voili. Quand je vous disais que ça glougloute avec Laurent, je ne déconnais pas !! Pas moins de 17 vins sur un excellent repas et une ambiance à vous déboîter la mâchoire de rire. Il est
02h30 du mat quand nous nous quittons. Seul l'apprenti picolo à rayures dort...
(photo by Bebert)
Encore merci à Laurent & Cécile pour cette très belle soirée et merci à tous d'accepter à votre table une patate de l'aveugle comme moi...
Par Docadn
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Publié dans : dégustations
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