750 grammes
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EscapadeS

Une soirée entre collègues de goulot...

5 Février 2010, 09:29am

Publié par Docadn

C'est la veille de la Dive, et un grand passionné de poivron des vins de Loire et sa dame nous ont invités sur leurs terres pour un repas. Et quand on connaît le loustic, qui dit miam dit glou et reglou et rereglou...
Et la table propose un casting d'amateurs chevronnés (dont je m'exclus volontiers). Hormis un semi-pro du coude et ouvrier agricole de niveau IV (niveau qu'il peut allègrement échanger contre une licence de même catégorie), je fais enfin la connaissance de Bébert et de sa douce, JC et Isa.
Et je retrouve avec plaisir nos 2 chtis Bruno & Valérie qui démarrent leurs vacances d'été dans les parages (coutume largement répandue chez les chtis pour qui le mois de février "n'importe où sauf chez eux", vaut nos insolations de bord de mer au mois d'août).
Après les salutations d'usage,le carafage de quelques vins, on attaque les délicieux grignotages endémiques préparés par Cécile et c'est parti...
NB : Tous les vins sont dégustés à l'aveugle.

JUIN-2009 0013Champagne Raymond Boulard-Brut Nature-Grand Cru Mailly:1er nez très pomme, puis bonbon anglais et finement anisé. Ça "levure fin" et l'ensemble n'est pas exubérant au pif.L'attaque est très fine, bulles très serrées et racées pour une structure très vineuse au volume impressionnant et l'amer explosif. La finale file sur le même volume, expression très agrume (pamplemousse), pour un joli vin. Première rencontre personnelle avec un des champagnes Boulard et là encore une réputation qui semble fondée. ***/***(*)

JUIN-2009-0020.JPGChampagne Tarlant - Brut - Cuvée Louis 1998 : Là encore un nez peu disert, et aussi cette petite expression anisée puis de pierre humide. Au palais, le vin se présente "en largeur". La bulle semble grossière vis à vis de son prédécesseur. Je retrouve cette pierre humide sur la langue. L'ensemble n'est guère dynamique et le dosage prégnant. Dommage. **

JUIN-2009-0035_1.JPGJull Pull 2008 - Demi Doux Moelleux - Vin de boite à outils : Nouveau concept inventé par le crachoir à 2 pattes de Tours, après les vins de garage, voici les vins de boite à outils. Tiré à 12 exemplaires, il s'agit de la refermentation en bouteille des fins de jus du moelleux 08 de chez Foreau. il en ressort un nez fermentaire là encore peu disert et de plastique. L'attaque est très grasse, portée par un acidulé hélas pas suffisant pour masquer le coté myopathe de la chose. Par contre il exprime un fruité mazette !! C'est long, et il se meurt sur des notes de caramel, mais reste aussi vivace qu'un enfant sous les roues d'un 4x4 du Dakar. Allez, c'est un pote je ne mets pas de note (la vache la rime !!)...

JUIN-2009-0021.JPGChablis 1er Cru 2007- Côte du Léchet-Laurent Tribut : Nez de carton mouillé, bonbec anglois et typé bordeaux blanc-muscadet (quand je vous disais que j'étais pas un chevronné) et un poil de réduction.Attaque grasse, relativement fruitée, matière pleine sur la poire mais pas décollante !! 2ème rencontre avec l'un des vins de Tribut et même impression que la 1ère : ça me cause moyen, et cela n'a pas la "grandeur" d'un Chablis 1er cru. A noter le mimétisme flagrant de l'étiquette avec le beauf... **

JUIN-2009-0022.JPGAlsace - Grand cru du Pfersigberg 2007 - Riesling-Schueller & Fils : nez très très pétrolé, notes de miel et de vernis et un bois à mettre un castor en overdose.L'attaque est très "résinée" (ça m'a fait penser à de la Malvoisie) avec un amer très marqué pour un ensemble très pharma. C'est volumineux mais le caractère chimique flingue toute appréciation.Décidément, j'ai pas de chance avec ce domaine !! N'est ce pas Alain !! **

JUIN-2009-0023.JPGAnjou - Les Noëls de Montbenault 2002 - Richard Leroy : Nez de carton mouillé, champignons et de fruits blancs. L'attaque est dynamique, droite, fluide et sans aspérités. L'ensemble dégage une fraîcheur réjouissante avec le "juste gras" nécessaire. Très beaux amers prégnants de fin de gueule. J'aime beaucoup, beaucoup.
***(*)

JUIN-2009-0025.JPGMontlouis - Maison Marchandelle 2002 - Mise 18 mois - Stéphane Cossais : Nez "en dedans", peu bavard. entrée douce sur les épices, mais ça se casse la gueule rapidement. C'est bien mou et il souffre la comparaison avec le chenin précédent.Dommage et paix à son âme. **

JUIN-2009-0026.JPGBarolo - Vigna Rocche 2005 - Erbaluna : Nez terreux et de sous bois sur un fil très alcooleux. L'attaque est fruitée sur une très fine astringence mais à l'amer ultra prononcé et limite désagréable. L'ensemble remplit bien sa culotte mais manque de personnalité. **


JUIN-2009-0027.JPGBourgueil - La Tempérance 2006 - Bertrand Galbrun : Nez très mûr et extrêmement fruité qui me fait partir vers Sébastien David et son Hurluberlu (pour une fois j'étais dans le coin alors que pour les autres j'étais à au moins 500 bornes à chaque fois). Donc fruits rouges et cosmétique, très cabernet. En bouche, c'est un véritable jus de fruits à la finesse et à la trame joliment épicée. Fine amertume au final pour ce sympathique Bourgueil. ***

JUIN-2009-0029.JPGVin de pays des Côtes de Gascogne  -Les Menhirs 2003 - Montus Bouscassé : Boisé et cassis ouvrent le bal. Cela fait très clicheton bordelais, notes fumées avant de découvrir en bouche que le boisé n'est pas qu'une sensation. C'est aussi asséchant et très mûr, bon j'ai reconnu la carafe de mon apport et suis moyennement convaincu. Une quille offerte par mon collègue de goulot local Nidal et que j'ai voulu partager.**

JUIN-2009-0028.JPGChili - Otono 2007 - Clos Ouvert : Impressionnantes flaveurs d'olive, puis menthol et écorce d'orange sur un caractère solaire.Entrée sucrailleuse, puis expression de noyau et d'orange persistantes.C'est frais et épicé à la fois et c'est même plutôt pas mal. ***

JUIN-2009-0037.JPGChâteauneuf-du-Pape - Domaine de Villeuneuve - Vieilles Vignes 2003 : Nez discret, voire effacé avec quelques pics végétaux. Fine sucrosité d'entrée en la matière et un très joli fruité s'installe (grenadine) puis laisse la place à des épices agréables,Structure classique mais fort plaisante. ***

JUIN-2009-0040.JPGVin de table de France - La lettre à Elise - René Mosse : confiserie et cosmétique et une jolie poire au nez. Attaque sur la frangipane (et un fin perlant) rehaussée par des fruits blancs très expressifs. Jolie finale épicée. ***


JUIN-2009-0039.JPGCollioure - Domaine de la Rectorie - Argile 2004 : Nez bizarre de chewing gum, poire et de vernis. En bouche, c'est d'une fraîcheur et d'une droiture exemplaires. C'est racé, et superbement non recrachable.***/***(*)


JUIN-2009-0042.JPGChâteauneuf-du-Pape - Domaine de la Mordorée 97 : Le vin le plus déroutant de la soirée par son évolution spectaculaire qui nous à fait voyager de la Loire jusqu'à ses origines...
Un 1er nez très Loire pour ma part, de sous bois et un tantinet végétal. En bouche le vin se révèle plein à la formidable structure charpentée (dans le sens large d'épaules) et délicatement soyeuse. miam et remiam !!! ***(*)

Et je ne fus pas le seul à l'apprécier à priori :

JUIN-2009-0043_1.JPG
Ce fut la dernière image consciente de notre barrique roumaine, la suite n'a guère sa place sur ce compte rendu...
Ma pudeur naturelle ne saurait me permettre de raconter qu'il a superbement ignoré le crachoir pendant toute la soirée et qu'il n'a même pas eu la force de se glisser dans le lit qui lui était réservé pour s'écrouler comme un polonais de 14 ans et demi sur le canapé voisin. Puis ces dames prises d'un instinct maternel incontrôlable se chargèrent de déchausser Superpoivrot qui dans le même temps improvisait un habillage sonore sur les bases d'un mix vulgaire de ronflements de fête de la bière et de Féria nîmoise...
Ah si j'avais pu écrire tout cela, mais non, mon respect de la vie privée des gens est trop grand...

Tiens voilà l'heure des sucreries :

JUIN-2009-0048.JPGCoteaux de Saumur 97 - RN Legrand : Nez pétrolé, vernis et miellé. Attaque fraîche, belle expression sur la datte juste un poil déficitaire en structure. Joli équilibre mais pas la magie des 97 du coin qu'il m'a été donné de goûter. ***


JUIN-2009-0050.JPGCoteaux du Layon Chaume 97 - Domaine Jo Pithon : Nez d'abricot intense et de terre mouillée. C'est riche et drôlement épicé. C'est agréable mais en dessous du Saumur de Legrand pour ma part. Et puis ça fatigue sec. **(*)

Et donc voili. Quand je vous disais que ça glougloute avec Laurent, je ne déconnais pas !! Pas moins de 17 vins sur un excellent repas et une ambiance à vous déboîter la mâchoire de rire. Il est 02h30 du mat quand nous nous quittons. Seul l'apprenti picolo à rayures dort...

http://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs123.snc3/17046_286434824665_850294665_3177330_4550081_n.jpg(photo by Bebert)

Encore merci à Laurent & Cécile pour cette très belle soirée et merci à tous d'accepter à votre table une patate de l'aveugle comme moi...

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C

Salut à tous,
Pff, mazette, quelle soirée !
Il faisait plus chaud autours de la table que dans les troglos de Brézé le lendemain.Merci à Cécile et Laurent pour leurs acceuils (je dirai comme d'habitude) et à tous pour la bonne humeur.
Rencontré le jull dans les vignes en fin de semaine,ben, il taille dur le bougre malgrés ce big week-end. Content d'avoir pu croiser nos verres docadn !


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J

Si, un fil conducteur vinique aviné, celui de la pelote déroulée par l'adepte de la rayure laineuse rose type layette de Marsupilami !
;o))

Et un très bon boeuf bourguignon sur les rouges et des mignardises ainsi que des terrines poissonneuses sur les blancs et du fromage et et et... oh les loulous, z'avez mangé un peu quand même !


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D

Bonsoir Iris,
aucun fil conducteur ou accords mets & vins, juste envie de partager un moment à table et d'être surpris (en bien ou en mal) par les vins apportés par chacun...Le crachoir était dispo mais n'a
pas servi à tous, et dans l'ensemble aucun maux de tête le lendemain pour la Dive (sauf vous savez qui), Ah les bios, c'est bon pour le corps mais pas pour le pharmacien !!


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I

quelle liste de vins dans un seul repas - pas étonnant, que certains finissent par terre:-).

Les vins étaient choisis selon quels critères - selon les plats (dont tu nous ne dis rien) - où est-ce qu'il y avait un fil conducteur vinique?


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B

Bon, j'ai oublié le principal: Les vins!..
Si je ne dois en retenir que trois, ce serait, dans l'ordre: Le CNdP 1997 de la Mordorée, le Clos Ouvert 2007 et le Jull Pull 2008 (ouais, j'suis pas rancunier...). Et comme je suis incorrigible,
j'ajouterai Les Noëls de Montbenault 2002.
Au chapitre des déceptions, Le Layon Chaume 1997 de Jo Pithon. Et la bonne surprise, le Coteaux de Saumur 1997 de Legrand. Pour ceux que ça intéresse, Philippe Gourdon (La Tour Grise)en fait aussi
un excellent. En vente où vous savez...


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